^ Ç.fJ^ ANNALES SCIENCES NATURELLES. TROISIKinE SERIE. ZOOLOGIE. PARIS. - 1UPRIMF.B1F. I>E I. MAUTINET, ANrSALIvS DKS SCIENCES NATURELLES rOHI'IiENANT I.A ZOOLOGIE, LA BOTAMQUE , l'a\ ATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE COMPARÉES DES DEUX RÈr,>ES , ET I. 'histoire des gorps orgamsés fossiles; l'OLi; LA ZOOLOGIE PAK M. lUIIilKE ED«'ARDS« . ET POUR LA BOTAMQIE PAR lllfl. .«». BKOXOMAKT ET X DECAINME. îroisifinr Sérif. ZOOLOGIE. TOME DIXIÈME. PAKIS. VICTOR^MASSON, LIHHAIHE DES SOt.lÉTËS SAVANTES PBÊS âE HIM5TÈBE DE l'iNSTBLCTION PUBLIQUE, PLACE DE I.'ÉCOra-DE-MtDECIXE, 1. 1848. ANNALES DES SCBE!\CES NATURELLES. PARTIE ZOOLOGIQUE. ÉTUDES SUK LES TVPES INFÉRIEURS DE l'embranchement DES ANNELÉS; Far M. A. DE QUATBXFAGES. MEMOIRE SUR LA FAMILLE DES HERMELLIENS [HERMELLEA NoB ). Grâce aux nombreux travaux anatoniiques accomplis depuis une cinquantaine d'années , le règne animal est aujourd'hui assez bien connu dans son ensemble, et nous possédons sur l'organi- sation générale des êtres qui le composent des notions assez pré- cises , pour |)ouvoir nous rendre compte des rapports généraux qui les unissent les uns aux autres; toutefois, il reste encore à lever bien des difficultés dans l'appréciation de la nature de ces rapports. Si tous les types animaux étaient nettement limités dans leurs manifestations diverses , le travail du naturaliste philosophe serait de beaucoup simplifié; mais on sait qu'il n'en est pas ainsi. A chaque type principal se rattachent un certain nombre de types dérivés , dans lesquels nous trouvons des modifications portées quelquefois jusqu'au point de masquer la filiation ; de plu? , les 6 UE QiaTREFAtlES. — SUR LES UliltMlil.l.lli.NS. types divers s'enchevêtrent en quelque sorte les uns aux autres à l'aide des groupes de transition et des groupes correspondants. L'étude approfondie des divers groupes aberrants a donc de nos jours une importance qu'on ne pouvait soupçonner autrefois. A ce titre, les détails suivants, sur l'histoire et l'organisation des Hermelles, intéresseront, j'espère, les zoologistes. PREniËRE PARTIE. iiisiouigiii, Diisciui'i'ioN' ET iii^r(jii;ii wri iiiiiii;. S I. — Hi.i/iiriijiio. Réaunuir me parait être le premier iiatm'alisle qui ait ohservé de véritables Hermelles. Dans un de ses Mémoires , il a déi-rit et ligure avec son talent habituel une des deux espèces qui vivent dans la Manche (1). Il a signalé plusieurs caractères extérieurs importants , entre autres la division du corps en plusieurs ])arties distinctes , les diirérences principales qui existent entre les pieds thoraciques et abdominaux , la nature et le rôle que jouent les soies operculaires. Les masses sablonneuses, ou mieux, les gâ- teaux formés par l'agglomération des tubes, sont aussi décrits et représentés avec soin. (!es tubes sont assez étroits, presque paral- lèles les uns aux autres, et assez rapprochés pour ne laisser entre eux que peu d'intervalle où puisse s'amasser du sable. Tous ces caractères se retrouvent exactement dans une des deux espèces ([Ue j'ai observées à l'état vivant. Du reste, Réaumur ne désigne sa Hermelle que par l'expression générale de rerà luyau, qu'il applique également à une espèce de Serpule. RIlis a décrit et figuré sous le nom de Tuhuhtria arenosa an- glica une autre espèce de Hermelle, évidemment distincte de celle (]u'avait vue Réaumur (2). La figiu'e (|u'il donne du gâteau, (I) Mémoire snr /es différentes manières dont plusieurs espèces d'aniiiinu.v de mer s'attachent nu subie, aux pierres, et les uns aux autres ( Mthn rie l'Aendemie desSi-imces. p. IHO, \\g. {■,, 16 el 17 [171 I]), (J) l'^ssiii sur l'Iiistoire lis ('nruilines, \i ini, |i| :t(i. DE QL'.%TKEFAUE»>. JSl It I.KS UbRMEM.lliNS. / figure dont l'exactitude est complète d'après nos propres obser- vations , ne peut laisser de doute à cet égard. Ici , les tubes sont distribués d'une manière irrégulière; leur parcours est sinueux, et il existe entre eux de larges espaces, où s'accumule et se tasse une grande quantité de sable, qui régularise ainsi l'ensemble. La figure donnée par Ellisde l'animal lui-même laisse davantage à désirer. I.e faciès général est exact; la forme et la composi- tion de l'opercule sont reproduites d'une manière plus précise que dans le Mémoire de Réaumiu' ; inais les pieds abdominaux sont on ne peut plus mal représentés , puisque , au lieu de .saillir fortement, ils semblent ne consister qu'en une très petite toulTe de soies ; de plus, la portion rectale du corps , très bien vue par Réaumur, semble avoir entièrement échappé au naturaliste an- glais ; enfin, ce dernier se trompe tout à fait quand il prend l'esto- mac ou jabot de la Hermelle pour la matrice ou l'ovaire. (juettard a fort bien reconnu que les deux espèces observées par Réaumur et par Ellis différaient l'une de l'autre (1) ; aussi en fait-il les deux premières espèces de son genre l'samatotus en les réunissant à des Térébelles, et entre autres à la Térébelle co- quillère. Au reste, il ne paraît avoir vu ni les unes ni les autres de ces Annélides , et sa figure n'est que la reproduction de celle d'Ellis. Linné avait d'abord placé l'animal , décrit par Ellis, dans son genre Tubipore sous le nom de T. areuosa (2). Plus tard, il le trans- porta dans son genre Sabella , où il se trouvait réuni avec diverses autres Annélides, qui n'ont guère de commun entre elles que d'habiter un tube formé en tout ou en partie de grains de sable : il le désigna par le nom spécifique de S. alveolata (.S\ Pallas décrivit et figura sous le nom de Aereis chrysocephala une véritable Hermelle, sur laquelle nous reviendrons plus loin (i). O. F. Mùller, en créant le genre Amphitrite, en y réunissant ( I J Mémoires aitr divi^rses parties des sciences et arts. t. III. p. 68, pi. 69, li^. 2 (2) Systema imturœ, iO' édition, p. 790. [i) Sysl. nul.. 12' cclil., p. 1268. (1) Xora Actit Academiae Petropolitanœ, l. U, p. 235, llg. 20 et 20*. s l»E VL'ATBEi'AGES. — SLK LES HEKMKLM KNS. tous les Vers à tuyau factices pourvus de branchies antérieures, crut devoir y faire entrer des Annélides , dont l'organisation lui était trop peu connue , et son exemple fut suivi par Bruguières: mais ni l'un ni l'autre ne paraissent s'être occupés des Hermelies. Gmeiin adopta en môme temps les genres Sabella de Linné et Jmphitritede Mùlier ; il conserva dans le premier l'animal décrit par Ellis, en lui laissant le nom linnéen de A', alveolala (I ; il plaça la Néréide, que Pallas avait fait connaître, dans le genre Amphitrite, sous le nom de J. Chrysoceplutla [•!). Pennant emprunta à Linné son genre Sabella, dans lequel il réunit une vraie Sabelle , \a !\ereisbelgica de Va.\\-ds ( ,^ niphitrite auricoma Miill , Sabellaire commune Lam.;, et le Ver à tuyau de Réaumur qu'il prit pour la S. alveolata (3j. Le genre Amphitrite de Mûller renfermait un grand nombre de Vers très différents les uns des autres. Dès 1804 , Cuvier y établit un certain nombre de coupes , et donna le nom A' Amphi- trites proprement dites à celle de ces divisions, où il plaçait la Sabella alveolala de Linné, c'est-à-dire l'animal décrit par KIlis (4). Il y joignit une espèce qui ne se distinguerait, dit-il, de la précédente, que parce qu'elle vil isolée sur les coquilles d'huîtres. Nous veri'ons plus loin que ce n'est pas là un caractère distinctif. Un reproche plus grave à faire à Cuvier, c'est d'avoir partagé l'opinion de Pennant, en plaçant dans cette même divi- sion la Aereis belcjica de Pallas, ([ui diffère beaucoup des Her- (1) Limifc. (Jmelin, t. 1. pari, vi \>. 3719. (2) Linné. Gnielin. l. i. pari, vi, p. 5111. (:)) Untish Zoiiloijij. t. IV. pi. 92. fifi. 162 (I777j — La plu|>ai'l des ailleurs rapporlenl a Pennanl l'élablissemenl de l'espèce désignée par l'épilhèle spécifique lie crasxixsimii. Dans l'édilion in-8. la seule que j aie à ma (lisposilion. il n'e.-.| ques- tion que de l'a(i:eo/nli/ : c est bien l'espèce observée par Pennant, a en juger par la figure qui représente le gâteau formé par la réunion des tubes, et surtout par sa description ; c'est, en réalité, le Ver à tuyau. {\'j Dirlionnairi' dex Sciences nnturrlles , article .Vsiphitrite . t. il. ('e volume porte le millésime de I 8 1 6 ; mais on doit se rappeler que les cinq premiers vo- lumi'-i de ce diciionnaire parurent de 180 i à 1806. Celle publicjlion ayant été interrompue et reprise plus tard, des suppléments leur furent ajoutés, et on im- prima de nouveaux titres avec la date de ces suppléments. UK VLA'l'KKFAIiiE»). — SLIl LKS HEIl.MIJ.MIAb. 9 nielles, même par ses caractères extérieurs. Au reste , Cuvier a conservé sa classilication dans lesdeux éditions du Règne animal. Oken (1; et M. Duméril ;2 adoptèrent sur ce point l'opinion de Cuvier. A i)eu près à la même époque, Lamarck et Savigny placèrent dans deux genres distincts la Sabella alveolala et la iSereis beUjica. Lamarck prit la première pour type de son genre Sabellaire (3) ; Savigny proposa successivement pour ce gem'e les nomsde^://7)i/- mo«e et de IlenneUe iji). Nous avons adopté ce dernier comme ayant généralement pn':valu. Bosc , dans son Histoire des f^ers, ne fit que peu d'atlention aux Annélidesqui nous occupent. Mais, dans l'article SABiai.E du Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, il décrivit une nouvelle espèce sous le nom de .V. negate (5). M. de Blainville, dans les articles qu'il a donné sur ce sujet, a adopté les idées et les noms de Lamarck (G . Aujourd'hui tous les naturalistes paraissent partager la manière de voir de I^amarck et de Savigny , et se servent presque indiffé- remment des noms proposés par ces deux savants. Comme eux , du reste, ils ont laissé dans une même famille les deux genres, ayant pour ly|)es la Sabella alreolata et \a.?\ereis belgica. Cepen- dant , il y a dans cette manière d'envisager les rapports ([ui unis- sent les Hermelles aux autres Annélides une erreur, qu'aurait pu faire cesser l'étude seule des caractères extérieurs , et qui , pour être moins évidente que celle que Cuvier avait laissé subsister , est exactement de même nature. lui effet, Cuvier, marchant en cela sur les traces de Mùller et de l'enuant, avait laissé dans le même genre Àmphilrite la Sa- bella alrcolata et la Aereis belyica. Ce genre était caractérisé sur- tout par des branchies en forme de peigne , placées de chaque côté (!) Lnhvbitcti (Ifr XatunjescfticlUe : Zontoijif. [î] Zoologie auohjiKiue, p. 29(i, tableau n" 189 (1806). ( 3) F.xlrait du Cours sur len imimaujr siinx verléOreii, p. 96(181 2). ,' i) Sytiême des Annétides, p. 81 . (5) Dicl. (VHist. nul. de Détcrville, arl. Sabelle (18)9) {H; Dkt. des Se, nul., art. Sabeli.aib^ et Vtiis (1827 1828,. 10 «K «jtit'I'KEFAUKS. .SUI'i I.ICS lllil;Allil,l.li:.\S. sur le commencement du dos. Ce signalement s'applique 1res bien à la Nereis bel'jica , mais pas le moins du monde à la Sabella al- veolata, dont les branchies, en forme de cirrlies recourbés, sont distribuées par paires tout le long de la partie moyenne du corps. D'autre part, Lamarck , Savigny et M. de Blainviile , en for- mant deux genres distincts avec les deux Vers que nous venons de nommer, les ont placés dans la mcme famille. Lamarck fait de ses Sabellaires le second genre de la famille des /t mpliilrilées , caractérisi'es ])ar des branchies non séparées, ni recouvertes par un opercule , et disposées à la partie anté- rieure du corps ou auprès ; tube membraneux ou corné , plus ou moins arénacé (i ). Dans la caractéristique du genre , il ajoute : branchies très petites , composées île plusieurs rangées de lanières , dans le voisinage de la bouche. Lamarck , comme nous le verrons plus loin , n'avait pas connu les véritables branchies, et avait pris pour elles les cirrhes buccaux. Savigny était tombé dans la même erreur. Dans la caracté- ristique de sa famille des à mphitrites , on trouve : branchies f/randes piusou moins compliquées , mais toujours peu nombreuses, deux, i/uatre, six au plus, insérées, suivant leur nombre, sur un, deux ou trois des quatre premiers segments du corps ('2). Lors- qu'il caractérise les ffermelles, troisième genre de cette famille, il ajoute : branchies au nombre de deux , situées sous le premier segment occupant l'intervalle qui sépare la couronne operculaire de ses deux cirrhes inférieurs, consi.itant chacune en une touffe de filets sessiles , aplatis, sétacés, alignés fort régulièrement sur plu- sieurs rangs transverses. On voit c|u'il s'agit encore ici des cirrhes buccaux et non pas des vraies branchies. ^L de Blainviile, après avoir adopté, dans son article Sabel- laiie, la manière de voir de Savigny , dont il ne fait guère qu'a- bréger la caractéristique , semble avoir pressenti l'erreur de ses devanciers dans son article Fers (3). En eiret, parmi lescarac- (1) Hisl ual. des Anim. sans verl.. i' édit., I V, p fiOO. (2) Sijsl. des Aimélides. p. 71 . (3) Dkl des Se. nul., p i:!:i. »E QUA'i'Ki:l''AUES. 8U'. I KS IIIUIM lil l.llvNS. Il tères de sa famille des Sabulaires, il indique des branchies fort dislincles, grandes, portées sur la tête du sur les premiers anneaux. On voit qu'ici M. de Blaiiiville regarde les cirrhes buccaux comme des branchies; mais il ajoute dans l'énumération des ca- ractèi'es du genre ; pieds subsiinilaires , formés d'un cirrhe supé- rieur branchial..., etc. Il semble d(inc avoir sf.upçonné la nature réelle de ces appendices placés sur le dos, à chaque pied : mais, dans ce cas . il aurait dû retirer le genre Sabellaire de la t'amille des Sabularia, dont le caractère est d'avoir des pieds conformés, comme dans ta famille des Serpidides. M. de Blainville aurait d'autant plus dû agir ainsi, qu'un aulre caractère de ses Sabu- laires est d'avoir douze segments au moins au thorax , tandis que cette partie du corps des Hermelles ne compte que cinq anneaux. On voit que tous les naturalistes précédents ont fait jouer aux rirrhes buccaux le rôle de branchies. M. Milne Edwards est le [)i'emif'r qui ait reconnu la nature réelle de ces appendices cé- pliali(|ues ' 1). Après avoir examiné au point de vue liisloriquu les Hermelles en général , disons un mol des espèces. Ici encore , nous trouve- rons une confusion, due évidemment à ce que la plupart des au- teurs ne paraissent pas avoir observé directement ces animaux, au moins à l'état vivant. Nous avons vu que Réaumur et lillis avaient décrit deux es- pèces dilVérentes. l^es détails transmis par ces deux naturalistes, complètement d'accord avec ce que nous avons observe nous- inème, ne doivent, ce nous semble, laisser aucun doute sur ce point, (jueltaiii avait conservé cette distinction. Linné, qui paraît ne pas avoir connu le travail de Réaumur , ne parle que de l'espèce d'Kllis,el lui donne le nom de Sabella alveolala. A partir de cette épo(iue , tous les auteurs semblent avoir conlondu avec cette espèce le Ver à tugan étudié |)ar Ri-aunau'. (-uvier ne mentionne que les ol)servations d'Ellis , et les noms proposés pai- Linné et (jmelin. Il lait une seconde espèce des in- fl) llri/ili' ililinfll illuntlr, PI. I', li^. .1 , f\ lilH. (/f'.s .Si- ii.W , I \ . |i. 2(IS , |il. Il, Ile .1 (is;)8). l'i nu QVAtHKVAtiKS. — SljR UiH HEltMliLMli.NS. dividus, qui vivent dans des tubes isolés adhérents aux coquilles d'huîtres, et donne à cette espèce le nom <ï J 77iphilrite oslrearia. i.amarck regarde comme synonyme de sa. Sabellaria alveolata, \e Fer à tuyau de Réa-umm e\,\a. Sabularia arenosa anglica d' El lis. Il ajoute à la confusion en faisant une espèce nouvelle de la 5a- belle observée par Pennant , laquelle n'est autre chose que le f^er à tuyau , et lui donne le nom de Sabellaria crassissima. Savigny donne pour synonymes à \a.Hermella alveolata le fer à tuyau, \-ATubularia arenosa anglica elVAiiiphitrile ostrearia de Cuvier. Il ne parle pas des observations de Pennant; mais admet, comme seconde espèce, \a.Nereis chrysoceptialade Pallas. M. de Blainville regarde comme identiques le F'er de Réaumur et \'à.Ttibularia d'Ellis. Il admet dans le même genre \AlSereis de Pallas ; il en rejette la Sabelle negale de Bosc. § II. — />Psrn)/lion des esjX'ri-s, et ctassificntiim. Nous verrons plus loin que les Ilermelles doivent être éloignées des Annélides ordinaires , et qu'elles font partie du groupe des Anneléspleuronèi'cs caractérisé par l'existence d'un système ner- veux placé de chaque côté du corps. Dans ce groupe même , elles doivent former une famille à part qui, dès à, présent, ren- ferme deux genres distincts, et (jue nous caractériserons de la manière suivante : IIERMELLIENS. Animaux annelés, tubicoles, à pieds séligères non semblables, manquant à la dernière partie du corps. Corps composé de quatre régions. Tète confondue avec deux gros tentacules latéraux soudés postérieurement, et (jui présentent en avant une sorte d'opercule, formé par des soies disposées en séries concentriques !;1). (I) Plusieurs auteurs, el enlre autres Savigny, regar.leril les .Vnnélides Tubi- coles comme privées de lèle. Je ne puis partager cette manière de voir. Pour moi, l'anneau buccal , même chez les Annélides Errantes , appartient a la tète. Sans nu gi ATRKFA*.»:^. — si ii riis iiia'.MEi.i.iKNs. KS BoLiclu' garniu df cirrhes préhensiles iidiiibi'eux , (|iii naisscul sur le bord interne des tentacules Branchies distribuées par paires sur les anneaux du thoiax et de l'abdomen. HERMELLEA Animalia annulata, iubicolaria, pedibus spligeris, di.isimilibxis, uhimd rorporis parte ab>:enlibus. Corpore quadri-partito. Capile cum duobus tentacnlis lateralibus , crassis, postice aller nltero adherentibus , setis seriatim concerUricis in modnm opercuU instructis. Ore cirrhis ni/mernxis, prehensilibiis, e tcnlandis Inliis nascenli- bus armalo. Rranrliiis pnrùitim .supra Ihnracis et abdoniinis anindos ordi- iialis. llESBK HKHMKI.I.K II E KM ELU). Tulnilnriu, Ellis.- l'samatotus, Gueltard Tuhiporn, Linné. Sahella. Linné, Gnipliti Nereis Pallas. Amphitrile, Cuvier, Diiméril Chrysodon, Oken. Sabellaria, Lainarck, de Blainville, Tlioinpson. Heniifllii, Savigny, Edwards. Opercule formé par trois rangs de soies cnnccntriques. Opercnio selarum Iripiici série con.itituto. entrer ici dans de longs détails sur ce point , je ine bornerai à indiquer les deux raisons suivantes. La cliaine nerveuse ganglionnaire ventrale n'arrive pas jusqu'à l'anneau buccal Chez les Annélides fubicoles , il y a un cerveau , tout conimc chez les Errantes. Il suit de là qu'on peut donner le nom de tentacules à certains appendices , comme, par exemple , à celui qui , dans les Serpules . supporte ! o- |)crcule. et » ceux qui, chez les Sabclles, sont placés derrière les branchies. ill IH-; «ji'.tTKicrAui'iN. — SI i; i.iîs iii:i;'.!r';i.i,ri;\s. 1. He;iint'llc iilvé(j|ail'e {Jfei)iii'//ii n/rHi/ii/n] Ttihntana nrenn^n (inqlic'.i Ellis, Inc. fit Pi^amatotus 71" 2, GueLlard, loc.cit. Ttibipora nrenosa, Linné, loc. cit. Sabella alveolata, Linné, loc. cit. Sabella alveolata, Gmelin, loc. cit. Amphilrite alveolata. Cuvier, loc cil. Amphitrile oslrearia, Cuvier, loc. cil. Amphilrite alveoliitii, Duméril, loc. cit. Chrysodon, Oken, (or ni. Sabellaire alvéolée, SafcWfuna ulreolata, Lamarck, loc. cil. Ilermelle alvéolaire, Uermella (ilveoliilu, Savigny, loc. cil. (1). Saljellaire alvéolée, Sabellaria alveolata, de Blainville, loc. cil. H Alla? du Dicl. desSc.nat. (Chélopodes), pi. 4. lig 1 (2]. rii'rmelle alvéolaire, Hermella ulccululu , Milne Edwarrls , loc.cit., [il. I', fig. .3. et pi. 6, fig. 2. Siibellaria olveolnla, \V. Thomiison, Report on tite Fnuiiii of IrcUind, I 843. //. corpore crassiusculn; opercttlo tnmsversim ovato, tentaculiaxi . quasi perpentliciilari : hranchiis hrevihus, crassis, viridescenli- hus ; tnbis hauil parallelis, sparsis, in placenta areno.id rario- riliiis. Ilabilut in Oceano. (^otte Rsp('ce étani une des plus fariles à observer, et ayant S'îrvi de type a l'établissement du genre , nous allons en donner une descriplioii délaillée, à laf|uelle, pour abréger, nous rap- [)orterons la description des autres espèces. 1° Forme générale. — La flermelle alvéolaire a le corps assez épais, trapu, renflé vers le milieu. La teinte générale est d'un (1) Nous. verrons plus loin que Savigny, tout en ronnaissanl certainement celte espèce et avant liien linlenlinn d'en parler, en a néanmoins , .selon toute apparence, décrit une autre. (2) Sous beaucoup de rapports, ce dessin est inexact, ainsi que la plupart des détails qui l'accompagnent. Les masses de tubes figurées dans la même planche appartiennent à deux espèces distinctes. La figure 1'. copiée dans Ellis, doit être rapportée à l'espèce actuelle • mais la figure 1' représenle une portion de gâteau tubairn qui appartient l\ nm' des espèces suivantes. DR gii*TBKF.»«i:S. — SIT. T.KS HlCI!MEI.r,IE\.S. 15 rouge vineux . (|iii . U Tûpoque de la reprodurlioii , passe au violet chez les femelles . et au blanc jaunâtre clifz les mâles. La taille la plus grande f|ue j'aie observée sur [jlusieuis lenlaines d'indi- vidus a été de 3 centinuMres, non compris la (]ucue. 2' TéCfi. — (loninie dans la plupai'l des Tiibicoles , la tête est presque uniquement formée par l'anneau buccal. 11 en résulte que la bouche est presque terminale , s'ouvrant à jieu près dans la direction de l'axe du corps entre les deux tentacules. Cette bouche est formée d'une sorte de lèvre marginale, échancrée en dessous, extensible et rétractile, et renforcée latéralement par deux bour- relets mamelonnés qui présentent des mouvements obscurs. Les deux tentacules naissent sur les côtés de la bouche , se con- fondent complètement en arnèi'e , et s'élèvent obliquement, de manière à dépasser la bouche d'une longueur à peu près égale à celle du thorax. I^eur couleur est généralement blanchâtre, avec des taches brunes ou noires sur les côtés. Ces tentacules repré- sentent à peu près deux demi-cylindres excavés intérieurement. Sur la face interne sont placés des cirrlics préhensiles très nom- breux , d'une couleur violacée , et échelonnés sur douze rangs. Les tentacules sont comme tronqués obliquement à leur extré- mité, qui porte les soies operculaires. Presque immédiatement en arrière de la couronne de soie , on trouve une rangée de pe- tites digitations, qui m'ont paru pniivoir ^e rentier et se contrac- ter tour à tour. Les soies operculaires sont disposées sur trois rangs. A chacun, de ces rangs, elles dilîèrent de position et de forme. Les soies externes sont dirigées en deJiors ; elles sont larges , fortes , cou- dées sur leur plat , terminées par six et jus(iu'à huit dents irré- gulières recourbées dans le plan de la dent, et d'arrière en avant. La racine de la soie , bien plus étroite que ce (|ui saille au dehors, s'enfi)nce profondément dans le tentacule. Les. .vo/e.s iimlianes sont également dirigées en dehors ; leur l'ornu' est irrégulièrement liiangulaire, et la jjorlion extérieuic forme avec la racine un angle presque droit. Les soies internes ressemblent assez aux pré- cédentes ; mais elles sont dirigées en dedans, et la portion exté- rieiu'e est à la fois plus étroite et plus longue (|ue celle des soies médianes : de |)las , elles sont très linemenl flcnticulées sur un ûc. If) ni; QiiATur.FUJKs. — siiii i.ns iiKii.viiîi.t.iKNS. leurs boi'ds. Les soies cxLuiiies sont im|)laiitées sur le bord inènie du tubercule. Les soies moyennes et les soies internes sont dis- posées à côté les unes des autres, et en alternant sur une seule rangée, en sorte que le partage de la couronne operculaire en trois séries est plus apparent que réel. Toutes ces soies sont d'un jaune d'or brillant par réflexion. Vues au microscope , elles pa- raissent d'un jaune brunâtre. On y distingue des fibres longitudi- nales et des stries d'accroissement transversales (1). Dans l'espèce qui nous occupe en ce moment, le disque, formé par l'ensemble des soies, est presque perpendiculaire à l'axe çlu tentacule ; en sorte que, lorsque l'apimal est placé sur le dos, la tète est supportée par le bord supérieur de l'opercule. Cet oper- cule est d'ailleurs de forme légèrement ovalaire. .l'ai trouvé chez un individu, dont la longueur était de 25 mil- limètres non compris la queue, trente-six soies à la rangée ex- terne , vingt et une à la rangée médiane , et dix-sept à la rangée interne ; mais ce nombre varie avec l'âge. Dans un petit individu de 10 à 12 millimètres, je n'ai compté que trente soies à la ran- gée externe, dix-neuf à la rangée moyenne , et quinze ii la ran- gée interne; ces soies étaient aussi plus Unes. 3° Thorax. — I.c thorax des Hermelles ne se compose que de cinq anneaux, portant chacun, à l'exception du premier, une paire de pieds et une paire de branchies. Sa couleur est géné- ralement rosée sur la ligne médiane; les pieds sont blanchfttres , tachetés de noir ou de brun à leurs extrémités. Le premier anneau est tout à fait rudimentaire , et ses appen- dices se réduisent à une sorte de cirrhe large , triangulaire , qui s'avance intérieurement jusque dans le voisinage de la bouche. [>e second anneau est aussi très étroit , assez peu marqué, et la rame supérieure des pieds est rejetée en haut , comme on le voit chez tant d'autres Tubicoles. Dans les quatre derniers anneaux thoraciques, chaque pied se compose de deux rames. La rame dorsale (2) est formée d'un seul (I) Voyez, pour la forme de ces soies, les figures que M. Milne Edwards a données dans l'Atlas de la frr.inde édition du Règne animal de Cnvier (Annélides), pi. 6. (21 PI. 2, ii;:. 3. .•.,■. UE «LArKi':F.t«^i':s. — si:ii f.i;s ijiiRMiiLi,ii;>s. 17 mamelon latéral, d'oùsort un faisceau de huit à neuf soies très fortes, d'un aspect nacré, droites et élargies à leur extrémité en forme de lancette très aiguë. Cette e.xtréniilé présente assez souvent un nombre variable de pointes échelonnées, de manière à ne pas nuire à la forme générale de la soie. Quekiues soies simples très petites se mêlent aux précédentes. Au second anneau , la rame dorsale est plus rapprochée du dos que dans les trois pieds sui- vants, l.a rame ventrale fl) est formée aussi par un seul mame- lon , dirigé presque verticalement de haut en bas , portant un pinceau de soies très minces recourbées , et finement denticulées sur leurs bords. Les branchies (2) placées sur le dos , et à une assez grande distance du pied , sont courtes , grosses , aplaties d'ariière en avant. .Sur le vivant , elles paraissent souvent verdàtres , surtout vers leur ba.se, à cause d'une matière verte qui entre en grande abondance dans la composition de leur tissu. li° Abdomen. — Cette partie du corps de la Hennelle se com- pose d'un nombre d'anneaux variable , selon la taille , et proba- blement l'âge des individus. Chez les plus grands , j'ai compté jusqu'à trente-cinq anneaux ; mais un individu de 10 millimètres de long seulement n'avait que dix-neuf anneaux abdominaux. Chaque anneau est pourvu , comme au thorax , d'une paire de pieds el d'une paire de branchies (3 . La disposition des couches musculaires dans cette partie du corps permet de distinguer nettement à travers les téguments le bulbe œsophagien et l'intestin, qu'on icconnaît à sa teinte d'un brun foncé , qui va en s'alTaiblissant d'avant en arrière. Les pieds se composent ici , comme au thorax , de deux rames. La rame dorsale, courte et très large aux f|uatre ou cinq premiers pieds II), s'allonge et se rétrécit ensuite (ô). Aux derniers pieds, (4j PI 2, fig. s, d.d. (2) PI. 2, fig. :\. 6,6. (3) PI. 2. fig. 4, Sel 6. H) PI 2. fig. 4. «. (5) PI 2, fig. r,. c c. 3'série. Zooi. T IX. (Juiljpl ISIS.) j î 18 WK QI^A'I'KKFA»!':». — SI 11 I.KS IIKK \lm.l.ll':,\S. sa longueur égale pres((ii(^ la larj^nur même du corps (1). Celte rame porte , au lieu de soies à crochet proprement dites , de petites pièces cornées adhérentes à la peau, cvalaires. et obliquement sti-iées en travers. Le nombre de ces pièces aux premiers pieds est de plus de cent cinquante. La rame ventrale des quatre à cinq premiers pieds (2) est formée d'un seul mamelon, dont les soies semblables à celles des rames ventrales thoraciques se dirigent obliquement sous le corps même de l'Annôlide. On trouve aux pieds suivants, indépendamment d'un mamelon semblable, un cirrlie triangulaire assez court (3) , qui disparaîl presque com- plètement aux pieds postérieurs ih). Les branchies (5) de l'abdomen sont plus allongées que celles du thorax; cependant, celles du second anneau abdominal attei- gnent à peine le second anneau thoracique ; elles présentent d'ailleurs la teinte verte dont nous avons parlé plus haut. 5° Queue. — Nous désignerons sous ce nom , ou sous celui de portion anale, la quatrième partie du corps; cette partie com- mence par une sorte de renllement pyriforme très prononcé, d'un diamètre supérieur à celui des derniers anneaux abdominaux , et qui se prolonge en arrière en formant une sorte de tube. Cette portion anale est à peu près aussi longue qui^ la moitié du reste du corps ; elle est lisse extérieurement, sans traces d'articula- tions ni de pieds. Sa couleur est d'un brun foncé en dessus , sur- tout à l'origine. En dessous , elle est d'une teinte blanchâtre , qui permet de distinguer nettement le vaisseau ventral. G" Tubes. — La Hermelle alvéolaire est souvent solitaire, et ce sont ces individus isolés dont Cuvier avait fait une espèce sous le nom (\\.4mphilrite ostrearia. Dans ce cas, le tube adhère aux pierres, aux rochers ou aux coquilles, sur lesquelles l'animal s'est fixé. Il rampe à la surface de ces corps, en ne faisant qu'une faible saillie. Le plus ordinairement , ces tubes , presque tnu- (1) PI. -2. fig. 6, Cf. (2) Pt. 2, fit (i. /',/■. UE Ql'ATKEF.tUE»». — SIR l.IvS UKILVII':t.l.II':%S. 19 jours lampants à leur origine , se relèvent ensuite dans le \ oi- sinage les uns des autres, se groupent assez irrégulièrenirul , et s'entrelacent de manière à laisser entre eux des vides, qui ne tardent pas à se remplir de sable agglutiné. 11 résulte de cet en- semble des plaques souvent fort étendues , mais qui n'ont jainais une grande épaisseur. Les orifices placés h la surface du gâteau forment une sorte de godet , dont le bord supérieur avance en pointe mousse, de manière à protéger l'animal en dessus. Celte disposition a été assez bien indiquée par Ellis ; mais cet auteur a donné trop de régularité à l'ensemble de ces ouvertures dans la figure qui représente le gâteau sablonneux habité par ces Her- melles. Les tubes deces Annélidessont composés uniquement de grains de sable. On ne trouve rien dans l'intérieur qui rappelle le fou- reau soyeux ou corné que présente le tube d'autres Tubicoles. La matière qui agglutine les parois de ces tubes me paraît devoir suinter au travers , et contribuer à solidifier le sable qui remplit les interstices, car la masse est partout d'une résistance à peu près égale. Cette espèce paraît habiter toutes les côtes océaniques de l'Eu- rope. Je l'ai observée en grande abondance sur les côtes du pajs basque , où on la trouve tantôt isolée , tantôt réunie en famille , surtout vers le milieu de la zone du rivage qui couvre et découvre à chaque marée. 2. Herraelle de Savigny (Hermella Savigiiyi). lltTmelle alvéolairu, Ilennelta atveolala, Savigny, Inc. cit. FI. setis coronœ exterioribus elintermediis quadridenlatis (1). Hahilat in M éditer raneâ (? . La Hermelle que nous venons de décrire n'habite guère , avons- (1) Faute de renseignements suffisants, je n'ai pu formuler toujours les carac- téristiques de manière qu'elles fussent comparables. Dans en cas. j'ai cru devou m« tiornifr a .-ignalcr dans ces phrases latines lus caractères les plus sail- lants 20 »I5 Ql]*TREF»«E«. — SUR T.ES HKmiKI.I.Ii; NS. nous dit , que cette portion du rivage qui , à rhaque marée , de- meure environ trois ou quatre heures à sec. Cette considération seule nous aurait porté à douter de ce que dit Savigny de sa Her- . melle alvéolaire qui, selon lui , se trouverait dans l'Océan et dans la Méditerranée qui , comme on le sait , n'a pas de marée. De plus, parmi les caractères que ce naturaliste indique, il en est qui ne conviennent nullenjent à l'espèce qui vit sur les côtes de la Manche ; aussi croyons-nous que Savigny a confondu deux es- pèces, et que sa description a porté sur des individus méditerra- néens, qui doivent être spécifiquement distingués de ceux qu'on observe dans la Manche. D'après la description de Savigny , sa Hermelle serait d'un tiers plus grande que l'animal d'Ellis, et pourtant le nombre des anneaux serait moindre ; en effet, Savigny donne à son espèce 15 lignes , environ \\ centimètres de long , non compris la queue, et ne compte cependant que trente-trois anneaux, en comprenant dans ce nombre la tète et le thorax. La couronne operculaire serait formée d'un nombre de soies plus considérables , et distribuées dans des proportions un peu différentes. Savigny compte trente-six soies au rang externe , vingt-huit à trente au rang moyen , et quinze à dix-huit au rang interne. Les soies du rang externe ne porteraient que quatre dents à leur extrémité , ce qui se voit quelquefois , mais très rarement dans l'espèce précédente ; de plus, les soies de la rangée moyenne seraient également dentées à leur extrémité , ce que je n'ai ja- mais observé dans la véritable Hermelle alvéolaire. Celte der- nière circonstance à elle seule nous semblerait pouvoir justifier la distinction proposée ; car , parmi les caractères propres à recon- naître les espèces, ceux qu'on tire de la forme des soies sont peut- être les meilleurs de tous. ?•,. HpitiipIIi^ a f;ranrls lulifs [ ficnnflln n-nsshfimn), V>r à tuyau, Rraumur. /or rit. P>amalole n° I , Gupttard, Inc r.il . Satu'IIairp à îTranfit tuhe>, Stthrlhtyin rrtinsissiuxi, Lani;irck. /ne rit. DE QL'ATRKFAUt:». — SL» I.KS HiiUMIÎI.I.IRNS. "21 Ilermelle alvéolaire, Hermeliu alveulala. Savigiiy, /oc. cit. Siibellaria crassissimti, de Blaitiville, article Sabelle. Siibellariti crassissima, Thompson, /oc. cil. //. corpore graciliorc, clonyatiore; operculo cirndari, tentaculi axi maxime inclinato ; branchiis lonrjioribus, anguslioribus, rubes- ceiitibiis; tubis parallelis, in placenld arenosâ confertis, erectis. Habitat in Oceano. Cette espèce ressemble beaucoup à la Hermelle alvéolaire , et souvent elle a été confondue avec elle ; cependant, la forme géné- rale sulliruit pour les distinguer , lorsqu'on peut employer une comparaison irammédiate entre des individus vivants. Celle dont nous parlons ici est, toutes choses égales d'ailleurs, plus allongée, plus svelte ; ses couleurs. sont moins vives , et ses tissus demi- transparents paraissent sensiblement (tlus délicats. La teinte gé- nérale est aussi plus pâle, plus uiuforme , et on ne trouve guère sur la partie antérieure du corps ces taches brunes ou noires (ju'on observe dans la Hermelle alvéolaire. Enfin, les plus grands indi- vidus que j'aie mesurés avaient au plus 2,5 centimètres, et por- taient trente anneaux abdominaux. Ln individu de 8 millimètres de long ne m'a présenté que sept anneaux à cette partie du corps, les quatre anneaux thoraciques existant d'ailleurs comme chez les plus grands individus. La tète ou plutôt la masse des tentacules est plus étroite; la couronne tentaciilaire est d'un moindre diamètre que dans la. Hermelle alvéolaire. Celte couronne, quand l'animal en rapproche les deux moitiés, est parfaitement circulaire. Elle est d'ailleurs ' placée très obliquement à l'extrémité du tentacule ; en sorte que , lorsque l'animal est renversé sur le dos, l'opercule repose à plat sur le sol. Les soies dont se compose l'opercule ressemblent à celles de la Hermelle alvéolaire , avec cette différence que celles de la rangée interne ne sont pas denticulées à leur bord supé- rieur. Sur le vivant , les cirrhes buccaux sont plutôt brunâtres que violets, surtout à leur base. J-es branchies du thorax, mais sinloul lelles de rabdumen , sont très sensiblement plus étroites el plu^ lungtir> qui: diins l;i. 22 UK Q(!ATKEFA«ES. SIJH t.KS lll■:lt^lKI.I.I^;^S. Hermello alvéolaire ; celles du second anneau abdominal dépas- sent le premier anneau thoracique. Leur couleur est aussi plus rouge , par suite de la diminution de la matière verte , dont nous avons parlé plus haut. Le rendement pyriforme qui sépare la queue de l'abdomen est ici peu marqué, et sa teinte brune est moins foncée, en sorte qu'on distingue le vaisseau dorsal de la (|ueue presque aussi bien que le vaisseau ventral. Il est possible que cette espèce vive solitaire aussi bien que l'alvéolaire; cependant, je ne l'ai jamais remontrée dans cet état , ce qui pourrait tenir à ce qu'elle habile mie zone du rivage beaucoup plus basse. A Guéthary, où les deux espèces sont très communes, je commençais à trouver celle-ci précisément à la hauteur où s'arrêtait l'alvéolaire. Les tubes de la crassissima sont généralement droits, peu llexueux , presque parallèles , et pressés les uns contre les autres. 11 résulte de celte disposition que le gâteau est beaucoup plus épais , et que , lorsqu'on le brise , il présente un aspect grossière- ment fibreux. Les ouvertures, formant , comme dans ceux de la Hermelle alvéolaire, une sorte de godet, sont bien plus rappro- chées les unes des autres, ce qui contribue adonnera l'ensemble quelque chose de beaucoup plus régulier. Enfin , ces gâteaux , généralement moins bien abrités que ceux de l'alvéolaire, ne sont par cela même presque pas enduits de cette vase qui forme sur les autres comme une sorte de badigeon adhérent. ■i Hennelle do Risso { llcniiulla Rissui). //. annutis corporis longioribus ; brancinis. hrevidus, parvulis. Habitat in mare Mediterraneo. 0\\(i espèce est bien distincte des précédentes par son faciès général et ses proportions. La longueur du seul échantillon que j'aie observé est de plus de 3,5 centimètres, et cependant le nombre des anneaux abdominaux n'est que de vingt-neuf. 1-e corps entier est allongé, sans rentlement appréciable vers le WE <^uA'i'KEi''/iui':!«. — SI li i.ics HËiiMKtms. 23 milieu , et le diamètre cles^derniers anneaux est bien moins ré- duit que dans ïalveolataei \a, crassissima. J-a masse tentaculaire est aussi large au moins que le milieu de rabdomen , longue , et surmontée d'une couronne operculaire, très obliquement placée à son extrémité. Les soies ressemblent à celles de la c7-assissima , mais sont un peu moins allongées et moins elTilées, surtout à la rangée interne. On en compte quarante au rang externe, vingt-cinq au rang moyen, et vingt au rang interne. L'appareil appendiculaire du corps paraît être généralement moins développé que dans les deux espèces qui nous servent de type. Les pieds abdominaux sont plus larges peut-être , mais moins allongés , et les branchies sont proportionnellement beau- coup plus petites. L'individu qui a servi à cette description fait partie de la col- lection du Muséum ; il a été envoyé de Nice par M. Risso. Mal- heureusement , ce naturaliste a négligé de recueillir des échan- tillons de tubes Il Gkkkh PAI.I.ASIK (PALLASIA). .\ereis. Pallas. Sabellaire. de Blainville. Hermelle, Savigny. Opercule formé par deux rangs de soies seulement. Operculo duplici setarum série constilulo. 1. Pallasie chrysocéphale [l'allusia c/iri/socep/mla). Xereischrysocepliala, Pallas. /oc. cit. Hermelle chrysocéphale, Ilermeila r.hrijcocephala, Savigny, loc. cit. Sabellaire chrysocéphale, Sabi'tlariaclinjsoceplmld, de Blainville, loc. cit. /'. selis inlernis opereuli longis , setosis. Habitat in mare Indico. l'ailas décrit cette espèce comme étant longue de 4 pouces, et ayant un corps nmu , rendu loinme écailleux i\r^ ilmix côtés par 24 DE Ql'ATKEPAUlsN. Sl'll l.liS llliliMIil.l.ES. des crêtes charnues transversales. On voit qu'il s'agit ici des pieds, qui sont probablement larges et longs comme dans la Hei-melle alvéolaire. La couronne operculaire est formée de deux rangées de soies. Celles de la soie externe sont larges , aiguës , divergentes; celles de la rangée interne sont plus longues et soyeuses. Les second, troisième et quatrième pieds portent un faisceau de soies dorées et parallèles. Un faisceau de soies très tnies se trouve du côté ventral. Les pieds ont un ciri-lie ventral et un dorsal ; ce dernier est très grand et très épais. On voit que Pallas veut parler ici des branchies , dont il a méconnu la nature. La longueur de la queue est égale au quart de l'animal enlier. L'individu décrit et figuré par Pallas venait de la mer des Indes. •l. Pallasie de (;aimard { l'n/liis/ii (ùilnmnli). P. setis internis operculi crassis, quasi bifurcalis, denticulatis. Habitat in mare Capensi. Cette espèce est remarquable par l'éclat et la largeur de la couronne operculaire , dont le diamètre est sensiblement plus grand que celui du corps. Les soies qui entrent dans la composi- tion du rang externe sont au nombre de vingt six de chaque côté ; elles sont larges, fortes, aiguës, dentelées sur leur bord. La rangée interne est formée de vingt-quatre soies également épaisses et solides. Ces soies sont composées d'une racine robuste et aiguë, sur laquelle la partie extérieui-e de la soie e.st implantée oblique- ment , et de manière à dépasser des deux côtés , en sorte que la dent paraît bifurquée. La bifurcation interne est aiguë , effilée en pointe, et beaucoup plus longue que l'externe, qui est épaisse et arrondie. Toutes deux sont dentelées au bord supérieur. Les soies de la rame dorsale des pieds thoraciques sont dorées, très fortes , et élargies en forme de lancette à leur extrémité. Les soies de la rame inférieure sont très longues et denticulées sur DE QIJl'l'HEi'AUKS. -- SI r. lies lIKI'.MliLI.KS. 25 leurs boixls, comme nous l'avons vu dans les Hermelles. Les pieds abdominaux ne m'ont rien présenté de particulier. L'échantillon que possède le Muséum est incomplet ; cependant, il a environ 3 centimètres de long, et j'y ai compté trente huit an- neaux abdominaux. Cette espèce a été rapportée du Cap par M\l. Quoy et Cay- mard. :!. Pallasie riégate {Pn/lnsin negula). Sabelle nt-gate, Dose, lue. cit. La description que Bosc nous a donnée de cette espèce laisse beaucoup à désirei'. On reconnaît seulement que c'est bien d'un llermellien que cet auteur a voulu parler. Sa couronne opercu- laire est formée extérieurement et de chaque côté par dix-huit cils très courts soies ' ; ceux du rai;g interne sont plus longs et moins nombreux. La bouche este/itourée de douze longs tentacules divisés chacun en trois parties. Si ce détail est exact, on trouverait là un caractère très dilTérent de ce que nous avons vu jusqu'à présent. Il semblerait aussi que le thorax compterait au moins six anneaux, et non pas cinq , comme nous l'avons vu dans toutes les autres espèces; car Bosc signale les six premiers tubercules latéraux comme différant des autres. La queue de cet animal est plate et faiblement articulée. On voit que cette Annélide demande à être examinée de nouveau, avant qu'on puisse lui assigner une place définitive: toutefois, nous la laisserons provisoirement dans notre genre Pallasie, à cause de son opercule à deux rangs de soies. Bosc a trouvé la Pallasie négate dans la baie de Charlestown , où elle vit solitaire sur les pierres et les coquilles abandonnées. Son tube est demi-cylindrique, et composé d'un fourreau sécrété par l'animal , auquel adhère un tube très fin. ESPÈCES DOUrEOSES. La collection du Muséum renferme quelques échantillons de tubes, qui ont été attribués à diverses espèces de Hermelles. Je vais les indiquer rapidement : 20 UK QUA'l'KEFAGIiS. — SLIli LIÎS UEHMISLI.KS. 1" l'"iagments de tubes isolés rapportés de la Nouvelle-Hol- lande par Pérou et Lesueur. Ces fragments , qui n'ont rien de caractéristique , pourraient également avoir appartenu à une Térébelle. 2° Tubes recueillis par les mêmes voyageurs dans l'île aux Kanguroos. Ces tubes entrelacés nous paraissent avoir appartenu à un Hermcllien ; ils sont revêtus intérieurement d'un fourreau llexible , et fiii'més de sable très fin agglutiné. 3" M. Gaudichaud a rapporté de la baie des Chiens-Marins des tubes isolés à parois fort épaisses, qui pourraient bien appar- tenir au groupe dont nous parlons. Il" Parmi les échantillons qui ne portent pas d'indication de localité, il en est un assez remarquable composé d'un certain nombre de tubes adhérents, à parois très épaisses, formées inté- rieurement de sable fin, et extérieurement de grains de sable plats et de fragments de coquilles, de manière à paraître comme striées transversalement. D'après ce (|ui précède , il est permis de penser que la famille des Hermelliens. encore si peu nombreuse, le deviendra bien davantage à mesure qu'on recherchera et qu'on étudiera mieux ces animaux. Ou'on me permette à ce sujet une réflexion générale. Jusqu'à présent, les voyageurs ont extrêmement négligé le groupe des Annélides. Ces animaux , si nombreux dans la mer et sur les rivages , ne se trouvent qu'en très petit nombre dans nos collec- tions, et ne figurent en aucune manière dans plusieurs des plus importantes publications relatives à la zoologie des con- trées lointaines ; c'est là un fait regrettable , et en enga- geant les natui'alistes , placés dans des circonstances favorables , à combler cette lacune , nous pouvons leur promettre à coup sûr des découvertes nombreuses et d'un grand intérêt scientifique. § III. — Histoire nulurelle. L'histoire naturelle des Hermelliens olfre peu de traits sail- lants. Retirés dans leurs tubes à la manière des Tubicoles ordi- naires , ces animaux ne jouissent même pas de la locomotion au nK Vl-'^'IKEFAUEN. — SI II I.IÎS lllili Mlil.l.liS. 27 même degré que les Térébellcs. Lorsqu'on les abaiulonne à eux- mêmes sur le fond d'un vase, c'est à peine s'ils se déplacent par les contractions générales du corps Leurs pieds ni leurs cirrhes buccaux ne leur sont ici d'aucune utilité , tandis que l'on sait avec quelle facilité les Térébelles s'élèvent sur les parois les mieux polies en s'aidant de leurs longs cirrhes préhensiles. Ces mêmes cirrhes permettent aux Térébelles de reconstruire assez rapidement le tube de sable et de fragments de coquilles qui leur sert de demeure. Il n'en est pas de niême pour les Iler- melles; j'ai bii'n des fois laissé un certain nombre de ces animaux en liberté sur une couche de sable , et jamais je n'ai vu un com- mencement de construction ; bien plus , jamais je ne les ai vus saisir avec leurs cirrhes le moindre corps solide. Cette observa- tion maintes fois répétée m'a fait penser que la construction des tubes pourrait bien se faire par la simple fixation des grains de sable arrêtés et agglutinés par une humeur visqueuse ; les mou- vements du corps , le frottement des cirrhes et de la couronne operculaire , sudiraient pour expliquer la régularisation de l'o- rifice. Nous avons vu plus haut que la Hermelle alvéolaire se trouve souvent solitaire, du moins, à Guéthary. Dans ce cas, le tube est appliqué presque toujours à la surface inférieure de (]uelque pierre , et il y rampe à la manière d'un tube de Serpule. Les grandes familles formées par la réunion d'individus appar- tenant à cette espèce vivent, avons-nous dit, dans la zone moyenne du rivage, alternativement découverte et couverte par le flot. Je n'ai rencontré les larges gâteaux en plaque, qui résul- tent de cette agrégation , que dans des fentes de rocher, s'ou- vrant d'ordinaire du côté du rivage, ou au moins protégées contre le choc immédiat des lames par d'autres masses de roches 11 n'en est pas de môme de la//, crassissima ; celle-ci, qui habite une zone plus basse , et f|ui , |)ar conséquent , est plus longtemps privée du contact immédiatde l'air, dispose ses gâteaux tout à faità décou- vert, et souvent sur fies pointes do rocher , où leur forme arron- die et la disposition régulière des orifices leur donne une ressem- blance éloignée avec certains guêpiers. 28 UK Ql'ATBDf-AUEïi. — SUli l.liS HEKiVUil.LKS. I^e contact iiiiniédiat de l'air semble être sinon une condition nécessaire à la vie des Hermelles que j'ai observées, du moins une circonstance très favorable à leur développement et à leur entretien. Les individus que je conservais dans mes vases péris- saient bientôt ou languissaient, quelque soin que j'eusse de re- nouveler l'eau , si je laissais les fragments de gâteaux constam- ment couverts de liquide. Au contraire , en laissant ces gâteaux à sec chaque jour pendant sept, huit et quelquefois dix heures, j'ai conservé des Hermelles vivantes pendant plus de quinze jours. A l'expiration de ce terme , les animaux étaient atteints par la mort, de telle sorte que le corps entier mourail à la fois , si l'on peut s'exprimer ainsi , et sans présenter ces phéno- mènes de mort parlielle, de gangrène de quelques anneaux, et de fractionnements successifs, que l'on observe chez presque toutes les Annélides Errantes placées dans les mêmes conditions. Au reste, je suis porté à croire que, sous ce rapport, la plupart des Annélides essentiellement Tubicolcs, comme les .Sabelles et les Serpules, se comportent de la même manière que les Her- melles. Les allei-natives d'immersion et d'émersion dont nous venons de parler ne paraissent pas toutefois être une condition d'existence absolue , même pour les espèces de Hermelles , chez qui je les ai observées. Depuis longtemps, MM. Audouin et Milne Edwards nous ont appris que , dans la Manche , la Hermelle alvéolaire se multiplie sur les bancs d'huîtres, de manière à apporter un ob- stacle réel au développement de ces Mollusques (1) ; or , dans ce cas , leurs colonies sont placées bien au-dessous des zones qui couvrent et découvrent. Parmi les individus solitaires que je trou- vai à Guéthary , plusieurs étaient placés soit dans de petites mares, qui n'asséchaient jamais dans l'intervalle de deux marées, soit sur le trajet de ces ruisseaux d'eau de mer qui s'écoulent , pendant le flux, des sables laissés à sec ; peut-être dans ces cas (1) Littoral de la France. M. Beaiitemps-Beaupré a donné le nom de Banc des Hermelles à un des hauts-fonds sur lesquels les naturalistes que nous venons de citer avaient pu, grâce à lui, faire cette observation. {Atlas hydrographique des rtjtrs dp France — flfonrh^ ) ItK QIMTKKFA^KK. — Slll! I.RS HKItMRLI.nS. 20 exceptionnels, des conciliions d'alimentalion plus favorables vien- nent compenser ce qui manquerait sous d'autres rapports au bien-être de ranimai. A plus forte raison , des espèces différentes de celles que nous venons de citer peuvent fort bien se passer de recevoir l'action immédiate de l'air ; telles sont évidemment les espèces observées par Risso et par Savigny, dans la Méditerranée. Nous verrons plus loin que les Ilermclles pondent des œufs en nombre très considérable. Cetteponte dure peut-être toute l'année; mais en tout cas , elle est très active en été , et se prolonge jus- qu'à la fin de l'automne. A mon arrivée sur les bords du golfe de Gascogne au mois de juillet, je ne trouvai presque pas d'indivi- dus qui ne fussent distendus par des œufs ou des Spei-matozoïdes. Vers le mois de septembre, je rencontrai assez souvent des in- dividus entièrement vides. Leur nombre augmenta progressive- ment jusque vers les premiers jours d'octobre, époque à laquelle je cessai mes observations sur ce sujet. J'ai vu à diverses reprises la ponte ou l'éjaculation se faire naturellement chez quelques individus déposés à nu dans mes vases. Dans ce cas. l'animal reposant sur le ventre demeurait tranquille , sauf la queue qu'il agitait en tous sens. Les œuf», ou le sperme, sortaient par des pores placés vers la partie postérieure de tous les anneaux abdominaux entre la base des branchies et la ligne médiane du dos. Ils étaient projetés avec assez de force pour former de petites traînées bien distinctes à leur origine, di- gées d'arrière en avant, et qui, se confondant bientôt les unes avec les autres , enveloppaient la tête d'un nuage blanc ou vio- lacé , selon que l'animal était mâle ou femelle. Sur un bel indi- vidu mâle récemment placé dans mon vase, et encore en partie engagé dans son tube , l'éjaculation a duré une demi-heure envi- ron. Au bout de ce temps, l'animal était flasque; ses couleurs avaient changé , et étaient devenues plus ternes. 30 «K VlAlKKFAliKS. - SI li I.KS llKliMIil.l.lîS. niillXIËME PARTIE. ANATOMIK. § I. — Trgitments^ soifs opffculatref. l,es légumeiits de la Hermelle alvéolaire , et bien probable- ment ceux de toutes les Annélides, se composent de deux couches, que l'on retrouve jusque sur les organes les plus délicats. La couche extérieure sera pour nous Vépiderme; l'intérieure repré- sente le derme. Ces deux couches sont partout d'une transparence parfaite , et ne présentent dans leur structure que peu ou point de stries ; ce en quoi elles diffèrent de celles d'autres Annélides, dont les téguments présentent des fibres très fines, croisées quel- quefois d'une façon très régulière. C'est à cette absence à peu près complète de stries fibreuses que lient probablement la cou- leur unie, et nullement irisée des llermelles (1). Les couches tégumentaires adhèrent à la partie moyenne du tube digestif dans toute l'étendue de l'abdomen , tant à la face ventrale qu'à la face dorsale (2). Cette adhérence est assez com- plète sur le dos , pour qu'on ne puisse séparer les deux organes sans déchirer l'un ou l'autre ; et elle s'étend à tout l'espace situé entre les deux plans musculaires latéraux. .Avec quelques précau- tions, au contraire , on les isole à la face ventrale, et alors on voit que sur ce point les couches tégumentaires adhèrent au tube di- gestif par une sorte d'aponévrose placée sur la ligne médiane (3); en outre, les fibres tendineuses, qui se porlent d'un côté à l'autre du corps, semblent renforcer ici les tégumenls. L'épiderme présente sur tout le corps à peu près la même (I) Des observations déjà anciennes m'ont conduit à penser que tous les reflets si brillants qui parent ceitaines .Annélides sont dus uniquement à la décomposi- tion des rayons lummeux par les fibres tégumeniaires, et doivent être assimilés aux phénomènes présentés par la nacre, par diverses substances minérales, e.c. (:!) PI. i, fig, i, .5 el fi, a,n. (:)) PI. i, lig. 10. f n»: VI^'^'l'KI-^FitUEJf. — SVR I.liS HEItMELI.ES. .'VI épaisseur. Il n'en est pas de môme du derme qui s'amincit beau- coup , et se coiii'ond presque entièrement avec le tissu sous- ' jacent , dans certains organes , dans les branchies par exemple , tandis que , dans les tentacules, il s'épaissit, de manière à former la plus grande partie de leur substance. Il acquiert alors de l'opacité, devient dense, et présente une structure cellulo- fibreuse. C'est dans l'épaisseur de cette espèce de gangue que se déve- loppent les soies operculaires. Celles-ci , avons-nous dit plus haut, sont implantées directement dans la niasse de l'opercule. Kn employant tour à tour soit la dissection , soit l'observation par transparence , je n'ai rien vu qui rappelât ces espèces de cryptes, (|ui forment les pieds chez les Annélides Errantes, et que nous retrouverons plus loin (1). Dès leur naissance, les soies sont plongées au milieu du tissu générateur qui les enve- loppe immédiatement, et au travers duquel elles doivent se frayer un passage. La première partie de la soie qui apparaît est l'extrémité; mais , à cette époque, elle ne ressemble pas à ce qu'elle sera plus tard. Au lieu d'un petit nombre de dents irrégulières courbées dans le plan de la soie, et comme couchées les unes sur les autres, les soies de la rangée externe présentent alors une forme régu- lière et symétrique. Les dents sont beaucoup plus nombreuses ; les trois premières de chaque côté prennent naissance à la même hauteur, en sorte (|ue la soie estcomme tronquée latéralement , et la partie moyenne se prolonge en une pointe , qui porte encore cinq à six dents de chaque côté. On rencontre de ces soies operculaires en voie de formation , aussi bien chez les plus grands que chez les plus petits individus. Chez une Ilermelle à grands tubes de 8 millimètres de long , dont le corps entier se prêtait aux observations par transparence , j'ai trouvé six groupes de ces jeunes soies renfermés dans la masse l'I) Je n'ai pas encore publié sur ce sujet des détails empruntés aux Annélides ; mais, danri le Mémoire sur l'fichiure de Pallas, j'ai eu occasion de décrire des pieds qui ressenihletii presque cntiêremenl a ce qu'on Uouve dans loule ceue classe. 32 OK QllAlIlKl'AtiliX. SUli r.ISS IIlUlMEll.liS. tentaculaire en anière du cerveau. Trois de ces groupes placés sur la ligne médiane apiiartenaient aux rangs internes de la cou- ronne; les trois autres placés sur le côté étaient formés par des soies appartenant au rang externe. Chacun de ces groupes se composait de trois à quatre soies disposées en arrière les unes des autres, de manière à être comme imbriquées. Les posiérieures , moins avancées dans leur développement, ne montraient exacte- ment que leur extrémité: tandis que les antérieures étaient déjà formées dans une portion plus ou moins grande de leur étendue. Ni les unes ni les autres n'étaient encore colorées. § II. — A/i/j'ireil lomntoteur. On peut rapporter à cet appareil les faisceaux musculaires gé- néraux qui constituent le corps de chaque anneau , et les pieds avec toutes leurs dépendances. 1° Faisceaux musculaires généraux. — Dans les Hermelles , comme dans toutes les Annélides, chaque anneau est en partie formé par un certain nombre de faisceaux musculaires , dont l'ensemble détermine la forme générale du corps. Dans la plu- part des cas, la disposition de ces muscles est à peu près la même dans tous les anneaux Ici, au contraire, elle dilTère, selon la partie du corps que l'on examine. Dans les trois premiers anneaux du thorax , l'ensemble de ces faisceaux forme une sorte de fourreau musculaire ouvert sur les deux côtés pour le passage des soies appartenant aux pieds. Ce fourreau est seulement plus mince sur la ligne médiane , tant du côté dorsal que du côté ventral Cette disposition ressemble à ce qui existe chez les Annélides en général. Il en résulte qu'une coupe de l'anneau à la hauteur des pieds montre les couches musculaires comme deux espèces de croissants à cornes renflées , et se pré- sentant réciproquement leur concavité (1), Dans le quatrième anneau thoracique, ces couches musculaires commencent à se séparer sur la ligne médiane f!2; , et une coupe de l'anneau pré- (1) PI. 2, fig. :i, m.ni (2; PI, 2, fig 10. DK QrATKErAtlES. — SI H LES niiRMIiLLIliNS. 3i senteiait déjà en partie l'aspect que nous trouverons d'une ma- nière bien plus prononcée dans les anneaux de l'abdomen. Dans les anneaux abdominaux, les couches musculaires ne forment plus que deux demi- fourreaux, séparés l'un de l'autre, sur la ligne médiane du dos et du ventre, par un intervalle à peu près égal à la moitié de la largeur du corps. Ces demi-fourreaux sont d'ailleurs également ouverts sur les côtés , dans le point qui correspond aux pieds. Il en résulte que l'armeau coupé transver- salement à cette liauteur présente quatre masses musculaires parfaitement distinctes, et placées deux de chaque côté. A la hauteur du bulbe œsophagien, c'est-à-dire dans les premiers an- neaux de l'abdomen, ces masses sont considérables, épaisses, et occupent une portion considérable de la section totale de Tan- neau (1 . Cette proportion diminue déjà beaucoup vers le milieu de l'abdomen (tij et veis l'extrémité les masses musculaires sont tellement réduites , que l'ensemble de leurs sections n'égale pas même la section totale des parois du tube digestif (3). Dans le thorax comme dans l'abdomen , le point où les fais- ceaux musculaires s'entr'ouvrent pour livrer passage aux dépen- dances des pieds est renforcé par des colonnes musculaires nais- sant des cloisons inlerannulaires, et qui forment comme une sorte d'arceau (4) ; cette disposition est surtout très marquée dans l'abdomen. Dans la portion caudale , les couches musculaires dont nous parlons se rapprochent de nouveau , et forment un fourreau très mince, complet d'une extrémité à l'autre de cette partie du corps. Les masses musculaires dont nous venons de parler sont for- mées presque uniquement de fibres longitudinales. Ce fait se retrouve, il est vrai, à des degrés divers chez toutes les Annélides que j'ai étudiées; mais, nulle part, je ne l'ai vu aussi marqué que chez les llormelles. Les fibres musculaires transverses pa- raissent manquer entièrement à toute la p.irlie moyenne du corps: (1) PI. 2, fig. 4, m, m (2) PI 2, fig 5, m,m. (3) PI. i. fig. 6. m.m. (4) PI. 2, fig. 1, *, el fig. 10. 3- série Zool. T. X (Juin 1848.) n 3 elles sont tiès peu marquées sur les côtés, et, à la face inférieure, elles .semblent ne consister qu'en quelques faisceaux isolés dispo- sés à peu près irrégulièrement, et destinés à unir les masses mus- culaires latérales. C'est à cette faiblesse de l'appai-eil musculaire à libres transverses (|u'il faut, sans doute, attribuer le peu d'éten- due des mouvements d'élongalion et de raccourcissement qu'on observe chez les Ilermellcs. ■2" Pieils. — l>es pieds des Hermelles semblent êtie uniquement formés par une expansion des téguments ; je n'y ai pas observé , du moins, ces muscles, souvent très robustes , qui servent cliez les Annélides Errantes à les mettre en mouvement, indépendam- ment des soies et de leur appareil musculaire propre. Kxtérieuiement , on trouve à la base des rames inférieures des pieds abdominaux un ou deux grands bouquets de cils vibratiles très longs et très fins ; ce sont eux bien probablement qui agitent le liquide , de manière à produire des courants , qui se portent de dehors en dedans du tube, à la face ventrale de l'animal , et de dedans en dehors à la face dorsale. A l'intérieur , les pieds du thorax sont formés, avons-nous dit, par deux faisceaux de soies proprement dites. Chacun de ses faisceaux a sa gaine |)artirulière; cette gaine, formée par un re- pli du derme, porte à sa base une masse granuleuse , de laquelle sortent les soies. Comme, chez toutes les Annélides , celles-ci commencent à se montrer par la pointe, et presque toujours à côté des soies complélemetit formées, on en trouve un certain nombre en voie de développement. Chacun de ces faisceaux a ses muscles locomoteurs particuliers; ceux de la rame inférieure pai;tent de l'extrémité interne de la gaine pour se porter vers l'ex- trémité du petit mamelon qui constitue la rame ; ceux de la rame supérieiwe, très forts et tiès nombreux , irradient en tout sens de l'extrémité de la gaîne, et viennent s'attacher au pour- tour de l'anneau musculaire, qui met en communication la cavité du pied avec la caviié générale du corps (1). De plus, un autre cordon musciilniic très fort se porte vers la poi'tion postérieure il 1 l'I i, Un. :i ■H-: vi<%TRKi'',tui':s. — SI r. i.i;s iiiiiiMi;i.i.ii;\s. ;ir) de raiiiieau , et vient s'altaclier sur la ligne médiane ventrale ; 1). Cette disposition nous explique tfès bien l'étendue des mouve- ments dont sont susceptibles les larges faisceaux soyeux des rames tlioraciques supérieures, et aussi la rapidité extrême avec laquelle les llermelles s'enfoncent dans leurs tubes à la moindi'e cause d'alarme. Dans l'étal de repos, les soies doivent être dirigées en arrière, reposant contre les parois du tube , et, au moment de la contraction du muscle postérieur, le corps est porté en arrière, par un effet de bascule, avec une énergie que comprendront sans peine ceux-là seulement qui ont observé au microscope l'extrême contractilité des muscles chez certains animaux inférieurs. Les pieds de l'abdomen ressemblent à ceux du thorax pour la rame inférieure ; seulement , les mouvements des soies sont ici plus étendus (|ue daijs la première portion du corps : quant aux rames supérieures , elles présentent une disposition , que je n'ai encore rencontrée que chez les llermelles. Nous avons dit que les soies à crochet proprement dites étaient remplacées ici par de petites plaques cornées adhérentes aux téguments; ces plaques sont soudées chacune à l'extrémité d'une soie excessivement fine. Toutes ces soies, faisant en quelque sorte l'ofTice de tendons, se réunissent , et forment une sorte d'éventail déployé extérieure- ment, dont la pointe passe à travers l'arceau musculaire du pied, pénètre dans la cavité abdominale, se recourbe de bas en haut , et va se fixer à la cloison antérieure de l'anneau sur le bord de la masse musculaire latérale 2). On comprend que ces éventails sont d'autant plus développés, que le nombre des petites plaques cornées est plus considérable ; aussi sont-ils très larges dans les premiers anneaux, ol diminuent-ils progressivement d'avant en arrière! 3 î. (i)Pi. 2, fig. a. (2) PI. 2, fig. 4. S, 6 cl I. (•,) PI. 2, fig, i, .■; et 6. ;iG DK <)i';tTKi':i''A<;i';s. — svn iks iii',inri:i,i.iii\s. § III. — Cat'ilé (jrni'rnle 'lu ro/y/s; ((jrjjs ij/nmlidenj: du l/idin.r ; riir/us buccaux. 1' Cavité générale du corps. — Chez les Hermelles comme chez toutes les Annélides, et, on peut le dire aujourd'hui, comme chez la majorité des Invertébrés, les téguments et les couches musculaires sous-jacentcs circonscrivent une cavité, dans laquelle, est renfermé le tube digestif. Dans les Annélides en général, dans les Ilermclles en particulier, cette cavité n'est pas d'une seule venue. Entre chaque anneau se trouvent des cloisons incom- plètes formées par des colonnes musculaires qui s'élèvent en s'é- largissant , et se soudant de bas e]i haut , de manière à former en dessus une membrane. Entre le dernier anneau thoracique et le premier anneau abdominal, la cloison est beaucoup plus épaisse et plus complète; elle manque, au contraire, entre le deuxième et le troisième anneau abdominal, espace qui correspond au jabot. ' Dans chaque anneau de l'abdomen considéré isolément, la cavité renferme une portion du tube digestif et des organes géni- taux. Sur les côtés , à la hauteur des pieds, cette cavité se pro- longe dans l'intérieur de ces derniers. Les gaines des soies, les muscles qui les mettent en mouvement sont entièrement libres dans ces espèces de chambres. La couche de tissus très délicats qui tapisse l'intérieur des pieds est hérissée de grands cils vibra- tiles. Le mouvement de ces cils est loin d'être régulier et constant ; on le voit quelquefois régner dans toute l'étendue de la cavité ; d'autres fois s'arrêter entièrement ; mais le plus souvent , il est partiel , et se manifeste tantôt sur un point, tantôt sur un autre. Malgré le nombre d'observations très considérables que j'ai faites sur des Annélides Errantes ou Tubicoles , c'est la seconde fois seulement que j'ai rencontré des cils vibratiles dans mie dépen- dance de la cavité générale du corjjs (1). ( I ) Une baiitle de cils placés en écharpe a rliaque anneau sert à certaines An- nélides, dont la forme extérieure rappelle sous bien des rapports celle des Téré- belles, a mettre en mouvement le liiimde de la cavité générale du corps. Peut- être est-ce par un moyen semblable que soni proiluils les couranis si curieux, BU ilV\TRKV,\UKS. — SI It l.liS III- RMlir. MENS. 37 A l'époque de'la reproduclion, la cavité dont nous parlons est iL'inpIie par les œufs où les Spermatozoïdes, qui pénètrent jusque dans l'intérieur d«s chambres des pieds. En temps ordinaire , on trouve dans la cavité générale un liquide parfaitement incolore, au milieu duquel nagent des corpuscules irréguliers réfractant forte- ment la lumière, et dont le noiubre varie dans les divers individus. 2° Corps glandulaire du thorax. — Les organes de la génération sont entièrement renfermés dans l'abdomen . et leurs produits, œufs ou spermatozoïdes , ne pénètrent pas dans le thorax. Dans cette partie du corps, la cavité générale ne renferme que l'œso- phage , et un appareil glandulaire très développé formé par une substance de structure granuleuse de couleur blanche qui pénètre jusqu'autour de la bouche, et forme des mamelons volumineux dans chaque anneau (1). La structure et la disposition de cet organe chez les Hermelles rappelle beaucoup ce qui existe dans la Sangsue. Il me paraît probable que cet appareil représente les glandes salivaires qu'on trouve chez presque toutes les Annélides ; mais je n'ai pu cependant reconnaître de canal excréteur. 3° Cirrliea buccaux. — La cavité générale du corps se pro- longe au-delà du thorax et sur les côtés des tentacules , jusque dans l'intérieur des cirrhes que nous avons vus garnir la face in- terne de ces derniers ; aussi croyons-nous avoir placé ici la description de ces organes. Ces cirrhes, avons-nous dit, vus en masse et par réfle.xion , sont violacés chez la Hermelle alvéolaire. Examinés au micro- scope sous un grossissement moyen, ils paraissent transparents, parsemés de poinl.s jaunes , qui deviennent plus nombreux et plus foncés vers l'extrémité, où ils se mêlent à des taches brunes ("2;. Cette extrémité porte de très grands cils vibratiles, d'abord assez nombreux , mais dont le nombre diminue rapidement d'avant en arrière (3). si rdpides, qu'on observe cliex les Siponcles; mais ici la transpareme des tégu- iiienls n (;»l pas suflisaiite pour ilislin^uer les cils, s'ils exislcnl. (I) PI i. fig. I. (2)l'l. 2. fip. 7 ',:») IM. i. fin 7 l'I 8, e,e. 3!S DE QUVrREFAKES. SI l( MiS lllilIMEI.I.IKIVS. On l'econnaîl dans toute l'étendue des cirrlies l'existence d'une couche épiderniique très mince, homogène et transparente (1). Au-dessous , on voit le derme avec cette structure granuleuse (|ue nous avons tant de fois signalée dans nos Études sur les ani- maux inférieurs (2). Une couche musculaire à libres longitudi- nales (3) succède aux couches précédentes , et forme un tube , dont le diamètre intérieur est à peu près égal au tiers du diamètre du cirrhe entier [II). Ce tube est rempli par le liquide de la cavité générale, et pendant les mouvements du cirrhe , on voit allei- et venir dans son iiitérieur les corpuscules, dont nous avons parlé plus haut. Je n'ai pu distinguer dans ces cirrhes des Hermelles de couche musculaire à fibres transversales. Il est possible que cette couche manque en effet ; l'afflux du liquide poussé par la contraction des anneaux du corps suflit pour produire l'allongement du cirrhe par érection , et les contractions des muscles longitudinaux permet à la fois le raccourcissement et l'inflexion du cirrhe dans tous les sens. On retrouve ici le liquide de la cavité générale remplissant une de ces fonctions physiologiques , sur lesquelles j'ai insisté ailleurs. § IV. — Apijiircit diffrstif En arrière de la bouche, que nous avons décrite plus haut, commence un conduit œsophagien étroit, plié en zig-zag, et qui règne dans toute l'étendue du thorax (5). Cet œsophage est com- posé en grande partie par une couche musculaire épaisse à fibres longitudinales; l'intérieur est tapissé par une membrane plissée. Au-delà de la cloison qui sépare le thorax de l'abdomen, l'œso- phage augmente un peu de volume, prend un aspect tumen- teux, et sa couleur devient brunâtre (fi), F.n arrivant au second (1) PI. î, (ig. 8, r/, (2) PI. 2, fig. 8, c. (3) PI. i. fig. «, h. (4) PI. 2, fig. S,,i. (5) PI. 2, fig. \.f. {(^) PI î, fig. I, .( DE 4jU*TREFA«ES. — Slli I.ES OERMELLIËNS. 39 anneau abdominal , il se renfle en un jabot pyriforme déjà vu [)ar Cuvier il). Ce jabot occupe les deuxième et troisième anneaux, dont il semble amener la fusion en faisant dispa- raître la cloison interannulaire. Il est entièrement libre , et sans adhérence du côté du dos aussi bien que du côté du ventre. Ses parois, très épaisses, sont composées de fibres musculaires,- denses et serrées, de telle sorte que leur ensemble paraît cartila- fi;ineux. En arrière du jabot commence le véritable intestin ("2) , com- posé dans tout l'abdomen d'une suite de renflements placés en chapelet, et dont la séparation est indiquée par les cloisons inler- annulaires. Nous avons dit déjà que cet intestin adhère aux té- guments, sur la ligne ir.édio-ventrale , par une sorte d'aponé- vrose; sur le dos', toute sa partie moyenne est soudée aux téguments. On trouve, en outre, comme deux cordons aponé- vrotiques placés à droite et à gauche de ces adhérences qui régnent tout le long du corps, et auxquels viennent" se terminer les cloisons. Les parois de l'intestin sont d'une couleur jaunâtre, épaisses, tomenteuses, et se laissant déchirer avec une extrême facilité. Dans la dernière partie du corps, l'intestin ne présente plus de renflements (3) ; il est droit, lisse, et ses parois très minces de- viennent tout à fait transparentes. On y rencontre en grande quantité, surtout du côté de l'anus , un parasite, que j'ai retrouvé chez plusieurs autres Tubicoles Ces Intestinaux, qui pourraient bien n'être que des larves, semblent être formés par une sub- stance transparente homogène, au milieu de laquelle on distinguo obscurément un œsophage, un jabot , et un intestin large et flexueux. Les plus développés avaient 1 X/'l à 2 millimètres de long sur 0,01 à 0,02 de millimètre de large. Ils adhèrent par une de leurs extrémités, laissant l'autre flotter au gré des mouve- l'i) l'I. i. fig. \. h. (2) PI, 2 ng. i,/,;. (:j) PI. i. lig. î -^()n tioil reniiiniuiT i|iic' .l'tic lifiuri' ^i clr rciucrsce parle liltmgraplip ' ' /lO DE QLJtTKEFACIE»». .SUK LKS II l';i',MKI,l.llil\S. inents du liquide, et leur nombre est si considérable que, au premier coup d'œil, je les pris pour de gi'osses villosités intesti- nales. § V. — Appitreil circulatoire (1). Comme dans la plupart des Annélides, l'appareil circulatoire, chez les Hermelles, peut être considéré comme formé de deux systèmes de vaisseaux , l'un , supérieur ou dorsal , dans lequel le mouvement du sang s'exécute d'arrière en avant et de dedans en dehors ; l'autre , inférieur ou ventral , dans lequel ce mouve- ment a lieu d'avant en arrière et de dehors en dedans. Le premier de ces deux systèmes peut être considéré comme veineux; le se- cond . comme artériel. Us communiquent directement par des vaisseaux spéciaux ; ils s'abouchent l'un à l'autre dans les organes respiratoires ; enfin , chacun d'eux présente clans les diverses par- lies du corps une disposition spéciale. 1° Système vasculaire dorsal. — Le système vasculaire dorsal commence à l'extrémité de la queue par un vaisseau unique, d'un calibre presque égal dans toute son étendue placé sur l'intestin , donnant d'espace en espace des branches qui contournent le tube digestif pour se porter au vaisseau ventral (2). Ces branches fournissent, en outre , des ramuscules d'une ténuité extrême aux tissus voisins. Quant au vaisseau dorsal lui-même , il aboutit en avant à un anneau vasculaire, d'un calibre assez fort, placé dans le renflement pyriforme , qui joint la queue à l'abdomen (3). De cet anneau vasculaire partent sur les côtés deux troncs assez (I ) M. Milne Edwards, dans son beau Mémoire sur la circulation dans les An- uclides , a déjà figuré et décrit succinctement les principales dispositions de cet appareil chez les Hermelles C'est ainsi qu'il signale la division en deux des grands canaux vasculaires du ventre et du dos, on faisant observer que la centralisation est ici moins grande que chez les Eunices. M. Edwards indique aussi rapide- ment le mode de communication des branchies avec les vaisseaux du dos et du ventre; il remarque avec raison que les renflements contractiles des Eunices manquant chez les Hermelles, ce sont les vaisseaux longitudinaux qui font ici l'office de cœur. [Ann. des Se. nat , t. X. p 208, pi. Il, fig. 3 [1838]). (2) PI. 2, fig. 2, h"'. (3> l'I. 2, fig. 2. Il . DE qi;atri;fai;es. — suu i.iis uer.meli.iis.ns. 41 gros , qui suivent exactement la ligne marquée par l'adhérence de l'intestin avec les téguments jusqu'au troisième anneau abdo- minal (I ). Là , ces vaisseaux rencontrent le jabot musculeux dont nous avons parlé plus haut , se détournent en dehors en se plaçant tout à fait sur le côté de cet organe , et de la portion de l'oesophage contenue dans le premier anneau abdominal (2). Après avoir traversé l'espèce de diaphragme qui sépare le thorax de l'abdomen , ces deux vaisseaux se joignent sur la ligne mé- diane, et constituent un tronc unique d'un diamètre beaucoup plus fort, renflé dans son milieu , et s' atténuant rapidement vers la tête où il se ramifie , après avoir fourni un petit cercle vascu- laire autour du cerveau (2>). Entre les deux vaisseaux dorsaux dont nous venons d'indi- quer le trajet , on trouve dans chaque anneau de l'abdomen une forte branche de communication placée vers le milieu de l'an- neau (û). En arrière de cette branche médiane , chaque vaisseau fournit sur le côté externe une branche anastomotique qui con- tourne l'intestin , et va joindre le vaisseau ventral correspondant. A la partie antérieure de l'anneau , un tronc considérable se dé- tache des mêmes vais.seaux , contourne de haut en bas et de de- dans en dehors la masse musculaire latérale en recevant plu- sieurs ramuscules, entre dans la cavité du pied , pJis se recourbe de bas en haut, et vient pénétrer dans la branchie (5). Dans le thorax , il n'y a pas de communication directe entre le tronc dorsal unique et le vaisseau ventral , de sorte qu'à chaque anneau du thorax le vaisseau dorsal ne fournit que deux branches latérales qui se portent aux branchies (6). Indépendamment des deux troncs latéro-supérieurs dont je viens de parler , j'ai trouvé sur la ligne médiane, à la partie postérieure de l'abdomen , un tronc exclusivement intestinal , (I) PI. 2. fig. I, m, m. fi) i'I. 2. (i?, I, (3) I'I. 2, lig I. /. (i) I'I. 2, lig. 4, n.ii. et fig. ■■)) I'I. 2, fig. I, 0,0, et lig. 3, 4, .'> cl (>. iii; PI. ■• lig. I, 0,0, H fij;. 3. 42 DE VUATKKr.tUli:!!). — StU'. LUS HEliMliLLIENS. dans lequel le mouvement du sang m'a paru se faire d'avant en arrière (1). Ce tronc intestinal naîtrait vers le vingt-cinquième anneau abdominal , communiquerait à droite et à gauche avec les vaisseaux latéraux , acquerrait son plus grand diamètre vers le dernier ou l'avant-dernier anneau de l'abdomen, et se termine- rait par une branche très fine dans l'anneau vasculaire du ren- flement pyriforme caudal (2). "i° Système vasculaire ventral. — Cette portion de l'appareil circulatoire ressemble beaucoup à celle que nous venons de dé- crire, lorsqu'on l'examine dans le thorax ou dans la queue ; mais il n'en est pas de même pour l'abdomen. Dans le thorax , on trouve un tronc unique (3) naissant par de petits raniuscules près de la bouche , et augmentant rapidement de volume au premier anneau thoracique, oii il reçoit les vais- seaux qui arrivent des branchies. Ceux ci partent de la base de la branchie , contournent extérieurement la masse musculaire laté- rale, entrent dans le pied, puis se recourbent de dehors en dedans, forment un grand nombre de replis au milieu de l'organe glandulaire que nous avons décrit, fournissent un ra- meau considérable qui se porte à la gaîne des soies de la rame supérieure, s'accolent à la masse musculaire inférieure, et vien- nent déboucher dans le tronc longitudinal. La disposition des vaisseaux branchiaux efi'érenls dans l'abdo- men ressemble à ce que nous venons de voir dans le thorax , sauf que leur longueur est bien moindre, et qu'en sortant du pied , ils ne forment pas ces replis multiples dont nous avons parlé. Mais le centre vasculaire auquel ils aboutissent présente des variations vraiment dignes d'attention , selon les espèces et même selon les individus que l'on examine. Chez les grands individus de la Hermelle alvéolaire, je trou- (1) PI. -2. Ilg. -2, n\ (2) M. Edwards représente les deux troncs lalcro-supérieurs comme se réu- nissant sur la ligne médiane vers le tiers postérieur de l'abdomen. Ce que j'ai re- gardé comme un tron» spécial et distinct est pour lui l'origine des dpux troncs i|u'on trouve plus en avant. Il y aurai! donc 1?. quelnue chose à éclaircir. (3) l'I. î,. lig. ^,h. »K ijl'.trRKFAGE!!». Sl'K I ES IHîliMl;: I.Ili.NS. I^'^ vais presque toujours dans l'abdomen un tronc unique comme dans le thorax. Ce vaisseau, place scu" la ligne médiane dans le premier anneau (anneau œsophagien abdominal), déviait sur la gauche en entrant dans le second anneau, contournait le bulbe, et se prolongeait au-delà en restant du même côté dans un nom- bre variable d'anneaux abdominaux. Vers la partie postérieure de l'abdomen , ce vaisseau toujours unique devenait très sinueux , et passait tantôt à droite , tantôt k gauche de l'aponévrose qui fixe l'intestin aux téguments (1 >. Dans les individus plus jeunes, j'ai souvent vu le vaisseau , simple dans le thorax, se bifunjuér en arrivant dans l'abdomen, et les deux branches étaient alors unies l'une à l'autre par un vaisseau transverse, comme au côté dorsal. L'une des branches latérales résultant de la division se portait à gauche, l'autre à droite du bulbe œsophagien ; mais celle-ci ne dépassait pas le bulbe , et revenait se confondre avec la branche gauche par un fort rameau anastomotique transversal vers le nn'lieu du bulbe. Chez d'autres individus plus jeunes encore, et dans la Hermelle à grand tube, presque toujours la branche vasculaire droite se prolongeait jusqu'au-delà du bulbe œsophagien, après s'être unie à la branche gauche par des vaisseaux transversaux, placés à chaque anneau comme à la face dorsale ; mais au-delà du bulbe, dans le quatrième anneau , la branche droite se terminait en al- lant se fondre dans la branche gauche. Enfin , dans un individu fort petit, j'ai vu la branche droite se prolonger jusqu'au troisième anneau après le bulbe , c'est-à-dire jusqu'au sixième anneau abdominal. A chaque anneau , les deux branches étaient réunies l'une à l'autre comme nous l'avons déjà dit. Quel f(ue fût d'ailleurs l'étendue du vaisseau de droite , celui d(; gauche présentait toujours la même disposition et cette sin- gulière alternance de position que j'ai signalée tout à l'heure. l^e défaut de symétrie que présente ici le système vasculaire ventral des Mormelles est une exception si remarquable dans le (I) ri. i, fie :i cl (i, h,h. Ml DE QLATREFAtiE:»». — SLR LKS llKltMliLLIIil\S. plan général de leur organisation , qu'il est presque impossible de le regarder comme essentielle à ces animaux. Le peu de fixité des dispositions anatomiques nous conduit à la même conclusion. Cette variabilité même, qui m'a paru être dans un rapport évi- dent avec l'âge des individus examinés, nous permet peut-être d'expliquer ces singulières anomalies. Je crois qu'on pourrait supposer, sans trop de hardiesse, qu'à l'origine, et chez les 1res jeunes individus, l'abdomen possède deux vaisseaux correspon- dant à ceux du dos. De ces deux vaisseaux , celui de droite s'o- blitérerail antérieurement par suite des progrès de l'âge, parce (pie le sang passerait plus habituellement dans les branches de communications transversales. La même raison expliquerait comment des atrophies partielles, tVnppant tantôt à droite, tan- tôt à gauche dans la partie postérieure de l'abdomen, converti- raient les deux vaisseaux latéraux distincts et presque droits en un vaisseau uni(jue et sinueux. Ces atrophies, dans le système vasculaire ventral, auraient peut-être leur cause dans le mode de mouvement du sang. Nous avons vu qu'entre les vaisseaux dorsaux et le vaisseau ventral , il existe à chaque anneau de larges communications : or, en dessus, la circulation est très active. Les pulsations sont fortes ; elles se suivent régulièrement, et se répètent environ huit fois par minute. En dessous, au contraire, le sang stagne souvent pendant plu- sieurs minutes. Les ondées sont faibles, et parfois semblent re- monter. Or , comme le sang ne cesse d'affluer des branchies , on voit qu'il est poussé par une sorte de visa leryo dans les branches (]ui contournent le tube digestif en se portant de bas en haut. Ces communications toujours ouvertes rendent moins nécessaire une intervention active des vaisseaux ventraux , et l'inertie de ceux-ci ne peut que favoriser l'oblitération d'une partie du système. Le système vasculaire inférieur de la queue est très simple, et ressemble à celui du dos. Un vaisseau unique médian part de l'anneau vasculaire renfermé dans le renllement pyriforme, et se porte d'avant en arrière en communiquant avec le vaisseau dor- sal par les branches dont nous avons parl(''. IH-; Ql .»IRKF.\ftK!». — SI 11 l.KS lllill MKI.UKiNS. /|5 'i" Sany. — Le sang des Hermelles, vu en mas?e et par ré- (lexion , est d'un beau rouge. Au microscope , il prend une légère teinte jaune. Quel que soit d'ailleurs le grossissement que l'on emploie , on n'y distingue rien qui rappelle les globules de ce liquide chez les Vertébrés. La matière colorante est ici parfaite- ment dissoute; il est d'ailleurs très fluide, et m'a paru moins plastique que celui de certaines autres Annélides, des Cirrhatules par exemple. § VI. — Orrjimes rpspirntoires. Ces organes, avons-nous dit, sont placés par paires à chaque anneau du thorax et de l'abdomen. La plupart des auteurs les ont pris pour de simples cirrhes. M. Edwards le premier a reconnu leur véritable nature, et s'est expliqué de la manière la plus pré- cise sur ce point dans le Mémoire sur la circulation des Annélides : mais ce savant n'est entré dans aucun détail relatif à la structure de ces branchies. Nous représentons ici . à un grossissement d'environ 150 dia- mètres, une portion de branchie abdominale (1). On distingue tout autour la couche épklermique égale et très mince (2). Au- dessous , la couche dermique épaissie , de manière à former à elle seule presque tout le tissu de la branchie (3). Cette couche renferme en grand nombre, surtout à la base de la branchie, des granulations qui , par réflexion , paraissent d'un vert pré foncé, mais qui deviennent tout à fait incolores et transparentes par ré- fraction. Une bande de cils vibratiles contourne la branchie en spirale (4) , et produit dans le liquide des courants , dont les flèches placées dans le dessin indiquent la direction. Chaque branchie est creusée dans toute son étendue d'une ca- vité unique, dont le diamètre égale presque le tiers de celui de l'organe 5j. C'est à cette cavité qu'aboutit le vaisseau venant de (1) PI. 2. rig. 9. (2) PI. 2, lig. 9, a. (3) PI. 2, fiK 9. /(. (i) PI. », lig. 9, e,e. :;» l'i. i lijr 0, .-. /|(') iH': «ji ,»Titi:F,%. — sim uis mi:ui\iiîi.i.ii;\s. liois troncs nerveux , et le premier (1) se porte dircclenienl vers le pied correspondant. Mais avant de s'engager sous l'arceau musculaire qui forme l'entrée de la cavité pédieuse, ce tronc ner- veux se renfle en un ganglion triangulaire (2), d'oti se détaclie une forte branche qui se porte aux muscles du dos (3, et rem- place ainsi le premier tronc nerveux des ganglions llioraciques. Un autre rameau, parti du même ganglion de renforcement, pé- nètre dans le pied, tandis que deux ou trois filets très petits se distribuent aux parties voisines. Le second tronc nerveux , nais- sant du ganglion principal (4), se porte aux masses musculaires du ventre. Le troisième, qui part du cùté interne (5), va se perdre sur la ligne médiane, et gagne peut être l'intestin en suivant l'a- ponévrose d'attache. Le ganglion accessoire donne naissance à un seul nerf (G) qui. comme dans le thorax, va droit aux muscles supérieurs en pas- sant par l'étranglement (|ui sépare les rennements de l'intestin entre chaque anneau. La dissection des parties (|ue je viens de décrire devient de plus en plus difficile à mesure qu'on étudie les derniers anneaux du corps. Dans la queue cette difficulté augmente de telle sorle (|ue mes observations sur ce point me laissent beaucoup d'incer- titude. Cependant il m'a paru que la chaîne ganglionnaire se prolongeait de chaque côté , que tous les ganglions se ressem- blaient, et que chacun d'eux donnait naissance à un très petit filet nerveux unique. !l° Système neroeiix sus-œsnphrifjien. — Ce système particulier naît de la face interne de la bandelette par 5 à(j racines excessi- vement grêles qui partent de la moitié supérieure de l'anneau .7), et aboutissent h autant de 1res petits ganglions réunis par un • (1) PI. 2, ag. 10—1. (2) PI 2, fig. 10, .». (:i) PI. 2, fig. 10, m\ (4) PI. 2, fig. 10—2, (o) PI. 2, fig. 10 — 4 (6) PI. 2, fig. 10-3 (7) PI 2, fig, 10 DIC Ql.tTKKFtUE!^. — SI K LUS llKliMllI.l.lKNS. 51 filet extrêmement mince. Ce filet se continue en arrière et en des- sous, et il m'a paru s'étendre jusqu'à la commissure, près de l'o- rigine des nerfs buccaux. Un filet également renflé d'espace en espace en petits ganglions se détache de cette espèce d'anneau secondaire . se porte en avant sur le bord de la masse tentacu- laire, et m'a paru donner un filet excessivement délié à la hau- teur de chaque rangée de cirrhes buccaux (1)- TROI.SIÈnE PARTIE. oiiSKRVMioNS (;i:m:h\i,i;s, AFFiNrrÉs i;i \\ai.()(;ii;s. 1" Les naturalistes qui regardent les Annélides tubicoles comme privées de tète ont dû être conduits à regarder la masse formée par la réunion des tentacules comme des segments avancés au- dessus de la bouche : telle est entre autres l'opinion de Savigny. Il s'ensuit pour ces auteurs une assimilation complète des soies operculaires et des soies ambulatoires qu'on trouve dans les pieds. Telle n'est pas notre manière de voir , et notre opinion s'appuie non seulement sur une détermination différente des portions an- térieures du corps, mais encore sur la nature même de ces soies, et sur leur mode de développement. Depuis plusieurs années, j'ai examiné à l'état vivant un très grand nombre d'espèces appartenant à presque tous les types d'annélides qui vivent le long de nos côtes. Chez toutes j'ai vu les soies ambulatoires, soit simples, soit plus ou moins composées, se développer dans un organe spécial , dont la composition est partout la mémo. Cet organe, très semblable à ce que j'ai dé- crit chez l'échiure (2), est formé par un repli des téguments rentrés en forme de doigt de gant. Au fond de cette espèce de gaîne se trouve comme un coussinet ordinairement épais et ma- melonné formé par un amas de substance granuleuse. C'est de là que s'élèvent les soies, qui, dès leur apparition, sont libres dans l'intérieur de la gaîne. Rien de sembl.ihlr n'existe pour les soies (I) PI. ï. fig. 10. rf. (î) Ann. lift Sf. nul 52 l>E QIIATREFAOKN. - SDH l.iCS llKliM HI.I.I liNS. upeiTulaiies des llerniollcs. lillcsse développent au milieu d'un tissu formé . selon toute apparence , par un épaississement du derme. Il n'y a au(:un(^ a|)paren(;e degaînc, et leurs racines très allongées sont paiMoul en conlarl immédiat avec hi suhslance d'où elles sont sorties. S'il fallait chercher les analogues de ces productions cornées , an moins quant au mode de développement. , nous les trouvei'ions plutôt dans ces hameçons calcaires ([ui se forment également dans le derme chez les Synaptes. Nous avons ici comme dans les Her- molles des productions cutanées de forme assez compliquée se montrant dans la même couche de tissu (le derme), et se déve- loppant , à ce qu'il paraît , |)ar un mécanisme tout semblable Au reste , il n'est pas très difficile d'indiquer des analogues plus rapprochés encore sans sortir de la classe des Annélides. 1/opercule des Tubicoles n'est pas formé par une simple exsu- dation de matière cornée ou calcaire ; la vue seule de certains de ces o])ercules suffirnit |)our le prouver. Ces opercules se déve- loppent à l'extrémité de tentacules placés exactement comme ceux des Hermelles ; aussi regai'dons-nous la couronne compliquée de ces dei'nières comme réellement analogue aux opercules plus ou moins simples des Serpuliens et de certains Sabelliens. Suppo- sons , en effet , cpie toutes les soies céphaliques des Heriuelles se soudent en conservant des traces de leur ancienne division, et nous aurons sous les yeux un véritable opercule très semblable par sa structure à celui de certaines Tubicoles ordinaires. 2° J'ai regardé le thorax des Hermelles comme composé de cinq anneaux ; cependant , au premier abord, et à en juger seu- lement par l'extérieur , on poun'ail être porté à n'en compter que quati-e. Telle est l'opinion do Savigny , qui rapporte à ce qu'il ap|)elle le premier segment (anneau buccal et masse tentaciilairei les deux cirrhes triangulaires inférieurs de notre premier anneau thoracique. Toutefois, les doutes surce sujet me semblent devoir être levés par l'examen du système nerveux. Kn effet, en comptant d'arrière en avant, on \ oit qu'il existe manifestement deu.x paires de gan- glions par anneau ''g.mglinns |irincipaux el ganglions accès- HK Q» AIUKFAGES. — Sl.IÎ l.liS llKltMb;l.Llli;\S. 53 soii-es). Mais aii-dclà de ces huit paires et. de leurs commissures , on trouve encore une commissuic et les rendements ganglion- naires, d'où ijartent les branches de Panneau œsophagien. Or, d'après ce c|ue nous avons vu chez d'autres Annélides, ces branches se séparent l'une de l'auire , et la chaîne ganglionnaire ai)dominald commence, dans l'anneau ([ui suit immédiatement l'anneau buccal. Il est bien permis de penser qu'il en est de même chez, les Hermelles. Par conséquent, cet espace, circonscrit par des plis peu marqués, et qui porte les cirrhes triangulaires dont nous avons parlé, est bien un véritable anneau appartenant au thorax , et non une dépendance de la lèle. 3° On admet généralement que les Annélides sont dépourvues de foie ; en elïet, je n'ai jamais trouvé ce viscère isolé et formant un organe distinct. Mais cette disposition apparente du foie s'ob- serve aussi cliez d'autres animau.v appartenant néanmoins à un type dont un des caractères est d'avoir un foie considérable. Certains Ciustacés, cerlaius Mollusques, sont dans ce cas, et nous citerons comme exemple les Nymphons et quelques genres voisins, ainsi que tout le groupe des Gastéropodes phlébentérés. 1.6 foie, qu'on ne retrouve plus réuni en masse, s'est ici étendu poiu' ainsi dire en couche sur une portion plus ou moins considé- rable du tube intestinal. L'Amphioxus présente aussi quelque chose de sen.blable chez les Vertébrés eu.\-mèmes. Je crois qu'il en est ainsi pour les Annélides en général , pour les Ilci-nielles en particulier. Nous avons vu que la structure de l'intestin . dans la portion abdominale du corps, était très dif- férente de ce que l'on trouve dans le thorax et dans la ([ueue. Le tissu tornenteux et granuleux qui en compose les parois me semble avoir de grandes analogies de structure avec celui qui entome les cuiClirns dorsaux des Kolides et des autres genres voisins; et je crois que ce ti.ssu , évidemment destiné à remplir des fonctions spéciales, représente en réalité le foie des autres groupes d'An- iiclés. I\" Nous ne ferons ((ue rappeler ici , ;i propos de la cavité gé- nérale du corps, ce que nou&;ivons dit ailleurs (1). Il est évident ^l I l;i>i tic» Se. nul 5Zl- DE QL'Al'KEfr'AUKK. — SI li l.liS HKll.Mlil.l.lli.NS. que, chez les Hennelles, comme chez presque luus, peut-élrc chez tous les animaux invertébrés , cette cavité joue un rôle très important. Le liquide qui la remplit reçoit probablement en par- tie les produits de la digestion , à coup sur ceux de la sécrétion interstitielle. Sous ce rapport, il représente la lymphe et une por- tion du chyle. Ce qui prouve , au reste , combien il doit être doué de propriétés nutritives, c'est qu'il reçoit les produits des organes génitaux dans un état encore tout à fait rudimentaire, et que, dans un temps assez court , ces produits s'y complètent , et y ac- quièrent toutes leurs qualités distinctives , sans être aucunement en rap|wrt avec le sang. 5° Le liquide de la cavité générale doit subir lui-même une espèce de respiration soit à la base des pieds , là oii nous avons vu (|u'il existait des cils vibi'aliles, soit surtout peut-être dans les cirrhes buccaux. Ici, ce liquide n'est séparé, d'une eau aérée et presque constamment renouvelée , que par les parois membraneuses 1res minces de ces cirrhes. Il est donc trè.s probable qu'il se passe là des actes d'endosmose , dont un des résultats doit être l'introduc- tion d'une certaine quantité d'air dans l'intérieur des cavités du corps. Les Hermelles auraient donc en quelque sorte une respi- ration double : l'une portant sur le sang , et s'eiïectuant dans les branchies ; l'autre s' exerçant sur le liquide de la cavité générale, et qui se ferait par divers points du corps. L'observation que nous faisons ici est applicable non seulement aux llci-melles , mais en- core à un très grand nombre d'Annélides ordinaires. ()° Au reste , la distinction entre le sang veineux et le sang arté- riel ne saurait être regardée cunnne aussi complèle chez les Her- melles que chez les Vertébrés supérieurs , par exemple. Nous avons vu , en elTet, qu'il existe entre les deu.v systèmes de canaux des communications très laiges et toujouis béantes. Nous avons vu que les grands vaisseaux longitudinaux inférieurs étaient beau- coup moins contractiles que les supérieurs. Toutes ces circon- stances doivent amener une sorte de remou habituel dans les canaux artériels, remou qui se traduit parfois, comme nous l'avons vu , par une interversion du mouvement du sang ; et , par suite , le sang veineux et le sang artériel doivent souvent se mélanger. UE QIATKEFAUE»». SUl; l.liS HEKMEI.LIKNS. 55 7" La circulation générale fies Hermeiles, comparée à celle des Aiiiiélides ordinaires, étudiées par M. Edwards, n'offre de vrai- ment remarquable que l'existence du tronc médian , qui existe- rait , d'après nos observations , entre les deux troncs latéro-su- périeurs. Toutefois, ce tronc , exclusivement intestinal, ne serait pas sans analogues , et ne présenterait en réalité d'exceptionnel que sa position en arrière. Il est évident, en effet, que ses fonc- tions ne pourraient être que semblables à celles des vaisseaux in- testinaux de l'Arénicole, dont M. Edwards a déjà apprécié le rôle et figuré la disposition fi}. Ce serait une espèce de veine porte recueillant le sang qui aurait circulé dans le foie, et qui le reporterait dans le torrent de la circulation générale. 8° Nous avons vu que, dans les Hermeiles, les branchies ne renfermaient pas deux systèmes de canaux , et que le sang arté- riel et le sang veineux se mélangeaient dans une cavité unique. Nous avons vu , en outre , cette cavité communiquer avec un cer- tain nombre de lacunes ampullilbrmes, dans lesquelles s'accom- plit,- sans doute, l'acte de la respiration. Nous avons trouvé une structure semblable chez toutes les Annélides pourvues de bran- chies distinctes. Dans quelques Annélides Errantes, certaines Spios , par exemple , où les tentacules jouent en même temps l'ofTice de branchie , une partie de l'organe présente la composi- tion ordinaire, tandis que celle où se fait l'hématose se couvre de cils vibratiles, et acquiert la structure caractéristique de l'organe respiratoire. 9° Un des caractères les plus généraux de l'embranchement des Annelés est sans contredit \h synwtrie bilatérale ; c'est-à-dire que nous pouvons toujours plus ou moins nous figurer les ani- maux appartenant à ce groupe comme partagés en deux moitiés symétriques , par rapport au plan vertical passant par l'axe du corps ; mais je crois qu'on n'avait pas encore observé la réalisa- tion organique de cette vue toute théorique. Les Hermeiles com- blent cette lacune. Dans toui l'abdomen, les deux moitiés latérales du corps ne sont plus réunies l'une A l'antre que par les tégu- (I, \nn lift Sr nal.. loc l'il. |i il!'., |jl. i:t, lig I el 2. 5(j DE v«J*'"'KKF*e;i-.s. — si ii i.ks iii:ii»ii;i,i.if,as. iiieiits, le tube digestif et les anastomoses vasculaires. Toutefois, cette tendance anatomiciue rcniarquable s'affaiblit , comme nous l'avons vu , aux deux extrémités du corps. A ne regarder que la tête, la poitrine et la (|ueue, les llermelles diffèrent beaucoup nioinsdes Annelés ordinaires. JO" De tons les appareils organiques, celui c|ui conserve le plus sa tendance à la division en deux moitiés latérales, est précisé- ment l'appareil animal pai- i\\cellence : c'est le système nerveux. Ce fait fondamental suffit à lui seul pour nous montrer quels sont les véritables rapports zoologicjues des Annelés dont nous parlons. Les Hermelliens doivent être, «m moins pruvisoirement, considérés .comme appartenant au sous-embranchement des Annelés pleuro- nères ; ils forment , dans cette grande division des Annelés, un rjroupe correspondant , qui représente les Annélides Tubicoles, comme le Péripate , étudié par M. Milne Edwards, et les Mala- cobdelles, observées par M. Blaiicliai-d , repiésentent/wsçM'à un cirtain point les Annélides Rrrantes et les Hirudinées. En se pla- çant à ce point de vue , on remarquera qu'il ne reste plus à trou- ver parmi les l'Ieuronères que l'analogue des Lombrics, pour que tous les principaux types des .Innelés proprement dits soient re- présentés dans le grand gi'oupe des ^niu-les Pleurunères. 11° Toutefois, ce n'est qu'avec des restrictions et provisoire- ment que nous plaçons les lluruielles , le Péripate et les Mala- cobdelles , dans le même groupe que les .Xémertes, les Planaires, et les autres Vers lisses. En effet , le caractère fondamental de ce groupe, la séparation du système nerveux en deux moitiés laté- rales distinctes, est toujours complète chez les vrais Pleuronères : et de plus, je n'ai jamais vu chez eux de véritables ganglions. Il en est autrement dans les trois types exceptionnels que nous con- sidérons ici ; tous trois ont des ganglions et , chez les llermelles, il y a union tout le long du corps, par de véritables commissures, entre les deux chapelets ganglionnaires, Le Péripate et les Mala- cobdelles diffèrent, en outre, de leurs représentants présumés par la disposition des organes génitaux. Le Péripate, enfin, ne paraît pasavoirde véritables pieds d' Annélides (1). Probablement, (I) Cràce à l'obligpancc ion du liquide de la cavité générale. J'ai trouvé en effet dans les pieds un amas de matières coagulées qui indique (|ue ce liipiide pénètre librement dans leur intérieur. Chaque pied reçoit en avant et en arriére un fort filet nerveux qui se renfle légèrement el se divise en plusieurs branches qui .se portent aux muscles voisins. De plus, un gros ganglion tenant par des racines Ires déliées au grand Ironc la - léral el peut-être aux nerfs dont nous venons de parler, est placé dans la cavité du pied, et donne des filets en divers sens. Je n'ai rien vu qui rappelât le crypte sétigène des vraies Annélides. l'outefois ces recherches, ayant porté sur un animal conservé depuis longtemps dans l'al- cool, ne peuventétre regardées comme entienmienl décisives. 58 UE Qli,%IRKI'A*iKS. — Sllli I.liS [IEItMl:LI.IK\S. masses musculaires ventrales. — f, l'œsophage. — g, portion renllée de cet œsophage, constituanl une espèce de premier estomac. — /i, jabot. — i.i, in- testin. — k,k, rames supérieures des pieds , pénétrant dans les arceaux for- més par des colonnes musculaires de renforcement. — (, tronc vasculaire dorsal unique dans la portion thoracique du corps. — m, m, troncs vasculaires dorsaux au nombre de deux dans l'abdomen. — un, branches de communica- tion entre ces troncs. — 0,0, vaisseaux branchiaux naissani des troncs dor- saux (Voir les figures 3, l, 6 et 9.) — ■ p, cerveau. Fig. 2. Extrémilé de l'abdomen, et commencement de la portion caudale du tube digestif ru en dessus. m, m, les troncs dorsaux. ■ — 11, branches de communication. — /»'. tronc vasculaire médian faisant l'office de veine porte. — «", anneau du renfiement piriforme. — n'", tronc caudal et ses branches. Fig. 3. Coupe d'un anneau du thorax. Fig. 4. Coupe du troisième anneau abdominal. Fig. 5, Coupe d'un anneau médian de l abdomen. Fig. 6. Coupe d'un des derniers anneaux ubdominitux. ( Dans ces quatre figures , les lettres ont la même signification.) o,a, téguments. — 6,6, branchies. — ce, rames supérieures des pieds. — d,d, rames inférieures. — e,e, vaisseaux venant des troncs vasculaires dor- saux g, g, aux brancliies. — f.f, vaisseaux allant des branchies aux troncs vas- culaires abdominaux /i,/i — g', veine porte avec ses branches latérales 1" (fig 6). — m,m. masses musculaires. — 0,0, organes génitaux (fig. 5). Fig. 7. Cirrhe buccal grossi, vu par réflexion. Fig. 8. Le même, vu par transparence. a, canal central rempli par le liquide de la cavité générale où flottent des globules irréguliers. — 6, couche musculaire à fibres longitudinales. — c, derme. — d, épidémie. — e,e, cils vibratiles. Fig. 9. Extrémité d'une brunchie abdominale a, épidémie. — b, derme dans le tissu duquel paraissent être creusés le ca- nal central unique c et les lacunes ampulliformes d,d — c,e, cils vibratiles disposés en spirale. — f.f, courants déterminés par l'action des cils vibratiles. Fig. 10. Système nerveux de la télé, du thorax, et d'une partie de l'abdomen. a, cerveau. — 6.6, troncs nerveux céphaliques. — c,c, anneau œsopha- gien. — d,d, système nerveux stoniatogastrique. — e, nerfs part;:nl de la pre- mière commissure Ihoracique el. se portant aux lèvres. — f.f, troncs nerveux qui vont aux portions latérales de la niasse tenlaculaire — g,g, i,i, nerfs des muscles du cou. — h, h, nerfs de la portion supérieure de la niasse tentacu- lalre. — I .î,3.o, troncs fierveux fournis par les ganglions principaux du thorax. — 4, nerf partant du ganglion accessoire. — r,2',4', nerf partant du gan- glion principal de l'abdomen.' — 3', nerf parlant du ganglion accessoire. — m,m, ganglion de renforcement. — ly.;/, yeux. 59. NOTE SUR yiELOLES NOUVELLES ESPÈCES I)i: IIENRE PAGUliE; Par M. M2I.NE ESt^ARDS. Le genre Pagure , dont j'ai domié une monographie dans un des pré- cédents volumes de ce recueil (1) , est de tous les groupes généri<|ues de la classe des Crustacés le plus riclie en espèces. On connaît aujourd'hui plus de trente de ces Décapodes , et, en rangeant les collections carcino- logiiiues du Muséum, j'en ai trouvé vingt-trois espèces , qui me semblent ne devoh' être rapportées à aucune de celles déjà décrites. Je me propose d'en publier la desei'iption, accompagnée de ligures, dans la suite du travail que M. Lucas et moi avons entrepris sur ces collections (2). Mais en attendant que les circonstances nous permettent de mettre ce projet à exécution , j'indicpierai brièvement ici les caractères par lesquels ces espèces nouvelles se distinguent , et je profiterai de cette occasion pour faire connaître les modilications qui me semblent devoir être por- tées dans la distribution naturelle des Pagures en général. Dans la Monographie citée ci-dessus, j'ai divisé le genre Pagure en trois .sections, d'après la structure de l'anneau ophthalmique et la disposition du système appendiculaire de l'abdomen. Les observations que je viens de taire ne me portent a rien changer à cet égard ; mais pour classer entre elles les espèces appartenant au premier de ces groupes, j'avais employé en première ligne les caractères tirés du développement plus ou moins considérable des pédoncules oculaires, et je me suis aperçu (piécette marche n'était pas a l'abri d'objections graves ; car les différences , à cet égard, .se graduent d'une manière presque Insensible lorsqu'on passe d'une espèce à une autre , et la ligne de démarcation entre la première subdivision et la seconde n'est pas suftisamment tranchée. Il m'a semblé que le mode de conformation eatus. Espèce très voisine du P. tuberculosus, mais ayant les pattes de la qua- trième paire beaucoup moins poilues et se faisant remarquer par l'exis- tence de quatre ou cinq bandes rouges séparées entre elles par des lignes longitudinales blanches sur la face externe des pattes ambulatoires, tandis que chez le précèdent il n'y a sur cette face ([ue deux larges bandes rouges. Longueur, environ 3 pouces Trouvé à La Pena par M. Gaudi- chaud. 35. P.VGURIS ASPEIl. Espèce très voisine des trois précédentes , mais ayant les pédmicides l.M Dl (iEMiU PAGLIUK. <)3 oculaires moins loiijjs ; les pattes ambulatoires plus grêles et plus longues et les pattes de la (piatrième ]iaire remartpiablenient petites. Une ligne Mancliàtie, boriléi' île lignes rouges . sur la face externe fies pattes am- bulatoires ; couleur générale brunâtre. Longueur, environ 2 pouces et demi. Rapporté des mers de l'Inde par M./Dussuniier. 36. 1*AGURL'S r.E.M.\Tus Nob. — Pag. dibanarius Qttoy et Gai- tnard, Voyage de /'t'"ra;u>, pi. 78, fig. 1. Kspèce très voisine du P. t,ibei-cu/ijsns. dont elle se distingue par l'ab- sence de poils sur les côtés de la région stomacale , ^jar la longueur plus grande des pédoncules oculaires, et surtout par le système de coloration. On remarque sur la région stomacale, les pédoncules oculaires et les pattes, un certain nombre de bandes blancbes longitudinales qui sont bordées de chaque côté par une ligne rouge, étroite et bien délimitée. Pattes à peine podues. Longueur, environ 2 pouces et demi. S7. Pagurl's coralli.nls. Espèce très voisine des précédentes, mais se faisant remarquer par la longueur de la région stomacale , la grosseur et la brièveté (les pattes ; l'avant-dernier article de celles de la troisième paire du côté gauche ayant presque la forme d'un prisme a trois pans. Mains petites et couvertes de tubercules, arrondies. Des poils raides sur la base des antennes, les côtés de la carapace, et sur les pattes. Couleur rouge intense, avec quelques taches jaunâtres. Longueur, environ 3 pouces. Trouvé à la Nouvelle- Guinée par iMM. Quoy et Gaimard. 38. Pa(;iri;s ocli.atls Edw. loc. cit. 39. Pagurus ormatls Rou.x. Edw. loc. cit. ko. Paguri's -Emcull's Fabficius. Edw loc. cit. 41. PaGURLS A.N.NL'LIl'ES. Pédoncules oculaires grêles et de longueur médiocre, mais dépassant de beaucoup la portion basilaire des antennes externes. Prolongement rostral du front large. Pattes antérieures courtes, grosses, subégales et garnies de lignes transversales en brosses ; pattes ambulatoires annelées de la même manière. Région stomacale très large et lisse. Pas de longs poils , si ce n'est sur les quatre pattes postérieures. Couleur blanchâtre. Longueur, environ 18 lignes. Trouvé à la Nouvelle-Guinée par MM. Quoy et Gaimard. B. Espèces dnnt les pintes ne sont pas ongulées el dont les miiins ne sont pas épineuses. 42. Paglrls TiBiciîN Herbst. Edw. loc. cit. 43. Pagurus lividcs. Petite espèce très voisine de la précédente, mais entièrement incolore, ayant les pattes très finement pointillces. Trouvé sur les côtes de l'Inde par M. Dussumier. 44. PxGLRU.s ei.ega^is Edw. loc. cit. 45. P\(.i RI s CEiii.KNsis Edw. loc. cil. 46. 1'.\(;lrls (lAi.MARiJir. Petite espèce voisine du /'. tihirm. mais ayant les mains linemeilt gra- nulées et les pattes de la troisième paire garnies d'une toull'i! de longs Oi MH.XE KUWAKIIfii. — M)l VKI.I.KS ES1>ÈCES Di: (;. PACUnE. poils sur le bord inférieur cJii pénultième article et du tarse. Pas de poils sur le Iront et sur la région stomacale. Couleur rou},'eàtre uiiilornie. Longueur, environ 1 pouce. Trouvé à Amboine par MM. Quoy et Gai- mard. l\l. Paguisus siii.c.\Ti's Edw. loc. cit. l\%. Pagurus cbistimanus. Petite espèce très voisiue du P. tihirrn, mais ayant les côtés de la ré- gion stomacale garnis de beaucoup de longs poils, et le bord supérieur da la petite main élevé en forme de crête. Coule ir générale blancliàtie ; tarses des pattes ambulatoires orné d'une large bande transversale rouge et blanc vers le bout. Longueur, environ 18 ligues. Origine inconnue. Secom) sous-genre. — PAGURES APPENDICULÉS. A. Espèces dont les mains sonl peu ou point garnies de poils. Ii9. Pagurus fromalis Edw. loc. cit. ?)(). Pagurus macui.atus Risso. Edw. loc. cit. 5(. Pagurus GAMIA^us Edw. loc. cit. B. Espèces dont les mains sonl recour^ertes de longs poils flexibles. 5'2. Pagurus pilosus Edw. loc. cit. 5'à. Pagurus brevicorims Guérin. 5û. Pagurus tojientosus. ïlspèce très voisine des précédentes. Mains presque égales et aimées de petites épines noires cachées sous de longs poils tlexueux et serrés. Base des antennes et bord supérieur des pattes de la (|uatrième paire égale- ment très velus. Couleur grisâtre. Ijongueur, environ i pouces et demi. Du voyage de M. Eydou\. 55. PAGUr.US SETOSUS. Espèce très voisine du P. pilosus mais ayant les mains beaucouj) moins velues et les pattes de la troisième paire plus grêles. Couleur jaune- rougeàtre. Longueur, environ 1 pouce. De la Nouvelle -Guinée, par MM. Quoy et Gaimard. 50. Pagurus Weddeli.ii. Mains petites , égales , com|)rimées , tuberculeuses et garnies dune langée d'épines sur les bords , et de soies rudes sur leur l'acte externe. Pinces courtes, très pointues et onguiculées. Pattes ambulatoires courtes, giosses et garnies de longs poils llexibles. si ce n'est sur le tarse, où elles sont presque nues. Point de prolongement rostriforme au front. Pédon- cules oculaires très grêles et de Imigueur médiocre. Portion postérieure de la carapace et base de l'abdomen très velues. Couleur rouge- brun foncée Longueur, environ 2 pouces et demi. Trouvé sur les côtes du Pérou par M. Weddell. Thoisième sois-genre. — PAGURES ARMÉS. 57. Pagurus murs Fabr. Edw. loc. cil. 58. Pagurus Cl sTos Tabr. Edw. I c. 59. P\GURUS niM'Fiwis Fabr. F.dw. 1. r. KECHERCHES SUR LES POLYPIERS: Far MM. MILUTE ED'WARDS et JULES HAIME. TROISIÈnE mËMOIRE. MiiNOr.RM'IllK mes K.IPSAMMIDES. § I. [-orsque dans la classification des polypiers on prend pour guide la forme générale de ces corps, on se trouve souvent conduit a réunir dans un même groupe des espèces qui n'ont entre elles aucune parentéétroite. tandis que d'un autre côté on sépare des espécesqui ont en commun des caractères organiques d'une haute importance. Nous en avons eu déjii plus d'une preuve en étudiant la famille des Turbinolides; et le groupe naturel auquel nous proposons de donner le nom d' Eu/i.immnides nous en offrira de nouveaux exemples- L'un des observateurs les plus iiabiles du siècle dernier, Pallas avait depuis longtemps signalé l'analogie de structure qui existe entre un poly- pier dendroïde de la Méditerranée , le Mcidre/jorn rnnmi de Linné , et une espèce simple de forme trochoïde qui se trouve à l'état fossile aux envi- rons de Paris; mais Lamarck ne tenant compte que de la configuration générale de ces corps les sépara et plaça le premier dans son genre Ca- ri/op/(i/ll>n, tandis qu'il fit du second sa Turhino/in clarus. Nous avons vu ailleurs (jue ce dernier ne peut rester dans la famille des Turbinolides et en comparant avec un peu d'attention le Mmirr/mra ramen des anciejis zoopliytologistes aux véritables Caryophyllies, on ne tarde pas à recon- naître combien ci-s polypiers diffèrent réellement entre eux. Aussi M. de Blaiiiville, frappé sans doute de l'aspect particulier du Madrcjma mima et de (|uel(pies autres espèces dont la forme est également arborescente, les a- t-il séparés des Caryopliyllies ordinaires sous le nom générique de Dendrdiiliijttiii. mais sans clierclier toutefois a les caractériser d'après leur structure. M. Searles Wood a été un peu plus loin et a remarqué la simili- ludcd'organLsationquiexiste entre les Dendro|)liyllieset certains polypiers simples dont il a l'orme le genre /{idaïKi/j/ii/Zlin. En étudiant les Sléphano- phyllies deM. Michelin, les En« et jiilf.s iiaimi:. Au coiiti'iiire, Ions les polypiériù's des Dendraji/ii/l/in uinicn, Cecillitina et §mo///s( l),lors(|u'ils sont arrivés a un certain clep!''<^ Jfi '"^i"' «'évelop- pemeiit, poussent des yenimes iatéiiilement , et sui' plusieurs points in- déterminés. 11 résulte de la que la niasse générale du polypier a l'aspect d'un buisson ou d'une touffe , au milieu de laquelle il est ordinairement très difficile de reconnaître l'individu primitif. Eiilin, il y a quelques Dendropliyllies, où la l'acuité reproductrice , (|ui est d'ailleurs peu énergique, est exercée par la plupart des indivi- dus, et où cependant on distingue dans le polypier un tro[ic basilaire principal , bien que le calice du polypiérile souche ne soit pas resté distinct. Il est probable (|ue, dans ce cas, le polype souche aura com- mencé par produire, très près de .son sommet, un ou plusieurs bour- geons; ceux-ci , avant de bourgeoimer à leur tour , auront pris bientôt un volume égal ou presque é}>al a celui de leur parent, qui, dans sa partie supérieure, aurailévié plus ou moins de la direction de l'axe. Le tronc se trouvera ainsi accru par le déveluppement des premiers bour- gecuis, et lorsque ceux-ci porteront des gemmes en mi'me temps, et dans la même proportion que le polype primitif, il pourra devenii' très difficile de reconnaître ce dernier, malgré la liberté des parties basi- laires. C'est de la sorte qu'on peut s'expliquer la formalirin du polypier de la Df)iclro/j/iijUiii ciirniyci-ti (-1) , qui |irésente inférleurement un tronc uiiicpie, duquel partent ordinairement à une certaine hauteur [ilusieurs lameaux assez semblables entre eux , et qui se ramifient de nouveau. La Ihndrophyllid ruifiir/u est remarquable, en outre, en ce que toute production de gemiriés sur les rameaux a lieu aussi loin ()ue possible de l axe principal, c'est-a-dire a la [lériphériedu polypier. Toutes les espèces ipje nous venons di! passer en revue bourgeonnent tdujours par les côtés, et a une faible distance du calice ; il n'i'.u est pas de même de VàDendropIniUin iriTr/ularix (3) et de la plupart des Cœnop- .samraies(4). Dans ces Zoophytes, l'activité gemmi|)are est confinée dans la base qui est toujours plus ou moins étalée. La base de tous les Polypes peut bourgeonner ainsi , ou , pour mieux dire, cette faculté appartient a UTi tissu coniumn plus ou moins développé, et qui entoiu'e le pied de chaque Polype. Ce tissu commun, qui se solidifie en partie, s'élève quelquefois beaucoup dans les intervalles qui séparent les polypiériles, au point que les bords des calices ne font plus que de légères saillies au- (1) PI. 1. lig. I.'?. (2} Voy. Esper, l'/lan:., lab. x. (.'{) Voy. Miclieliti. op. rit., pi. 71, lig. 3. (O. t'I. \. lia. I I H 1-2. Ktl'SA.M.MIDKS. 69 dessus (le la niHSse fin polypier. Le mode de gioupenieiit de ces espèces qui b(jur^euimeiit par la base est le même (|ue celui desAstiées; mais c'est surtout dans la Cœnopsummia Urvillii , dont les polyplérites sont libres en liant dans une très petite élendue, que cette analogie de l'orme est marquée. Cette espèce se rapproche encore de certaines Astrées par la t'acullé qu'elle possède de se mulliplier , en outre, par fissiparité. Ce dernier moyen de reproduction , si fréquent dans la famille des Astréides, se relroiive une seconde fois seulement dans celle des Eup- sammides. Le jjolypier composé de la Lobopsammie (1) est entière- ment constitué de cette manière , et sans qu'il y ait jamais eu de bour- geonnement. Ce Zonphyie , primitivement simple, se séparait bientôt par sa partie supérieure en deux moitiés semblables; chacune d'elles se birur(|uait à son loui-, et les rameaux ainsi foi'més se dichotomisaient encore; mais, en général, la division ne se pouisuivait pas beaucoup plus loin, et il est rare de trouver des échantillons présentant plus de quati'C ordres d'axes dérivés. § m. Le polypier des Eupsammides sociales demeure toujours fixé aux corps sous-marins pendant toute la durée de leur existence, et beaucoup de polypiers simples de cette famille sont dans le même cas. Un petit nombre d'espèces seulement sont libres , et la plupart d'entre elles conlinuent à croître par leur base , aussi bien que ])ar le sommet. On n'en rencontre jamais dont la base montre une large plaie persistante , comme nous l'a- vons vu dans qui-lques polypiers de la famille des Turbinolides. lieux espèces seulement, qui forment une petite section du genre liulnnoiihyl- tiu, conservent toujours le pédicelle (jui les retenait fixées dans leur jeune âge. Chez toutes les autres qui vivent librement , le travail orga- nique se contirme dans la base , aussi bien <|ue dans les autres parties du polypier, et les traces de l'adhérence primitive s'effacent plus ou moins ou disparaissent complètement; elles ont tout a. fait disparu dans VEu/)- sniiiiiiifi /irotiyiiinrtiniia (2), les genres L'ndopiw/iys ei ■^tejj/in)wjt/iijUia , et dans quelques Eupsammin on ne voit plus à la place du pédicelle qu'un tubercule mousse, tendant toujours à s'amoii"idrir au milieu d'une petite f().ssette circulaiie. Forme. I.,a forme des polypiers simples et des polyplérites de cette famille («t toujours très régulière , si ce n'est dans la Lodopsammie, où la reprodiKttion par lissipaiité ne permet pas cette même régularité dans fl ' VciN. (Joldfuss. l'etivf. dcrm . lab. xiii li^' 7. i-i; l'I I, fig. 7. 70' IHII.NE EDIVAKDS l':r JL'i.F.^i UAIMI':. les contours. A l'exception des Stéplianopliyllies (I) , qui sont lycloli- toïdes, et (les Eiidopachys (-2), qui sont cunéil'oi'mes , le polypiéi'ile est subconique, cyliMdro-cuni(]ue, ou exactement cylindrique. Sclfrencliijmc épiihéliqm. Le polypier des Eupsammides, comme celui des Turbinolides, est presque enlieremeril formé par le scléreu- cliyme dermique; il ne présente de même ni exotlièque, ni péritlièque, et le plus souvent non plus pas d'endothèque. Cependant, dans quelques Dendropliyllies et dans quelques Cteiiopsammies, on trouve de dislance en dislance de petites traverses lamelleuses très minces, simples, qui, s'étendant entre les cloisons, ferment plus ou moins conq)létement les loges, et qui, sensiblement situées a de mêmes hauteurs dans la chambre du polypierite , constituent des planchers incomplets , ordinairement assez éloigués entre eux. Toutes les espèces simples et une grande pai'tie des espèces composées ont leurs loges ouvertes dans toute leur hauteur , comme cela a lieu chez les Turbinolides. Il est assez fréquent de voir la base des polypiers île cette famille cou- verte d'une épithèque pelliculaire, que M. Searles W'odd a appelée Periostracum (:i). Cette épithèque s'élève plus ou moins, mais n'est jamais complète; elle est presque toujours très mince, d'un blanc mat, et, quand on cherche à l'enlever avec un couteau , elle tombe sous l'orme de poussière ou de petites écailles. Dans l'Endopsanimie j4) seulement , cette épithèque est légèrement lustrée , el semble intimement soudée au tissu sous-jacent; elle a alors beaucoup d'analogie avec celle des Flabel- lines. Sctérenchijnie dermique. Le sclérenchyme dermique des Eupsiuuniides est Iras remarquable par sa structure. Son tissu est extrêmement poreux, et la plupart des lames qui le constituent sont plus ou moins criblées. Muriiille^ La muraille est formée par des lignes verticales de nodules sclerenchymaleuxqui restent di.stincls entre eux. Les nodules d'une même lignée sont beaucoup plus rapprochés les uns des autres i)u'ils ne le sont de ceux des séries voisines. Ils se soudent avec ces derniers par leurs branches latérales seulement; il en résulte qu'entre (|uatre nodules qui se touchent, mais dont deux apparlionnenla une série et les deux autres a une série contigue, il y a loujouis un espaie vide ou pertuis, et la lame nnn-nli' toute entièi'c a l'aspect d'un grillage ou dun tamis régulier. (t)PI I. (ig. in (2) PI. I. lig. I el-2. (3) PI. 1, lig. 6 el !) COI'I I fig. D,. EIH'SAMMIDES. 71 Dans les S(é|>li:irKi]iliyllii-s de la pipiniére section (1;, les liiiiis de la iiiiirallle se voient également bien sur Ions les points de sa surl'aee; mais dans la plnpart des Eupsammiii, les progrès de l'âge déterminent une pins grande densité dans le tissu de la base où les pertuis s'effacent peu a peu , et ce n'est plus (lu'auprès du calice qu'on les peut nettement dis- tinguer. Ces tronstie sont de même bien visibles qu'à une certaine hau- teur chez plusieurs Dendropliyllies et BalaMni)liyllies : cela tient a ré])ais- sissernent de leur base par l'addition successive de nouvelles lames mu- rales qui viennent entourer coucentriquement la lame primitivement formée. On s'expliquera aisément le mode de formation de ces nouveaux feuillets en se rappelant que c'est une tendance générale dans toutes les branches des noilules . de développer d'antres nodules ^^emblables à ceux dont elles font partie Ce sont ici les branches extérieui'es qui forment chacune un nodule, et le feuillet primilil se trouve ainsi recouvert d'un feuillet semblable a lui , ()ui peut à son tour en produire un troisième ; c/" troisième un ipiatrième, et ainsi de suite. Seulement, comme les nodules de ces nouveaux feuillets sont sensiblement égaux en volume à ceux du feuillet primitif, et qu'ils se disposent sur un cercle d'un plus grand diamètre, les séries verticales sont plus nombreuses et leur mul- tiplication s'opère par la bifurcation des branches externes de tous les nodules de certaines lignées. Les feuillets nouvellement formés s'étendent plus ou moins haut, niaisjaraais jusqu'auprès du calice. Ilssont engénéra' peu nombreux dans les espèces sim[)les , mais la base de quelipies poly- piers dendroïdes, sur laquelle se continue la muraille des divers poly- piérites présente quelquefois jns(|u'à dix feuillets superposés ou même plus. Une coupe horizontale, faite il peu de distance du point où adhère le polypier, ressemble alors beaucoup a celle de la tige d'un arbre dicoty- lédone; lesdiverses lames de la muraille y simulent les couches cohcen- tri(|ues de l'aubier et du liber : les cloisons et leur continuation exté- lieni'e dans les parties murales, rappelant les rayons médullaires. .M. Uana a vu une Deiiilro|ihyllie ^ubfossile dont les feuillets muraux se rictachaient aisément. Côtes. La surface extérieure de la muraille montre de petites stries granuleuses ou cotes fines, formées chacune ordinairement par une seule lignée murale, mais qiiel(]uefois aussi par i , 3 ou 4 de ces lignées. Dans certaines espèces, ces séries multiples ne se montrent «pie sur les côtes principales; dans d'antres, au contraire, elles appartiennent aux eûtes il'ordies inférieurs, tandis (pie celles des premiers ordres sont ri^présen- tées par des lignées simples. Elles sont toutes très peu saillantes . serrées, séparées par des sillons étroits el peu proliinds. Leurs grains r<) PI. I, H 10 72 MILKI': EUWAUDS KT JULES HIktnK. sont plus ou moins petits, plus ou moins réguliers et égaux entre eux. La direction de ces côtes n'est presque jamais exactement rectiligne; elles sont légèrement flexueuses ou vermicellées dans leur partie infé- rieure. Elles ne sont tout a l'ait droites que dans les genres Kndopa- cliys (1) et Endopsammie (2). Elles sont bien distinctes depuis la base, lorsque cette base n'est pas entourée d'une épithècpie. Il n'y a que deux exceptions: les Endopachys, où les granulations des parties inl'éneures sont disposées d'une manière confuse, et l'Hétéropsammie, où l'on ne distingue pas de côtes propre- ment dites, mais seulement de courtes stries ou de petites papilles, résultant de l'agrégation de grains extrèmenient tins, et qui , ti'ès serrées les unes contre les autres, domient à la surface qu'elles couvient un aspect en quelque sorte velouté. Presque toujours, les côtes sont simples et égales ou subégales. C'est seulement dans le genre Endopachys qu'on remarque sur certaines d'entre elles des expansions assez considérables; dans ces expansions, qui ont la forme d'ailes ou de crêtes et jamais celle de pointes ou d'épines, on reconnaît toujours la structure granuleuse et poreuse, caractéristique des polypiers de cette famille. Cloisons. Les Eupsammides ont un appareil cloisorinaire, remarquable à la fois , par l'organisation des lames qui concourent à le former et par la disposition de ces lames les unes par rapport aux autres. Les systèmes sont toujours au nombre de six et égaux entre eux. Il est facile de les recoimaitre (3) et dans quelques cas seulement, la grande ressemblance des cloisons primaires et secondaires pourrait faire croire à un nombre double de divisions (4). On compte toujours soit A soit 5 cycles de cloisons. On ne trouve qu'accidentellement les rudiments d'un sixième à) ; mais il arrive plus fréquemment, lorsque le (juatrième cycle est le dernier, qu'il demeure incomplet par l'avortenient des cloisons de cin(iuièmc ordre (6). Jamais les cloisons du dernier cycle, quel qu'd soit, ne sont situées dans le plan du rayon qui irait de la circonférence du calice à son centre ; elles sont toujours plus ou moins anpiées, et la loi ([ui règle leur direc- tion est extrêmement sinqjle. Lorsque, dans un système, les cloisons du dernier cycle sont de i|ua- (1) PI. 1, fig. Iet2. (2) PI. 1. fig. o. (3) PI. t, fig. i". B"el tO,. {.ij PI. I, fig. 1", 2„el :!. (5) PI. I, fig. 4„ el 10. (6) l'I. I, i;g. II. liLPSAMSllUliS. 73 liiénie et de cin(|uième ordre , cha(]ue cloison de quatrième ordre diveige de la primaire voisine, et celle de ciiniuième ordie de la seC(Jiidaire, pour s'aller souder l'une a l'autreauilevaut de la tertiaire, avec laquelle elles contractent une irjtinie adhérence dans leur partie inférieure. Lorsqu'il y a 5 cycles (i). ce sont les cloisons 6, ", 8 et 9 qui dévient de la direction du rayon. Chaque moitié du système ressemble alors a un systènse entier à 4 cycles : d'un côté, la cloison 6 diverge de la pri- maii'e voisine, et la cloison 8 de la tertiaire pour venir se souder ensem- ble et avec la cloison -i comprise entre elles deux; et d'autre part la cloison 7 diverge de la secondaiie , et la cloison 9 de la tertiaire pour se réunir à la cloison 5 qu'elles bornent à droite et a gauche. Outre les adhéiences que nous venons il'iiidiquer, il arrive quelque- fois que les cloisons du pénultième cycle se courbent vers les tertiaires, ce qu'on voit dans ['A'/a/o/jat/iys Maclurii ('2) ; et même dans les Stépha- nophyllies (3), les tertiaires se dirigent vers la secondaire , de sorte que les primaires restent seules libres parmi toutes les cloi.sons du calice. Ces diverses soudures des cloisons entre elles donnent à l'ensemble du calice un aspect étoile très remarquable qu'on ne retrouve pas avec au- tant de netteté en dehors de cette famille. A la vérité, ce caractère est considérablement ati'aibll dans quelques genres ( Leptopsammie (V), En- dopsamniie (5), Ccjenopsanniiie (6)) où le -i' cycle, qui est le dernier, est incomplet ou rudiraentaire; mais la encore la même tendance se mani- feste, et, dès que les cloisons de ipiatrième et de cinquième ordre se dé- veloppent suffisamment , on les voit également se courber vers les ter- tiaires. Avec cette direction arquée des cloisons du dernier cycle coïncide presque toujours , mais a un degré plus ou moins marqué, l'adhérence de ces cloisons par leurs parties extérieures avec celles des premieis ordres. L'adhérence a lieu par les faces qui se regardent, et, dans la plu- part des cas, la soudure s'opère jjar l'intermédiaire d'un tissu granuleux, lâche et peu abomlant, (|ui s'étend entre les cloisons rapprochées. Il est aussi ti'ès remarquable (|ue presijue toujours, dans cette l'aniille, les cloisons du dernier cycle sont plus développées en hauteur et en largeur ipie celles du cycle immédiatement supérieur (7 . Les genres (I)PI 1 , fig. 1". 2- el .1 (2) PI. 1 , fig. IV (ï) PI. 1 (ig 10 cl 10. (i) PI. 1 , fig i". (3; PI. 1 . fig o" (6) PI. 1 fig II et \î (7) PI. 1 lig. !■■, î-vl :t 7/i iMiLKiJ Kuw.iKits ICI JULES u.\tni:. liii(Ju|]baii]rnif, l^eptopsammie et Cœiiopsammie, échappent seuls a cette réjçle. Le plus onliriancmeiit , le boi'd du calice n'est pas crénelé. Chez <|uel- f|nes espèces, les cliiisoiis principales débordent légèrement la mnraille; liiais la où tdies soiit le plus débordantes , elles le sont toujours fort peu. Il est souvetit (acile de s'assurer que les cloisons des premiers ordres sont formées de deux feuillets appliqués l'un contre l'autre. Dans la (.'u-nopsammia jlexuosa et quelques autres espèces, ces deux feuillets sont même un peu écartés extérieui'einent , et laissent entre eux une sorte de canal intérieur. Peut-être les cloisons des derniers cycles résultent-elles également de 1 irjtime soudure de deux lames; mais nous ne pouvons rien afHrnier a cet égard ; leur grande minceur, les trous dont elles sont percées, et le faible degié d'union de leurs éléments qui paraissent simples sur la tranche , porteraient plutôt a penser qu'elles sont consti- tuées par une laine unique. L'examen des cotes ne peut éti'e d'aucun secours pour l'éclaircisse- ment de cette (]uestinn , puisque nous avons vu que le nombre de lignées de grains qui les composent n'est pas en rapport avec l'âge des cloisons correspondantes, et que, d'ailleurs, il est toujours permis de supposer (pje chaijue série de grains formant une côte est réellement constituée par deux lignées de nodules confondues en une seule. l'rescpie |)arlout les cloisons principales sont des lames parfaites et a bord libre entier. Au contraire, dans celles des derniers cycles, les lignées de nodules restent séparées en plusieurs points , et principalement près du bord-; il en résulte que ces lames cloisonnaires sont plus ou moins criblées, et sont découpées dans leur partie libre. Ces divisions du bord ressemblent en général a des crénelures longues et déliées, ou à des lobes aux contours variables et mal définis; elles ne .se montrent jamais sous forme de lobes arrondis, ou de dents a large base, ou de dents spiniformes Elles sont en outre très fragiles et presque friables, et ce caractère, joint à leur irrégularité, les fait assez facilement dis- tinguer des découpures que présentent les Astréides. Toutes les cloisons des Eupsannnides sont généralement minces. Celles de l'Endopsaramie sont accrues par les grains très gros et très saillants qui couvrent leurs faces. Les cloisons principales d'un certain nombre d'espèces sont épaissies dans certains de leurs points seulement, soit en dedans, soit en dehors. Dans V Eupsammia trochiformis (1), l'épaississement du bord interne des primaires et des secondaires est très den.se et trèscompaele. Ilans les Endopachys le tissu de cette même partie (11 l'I. I, fig- :i. n'est fiicureque 1res ^jeu ijoreux(l); mais les t-pais.>isst'iiieiitsc|gi se iiiuii- Ireiit prè'sde la muraille sont toujours liiiemeut spongieux, bien iju'a des (leyies très diHérents. L'Hétéropsammie nous ofl're un des exemples les plus happants de celle sUuelure parliculieie des lames cloisonuaires. La (iMnujjsauiiniu flejjuosii est une des espèces qui muidrentlemoliis iietleiiient ce caractère, ou dislingue cependant encore quelques petits trous sur le bord extérieur des cloisons. Oiluine/lif Les cloisons des Eupsainmiiles sont toujours bien dévelop- pées de deliors en dedans. KUes ne restent jamais libres par leur boid interne et inférieur, et elles ne se rencontrent jamais directement parce bord avec celles qui leur sont opposées; en d'autres termes, il existe toujours, suivant l'axe vertical du polypiérite, une columelle a laquelle la plupart des cloisons vieiment aboutir vers le centre. Cette colutnelle pié.sente, suivant les espèces , d'assez grandes diffé- rences dans son degié de développement, et peut-être dans son origine. Cependant, elle n'est jamais formée par une seule masse compacte , et son tissu est toujours plus ou moins spongieux , au moins à une certaine hauteur. Le plus souvent il se détache du bord interne des cloisons de petits trabiculins lanielleux, minces, irréguliers. qui, suivantdiflërentes diiections et se soudant entre eux par les points ou ils se touchent, lor- ment au fond du calice un amas dont l'aj.pect rappelle celui du diploé des os. La surface supérieure de cette columelle pariétale est plane ou légèrement concave dans ï Eupsnmmin Brmujniarliana , les Endopa- (:hys(-2), l'Endopsaramie (3), les Balanophyllies (4), l'Hétéropsammie , la Dfndrujjliyllia gnici/is [!}). Dans la Leptosammie (61 et la Cœmipmm- niia ttiiutluitmllam (7), la columelle est tout a fait semblable a la précé- dente par son aspect et sa texture, mais elle est convexe ilans sa partie supérieure, et fait un peu saillie dans la fossette calicinale. Celle de V b'itpiammia troc/iiformis se présente sous une forme très différente. Les cloisons principales étant très larges et se rencontrant presque au centre avec celles qui leur sont opposées, laissent entre elles six petits espaces (pii sont occupés chacun par un tubercule col umel luire isolé et compacte, tin pouriait croire, au premier abord , (jue cette columelle est essentielle; mais dans une coupe verticale (8) on voit très bien que dans les deux (t)pl. 1 , fig. 1». (2) PI. . fig 2". (3) PI. , fig. B' (4) PL 1. fig. 6'. (5) fl .fis;. ti («) l'I- , (ig, 4", (7) l'I. 1. lig tl (1) PI. 1, lig 3. 76 nilne: emwahu»! kt julks uaimii:. tiers iiil'éi'ieui's elle est pariétale, (|uoiq\ie assez dense, ei ce n'est qu'au caliceque les trabiculins sont lapprochés et confondus en petites masses compactes. Il est possible que ce soit également une union plus intime des trabiculins supérieurs qui donne à la columelle de V Eupsammia Bniiliuiw l'aspect de petits rubans légèrement tordus et penchés les uns sur les autres. Toutefois son analogie paraît assez grande avec crlle de queJipjesDendrùpliylliesetCœnopsamniies, où l'axe central est formé de tigeiles saillantes. Une coupe horizontale d'un polypiérite de la Dendro- plujllia rameu montre des cloisons qui vont jusqu'au centre, et dont la partie interne est un peu épaissie, et dans une section verticale on voit ()ue cette partie des cloisons est en continuation avec les rubans colu- raellaires; cette collumelle est donc du genre de celles que nous avons appelées cloisonnaires , mais nous nous sommes assurés , sur de jeunes individus , qu'elle n'est pas réellement une dépendance des cloisons , mais qu'elle a une existence propre, et que c'est par les progrès de l'âge qu'elle contracte avec celle-ci des adhérences de plus en plus intimes. La Slcpliamp/ii/Uia ek'tjnns parait également avoir des tigeiles colu- niellaires indépendantes. Quoi qu'il en soit de la nature de cette partie axillaire, elle est formée d'un tissu plus ou nioms poreux, comme sont tous les autres organes scléi'encliymateux des Eupsammides. Un voit, d'apiès tout ce qui précède, que cette famille se dislingue des antres Zoanlhaires par une somme de caractères qu'on peut résumer de la manière suivante : Polypier poreux , nv montranl jamais ni périt/tègue ni exotlièqtw , <'t n'étant mèyne Jamais entouré d'une épitlièque cimiplke. Loges intercloison- naires, ouvertes dans toute leur hauteur ou fermées seulement de distance en dislance par un petit lumibre de planchers incomplets. Muraille criblée de petits trous, à surface extérieure couverte de granulations très nombreuses et très serrées, et ayant un aspect chagriné ou vermoulu. Cloisons larges, peu ou point débordantes ; celtes du dernier cycle consti- tuées par des lames imparfaites et à bord divisé, toujours courbées vers celles du cycle immédiatement supérieur. Toujours une columelle plus ou moins spongieuse. Jamais de palis. § IV. liivisioti. Les espèces qui viennent se ranger sous cette caractéristique sont peu nombreuses. On n'en corap.te qu'une cinquantaine, dont la moitié enviroT) n'a pas encore été décrite. Elles se rapportent à dix types gé- néiiques différents (|uc nous iiidi(pions dans le tableau suivant : Kl i'.svMMii)i:s. 77 II Espèces siiiiplps b. Polypier subtiirluné ou l'unéiformo c. Base libre il Pas d'appendices Knpmimmin dd. Des appendices aliformes . . Kinlnpnrhys cr. Base largement fixée ou pédicellée e. Le qualriéme cycle de cloisons bien développé el complet. f. r.ôtes distinctes flnlrfnnphiillin. If. rôles indistinctes : la surface extérieure ûc la muraille couverte de grains disposés d'une manière confuse ÏJctprop.tammin , ee. Le quatrième cycle de cloisons incomplet ou rudimentaire. 3. Cloisons minces, à peine granulées. . . Lcploxpnmmia . fig. Cloisons épaisse? . couvertes de grains très forts - Endopsammin . (<((. Polypier discoïde, à muraille linrizontale .... Slrphiinnpliyllin. 11(1. Fspecps composées. II. Toutes les cloisons du quatrième cycle bien développées. i. Multiplication par bourgeonnement . Dentlruphjllin II. Multiplication par fissiparilé . Lohupsiimmin hh. Les cloisons de cinquième ordre rudi- mentaires Canopmmmin. (;enre I. — EUPSAMMIE ( R'UPSA.MM/Al l'ohjpiiT simple, subturl/iiié, peti ou point comprimfi, plus ou moins «levé, sans appenrlicfis, à base libre et dans laquelle les traces de l'adhé- rence priinilive disparaissent peu à peu.. Pas d'épitlièque. Cùtca simples, distinctes dès la base, l'aiblenient vermicellées, serrées, |j€u inégales, formées de séries de grains as.se/. saillants et bien distincts entre eux. Fossette niilicinnli' assez profonde. Cinq cijclcs de cloisons. Celles-ci larges, serrées , très peu débordantes a faces couvertes de grains nombreux et peu .saillants. Les espèces de ce gi'iiic ont été coiiloiidues avec les Tiirbinolides, aux- quelles elles ressemblent seulement par U^iir forme générale. La structure ilu polypier a les plus giamls rapports avec celle des Balanophyllies. 7R MII,1\K KItIVtKIIK II .lll.F.S lllINi:. Tnilifl'ois , ('lies devicmieiit loiijoiirs libres de bonne liemv, et les liaees de leur adhérence primitive s'effarent par les progrès de l'âge , tandis que celles-ei demeurent fixées to\ile lein' vie ou conservent, en se déta chant des corps sous-miiriiis auxquels elles ont adliéié longtemps , un pédieelle dans lequel tonte activité organique a cessé. Elles se distinguent ■facilement des deux autres groupes de la même famille qui vivent en liberté . en ce que leur polypier n'est jamais lortement comprimé comme dans les Endopachys, ni discoïde, comme celui des Stephanophyllies. Dans le tableau suivant, nous plaçons, après tontes les autres, V Eujjsiirimna llroiHfninrtiann qui, par sa base comprimée, se rapproche un peu des Endopachys , et devrait peut être former une petite section à part. a. Espèces à base peu ou point comprimée et ombiliquée. \i. Polypier plus ou moins régulièrement conique. e Columelle constituée par plusieurs tubercules isolés E. tmrhiformis. ce. Columelle formée par une seule niasse allongée, ri. Les côtes ne se divisant jamais en trois dans leur moitié supérieure A". Bnylinnd. (Ici. La plupart des côtes se divisant en trois à une certaine hauteur E. Haleunn. bh. Polypier cylindroïde. à base convexe E. Sismondiiiiia. un. Espèce à base fortement comprmiée et lisse en dessous. E. Brongniartinnn. Le genre Eii/juntnniia est tout entier fossile. Sur cimi espèces qui le composent, quatre appartiennent au terrain éocèiie, et l'antre aux cou elles miocènes de la colline de Turin. 1. EupsAMMiA rr.nciiiFORMis. (PI. I.fig. 3.) .Mnilrcpora trnchifnnnis. Pallas, Eiench. Zooph , p. 305 (I766K Carijoiihylloulc simple, iiifundibuliforme, gmle, strié longitudiiinlcmeiil, et a otiverlurc oblunyue, Guettard, Mém. sur diff. part, des se. et arls. t. Il, p. 388, pi. xx.vni, fig. 2 et 3 (1770). Caryophijllile simple, conique, et Turbinolile premii're grandeur. G. (^uvier et .4lex. Brongniart , Essai sur la géogr. miner, des enmrons de Paris, p. 81, pi. n (1808). Tarbinolia elavus. Lamarck, .inim. s. rerl . t. II. p. 232 (1816); — 2' éd.. p. 362. Turbinoïia sutcata . Schweigger, fienlxiclil aiff Xaturhift. reiseti . lah vu, fig. fis (ISIfl). Klll'SAMMIDIiS. 7<.) Twbiitftliii clliiilnii , AU'X Itroniiriiyrl, Ih'fn'r «/ro/. (/'•,■; etn' . île Pans, p. :î.i, pi. viii(1822). — Goldfuss. Pelirf. Gcrm. . p. b-2, lab xv, fig. 4 (<826). Turbiiiolùi rlnrm. Defrancp, Dict dex Se mif.. t. LVI. p. 91 (1828). Tiirbinolia eHIplicn , Defranpe , DicI . t. LVF. p. 02 (1828). Fail rionblo emploi avec T. clavus — Ch. Morren, Descr Corail, foss. in Beiijin reperl.. p 51 (1828). — Milno Edwards. .Annot. de Lam;irck. l. II, p :t6l (18:i6). Fait double emploi avec Tnrb clartis, Lamarck. — BrOQn, Lethœti geogn , p. S98, pi. xxxvi, lig. 2 (IS.'{7), Les détails de la figure sont inexacts. — Galeotti, Mém. cour, par l'Acmlémie de linnyllcs. t. XII. p. Ifi3 (1837). — Nvst. Descr. des coq. et polyp. (oss. des terr. terl. de ht [ietifique, p. 629, pi. XLViii, fig. M (1843). — Michelin, hon. Zooph.. p. liSi, pi. 43. fig, 6 (1844). — Graves, Topmjr. géoyn. de l'Oise, p. TOO (1847). Polypier en cône droit, allongé et très légèrement coniprinié, présen- tant non loin du bord du calice un faible rétrécissement zonaire, t|iii Hélermine au-dessus de lui un bourrelet peu saillant; a base ombili- quée. ('('lien très serrées, lines, presque égales, formées par des séries généialement simples en bas et doubles en liaut île grains pointus et saillants. ('hIùx en ellipse peu allongée; les sommets du grand axe 1res légèrement anguleux, la fossette très étroite et peu profonde. Les axes sont entre eux comme lOO : 125. Culunielli' se montrant sctu.s forme de six petits tubercules (-omprimés, disposés en série dans la direction iln grand axe, assez distants entre eux, opposés aux cloisons tertiaires. Les c/oisû7is très larges, peu déborilantes, minces, à faces couvertes de grains rfdids très nombreux. Celles des quatre premiers cycles droites; les primaires, à bord arqué, fortement épaissi dans sa partie inférieure, où il toiiclie prescpie a relui des cloisons opposées. Les secondaires dif- fèrent a peine, d'où l'apparence de douze systèmes. Hauteur .30 millimètres, grand axe du calici; 20, petit 16, profondeur de la fossette .5. Fossile des environs de Paris, et aussi des environs de Loiivain, sui- vant M. Nysl. Pallas a bien ilècrit cette espèce, et a fait très justement remarquer l'analogie de sa structure avec celle du ^fitilre/inm raniea ; seulemetit . il s'est trompé en donnant comme synonymes ipielques espèces simples llgurécs par Fougt dans les Amipnilnles Artideuiiar, et qui sont de.? Ci/n- tli(tiilnflliiiit. SO mi.M-: icitwtititw iri' ji'i.es haikif. •2. lù l'SAxmiA Bavi.iana. /'(i/)jlti('i- ei\ cùnc. dmlt, élevé et tiès légèienieut f(irM|iiinié; ti'ès légè- rement renflé dans sa partie inférieure; une tdute petite concavité à la base r^te très serrées, très semblables à celles de VE. troc/iifnnrn's , tontes formées par des séries de grains au moins doubles en liaul. Rap- port des axes du calice, U'O : 12(1. Fossette profonde. ColumcUe bien développée, composée de petits rubans tordus et penchés les uns sur les autres Cloisuns un peu étroites, minces , non sensiblement débordantes, à faces couvertes de grains très peu saillants mais très serrés. Hauteur 3() millim., grand axe du calice l7, petit U; profondeur de la fossette 10. p'ossile de Grignon. Coll. de l'Ecole des mines. 3. EupsAMMH IIai.kana. Tiirbinolia awlifera?, Conrad, Proceed. of llie Âcad. of uni Se. af Pliildd,, vol III, p. 2S6 ('1817). Eups((mmiii lliilciina. Alcide d'Orbigny. Mss. Espèce 1res voisine de la précédente. Ba.se ombiliquée. Côtes très serrées, composées de séries de grains très fins, tressaillants et très réguliers, lesquelles, pour la plupart, sont doubles dans leur partie inférieure et se trifurquent a une certaine hauteur. Cntumelle assez développée, spongieuse, mais assez deri.se. Cloisons très serrées, extrê- mement minces, a faces couvertes de grains nombreux, petits et pointus. Celles du dernier cycle se soudent vers les2/,3 de la largeur des cloisons voisines. Hauteur -2.) millimètres, grand axe du calice 19; petit l6, d'où le rapport approximatif 100 : 118. Fossile de l'.'Mabania. Coll. Alcide d'Orbigny. Nota. La forme générale de l'unique échantillon que nous ayons vu diffère peu de celle de VE. troc/iifoniiit: , mais la base est faiblement courbée dans le sens du petit axe du calice. h. EUPSA.M.MIA SlSMOÎVmANA. Turbiiwlia Sismtmdinnii , Michelin, Icnn. Ziinph.. p. 37, pi. 8, fig. 13 (ISit) — Michelnili, F. i/m Irrr. minr de l' Ilnlic sept . p. 25(1847). lai'SAM.MlDIiS. !S1 l'iili/jiiitr (li'uit, peu élové, ;i basi; subglaMilifoi'iin' cl uiiibili(|ui'u. l'ôtta très serrées, a grains peu distincts. Calice subovalaiie, a centre papil- leux, suivant M. Michelin, qui . plus lieineux que nous, a sans doute vu des éciiantilloiis dégages de leur gangue. Cloisons serrées , médiocrement minces. Hauteur ià niiUim. grand axe du lalice -20, petit IS. Fossile de la colline de Tuiili. Coll. .Michelin et E. 5. Eli'sam.mia Bno.\GM.\nTiAivA. {PI. i,ng. 7.) PohjpitT ayant la forme d'un pain de sucre , très Cfmiprimé inférieure- ment, n'otlVant pas de petite fossette basilaire. Cùtes serrées, légèrement verniicellées , notablement inégales; celles qui correspondent au qua- trième cj'cle de cloisons étant les plus larges et formées dequatre séries de grains. Calice subellipti(|ue, les sommets du petit axe presque recti- lignes et plus élevés que ceux du grand axe. Rapport des axes, 100 : i45. Fossette calicinale assez grande , très profonde. Coliimdle bien déve- loppée, l'(u-mée d'un tissu finement spongieux. Cloisons partout minces, serrées, un peu étroites, a grains des faces petits et serrés. Celles du der- nier cycle ne se soudant a leurs voisines que tout près de la columelle. Hauteur '25 millira. , grand axe du calice 20, petit 14; profondeur de la fossette 9 Fo.ssile des environs de Paris. C E. Genre II. — ENDOI>ACHYS (ENDOPACHiS). Endopacliys , Lonsdale, Jonrn «f tlw geol. Soc. of Limdnn , t. I, p. 214 (1845). /'(//y/j/V;- simple, droit, très comprimé inférieurement, libre et sans trace d'adhérence, à base ayant la forme d'une carène qui se contiime avec des appendices aliformes des côtes latérales. C<î/<'s droites, ne commençant (ju'à une certaine distance de l'extrénnto basilaire, formées par des .séries de grains pou distinctes. Les latérales très saillantes dans leur moitié inférieure. Cnlici' a axes inégaux et situés sur deux plans différents, à fossette longue et étroite. Columelle peu développée , spongieuse. Cinq cycles (\e cioisons. Celles-ci un peu étioites, un peu débordantes, serrées, à faces peu graindées. 3* série. Zool T. X. (Août 1848) 2 ■ H L(;s (IcMix (W|HT(^s (|iii roMiiKisoiit ce potit f-roii])!: ainsi ilélini, (iiit l)fi!Uinoii|>(l'nniiiiti' ii\c.i: les Kii|)saniniies; iniiis élira s'nii distinmieiit de nu^nii! que de toutes les ;uili(s Ku|isiiiiinii(les, pai' leur Ibrruecotiipritnée et leurs iippiMidiccs latéraux, l/iiiie délies est vivante, et mous ij,'uoroiis sa patrie; l'autre appartient au terrain éocèni' dcî l'Alaliania. C'est pour cette di;riiière que M. \V. Lonsdale a idahli derni^rcenetil le genre Kndopaehys , mais il y a rapporté ii tort la Tnrbinolia elliptica de Brongiiiart, qui est une Eupsammie,et les TkiIiIikiHii Slahosii dr l,ea , et si'iiiiiji-iiiKisa de Michelin , ipii sont des Turliinolides. 1. ENnoi'ACiiYS MACiinii. (PI i.fig. 1'.) Tmbimilia Mnclwii. l.ca, CoiUtili. ta grnl.. |> t!):i, |il, fi, (i;; ÎOfi (1S3:!J, - Michclotli. Sprcim. Ziiop. ilil.. p. 57 (18:!8). Hiidapachys iiltUum, LonsiJale, yoiini. ofijrul Si'C. uf hmdmi, I I, |i. 214, li;;, u (tSi.'l) Kigurp grossière /'ii/i/jjii>r a carène très développée , un peu é|)aisse, aussi étendue (pie II' calice, il siu'face très fineineiit granuleuse, se continuant sur liw liords latéraux, qui sont simples dans leur ti(MS supérieur. Les autres c(\l es pri- maires garnies dans leur milieu d'un très gros lidiercide olil.jng et suh- cristilorme. Culiiv ellipti()ue; rapport di'S axes 101): 180. Les sommets du petit axe sur un plan un peu supéiieuret légèrement retitrant.s; ceux du grand axe arrondis. Fossette calicinale médiocrement proloiule. Cloisons larges, .serrées, très miiu'es. Les primaires et les secondaires égales, un [len l'paissies prés de la columelle, li'S seules libres en dedans 'l'oules coniracteut îles adhérences exti'iieureuient ilauleur 2.^ millini., grand axe 2:'); petit l'I. Fossile de l'Alahaina. Coll. A. d'Orl>igny 2. F,M)oi'A(;iivs (jiiAïi. ( l'I I, lig 2. 2".) /'n/i//it(T A caréné un peu l'troite, separei^ par une l'chancrnre ll(^s ex- punsiotis des ( otes latérales. Ces expansions minces, plus développées inlérieurement , mais se continuant pfcsipie ju.sipi'en haut. Toutes les autres C(iles Unes, très serrées, indistinctes a la base; épaissies en haut . l'oruiées de gi'ains sublamellaires, peu inégales. Les sillons iidercostanx tout il l'ait superliciels. ri/Z/Vc snbellipliqne , les sominels du grand axi' un peu anguleux cl sur uu |ilan un peu inl'i'rienr a crlni dn petit axe. l'i i's\M\imi;s. K.\ U;i|i|iiii'l iliS iixcs 1(10. I7(t. Kossclti' clroilc l'I tii's priildiiclc. ('(iIiiduIIc tii's pou (Icviilopprc. (Iloisoiis Iri'-s sonV'i's, un pou rlniilos, oxtri'mo mont miucos , lojjf^i'fimetil (^paissios ou doliors ot pios di- la rnluuii'lli' , soikIc'os otitro ollos l'xtorioiirouiont. lliuilour .'11) riiilliin. , (çniud axo ilii caliro ;}8 ; polit axo 2i!; |)i(iri)iiiloui' ilr la l'dssollo l.'>. Ilaliilo .. M II .■( cdll, Slukcs. r.KNHK III. - «ALANOPIIYLMR (/M/. 1 \o/'// 1 / / / 1). liiiliiiMjihitlui, S(';irli'S Wnciil, .Ittii iiitil Minj nf nui liisl . I Mil, |i H (ISii). l'o/i/iiiir siniplo, (ixo par uni' lai'j;i' Imim' nu soulciiiciil pc'ilirollc', plus puntiix ipio lurUii ilos Doiidniplivllàvs. l'iis (i'app(!ii(licos co.staiix. f'nirs fiuos, seri'oos, siil)('( lii juixs iiaime. 11. BALA^01>1IYI,I.IA ITAI.IC.A. Caryophyllia italien , Michelin, loon. Zmipk.. p i(j \>\. '.), i\\i. 15 (IS'il). Polypier s,\ih\.uvh'\\\é, droit, légpienieiit tonipiinié près du cnlice, peu élevé. L'épitlièque s'arrêtaiit à très peu de distance de la base. Côtes l'or- mées en général par une double série de petites |)ointes grêles. Calice sub- elliptique ; les sommets du grand axe arrondis et a peu près sur le même plan que le petit axe. Rapport des axes 100 : \hO Fosscfle assez grande et assez profonde. fo/i/mcZ/p spongieuse, médiociemeiit développée. Cin(| cycles de cloisons. Les chinons principales un peu débordantes , à bord faiblement arqué en dedans et très finement deutieulé, à faces couvertes de grains fins. Les autres cloisons très minces, très criblées , couverles de grains saillants et à bord très déchiqueté. Hauteur, 15 millimètres; grand axe du calice, 14; petit axe, 10; profondeur de la fossette, 6. Habite la Méditerranée, et se trouve aussi a I étal fossile dans le terrain pliocène de l'Astesan. 5. Bai.a.noi'iii I iiA m.sMoi'iiyi.LUJi. Polypier droit , un peu élevé , subturbiné, un peu comprimé dès la base. Épithèque tout à fait rudimenlaire. Côtes presque droites, serrées, inégales; les primaires et les secondaires très larges, surtout en haut, et formées par une série de granulations double ou triple. Celles qui cor- respondent aux cloisons du troisième et du quatrième cycle formées par une série double près du calice, mais toujours simple iiiférieurement ; la série de celles du cinquième cycle est toujours simple dans toute son étendue: elles ne se montrent que vers le tiers inférieur du polypier, toutes les autres apparaissant dès la base. Les granulations des côtes très fines et bien distinctes. Oi/(>e subelliptique. Rapport des axes, fOO: 160. Les sommets du grand axe arrondis et moins élevés que le petit axe. Fossette étroite et profonde. Cnliimcllf spongieuse, médiocrement développée, à surface plane. Cinq cycle& de cloisons. Celles du cinquième cycle impaires. Cloisons principales débordantes, très minces , à bord arqué en haut, vertical en dedans , entier ; leurs faces sont couvertes de grosses granulations. Les autres cloisons sont extrémemenl^tninces, très criblées, à bord irrégulièrement crénelé. Hauteur, l."i millimètres: grand axe du calice , 8 : petit axe . ,'»; pro- fondeur de la fossette, à. Fossile de l'argile de Londres, à Itlacklcsliani-Ray. Col! Frédérik Dixon et E. liUPSAMMiniis. 87 0. Bai.am)1'iiyi.i.ia Baiudiana. Polypier droit , élevé , compiimé , surtout près du calice. Épithèque rudiiiieutaire. Cùtrs très serrées , un peu verruicellées , formées par des séries doubles, ou le plus souvent simples, de grains un peu irréguliers, grêles et pointus Calice subelliptique. Kapporl des axes, 100 : 185. Les sommet.s du grand axe en angle obtus. Fossette médiocrement profonde. Culuinelle sijoiigieuse, peu développée- Cinq cycles de cloisons. Celles-ci minces, très serrées , à peine débordantes, couveites de grains coniques saillants régulièrement disposés en séries parallèles au bord. Hauteur, 40 millimètres ; grand axe du calice, 22 ; petit, 12 ; profon- deur de la fossette, 6. Habite .... Coll. du Muséum Britannique. 7. Balanophyi.lia «enicui.ata. CnryophjUia gemcutnla, d'Archiac, Mém. deUiSoc. géol. deFrance, 2' sér., t II, p. 193, pi 7 lig. 7 « (1846). Dans celte 6gure, les côtes princi pales sont trop saillantes. l'olypivi- allongé, subcylindrique, légèrement courbé dans son mi- lieu, mais assez subitement , d'où résulte une sorte de bourrelet saillant au point de la courbure. L'iùtliique tout à fait rudimentaire. Cùte!: ser- rées , formées par une série au moins double de grains. Celles des pre- miers ordres plus larges , mais à peine plus saillantes que les autres Calice circulaire. Quatre cycles de cloisons. Les cloisons des ordres supé- rieurs un peu épaisses ; cellesdu dernier cycle s'unissant très viteà leurs voisines. Hauteur, 25 millimèti'es; diamètre du calice, 9. Fossile du port des Basques dans le terrain nummulitique. Coll. d'Archiac. 8. BAI.ANOniyLMA CUMINGII. (PI. I, fig. 8.) l'oti/pier peu élevé , un peu contourné , légèrement comprimé , mon- trant des vestiges d'une épithèque à peine distincte. Les trous de la mu- raille grands et bien visibles. Côlm formées par des séries simples de tiraiiis pointus. Câlin- subovalaire , un peu irrégulier. Le grand axe un peu mi(ins élevé que V'. petit. Ka|)port des axes, loo : l.Vi. Fossette grande, très prolonde (nhunrili- Inrnu'c d'un tissu spongieux làrlie. 88 MIL1VE EDWARDS ET JLXES UAIME. bien développée, ne faisant pas saillie au fond du calice. Quatre cycles de cloisons. On distingue à peine des rudiments d'un cinquième cycle. Cloisons inégales, très minces, étroites, à peine débordantes. Les primaires à bord interne sensiblement vertical; celles du dernier cycle se soudant à la tertiaire non loin de la columelle : elles sont très criblées. Les faces présentent des grains coniques espacés peu distincts. Hauteur, 15 millimètres; grand axe, 12; petit , 8 ; profondeur de la fossette , 6. Habite les Philippines (H. Curaing). Coll. Stokes. Deuxième section — B A L .\ NOF Hï LLI ES PÉDICELLÉES. y. Ba|,A\01'I1VLI,IA l>ll.t;i,0?iGA. TurbinoUa jirœlongu , Miclielotli, Specim. Zonph. diluv., p. 67 (1838). — Michelin, hou. Zooph., p. 40, pi. 9, fig. 1 (i841). Les cotes ne sont pas assez marquées dans la ligure — Michelotti, Foss. des lerr. mioc. de l'Italie sept-, p. 27 (1847). Po/y;)îe)' en cône allongé courbé a l'extrémité inférieure, qui est sub- pédicellée. Pas d'épithèque. Côtes serrées, égales, à peu près droites. Ca ■ lice subovalaire. C/o/so»is serrées, un peu épaisses, très larges. Le dia- mètre du calice est d'environ -25 millim. pour une hauteur de .iO niill. Fossile de la colline de Turin Coll. Michelin et E. 10. Bai.a.\oi'uyi.i.i\ GiiAvi;sii. Turbinolia elliplica, var. d'.\rchiac. Mem. de lu Suc. ijenl de Fiunce. I. V. 2' pari., p. .■588 (184.3). 7"ii)-((mo/m Grai-e.sii, Michelin. !eon. /ooph.. p 153, pi. 43. fig. 7(1844). — Graves, Topogr. géoijn. de l'Oise, p. 700 (1847). Polypier en cône allongé, un peu courbé, très légèrement comprimé, à base atténuée etsub|iédicellée; l'arc de courbure est dans le plan du petit axe du calice. Pas d'épithèque. Les rotes des premiers ordres, légèrement saillantes en haut, assez larges, formées par des séries doubles ou triiiles de petits grains; celles ([Ui correspondent aux cloisons du dernier cycle for- mées par des séries simples. Calice .subelliptique. Rapport des axes 100: 130. Columelle èUmle et spongieuse. Les cloisons secondaires presque égales aux primaires. Celles de sixième et de septième ordre très larges ; celles de huitième et de neuvième se soudant vers la moitié des cloisons Elil'SAJIMIDKS. 89 4 et 5 Les grains (les faces forts, coiiiiiues et saillants, espacés entre eux , flispnsps peu régulièrement en séries parallèles au bord supérieur. Hauteur 3.i niilliin., grand axe du calice 13, petit 10. Fossile de Verneuil-les-.\iilna\ (d'Arcliiac) , et ines (Cuming). Coll. Stokes. EUPSA.MMIUliS. 91 Ge.vke VI. — ENDOI'SAMMIE (ESltdfSAMMIA). l'nhjiiier simple, droit , fixé. Vue pjjit/ièiji/e pelliciilaireextrèineineiil mince, et très intiiiiriiicnt coii- f'(iM(tue avec le tissu soiis-jaceiit , coiiime dans les Flabcllincs. <'ôti's droites. Culninflli' spongieuse, bien développée. Uuati'e cycles île cloisons ; le dernier cycle presrpie rndimenlaire. ('loisnns un peu débordantes, épaisses, a faces couvertes de grains très gros et très saillants. L'imperfection du (piatrième cycle est un caractère commun à ce genre et au précédent ; mais les cloisons principales sont très différentes. Elles sont ici très fortement granulées , épaisses, et débordent un peu la muraille; tandis (|ue, dans la Leptopsammie , elles sont très minces, pre.sijue lisses sur les faces, et pas du tout débordantes. La seule espèce que nous connaissions a été rap|)ortéedes Pliilippines par M. Cuniing, et lait partie 'le la riche collection de M Stokes. EnDOPS.\.U.MI.\ PllIl.ll'l'lîNSIS. (FI. t.tig. 5, b».) Puh/jiicr coiii'l , cylindrico-turbiné , à base très large. MunillU' mon- trant d'assez granils jiertuis près du calice. CùtesuM peu laiges, formées par des séries simples de granulations. C.'alicc circulaire, a fossette grande, proportionnellement assez profonde. Columdle très développée, il'un tissu spongieux assez dense, qui ne s'élève pas dans la fossette. Les cloisons du quatrième cycle presque rudimenlaires. Les tertiaires moins élevées, mais pres(|ue aussi larges que les primaires, et plus larges que les secondaires, dont elles se rapprochent beaucoup près de la co- lumelle. Quoi(|ue très petites, celles de quatrième ordre se courbent vers l(^ tertiaires. Les primaires, un peu déboidantes, faiblement arrondies en haut, à bord interne oblique, et finement denticulé. Les cloisons des trois premiers ordres épaisses, et à faces couvertes de grains très forts. Hauteur, T iiiillimètrcs ; dianiètn! du calice, 7; |)rofondeur de la fos- sette, 3. Habite le-^ l'nilippines (lluglj (>uniing). r,HANOPriYLLlE [STEPHANOI'ID l.l.l^\]. Stephunojihjtlia , Miihelm, Dict. desSc. «a/., Siipplcni., l. I, p. 484 (IS4I). l'uli/picr simple, libre, et sans trace d'adliéreiice, discoïde, à muraille horizontale, sans épitlièqiie. Côtes fines, droites, rayonnant régulièrement du centre, formées par des séries simples de grains peu distincts. Calice circulaire. Cinq cycles complets , et quelques cloisons d'un sixième cycle. Cloisons ne débordant pas extérieurement; laiyes, élevées , minces et serrées, a faces couvertes de pointes coniques , se soudant entre elles par leur bord supérieur ou interne; les primaires seules restent libres. M. H. Michelin a établi ce genre, en 1841, pour quelques espèces fossiles des terrains subapennins, et il l'a bien caractérisé, mais il y a rapporté, à tort, dans son fconograp/tie Zoopinjtoloyique , la Turbinolia Italien de Michelotli , (]ui appartient à la famille des ïurbinolides. Ce petit groupe, ainsi restreint, se reconnaît aisément au milieu des autres Eupsammides par sa forme cyclolitoïde qui lui est tout à fait par- ticulière. Les espèces qui le composent se séparent très nettement en deux sec- tions, qui, peut-être lorsqu'elles seront mieux connues , devront consti- tuer deux genres différents. Les unes, \es Stép/iaimp/ii/llies pro/itvs, ont une fossette calicinale bien marquée, une columelle distincte, des cloisons anguleuses et déchirées, et sont fossiles des terrains tertiaires. Les autres , que nous appellei'ons Stéphunnpinjliies lentilles , ont la fossette calicinale superficielle ou nulle, la columelle tout à fait rudi- mentaire, les cloisons arrondies et à bord lineuieut denticulé, et sont fo.ssiles de la craie. Fossette caliciiiiile bien iiiari|uée. .S. elegans. .S. diîcoides. S, imperiatis. AA. l'osselle calicinnle superficielle ou nulle a Cloisons secondaires plus petites que les lerU.iirps i(ui viennent se souder au devant (1 elles. S. suecicu. 1(1 Cloisons secondaires plus grandes que kw lorliau» ipii s'y soudeni li .pii'lqiip distance du i-ciiln- S llnu-rrliniil^n I irSAMMIUlCS. i)o l'REMiuii: stcTiiiN — STIÏPH ANUPIIVLLI l'S TlilIPISES. 1. STKl'IlA^OniVl.l.lA IM.r.liANS. (PI. 1, fig. m, 10".) Fungia elegans?. Bronn, Lethœii geogn , p. 900. pi \i\vi. lij:. 7 (18Î7J. Ste/thanophyllm elegans, Micholin. [ron Zoopli.. p 3-2. pi. 8, fig. 2 (1841). — Miclielolti. Poss. lies tcrr. mine, de l'Italie sepl.. p. 20. pi 1, (ig. 1 ■"! et 14 (1847). l'oh/piiT (li.sfoiile , à niurailln criblée de jiniiids trous, et présenlaiU une faillie .saillie au milieu. Cùtcs liues , Ibiiiiée.-i par de.s séries simples de grains, ne ccirrespoiidant pas au bord intéiieur des cloiscuis. Of/w circulaire, montrant piès de la muraille un rétrécissement circulaue. au-dessus duquel les cloisons saillent un peu en dehors. Fossette peu Ijrol'onde. Columelle formée par cinq ou six petits tubercules distincts disposés en série. Sept oidres de cloisons. Les |irimaires seules restent libres; les tertiaires se soudent aux secondaires ii une très grande distance de la columelle; celles de quatrième et di- cinquième oidres anx ter- tiaires ; la cloison 6, à la cloison 4 ; lacloison", a la cloison ô. Toutes ces adhérences se font a une grande distance , et le trajet des dernières cloi- sons est très sinueux. De ces diverses dispositions des cloisons résulte, pour le calice vu d'en haut, l'aspect d'une croix de Malle, dont les six branches sont séparées entre elles par les cloisons primaires Le bord libre des cloisons est anguleux et denticulé ; leurs faces sont couvertes de pointes coniques espacées, et disposées en séries radiées. Diamètre du polypiérite, 12 millim.; hauteur, r>. Fossile de Torlone. Coll. Michelin et E. Miitn. Peut-être y a-t-il deux espèces confondues .sous ci; nom; celle que nous décrivons, à laquelle se rapporteraient les ligures de Michelin et celle de Michelotti portant le n° 14 , et une seconde qui serait ligtuée dans la planche de Bronn , et sous le n° 1.3 île Michelotti'.' 2. .SricpiiANOPini.i.u discoïdes. (À'tte espèce est très voisine de la précédente; elle n'en iliffère (pie parce qu'elle est plus petite, et comparativement beaucoup plus |)late ; ■-a hauteur étant il piMiie de I millimètre pour un diamètre de .'i Fossile d'Iiaver.stock-llill dans l'argile de Londres. Oill di' .M Fiediiik Kdwards, a Londres. 9A MII.Xl: ICUMAKIIS Kl JHI.ICIS IIAIMl:. 3. STEl'II;i^OI'HVLL[A IMPEHIAMS. Fungia agariccftdes?, Risso. Hisl.nat. de l'Europe mi-rkl., I. V. p. :io8 , pi. 9, fig. 52 et 53 (1826). Stephanophylliii imperiatis , Michelin, leoii. Znaph . p. :il , pi. S , fig, 1 (1841). — MicheloUi, Foss. Ues terr. mioz. de l' Italie fsepl. p. 20 (I8i7). ■ M. Michrlin flécrit ainsi celte espèce : nS. orbiculaiis , superiie lainellosa; lamellis regulariter coiinexis, inajoi'ibus minoiibusque f'oliaceis , dentatis, plicatis; centre piofunilo; pars inCerior plana, suliexcavala ; striis radiatis, graiiulosis, rugosis, in- lerstitiis sa-pe pert'oratis. » Uiamètre près de 3 centimètres. Fossile de l'Astesan. :\(ita. Sous ce même nom et en copiant cette diagnose , M. Nyst {/k'sc. des Coq. et ties l'ol. foss. des teir. tert. de lu Belgique, p. 633, pi. XLVIII , fig. 17) a lîguré un polypier qui doit éviilemnient rentrer dans le genre Sléplianophyllie, mais qui, à en juger par la figure, diffère notablement de l'espèce de M Miclielin. Il est fossile du crag d'Anvers. I)eu.uème section — STÉPH.ANOPHYLLIES LENTILLES. h. SrE[>lI\N01MIYI.l.lA SUliCICA. Stepinnwphylliii suecica. Michelin, Mss. Polypier ayant la lorme d'une lentille piano-convexe. Muraille pré- sentant de petits trous peu visibles, et des côtes très fines et à peine gra- nuleuses. Calice (convexe, a losselte tout à l'ait superficielle ou nulle. C.olumelle extrêmement réduite. Cloisons minces, très serrées , à bord libre fortement ai'i|ué, denticulé?, a faces couvertes de grains coniques très saillants. Les lertianvs viennent se souiler enli'C elles au devant des secondaires, (|ui n'arrivent qu'à une certaine distance du . VI), sont de pure imagination et n'ont jamais appartenu a aucun Zoanlhaire De plus, c'est a tort ipie Ijnné, et, après lui, tous les auteurs, et M de Blainville lui-même, ont rapporté le Mmtre/iorti rnmea à l'espèce de Donati. Ea ligure donnée par cet auteur est trop grossière pour que nous puissions allirmer (|u'elle l'epréscnte Vdritlinfi /n-olifern , conunec'est probable ; mais il nous parait impossible d'as\.>iMiDi',s. 99 2. DENDIiOPHYLIJA TaL'RINENSIS. Dendrophijlliii vamca, Michelin, Icon. Zoojih., p- 31. pi. 10, fig. 8 (1842). Bonne figure. Polypier en tronc dressé et subcoiiiiine, présentant cimi .séries verti- cales assez régulières de poljpiérites ascendants , niéiliorremeiit allon- gés, assez rapprochés entre eux. Les grains des cnles bien distincts et assez gros. Calice subcirculaire ou légèrement t!llipti(|ne. Son grand axe est environ de 8 millimètres. La hauteur totale de 1 e- chantillon que nous décrivons est de 9 centimètres. Fossile de la colline de Turin. yotd. Cette espèce , que nous avons observée dans la collection de M. Michelin, a été confondue par cet auteur avec la Deruh-ophyllia m- men , actuellement vivante dans la Méditerranée ; mais les cinq séries de polypiériles la distinguent suffisamment, et. par cette disposition, elle ressemble à la /* rlir/i/n/is. 3. DE.NDIlOrHYI.I.IV DICilTALlS. Hi-liolillie conique, à étoiles dispersées irrégulièremenl, d'un peu pins de 2 lignes de diamètre, à rayons fourchus, Guettard, Mém. sur diff. part, des se. et arts, l. II. p. 42i,pl. 53. fig 8 (1770). Dendrophtjllia diijitalis, Blainville, Dict. desSc.nal,, t. LX p. 320 (1830). — Michelin, Icon. Zooph., p. 52, pi. tO, fig. 10 (1842), et pi. 74, fig. 4 (I8i7). Bonnes figures. l'oli/pier dressé, subconique. Polypiérites courts, assez rapprochés , disposés verticalement sur cinq ou six séries verticales, et horizontale- ment sur des lignes spirales ascendantes , courtes , et (|ui ne se conti- nuent pas entre elles. Côles assez fines, très faiblement saillantes, formées par des séries simples de grains très rapprochés, sc-parées par des sillons assez profonds, et très llexueuses sur la masse commune. Calices subcir- culaires. Columcllr spougieu.se, assez développée. Cinq cycles darjs l'é- loile terminale. Quatre cycles dans toutes les autres. Les cloisons du dernier cycle se soudent à leurs voisines à |)eu près vers le milieu de leur largeur. Toutes sont minces et serrées. Hauteur , de 10 a l.j centimètres ; dianiètrr des calices , de 5 a niil- limèlres. Fossile des faluiiièrcs de la Touraine. (À)ll. Michelin et K. 100 MILIVE EDWARDS F.l JL'LES IIAIME. li. DEÎNDROrHyLLIA CORNIGEHA. Madrépore rameux , à cnlices de suhsiunce aisée à froiaser. Marsilli , Hi.il. phys. de la mer, p. 137, lab. xxx, fig. 136 (1723). Grand Pore . Recueil de planches sur les se et les arts . vol. VI , p. 16 , pi. ixxxvii. (ig. 2(1768). Madrepora ramea var., Ksper, Pflanz., lab. x (1791). Ciinjophyllia cornigera, Lamarck , Hisl. des unim. s. vert.,l. II, p. 228 (1816); — 2«édit., p. 353. — ■ Lamciuroux, Enc. méth. Zooph., p. 172 (1824). DendrophyUiu cornigera, Blainville, Dict.desSc. nul., l. LX, p. 320 (1830). CliidncHra aathophyllum (pars), Elircnberg, Curall. des Hotlien meer, , p. S'i (I83i). CarijoplnjUia cnntiijera. Dana, Zooph.. p. 382 (18.16). I'ii/i/jjii;r (Icndroidi! , présentant ordinairement un gros tronc et des ratni'aiix (|iii naissent à peu près tous à la même hauteur, et qui se diri- gent f^n dclior.s. Ils sont longs, eylindro-lurbinés, ascendants et ol)li(]ues, souvent un peu arqués , assez écartés entre eux et divergents. Ils bour- geonnent très peu, et la position des jeunes ne parait déterminée par aucune tendance particulière. Cùlcs subplanes t'aibl(!rnent vermicellées , lormécs par des grains peu distincts. Calices subelliptiques ; les axes sont entre eux à peu près comme 100 : 130. Columelle oblongue , bien déve- loppée. Cinq cycles. Les cloisons du dernier cycle se soudant à leurs voisines non loin de la muraille. Cloistms assez larges, très minces , très serrées, à faces nuuitrant quelques grains lins. Hauteur , 20 à 30 centimètres; grand axe des grantls calices , 20 mil- mètres. Habite la Méditerranée (Marsilli) ; l'océan Indien? (Lamarck); le golfe de Gascogne (A. de Quhtrefages). C. M. " 5. Deindrophyllia gracims. (PI. 1, fig. 13.) l'uli/jiiir en buisson. Polypiérites cylindro-turbinés, allongés, grêles, recourbés et ascendants, bourgeonnant chacun deux ou trois fois à une même hauteur, et non loin du calice. Les pertuis de la muraille visibles presque partout. Côto à peine vermicellées, très fines, peu serrées, à grains petits, distirjcts, et en séries simples. Calices subelliptiques, à fossette profonde. Uapport des axes, 100: HO. rnlumollc formée d'un tissu lainello-spoiigieux très lin , ipii ne s'é'lève pas au fonil de la los- EUPSAMMlDIiS. 101 setle. Ordinairement quiitre cycles. On en compte cinq dans quelques calices, ou seulement dans quelques systèmes. C/'j/-so;i.s extrêmement minces, serrées , étroites en haut , à bord libre, oblique, finement et irrégulièrement denticulé, subégales. Celles du dernier cycle se soudant a leurs voisines à peu près vers le milieu de leur largeur. Hauteur, environ 5 centimètres ; grand axe des calices, 7 millimètres ; petit axe, 5 ; profondeur, 4. Habite la Chine. Coll. E. 6. De.'^diiopuyi.lia a.xifuca. Poli/jjii/r i\eii(Wou\e. Les jeunes polypiérites courbés à leur base et su- bitement dressés , naissant non loin du calice de l'individu qui les porte, et toujours du coté le plus éloigné de l'axe du polypier. Cfyte fines, vermi- culées , formées par des séries souvent interrompues de grains crépus. Calices cii'culaires, profonds. Colunw/le très développée, formée par des trabiculins lamellaires , minces et contournés. Cinq cycles. Cloisons très minces , très étroites , non débordantes. Les secondaires sensiblement égales aux primaires. Hauteur du polypier, 15 centimètres; diamètre des calices , 10 mil- limètres; leur profondeur, 7. Habite le port Essington. M. B. 7. DBNDnOPIlYl.l.lA A.MICA. (PI. t, fig. 9. — Le jeune.) Canjophtjtlia umicn, Michelotti, Specim. Zooph. liil., p. 8.5, lali. 3, fig. 5 (1828). Mauvaise figure. DendrophtjUia irregularis . Michelin, Icon. Zooph., p. Îi2, pi. 10. fig. 11 (1842). Dendropitijllin coniigem. Michelin, Icon. Zooph., p. 52, pi. 10, fig. 9. Sous ce nom sont figurées des branches séparées du polypier, J'iili/jticr en touH'e assez dense, l'olypiérites cylindracés , allongés , bourgeonnant irrégulièrement un certain nombre de l'ois, et contractant entre eux des adhérences. Une épithèque basilaire. Côtes fines, serrées, séparées par des sillons bien marqués, presque droites, formées par des séries simples de grains distincts. Calices subelliptiques. Rapport des axes 100: 120. (^iliimelle bien dcveloppre, s'élevant beaucoup dans lu fossette, loiini'c d'un tissu lainello-spongieux lAchc. Ciinq cycles. Cloi- sons assez larges , serrées, extrêmement minces. Celles du dernier cycle se .soudant a leurs voisines avant que celles-ci aient atteint à la moitié de leui' largeur. I,i;s grains des faces bien marques , médiocrement sail- 10*2 MILNE EIIWAKDS liT JULES HAIME. lants , épars. Des traverses très minces, sensiblement liorizuiitales , se voient de loin en loin dans une coupe verticale. Ce polypier s'étend en largeur beaucoup plus qu'en hauteur ; les plus grands polypiérites sont longs de 6 ou 7 millimètres. Le grand axe des calices est de 13 milMmètres. le petit de 1 1. Fossile des f'ahinières de la Touraine et des environs de Turin. Coll. Michelin et E. Nota. On trouve fréipiemmcnt cette espèce à l'état jeune, et présentant un polypier simple nylindro-turbiné. Elle ressemble alors beaucoup à une Balanophyllie, et c'est ainsi qu'elle a été confondue par M. Wood avec la DahmcpInjlUa culi/rulus, et par M. Michelin , avec la /i. ikiilcu. Lorsipie le calice n'est pas usé, la saillie que fait la culumelle la sépare tout de suite des Balaiiopliyllies qui ont toujours une columelle à sur- face plane. 8. DENDIlOlTiyLLIA Cecii.liana. Polypier ayant tout a fait la forme générale de la I). (imicu. Oi/''.< sub- égales, un peu larges, fuimées par des séries doubles ou triples de villo- sités aiguës et très grêles. Calices .subelliptiques, à fos.-elte assez profonde. Columelle très développée, oblongue, tressaillante, formée de petites lames plissées et verticales. Quatre cycles complets. Cloisons excessive- ment minces, serrées, non déboi'dantes ; les secondaires un peu moins larges que les primaires, et ayant comme elles le bord entier et mince; celles du dernier cycle plus grandes que les tertiaires , et se soudant au- devant d'elles Grand axe des calices, S millimètres; petit axe, 6. Habite les îles Liewkiew , Chine (l'amiral Cécille). Coll. Michelin. 9. De.NDHOPHYLLIA DENOUOniYU.OIDES. Oculina (Ivndrophylloides, Lonsdale, Slss. f'oli/piérites épars autour d'un axe vertical , formant des saillies très inégales. Le cœnenchyme beaucoup plus compacte ((ue dans les autres espèces. Côtes un peu grosses, très llcxueuses, à grains très peu distincts. Calices circulaires. Quatre ci/cles. Cloisons assez minces. Diamètre des calices, 4 millimètres. [•'ossile de l'argile de Ltmdres. à Blacklesham-Uay. (>oll. Frederik IMxon et E. Kt;PS\MMIDES. 103 10. DeNDKOIMIM.I.IA IRREGLLAllIS. Aslroïle ramifié à grosses brandies rondes, à éloiles d'environ 1 pouce de dia- mètre, qui ont plus de trente-six ou quarante rayons , Guettard , Mém.. t. Il, p 444, pi. 56, fig. 1 (I770J. Uehdropliijllia irregularis , Blainville, Diet. des Se. nat., l. LX , p. 320 (1830). Dendrophyllia Theotdolvenxis, Michelin, Icon. Zooph., p. 309, pi. 74, fig. 3 (I 847) — .M. H. Miclieliii, ayant cru que l'espèce de Touraine [T>. arnica) devait être rapportée à la planche 56 de Guettard , lui a , d'après M. de Blainville, donné le nom d irreqularis , et lorsque plus tard il a reçu des échantillons de la véritable irregii/uns, il les a considérés comme ap- partenant a une espèce distincte et nouvelle. De là cette erreur de noms que nous avons dû rectifier. l'o/i/jiiir en niasse encroiitante , ressemblant un peu à une Astrée, inédiocreraent élevé, à surface supérieure subplane. Polypiérites verti- caux, parallèles, taisant saillie au-dessus d'un cœnenchyme très déve- loppé, assez dense, et recouvert d'une épilhèque peHiculeu.se blanche. Cntici's circulaires. Columelle formée d'un tissu lamello-spongieux très abondant. Cinq cycles de cloisons. Cloisons étroites, un peu épaissies à leur bord interne. Diamètre du calice, 13 millimètres ; de la columelle, 4 ou 5. Dans une coupe verticale , on voit quelques traverses sinqiles , hori- zontales, écartées entre elles d'environ 5 millimètres. Les laces des cloi- sons sont^iarqnées de petits grains disposés en séries obliciues en haut et en dedans. Fossile de Dax. (Guettard) et de Doué (Michelin). Coll. Michelin. 11. Di;>UltOl>llYLLI.\? COCClMiA. VendroplujlUa coccinea. Dana, Zooph., p. 383 (1846) a U. humilis, subraniosa , coccineo-auranliaca , polypis giandibiis, 18-20 tentaculatis. Corallum striatulum, caliculis cylindricis, iniéquali- bus, aperlura angulosa, fere 1/2 lata. » (Dana, /. rit.) Habite Singapore et les iles Ferjee (Dana). M. Dana lui rapporte Y (kulina coccinea Elireiibcrg, cpii est décrite de la manière suivante : « Sesiiuipollicaris , pumicacea , dendroidcs , ramosa , riidis, raniulis laturalibus , brevibus, ina;(|ualibus , l'ylindricis , confcrlis, siiperlicie 10^ MILNE EDWARDS ET JIJLES HAIME. striata, apertiiraangulosa, 4-5'" lata ; animali coccineo-aurantiaco ele- gantissimo, longe i8-20 teiitaculato; stell» profundiores quam in ra- mea , noiinullfe majores quam in Micrnntha. » (Elirenberg , Cumll. des Roth. meer., p. SO (I83'l . 12. Dendrophvi.lia? diapuana. Dendrophyllia duipliana, Dana, Zooph., p. 389 (1846). « D. humilis, subramosa, fusca, polypis 3-4'" latis. Conillum calicii- lis cylindricis , vix ellipticis , extus teniiissime slrialis et scabi-iiisculis; parietibus teiiuibus et diapbaiiis, niaigine integiis; cella piofiindiore (fere 1/2"); lamellis 6-40majonbuset2-3 intermediis, vaille minoribus.» (Dana, l. cit. ) Habite Singapore. 13. Dkindrophyllia? nigresci;ns. Dendrophyllia nitjresceus, Dana, Zooph., p. 387 (I8i6}. « D. arborescens , 3' alta, ramis eloiigatis, fere in piano digestis, ni- grescens, ore longe exserto, etapice radiale striata, lateqiie virente cum inargine brunneo, tentaculis pallido brunnescentibus. Coralliim super- licie subcellulosum et non striatum, caliculis cylindricis vel subturbina- tis fere 3"' latis et 3-4"' longis, subfragilibus, cellis prol'undis. » (Dana, /. cit.) Habite les îles Feejee. • 14. DeNDROPHYI.MA ? MICRANTHUS. Oculitm micranlhus, Elirenberg, Corail, des Roth. meeres, p. 80 (1834). '< Octo-pollicaris, pumicacea, liabitu rnmeœ stellis crebrioribus et cum ramis aiigustioribus (2 1/2-3"' latis), calycibiis stellai uni proluudinribus, interstitiis porosioribiis. » Berolini in Museo regio specimina exhibentur. » (Elirenberg , /. cit.) 15. Dendrophyllia? scabrosa. Dendrophyllia scabrosa, Dana, Zooph., p. 390 (1846). « Cylindro-turbinéfi, iiaute d'un demi-pouce, et également large, ex- térieur finement strié, et villoso-scabreux ou spinuleux; bord presque entier; cellule prol'unile (presque d'un demi-pouce); lamelles très iné- EtPSAMMlDES. 105 i;ales , envirnn douze plus grandes avec trois plus petites intermédiaires ; ces dernières denticulées. Couleur à l'état frais, presque noire. Les côtés sont beaucoup plus épais que dans la Dendrophyllin diapliana , et cellu - laires. La cellule adulte contient probablement quarante-huit lamelles. — Singapore. >» (Dana, /. cit.) Cette espèce, regardée par M. Dana comme le polypiérite souche d'une Dendrophyllie encore jeune, pourrait tout aussi bien être une Balano- phyllie? Quelques autres espèces ont encore été décrites sous le nom de Den- drophyllies ; nous nous sommes a.ssurés qu'elles appartiennent réelle- ment a d'autres genres et à une autre famille; ce sont la Deiulrop/ii/l/ia rnbcutn de MM. Quoy et Gaimard , et les Dcndro/i/ii/llùt hririrriulis, dichu- liima et ylomerulu de M. Michelin, qui doivent être reportées dans le groupe des Astréides. Genre IX. - LOBOPSAMMIE [LOBOPSAMMIA). Polijjiicr composé. Multiplication par lissiparité successive. Calice à bords irréguliers. Toujours quatre cycles complets et bien développés. Tous les autres caractères des Dendropliyllies. Ce petit genre se distingue du précédent et du suivant qui, comme lui, ont un polypier composé par la manière dont s'accroît ce polypier.Dans les Dendropliyllies et les Cienopsaniniies , c'est toujours par le dévelop- pement de nouveaux bourgeons sur les côtés ou près de la base des an- ciens polypinrites ; ici , au contraire , le polypier composé se constitue unii|uenient au moyen de la division successive des calices en moitiés à peu près égales. Il résulte de ce mode de multiplication une irrégularité dans la forme de ces calices que nous ne retrouverons pas adlcurs dans la famille des Kupsanunides. Les deux seules espèces connues sont fossiles du bassin parisien. I. LoiiOl'.SAMMIV CAHIOSA. Cunithtc strié tongitmtinaU'incnt, Guetlarti, .l/t'j/i., L. II. p. ilG, pi. lviii. (ig. 2, :t, 4, ;;, g et 7 (1770). Litli'nkitdrun airiusujn, Guldrusà, Petn-f. Germ., l. I, p. i.'i, tab. xiii, lig. 7 (IS2G). CnriioplujUia mriosa, Blainvillc, Dict. des Se. iiat., t. LX, p. .) I 2 (1830). UeiutroiilnilH'i t'itridbilis, lllainvillc, Dict. livs iic. iiat , L L.X, p, MO. En double emploi avec la Car. caiwsa. '10(> MILIVE ED«V,tRnM liT JULES HAINE. Carijophijllia cariosa, Milne Edwards. Annot. de Lmnarck l. Il, p, 338 (1836). Micbelotti, Specim. Zooph. dit., p. 82 (1838). Dendrophyllia cariosa, Michelin, Icon. Zooph,. p. 155, pi. 43, fig. 10 (1S44). — Graves, Topoijr. ijéoijn. de l'Oise, p. H>\ (1847). Polypier denilroïde, à tronc extrêmement gros et court, dicliotome, mais peu ramifié, à rameaux un peu dirigés en dehors, ordinairement bien séparés et très courts. Côtes fines, à grains peu distincts, vermicel- lées , un peu irrégulières. Calices à bord irrégulier, en l'orme de 8 ou trigone. Coliimelle spongieuse , médiocrement développée. Quatre ou cinq cycles. Cloisons minces, un peu épaissies à la columelle, serrées, un peu étroites. Ce polypier ne s'élève à guère plus de 3 centimètres ; la grande diago- nale des calices est de 8 mdlimètres. Fossile des environs de Paris (Acy, Auvert, Valmoudois). Coll. Michelin, E. 2. l.oisopsA.M.Miv Paiusiensis. iMbophijIlia Parisiensis , .Michelin , Icon. Zooph., p. 155 , pi, 43, fi^;. I I (1844). Nous ne connaissons (|ne des morceaux do ce polypier faisant partie de la collection de la Faculté des Sciences et de celle de M. Michelin. 11 ne diffère de l'espèce précédente que parce que les calices restent unis en sth'ies. Fossile des environs de Parus. Genre X. — COENOI'SAMMIE (COEiSOPSAMMIA). Tubasirœa, Lesson, loi/, (lu.r Indes orieitt. de Bélanger (1834). Polypier composé. Multiplication par bourgeonnement latéral ou sub- basilaire. Polypiérites cylindriques. Côtes fines, subvermicellées intérieurement, formées de séries de grains toujours simples près du calice. Calice subcircnlaire ou à axes très peu inégaux. Columelle plus ou moins développée. Trois cycles complets seulement. Lescloisonsde cinquième ordre sont toujours rudimcnlaires ou nulles. Cloisons non débordantes et peu serrées. lit l*S\llMlDliS. 107 Ce genre a été créé par M. Lesson sous le nom tic Tubastrœa ; mais ce mot liybi'iiie, (jui, d'ailleurs, pourrail doiiiier une l'iuisse idée îles affl- nilés (lu groupe , a iléja été employé par M. de Blaiiiville pour désigner (le véritables Asli'éides ; nous avons donc du lui en substituer un autre. LfisCd'nopsaramies ne pourraient être confondues (]u'avec les Dendro- pliyllies et les Lobopsaramies, auxi|uelles d'ailleurs elles sont intimement liées ; cependant, l'aspect étoile des calices de celles-ci les différencie suffisamment. Toutes sont vivantes, et liabittMit les mers chaudes de l'ancien conti- nent. Il est assez difficile de distinguer et de caractériser nettement les es- pèces de ce genre; elles sont d'abord presque toutes très peu différentes entre elles, et, de |)Ius, on observe de frécjuenles variations entre les polypiers aii|iarleuant à une mémeespèce, et même dans les polypiérites d'un même polypier. u. Polypier en loufTe ressemblant un peu a celui d'une Astrée. b. Colum<'lle réduite à deux ou trois petits tubercules. c. Tissu de la muraille assez l'irhe ('. coccmeu. ce. Tissu de la muraille dense C. ftexuosu bb. Columelle bien développée. d. Cloisons médiocrement minces. e. La bord des calices assez élevé au-dessus du cœnenchyme ; fossette calicinale profonde. f. Cœnenchyme peu ou puint crépu ... (7. Ehrenbergiana. ff. Cœnenchyme très fortement crépu. . . (■'. Gaimardi. ee. Le bord des calices à peine élevé au-dessus du cœnenchyme ; fossette calicinale peu pro- fonde C. i'rvillii. dil. Cloisons très minces C. teimi-bimeliosa. lia. Polypier dendroide. ie de l'Insliliit (f). Ces observations ne purtenl que sur huit espèces d'oiseaux diurnes, qui iiabitent tous , pendant le printemps et l'été, le jar- din de ma maison , rue de la Rochefoucault. Le calendrier du ré- veil et du chant de mes hôtes a été dressé chaque nuit , à Paris , depuis le 1" juin jusqu'au 6 juillet 1846 , et dans ma terre de Landres, près de iMortagne, département de l'Orne, depuis le 7 jusqu'au 23 juillet de la même année. Ces huit espèces d'oiseaux sont, en les rangeant suivant l'ordre d'antériorité de leur réveil et de leur chant , depuis le 1" mai jusqu'au 6 juillet : 1° l.e l'inson. d'une heure à une heure et demie du malin ; 2° La Fauvette à tête noire , de deux à. trois heures ; 3° La Caille, de deux heures et demie à trois heures (2) ; 4° Le Merle noir, de trois heures cl demie à quatre heures; 5° Le Rossignol de murailles ou Fauvette à ventre rouge, de trois heures à trois heures et demie; 6" Le Pouillot, à quatre heures; 7° Le Moineau fi-anc, de cinq heures à cinq heures et demie ; 8° La Mésange charbonnière ou grosse Mésange, de cinq heures à cinq heures et denn'e. On voit, par ces chiffres, que le Pinsor) est le plus matinal, et le Moineau le plus paresseux des oiseaux que j'ai observés. Bst-ce de celte habitude reconnue qu'est venu le dicton : Gai, éveillé coinine un l'ittsun'/ Uuanl au Moineau , qui vit dans la so- jlj N'uiA. Il II a ulé rrlriiiiclié ni ajoiilé iiiil- seule virgule à ce Mémoire, ter- miné en 18 tu. (i) Juin IStf) a été très chaud ; mon jardin élait arrosé : voilà pourquoi la fiiillc, i|iil aiiiic' un sol frais, est venue lialiiler quinze jours rue de la liocliefoii caiill, et coinmenl j'ai pu l'observera l'étal lilircdaiis les iiiur.s de l'aris 116 DUBEAU DE LA MALLE. — SUli LE ilÉVIilL ciété de l'Homme, et qui pullule dans les villes, aurait-il con- tracté, par cette cohabitation, les habitudes paresseuses des oisifs et des citadins ? Le fait est que je n'ai observé qu'une fois , le 3 juin , un Moineau levé à trois heures et demie ; encore avait-il été éveillé par un Merle privé , habitant de ma maison , qui , depuis une heure, sifflait à plein gosier. Mais, pour qu'on puisse accorder quelque confiance à mes ob- servations , il faut nécessairement que je décrive mes habitudes , et la position de mon observatoire. Depuis trente ans , le printemps et l'élé , je me couche régu- lièrement à sept heures, et je me lève à minuit. Mon cabinet de travail donne sur le jardin , et la chaude température des mois de mai et de juin 18/i() m'obligeait à tenir toujours les fenêtres ouvertes. J'avais disposé un appareil pour garantir les familles des oiseaux , qui venaient me demander l'hospitalité, contre les attaques des Chats , qui, les années précédentes, avaient dévoré leurs petits; ils étaient devenus familiers avec moi, et j'ai pu, en visitant leurs nids, déterminer la cause du réveil plus ou moins hâtif de chaque espèce. Le li juin 18/|6, la Fauvette à tête noire et le Merle ont commencé à chanter à deux heures et demie du matin. Frappé de cette anamolie , je vais inspecter lem-s nids ; je trouve leurs petits éclos. Je pensai d'abord que c'était une ma- nifestation de la joie paternelle et maternelle ; mais je me suis bientôt convaincu de mon erreur. Le besoin de plus d'heures de veille, pour nourrir la famille augmentée , avait avancé d'une heure et demie leur réveil , qui , auparavant , n'avait eu lieu qu'à quatre heures, le 1*"" juin et les jours précédents. 11 faisait alors un beau clair de lune , et j'ai pu voir les pères et les mères de ces deux espèces occupés constamment à chercher sur le gazon et dans les plates-bandes les insectes et les aliments cjui devaient servir à la nourriture de leur famille. Le 2Gjuin, étant à ma campagne, j'ai entendu, à deux heures du matin, les Cailles chanter tout autour de moi. Je n'ai pu vérifier le fait aussi directement que je l'ai fait pour le Merle et la Fau- vette de mon jardin de Paris ; mais l'cclosion des petits , et le besoin d'une nourriture plus abondante, sont, j'ai lieu de le ET I.E C.IHAT DE 01 El.QUES OISliALX ImI[i^ES. 117 croire, la véritable cause de ce réveil anticipé , qui devance de deux heures le lever du soleil. Je terminerai cette courte unie par une observation qui prouve une certaine sagacité et une faculté d'imitation très |)ron)pte chez deux espèces d'oiseaux chanteurs : la Fauvette à tète noire et le Merle. Le 1 1 juin , je m'étais levé à minuit, les fenêtres de ma biblio- thèque ouvertes , et ma lampe Carcel allumée. A minuit et demi, la Fauvette s'éveille, et chante sur l'Acacia placé à quatre mètres de ma fenêtre. Prend-elle pour le jour le Carcel ([ui éclaire ma veille? Une heure et demie se passe, elle ne chante plus. Il est clair qu'elle a reconnu son erieur, et que ce petit globe enflammé n'est pas le soleil. H est certain aussi que ce n'est pas le besoin d'une plus grande quantité de nourriture qui a avancé son réveil ; car j'ai inspecté le nid , et les œufs n'é- taient pas éclos. Mon portier nourrissait en cage un Merle privé, auquel il avait appris à siffler avec beaucoup d'enthousiasme les airs patrioti- ques de la Marseillaise et de la Carmagnole, et qu'il plaçait dans la cour, près des fenêtres de ma bibliothèque. On le renfermait tous les soirs dans une chambre obscure. Le 8 juin , on oublie de le rentrer; dès minuit un quart, trompé par l'éclat de ma lampe, il éveille toute la maison en chantant à gorge déployée les airs qu'on lui avait enseignés. A ces chants patriotiques, les Merles sauvages répondent ; et de minuit un quart à sept heures du matin, le Merle privé et les Merles libres chantent à tue- tète, chacun, les notes qu'ils orjt apprises dans leur enfance. Les Merles sauvages étaient certainement entrahiés i)ar un guide trompeur ; ce n'étail pas le sens de la vue frappé par la lumière qui déter- minait cette explosion musicale, car leur nid était placé à trente mètres de ma bibliothèque; et j'ai observé que, par un temps clair et par la pleine lune, le Merle ne chante qu'une demi-heure avant l'aurore, excepté le cas de la naissance de leurs petits, et le besoin de plus d'aliments et de plus d'heures de travail pour se procurer leur noui'riture. Le 17 juin , le Merle républicain est encore oublié dans ma cour ; il leiiDUvelle la .scène du juin, met en voix tous les Merles 118 ULKKAL' UE l./% MAIXE). -~ Slit l.li IIÉVKIL libres, cl réveille de nouveau tous les habitants de ma maison. Je descends, et, pour le punir, je le mets au cachot dans un en- droit obscur. Au bout d'une heure, le croyant corrigé, je le délivre <;t le remets à sa place accoutumée. Un quart d'heure s'écoule à peine, et l'incorrigible républicain chante de nouveau à tue-tête le Ça ira et la Marseillaise. Je descends plusieurs fois dans la nuit, et tout de suite, en me voyant, il se tait. Reconnaît-il en moi son juge et son geôlier? Les vieux Merles libres ont toujours résisté à chanter les chan- sons républicaines; mais un même couple de Merles avait produit trois générations successives dans mon jardin, dans la même allée, sur le même Tilleul, et dans le même nid, protégé par iiioi contre la griffe des Chats voisins et des miens. Comme l'espace est borné, et qu'il n'ollVait i)as , sans doute, une nourriture suffisante à un peloton de quinze Merles arrivés à l'état adulte, depuis le 10 mars jusqu'au 25 juin, mes jeunes élèves m'avaient abandonné, et j'attendais impatiemment leur retour ; j'étais curieux de savoir si le chant arliliciel du Merle privé , qui avait frappé leurs oreilles pendant leur enfance et leur adolescence, l'emporterait sur la langue maternelle qu'ils avaient apprise de leurs parents. Enfin, le 18 et le 20 juin , à quatre heures du malin , le Merle privé étant renfermé et couvert, j'entends dans mon jardin retentir les deux phrases des chants populaires Ça ira, et Aux armes, ci- toi/eiis , que leur avait siffles tant de fois mon Merle républicain. Ce petit fait m'a semblé assez curieux , quoique tout le monde ait pu observer que certains oiseaux chanteurs élevés en captivité, et siffles dans leur enfance , ont oublié leur langue maternelle pour la langue artificielle c[u'on leur a apprise. Le 14 juin , j'entends chanter la l'auvelte à une heure trois quarts; le ciel était légèrement floconneux , la lune en décours. J'inspecte le nid ; les petits étaient éclos. On sait qu'en général les Oiseaux chanteurs, le Merle, la Grivc-Mauvis, le Rossignol, chantent plus tôt et plus longtemps, surtout le mâle, quand ils ont des petits. J'ai vérifié ce fait pendant plusieurs années sur un grand nombre d'espèces d'oiseaux chanteurs. Je consignerai ici deux observations, dont l'une a rapporta l'histoire et au chant du Merle, noir, et l'autre aux circonstances i;i ne CHANT dk ni kiqlf.s <)1.si;al\ diuiim:s. 11'.) locales el encore inconnues qui peuvent influer sur l'organe vocal. Cliaiit (lu Merle noir cl'IUiiie. Eu mai et juin 1830, j'ai traversé à pied les Apennins, de Novi à Gènes el de Gênes à Carrare. J'ai été fort surpris d'entendre le Merle noir sauvage moduler un chant très mélodieux tout dif- férent de celui de cet oiseau dans nos contrées. Je me suis glissé sans bruit, je me suis caché ; alors j'ai vu et ouï chanter l'oiseau à sept mètres de moi. Le mâle surtout , au bec jaune , aux pieds noirs , au plumage noir sans tache , ne m'a laissé nui doute sur l'identité de l'espèce. I-e climat , les eaux, l'air, les montagnes , le plus ou moins de tension électricjue , ont-ils une influence sur la voix? Bref, l'oiseau est le même , son chant est tout différent de celui de notre Merle. Les réfugiés italiens, chasseurs et musi- ciens, ont éprouvé la même surprise que moi pour le Merle italien, en entendant chanter notre Merle parisien par une belle soirée, dans nos jardins de la rue de la Rochefoucault. M. A. de Humboldt m'a assuré que la même variation existait dans les Canaries pour le chant des Serins. En 1811 , j'avais visité Bergame. J'y remarquai à la fois beau- coup de goitres et des voix en grand nombre très fortes et très mélodieuses. Celte position, les circonstances inconnues que j'ai indiquées plus haut ou d'autres encore, influent-elles en bien ou en mal sur l'organe vocal? Je consignai le fait. Scarpa el Mas- cagni . avec qui j'en causai , me dirent que le fait reconnu par eux était le nombre de goitreux et de belles voix plus considéra- ble à Bergame que dans aucune ville d'Italie , et hors de propor- tion avec les populations respectives. Le professeur Orioli a aussi observé le même fait, et m'a trans- mis son témoignage. Le même phénomène avait été déjà observé à Zama par Vitruve et Pline, témoins oculaires (1). J'ai joint à ce petit Mémoire un tableau contenant les heures du chant de huit espèces d'Oiseaux , avec les maxima et minima de température. (I) Voyez mes llirhrrrhiit sur lu iji'urjrnphic ri l'hiMnirc (h l' Afrù/ue scptentrni- nalv , article ZmA. 120 DURE,ir im i.* mai.i.i;. — siiii i.ii isÉviiii. di:s oisiiAux. Tableau des heures du réveil de quelques espèces d'Oiseaux. ESPÈCES. Coucon [Cumins Cuno- rus, L. C.) d'Europe Coucou ADULTE. Caille (Tetrao cotuniix, Cuvier). Engoulevent. Maovis [Turdus iliacus Cuvier). Canakds domestiques. Hirondelle DE CHEMINÉE — d'entarlement Fauvette a tète noire (MotacillaatricapiUa, Cuvier). Loriot (Oriolus qalbula, Lin.). CiiAT-HuANT,(S(rtx s(n' Mauvis. ) dula , C.) EPOQUES ET DATES (les pliêiiunièiies iJe la vie .■iiiinr;ile, déduites des observiiliiins modernes. 18«6. I 2 juillet. Clianle dès le 5 mars. S'est lu le 20 juin. Pris le 1 4 juillet. Chante du 1" mai an 8 et au 1 4 juil- let même. 13 juillet. — Sort du nid adulte. Nourri en cage de pain, lait, œufs. 1 j uillet. —Chante encore le 26, pond , chante jusqu'au 1" septembre. I 4 juillet. — Levés à 0,2. — Orage éclairs cunlinus. 14 juillet. — Chante à 0,2. Id. Id. 14 juillet. — Chante a 0,3. 21 juillet. — Chante 2 h.ap. midi. (A Pigeon-S.-Hilaire,près Mortagne.) 23 juillet, 3 h., crépuscule naissant. L'oiseau diurneet l'oiseau nocturne chantent simultanément. TEMPERATURES des f'piMiiies de la cnldiine préi-édenle. Mniima. Tlit!in..C. +-27 +29 +23 +28 +22 + 26 Merle (Tiirriits mcrula , Cuvier). Rouge-Gorge [Motacillii rubecula, Cuv.). 1847 29 mars, S li. Id. +26 Id. +26 -23 27 1/2 Thcini.C + 8,5 + 12 + 13 + 10 + 9,5 + 9,5 + 9,5 Id +9,0 + 8 12 1-21 BBSUMÉ DES OBSERVATIONS FAITES F.S t84i SUR LES GASTÉROPODES PH LÉBF.NTÉR ES : Par M. A. DE QUATBXFACES. J'aurais bien vivement désiré ne pas revenir sur la question si controversée des Gastéropodes Phlébentérés, avant d'avoir repris, par l'expérience et l'observation , chacun des points de fait ou de doctrine, qui ont été pour mes confrères l'objet de doutes plus ou moins fondés. Mais , à mon grand regret , les publications qui ont paru en Angleterre (1), et plus récemment en France (2), me font une nécessité d'agir autrement. Persévérer dans un silence absolu serait m'exposera voir s'amoindrir chaque jour entre mes mains un travail considérable , et paraître rester tout à fait en arrière dans une question que j'ai soulevée. Toutefois, l'abon- dance même des matériaux que j'ai recueillis est pour moi un obstacle insurmontable à leur publication complète (3). Je me bornerai donc à prendre date par un simple exposé de résultats , exposé qui , à quelques développements près , ne sera autre chose que le résumé , mis le 14 février 1845 avec tous mes des- sins, des préparations et des animaux vivants , sous les yeux do la commission nommée par l'Académie des Sciences. Je n'entre- rai d'ailleurs dans aucune discussion soit de fait , soit de théorie . (I) ,-) monoqraph tif the hritixk Xiidibninrhiatc Mnlhtsni with figures of ull the spedes, by Jostiu.n Aider and Aibany Ancocli. Londoii, I81S and 1816. [i^j Sur rorfjauiaatifm (Us MoUusquenGastéropudes de t'nnlre des Opisthobran- chen. par M. Biancliard {Ann. deiSc nal., t. I\ | l8iS]). (3) En 1844 , j ai observé, soil en Sicile , suil sur les cotes de la Manche , vingt quatre espèces bien distinctes appartenant à ilivers types de Mollusques Plilél)entcrés. Les dessins reproduisant l'ensemble nu les détails de leur orirani- sation sont au nombre de pré» de deux cents. Ils ont été mis en tout ou en partie sous les yeux de diverses personnes, parmi lesquelles je citerai MM. DuménI, Edwards, Fluurcns, Isidore OeofTroy, Valencicnues, Ulancliard. Kœllilter, Robin, Vogt. etc. 3' série. Zuni,. T X. (Septembre 1818.) , 8* ]'-2'2 vovAci; i:.\ mc.ii.i;. soit (Je pi'iorilé , inr Ixiniaiit , sur ce. dernier point, à rapi)pier que M. Blanchard était avec inoi en Sicile , et que je lui ai mon- tré , dès celle é[)0(|ue , loul ce que je voyais moi-même. En résumant mes dernières recherches, j'aurai à signaler dans mes premiers travaux plusieurs omissions et plusieurs erreurs. Un certain nombre ont été relevées par quel(|ues confrères avec plus ou moins de vivacité ; d'autres leur ont échappé. Je ne les ai pas pour cela dissimulées. Incertain sur l'époque à laquelle il me sera permis de reprendre ces études, j'ai voulu mettre les naturalistes à même do juger du point où je les avais conduites , et , pour cela, j'ai cru devoir dire de mes premiers travaux tout ce que j'en pense. § I. — Cliisaifwdtiov. .l'ai déjà, dit ailleurs (1) que je ne considérais plus les Mol- lusques l'hli'bonti'iv's comme formant un ordre spécial, mais seu- lement une famille, .l'ai motivé ce changement, dans ma manière d'envisager les rapports de ce groupe avec les autres Nudi- branches, sur les recherches de MM. Edwards et Valenciennes. En elTet , Vétat incomplet de l'appareil circulatoire, que j'avais regardé comme un signe de dégradation organirjue propre aux l'hlébentérés, se retrouvant ùhn& V embranchement entier des Mol- lusques, l'importance relative que j'avais attribuée à ce fait d'or- ganisation disparaissait. D'ailleurs , j'avais prévu , dès mes pre- miers travaux sur ce sujet , que , sous le rapport des organes respiratoires . l'on découvrirait des intermédiaires entre les l'hlébentérés et les Nudibranches ordinaires (2). Les caractères empruntés à cet ordre de considérations ne suivraient donc pas pour motiver l'établissement d'un ordre. J'étais par conséquent amené à ne faire qu'ime simple famille des Eolides et autres genres voisins. (1) Sute sur le riilèbrnirnsmr [Ann. rf«s Sr. mil.. 1845). (2) Wiimoi/T.siir /■•« Mollusques Phléhenicrès [Ann. des Se nat.. p. 171 [18441). .liniliquais entre autres, i-nmme inlermédiaires prntiablps , les Scyllées et les Tl'.élys. Les recherches île M Blanchard onl (■(inhriné ces prévisions DE Ql»TRKF.*«KS. — CASTIÎHOl'ODIiS l'HLlilîEMÉKÉS. 123 Mais cette famille elle-niC-me se divise en un certain nombre de tribus, pour lesquelles je conserverai les noms déjà proposés. Jusqu'à nouvel ordre (1), du moins, les Âctéons (2) et genres voisins doivent, ce me semble, former, parmi les Phlébentérés, un grou|)e subordonné [Enlérobranches Réinibranches). 11 en est de même i)our les Pavois , les Clialides et les Lissosomes ( Lis- sosoma K.œlliker et Quatrefages), qui forment la tribu des Der- nwbranrlies. La tribu des Entérobranches propreme'U dits {Bolides, Cavu- liiies . Tergipes... est, jusqu'à présent, la plus nombreuse soit en genres, soit en espèces ; plusieurs de ses genres même devront peut-êlre plus tard être divisés en sous-genres. Les Tergipes , par exemple, renferment un grand nombre d'espèces apparte- nant évidemment au même type, mais dilïérant les unes des autres par des caractères jusc|u'à ce jour regardés comme ayant une valeur générique. Telle est , par exemple , la forme des ten- tacules qui peuvent être simples et lisses, ou simples et comme annelés , ou compliqués d'appendices accessoires plus ou moins nombreux; telle est encore la disposition des cirrhes branchiaux qui sont tantôt simples , tantôt ramifiés..., etc. (1) Je à\s jusqu'à nouvel ordre, car il me semble très possible que Ih famille des Phk'benlérés, telle que je crois pouvoir la conserver encore aujourdliui, soit un jour démembrée. Les Dermobranclies. par exemple , pourraient fort bien se rattacher lot ou lard aux Doris, car MM. Aider et Ancok ont décrit des Mollus- ques très voisins dos Pavois, et qui porlcraienl une fort petite brancliie tout à fait en arriéri', mire le pied et le manleau. .l'ai moi-même observé quelque chose d'assez semblable dans un Mollusque très voisin des Lissosomes , genre nouveau que nous avons étudié à peu prés à la même époque , quoique séparément , M Kœlliker et moi , sur les côles de l'Ilalie méridionale et de la Sicile Quant aux Actéons. il esl bien diflicile de prévoir à quel frroupe déjà établi ils [idurraient être rapportés, car peu de personnes, je pense, scrnni lenlées de les plai'crdans le voisinage des Aplysies. Quoi qu'il en soit, si le démembrement dont je parle ici devient plus lard nécessaire, on trouvera dans ce fait un exemple do plus de ces modifications semblables , portant sur des lypes différents , d'où résultent les ternir» rorrr^imiuttntls des divers groupes /oologiipies. (îj Je dis les Acti'ims au pluriel, parce qu il n'cvisie pas seulement nui' espèce de le senre , mais bien pliixieiirn espères très dilTérenles par des caractères tant intérieurs qu'cxléneiirs 12/i VOVAC.i; K.\ SICIt.E. § II. — Caroclôres exlén'fni-s. Les caractères différentiels extérieurs des trois tribus dont se compose la famille des Phlébentérés sont bien tranchés ; mais dans chacune d'elles , ces caractères subissent des variations assez considérables. 1° Dorsibranches proprement dites. — Le nombre et la position des appendices dorsobranciiiaux varient extrêmement. Ils sont extrêmement nombreux, longs, et dirigés presque en tous sens chez cei'taines espèces voisines des Vénilies oudesZéphyrines(l). Souvent ils sont couchés en arrière d'une façon assez régulière , et, quoique très serrés, ils laissent reconnaître leur disposition par séries transversales, comme chez la plupart des Éolides. Chez les Tergipes et les déiivés de ce type , ils sont peu nom- breux, beaucoup plus gros proportionnellement aux dimensions du corps, et leur forme est tantôt allongée, fusiforme, plus ou moins lisse, tantôt raccourcie, ovoïde..., etc. Chez quelques uns, comme nous l'avons dit plus haut, ces appendices sont branchus. {.es tentacules sont tantôt semblables, tantôt dissemblables. Dans ce dernier cas, j'ai toujours vu les modilications porter seu- lement sur les tentacules postérieurs. Parmi les caractères extérieurs les plus importants , il faut compter la position de l'anus. Dans tous les Tergipédicns que j'ai examinés, cette ouverture est placée sur le dos, le plus souvent un peu à droite de la ligne médiane. Chez une grande Zéphyrine de Sicile , je l'ai trouvée à peu près exactement sur la ligne mé- diane (2). L'anus est, au contraire, latéral chez les Éolides. Sur (1) Je crois que ces genres doivcnl être conservés lous les deux , les Zépliy- rines se dislinguanl des Vénilies par l'exislence de deux mâclioires latérales, cor- nées, et très fortes qui existent en même temps que la langue. Ce dernier organe m'avait échappé dans l'étude de la Zéphirine velue que j'ai décrite [Mémoire sur les Gastéropodes Phlébentérés'). (•2) Un individu de celte espèce a été présenté à la commission nommée par l'Académie, et disséqué sous ses yeux DE arcit (lir/esli/. 1° Enlérobraiiches proprement (I ils. — Tous ces Mollus(|ues ont une bouche inerine , au-delà de laquelle on rencontre une masse buccale. Chez les Éolides, on ne trouve ici que la langue (qui m'avait échappé dans mes premières recherches sur l'Éoiidine) ; mais chez les Zéphyrines et les Tcrgipédiens, on rencontre, en outre, des mâchoires latérales plus ou moins simples, mais fortes, cornées , et colorées en brun chez les premières ; très délicates, diaphanes et dentelées en scie , chez les derniers , dont pourtant une seule espèce m'a montré des mâchoires de Zéphyrine. La langue est toujours composée de pièces articulées , et qui pré- sentent d'une espèce à l'autre des dilTéreiices peu tranchées, mais caractéristiques. Chez tous les Entérobranches proprement dits, j'ai trouvé des glandes salivaires. Peu considérableschez lesÉolides, ce? glandes, chez les Vénilies , s'étendent bien au-delà de la masse buccale , et, chez quelques Tergipédiens, elles remplissent une partie de la cavité abdominale. Dans ce cas, les conduits excréteurs, qui DK <;L tTRI':l'',t«K!<>. (iASTlililJl'ODES l•III.ÉnE^TKIll•.S. 1"27 viennent s'ouvrir à la base de la masse buccale, sont très larges, et pourvus Je cils vibratiles. Ce sont eux ([uej'ai représentés dans le Mémoire sur les Phlébenlérés (\); je les regardais alors comme représentant l'œsophage , lequel m'avait échappé. Cet œsophage, en elTet , s'ouvre tantôt à h partie postérieure de la masse buccale, comme chez les Éolidcs, tantôt à la face suiiérieiirc et antérieure de cette même masse, comme chez les Tergipédiens. (^hez ces derniers , les mâchoires , dont nous avons parlé, garnissent et semblent protéger cet orifice (2). En arrière de l'œsophage vient l'estomac , généralement as.sex petit, chez les Éolides par exemple, plus développé chez les Ter- gipédiens. Chez un de ces derniers, j'ai tiouvé l'estomac armé de pointes dures, assez semblables par leur forme à des épines de rosier , et disposées sur une seule ligne décroissante à ses deux extrémités. L'intestin qui fait suite à l'estomac est tantôt plus ou moins contourné [Eo/»/»je (3';], tantôt simplement ondiileux [Zéphyrine de Sicile, Ter(jij)édiens). "2° Enlérobranches liémibranches. — Chez les Actéons, nous retrouvons les parties dont je viens de parler ; elles sont dispo- sées comme dans les Tergipédiens, c'est à-dire que l'œsophage prend naissance en avant , et en haut de la masse buccale. On y trouve aussi une langue , dont la forme varie d'une espèce à l'autre (4), et des mâchoires, très fines, dentelées et latérales. Dans les espèces que j'ai étudiées en Sicile, l'estomac est petit, (1) toc. cil., pi. 3. fig. 5. (2) Celle disposilion rappelle tout à failce qu'on observe chez certaines Anné- lides erranles, chez les Eunices en particulier. (3J Celinleslin m'avait échappé lors de mes premières recherclies. Je 1 ai in- diqué dans le cro(piis dont j'ai parle plus haut , et c|ui doit se trouver entre les mains de M. Isidore Geoffroy. (t) Pendant son séjour a Saint-Malo . M. Vogl , dont les lecteurs des Annales connaissent l^tus le beau Iravail cmbryogénique , a pu constater que le dessin donné par moi de la langue de l' Acléon vert était exact. D'autre part, les espèces sicilii'nnes qui! j'ai é(udiéi!S ont une langue très semtjlable à celle de la plupart des 'rergi(«'diens , i- csl-a-dire différant a la lois de reilct de 1 Élisie et de celle de I Altéon verl 1"2(iDi;s l'Iil.liliENTIÎRÉS. 131 dernièreâ ramifications se continuent avec les premiers ramus- cuies d'un autre système de vaisseaux , cliargés de transporter au cœur le sang revivifié (1). Cliez tous, la peau joue un rôle très imporlant dans l'acte de la respiration. Chez les Dermobranches, elle est seule cliargée de cette fonction , et , jusque chez les Eii- lérobranches proprement dits, ce qu'on a appelé jusqu'à ce jour les branchies ne joue très probablement qu'un rôle accessoire et tout spécial dans l'accomplissement de cet acte physiologique. 1° Entérobranches proprement dits. — Les organes auxquels on a donné le nom de branchies chez les Éolides , les Vénilies , les Tergipe? etc., consistent en deux poches concentriques, for- mées, l'une, par un prolongement des couches tégumentaires ; l'autre , par un prolongement de l'appareil gastro-vasculaire. Entre ces deux poches se trouve lui lacis formé de brides entre- croisées, de manièie à constituer une sorte d'épongé plus ou moins serrée. Chez les Tergipédiens , ce tissu est très lâche , et m'a paru d'une structure égale partout ; chez les Éolides et les Zéphyrines, ce même tissu spongieux présente des canaux plus larges que les lacunes environnantes. Ce sont ces canaux qui ont été pris pour des artères et des veines. En effet , quand on pousse une injection avec précaution, les grands canaux se remplissent les premiers, etie liquide co- loré . s'infiltrant irrégulièrement dans les canaux secondaires , donnent à la pièce préparée l'aspect d'un organe vasculaire ; mais si l'on continue à pousser, le tout se colore d'une manière uniforme. Une injection grossière poussée dans les oscules d'une éponge donnerait exactement les mêmes résultats. Les Entérohranches paraissent pouvoir se passer facilement de leurs branchies. J'en ai complètement dépouillé une Zéphyrine (I) La rtéfinilion que je donne des brancliies esl ronforme, je crois , aux idées généralement re(,uc8 . mais je dois faire ici quelques réserves. Je ne crois pas que chez la plupart des Invertébrés les capillaires branchiaux soient de rérilnhlm vaittennx a pnniin propres Je crois que ce sont |ilutot de simples canaux On trouverait des faits de même genre jusque chez les Vertébrés Chez les larves rie Triions, par exemple, les capillaires branchiaux soni évidemment creusés direc- tement dans le parenchyme branchial. 132 VOVArîF. EN SICILE. et une Éolidine ; toutes deux ont parfaitement résiste à l'opéra- tion , et la dernière , conservée vivante à Paris , pendant plu- sieurs mois , a reproduit ses appendices. 2" Entérobrunches Remibranches. — Chez les Actéons , les ex- pansions foliaci'PS latérales doivent , ce me semble, être consi- dérées comme les analogues des cirrhes dorsaux des Éolides , Tergipes..., etc. Les téguments, au lieu de former de simples appendices en doigt de gant , ont donné naissance à une poche large et plate entourant une grande partie du corps, dans la- quelle pénètrent les ramifications de l'arbre gastro-vascuhaire et, comme nous le verrons plus lard , une portion des organes géni- taux. 3" Dermobranchen. — Chez les IJssosomes , il n'y a plus au- cun appendice que l'on puisse appeler branchial , et la fonction est entièrement remplie par la peau. § VU. — A/ijinr/fit circulatoire. Aucun des Mollusques l'hk'bentérés que j'ai étudiés jusqu'ici ne possède de veines projjrement diles , c'est-à-dire des vaisseaux à parois propres, ramenant soit vers l'organe respiratoire, soit vers le centre circulatoire , le sang qui a servi à la nutrition des organes (IX L'appareil artériel lui-même subit des réductions progressives. 1° Entérobranches proprement dits. — Chez certains Éolidiens, j'ai depuis longtemps décrit et figuré (2) un coeur pourvu d'une double oreillette , et d'où part une aorte, que j'ai suivie assez loin dans son trajet et ses divisions. Je ne doute pas que, dans cer- taines espèces , cette portion de l'appareil vasculaire ne soit plus complète encore que je ne l'ai vu. Chez la Zéphyrine de Sicile et (I ) On se r;i|)pi!lle peut-être avec quelle vivacilé fut combattue cette proposi- tion. Aujourdliui les exemples de celle «tsciicc totale de veiiiea se mulliplieront sans doiilo. Déjà M Edwards a retrouvé >in fait semblable chez plusieurs Acé- phales ordinaires, cl j'ai consulté (|u'il se reproduisait également chez les Tarels. (2) ,l/(TOoîn' xiir lÉoliJinc {.\im des Se mit.. ISH) DE QlATnEFAGES. — fiVSTÉROPODIiS IMlLIÎnEMÉRÉ'. Iâ3 chez cerlains Tergipédiens , j'ai constaté des faits semblables (1) ; seulement ici , l'oreillette est simple. Chez d'autres Tergipédiens, j'ai vu le cœur être surmonté d'une courte aorte qui atteignait à [)eine le cou. Chez d'autres, j'ai vu les parois propres de ce canal aortique , à peine sorti du cœur, se résoudre en quelque sorte en filaments , qui se confon- daient bientôt avec les brides qui maintiennent en place tous les viscères intérieurs (2i. Enfin, chez un certain nombre de Tergipédiens, qui étaient d'ailleurs tout aussi transparents que les autres, je n'ai pas vu de cœur du tout. ■■ . Au sortir desai'tères . le sang s'épanche dans le tissu lacuneux extrêmement lâche , qui sépare et unit entre elles les divers or- ganes renfermés dans la cavité générale du corps (3). Le sang, après avoir servi à la nutrition des organes, se dirige en partie vers les appendices dorsaux. La plus grande portion revient probablement au cœur par le système lacunaire général. Ce qui prouve que, chez ces Mollusques, ce n'est pas seulement l'appareil circulatoire qui est incomplet , mais que la circula- tion (II) elle-même participe de cet état d'imperfection , c'est l'expérience dont j'ai déjà parlé plus haut. H est clair que le cœur n'aurait pu s'emplir et se vider comme à l'ordinaire , chez une Éolidine ou une Zéphyrine privées de tous leurs appendices dor- saux , si tout le sang qui se rend à ce cœur devait passer par ces appendices. Pour que le cœur puisse continuer à remplir ses fonctions , il faut nécessairement qu'une partie du sang lui arrive ((] Lors de la pulilication du Mémoire sur les Gnsléropodes Phlébentn-iis ,je ne connaissais pas le cœur des Zépliv rincs ; mais dès après mon retour j'ai montré et mes dessins el mes préparations, qui prouvent que j'avais comblé celte lacune. (2) Quant il ce dernier fait , je rappellerai que M. Edwards a trouvé . depuis , quelque chose de très semblable chez les Patelles et les Haliotides. (•'tj Ce fait, que j'ai annoncé dès 1843 {i)fémoire sur l' Éolidine), el qui a élé nié d'une manière si absolue, se retrouve, on le sait, chez Ions les Mollusques. (i) Je donne ici au mot circiilulion son acception la plus commune , savoir : iiiuuvenierildu sang dans un ensemble de vaisMMux ou au moins de canaux ré;ju tiers epécialcmcnl consacrés ii cet usage. ISi voYAoïî i.y siciin. par un autre chemin, et ce chcniiii n'est aulre chose que l'eii- semble des lacunes. On reconnaît, au reste, très bien que les oreillettes ne sont pas formées par une membrane continue clans toute leur étendue. A une distance du cœur , variable selon les espèces , les parois de cette oreillette se confondent avec les mailles du tissu lacunaire ; c'est une sorte d'entonnoir ouvert en arrière dans le tissu spon- gieux du corps (1). Cette oreillette reçoit, sur les côtés, des canaux venant des ap- pendices branchiaux , et qui y rappoitent le saiif^ qui a respiré dans ces organes. Ces canaux , dont j'avais méconnu l'existence lors de mes premières recherches, sont-ils revêtus d'une mem- brane propre, et méritent-ils par conséquent le nom de vaisseaux'/ C'est ce que je ne puis encore décider. Ouelques injections faites chez l'Éolide de Cuvier m'avaient fait penser que ce n'était que de simples canaux sans parois propres ; mais en présence des assertions contraires très positives , je crois devoir suspendre mon Jugement. '2° Entérobranches Remibranches et Dermobranchcs. — Je n'ai vu chez ces Mollusques ni cœur, ni artères. 11 parait , du reste, que je me suis trompé sur ce point en ce c|ui louche aux Actéoiis, Quant aux Lissosomes,,le dernier travail de M. Kœlliker sur le Rhodope Veranii vient ajouter un témoignage de plus en faveur de ma manière de voir {'ï . (I) X'ai déj^ décril celle slruclure [Mémoire sur l'Éolidnte). J'ai d ailleurs moB.lié ces faits a la commission de l'Académie , sur un individu de Zépliyrine rapporté de Sicile. Des, injections faites chez des Éolides de Ciivier m'ont laissé la même convicUon. Cependant je dois dire que c'est la un iK'S [Kiints qui me pa- raissent demander de nouvelles recherches pour être i omplélement éclaircis. (•2) Rhodope yeninii uiuwo génère di Gasleropodi descrillo da Alberto Kœlliker Hieinoriit Iradvltn dal numuscrillo ledesco e presenUiUi iil l'I. fl. InstiliUo dat signer dollorc Filippo i)ort, il est un aide physiologique de l'appareil circulatoire. 4° C'est principaleuient dans les appendices dorsaux des vrais Entérobranches, dans les expansions foliacées des Rémibranches, dans le voisinage de la peau {organe respiratoire) des Dernio- branches, que ces produits de la digestion passent des expansions gastro-vasculaires dans la masse du sang. Ils sont donc immé- diatement soumis à l'action de l'eau aérée. Sous ce rapjiort, l'ap- pareil gaslro-vasculaire se rattache aux organes et aux fonctions de respiration. 5° C'est donc dans ces expansions des Entérobranches et des Rémibranches que le chyle (si je puis m'expriuier ainsi) reçoit cetle action de l'air , qui paraît être nécessaire à sa tiansforma- tion en liquide vraiment nourricier (f) ; c'est au même point qu'une portion du sang, et probablement la plus petite, vient éprouver la même action; le reste de la masse sanguine respire par la peau. Je ne crois pas que ce fait soit parliculier aux Phlé- bentérés parmi les dastéropodes; je pense qu'on reconnaîtra qu'il en est à peu près de même pour les Uoris , les Tritonies , et bien d'autres encore. Chez nos Phlébentérés au moins, il se passe quelque chose d'analogue à ce que M. Edwards a décou- vert chez les Acéphales ordinaires, et que j'ai retrouvé chez les Tarets ; savoir , qu'une grande partie du sang respire dans le manteau , et revient au cœur sans passer par les branchies , qui perdent ainsi beaucoup de leur importance physiologique. 6° Si le l'hlébentérismc , tel que je le comprends pour les Castcropodes, était un fait isolé, je me rendrais mieux compte de quelques unes des objections qu'on m'adresse ; mais on le re- trouve dans un grand nombre de groupes d'Invertébrés , et là , il n'est , que je sache , nié par personne. Nous le trouvons à des degrés divers chez les Zoophytes , chez les Acalèphes. Dans les Écliinodermes, nous avons les Étoiles de mer (Astéries phlében- térées) à côté des Opliyures (Astéries 7ion phlébentérées) ; chez les (t)J'ai insisté ailleurs sur ces considéralinns {Xole sur le phlébeulérisme , Ann. dea Se. nut., 1845). É. Bi.wdi.tRii. — suii i.K (;i;m;k euriiimjs. 1/i3 Vers, les Planaires et les Trématodes ; clicz les Arachnides, les Acariens; cln'z les Crustacés, les Pycnognnidrs ; clicz les Anné- iides, les Aphrodiliens i;ous pi'csentent des faits semblables. On voit que , dans ces diveis groupes , la nature , fidèle à une de ses tendances les plus générales, ne fait qu'établir des ^c?-»iei cor- respondanls. Tous ces types ont leurs dérivés phlébentérés. Je crois donc plus conforme à la logique d'appliquer à tous la même manière de raisonner. En parlant ainsi , je suis bien loin de nier les intermédiaires. J'ai le premier annoncé qu'on en découvri rait, et, dès aujourd'hui, j'en tiens grand compte. Mais est-ce qu'on ne trouve pas d'intermédiaires entre VÀcarien le plus complélemeiil phléientéré et les Arachnides ordinaires ? NOTE SUR I.ES ClIl.EolTKRKS DU liENRR lîi'RHIXUS . DE LA FAMILLE DES CURCtîL IONIENS; Par M iMII.E BI.ANCHAR]>. I.e genre Httrliinvs , établi par M. Kirby , en 1817 [Traiis. of (lie Linn. boc, vol. XII , p. 4'27), ne comprend encore qu'un fort petit nombre d'espèces. 1-e célèbre entomologiste en fit con- naître trois, dont les élytres présentent seulement des granulations I les 7i. scabrior, Uevior cl inuricalus). Depuis, trois autres espè- ces, remarquables par les grandes pointes dont sont pourvues les élytres, ont été décrites : une. par M. Boisduval [E. acanthople- rus) {Foya(jc de l'Astrolabe. Ins., p. 308, pi. 7, fig. 7); deux, par M. Sclid-Miliei' (Vi. (juadriluberculalxis ut /e/raca»//(MS Schœnh. Gen. et sp. Cure. t. V, p. aOl et ;^63). Outre ces dernières , la collection du Muséum d'histoire naturelle en renferme deux en- core inédiles, également originaire de l'Australie. l/une, /;. fulvofasciatiis , voisine de l'/i. amnlhopterus , mais aussi grande que l'A", lelrucmilhus , longue de 18 millimètres, enliéremenl d'un brun rougeàtre, avec la tèlc conique, plus il\!i É. BI..IKMI.\RW. - sur, Lie (MiMlK KUllIIIMJS. élargie postérieurement que ciiez \'E. acanthoplerus , le corselet également strié transversalement , mais plus convexe que dans ce dernier , et sans trace de sillon à la partie postérieure. Les élytres, remarquables par la profondeur de leurs sillons, ont aussi des crénelures et des granulations plus fortes que chez les espèces précédemment citées. Les pointes qui les garnissent sont disposées comme dans YE. acanthoplerus; mais elles sont plus longues et plus aiguës. En outre , les élytres ont une ligne longi- tudinale basilaire formée de duvet d'un jaune fauve, et en arrière des grandes pointes, jusqu'à l'extrémité , quatre lignes formées de duvet de la même couleur, mais interrompues par des tuber- cules lisses et brillants. Cette espèce a été recueillie sur la côte est de la Nouvelle-Hollande par M. Jules Verreau,\. L'autre, E. splemUdus , long de 17 millimètres, est d'un noir brillant , avec le rostre sillonné et ponctué à la base ; le dernier article des antennes beaucoup plus long que les deux précédents réunis. Le corselet lisse avec un très léger sillon médian. Les élytres , d'un bleu foncé , avec des lignes ponctuées assez faibles, ayant chacune une éminence basilaire près de la suture, et, au- delà du milieu , une seule pointe extrêmement longue ; elles sont ornées, en outre , de quatre taches formées d'un duvet serré par- faitement blanc ; la première de ces taches est située à la base ; la seconde, un peu avant le milieu ; la troisième, beaucoup plus grande que les autres, en arrière de la pointe ; et la quatrième, à l'extrémité. Les pattes de celte espèce sont d'un roux vif, avec tous les tarses et les jambes de la première paire de couleur noire. Les cuisses sont fortement renflées. Cette espèce, rappor- tée au Muséum par M. Louis Rousseau , provient de l'une des îles de l'océan Pacifique. 1Û5 NOTE SUR LE NON-VOMISSEMENT DU CHEVAL FAR n. FI.OUBXI0S. Le Cheval ne vomit point, : c'est là ce que chacun sait. Mais pourquoi ne vomit-il point? c'est là ce que personne encore n'a expli(|ué , du moins d'une manière sufTisamment précise. Plusieurs hommes habiles ont pourtant traité la question : La- morier, chirurgien de Montpellier, Berlin, membre de notre Académie des Sciences, Bourgelat, le célèbre et à jamais respec- table fondateur des Écoles vétérinaires en France, et d'autres. Lamorier attribue le 7ion-vomissemenl du Cheval à la position reculée de l'estomac, et à une prétendue valvule qui se trouve- rait placée à l'orifice supérieur de cet organe (1 j. Or, en premier lieu , la position de l'estomac ne fait rien au phénomène : le phénomène lient à la structure seule de l'esto- iTiac ; en second lieu , la valvule supposée par Lamorier n'existe pas. Le premier soin de Bertin , écrivant après Lamorier , a été de réfuter l'an'eiu' de celui-ci , et de démontrer la non existence de sa prétendue valvule. Bertin donne ensuite deux raisons, et toutes deux excellentes, dii nonvomissement du Cheval, savoir : une espèce lie sphincter (\ai\ a découvert à l'orifice supérieur de l'esto- mac, et l'insertion très oblique de l'œsophage dans ce viscère (2). Ces deux raisons sont les vraies. Cependant Bourgelat n'en a point été satisfait. Il en cherche d'autres, et croit les trouver, d'une part , dans le paquet de fibres en cravate ([ui ceint l'orifice supérieur, et, de l'autre, dans les plis entassés de la membrane muqueuse, qui semblent obstruer cet orifice (3). (i) Mémoirr tiii l'on donne les raisons pourquoi les Chevaux ne vomissent point {Mém. de l'Acad. de» Se, ann. 1733, p. 5H). (î) Mémoire tur lu tlrueture de l estomac et sur les causes qui empêchent cet animal de vomir (Mém. de l'Acad. des Se., ann. 1746, p. 23). (3) llerherclies sur les causes de t'tmpussibilitc dans laquelle les Chevaux siiat de vomir. (771 [ Kliinenls de l'arl vétérinaire i' ('d., l. Il, p. 387). 3" série Zoi.L T. .\ (.Septembre I S 18 ) j 10 HG FLOI'RE!\S. — SI H II'; .\0.\-VOMISMiMl:.\T Telles ont été les opinions successives de Lamorior , de Berlin, de Bourgelat. Voyons maintenant leurs expériences , du moins celles de Bertin et de Bourgelat ; car, pour Lamorier, il n'en a fait qu'une ; encore est-il tombé sur un cas exceptionnel , et son expérience n'a-t-elle servi qu'à le tromper ( 1 ). Ayant introduit de l'eau dans l'estomac d'un Cheval , Lamorier comprima cet estomac sur un plan horizontal , et l'eau sortit éga- lement par l'œsophage et par le pylore (2). Sur plusde vingt expériences de ce genre , je n'ai trouvé qu'un seul estomac qui ail laissé sortir l'eau par l'œsophage. C'était un tstomac malade, el dont la tunique muqueuse était percée de trous profonds, tout remplis de Vei-s (3). Je viens à Bertin et à Bourgclal. « J'ai poussé de l'air, dit Berlin , avec un soufflet dans la ca- II vile de l'estomac ; je l'ai distendu aulanl qu'il m'a été possible, » et malgré tous mes efforls, malgré des compressions faites de » toutes façons , l'air n'a point forcé la résistance du sphincter. » D'autres fois , aprèsavoir rempli rcstoniac d'air ou d'eau aller- 1) nalivement , et n'avoir lié que l'orifice inférieur, je l'ai mis >i sur un plan , après l'avoir recouvert d'une planche de bois ; >> j'ai prié un spectateur de se placer sur la planche, de inonter » dessus , de la presser par secousses ; tout cela s'est exécuté sans » que l'air ou l'eau soil sorti {h). » i< Détachez l'estomac du corps, dit Bourgelat, en conservant une partie de l'intestin duodénuin , et une certaine étendue de , l'œsophage ; introduisez le luyau d'un soufflet dans l'intestin ; (1) r.'esl-à-dire qu à I éloigner de la vraie cause qui réside dans l'estomac seul, el à lui en faire chercher d autres, qui ne sont pas vraies, telles que la position reculée de l'estomiic, la faiblesse du diaphragme, etc. — ■ Mém. cit., p. 51 5. (2) Mém. cil., p. 514. (.i) Cet estomac et celui de Texpérience de Lamorier nous expliquent com- ment il arrive quelquefois que des Chevaux vomissent. Tout Cheval qui vomit a l'estomac malade. — Voyez un Mémoire de Girard, intitulé : Sur le vomissemeut cimlre nature def Hevhimres domestiques {Tniile d anntnmie ivlèrinaire, t. I, à la (in). (4) Mém cil . p. 49. DU CUIÎVAI,. l/|7 ') soufflez même avec force ; le viscère se gonflera, et sera rempli » d'air, sans que l'air soufné et introduit puisse, en aucune ma- w nièi'e, s'échapper par l'orifice antérieur, qui, cependant, est M demeuré sans ligature et dans son état naturel. » Liez , en second lieu , l'estomac fr)rtemenl , plus ou moins » près du pylore : versez de l'eau par l'œsophage, jusqu'à ce que » le ventricule soit plus ou moins rempli ; comprimez ce viscère » avec une presse , ou par le poids du corps d'un homme ou de » deux, après l'avoir étendu à terre, et l'avoir recouvert d'une •■ planche , sur laquelle ces hommes monteront ; jamais la com- » pression ne déterminera l'eau à sortir par l'orifice antérieur » que vous aurez néanmoins laissé libre , et elle occasionnera » plutôt la rupture du viscère près de sa partie postérieure (1). » III. Voilà les expériences de Bertin et de Bourgelal. Je vais passer aux miennes; mais, avant d'en venir là, je crois nécessaire de jeter un coup d'œil sur la structure musculaire de l'estomac. Trois couches musculaires, ou plutôt trois muscles, concourent à cette structure : un rnoijen , un externe, et un interne. I,e moyen {'l, commence avec l'orifice supérieur, et ne finit qu'avec l'inférieur. C'est le plus grand muscle de l'estomac. Il se compose partout de fibres transverses ou circulaires. ].'e.vlerne (3) est la continuation des fibres longitudinales de l'œsophage. Arrivées à l'estomac, ces fibres se partagenten quatre faisceaux : un supérieur, d'où les fibres longitudinales de la pe- tite courbure; un inférieur, d'où les fibres longitudinales de la grande courbure; et deux latéraux, qui se répandent de chaque côté de l'estomac, et vont se perdre dans les fibres transverses ou circulaires du muscle moijen, en s'y insérant. Le muscle interne (li) est le plus remarquable des trois , le plus singulier par sa forme, et, sous le rapport du phénomène qui nous occupe , le plus important. (<) Mém. cil., p. :j9i. (2) Plan mitoyen, Mcond plan des auleurs i)ui ni'uiit prùcédé. (3) Premier plan, plan fuperficiel des auleurs. fi) Troixi^me plan, plan prnfimil des auteurs. 148 FLOURE^S. — SL'Il I.E >iON-VOMlSSEMEM Faisons-nous-en une idée exacte. 11 forme d'abord un gros faisceau charnu , qui ceint la moitié supérieure de l'orifice œsophagien. Si ce gros faisceau se conti- nuait en anneau, en cercle, s'il se fermait, s'il achevait de ceindre l'orifice œsophagien , nous aurions là un sphincter ordi- naire : mais il n'en est pas tout à fait ainsi. A partir de la moitié supérieure de l'orifice œsophagien, les deux branches du sphincter commencé marchent tout droit ou à peu près, et donnent par là deux faisceaux latéraux, un de chaque côté. Suivons ces faisceaux , et distinguons tout de suite , dans cha- cun . les fibres externes des fibres internes , car elles se compor- tent très différemment. [.es fibres externes se détachent, l'une après l'autre , de chaque faisceau latéral, ot vont se perdre, à mesure, dans les fibres trans- verses ou circulaires du muscle ?«o!/e«, en s'y insérant (1); d'où il arrive f|ue chaque faisceau , très gros à son origine , diminue de plus en plus , et ne coin|ile plus enfin cjue quelques fibres , ou même qu'une seule, au moment où il se termine avec la moitié œsophagienne de l'estomac (2). Et même fju'une s.eule. VA cela d'autant plus que , tandis que \es fibres externes vont toutes, l'une après l'autre, s'insérer, et se perdre dans les fibres circulaires du muscle moyen , les fibi'es i7Uernes vont toutes, se rendent toutes, l'une après l'autre . d'un faisceau à l'autre. Les fibres internes d'un faisceau, du faisceau droit par exemple, vont au faisceau gauche ; celles du gauche vont au droit ; et, au point où celles d'un faisceau touchent au faisceau opposé , les fibres de l'un passent sur celles de l'autre, d'où résulte un entre- lacement très curieux; enfin, ces fibres internes complètent , et complètent seules, autour de l'orifice œsophagien (3), le sphincter (1) Comme nous l'avons vu tout a l'Iicuri' pour les filires latérales du muscle externe. (2) J'appelle moitic rrsophagienne de leslomac colle qui conserve la tunique muqueusa de lœsopliage; l'autre moitié qui seule a la muqueuse veloutée des cslomacs onlinaires, est la moitié ijaatriquc proprement dite (3) Les demi-cercles des /i/^ciJ.s iiUi'nifx se transforment en arcades de plus en plus étendues à mesure (|u'ils s'éloignent de plus en pln.sde I orifice. Dl CHEVAL. 1/|9 commencé là-même par le faisceau primitif, le faisceau total du muscle entier. Ce sphincter est le véritable obstacle au vomissement du Che- val. 11 suffirait seul pour empêcher tout vomissement, et pour- tant il est soutenu , il est doublé partout , d'abord , par les fibres circulaires du muscle moyen , puis par les fibres longitudinales du muscle externe , très épaisses en cet endroit ; et , à tout cela , il faut ajouter l'iiisertion obli(]ue , très oblique de l'œsophage , genre d'insertion qui suffit seule ailleurs, dans la vessie par exemple , pour empêcher tout retour de l'urine de la vessie dans les uretère». IV. J'ai fait représenter dans la planche qui accompagne cette Note tous les détails de la structure musculaire que je viens d'in- diquer. La figure 1 représente l'estomac entier, vu par sa face externe, avec ses fibres longitudinales venant de l'œsophage, avec les fibres circulaires de son grand muscle , avec l'aponévrose qui , dans l'état naturel , le recouvre presque partout, et qui n'a été con- servée ici qu'en partie. La figure 2 représente le muscle interne , le paquet de fibres en cravate de Bourgelat (1) , le trousseau charnu , placé en écharpe, de Bertin (2), le muscle qui donne le sphincter de l'orifice œso- phagien ou supérieur de l'estomac. La figure 6 représente le sphincter proprement dit , et l'entre- lacement si curieux des fibres internes des deux faisceaux. On voit sur la figure Ix les plis entassés (3) , les plis nombreux de la muqueuse de l'orifice supérieur; sur la figure 5 , les fibres longitudinales et les fibres circulaires de l'œsophage ; la figure 3 est l'orifice supérieur renversé, retourné comme un doigt de gant. v. .J'arrive h. mes expériences. Première expérience. — L'estomac étant rempli d'eau et le (1) ilém al., p. 396 (2) Mfm cil., p. 38. (3) I'as soiil ces plis iiiuquuux 0\-VO.MISSIi.Mi:.M pylore lié, on amis l'estomac sur une table , et sur l'estomac une planche; puis deux hommes sont montés sur celte planche; ils l'ont pressée par secousses ; et pas une seule goutte d'eau n'est sortie par l'œsophage (1). 11 était visible , dès cette première expérience , que tout l'ob- stacle à la sortie de l'eau par l'œsophage se trouvait dans l'orifice supérieur de l'estomac Une seconde expérience a rendu cela plus visible encore. Deuxième expérience. — I/eslomac étant rempli d'eau, elle pylore lié , j'ai introduit (en le faisant passer par l'œsojjhage ) un tuyau de métal , de ;^ centimètres à peu près de longueur , dans l'orilice supérieur. A peine le tuyau a-t-il été placé dans l'orifice, que l'eau a coulé par l'œsophage. L'obstacle de l'orifice supérieur franchi , il ne s'en est plus trouvé d'autre dans l'œsophage. L'œsophage, malgré son muscle circulaire si fort, n'est donc pour rien dans le phénomène ; et l'expérience qui suit le dé- montre bien plus évidemment encore. Troisicnie expérience. — L'estomac étant rempli d'eau , et le pylore lié, j'ai retranché par portions successives, en allant du pharynx vers l'estomac, tout, absolument tout l'œsophage. Il n'y avait plus d'œsophage; on a pressé l'estomac, et pas une goutte d'eau n'est sortie. L'œsophage enlevé, j'ai pu introduire mon doigt dans l'orifice supérieur ; et j'ai reconnu deux choses : la première , que plus on pressait, pinson comprimait l'estomac, plus mon doigt se sen- tait serré ; et la seconde , que la direction ol)li(jue de l'orifice su- périeur aidait beaucoup au phénomène ; car , dès que je rendais cet orifice droit , l'eau coulait. Bourgelat a cru que la cause principale du non-vomissement pouvait être dans les plis entassés de la muqueuse de l'orifice supérieur. L'expérience suivante montre que Bourgelat s'est trompé. (I) J'ai répété plus de vingt fois cette expérifnc.e, comme je lai déjà dit, tantôt avec de l'eau, tantôt avec de l'air, et ( hors le seul cas de l'estomac malade dont j'ai pHiir^ plus haut) loujonrs le résultat a été le mt'me. Di; CHBVAL. 151 Quatrième expérience. — J'ai fait une grande incision sur un côté de l'estomac ; j'ai enlevé ensuite toute la muqueuse de l'ori- fice supérieur, et nième toute celle de l'œsophage. J'ai recousu l'ouverture de l'incision ; j'ai rempli l'estomac d'eau; j'ai lié le pylore; on a recommencé la compression de l'estomac , et pas une goutte d'eau n'est sortie. La troisième expérience limite l'étendue de l'obstacle au vo- missement du côté de l'œsophage; en voici une qui la limite du côté de l'estomac : Cinquième expérience. — J'ai fait une grande incision sur un côté de l'estomac , et j'ai coupé les deux faisceaux latéraux du muscle interne , sans toucher aux fibres internes , qui sont pro- prement le sphincter. Puis l'estomac a été recousu et rempli d'eau; le pylore a été lié ; et l'on a recommencé les pressions : il n'est sorti aucune goutte d'eau par l'œsophage. vt. Toutes ces expériences sont univoques ; elles démontrent toutes : 1° que l'obstacle au vomissement du Cheval est dans l'o- rifice supérieur de l'estomac; 2° (ju'il est dans cet orifice seul; Et 3° que là , il tient d'abord à ce que cet orifice a un sphincter, et, en second lieu, à ce que la direction de cet orifice est oblique. Bertin avait donc soupçonné juste : le sphincter de l'orifice su- périeur de l'estomac et la direction oblique de cet orifice sont les deux causes du non-vomissement du Cheval. KXI'LIC,\TIO\ DES FIGUHES PLA^CIIE 10. Estomac de Cheval. Fig I. Estomac insufflé, représeiilé au tiers de sa grandeur. a, œsophage 6, duodénum, c, grand cul-de-sac de l'estomac. On a enlevé l'aponévrose recouvrante de l'estomac. il. |)Pli( cnl-ilc-sac de l'estomac. On a laissé l'aponévroic. 152 FLOVREKS. — SLIl LE i^0.^-V0^1ISSEMl•;^r IK- CIIKVAL. e, fibres circulaires du grand cul-de-sac. e', fibres longitudinales de l'œsophage venant fonner le niusrle exltrnc de l'estomac. e", fibres du muscle externe, allant se perdre dans les fibres circulaires dii muscle moyen. Fig. 2. Estomac vu par sa face mterne, représenté à moitié de sa grandeur, a, œsophage. a , ouverture de lœsophage dans l'estomac, ou orifice supérieur de l'estomac. «,«,e, fibres circulaires du muscle moyen. f, gros faisceau primitif ou total du muscle interne ou muscle du sphincter. f, fibres externes du faisceauj latéral gauche du muscle interne, allant s'insérer et se perdre dans les fibres circulaires du muscle moyen. /", fibres internes du faisceau latéral gauche du muscle interne, venanlen- tourer l'œsophage et former le sphincter de lorifice supérieur. f", fibres internes du muscle interne, disséquées et renversées pour laisser voir les fibres circulaires du muscle moyen, situées au-dessous. Fig. 3 . Orifice supérieur de l'estomac , renversé ou retourné comme undoigtdeganl. o, œsophage renversé e, fibres internes du muscle interne, formant le demi-cercle inférieur du sphincter. f,f, faisceau primitif ou total du muscle interne, formant le demi-cercle supé- rieur du sphincter. I", fibres internes, ou demi-cercle inférieur du sphincter. g, fibres du muscle circulaire de l'œsophage, vu par sa face interne. Fig. 4. Ouverture de l'œsophage dans l'estomac, ou orifice supérieur de l'es- tomac. o', ouverture de l'œsophage ou orifice supérieur. A, plis de la membrane muqueuse de cet orifice. Fig. 5. Pourtour extérieur de l'orifice supérieur de l'estomac, et portion d'oesophage. a, œsophage. e, fibres circulaires de l'estomac. e, fibres longitudinales de 1 œsophage. «", fibres longitudinales de lœsophage renversées, pour laisser voir les fibres circulaires. e", fibres du muscle externe, allant se perdre dans les libres cirrulaires du muscle wioi/en. g, fibres circulaires de l'œsophage. Fig. 6. Ouverture de l'œsophagedans l'estomac, ou orifice supérieur de l'ustomac. a, cet orifice d'où l'on a détaché la membrane muqueuse, membrane qui avait été laissée dans les orifices des fig. 2 et 4. f, fibres iniernes, ou en sphincter, du muscle interne. On voit bien, au point même marqué par la lettre, V entrelacement des fibres dos deux faisceaux latéraux, qui passent l'une sur l'autre 153 ETUDES EMBRYUGENIUUKS; Par M. A. DE QVATREFAGES. MEMOIRE SUR L EMllUVOUENIB DES ANNELIOEs. Depuis quelques années, l'embryogénie des Animaux inverté- brés a été l'objet de i)iusieurs publications importantes. Toute- fois , peu de naturalistes ont pris les Annelés proprement dits pour sujet de leurs rccherclies , et , parmi eux , un bien petit nombre ont eu l'occasiuii d'observer les principaux [jliénomènes qui précédent la formation de l'embryon. Cette dernière consi- dération surtout m'engage à publier le résultat de mes observa- tions sur l'embryogénie des Ilermelles, bien que je n'aie pu être témoin , chez ces AnncUdes Pleuroiières , des dernières métamor- phoses qui font de la larve un animal parfait. Je rappellerai d'abord succinctement les travaux de mes prédécesseurs, et, quoique les Hirudinées soient pour moi très distinctes des Anné- lides, je passerai également en revue les publications ayant pour objet leur embryogénie. J'examinerai ensuite successivement la formation des œufs et des Spermatozoïdes dans les organes gé- nitaux; les phénomènes présentés par ces éléments de la repro- duction , lorsqu'on les abandonne isolément dans l'eau de mer ; les résultats de leur action réciproque , et le développement de l'œuf (1). Je terminerai enfin en comparant l'évolution de l'œuf des Ilermelles à celle de l'œuf de quelques animaux appartenant à des gioujjcs soit très voisins , soit très éloignés. (t) Bien que ce Mémoire soit consacré spécialement â l'histoire einbryogénique (les Hermelles, j'y iii joinl an certain nombre d'observiilions recueillies à diverses époques the^ plusieurs autres AniiéliiJes. 15/l IIE QLATRKFAOES. — Sl!l; I.' H.VIlili V(lC KMK PREMIERE PARTIE. U I S T li I Q U E Weber est , je crois, le premier naturaliste qui ail cberclié à suivre l'évolution d'un des animaux compris dans le groupe clas- sique des Annélides (1). Son travail, quoique incomplet sous plusieurs rapports, est remarquable pour l'époque où il parut. Weber a vu le fractionnement du vitellus; il a décrit et figuré pour celte portion de l'œuf un état framboise précédant sa divi- sion en trois parties distinctes concentriques les unes aux autres; il a vu la masse vitellaire placée au centre, persister à l'état opaque, tandis qu'autour d'elle s'était foi-mée une couclie de cel- lules plus claire et une enveloppe tout à fait diaphane. D'après lui , une sorte de canal , terminé par une ouverture , qui sera plus tard la ventouse céphalique, se porte, dès cette époque, du centre à la circonférence. Vers le même temps , le vitellus serait mobile et contractile. Plus tard , l'aire germiiiative se dévelop- perait à la surface, ou mieux peut être dans l'épaisseur même de la couche de cellules, et envahirait peu à peu la masse vitellaire placée au centre. L'embryon , longtemps ouvert du côté dorsal . absorberait peu à peu le vitellus. Le système nerveux serait déjà très distinct, et pourvu de tous ses ganglions, alors que le corps de l'embryon égale à peine la moitié du diamètre longitudinal du vitellus. Filippi a fait quelques recherches sur le même sujet, et sur l'embryogénie des Clepsines et des Nc[)hélis (2). Ses observa- tions sont exposées d'une manière très succincte; ses figures, peut-être plus explicites que le texte , prouvent qu'il a vu le frac- tionnement du vitellus , mais sans attacher une grande impor- tance à ce phénomène. (I) Ueber die EittwickUtng der Medicimsiiwn lllulegeh [Mcckeis Archiv 1828. p. 368). ('2) Memorùt suoli Annelidi délia famiijlia delhi Sntiijiiisiighe. Milano, 1837.. — Lettera al S. Docl. Ruascfmi sopra l'anatomia e la seiluppo délie Clepsine. Pavia , 1839. i DliS ANMil.lDIJS. 155 Lrewen a fait connaître les métamorphoses présentées par une l)etile Annélide sétigèie indéterniinée (1) ; mais ce naluralisle n'a pas étudié les premiers phénomènes de révolution de Tœuf. Toutefois , cette observation mentionnait un fait intéressant , et que j'avais déjà eu occasion de reconnaître : c'est que les jeunes Annélides commencent par ne posséder (lu'un très petit nombre d'anneaux. Presque à la même époque , Kœiliker publia une courte notice sur le sillonnement des oeufs d'un Néréidien (2), observations qu'il a repioduiles avec plus de développement dans un travail dont nous parlerons plus bas. Une publication des plus élendues sur le sujet (]ui nous occupe est celle de (jrube sur le développement des ClepsinesiS,. Dans ce travail, l'auteur examine le développement de l'oeuf dès la première apparition, jusqu'au moment où la jeune Clepsine est complètement formée. L'importance de ce travail , sur lequel j'aurai d'ailleurs à revenir, m'a engagé à traduire en entier le résumé que l'auteur a fait lui-même de ses recherches. Premier jour. 11. 45' après la ponte. Une petite plaque ronde avec un point central brun se forme au pôle actif du vitellus, et s'élève peu à peu en prenant une forme sphérique. 1 11. 10'. Cette élévation s'est affaissée. La plaque s'est chan- gée en un anneau polaire (/'o/r//i^) parfaitement caractérisé. 1 h. 45'. L'anneau polaire s'est étendu , et est placé vers l'ex- irémilé du petit axe du vitellus. 2 h. :W. Le pi'emier sillon se montre, et coupe le vitellus en deux portions inégales 'I) IVipijmim's Archh 1842, p. 302, pi. 7. — Celle note a été reproduite dans iei Annale» lien Sciences naturelle, p. 288, pi. 9 .1 (1842). (2) Mullers Archiv 1843. p. III. (.3; i'ninsucliimgen Uljcr die ICnlinicIdimij der Clepiinen , Vdn .\dolpli Kduard firiihe. Kœnigsberg , 1844. — L'aulcur a fa il ses observations sur les oeufs de deux espécas de Clepsineg, !• C. paludosa el la C. marijinala. 156 DE QUATREFAUES. — SOI! l'eMBII YO(;i!ISIE 3 h. 45'. *Apparition du second sillon , qui partage en deux la plus grande portion du vitellus. 4 h. Apparition du troisième sillon , qui divisera la petite por- tion du vitellus. Au pôle actif, on aperçoit quatre petites sphères pariétales ( JFanduiujsballen). 17 h. Le jaune est déjà divisé en plus de cinq segments; au pôle actif, on voit un nombre remarquable de sphères pariétales. 25! h. Le nombre des sphères pariétales s'est encore accru ; elles sont, comme auparavant, d'un blanc intense. Au pôle op- posé , on voit apparaître Vaire polaire (polarfeld). Deuxième jour. '26 h. Les sphères pariétales dessinent Vaire embryonnaire {Einbryonalfeld}. 45 h. L'aire embryonnaire s'est fendue en deux moitiés. 48 h. Ces deux moitiés se sont rétrécies et épaissies; elles pré- sentent maintenant les bourrelets ventraux. Sur le reste de la superficie du vitellus apparaissent d'autres taches blanches. Troisième jour. 50 h. Le nombre des taches blanches s'est encore accru , in- dice que le vitellus sera peu à peu envahi tout entier par le déve- loppement de l'embryon. 68 h. Les bourrelets ventraux se sont considérablement élevés ; mais l'espace qui les sépare n'est pas encore considérable. A leur extrémité postérieure , on aperçoit clairement quelques grosses sphères. Quatrième jour. 73 h. 45'. Les extrémités antérieures des bourrelets ventraux se sont jointes l'une à l'autre. 95 h. Ce mouvement de jonction s'est étendu sur une lon- gueur assez considérable, en sorte que les extrémités postérieures s'écartent l'une de l'autre en formant un angle aigu. DES \N>ÉLIDES. 157 Cinquième jour 99 h. On ne voit plus aucune trace de taches blanches à la surface du vitellus. 119 h. La portion céphaliquc fait une saillie considérable au- dessus du reste du vitellus. Par une légère pression entre deux verres , on reconnaît les premiers vestiges du cordon nerveux. La portion céphalique commence à se mouvoir ; le vitellus est entouré par les parois du corps. Sixième jour 126 h. L'embryon se constitue de plus en plus, prend la forme d'une fève, et se meutd'mie manière évidente. 130 h. [,e corps se rétrécit , et l'embryon sort de l'enveloppe vilelline. l/l2 h. La jeune Clepsine abandonne la coque ovarique com- mune. A peu près à la même époque où Grube faisait paraître le tra- vail dont on vient délire le résumé, M. Milne Rdwards publiait ses Observations sur le clcveloppcmenl des Annélides (1). On sait qu'un intérêt multiple s'attache à ce beau Mémoire, qui a principa- lement fourni à l'auteur une occasion de développer ses idées sur l'application de l'embryogénie à l'appréciation des rapports existants entre les divers groupes zoologiques. A ce point de vue, l'étude des phénomènes qui précèdent la formation des larves perdait un peu de son importance. Aussi, M. Milne Edwards s'est- il borné à signaler rapidement ceux qui se sont offerts à lui dans leso.'ufs du Protule élégant. 11 a vu le vitellus d'abord composé de granules et de gouttelettes de matièie huileuse, devenir le siège d'un travail analogue à celui que MM. Prévost et Dumas ont les premiers signalé dans l'ieuf des Batraciens ; il a décrit et ligure le fractionnement qui en résulte , et les principaux chan- gements de forme que présente la masse vilellaire , jusqu'au fl) Compti-i-rntduit Je i Adidémii- dex Siicnrcs, 23 (iécemliro 1811. — Ann. i/cs Se mil , 1»i;i, |i li.'i, |il .-ià U 158 uic Qi:A'iiti':t',\bUs. — sir, i.'i.Miir,\ 0(;iiMii moment où elle se constitue à l'état de larve ; mais c'est surtout celle-ci dont M. r>d\\ ards a suivi avec soin toutes les modifications et métamorphoses. Au reste, nous devons ici nous borner à ren- voyer nos lecteurs au Mémoire lui-même, en remarquant que M. Edwards a le premier suivi , chez les Chétopodes , le dévelop- pement des divers organes , en indiquant leur mode de formation ei d'apparition successive. ŒLrsted a publié une courte description et un dessin des jeunes l.eucodores {Leucodorum ciliatiim), et quelques détails sur le dé- veloppement de V Kxogone ndUUna (1 \ Je regrette de n'avoir pu consulter ces deux Notices, quoiqu'elles ne renferment probable- ment que peu de détails relatifs au but spécial de ce ti'avail, dé- tails que l'auteur paraît s'être borné à reproduire dans une Noie insérée dans les Archives de U'ieijinann i2). Œrstcd ne dit rien des premiers phénomènes accomplis dans l'œuf de son Exngone ndidina ; il ne s'occupe que des changements présentés par le jeune , déjà constitué à l'état d'Aunélide. l^a même observation s'ap|)lique en ce que Menge nous ap- prend sur les petits de VEua.res filifnrniis, (\u\\ trouva réunis au nombre de 7-8 dans des capsules adhérentes à des plantes fluviatiles (3). Cette lacune est d'autant plus regrettable , qu'il s'agissait ici d'un type voisin des Lombrics et des Naïs. Les observations deSaars sur le développement de la Polynoe cirrhata ont |)our nous un intérêt plus grand ih) \ ce sont précisé- ment les premiers temps du développement qui ont été suivis par ce naturaliste. Saarsa vu le fractionnement du vitellus , fraction- nement qu'il ne représente pas comme absolument régulier. Les sphères qui en résultent sont au nombre de seize à vingt, et cha- cune d'elles par la compression laisse apercevoir un noyau. L'œuf passe une journée entière dans cet état , puis la surface du vitel- lus devient plus finement granulée et presque lisse ; fait que M. Milne Edwards avait déjà signalé chez les Protules. Saars re- (1) Annulalorum dniiicorum conspeclus, fasc 1. (2) Wiegmans Archiv. 1845, p. 20, pi. 2. (3) Wiegmans Archiv, iSm, p. 21 pi. :î, (i) Il'icgnuin's .Irc/i/V, t84o,, p II, pi. o. fif; '^-il- ni;s ANMii.iDES. 159 garde l.t membrane vilelline comme bien distincte, et est très frappé des mouvements que présente l'ensemble de l'œuf qui se transporte çà et là, avant qu'on aperçoive aucune trace d'organi- sation. D'après les figures qui accompagnent ce Mémoire, les larves (le Polytioe sont très semblables à celles que M. Edwards a dé- crites et figurées, ce qui vient encore à l'appui des conclusions générales du naturaliste français. Selon le docteur Prei, la marche du développement dans la Nepheiis vulgaris présenterait des particularités curieuses (1). La vésicule germinative se tord en quelque sorte , et la tache germiuative se modifie quelque peu pour s'élever jusqu'à la sur- face du vitellus. Puis celui-ci se partage d'abord en deux, en- suite en quatre sphères , ayant chacune un noyau dans leur inté- rieur. Ensuite, probablement par la division d'une de ces sphères en quatre portions, on observe sept sphères, dont trois grosses et quatre petites, l^es premières semblent être sans importance pour le développement ultérieur de l'embryon; du moins, elles restent longtemps sans présenter de ctiangement , tandis que l'cmljryon se forme à l'aide des petites sphères qui augmentent en nombre. Frei n'a pas poussé plus loin ses observations ; mais Kœiliker observe qu'il serait possible que ces sphères immobiles servissent plus tard à la formation des organes internes. Frei re- garde les petites sphères comme des cellules , et Kœiliker re- marque qu'elles ne le sont pas encore, mais le deviendront plus tard. Koch a trouvé dans l'intérieur du corps d'iuie Eunice sangui- nea les jeunes tous formés, quoique encore très peu semblables à leur mère 2). Il n'a donc pu examiner les premières époques du développement ; mais il a suivi avec soin , et représenté par des dessins faits à la chambre claire , les divers changements éprou- vés par ces jeunes Annélides , étude qui l'a conduit à penser que (1) Gœtlinger gel Anzeigen, 1845. — J ai pris dans Kœiliker le résumé de ce travail, que je n'ai pu me procurer. (2) ICinitje worle zur liuliricldwujsgexrhichte rnn Eiimcr von lleinrich h'och m Triest nul ntu'iii Siirliicorlc von A. h'œllil:er in Zurich . Nauenljurg. 1 8 46, pi. 1 el î 100 niî Qi.*TRKrACiîs. — si p, i.'uMniivociîMi; de jeunes Euniccs peuvent l'ort bien avoir été rapportées h des genres, ciiez lesquels l'appareil appendiculaire est peu développé [Lombrinère, Lysidice). En effet, les pieds , par exemple , de ces petites Eunices rappellent les organes locomoteurs des espèces appartenant à ces genres. On voit que ces faits viennent encore à l'appui des idées émises par M. Milne Edwards dans le Mé- moire que nous avons cité plus liaut. Kœlliker a joint une sorle de post.icriptum k la courte Notice de M. Koch (1). Les observations de Rœiliker portent sur des œufs récemment pondus par une Annélide Jiouvelle, qu'il appelle Exogone OErsledii. Ces œufs, contenus dans des espèces de petits sacs adhérents à l'abdumen de la mère, présentaient divers de- grés de fractionnement, ou mieux de sillonnement Furchuntj). Les moins avancés avaient un vilellus sans traces de division , et contenant une petite vésicule spliérique, regardée d'abord par l'auteur comme Ja cellule embryonnaire primitive. D'autres vi- tellus encore intacts possédaient deux noyaux {Kernc) pareils. Kœlliker décrit cnsuil(e ini vitcllus partagé en deux moitiés par un sillon, qui ne détruit en rien sa forme spliérique ; ciiaque moi- tié possède d'abord un seul Pioyau ; puis à cùléde ces noyaux, il s'en développe un second , en sorte que chaque demi-sphère pos- sède deux noyaux. Mais alors se forme un second sillon C|ui coupe le premier à angle droit , de manière à partager la sphère vitel- line en quatre parties , ayant chacune leur noyau. Le vitellus n'a d'ailleurs pas perdu sa foi'me spliérique primitive. Dans ce même postscriptinn , l'auteur fait connaître des obser- vations qu'il a faites chez des embryons déjà avancés de la Cys- tonereis Edioardsii et de V Exogone cirrhata. Chez toutes deux , il admet l'existence d'une partie primitive (Primitivtheil) parfai- tement distincte du vitellus. Chez les jeunes Cystonereis , le vitel- lus est presque entièrement entouré par l'embryon, qui forme ainsi une espèce d'anneau interrompu. A cette époque , il n'y a de formé que la partie ventrale du corps de l' Annélide. Le dos et les côtés du corps n'existent pas encore, non plus que les organes (I) Loc. ctt.. p. n, pi. .I.'- DKS WMil.lDES. 161 interne^, cl pourtant les yeux, otidu moins Ip pigment oculaire, se voit déjà distinctement. Chez les jeunes Exogones observées par l'auteur, l'embryon était un peu plus avancé. Le vitellus était encore libi'e et à nu du côté dorsal; mais les parois latérales du corps se moniraient déjà sous la forme de quatre languettes qui tendaient à entourer le jaune. La face ventrale , bien constituée , était couverte de cils vibratiles , et les cirrhes tentaculaires se montraient sous la forme de petits mamelons. Ku'lliker résume lui-même dans les termes suivants les con- clusions générales auxquelles l'ont conduit ses observations per- sonnelles et celles de ses prédécesseurs : 1* On observe chez les Annélides un sillonnemenl complet du vitellus l'urchung des Dolters), siWonnemenl qui, chez les unes, marciio de la façon accoutumée [Pohjnoe cirrhata. — Ajinélide iniléterminée , observée par Saars. — Exogone OErsteclii ?), qui , chez les autres, procède irrégulièrement, et dans des périodes plus reculées (Clepsine. — Aephelis. — Prolula?). 2° A l'origine du développement des Annélides, on observe une partie pritnitive(Primitivllieil) qui répond au côté ventral, c'est-à- dire au côté où se trouve le centre nerveux, et se compose de sphères résultant du fractionnement progressif du vitellus (//«- rudo medicinalis. — Clepsine. — Exogone cirrhata. — Cystone- reis Edward sii . S" La partie primitive envahit par son développement le reste (les s|)hères résultant du fractionnement , et se partage en deux feuillets. Le feuillet extérieur donne naissance aux muscles, aux nerfs, aux organes des sens, aux organes du mouvement et à la peau. Le feuillet interne, ou poche vilelline, forme l'intestin. 4" Chez tous les Chélopodes, le corps consiste d'abord en un petit nombre d'anneaux. L'accroissement se fait d'avant en ar- rière, et les nouveaux anneaux naissent en avant de l'anneau ter- minal , probablement par suite de l'activilé même de cet anneau. (AVreis. — Terebella. — Protula. — Eunice.) 5° Chez ces Annélides , les pieds et les branchies se dévelop- pent aussi d'avant en arrière avec toule;; leurs parties propres, ï' sérip ZooL T X (S<'plnmbre 1818 ) 4 M 162 DB Ql]*TKEI''*«KS. SLIl l/l'MBIl VO(.li.Mi; Ces diverses parlies nn se développant tardivomeiil |)iésoiitent souvent des mélamorplioses qui leur sont propres. 6" Chez les Ilirudinccs, le corps possède , dès l'abord , toutes ses parties , et ses mcdifications sont insignifiantes. DEUXIÈME PilRTIE. DÉviîioni'EMiiM niis (lEiifs liT DUS si'iiiui A TozoÏDiis nws i,i;s or.iJAMis nii i.A Cli^lîlIATlo^. S 1- — *'"A Dans le Mémoire consacré à la description anatonnque des Hermelles j'ai dit que l'on trouvait dans la trame aréolaire qui constitue l'ovaire les premiers rudiments de l'onif. J'ai ajouté que ces œufs imparfaits tombent dans la cavité générale du corps et s'y complètent. En ouvrant des femelles, quelque temps avant ([ue la plupart des œufs soient venus à maturité, ce qu'on recon- naît à la teinte pâle de l'abdomen, on peut avoir à la fois sous les yeux tous les états intermédiaires par lesquels passent les pro- duits des ovaires. Cette observation s'applique à plusieurs Anné- lides proprement dites , mais non pas à toutes. Chez nue Néréide (iV. Dumerilii' j'ai trouvé l'abdomen rempli d'œufs à un état de maturité à peu près complète, tandis (jue l'ovaire contenait les œufs destinés à une autre ponte encore incomplets, et tous, ou presque tous, au même point de leur développement. Chez les Hermelles on trouve d'abord les mailles de l'ovaire remplies de granulations tout à fait transparentes, dont le pou- voir réfringent n'est guère plus considérable que celui de l'eau de mer et dont le diamètre égale à peine 1 '800 de millimètre. Ce sont là les premiers rudiments de l'œuf. Plusieurs de ces granu- lations grandissent sans se séparer de l'organe produclem- et ac- quièrent jusqu'à I /5()0 de millimètre. A cette époque on aperçoit dans leur intérieur un corpuscule sphérique qui paraît obscur par suite d'un effet do réfrtarlion (11. Je n'ai pu distinguer au- (I) l'i, 3, fig, m, il. DKS WMiUlDUS. Ki;^ tour de la petite sphère primitive encore moins autour lIu cor- puscule la moindre trace d'une enveloppe propre. Tous deux semblaient formés d'une matière parfaitement homof^ène et dia- |)liane , visible seulement par suite du jeu de la lumière réfractée. Disons tout de suite, ce que le développement de ces parties dé- montrera plus loin , que la petite sphère n'est autre chose que la vésicule germinative ou vésicule de l'urkinje , tandis que le glo- bule est la tache germinative ou tache de Wagner. Les vésicules germinalives (|ue nous venons de décrire se détachent de l'ovaire et sont alors libres dans la cavité générale du corps où elles doivent parcourii' les phases ultérieures de leur développement l'eu à peu les vésicules germinalives et leur tache germina- tive augmentent de volume. Lorsque la vésicule a acquis environ 1/75 de millimètre en diamètre, on distingue dans sa substance intérieure de très légères nébulosités distribuées par points (1). A mesure que le diamètre augmente, le nombre de ces points nébulcu.x s'accroît, mais sans qu'ils deviennent beaucoup plus distincts (2). Je n'ai pu , pas plus à cette époque qu'auparavant, distinguer d'enveloppe propre, soit à la vésicule de Purkinju elle-même, soil autour de la tache de Wagner. I,e pouvoir réfi'in- genl de la vésicule est toujours assez faible comparativement à celui de l'eau de mer. Celui de la tache est un peu plus considé- rable par rapport à celui de la substance au milieu de laquelle elle est plongée. .)'ai souvent trouvé des œufs à cette période de leur développe- ment plus ou moins avancés dans la cavité tapissée de cils vibra- tiles des pieds. Ils y étaient fortement et constamment agités par lo mouvement ciliaire. (juand la vésicule de Purkinje a acquis environ 1/50 de milli- mètre en diamètre, on voit tout à coup apparaître autour d'elle et à une certaine distance une membrane excessivement ténue qui l'enveloppe de toute part, en enfermant une certaine quantité I) PI. :). fis m. h (î) PI :), fig. III, <:. i6/l DE Mil.lDES. 165 immédiatemenl appliquée sur le vilellus. Quant à celui-ci, il se compose de globulins excessivement petits, qui semblent groupés ensemble de manière à former de petites masses bien distinctes. On distingue au milieu de cette substance des globules arrondis qui ont l'aspecl de gouttelettes d'huile. Enfin, une matière vis- queuse homogène parfaitement transparente et incolore soude IJuur ainsi dire ces diverses parties les unes aux autres. Observations. — 1° On observe des faits analogues à ceux que je viens de signaler chez diverses Annélides ordinaires [Clymènes, Téréhelles , Néréides). Chez les Clymènes, dont les leufs ont un diamètre au moins trois fois plus considérable que ceux des Hermelles, j'ai cru reconnaître une enveloppe propre à la vésicule germinative. J'ai aussi trouvé dans ces œufs deux couches distinctes de granulations vitellines. L'extérieure était composée de granulations plus fines et moins colorées que celles de la couche interne qui enfermait la vésicule et la tache de Wagner. Chez certaines Térébelles l'œuf complet est entouré d'une membrane presque régulièrement plissée à petits plis, croisés en divers sens. Chez les Clymènes, chez les Néréides, la tache de Wagner et la vésicule de Pm'kinje sont légèrement colo- rées, lorsqu'on les examine par transparence, la première en bleu et la seconde en jaune. 2 En comparant ce (lue j'ai dit plus haut de la composition du vilellus chez les Hermelles avec ce que Crube a trouvé chez les Clepsines, on verra c|u'il y a la plus grande ressemblance. I,e naturaliste allemand distingue ici trois éléments distincts {Fonndenœiite) ; 1° \e& corpuscules moléculaires (molecular Kœr- perchen), très petits, ayant moins de 1/10000 de pouce, et qu'a- gile dans un liquide non visqueux un mouvement de Irémulation (mouvement brownien) ; 2" les corpuscules graisseux ou huileux {FeUliœrperclien, qui ont l'aspect et l'éclat de gouttelettes d'huile. Ils ont jusqu'à 7/10600 de pouce; 3° les sphères noyaux (Kern- kuf/eln) aussi grosses ou plus grosses que les corpuscules huileux, transparentes, incolores, et autour desqiinlle.s les autres éhiments viennent se grouper comme aulour d'aulanl de centres. Ces '1()G WE QUA'I'REFAGKS. — SI li l.'l:.MIill Y()(; lÎM K divers éléineiils ne se monlrenl pas siiiiullanéinenl dans l'uml'. Dans l'état le moins avancé observé par Grube , le vitellus éUil composé seulement de corpuscules graisseux et de corpuscules moléculaires. Ce n'est que dans les œufs beaucoup plus avancés qu'il a trouvé les sphères noyaux. 11 dit avoir vu à peu près à la même époque les éléments déjà existants dans l'anif s'entourer d'une enveloppe, de manière à être enfermés dans des cellules. Grube ne parle pas de la matière hyaline cjui réunit entre eux ces divers éléments, et qui me paraît avoir une grande importance. 3° J'ai donné le nom à'eiiveloppi' oraricpie à la iiiembiane qui vient envelopper les éléments de l'reuf encore en voie de forma- tion. Je lui conserverai cette désignation, car elle entoure l'œuf tout entier, et n'est nullement s/je'cia/emeH< alVcctée au vilellus, (juoique appliquée immédiatement à sa surface. I.e vitellus pro- prement dit n'a pas /renveloppe propre. Il conserve sa forme sphérique uniquement par l'adhésion qu'établit entre toutes ces parties la matière transparente dont nous avons parlé plus haut , et qui me paraît être le véritable siège des phéiwiiiènes vitaux que nous aurons à signaler plus tard. 4° Dans l'œuf le moins avancé observé par (irube, le vitellus existait déjà. Il n'a donc pu observer les phénonièm's primitifs que j'ai décrits plus haut. Toutefois cette circonstance ne saïuait cx|)liquor les divergences de nos opinions sur l'époque relative de l'apparition des parties fondamentales de l'œuf. Nous avons vu (|ue chez les Hermelles la vésicule et la tache existaient avant (|ue ri'îu annonçât l'existence du vitellus 11 en est probablement de même pour toutes les Annélides proprement dites, à en juger par ce qui se passe chez les Néréides, les Térébelles elles Cly- mènes. J'ajouterai que j'ai recueilli des observations analogues sur divers Mollusciues, entre autres l'Huître comestible , les Ta- rets, et plusieurs Gastéropodes phlébentérés, voisins des Eolides et desTergipes (1). On pourrait donc être tenté de regarder le /l ) J'ai indiiim; ailtcurs ces observations , el dans le Mémoire sur les Némertes j'ai dit qu'on trouvait a la fois des lâches de Wagner isolées, ou ces mêmes taches envelij|ipées par la vésicule, ce qui suppnse la préexistence de la. tache Telle était , on elTol . mon opinion première. Ce iiiic j'ai vu , >oit clici les lleroielles , DES ANMÎLIDKS. 167 fait comme général. Dès lors , la marche observée par M. Grube dans la formation de l'œuf des Clepsines, où le vilollus existerait avant la (ache de Wagner, constituerait une exception vraiment remarquable. 5* Tous les natui'alisles connaissent aujourd'hui la théorie cel- lulaire due à M. Schwan On sait que, d'après cette théorie, tous les organes résultent du développement de cellules qui se sont formées autour d"uu noyau préexistant. Celte théorie , qui a rendu de grands services, et qui ne pouvait être inventée que par un esprit réellement distingué, est pouilant bien loin d'être vraie dans l'univer.salité des cas La formation de l'œuf des Hermelles nous fournit un exemple remarquable à l'appui de cette opinion. Rien de plus simple en apparence que de considérer ces trois par- ties fondamentales (taches de Wagner, vésicule de Purkinje et vilellus) comme des cellules emboîtées se développant d'après les règles posées par le phy.siologisle allemand La manière dont l'enveloppe ovarique vient se former autour de la vésicule rentre, il est vrai, dans cet ordre d'idées; mais, d'autre part, la tache de Wagner se forme bien probablement de toutes pièces dans l'intérieur de la vésicule germinative. On voit que, d'après cette formation de l'œuf, il y aurait un fait pour et un fait contre la théorie de Schwan. § II. — Spcnna/ozi.îdes. On trouve dans la ti'ame aréolaire du testicule de petites gra- nulations homogènes transparentes de 1/300 de millimètre en- viron 1). Ces granulations grandissent jusqu'à ce qu'elles aient atteint un diamètre de près de 1/100 de millimètres (2). Elles lombenl alors dans la cavité générale, continuent à grandir, pré- sentent d'abord un petit nombre de lignes obscures cpii, en se -oïl chez les Tarets, me fait penser aujoiird hui que je m'étais trompé , el que j'avais pris (lour des taches dp 'Wagner des vésicules de Purliinje où la tache ne s'était pas encore développée Toutefois il v a là un point à éclaircir définitive- ment. (») PI :t. fif: Il n. !î) PI :t. fin II '. 168 DE QUAIBEF,*«ES. — SIR l.'liUlîR YOC liSII-: multipliant, donnent à la petite niasse un aspect granuleux (!'. Alors cette masse spermalogène ne tarde pas à se résoudre en sper- matozoïdes, dont on voit souvent des petites agglomérations tlotter dans le liquide (2) Les spermatozoïdes des Hermeiles sont très petits (3) ; ils sont composésd'une tête légèrement oblongue de 1/300 de millimètre environ , et d'une queue très diinciie à voir à cause de sa ténuité qui n'est guère moindre que celle du filament locomoteur de cer- tains Euglena. Pris sur un mâle dont le li(|iiide fécondant est en pleiiie maturité, ils sont très agiles, se meuvent avec beaucoup de rapidité dans l'eau de mer , et conservent pendant assez long- temps leurs propriétés fécondantes (4). Observations. — l°J'ai signalé depuis longtemps chez un grand nombre d'Annélides Errantes et Tubicoles des faits semblables à ceux que nous présente chez les Hermeiles la t'ormatioii des sper- matozoïdes (5). Chez toutes cellesf|uej'ai eu l'occasion d'observer, le liquide qui remplit la cavité générale du corps se transforme en liquide fécondateur par le mélange des spermatozoïdes ; chez toutes , ces derniers se développent de la même manière et résul- tent du fractionnement de jielites masses d'abord homogènes c|ui, par les progrès de leur évolution , se résolvent en spermatozoïdes. 2" J'ai étudié à diverses reprises, chez les Hermeiles vivantes, les petites masses spermatogènes. On les Irouve souvent dans la cavité des pieds où elles sont agitées en tous sens par les cils vi- hratiles. Dans ces mouvements elles se heurlent, et souvent adhè- rent l'une à l'autre par le point de contact. On les voit alors s'é- tirer et quelquefois se rompre en s'allangeanl en larmes batavi- (1) PI. :t, fis. II. <■.. (2) PI. 3, fig. II. ./, (3) PI. 3, fig. Il, ,: (■l) Dans un Mémoire s|iécial, je rapporterai les expériences que j'ai faites sur la conservation du pouvoir fécondant du sperme des Hermeiles , ainsi i|ue sur l'action qu exercent divers agents sur les speruialozoides et les œufs. (5) Comptes-rendus de t' Académie des Scienca , 18 août 1843. — L'Inatilul . <843, p. 29i. ni;.s ANMii.iDiis. 169 quesà courte queue. Ce l'ail contreiJil fornielloiiienl (ouïe idée d'un développement cellulaire des spermatozoïdes. J'ajouterai que dans le très grand nombre d'observations que j'ai faites sur ce sujet chez les Annélides , pas une ne me paraît militer en faveur de ce mode de développement. Toujours j'ai cru reconr)aîlre aux masses spermatogèues une structure d'abord eiilicremeiil homogène et granuleuse plus lard. Jamais je n'ai ]iu distinguer autour de celle masse une enveloppe cellulaire quelconque. 3° Je me trouve donc sur ce |)oinl en désaccord avec d'autres naturalistes d'un grand mérite. Grube a décrit et figuré les masses spermalogènes desClepsines comme des cellules à noyau, danslesquelles les spermalozo'idesseforment en un faisceau d'abord recourbé, et c[ui se redresse plus tard (4). Il est vrai que cette divergence dans mes observationspeul s'expliquer par la diversité des animaux , car, je le répète, les Hirudinées sont très dilfé- renlesdes Ciiétopodes. Kœlliker, à qui l'on doit un très beau travail sur la nature et le développement des spermatozoïdes examinés dans toutes les classes du règne animal (2,i, applique à ce déseloppement , d'une manière absolue, la théorie cellulaire. l'our lui, les spermalo- zoi'des émanent toujours d'uiK cellule primitive [ursprungliche Zelle ; dont les modifications varient selon le groupe que l'on examine. Chez les Annélides, la cellule primitive engendre dans son intérieur deux noyaux autour dcs{|uels se forment deux cel- lules dérivées [Tochterzellen, cellules filles) [)ourvues également de leurs noyaux. La cellule primitive disparaît ; alors les cellules dérivées, restées libres et adhérentes, augmentent en nombre par un mécanisme semblable à celui qui a donné naissance aux deux [)remières jusqu'à ce que , par le progrès même de celle multi- plication, il ne reste plus qu'un amas de petites cellules privées de nucli'ms. Ce sont ces dernières qui forment directement les spermatozoïdes. Reicherl partage entièrement celle manière de voir. Le ror- (I) Loc. cit.. pi. :t. lij;. 9. fî) ïhe tiitduHfj dfr Sitmen(t£di;n i/i RUvsrhen ais ntltjfuicincx Entivicklung^* f/nelz finrgeulrll, von A. Kœlliker Nuenliurj.'. iHH'. 170 DE Vl^i'^l'RKF'tCES. SL'H l'eMBI; YOGÉME piiscule séminal {Sanmmhœrpevchen) coiiimeiice par une cellule mère {MuUerzelle) siihériqae el |)ourvue de son noyau , dans la- quelle se développent les cellules germinatives [Keimzellon) égale- ment nucléolées. (ielles-ci croissent en conservant longlenips leurs noyaux visibles par transparence et se remplissent de granu- lations. Puis il se forme quatre cellules d'incubation {Brulzellen) qui finissent par se résoudre en spermatozoïdes. Les recherches de Pieichert ont porté sur le Strongiius auricularis et V Ascaris acuminala (1) k° Pieichert a été conduit par ses observations à considérer les niasses spermatogènes comme des espèces d'œw/s séminaux. Je crois avoir élé un des premiers à, indiquer ce point de vue dans une note écrite de Milazo, lelOjuin \iihh , et adressée à l'Aca- démie. Les masses spermutogènes d'une des Annélides que j'avais étudiées étant d'un volume assez considérable , j'avais pu distinguer nettement des phénomènes qui sont masqués ail- leurs par la petitesse des objets. Ces masses, parfaitement ho- mogènes, transparentes, de forme assez régulièrement ellipsoï- dale, présentent d'abord un sillon superficiel qui les divise en deux moitiés. D'autres sillons se prononcent plus tard , et ces divisions et subdivisions successives amènent la masse à cet état granuleux qui précède l'apparition des queues des spermatozoïdes. Dans la note dont je parle, je faisais remarquer la ressemblance qui existe entre ces phénomènes et ceux que présente le fraction- nement du vitellus. J'ajoutais: « On voit que l'analogie, tant de » lois signalée entre les organes reproducteurs des deux sexes, se '^ retrouve jusque dans le mode d'évolution des produits de ces « mêmes organes (2). » (I) MuUer's ArcUiv, 1847. p. 89, pi. 6. (-2) Parmi les pliysiologisles qui ont cherche à meure en saillie lanalogie cxistanl entre les produits des orf;anes reproducteurs des deux sexes, nous de- vons entre autres mentionner M. Lallemand.dnnt les lecteurs des Annales con- naissenltous lescurieuses recherclies [Ann.desSc. nal., 1841), el M. Uobin qui, réunissant les principaux faits recueillis sur cette matière, a cherché, en outre, à montrer l'analogie de ces mômes produits observés dans les animaux et les végétaux (Compirs rrnihix . 2.'i ocUibre 1848, el l'Inslilul, lit judiet 1848.) IlLS ANM'l.lDIiS. 171 TROISIEME PARIIE. EllBItYOtVIvMi:. 5 r — l'Iiiiiiinirnes yue préscii/ciit /es inifs iinii fociindés. A\aiit de passer en revue les faits que m'onl présentés les œufs suuinis à la l'étondation , je crois devoir appeler d'une manière S|)(3ciale ralteiiliou dos naliiralisles sur les (lhiIs (|ui u'oni pas élé exposés au cunlacl des sperinalozoïdes. Ces œufs , non fé- condés, sont le siège de pliénoniènes qui m'avaient échappé lors de la rédaclion de ma première note (I). Abandonnés à eux-mêmes dans de l'eau de mer bien pure , ces œufs subissent d'abord l'action de l'endosmose. Une certaine quantilé d'eau pénètre dans leur intérieur, écarte lentement \a. membrane du vitellus , et au bout de six à sept heures , l'œuf est entièrement sphérique. Celui (|iii n'aurait pas suivi la marche de ces phénomènes pourrait croire qu'il existe un albumen entre le vitellus et la membrane extérieure de l'œuf. Jusqu'à ce moment , on aperçoit la vésicule de Purkinje dans l'intérieur de l'œuf, i'ius lard, elle disparaît, et alors la niasse entière du vitellus devient le siège de mouvements très singuliers, en ce qu'ils rappellent parfaitement ceux que nous verrons plus, tard se montrer dans les œufs fécondés. Mais tandis que , chez ces derniers, ces mouvements aboutissent à r organisation du nouvel être chez les (eufs non fécondés, ces mouvements ont pour résultat ou poiu' terme la désorganisation du vitellus. Les mouveiiieiils dont je parle se prononcent d'assez bonne heure dans les ceufs non fécondés. Dès cette époque, je crois (|u'oii l(;s dislingueiail, /( priori, de ceux des (eufs fécondés, non point par l(Mir iri'('';;ulariir;, car nous verrons rpir , chez les Her- {\)AHn i/c» .SV M. Pou- chet, qui a observé le même phénomène chez le l.imnée d'abord, et ensuite chez le Lapin '.'2) , qui a vu de plus le globule se sépa- rer entièrement du vitellus, a adopté la manière de voir de War- ton Jones. Pouchet n'a figuré dans les deux cas qu'un seul glo- bule ; mais Barry figure et décrit ce corps comme double chez le Lapin (3). Bischoff, cjui a observé le même phénomène chez le Chien (4) et chez le Lapin (5), trouve, dans le premier de ces Mam- mifères , tantôt un seul globule et tantôt deux de ces corps. Chez le Lapin , le nombre deux serait constant, d'après lui. Bischolf regarde ces globules comme pouvant bien être la tache germina- tivc devenue libre par suite de la dissolution de la vésicule. Cette la<:he se dégagerait du vitellus, se partagerait d'abord en deux , puis en quatre..., etc., et déterminerait ainsi le fractionnement du vitellus, dont les granulations viendraient se grouper autour des spli(;rules résultant de ces divisions successives. Nous aurons plus loin à combattre celte explication de la segmentation du vi- tellus , ainsi que les déterminations adoptées par les naturalistes. Pour le moment nous voulons seulement constater que le fait de l'expulsion d'un ou plusieurs globules transparents s'échappant du vitellus , à une époque qui précède la segmentation de ce corps, est un fait beaucoup plus général qu'on n'avait pu le croire jus- qu'ici. 3' Peut-être doit-on aussi rapporter h l'apparition de notre (1) Ltmilcm nnd Eilinhwrili pllilnscjphkal .\fiiijn:inr 18^!!). (2) Loc. cit.. pi. (3, fig. 9. (.3) l'hilusophicat Trannactions. (4) Eiilwic/ditiiijsijeichiclUe def h'undc-Eies,v(>n T.L. Bischolî. Braiinschweig, Mi5, pi. I, lig. Mali. |.1) Entwicklungscjeschichte des tianinclivi-Eic^ , voii 1' -L llisthod Br.nins- chweig, (8i2, fig. 17, 19 el 20. 180 DE QUATnEFACIÎS. — SUR 1. EMBH VOr.ÉMK globule transpareni los phénomènes observés par Grube ciiez, les Clepsines. D'après cei aulfiir , l'œuf des Ciepsines demeure piTs d'une heure après la ponte sans rien piésenter de remar(|uable. Au bout de ce temps, on \oit se montrer à l'un des pôles un point, qui tantôt est simple, tantôt est formé de deux petits noyaux. Ce point grossit, et se change en une tache ronde, blanche . ayant à son centre un point gris. La lâche et le point médian grandissent. Le point se change en une tache grise, et la tache blanche forme alors un anneau de même couleur qui prend un accroissement notable (anneau polaire, Pnlarnnf/). Grùbe ap- pelle le point où se passent ces phénomènes le pôle actif; le point opposé est pour lui le pôle inactif. Ce dernier présente souvent , mais non toujours, un anneau à peu près semblable au précédent, mais moins bien limité, et qui disparaît sans se caractériser. Au milieu de la tache grise qu'enveloppe l'anneau polaire , on voit bientôt apparaîti'e un poinlcentral de couleur l)lanche ; enfin, un rebord relevé, et légèrement mamelonné, entoure souvent la circonférence externe de l'anneau polaire. Disons tout de suite que, d'après Criibe , les sillons qui diviseront plus tard le vi- lellus ne sont nullement dans un rapport constant avec son an- neau polaire, et que ce dernier s'etTace et disparaît vers l'époque où le vitellus s'est partagé en six segments. Ne serait-il pas per- mis de penser que l'habile observateur allemand a été trompé par quelques jeux de lumière? Le globule, en s'élevant à travers la masse du vitellus , peut produire des efl'ets de réfraction, qui reproduiraient assez bien presque toutes les apparences décrites par Griibe. /l" J'avoue qu'il m'est très diflicile d'expli(iucr l'origine de ce globule; je ne puis partager à son égard la manière de voir de Warlon .lones et de M. Pouchel. Ce globule, du moins chez les Hermelles et les Tarets, est toujours bien plus petit que la vési- cule germinative. Ce ne peut être non plus la tache de Wagner; car il m'est arrivé plusieurs fois de voir, comme MM. Dumortier. Pouchet.Van Beneden et Nordmann chez les Mollusques, comme Barry et Bischofl' chez les Mammifères, non pas un seul globule, mais deux, et très rarement trois. Le volume de chacun de ces DliS ANMJI.lIMiS. 181 globules inulliples était très sensiblement égal à celui des globules isolés; aussi , toutes mes observations me portent à considérer ces petits corps comme formés uniquement d'une certaine quantité de la substance (jui réunit ejilre elles les granulations viteilines. 5" Mais quels peuvent être les usages de ce globule? Ici, je n'ai pas même une conjecture à émettre. Ce corps persiste pen- dant les premiers temps de la période suivante ; puis il semble se dissoudre dans le liquide existant entre le vitellus et l'enveloppe ovarique ; du moins, il disparaît sans qu'on en trouve de trace. Bischoff a vu aussi chez le Chien ce globule simple ou double diminuer progre.ssivement de volume , comme s'il était dissous peu à |3eu. Viendrait-il , en mêlant sa substance au liquide qui l'entoure, en enduisant l'intérieur de l'enveloppe ovulaire, leur communiquer les propriétés éminemment plastiques de la gangue vitelline? Je sais tout ce ([ue cette hypothèse a de vague et de hasardé ; aussi me burnerai-je à poser la question. 6° Nous avons vu plus haut que la vésicule germinative dispa- raissait spontanément chez les œufs non fécondés. Je regrette aujourd'hui de ne pas avoir suivi avec plus de soin les circon- stances de cette disparition, afin de m'assurer si elle présente des circonstances analogues à ce qu'on observe chez les œufs fécondés, et entre autres si le globule transparent se montre également dans les cas de non-fécondation J'appelle sur ce point l'attention des observateurs. 7" fjuoi qu'il en soit, il est évident que la fécondation exerce une induence des plus marquées sur l'état de l'œuf et le modifie rapidement. Elle semble accéléi'er d'abord les effets de l'endos- mose, car la distension du vitellus, la séparation de la membrane ovarique, se font ici en quelques secondes, tandis que plusieurs heures sont nécessaires pour qu'elles aient lieu dans les œufs non fécondés. Mais, ce premier moment passé, la fécondation semble contrebalancer d'abord, puis annihiler la force d'endosmose, car la membrane ovarique , au lieu de se distendre comme dans les œufs non fécondés et de former une sphère unie, reste plissée, ce (|ui semble indi(|uer la cessation de tout afQux de liquide venant de l'extérieur. 182 DE QIIltrUEFACES. — Sl'H l.'EMlillYOC liME DEUXlèHI PÉniODF.. De l'expulsion du (jlob'ile Iransparenl à l'appnritivn de la bouche. (Durée, environ 8 heures.) La segmentation du vitellus commence très peu de temps après Pexpulsion du globule transparent. Souvent cette segmen- tation ne se prononce pas d'une manière franciie. Des dépressions se montrent sur divers points de la surface du vitellus, puis s'ef- facent rapidement. Enfin . sur un point variable de cette surface, on voit une de ces dépressions se prononcer davantage, entourer le vitellus comme un anneau, former une sorte de gouttière cir- culaire qui se creuse de plus en plus, et le vitellus se trouve divisé. Généralement le vitellus se divise d'abord en deux lobes, puis en trois. Mais il n'y a rien de régulier, même dans les premiers temps de celte segmentation. On peut en jiiger en jetant un coup d'œil sur les figures ci-jointes, qui toutes ont clé calquées 1). A partir de ce moment le fractionnement continue, mais tou- jours avec la même irrégularité Sur les milliers d'œufs qui me sont passés sous les yeux, je n'en ai pas rencontré deux où la seg- mentation s'accomplît identiquement de la même manièi e. l'our me bien assurer de ce l'ait, j'ai calqué un très grand nombre de figures que je ne puis reproduire ici, mais qui mettent la chose hors de doute. Une fois , entre autres, j'ai suivi le développement de trois œufs qu'embrassait à la fois le champ de mon micro- scope. Depuis lemonientde l'expulsiondu globule ju.-^qu'à l'époque où la larve est prête à se constituer, j'ai cal(|ué au fur et à me- sure toutes les modifications qui se présentaient dans !eur forme et pas un de ces dessins ne ressemble à l'autre. (^ette manière d'observer me permet de metire en quel(|ue sorte sous les yeux du lecteur un autre résultat auquel j'étais loin de m' attendre et que je crois tout nouveau dans l'histoire de l'enibryogénie. Chez les Hcrmelles , le niorccllcment du vitellus (I) rt 3, fjg. xvna XXII. DES a\m;i.idi!s. 183 ne marche pas d'une manière toujours progressive. Chez elle , hi masse vileihne, après être arrivée à un certain degré de division, éprouve un mouvement contraire, un mouvement de concentra- lidii. Plusieurs des lobes formés se réunissent alors en un seul. Pour mettre ce fait hors de doute , je reproduis dans la planche ci- jointe le calque dos prii]ci|)ales modifications que m'a présentées un (l'ufdans l'espace de quatre heures moins quelques minntes(l). Ces ahernatives de division et de concentration se succèdent de telle sorte qu'à chaque fois la division est plus considérable et la concentration moins complète. Il en résulte qu'en définitive le vitellus va se morcelant de plus en plus, jusqu'à ce que les divi- sions au moins de la surface ne soient guère plus grosses que les granulations vitellines qu'on trouve dans l'œuf non fécondé. Pendant six à sept heures ces phénomènes se succèdent sans amener de modifications dans la structure de la substance vitelline; mais alors on voit peu à peu le vitellus devenir un peu plus trans- parent. En même temps les divisions de la surface perdent sen- siblement la couleur et la composition vitellines. Elles commen- cent à former de grands lobes irréguliers et peu nombreux , ne rappelant en rien ce qui se passe au début de la période actuelle, et dont la substance revêt en quelque temps l'aspect des tissus en voie de formation. Cette couche extérieure est d'une épaisseur à peu près égale au quart du diamètre de l'œuf. Elle enferme une masse intérieure dont la couleur et la composition rappellent en- core assez exactement ce qu'on trouve dans un œuf frais. Cette masse intérieure subit à son tour des changements assez rapides. Elle s'organise en un certain nombre de grandes granu- lations arrondies dont je n'ai pu reconnaître bien positivement la nature, mais qui pourraient bien être de véritables cellules. Les granulations conservent quel([ue temps encore la couleur jaune verdatrc du vitellus. Bientôt on voit une lacune se former entre les granulations et se prolonger vers la surface du vitellus (2). Arrivée là, cette lacune dessine sur cette surface un espace irrégulièrc- (ijPl 4, (ig. I (?) PI 4, fig II. ISÙ DE Qi'jtriiEFAGES. — suii i.'kmbl; YOCIÎMI: meut triangulaire, cmeiqucfois quadrilatère, plus clair (]iie le reste, et que nous verrons plus tard être la buuche. Bieiilùl la lacune s'agrandit , se régularise quelque peu et figure une ca- vité centrale entourée de grandes cellules (?) rondes (1 ) , qui ont perdu la couleur caractéristique du vitellus. Far les progrès du développement, cette cavité deviendra celle de l'intestin. Réflexions. — 1° Dans ce qui précède je n'ai rien dit de la membrane ovarique. Son état mérite pourtant toute noire atten- tion. Pendant la période dont nous venons de parler, elle ne subit aucun changement , soit dans sa position , soit dans son aspect. Seulement il arrive quelquefois que les mouvements du vilellus, en portant une plus grande quantité de substance sur cjuclque point de l'œuf, changent d'une manière toute mécanique les plis irréguliers formés par la men)brane enveloppante. 2° L'inspection seule des dessins où j'ai représenté les mouve- ments éprouvés par le vitellus suffit, ce me semble, pour faire reconnaître que ces mouvements ne se passent pas seulement à la surface du vitellus, mais qu'ils ont leur siège dans la masse tout entière. Quand on a suivi pendant quelque temps les change- ments généraux et les modilicalions locales qui se [iroduisent continuellement dans ces œufs pétris ainsi en tout sens par une force mystérieuse, il est impossible de ne pas reconnaître que les globules vilellins sont entièrement passifs dans ce phénomène, et (juc la puissance modificatrice agit directement sur la gangue transparente qui réunit les globules entre eux. 3" Rien d'ailleurs ne ressemble moins que ce fractionnement à une évolution cellulaire telle qu'on la comprend dans la théorie dcScliwan. Nulle part on n'aperçoit la moindre Irace de cloisons entre ces divers lobes. Le fait seul de leur fusion, de leurs chan- gements de forme continuels s'oppose d'une manière absolue à ce qu'on admette celte théorie. Tout ici, au contraire, rappelle en réalité le mouvement des Amibes, celui des Planaires, etc. , animaux dans lescjucls on voit aussi des granulations diverses (I) PI l, fig. m. DES A.NMil.lDES. 185 eniraiiiées par les iiiouveiiieiilsde la substance vivante contractile (lui les porte, ou au milieu de laquelle ils sont plongés. /l"Les partisans de la théorie cellulaire ne sauraient invoquer ici en leur faveur l'existence de ces espaces clairs que j'ai représentés dans mes premiers dessins il). D'abord, ces espaces clairs n'ont rien de constant. Dans les deux lobes d'un même vitellus, tantôt ils existent et tantôt ils n'existent pas {"2). Quelquefois tous les lobes en sont pourvus (.5). D'autres fois ces espaces clairs manquent dans tous {li\ On reconnaît d'ailleurs assez facilement par la compres- sion et l'écrasement ([ue ce ne sont là nullement des noyaux, (-es espaces clairs résultent de l'accumulation de la gangue Ivanspa- renle elle même , (|ui s'amasse au cenli'e du lobe et se sépare des granulations vitellines par une sorte de départ. Va\ admettant, ce dont je n'ai pu m'assurer d'une manière bien certaine , que dans les derniers temps de cette période il existe de véritables cellules, surtout dans la masse centrale, il est bien évident pour moi qu'elles se seraient formées par un mécanisme semblable à celui que Vogt a observé chez le Cra|)aud accoucheur et chez l'Actéon (5 , et nullement d'après les lois admises par les partisans de la théorie cellulaire. 5" Les recherches de divers ovologistes ont montré que chez les animaux supérieurs, chez les Mammifères en particulier, il existe quelque c:hose de tout semblable à ces espaces clairs. Les uns ont voulu y voir des noyaux de cellules, d'autres oui com- battu cette opinion. BischotT, en particulier, décrit, au milieu des lobules du vitellus fractionné, de petits corps sphériques sembla- bles à des gouttelettes d'huile, et auxquels les granulations vitel- lines adhèrent fortement. 11 regarde ces corps sphériques cen- traux comme une poslérité de la lâche germinalive qui , a[)rès la disparition de la vésicule de Purkinje , s'élèverait à la surface du (1) PI ^. li;,' XVIIl à XXI. (2) PI. J, (i;;. XVIIl, XX, XXI. (3) PI. 3, fig XIX. (i) PI 3, llg. XXII f'i; .S'/ii t einfinjuijifnie lUi ifulluHqitei, Giisterdpmlii ( Ami dus Se nal , (846. p 59) 186 DK «JlI.tTKEFAUES. SUU I 'liMlill Y0<; lîME vilellus , s'y diviserait d'abord en deux , puis en un plus grand nunibre de parties, autour desquelles viendraient se grouper les granulations vileliines , et déterminerait ainsi la segmentation du vitclius. J'ai déjà dit plus haut que les globules trouvés par Barry et par Bischolï seraient bien plus probablement les analogues du globule transparent , expulsé avant la segmentation du vitellus. D'ailleurs, dans l'hypothèse de BischofT, on comprendrait bien difficilement que le vilellus vînt entourer ces fractions de la tache germinative sans que l'œil put apercevoir les mouvements très étendus nécessités par le transport de presque toule la matière vitelline. Ensuite, lors des divisions subséquentes, on verrait ces fractions de la tache passer d'un lobe à l'autre, ou au moins se séparer les uns des autres. Or, je crois pouvoir assurer qu'il ne se passe rien de pareil. Vogt qui, dans son embryogénie de l'Actéon, a observé avec un soin extrême tous ces premiers temps de l'évolution vitelline n'a également rien décrit de semblable. Tout ce qu'il dit, au contraire, cadre parfaitement avec ce que j'ai vu. Je ne puis donc admettre pour les œufs d'Anuélide l'opi- nion émise par Bischoff, et bien qu'en pareille malièi-e il faille être d'une e.\trème circonspection, je suis bien porté à penser que les choses se passent chez le Lapin et le Chien comme chez les llermelles. Une des circonstances qui me paraissent militer en ma faveur est cette adhérence extrême des granulalions vitellines à la sphère diaphane qu'elles entourent. On comprend, en effet, qu'il ne peut en être autrement si cette sphère est en continuité avec la gangue qui les colle les unes aux autres, comme cela résulte de mon explication. 6" Quoi qu'il en soit , dans tous les phénomènes qui se passent pendant la période que nous venons d'examiner , la substance diaphane qui unit les granulations vitellines joue évidemment le premier rôle, ou, pour parler plus exactement, c'est probablement elle seule qui entre en action. La disparition des granulations vitellines, leur assimilation de plus en plus complète, l'éclaircis- sement de la masse qui en résulte , ne sont que des conséquences de l'action exercée par cette gangue vivante. C'est donc elle qui est la partie essentielle et fondamentale du vilellus. Pendant toute Di:S ANNlil.lUliS. 187 celle période elle se coiiiporle bien léelleiiienl Cdiiiuie la substance animale primaire d'Okcii, comme \:i sitbsiancc neurumiuire de Uugès, surtout comiiie le Sarcode de Dujardiii, Iruis expressions par lesquelles ces naturalistes ont rendu des idées à peu près semblables. 7° La formation par lacimes de la cavité de l'intestin est ici bien évidente. Je crois avoir été un des pi'emiers à signaler cliez les l'ianorbes et les Lininées un mode de formation semblable pour la cavité de l'estomac (1). Depuis, quelques observateurs, et entre aulres M. Vogt, ont recueilli des faits analogues chez d'autres Gastéropodes (i2). TROISIHME PERIODE. I Dei'Uis t'appdntioH de lu boHctujjtinqu'à la dispuritiuii des ciis vibratilcs txtèrieurs. ( Durée, environ 50 lieures.) I'resr|ue imiiiédiaicmcnt après ra[iparilion de la bouche , on voit les œufs dont pas un ne ressemble à l'autre, et qui ont tous leur membrane ovarique irrégulièrement plissée, commencer à se mouvoir spontanément. A leur début, ces mouvements consistent en de petites oscillations brusques, saccadées, d'abord rares et peu sensibles, puis de plus en plus répétées et étendues. En même temps on voit se former autour de l'œuf des courants très faibles dans le principe, puis plus rapides, qui entraînent les corpuscules voisins. Au bout d'un temps variable, le mouvement oscillatoire se change en un mouvement de rotation qui s'active de plus en plus, etenlin,à un moment donné, Vwuf, devenu larve, s'échappe bru.~(|urmenl , comme s'il était emporté par une force tangenlielle. Ces larves parcourent le liquide d'abord , en cpicique sorte , en aveugles. Leurs mouvements n'ont rien d'arrêté. Llles roulent, pour ainsi dire, en pivotant sur un axe qui change, et souvent (■Iles basculent d'arrière en avant sans cesser de présenter cette espèce de rotation dans le sens latéral. fl) Mcmmiv sur l'imlini'njruie des l'iunorbcs et des Limiiw!i(^Aiiii. des Se. luil., (2J Mèmjirebur l embriioijèiue de» MuUusquei Gaaléropodes. 188 DE QLIATKICF.tUKM. — SDIi l.'liMnii YOC lÎMIi La cause de ces prcmieis mouveineiits écliappe d'abuixl i l'ob- servaleur , du moins il m'a été impossible de la reconnaître dans les tout premiers temps. Un peu plus tard, quand les larves coinmenceiit à présenter des oscillations un puu plus étendues , on aperçoit , mais avec beaucoup de peine , autour de la bouche , un petit nombre de cils très fins qui frappent l'eau alternative- ment et à intervalles irréguliers (1). Ces cils se luulriplient très rapidement, et il m'a semblé recon;;aître chez quelques larves qu'il venait un moment où elles hérissaient le corps tout entier. Ouoi qu'il en soit de cette observation, dont je ne suis pas très sûr, cet état ne durerait (|ue fort peu de temps. Au moment oii l'œuf passe ainsi à l'état de larve , sa forme est exlrêmemenl iiréijulit're. On ne trouve pas , je le répète , deux vitellus semblables. La membrane ovarique présente les mêmes plis que dans la période précédente et les rapports avec le vitellus n'ont rien de constant (2). Mais bientôt la larve tend à se régulariser, et les saillies, les sinuosités s'effacent de plus en plus. En même temps, la membrane ovarique, jusque-là évidem- ment inerte et entièrement passive, semble entrer en action ; ses plis s'efTacent peu à peu, et elle éprouve un mouvement de retrait par suite ducjuel on voit diminuer progressivement l'espace qui la sépare du vitellus (3). Les phénomènes dont je viens de tracer l'histoire sont géné- ralement accom|)lis daijs les douze premières heures qui suivent la fécondation. A [larlirdecc moment, la marche du développe- ment se ralentit , et ce n'est guère que vers la scizièinc heure que la larve, parfaitement constituée, parcourt librement le liquide en donnant des signes manifestes de spontanéité. A cette époque sa forme, un peu allongée, conserve encore des traces de son irrégularité passée (4), mais la membrane ova- rique s'est entièrement moulée sur le corps, où elle remplit le rôle d'épiderme. Aux deux extrémités on iiperçoit deux petits ma- il) Pi. 4, fig. IV (2jPI. 4, Hg. Il, III (;i) PI. 4, fig. IV. (i)PI, l, fig. V. i)KS A^^Él.ll)l•:s. 180 nioloiis, (|iii st; disUiiguent des auLros lissas par leur slrucliire très finemenl globulinciise Ces mamelons sont lisses cl nus , tout le reste du corps est couvert de cils vibraliles fins et longs , (lui déterminent autour de la larve de rapides courants. Dans cet état, et dans les pliiises suivantes de son évolution, la larve des llermelles ressemble, sous presque tous les rapports, aux laives de Térébellcs pt de Protulos, décrites i)ar M. Kdwards (1). La bouche est bien marquée et, comme elle n'est pas placée à une des extrémités de la larve, elle indique déjà quelle sera la face inférieure du corps (2i. A l'intérieur , la cavité de l'intestin se ré- gularise de plus en plus. Elle est entourée encore de granulations qui ont perdu leur forme arrondie et sont devenues polyédriques en se pressant les unes contre les autres. On dirait en outre que lacouclie formée par ces granulations tend à se détacher des tissus sous-épidermiques, c'est-à-dire que la cavité générale du corps commence à se prononcer. Ces larves vont et viennent dans le licpiide. s'arrêtent par moment, en adhérant tantôt au verre in- férieur , tantôt au verre supérieur du compresseur. Elles sont très contractiles. Leurs tissus, d'une délicatesse extrême, diffluent à la moindre pression. Jusque vers la quaranie-huilième heure, les larves ressemblent beaucoup h. ce que nous venons de voir; seulement leurs tissus, par les progrès de l'organisation, deviennent beaucoup plus trans- parents et homogènes , ce qui fait qu'on distingue moins nette- ment les diverses parties (3. Cependant la cavité générale du cor[)s est bien formée et sépare l'intestin des couches des tissus sous épidermiques. C'est seulement dans ces dernières que quel- ques grains de pigment d'un jaune verdàtre apparaissent çàet là. I.'instestin n'a guère change ; ses parois sont encore comme com- posées de cellules. Les cils, très nombreux, très fms, plus longs fX plus gros en avant, couvrent tout le corps, à l'exception des mamelons terminaux qui ont gagné en étendue. Du mamelon (1) lyic cit . [)1. o, (ig 5; pi. 9, fig. .'iO. (2) !.nl .irrélp el vu par dos, n<" pormi'l pas cir di.slinpiKT la Imciclic. ;t, l'I l II-. Vl 191) ME i;S ANMÎI.IDI'S. l'JI lorsque le inoiiveiuoiil des vagues l'ciitraiiic (Jaiis une localité propre à favoriser son développement ultérieur. A rintéricur, les r lioscs ont pcuchaugé; seulement les parties sont devenues plus distinctes. La cavité générale du corps est bien accusée. Les tissus sous-cutanés forment une couche proportion- nellement bien plus mince que par le passé. L'intestin est étendu d'une extrémité à Tautre du corps, mais je n'ni pu encore distin- guer d'aïuis. On voit autour do la bouche et tout le long du lobe intestinal des cils vibratilcs, comnje ceux cjui tapissent ces par- ties ctiez les animaux adultes. On aperçoit li'ès nettement l'origine des soies dans l'intérieur des masses de tissu où elles prennent naissance, mais il n'existe encore aucun des muscles latéraux (|ui, chez les Annélides, servent à mouvoir les pieds. Ici c'est la masse entière du tissu pédieux (jui se contracte. Observation. — 1° J'ai conservé, à diverses reprises, des larves vivantes dans l'état que je viens de décrire pendant (|ua- lorze et quinze jours, mais toujours elles ont lin! par mourir sans avoir subi de changement appréciable autre que rallongement des soies. Bien que j'aie varié de plusieurs manières les condi- tions dans lesquelles je les plaçais, le résultat a toujours été le même , et je n'ai pu par conséquent observer les métamorphoses ullérieures. 2" Je ne sais trop si, parvenues à cet état les larves ont dé'jà l'anus perforé. Je n'ai jamais vu dans le tube digestif la moindre trace d'aliment. Placées pendant plusieurs heures dans de l'eau carminée, elles n'ont jamais avalé de matière colorante. Cepen- dant elles se nourrissent en empruntant à l'extérieur des matières alibiles, car les couvées placées dans de l'eau pure et renouve- lée fréquemment ont toujours péri du huitième au dixième jour . tandi.>j qu'en les plaçant dans un litpiide où on laissait se dévelop- per ces populations microscopiques , animales et végétales, qui envahissent si rapidement l'eau de mer, j'ai pu conserver des individus vivants jusqu'au quinzième jour. .> Cette période du développement des Hermelles nous offre un second exemjjlede la manière dont se forment les cavités. Les 192 i»E QL'ATitEF«Gr:<«. — sim l.'l■:^lli[iYO(:l';^rl; conciles sous-cutanées se détachenl de l'intcslin , et par consé- quent la cavité générale du corps se ïorme pur Uiciaies tout aussi bien que le canal digestif. Ix° Un des faits les plus remarquables présentés par cette pé- riode est la manière dont se comporte la membrane ovarique. Celle membrane existe dans l'œuf non fécondé, oli elle sert à la fois d'enveloppe générale de l'œuf et d'enveloppe vilelline. Nous venons de voir, en outre, qu'elle entre de toutes pièces dans la constitution de la larve. C'est à sa surface que se montrent les cils vibratiles, à une époque où ses rapports avec le contenu (ju'elle eiitoin-e n'ont encore absolument rien de fixe, de con- stant. Plus lard, elle vient s'appliquer sur ce contenu, et jouer le rôle d'épiderme. Je ne puis conserver de doutes sur ces faits , et j'espère que le lecleui', en étudiant avec quelque attention les dessins calqués que j'ai mis sous ses yeux (1), sera arrivé à la même conviction. En effet, pour qu'il en fût autrement, il fau- drait admettre que celle membrane a été dissoute insensiblement pendant le travail de la segmentation , et remplacée par une autre membrane exactement semblable à elle , hypothèse qui n'ofl're aucime probabilité et ne s'appuie sur aucun fait. Ainsi, cette membrane ovarique , préexistant à la fécondation , joue au moins en partie le rôle du feuillet séreux des œufs d'animaux vertébrés. 5° Il est évident, d'après le texte et les planches de Koch, que, chez les Annélides ordinaires ou du moins chez les Eimices , il doit se passer des phénomènes semblables à ceux que je viens de dé- crire. Seulement, le naturaliste allemand, n'ayant pas suivi le développement des œufs d'Eunice comme je l'ai fait , ne pouvait connaître l'origine et la nature des diverses parties qui entrent dans la composition de la larve (2). 6° Un autre fait important à signaler ici, c'est que, par suite du travail de segmentation , le vitellus se partage bien évidemment en deux parties, dont l'une arrive avant l'autre à un certain de- gré d'organisation animale (3). La première, l'externe, donne (1) PI. 3, fig. Mil il XX, el PI- i, ng. Il ,1 IX. (2) Uic. cH . pi. I, lig. I. 2 pl 3. (:i) Pl. 4, tig. Il à V inîs A\NKLii)i:s. lits plus lard naissance aux couches soiis-cutani'L's ; la seconde , l'in- terne, au lube digestif. L'une et l'autre passent de toute pièce de l'un de ces étals à l'autre ; ainsi, le \ itellus en masse se transforme en larve. Nous aurons également à revenir bientôt sur ces faits, en comparant le développcfnent des Hermelles à celui d'autres animaux. 1° A l'époque de la mort de mes diverses couvées , les larves des Hermelles sont déjà caractérisées comme Annélides chéto- podes, par la symétrie des deux moitiés latérales du coi-ps , et l'existence de pieds à soies mobiles, naissant dans un mamelon prolongé à l'intérieur du corps; elles avaient commencé par pré- senter les caractères d'un simple Annelé inférieur. 8° Ainsi, l'étude embryogénique des Hermelles, Annélides ano- males sous plusieurs rapports , confirme pleinement les résultats généraux, auxquels M. Edwards avait été conduit par l'embryo- génie des Annélides ordinaires. Chez les unes et les autres , le premier caractère qui se montre est de ceux (|ui distinguent l'em- branchement tout entier, et les caractères des groupes secondaires apparaissent dans l'ordre de l'importance de ces divisions. OBSERVATIONS GENERALES. Nous venons d'examiner chez les Hermelles l'œuf et son déve- loppement. Comparons maintenant ce que cette histoire nous a enseigné de plus général aux faits du même ordre observés chez quelques animaux , et d'abord chez les Mammifères. D'après BischolF, dont le beau travail nous semble avoir résolu d'une manière à peu |)rès complète la plupart des questions diffî- ciles (\iie présentent ces études, l'œuf des Mammifères, au sortir delà vésicule de Graaf.se compose d'une tache germinative. d'une vésicule fjerminalive, d'un vitellus, et d'une enveloppe unique, qu'il appelle la zone transparente (zona pelluciila; membrana corticalis, chorion de Baér , membrane vitelline du même auteur et de t^oste (1;), immédiatement appliquée sur le vitellus. Le tout est (I) La plupart iU\ ces expressions nous paraissrnl peu exactes, et c est pour I elle raison i|ue nous avons cru devoir adopter la dénuniinallon de memhnme 3' série Zool. T X (Octobre l«»8 ) j U ■19Zl DE ^JIATRKFACKS. SUIl l'k.MBUVOGÉME entouré par un amas (Je granulations [cellules '^j qim tous les em- bryologistes ont vu, que quelques uns, entre autres Barry, i-egar- dent comme une w(e»(/)rar)e proprement dite , et qui n'est pour Bischoff que des débris irrégiiliers du disque proligere restés adhé- rents à l'œuf. Nous retrouvons exactement les mêmes parties dans l'œuf des Hermelles, sauf que rien ne rappelle ici l'existence antérieure d'un disque proligère , dont on ne trouve, en effet, aucune trace dans l'ovaire. Chez les Mammifères aussi bien que chez les Hermelles , ta fé- condation hâte bien évidemment la disparition de la vésicule ger- minative. Chez les Mammifères, comme chez les Hermelles , peu après la fécondation , l'enveloppe unifiue de l'o'uf ; membrane ovurique) s'écarte à une cerlaine dislance du vitellus, et une certaine quan- tité de liquide s'introduit par endosmose entre ces deux éléments de l'œuf. Chez les Mammifères, au moins chez les Lapins et les Chiens, d'après Barry, Pouchet et Bischoff, tout comme chez les Her- melles, nous voyons, peu de tem[)s après, se montrer un ou deux globules transparents (jui se séparent du vitellus, et viennent se placer entre ce dernier et la membrane ovarique. Chez les Man)mifères, comme chez les Hermelles, l'expulsion de ces globules transparents est suivie par le singulier travail de la segmentation du vitellus; toutefois, cette segmentation se fait d'une manière progressive et régulière chez les premiers , tandis qu'elle est intermittente et irrégulière chez les secondes. Chez les Mammifères, connue chez les Hermelles, ce travail de segmentation conduit à un résultat identique , la division de plus en plus complète du vitellus. Chez les Mammifères, comme chez les Hermelles, très peu de temps après que le travail même de la segmentation a ramené le vitellus à présenter une surface lisse , on voit la couche exté- rieure de ce vitellus perdre l'aspect vitellin et s'organiser. La membiane, (|ui se forme ainsi chez les Mammifères, a reçu le nom de blaslodeiino . de vésicule blastoflrrniique. I,a couche cor- DKS ANMÎMDliS. 195 respoiidcante choz los llennelle* , (juoiciue p^ul-iHie moins nette- ment acdisoe , doit prendre le même nom. Chez les Mammifères , comme chez les Hermellcs , le liquide interposé entre le \ ileilus et l'enveloppe unique de Tœuf dispa- raît après le travail de la segmentation ; seulement , celte dispari- lion [résorption (?) J a lieu , chez les premiers, avant la formation, et , chez les secondes, après la formation du blastoderme. Chez les Mammifères, comme chez lesHermelles , l'enveloppe unique de Vœui {membrane uvariiiue i et le blastoderme récem- ment formés demeurent un certain temps dislincts l'un de l'autre, et plus ou moins isoles. Jusqu'à ce momenl , à, une exception près . sur laquelle nous reviendrons tout à l'heure, les phénomènes embryogéniques sont pre.sque rigoureusement comparables chez les Mammifères et chez les Hermelles. Ici conimencenl à se manifester des diffé- rences essentielles; toutefois, nous avons encore à signaler deux faits remarquablement semblables. Chez les Mammifères , comme chez les Hermelles , au bout d'un certain temps , la portion externe du blastoderme s'unit in- timement à l'enveloppe unique primitive de l'œuf. Chez les Mammifères , comme chez les Hermelles, cette enve- loppe primitive de l'œuf semble s'animer après cette réunion. Chez les Mammifères, elle forme la portion extérieure du chorion, et se couvre de viltosilcs; chez les Hermelles, elle devient Yépi- derme de la larve, et se hérisse de cils vibratiles. Sous ce rapport, l'épiderme de la jeune Hermelle est bien réellement un chorion persistant faisant corps avec le nouvel animal. Mais, chez les Mammifères, le blastoderme, formé aux dé- pens des couches extérieures du vilellus, se partage, dès son ori- gine, en deux feuillets. Chez les Hermelles, je n'ai aperçu aucune trace de cette division. Chez les Mammifères , le feuillet externe ou séreux du blasto- derme donne naissance à la peau et aux tissus sous-cutanés. Chez les Flermellcs, la portion blastodermique du vilellus s'organise tout entière pour former ces derniers. La peau, nu au moiiis l'épiderme , est formé: de toutes pièces par l'enveloppe primitive 190 or, Ql'ATREFAtiES. — SUR l.V.MrinVlJUKME derct'iil'; sons ce rapport, celle enveloppe, à qui nous venons (Je voir remplir le rôli» de chorion , correspond , en outre , à une |)artic du feuillet séi'cux blastodermique des Maniiiiifères. Chez les ^Iammifères,le feuillet interne ou n)U(|ueux du blasto- derme donne nnissance au tube digestif, et une portion de la vé- sicule blastodermique restée en dehors de cette modification forme la vésicule ombilicale. (Jhez les llermelles, la vésicule ombilicale manque complètement. Le tube digestif se forme de toutes pièces par l'organisation de la portion centrale du vitellus; cette portion centrale représente donc le feuillet muqueux du blastoderme des Mammifères. Chez les Mammifères , entre les deux feuillets blastodermiques dont nous venons déparier, il s'en développe un troisième, qui devient le point de départ de l'appareil vasculaire. Chez les ller- melles , on n'aperçoit aucun vestige de ce troisième feuillet. A sa place, entre les couches sous-cutanées et l'intestin, se montre de très bonne heure celte cavilé générale du corps , sur laquelle j'ai lant de fois appelé l'attention des naturalistes; cavité remplie, chez tous les Invertébrés adultes, par un liquide qui , môme chez les Invertébrés les plus élevés en organisation , joue , sous bien des rapports, le rôle du sang, et qui , chez les Invertébrés infé- rieurs , remplace complètement ce fluide nourricier. Enfin, chez les Mammifères, l'embryon n'occupe, dans le prin- cipe . qu'une très petite étendue du blastoderme. En se dévelop- pant progressivement , il ne l'envahit jamais en entier. Une portion de la vésicule blastodermique et l'enveloppe primitive de l'iiHif restent toujours étrangères à la constitution du nouvel être, etservent seulement d'intermédiaires entre lui et le monde extérieur. Chez les Hermelles, l'reuf entier se métamorphose de toute pièce en embryon, et par conséquent on ne trouve ici rien qui rappelle le cunndns proHgeriis, V'aire (jerminative, ni la lii/nr primitive de l'reuf des Mammifères. En se plaçant à un point de vue plus général , on peut dire que, lant que le germe resie à l'état d'œvf. il y a une ressemblance extrême dans les phénomènes du dévelo|ipement chez des Mam- Uiifères et chez des llermelles, cl que celte ressemblance cesse ni:s A^MîMorcs. 197 piesiiue aussitôt que se manifestent les premiers vestiges d'une organisalion animale (1). Maintenant , comparons rapidement nos observations à ce que d'autres naturalistes ont vu chez des animaux appartenant au groupe classique des Annéiides. Cette comparaison ne saurait d'ailleurs être très détaillée ; car les observateurs qui m'ont pré- cédé dans ces recherches n'avaient pu étudier les premiers temps du développement avec la facilité que me donnait la mé- thode des fécondations artificielles. Malgré l'imperfection inévitable du travail de Weber , on re- connaît que les premiers phénomènes doivent être essentiellement les mêmes chez la Sangsue et chez les Hermelles. Mais chez la Sangsue, il existerait, d'après le naturaliste allemand , une véri- table aire germinative envahissant peu à peu le blastoderme , et sur laquelle se développerait l'embryon. Sous ce rapport, l'em- bryogénie des Sangsues se rapprocherait de ce qu'on voit chez les Mammifères. Grùbe, comme nous l'avons vu, ne paraît pas avoir observé la formation d'un blastoderme formé aux dépens des couches ex- ternes du vitellus. Probablement, son attention aura été détour- née de ce fait, peut être peu apparent chez les Clepsines, par l'apparition des taches blanches remarquables, qui dessinent peu à peu l'aire embryonnaire (aire germinative). Quoi qu'il en soit , les faits rapportés par Grùbe confirment l'assertion de Weber , relativement au développement progressif de cette aire et de l'embryon lui-même. Les observations de Frei sur les premiers temps du fraction- (I) Il y a loulpfois une différence remarquable à signaler dès la première pé- rioile du développement entre l'œuf des Mammifères et celui des Hermelles. Bis- chofT a vu une fois , avant l'apparition des globules transparents , le vitellus se couvrir de cils vibratiles et exécuter des mouvements de rotation. Je n'ai rien observé de semblable chez les Hermelles Au reste, Bischoff lui-mi^me n'a pu répéter cette observation . Mialj.'ré bien ries tentatives , et alors même que le fait serait ronstanl. on pourrait n'y voir que la preuve d un travail préparatoire ana- logue à celui qui caractérise notre première période, mais se manifeslanl ici pat un phénomène spécial 198 HE QlIATREFACil:». — SCIt L'kMBUVOC lîME nemeiil du vilellus clicz les Népliélis s'accordent mieux avec les faits découverts par Wcber. 11 est à regretter que ce travail s'arrête précisément k l'époque où l'aire germinative n'aurait probablement pas tardé à se montrer. Ainsi, cliez les Hirudinées observées jusqu'à ce jour, on ne trouve pas cette transformation en masse du vitellus s'organisant simultanément sur tous les points pour consiituerle nouvel être ; de plus , ni les Sangsues, ni les Clepsines , ne passent par l'état de larve. Sous ce double rapport, le développement des Hirudi- nées se rapproche de celui des Mammifères, bien plus que celui des Hermelles. Je n'entre pas ici dans le détail des dilïérences que cliacun appréciera facilement. * J^es observations de M. Miliie lidwards sur les Annélides or- dinaires s'accordent parfaitement avec ce qui précède. Il est facile de reconnaître dans les figures de l'œuf des Pro- tules, faisant partie du travail de M. Edwards, la séparation du vilellus en couche extérieure et en portion centrale. On re- connaît également que ces deux parties s'organisent à la fois dans toute leur étendue pour former, l'une, les ti sus sous-cutanés, l'autre , le tube digestif de la larve. Ces observations rentrent donc complètement dans celles que nous ont fournies les Her- melles. Il en est de même de celles que Saarsnousa fait connaître sur le développement des Polynoës ; de plus , les Annélides ob- servées par ces deux naturalistes passent, comme les Hermelles, par l'état de larve. Au contraire , les faits recueillis par Kœllicker sur les œufs de Cystonereis et d'Exogone s'écartent considérablement des résul- tats précédents. Selon Kœllilcer , il existerait chez ces Annélides une partie primitive comparable à celle qu'il a trouvée chez cer- tains Insectes (1) , c'est-à-dire que le blastoderme, après s'être constitué , se contracterait, de manière à ne plus former autour du vitellus qu'une sorte de ceinture incomplète. Cette partie pri- (\) Observationex déprima Insectorum genesi, disserlatio inauguralis quam scripsit Aibertus lîœlliker. Turici, 1842. — Cette dissertation renferme l'histoire tmbryogénique du Cliiionovius zonatus (Sctiranli), d un autre Chironome, duSi- mii/w fimcscfii.* (Bremi), pl du Dmintia crasxipfs. J DKS AN.MÎI.IIIES. 199 niitive, deveiiaiil rembryon, s'étendrait peu à peu, de iiianière à recouvrir de nouveau loutie vileiius, qui serait progressivement résoi'bé. Enfin, l'embryon se constituerait immédiateinent en- Annéiide , reconnaissable à sa division en anneau , et pourvue de ses tentacules , avant même que le vitcllus eût entièrement disparu. On voit que ce mode de développement diffère de celui que Weber et Griibe ont signalé chez les Hirudinées , et de celui que MM. Saars, Milne Edwards et moi , avons observé soit cliez les Annélides ordinaires, soit chez les Hermelles. Malgré ce désaccord , je suis bien loin de rejeter les observa- tions dfi Kœiliker, et cela d'autant plus qu'elles s'accordent avec un fait qui m'est personnel. Dès 1842 , j'avais trouvé , dans une masse de Corallines recueillies à Saint-Vaast-Iallougue, une jeune Annéiide déjà reconnaissable pour une Tubicole, à la différence de ses pieds thoraciques et abdominaux. Cette Annéiide portait sur le dos une poche pédicellée renfermant une substance granu- leuse , et dont la cavité communiquait avec l'œsophage par un canal creusé dans le pédicule. A cette époque, je pensai que cette poche était l'œuf contenant encore une portion du vitellus. De- puis , j'avais douté de l'exactitude de cette observation en voyant combien peu elle s'accorde avec d'autres , surtout avec celles de M. Edwards. Je crois aujourd'hui devoir la publier. I.'étude embryogénique des Invertébrés n'a sérieusement commencé que depuis bien j)eu d'années. Déjà, elle nous a conduit à ce résultat remarquable que certains animaux , jusqu'à présent regardés comme très voisins, présentent dans leur développement de très grandes différences. Il me sulTira de rappeler ce qu'a déjà révélé sur ce point l'embryogénie des Gastéropodes pulmonés terrestres, comparée à celle des (Jastéropodes pulmonés aquatiques. Il ne serait donc pas surprenant que, dans le groupe, aujourd'hui très hétérogène, des Annélides, on vînt à rencontrer dans le mode de développement des variations |)lus considérables encore que celles dont nous venons de signaler l'existence. • 200 DR Qi;,tTKi:l''A6ES. - SIK l.'liJIISIlVOGÉME K\PLICAT10\ DKS FIGUISIOS. ( Je crois devoir rappeler que toutes ces figures, à l'cxceplion de celles qui, dans la planche 4, portent les numéros VII et IX, ont été calquées à la chambre claire sous le même grossissement de 300 diamètres , et termmées sur les lieux.) 1'I,A^CHIÎ 3. Fig. I. Structure de la substance de l'ovaire Fig. II. Développement des Spermaloznïdes. Il, masse spermatogène , telle qu'on la trouve dans le tissu du testicule. — 6, la même, tombée dans la cavité générale , plus grossie, mais conservant le même aspect. — c la même, devenue légèrement granuleuse. — il. Sperma- tozoïdes caractérisés, adhérents par leur tête. — e, Spermatozoides isolés. Fig 3 à 6. Développement de l'œuf avant la fécondation. Fig. III. — a, vésicule de Purkinje dans l'ovaire. (Un certain nombre, comme celle que j ai représentée, montrent déjà la tache de Wagner, qui manque chez d'autres.) — b.c. la même, tombée dans la cavité générale, et prenant de l'accroissement. — d, première apparition de la membrane ovarique et des granulations vilellines. Fig. IV. Le même oeuf plus avancé. a, membrane ovarique. — 6, tache de Wagner avec un globule intérieur. — c, vésicule de Purkinje. — ^ d, granulations vilellines encore incolores. Fig. V. Œuf mùr dans la cavité de l'ovaire, déformé par la pression. Fig. VI. Le même, redevenu sphérique. Fig. VII. Œuf non fécondé, Sgé de 30-iO heures, cl présentant encore les mou- vemenls dont j'ai parlé. Fig. VIII. Œuf non fécondé plus vieux , et ayant perdu une partie de ses granu- lations vilellines. a, enveloppe ovigère. — b,b, gangue transparente du vitellus — c, gra- nulations vilellines Fig. IX à XVI. Œuf de Hermelle pendant la première période de l'incubalion , c est-à-dire pendant l'espace de temps qui s écoule entre le moment de la fé- condation et celui de l'expulsion du globule Iransparenl Ces ligures sont des- tinées à donner une idée des mouvements qui se passent dans la masse vitel- line jusqu'au moment de l'expulsion de ce globule, marqué a dans la fi- gure XV. J'ai regardé comme suffisant de mettre des lettres aux deux pre- mières figures, ce qui laisse aux autres plus de netteté. Fig IX et X — (I, membrane ovarique. — b, gangue transparente du vilellus c, granulations vilellines — d, espace transparent, qui change de forme à di- verses reprises. DES A.%NKI.IDKS. 201 FIg XVI Ld'uf iiu MiomnÊil ipii précède la période de segnieiiUilion On aurait du ligurer le globule transparent entre le vllellus el l'enveloppe ovanque. Fig. XVII a XXII. Œufs dans les premiers temps de la seconde période ou pé- riode de segmentation On doit remarquer que la division du vitellus ne se fait nullement d'une façon régulière, et que les espaces clairs, pris pour des noyaux par quelques auteurs, n'existent pas toujours. PLANCHE i. Fig I Cet ensemble de dessins est destiné à donner une idée du mode de frac- tionnement que présente le vilellus de l'œuf des Hermelles pendant la seconde période. On remarquera surtout l'alternance des mouvements de division et de fusion. Les chiffres indiquent I heure de l'observation Kig II à IX. Larves pendant la troisième période, qui commence au moment de 1 apparition de la bouche On voit que la forme de ces larves est alors très irréf^uliere , el qu'il n'y a aucun rapport lixe entre le vitellus qui s'est orga- nisé et la membrane ovarique qui va former la peau. Fig. Il et III. Larves de 1 2 heures, à partir du moment de la fécondationjusqu'au moment où la bouche commence à se distinguer. On voit que le vitellus pré- sente deux parties distinctes, que la portion externe seule a perdu complète- ment l'aspect vitellin, et que la portion interne renferme une lacune qui abou- tit à la bouche. n. membrane ovarique , 6, portion externe du vitellus; c, portion interne du même vitellus. Fig. IV. Larve de I t heures, qui commence à se mouvoir a l'aide des quelques cils vibratiles qui entourent sa bouche Fig. V. Larve de iO heures déjà à peu près régularisée ; la bouche , placée à la face inférieure, ne se distingue pas. J'ai indiqué par des flèclies et des points la direction des courants que déterminent les cils au milieu d'eau colorée par du carmin , et figuré un petit amas de carmin formé par le remou derrière la larve. Ce dessin a été fait d'après un individu qui resta longtemps fixé au verre supérieur du compresseur, auquel il adhérait par quelques points du dos. Fig. VI. Larve de 48 heures. (I, bouche : h, tube digestif : c. ses parois ; d, cirrhes lentaculaires. Fig. VII. Larve de 36 heures. a, bouche; 6,6, paroi de l'intestin ; c, cirrhes ; d.d, soies. Fig. VIII. Autre larve de 36 heures un peu plus avancée. Le nombre des cirrhes a diminué; la ceinture ciliée s'est beaucoup rétrécie , et le nombre des soies a augmenté. Fig. IX. Larve de 74 heures. Les cils vibratiles ont entièrement disparu, ainsi que les cirrhes lentaculaires. Les soies ont augmenté en nombre el en longueur II, bouche, /;. cavité de l'intestin tapissée de cils vibratiles; c, cavité gé- nérale du corps bien marquée; d,d, masse interne du pied ; e, soies. 202 suit LES ANIMAUX VERTÉBRÉS DE L ALGÉRIE. E.'iVISAOÉS SOUS LK DOUBLE RAPPORT DE LA UEOURAPHIE ZOOLOGIQUE ET DE LA DOMESTICATION ; Far M. FAUX. GERVAIS, Piiile-seu) à !,• Fiii-ullé îles Stienc-fs île Moiiliielliei . Les animaux vertébrés , qui vivent dans les possessions fran- çaises du nord de l'Afrique , et ceux que l'Homme peut y intro- duire pour ses propres besoins , méritaient , à bien des titres, de fixer l'attention des naturalistes. Déjà ils ont donné lieu à plu- sieurs travaux importants ; Shaw et Poiret en ont traité dans les relations de leurs voyages , et, depuis l'occupation française, on a beaucoup ajouté à ce qu'ils nous avaient appris. M. le comman- dant Levaillant s'est surtout attaché à l'étude des Oiseaux, et il rédige en ce moment l'histoire des animaux de cette classe. Les espèces terrestres ou fluviatiles de Mammifères, de Reptiles et de Poissons, quoique récoltées avec moins de persévérance, ont aussi donné lieu à plusieurs publications. Je citerai . parmi les plus in- téressantes, celles de MM. Wagner, Duvernoy et LerebouUet. Moi-même, j'ai fait paraître, en 1837(1), une énumération des Reptiles propres à l'Algérie. Le voyage rapide que je viens de faire à Alger, à Constanline, à Rone , et dans quelques localités voisines de ces trois villes , m'a permis de rassembler des matériaux nouveaux relatifs à l'histoire naturelle de ce pays. Je lésai complétés autant que je l'ai pu, pour la classe des Reptiles, par l'étude de diverses col- lections. Ainsi, j'ai eu à ma disposition des espèces curieuses, que M. le docteur Delahaye , alors chirurgien des Zouaves , a re- cueillies dans le sud de la province d'Oran. J'ai consulté le riche cabinet erpétologique, que M. Westphall-Casteinau possède à Montpellier. Je dois aussi plusieurs espèces fort curieuses , et qu'on n'avait pas encore signalées , à M. Zill , naturahste fran- (I) Aitiuiles des Si-'icuccs tuiturellfs. i I PALX «EBVAIS. — AMMAIX VEItTÉBIlÉS DK i'aLGÉIIIE. 203 çais , fixé à Coiiblaiiliiie. Il lésa recueillies peiidaiil ses voyages à Tiiggiirlji, à Souf, et dans quelques autres points du Sahara ï^itucs au sud deConstantiiie. I. — l'oisSONS. Ces animaux sont peu iioniiireux et surtout peu variés dans les lacs et les cours d'eau de l'Algérie. On n'en cite encore (|ue quatre ou cinq espèces : deux Barbeaux , qui sont les Barbus calleiisis et Barbus titucro- /xjyoïi ou setiniiiiensis ; une Able (Leuciscus caltensis) ; une Anguille (Aii- ijuitlii ailhiisis) ; et , d'après quelcjues personnes, le Brochet , qui exisie- rail dans le lac de Felzaia, prés de Bone, et dans celui de la Galle. Je n'ai point eu l'occasion de vérifier cette assertion ; mais j'ajouterai à cette courte liste une espèce encore inédile du genre GrémiUe, que j'ai appe- lée Acerino-ZiUiij elle vit actuellement dans les eaux des piiils arté- .siens <|ue l'on a forés a Tuggurth. J'en dois un exemplaire a M. Zill. M. Guyon la possède aussi. Voici les principaux caractères de ce Poisson : Corps plus élevé cpie celui de la Grémille commune, peu épais: tète courte; écailles céplialiques descendant au niveau anléiieur de l'œil; préopcrcuie non denté ; opercule arrondi et non appointi en arrière; fossettes de la tête peu manjuées; nageoire dorsale commençant a l'a- plomb du bord poslèi-ieur de l'opercule, composée de vingt-cinq rayons, dont quatorze épineux ; ceux-ci faiblement croissants; les rayons mous, faiblement plus élevés que les épineux; queue non sensiblement échan- crée; dix rayons à la nageoire anale, dont sept mous: douze rangées verticales d'écaillés , et vingt-ciii(| dans la longueur du corps. Longueur de l'exemplaire observé 0.08 , dont 2 centimètres pour la tête , 4 pour le corps , et 2 pour la queue. Hauteur sous la dorsale, .3 centimètres. Il II est pas douteux que l'on lèussirait aisément à augmenter les res- sources ichtliyologiques de l'intérieur de l'.\lgérie. ressources a peu près nulles aujourd'hui. Le transport de nos principales espèces européennes et leur acclimatation devraient donc être entrepris le plus tôt possible. On y procéderait a laide des moyens bien simples et peu coûteux que la science économique possède depuis longtemps ; les barrages des cours d'eau y trouveraient une nouvelle et précieuse application. Il est également probable que l'un pourrait introduire dans leschutts, ou lacs salés du nord de l'Afrique , plusieurs de nos Poissons de mer ou d'étangs saumalres. (^îux qui l'réi|uenteiit les étangs delà côte méditer- ranéenne de I Kuropfi, ceux des étangs salés de Bonc, etc., seraient plus propres (pic les autres à ce genre d'essais. 204 PAUL «KItt'AK. — AMMAl'X VliRTÉBRlis DK l.'AI.^ÉRrE. II. — Reptiles. Les Reptiles (|ui vivent en Algérie sont bien plus nombreux que les Poissons, leurs espèces sont presque toutes inoffensives; aucune de nos Vipères européennes n'a été retrouvée dans cette contrée. Quelques par- ties de la province d'Oran nourrissent cependant une Vipère très dange- reuse [Echidnn 7nauritanica),\iimie\\e esl voisine par ses caractères zoolo- giques de la Vipère minute du cap de Bonne-Espérance. La Vipère cornue ou le Céraste vient d'être rapportée du Sahara au sud de Con- stantine. En 18(7, nous citions déjà vingt-sept espèces de Reptiles observés dajis les diliérentes parties de l'Algérie; nous en connaissons aujourd'hui quarante -.sept, dont voici l'énumération (1) : 1 ) ChÉloniens : 1 , Tes/utlo niuryinata.i, Ti'Studo iliera. 'A, /ùni/s sigris. 2) SaUkiens : 4, Ck'imiAi'o vuUjai'is. 5, Vwaaiis iiremici-'us (île la l'égion Saharienne). 6, Unminstyx (icant/iinurus{i) (de la même région). 7, Agutnu culono?itm (des environs du cliott, dans la province d'Oran). 8, Aymiia (autre espèce du même lieu). 9, l.acevtaoceUntn. lo, Larcrhi pi'rxpirillatu. H, l.acertaviridis. 12, Eretnins pordalis. !.■?, Acimt/iodficti/lus Srifigriyi. 14. Acfmf/i(idric/ghis /ini'u-iiiiicu/atiis. 1.5, Aciinl/iodfirfi//ii.< sriilcl/afiis (des sables de Son!', par M. Zill). \&,Ac(intliodactylus buskiiinus (de Biskara). 17, Ti-o/iidonnurn ahjira. 18, (jongylus iicellatus. l9,Plcstluodon Atdrovnndi, appelé aussi Scinrun Cijpvina (de la province d'Oran) 20, Scincus offlci- imlis (du Sahara à Tuggurth, Zinasin et Souf, par M. Zill). 21, S/ihemjis fdpistriitus (de Souf, par M. Zill). 22, IJrtenmieles )iiiHiriliiiiiciif, nommé aussi l.ei-istn fhinicrilii. ■>'.], Seps chalcides. 24, Aiigiiis friigilis. '25, O/i/iiu- tiwrus Duliaris. 26, Pseiidu/iKS scrpcntimis. 27, Platydactylus imiralis. (1) J'ai suivi la nomeiKialure adoptée par MM. Puméril et Bibron , dans leur Eriiélologie générale. (2) Je trouve dans la bouche et dans les ouvertures naso-buccales d'un Vro- maslyx de Raggurth que M. Zill m'avait remis vivant, trois Enlozoaires du genre Stromjijhts , qui appartiennent a une espèce non encore décrite. En voici les principaux caractères : Longueur totale, 0,013 largeur du corps, moinsdeO 001 ; largeur a la partie aliforme de l'extrémité postérieure, un peu plus de O.OOt . Bouche en fente trans- versale. Corps subfiliforme, un peu renflé après son premier quart et jusqu'au- près de la partie aliforme, en avant de laquelle il se rétrécit de nouveau. La partie aliforme recourbée en cro.sse appoinlie. Je noniuierai ce Slrongiu Slroitinilus leptofomtiK. PAUI, «RRVAK. — \M.MAl;\ VEIll lillRlis DE 1,' ALOlililE. '2K) "iS, lli'tiHdiirlijlus iniiculalm 29, Gyiiiiindnrlijliis iiiiwrilniiinis, 30, Steiiii- i/uifli/liia yntliiliis (du Si)ut', pur M. Zill). 3) Amphisbeniens : 31 , Trogonop/iis Wiegiiiiinni {tu l'Aiiiji/tis/jœmi etc- rjmis id»' la province d'Oraii et du Maroc). 32, Amp/iisbd'tin cinerra (celte espèce n'a encore élc trouvée ((u'a Tanger, au Maroc ; elle existe aussi en l'orlngalj. 4) Ophidiens : 33, Eryx. ?A, Colubur no/rix. 35, Cohi/jer nush-iaciis ou \i\ul6V (jimiidicux. 36, fuluber vi/jcriniis. 37, f'olubrr mnns/ielîrnsiR. iH, Cnlubi-r (espèce indélenniiiée; elle vit dans les maisons a Son!', et en a été rapportée par M. Zill'. 30, iliicfn/iiritodriii mmiritimicus. 40, Ecli\diM niiiuriluiucn (i\e la provirjce d'Oraiij. 41, \ i/iern Cfi-cstes it\u Saliara). 5) BATRACIENS : 42, Jlana l'iridis (de la [>r()vince de Constantine). 43, Discay/iis-nis pietus {(\e la province de Conslanline, par M. Guyoïi) 44, liufii iiiriornent-ils le plus souvent a signaler comme d'Algérie celles (|ue l'on avait déjà iap[ioj lées de ce pays , mais sans dire si elles sont île la pro- vinie d Oran; de celle d'Alger ou de Constantine. Cependant les mêmes icptiles ne se rencontrent pas tons également dans ces trois provnices. Ceux de la région saharienne sont encore plus dillérents. Ils sont presipie tous les mêmes que ceux du Sénégal et de la Nubie. Ceux des provinces du Petit-.XtIas sont, au contraire , plus semblables il ceux de l'Espagne , (In miili de la France, de l'Italie mériilionale , de la Gièce et de la Tnr- ipiie. SiHivent même ils n'en différent pas s|ii'cili(|uement. ils appartien- nent donc a la faune i|ui eidoure la Méditerranée et (pii peuple se? ilcs , tandis (|uc ceux du désert algérien relèvent de la l'aune d'AI'riiiue d'une manière complète. III. — Mammifères sauvages. L'étude des .Mammit'éres nous montre aussi des animaux de doux l'aimes bien ilifTérenles : l'une réellement africaine, l'autre aiéditeiiaiiéenne. La Gazelle est une des espèce» (raractéristicpies de la partie de l'Algérie ipii appartient au système de r.\l'rique ccntraU^ , c'esl-a dire de l'Algérie Sidiarienne. M. Zell a retiouvé du côté de Souf plusit!urs autres animaux propres a celte l'aune. Tel est , entre autres , le Fennec de la Nubie, /ius de l'Europe continentale. Aucune des per- sonnes que nous avons consultées n'a encore vu d'Ours tués dans l'Atlas, (|Uoique Poirelet d'autres naturalistes assurent (juil y eu a. Le Loup ne .se trouve nulle part en Algérie. Quant au /.ion , a la l'mithèrc , a V Hyène taclu'tr:e , au (Imr.iil et a (|uel- (|ues autres animaux, ils sont communs aux deux faunes qui se partagent le territoire algérien, c'est-a-direàla fauneméditerraneemieeta la faune .saharienne. Celte exce|it''oii bien connue aux règles de géographie zoolo- gique que nous avons posées plus haut se rattache a la singulière dis- persion de ces animaux sur un très grand nombre de points de l'ancien continent. Notons cependant que tous ces points sont en relation plus ou moins directe avec l'espace aujourd'hui occupé par la Méditerranée, .\insi le Lion la Panthère, le Chacal sont de toute rAlri<|ueet il'une partie de l'Asie ; l'Hyène tachetée est de presque toute la moitié septentrionale de rAfri<)ue : elle est au.ssi de l'Arabie et de l'Asie occitlentale. Semblable (1) Procope , auteur du vi' siècle, a écrit qu'il naissait en Corse des Singes presque semblables à lespéce humaine M. de Blainville [Osteographie [Primatesl, p. 28), cite Procope après avoir parlé des Singes de Gilirallar, c'c,«t-a-(iire de.^ .Magols II serait curieux de retrouver des restes fossiles de Magots en Corse. PAIX «EBVAIM. — AMMAIX VEliTÉRRIÎS Dlî l'aI.CIÎII llî. 207 aux animaux (lui vieiiiienl d'être cités, elle ne ]iaiait présenter, dans ces pays si éloignés les uns des autres, que des dittërences de races, et non de véritables dili'eiences s|(éciti(iues. L'opinion qui rattacherait ces animaux a la (aune mcdilerraneenne plutôt qu'a toute autre, trouve un argument puissant dans l'ancienne existence du Lion en Thrace, dans l'existence actuelle du Chacal en Morée, et surtout dans la présence, constatée [lar nous , du Lion, de l'Hyène rayée, de l'Hyène brune , d'un Chacal de forte taille et de la IVinthére parmi les ossements ro>siles enfouis dans la caverne de Luiiel-Viel (Hérault). Leurs ossements y sont associés a ceux •l'un Ours qui n'est pas ['Lrsus spelœus , mais qui est bien plus voisin de l'Ours brun ; au Blaireau, ades Bœufs, des Cerfs (I), et, cequiestplus curieux encore, a un Rhinocéros qu'il est très difficile de distinguer du Rhinocéros actuel d Afrique {/th. nfricntius). Certains terrains supérieurs de l'Auvergne ont aussi une Hyène fort semblable a l'Hyène l'ayée. On voit, par les curieuses données que fournit l'étude comparée des animaux vivants et fossiles de la région méditerranéenne, combien une histoire zoologii|ue de cette région aurait d'intérêt pour la science. Il est évident (pi'on arriverait ainsi a des reriseignemeiils certains sui' l'élat du sol au commencement de la période géologique dans laquelle nous vivons. On sauiait l'âge des séparations on des coupures qui ont séparé des ter- rains alors en continuité, et l'on reconnaîtrait <|uelles sont les terres au- jourd'hui réunies qui étaient autrefois séparées les unes des autres. La théorie du mode de formation de la Méditerranée actuelle y puiserait aussi des documents. On saurait aussi comment se sont remplies les brèches osseuses , et pour(|uoi les cavernes ossifères du Gard et de l'Hé- rault, quoique si voisines les unes des autres , ont enfoui des animaux si différents et n'appartiennent pas au même système De même qu'on a été conduit a penser que Gibraltar et Ceuta n'avaient été séparés que de- puis l'apparition des animaux et des végétaux ()ui y vivent aujourd'hui, de tnême on saura si la côte de Tunis était jointe a la Sicile , et si le pays de Boue et surtout celui de la Calle ne se rattachaient pas , comme nous sommes porté a le penser , a la Galice, à la Sardaigne , à la Corse , et sans doute aussi au midi de l'Europe. Ces modifications remar(|uables remontent sans doute a l'époque où la Méditerranée actuelle a commu- niipii' a l'Océan par le détroit de Gibraltar. IV. — Animaux domestiques. J'ai égalt^ment entrepris quel(|ues tHudes sur les animaux domesti()ues de l'Algérie. A part le Cheval, le Dromadaire, qui serait si utile dans (I) Il y a lies Bu'ufs et îles Ours fossiles dans les cavernes de la provinic il'Alger. M. Milrie Edwards a rapporlé un fr;i;.'nii'iil iinuis d'uni' lircclie ilr la province dOrari 208 P*tIL «ERVAIM. — AMM4liX VRIi lÉUItlis IIK I.'aI.OKIUR. plusieurs île nos ilépartemeuts, le Mouton a grosse queue i|Mi l'ouniit un suil' aboniiaul, et peut-être le Boeuf, quoiqu'il soit de taille inférieure aux nôtres , les races (loinesti(|ues i|ue possèdent les Arabes sont a peu près sans valeur pour nous. Il faut donc songeibien plutôt a introduire dans ce pays (le nouvelles races et de nouvelles espèces domestiques (quadi upèdes et oiseaux), qu'aen exporter. La richesse dusol eu beaucoup d'endroits, sa variété évidente, la température bien plus l'avorable(|Me celle de nos con- trées, rendraient les succès aussi prompts(|uefaciles. S'il m'était tlonné de parler des. moyens d'agir sur les Arabes qu'il nous est permis de tenter, je dirais (|ue l'introduction d'animaux utiles semble devoii' être mise aux premiers rangs. En fait de culture , on n'a guère songé jusqu'ici qu'aux végétaux ; mais le caraclèi'e nomade de la plupart des ti'ibus soumises ne les porte guère vers ce système agricole. Il est évident, en admettant on même en rejetant la possibilité dune fusion de la race arabe avec les Européens, que de nouveaux animaux domestiques seraient pour ce pays un véritable bieidait. On pourrait y multiplier dès a présent plusieurs espèces dont la France jouit déjà. Dans le cas bien désiiable où l'on y tenterait la domestication d'espèces cpie nous-mêmes nous n'avtms pas encore . et dont M. Is. Geoffroy et d'autres naturalistes conseillent depuis longtemps la conquête, l'Algérie offrirait au.ssi bien des lieux propices et «pli faciliteraient le succès. La Corse, autant par son isolement (pie par sa position et par ses affinités avec l'Algérie et le midi de la France . serait un autre lieu bien convenable pour des essais sérieux d'acclimata- tion et de domestication. Nous avons dittout a l'heure (pie l'Algérie actuelle pouvait nous fournir le Dromadaire. Il est un autre animal, commun dans plusieurs points du Sahara algérien, mais encore .sauvage , que l'on ])ourrait aussi lui de- mander. Je veux parler de l'Autruche, qu'on tirerait de Tuggurth en nombre suffisant. Cet oiseau, dont la chair, les plumes et lesœufsseraient également précieux , n'a pas un tempérament aussi aiitipatlii(|ue à nos climats qu'on le croit généralement : des Autruches ont vécu assez long- temps ou vivent encore dans les ménageries de Paris , de Londres, etc. ; deux autruches , l'une mâle l'autre femelle, qui avaient fait partie de la ménagerie du dey d'Alger , ont été achetées en 1 8.30 par les proprié- taires de Mèze (Hérault) , M. Graiial , ([ui les a gardées a sa campagne. L'une d'elles est morte en décembre 1847; l'autre vit encore: c'est la femelle. Jusqu'en i84,") , c'est à-dire pendant quinze ans, elle a pondu annuellement une (|uarantaine d'reufs, tous aussi gros et aussi bons qui' ceux des Autruidies du désert. On s'est assuré, en commen(;-anl l'incuba- tion artilicielle de l'un de C(^s œufs, (pi'ils étaient féconds. 209 H l'CIIRRCllES SUR LES 1' 1. Y P I K R S ; Par MM MII.NI: rOTVARDS et JVI.ES HAIME. Qi;ATniÉME: mémoire. moN0(;r * PII IK Dics AsinKinks. 5 I Ijp tnoile d'orfiainsaliori i|iii |irt>iloinine dans la famille iIps Asti'iHdes, l't qui, |)arcoiisp(iiieiit, dciil tMrecoiisidi'recoiiinic typi(|ue dans ce groupe naturel, se distingue iK^Uenifut des autres types seeondaires de l'ordre des Polypes Zoantliaires ; mais il arrive ici ce fiui se remaripie dans presque toutes les divisions du logne animal , dont les élémeiils sont nombreux ; les traits caractéristi(iues du type s'affaiblissent de plus en plus vers les confins de celte vaste agglomération d'espèces, elle gros de la troupe est , pf)ur ainsi dire, escorté par un certain nombre de membres al)errants (|ui le relient aux familles d'alentour. Les passages qui s'éta- blissent ainsi entre les Astiéides et la plupart des autres types l'amiliqiies du même ordre sont même (pielquefois si graduels, (|u'il est dil'licile de fixer avec précision les limites naturelles qui doivent séparer ces divers gron|>es. Il en résulte (|ue, si l'on voulait définir d'une manière rigou- reuse el concise cette famille, on serait obligé d'avoir recours à une for- mule empirique dont l'énoncé ne mettrait pas en évidence les caractères qui sont les plus essentiels à signaler, lor.sipion clierclie a donner une idée vraie du mode d'organisation dont cette division zoologique est Heslinée à être en ipiehpie sorte T image. Mais ces difficultés disparaissent quand on considère le type du groupe [ilulôt que le groupe lui -même , et ce représentant de la famille étant bien connu, il devient facile d'y rattacher les espèces aberrantes qui en dépendent d'une manière plus ou moins intime, et de montrer les passages qui existent dans la nature entre les Astréides ordinaires et les autres Zoantliaires. Ainsi, [)Our caractériser le lypt^ Astréide et pour donner une idée com- plète du pi>lypii-r qui lui appartient, il .sullit de dire que ce polypier, circonscrit extérieurement par une lame murale parfaite, présente un ap- pareil cloisonnaire lamellaire el très développé, des clianibres très pro- liindes et des loges subdivisi''es pir des traverses lamellaires, mais .sans plaiK liers proprement dits. 3' Mlle Zoiii. T. .\ (Oriobre ixi(i.) 3 44. 210 inll.!\E Ei>WAKU»« Kl JULES HAlnK. Le (lévL'lo|)|>ei)ii;iil corisi(léral)le de ra|)|i;ii'eil cloisorinaii'o sullit poiir (listiiigiier le type Astréide des types Milleporide, Pocilli)poi-ide et Favo- sitide , et le nipproclie des Tiirbiiiolides et des Eupsammides dont nous avons t'ait l'histoire dans les articles précédents. La stmcture lamellaire des cloisons séiiare ce type d(i jjninpedes Poritides , où les cloisons sont représentées seulement par des lames leneslrces ou par- des poutrelles. La division des lo};es au moyen de traverses sépare nettement les Astréidesde la l'amille des Turbinolides, et le nombre considéiable de ces traverses éloigne ces polypiers desEupsammides,dont les loges ne soiitipie peu ou point divisées. Le grand développement de cet appareil endoihécal rap- proche lesAstréides des Cyathophylliens; mais, dans ce dernier groupe, la subdivision de la chambre du polypiérite se l'ait a l'aide de |)laricl)ers (pii en occupent toute la largeur et qui .semblent soutenir des cloisons plus ou moins rudimentaires, plutôt qu'en être des dépendances. Les ca- ractères fournis par la conformation des loges dilïéreiicient également les Astréides et les Fongies ; car, cliez ces dernières, les cloi.sons ne sont unies ni par des traverses lamelleuses, ni par des planchers , mais se .soudent entre elles d'espaces en espaces au moyen de petits prolonge- ments verruqueux de leurs faces latérales. La continuité du tissu lamel- laire de la muraille éloigne le type Astréide de la famille des Eupsam- mides aussi bien que des Poritides, des Madréporides, etc., où cette gahie fM toujours peilon'-e. Celte même structure lamellaire le distingue éga- lement du groupe des Ocnlines , où cette partie est compacte et massive. Enlin , l'existence de cette muraille entre les individus qui naissent les uns des autres sans se séparer, jointe au grand développement en hau- teur de la chandjre de ces polypiérites , constitue une différence essen- tielle entre le type Astréide et le type dont dépendent les Agaricies. Les considérations étendues que nous avons pré.sentées sni' la morpho- logie des Turbinolides et des Eupsammiiles nous dispenseront d'entrer dans beaucoup de détails relativement à la structure du polypier dans la famille des .\slréides, et aux diver.ses modifications de forme que les parties constitutives de ce scpielelle légnmentaire peuvent offrir dans ce groupe nombieux. (".liez les .Xstréides , de même (pie chez les Turbinolides et les Eup- sammides, c'est l'appareil cloisonnaire (jui est la partie la plus importanle du polypier. Son développement est toujours considérable . et nous venons de voir que ce caractère suffirait déjà à lui seul pour distinguer tons ces Zoaiilliaires des Millepores, des Pocillopores, des Poritides, etc. Ilans 11' princi|)e, cet appareil se compose normalement de six éléments égalenirnt di'vehqipés, et ipii restent en géni'ral fai'iles a reconnaître (I). (1) PI. 5. lig. y el o-', el PI. 7, fi^: 4' cl .i". j \.siui;iDi;s. 2 H Uiiiis (]iiel(|ut's cas tros rares , ce noinbiv est iiKiins élevé , el le polypier naissiiiit ne présente ([ue trois cloisons primitives (1). A l'état adulte, les Aslréifles otrient en général un nombre considérable de cloisons dont l'apfiarition est réglée par les lois (|ue nous avons ex|tosées ailleurs, mais se trouve souvent modifiée par des phénomènes d'avortement ou par l'etiél de la lissiparité, (lont il sera (pieslioii dans le chapitre suivant. Les cloisons sont toujours en totalité ou en partie lamellaires, mais n'an-ivenl pas ordinairement an degri' dt? perlectioiinenient organi(|ue, qui est généi-al dans la famille des Turbinolides. Les parties les plus nou- vellement t'ormées , c'est-à-dire celles qui avoisineiit le bord interne ou le bord supérieur de la cloison , re>tent (pielqnel'uis à l'état poutrel- laire f2) ; mais dans la plus grande partie de sou étendue, la cloison pré- sente une structure compacte , on olfie tout an plus cpiolques pertuis isolés et irréguliers. Ainsi , dans tonte la tribu des Eusrniliens , les cloi- sons sont parfaites comme chez les Turbinolides , et ne présentent pas même d'échinnlalions notables sur leur bord supérieur ou calicuial (3). Dans la tribu des Astréens, au cnntraiie, ce boid est toujours plus ou moins profondément lacinié, et se fait souvent remanpier par la longueur des épines poutrellaires dont il est hérissé. QueKpjefois cette coMlurma- tion est permanente dans le voisinage de l'axe du polypier, et les pou- trelles ainsi constituées , en se ramiflynt ou en déviant de leur direction primitive , concourent, comme nous le verrons bientôt , à constituer la columelle (4). Dans queUpies cas , cet état imparfait du sclérenchyme persiste dans le voisinage de la columelle, sans que la cloison perde ses caractères essentiels; et lorsipie cette portion laciniée commence à peu de distance de la muraille , il en résulte une disposition assez analogue a celle qui est générale dans la famille des Poritides ; mais ici la portion murale de lacloi.son est toujours une lame continue , tandis que. (^hez les Poritides, elle ne l'est jamais. Les Cy[)hastrées (.')) nous présentent d'une manière très prononcée cette conformation , (pii établit évidennnent le passage vers celle qui existe , dans l'espèce de Poritide cpie nous avojis figurée dans notre premier Mémoire, sous le nom de furinn/inrn frnc-s- troln employé par Lamarck. Du reste, quelle que soit la striiitnredes cloisons, ces organes ne restent jamais libres par leur bord interne. Dans les cas peu nondjieux où la columelle vient a manquer couiplétcMnent, toutes les cloisons principales fl) PI. 9. fig. (3". (2) PI 9. fig. V. (3) PI. 5 el 6. (4) PI. 9, fig. 1 cl 3'. (5) PI. 9. fig. b». '•l'I'-l nit.THK Kn\\'\n»H et jiii.em baimi:. arrivent jiisi|u'a l'axi' ilu polyiiicr, i-t s'y soiidnit d'une manière pinson moins inlime, et lorsiinc^ cet axe est ocenpé par nne coinmelle, elles viennent s'unir a cet organe, de façon à séparer toujours conipliHemeut entre elles les diverses loges du polypiérite, disposition ipii n'existe ja- mais chez les Millepores et les Pocillopores, et qui paraît être très rare dans le };ro:ipft des Cyatliopliylliens. La eolnuielle, ES. 215 il sera ijuestiin] dans le uliapilre suivant , el atiecte la lorme ilime lame continue , plisséc coneeutiiquenient et souvent garnie elle-même d'une epillièque semblable à celle des murailles (1). § Il Lorsque nous avons étudié la l'araille desTnrbinolides, nous avons vu (|ue la presque totalité des espèces qui se rattachent à ce type se repro- duit exclusivement au moyen d'ovules formés dans la cavité viscérale, et bientôt expulsés au dt^liors par l'ouverture buccale. Les jeunes ainsi lorniés vont se développei' au loin et leur parent reste simple Un certain nombre de Zoopliytes compris dans le gi'oupe naturel des Astréides ne possèdent pas d'autre moyen de multiplication , et les indi- vidus d'une même espèce sont toujours isolés et indépendants les uns des autres, a quelque période de leur développement qu'on les ob- serve (2). Mais, dans la plupart des Polypes de cette famille , la puis- sance génératrice ne s'anèle pas la, et nous voyons app,u'aitre chez eux un nouveau mode de reproduction. Ils restent cependant encore ovi- (lares , de façon que les germes qui se détachent de leurs lamelles ova- riennes soient emportés par les Ilots et vont propager l'espèce à des dis- tances souvent très grandes du point où ces germes ont pris naissance ; mais , en outre, chaque Polype , dans le lieu même où il s'est fixé, aug- mente considérablement sa masse par la production de nouveaux indi- vidus issus de sa substance, et qui demeurent constamment dans sa dépendance directe. C'est toujours par suite d'un redoublement d'activité dans les tissus du parent , et au moyen d'emprunts fait directement à ces tissus, que se (ujnstituenl les individus qui ne icsnltent pas du développement d'un ovule. Seulement, cet accroissement dans la vitalité peut être très diver- sement localisé, ou peut se manifester sur des parties très différentes, et les résultats varient beaucoup avec ces conditions primitives. Lorsipie nous observons le polypier d'une espèce simple, nous voyons sileux extérieurs qui se diviseront de iiouvtnui. mais tou- jours sans (pie lai M vision entre les iiidividuss étende jiisi pie dans les parties sclérencliyinateuses, et ainsi de suite, de sorte qui^ les séries s'accroîtront toujours par leurs extrémitiîs. Cependant tout pouvoir lissipare n'est pas a Jamais arrêté dans les individus (jui oc(Mipentle milieu des séries, et on les voit assez rréqneinini'iit se diviser encore ; mais alors , suivant une ilirectioii |)erpeiidiccilaire a celle des premières séries, ils t'orment ainsi les premiers termes (,'énérateuis des sérit;s collatérales ; de même aussi , par la tissiparité, dans ce même sens, des individus (|ui terminent les séries . celles-ci peuvent se bifurquer. Cette théorie du développement des polypiers gyreux ou niéandro)d(^s est vérifiée par l'observation di- recte. En suivant les diiréreiits àfies du ixilypier de la Munichm oreolnln d Ehrenberg, (le|)uis le moment où il appartient a un ou a deux indivi- dus, jusi|u'a répo(]ue où il lorrae de grosses masses hémisphériques, nous avons pu nous convaincre que la marche de l'accroissement est bien réellement telle que nous venons de l'indiquer. Nous avonsdit que la colnmelle s'étend sans interruption, suivant toute la longueur des vallées calicinales , dans les (lolypieis méaiidroides dont il vient d'être question, et qu'ainsi il n'existait pas, dans les |)aities dures (le ces Zoophytes , d'antres traces de la tissiparité ipie l'accroissement même (les séries. Ce sont, en efTet, les espèces qui montrent le plus haut degré dans la conlliience des individus d'une même série. Cependant, il n'est pas rare de voir une vallée c.oup('e en travers par un pan de mu- raille, et cela nous iii(li(|ue di'ja une tendance a se circonscrire chez les deux i nd ividusi pi i s'adossent ainsi l'un a l'antre; cette tt'iidaiiceest même porttîe tiï's loin chez le genre Astroria, où les séri(!s sont alors extrêmement courtes. D'un autre c(Hé on remarque, dans quelques espèces du genre Mi-imdrinu propicment dit, de légères inégalitc^s dans la largeur des sé- ries . lesquelles pr(';senttMit de faibles etraiigleineiits a des distances assez rap|irochi;es ; en niêine temps, la ciilnmelle, ipioique toujours ciiiitinue, secenlle davantage vers les points qui cori-espniident aux intervalles des éti'angleineiils dans les vullées. Ces caractères , encore très faibletncnt marqués , se prononcent bien davantage cliez les Sympliyllies (1) , où tious trouvons un degré de plus dans la séparation des individus produits par lissiparité. Ici encore, à la vérité , les calices sont conlondus dans une vallée longitudinale ; mais les fossettes calicinales sont plus ou moins distinctes et les columelles sont bien isolées ; de plus , les cloisons ne sont plus toutes rangées parallèlement sur deux lignes ; un certain nombre de celles qui touchent extérieurement aux murailles se recour- bent en dedans vers les centres calicinaux, et il y en a d'autres qui , très courtes et situées dans la direction des séries , vont d'une columelle à la columclle voisine. Ainsi , quoi(prils ne soient pas circonscrits , les indi- vidus sont bien distincts comme individus dans le polypier ; ce qui est un pas très marqué vers le degré suivant, où nous voyons les polypié- rites entourés complètement par une muraille propre et les calices net- tement délimités. Le genre Lobopliyllie (2) nous offre en quelque sorte tous les passages de cet état, où les polypiérites distincts par leur colu- melle sunt encore confondus en série, vers celui dans lequel les individus sont tout à fait circonscrits, si ce n'est dans leurs parties iidérieures. On observe cette dernière disposition dans les genres Parastrea (3) etGo- niastrea (4), et dans les Kusmilies (5), lesDasypbyllies (6) et lesCalamo- phyllies. On comprend aisément , sans que nous soyons obligés de le l'aire res- sortir par de nombreux exemples , que la l'orme des polypiers ipii s'ac- croissent par lissiparité est fortement influencée par le degré d'union des polypiérites ainsi constitués. Ainsi , l'aspect est très différent, sui- vant que les polypiérites sont parfaitement circonscrits , ou qu'ils sont unis en séries tout en conservant leur individualité , ou bien qu'ils sont entièrement confondus, au point qu'il devieime tout à l'ait impossible de dire où l'un d'eux linitet où commence son voisin. Mais la forme générale est aussi profondément modifiée par les rapports de tous les polypiérites entre eux, ou par le mode de groupement; ainsi , lorstiue les Polypié- rites sont unis en séries et que ces séries restent libres par leuis côtés, le polypier ressemble plus ou moins à un éventail , comme dans les Rhi- pidogyres (7) et plusieurs Lobopliyllies (8), ou a une lame diversement (1)Pi. 8. lig. 7. (2) PI. 8, fig. 4. (3) PI. 9. fig. 9. (4) PI. 9, fig. 7. (5) PI. 5, fig. 1. (6) PI. 8, fig. a. C) PI. 6. fig. 6. [8) PI, S, fig. i. AMlllilDIiS. '219 plissée , comme iIhiis lesTiacliypIiyllies. Le développpiiieTit se fait alors priiii-ipalemeiit en liaiiteiir. Loi'sipie les séries de |)olyi>iériles se sondent latéralement entre elles, le polypier est massif et se développe a pan prés également en hauteur et en surface. Ces polypiers massifs . parmi les- quels on peut citer les Méandrines et les Symphyllies sont extrêmement jiDiiiljreux '1) , et varient un peu dans leur aspeot , soit que, par suite d'une soudure iin|)arfaite des séries, ils étalilissent le passage vers les préci'dents, comme dans les Plérogyres (2) ; soit qu'ils restent minces comme les Tridacopliyllies , où se remarquent en oulie , de hautes mu- railles lamellaires; soit qu'il y ait un grand déieloppen)ent de l'appareil costal, ainsi (|ue chez les Pachygyres (3) ; soit enfin qu'en certains points de la surlace il y ait eu des surcroîts de vitalité , comme dans ceitains Hydnophores , etc. Lorscjne les polypiérites sont circonscrits et que dans leurs parties su- |)érieures ils ont une muraille propre, ils peuvent rester tout a fait libres entre eux par leurs cotés, et donner lieu a un polypier fascicule et den- droïde ('i), ou bien se souder latéralement, soit par l'intermédiaire d'un cœnenchyme résultant du grand développement de l'appareil costal et lie l'exothéque, soit directement par les murailles, et constituer ainsi un polypier massif. Les Dichocuenies (5^ et les Parastrées (6) nous montrent des exem- ples d'un polypier massif produit par flssiparité et dont les calices, qui ont leurs bords libres et séparés par un cceneiicliynie , (irésentent une forme plus ou moins régulièrement ai'rondie. Au conirau-e , dans les tjoniastrées (7) et les Aphrastrées (8), les polypiérites se soudent direc- tement par leurs murailles, et leurs calices sont toujours polygonaux. Dans les cas assez nombreux où les individus restent libres latérale- ment, le développement parait se faire principalement en hauteur; et à diverses périodes de l'accioissement , les branches primitivement sim- ples se bifurquent, de manière ([ue le polypier dendroide ainsi formé (f) Ce sont les genres Ctenophyllia Peiulrntjijrn, Parhygijni, Plerogyrn, Sym- phylliii , Mycetoiihyllia, Colpophyllia , Tridaco/ihytliu , Oulophyllia , CycluphyUia , Scapophyllm, Meiindrina. Mimicma , Diploria, Leptoria, Hydnophora, Cœloria, AUroria. (2) PI. 6. r.g. 8. (.3) Voy. .Michelin. Icim. Zooph . pi 66. fig 3 H) PI. 5, fig. I Bl 3. el PI 8, fig ii (.5) PI 7. fig. 3. i6) PI. 9, fig. 9. (7) PI 9. ng. 7 (s; PI 9, lig. I I 'i-iO nlLKI! KltUAKHN ET Jtl.KS MAINK. représente tout à (ait, dans la tlisposition de ses calices, le mode dinllo- rescence auquel les Ixitanistes ont donné le nom de cyine dicliotome (1). Les genres /uismi/in , /.cplosmitln , Themsmilin , Cnlamii/j/ii/Uia , Dnsi/- l,/ii///ia et la plupait des Lobophyllies se présentent ainsi en touffes ra- niiliées. il est a remarquer que , dans toutes ces espèces a individus cir- conscrits , on n'observe pas que les polypiérites se placent nettement en séries linéaiies qui rappellent ce qui a lieu lorsqu'ils ne sont pas com- plètement enlourés par une muraille. Cela tient à ce (jue la tissiparité s'effectue a peu près également dans tous les calices et suiviint des direc- tions variables. Cependant il est un genre {/{nnjsmilia) où les calices, (|uoi(pie parfaitement circonscrits, se disposent en séries bien distinctes et parallèles entre elles (2). Telles sont les formes principales qu'il était surtout important de signaler au milieu de toutes celles qui nous sont offertes par les nom- breux polypiers dont la multiplication est tissipare. Nous nous réservons l plus vrai de considérer la (issipaiité et la gennuipa- rilé comme deux modes de nudtiplication bien distincts et bien diiréieuls l"un de l'autre. En eiret. dans les cas de multiplication par lissiparilé, plusieurs des organes de l'iiidiviilu-souche se détachent eu (piel(|ue sorte du reste de l'organisme de C' lui-ci, et, sans avoir subi de modification notable, de- viennent parties constitutives de l'individu nouveau ; tandis que, dans le phénomène du bourgeon rjement, le jeune se l'orme de toutes pièces par l'extension des tissus de l'individu souclie, sans (]ue celui-ci ait donné pour le t'ormer ni une portion de sa bouche, ni une poition de sa cou- ronne tentaciilaire, ni |)lusieurs de ses cloisons, m aucun autre de ses organes essentiels. Ainsi , un bourgeon se produit toujours au moyen d'un surcroît de vitalité dans les tissus où il rloit apparaître , et ce phénomène est toujours localisé autour d'un centre fixe et dans un cercle peu étendu. T(jus les points de la surface du Polype paraissent susceptibles de devenir le siège du (lévelnppenieiit des bourgeons, mais ils naissent dans des positions spéciales et déterminées a l'avance pour chacpie espèce particulière ; et, dans la plupart des cas, ils apparaissent ilans la portion céplia- lique ou i)rolractile du Polype et dans le voisinage imméiliat île la por- tion du corps de ces animaux ([ui , par les progrès de l'ossilication . constitue le polypier. -Xlii) de suivre plus aisément la marche de l'accroissement du polypier compo.sfi dans les espèces qui se reproduisent par bourgeonnement , re- présentons-nous d'abord linilividu-souche primitivement isolé. Sa forme se ra|(pi'oche [ilus ou moins de celle «l'un cylindre qui serait tronqué en haut et fixé iidérieureinent par un pied étalé. Ou distingue tout de suite dans sa surface trois régions principales, le sommet ou disque, l'expan- sion de la base, et les côtés qui forment une surface courbée circulaire- ment autour d'un axe vertical, et qui, ossifiés jusqu'à une certaine hau- teur, conservent leur mollesse primitive dans la partie supérieure de l'espc'ce de colonne ainsi constituée Suivant qu'ils occuperont l'une ou l'autre de ces régions, les bourgeons .seront oits calicinaux ou péristo- miens, basilaires el latéraux. On conçoit très bien que quelquefois les bourgeons puissent naître sur la limite des régions (jue nous venons de loiisidérer, parce qu'elles sont toutes en continuité de tissu et qu'il n y a en réalilc qu'une seule et même surface (pii suit îles directions ilill'é- '2'2'2 niiAi: Kn\v,tKn<<> i:t Jii.r.s iiaimk. l'fiiilfts. 11 lie l'iiut (Iciiic pas atliibiior h l'fs disliiictinim plus df valeur qu'elles n'en ont réellement. Cependant il est vrai de dire aussi (|ue non seulement elles facilitent beaucoup le classement des bourgeons, mais encore que les diverses positions qu'elles indiquent sont ordinairement en rapport avec des différences assez grandes ilans la Forme générale du polypier. Dans un certain nombre de polypiers appartenant à la division des Astréens agglomérés , et qui forment le genre Prionnstrea , la undtiplira- tion s'opère au moyen de bourgeons calicinaux situés loin de la colu- melle et très près des bords des calices. Les jeunes se constituent d'abord aux dépens de la muraille et des cloisons du parent; mais ils ne lui emprinitent que de très petites portions, se complètent très vite, et croissent en hauteur en s'élnignant toujours davantage de l'axe de l'indi- vidu qui les pnrte ; et. finalement, le calice générateur n'a rien perdu (le ses parties coustiluanles. La fossette du jeune calice ne se trouve pas sur le même plan que celle du calice adulte, mais beaucoup plus haut, et il s'adosse à la partie supérieure de ijuelques cloisons di, parent, en développant très rapidement une columellc qui lui est propre et un arc mural du côté qui regarde le centre de l'adulte. Il a alors la forme d'un nid de pigeon et se trouve circonscrit en dehors par n?ie partie de la muraille de l'individu i]ui le porte , et en dedans par le demi -anneau mural (|u'il s'est formé. C'est sur ce demi-anneau que se prolongent bientôt les cloisons du parent co\ipées dans leur partie supérieure par le bourgeon , et que s'élèvent les cloisons du jeune en continuité avec celles du parent situé au-dessous , et cette partie de la muraille nouvellement formée se trouve compléter la paroi interne du calice adulte. On voit donc que si d'abord le polypiérite parfait a perdu un peu de sa muraille et le sommet de quelques unes de .ses cloi- sons qu'il a cédées au jeune, il recouvre, lorsque celui-ci se complète, l'é quivalent du lambeau nniral ipii s'était éloigné de lui et sur lequel se con- linuerontbientôt ses cloisons interrompues dans leur portion terminale. Ce (|ui se passe ici est donc extrêmement différent de ce qui a lieu dans la fissipariié , pui-sque c'est toujours en dehors de la columelle que le bourgeon prend naissance et qu'il s'accroît sans rien enlever d'essen- tiel au parent. Somme toute, les modifications apportées dans le poly- piérite par ce bourgeonnement sont très peu considérables ; mais elles sont telles, cependant , qu'on ne confondra jamais les bourgeons calici- naux des Astréides avec ceux qui caractérisent le groupe des Cyatho- phylliens , ces derniers n'apportant aucun changement appréciable dans le calice adulte , mais se constituant rapidement avec des murailles in- ASi iii'.iDi;s. 'i^S (lépeiidaiiles , el Imit a lail (•(iiiiiue s ils ri'siillaifiil du ilcveloiiiiciiieiil (l'un œuf i|iii se sei'ail anvli- a iiiif l'aiblt" (lislaiicc de l'oiivcrliiie buccale du parejit. LesSidéi'îislrées et les Tlianinaslrées paraissent avoir tout a l'aitce même mode de nmltiplicatioii auquel ;ious proposons de donner le nom de bourgeotmement submaryinnl , réservant l'épithète de marginal pour celui qui nous est offert par les Stylocœnies, et (|ui ditfére du précédent en ce que les liour^'poiis naissent tout a l'ait sur les uMM'ailles, aux points (l'union de plusieurs calices : la, par consé(pient, le jeune individu n'em- prunte rien au disque ni au calice de l'individu souche. Il est a remar- quer que , dans toutes ces espèces dont le polypier nous montre des traces certaines d'un bourgeonnement submarginal ou marginal , les bords du calice ne sont jamais libres , mais ipiau contraire les polvpié- rites sont très serrés entre eux et intimement soudés par leurs min'aillcs. On pourrait donc se demander si l'individu souclie a commencé jiar pousser des bourgeons calicinaux on bien des bourgeons latéraux , et si ce ne serait pas seulement après que les polypiérites ont été très serrés et se sont sondés par leurs murailles, que ces espèces, douées d'une grande force de n^prodiu-tidii . auraient poussé des bourgeons sur leuis calices, parce (|u'elles ne |pouvaient plus en pousser par leurs cotés. Mais nous nous sommes assurés, sur un certain nondjre d'espèces, que le bour- geoniieaienl est toujours également caliculaire veis les bords libres du polypier, où l'on n'observe jamais de bourgeons latéraux. On est porté a admettre, d'après cela, que, dansées espèces, les parties submarginales du calice sont exclusivement douées de la l'acuité de pousser des bour- geons, et qu'a aucune époque elles ne présentent d'autre mode d'ac- croissement. Le polypier produit de la sorte est toujours massif et en général élevé; mais il s'étend aussi beaucoup en largeur, ce qui s'ex- pli<|ue par la tendance constante des jeunes à se développer principale- ment du côté extérieur a l'axe de leui' parent. Le bourgeonnement marginal rpje nous avons inriiqué dans les Stylo- cœnies (Ij fait le passage vers celui (|ui se montre sur les parties latérales des polypiérites dans un grand nombre d'espèces. Cette surface extérieure peut porter des bourgeons à des hauteurs très différentes , suivant les espèces; mais, le plus souvent , les jeunes prennent naissance dans le voisinage des calices . et se recourbent rapidement vers le liant. Quel- quefois même ils occupent tout à fait le bord extérieur de ces calices , tomme on le voit l. 5, fig. 7. \SlllliEUKS. StîÔ développant un peu obliquement, déjeliiit le parent de l'autre coté : le jeune se constituait avec une forme semblable a celle de l'individu souche , et , parvenu à une certaine phase de sa croissance , il donnait de même naissance dans le voisinage du calice , mais du côté opposé, à un seul bourgeon , qui , après s'être complété et après avoir repoussé dans l'autre sens le polypiéritequi l'a produit, se trouvait situé au-des- sus du polypiérite primitif, et dans une direction oblique parallèle. Lui- même produisait un quatrième individu , qui venait se placer sur le même plan vertical (]ue le deuxième; sur lecpiatrième se développait un cin(|uième , qui se superposait sur le troisième et le premier , et ainsi de suite; de sorte que les diH'éreiits calices occupent une position alterne distique , de chaque côté d'un axe virtuel , et que , si on les désigne par un chiffre indiquant leur ordre d'apparition , une des rangées verticales comprendra tous les numéros impairs, et l'autre tous les imméros pairs. Nous ne connaissons de cette espèce (pi'un échantillon très petit et vrai- semblablement très jeune, et c'est aussi dans ce même état (|ue nous avons observé un autre polypier {l'irurncnrn alternans) qui présente une disposition tout à fait analogue ; mais il est probable que, par les progrès du développement, il se formait des axes secondaires. Toujours est- il <|ue, dans ces exemples remarquables, la plupait des individus ne bour- geonnaient qu'une seule fois chacun pendant toute la durée de l'existence de la colonie ; ce que nous ne retrouvons pas dans les autres polypiers , dont les polypiérites restent également libres pai- leurs murailles. On n'observe pas non plus chez ces dernières espèces que quelque régularité préside à l'apparition successive des bourgeons , étoiles se montrent à nous sous des formes diversement dendroïdes, comme dans la plupart des Plenrocores où les jeunes se disposent tantôt à la manière des branches d'un arbre en espalier conslaiices uu l'on trouve ces gerbes très grosses et très touffues, il se- rait (lilticile d'expliquer la lormation de semblables polypiers par le seul t'ait du bourgeonnement latéral , et l'on serait tenté d'admettre qu'a ce mode de multiplication vient se joindre celui par stolons; mais il est très probable que le plus souvent ces grosses touffes ne sont pas issues (l'un seul individu souclie, et sont formées en réalité de plusieurs polypiers rapprochés , et qui ont contracté entre eux des entre-croisements et des adhérences en quelque sorte accidentelles. Nous avons vu , en effet, des pierres couvertes de petites colonies dendroïdes naissantes, encore hidé- pendantes les unes des autres, aussi bien par la base que par leurs parties latérales ; mais qui, si elles se fussent développées davantage , auraient bientôt donné lieu a un faisceau unique, et en apparence simple. On conçoit très bien, au reste, que ce rapprochement des individus, nés d'ovules , puisse être habituel dans ces espèces, soit parce que les œufs sont apportés en très grand nombre dans un même endroit , soit plutôt parce qu'un individu , d'abord isolé, en même temps qu'il pousse des bourgeons, ])roduit des germes intérieurs , lescpiels , rejetés au dehors et tombant près de lui , se tixent et se développent dans le voisinage de sa base. C'est, suivant toute appaience, iluue manière analogue que s'est constitue le polypier fascicule de la Stylosrailie (1), qui ne nous estcoium que très imparfaitement d'après des échantillons incomplets. Dans cette espèce, les polypiérites sont très rapprochés, et ils s'unissent entre eux par des points de coalescence nombreux et étendus. Mais c'est surtout \'As/r(ii(lc qui établit le passage des polypiers où les individus restent libivs par les côtés, à ceux où les individus sont unis entre eux dans toute leur hauteur , si ce n'est auprès du calice. Dans ce Zoophyte , la reproduction se fait avec rapidité , et bientôt les polypiérites , qui sont (irimitivemeut indépendants par leurs murailles, et cylindriques, se rap- prochent extrêmement , deviennent prismaticpu^s, et se soudent inlime- nienl entre eux depuis leur hase jusipi'au sommet. Alors l'accroissement a lieu presque exclusivement sur la surface exléru'ure de la masse, parce qu'il n'y a plus de place pour la production des bourgeons entre les in- dividus qui occupent le milieu du polypier. Cependant , lorsqu'il existe un petit espace au point de rencontre de plusieurs calices , on ne tarde pas a y voir apparaître de petits bourgeons extracalicinaux, mais qui sont presque maj'giuaux. En même temps que les polypiérites, situés vers le centre de la masse, s'unissent si intimement que les bords de leurs calices sont simples et polygonaux, ceux qui occupent la périphérie du polypier sont presque toujours entièrement libres, si ce n'est par la base. Les choses ne paraisseiit pas se passer exactement de la même manière (IJ PI, C, lij: i vsriiiiiDKs. '227 dans les espèces ou le (julypiii est loul a fait iiiassil. Tandis que, dans l'Astroûie, les jeunes ne se soudent qu'après s être librement développés ; dans lesStylines, au contiaire, ainsi quo dans les véritables Astrées, les jeunes sont toujours unis latéruleiueiit a leur parent au moyen d'un cœnencliyme plus ou moins abondant, et ne sont libres que par leur sommet, et dans une très petite étendue. Le bourgeoimement, dans ces espèces , se fait avec irrégularité , et se continue , pendant toute la durée de l'accroissement, sur tous les points de la surface supérieure , en même temps que sur les parties latérales. Il en résulte (|ue la forme du poly- pier est celle d'une masse convexe plus ou moins élevée, et plus ou moins arrondie, qui présente des calices de largeurs très inégales, et dont l'aspect varie peu dans les différentes espèces (I). Il est à remarquer que , dans toutes ces espèces a bourgeonnement la- téral , les bords calicinaux sont toujours libres, sinon dans toute leur circonférence, an moins en grande partie, et que, dans les espaces qui les séparent, s'étend toujours un cœnencliyme plus ou moins développé, a la surface duquel les nouveaux bourgeons viennent sortir des parties latérales des adultes ; et cet espacement , si faible qu'il soit , des divers polypiériles est évidemment nécessaire pour que des bourgeons latéraux puissent se produire à la fois veis le milieu et sur les bords du polypier. Il faut aussi noter (|ue les jeunes ne prennent jamais naissance dans le tissu formé par les parties les plus extérieures du polypiérite, mais qu'ils se forment sur la muraille elle-même. Dans la plupart des cas, ils res- tent toujours, par l'extrémité inférieure de leur muraille, en connexion directe avec la muraille de leur parent ; mais quelquefois ils tendent à s'en détacher à mesure qu'ils se développent, et c'est ce dont nous nous sommes assurés en observant des coupes verticales d'Astrées et de Sty- lines. Enfin, c'est encore un fait digne d'attention, que presque tous les Zoopliytes de cette famille dont le polypier massif s'accroît par le développement de bourgeons , paraissent en même temps doués de la faculté de se diviser quelquefois par leurs calices , mais en quelque sorte accidentellement, au lieu qu'on ne voit jamais de traces de bourgeonne- ment dans aucune des espèces qui se multiplient normalement par fissi- parité. C'est ici le lieu de citer les licbinopores qui se multiplient au moyen de bourgeons naissant sur un cii-ni-ncliyme qui .se dévelop|)e eu expan- sions lamellaires libres par leurs deux surfaces et lixé<;s seulement par un (1) Nous rencoiilrons celte forme du polypier clans les genres Slylina. Pliyl- tocœnifi. Hctcivcteniu. Steplutnocœnia, Astrcti, rtesiastrea , Sohnantren ^ Cyphtm- Irea, Leplatlrru et Oulniilien. (le leurs bonis C est dcinc iriie luriiie tiès paiticLiliére et même excep- tionnelle dans la famille des Astréides. Elle nous conduit cependant vei'S les Astréens rampants (|ui se reproduisent au moyen de bourgeons for- més également sur des expansions basilaires, mais qui ne présentent jamais de cœnencliyme et qui ne constituent pas de lames foliacées. Dans toutes ces espèces, on ne voit plus de jeunes se développer sur les bords intérieurs des calices ni sur les côtés de la muraille ; et la faculté gemmipare est reléguée exclusivement dans les parties extérieures de la base de l'animal. L'individu-souclie est fixé par un pied qui s'étale beaucoup , et bientôt les bords de cette expansion basilaire donnent naissance a de nouveaux individus qui , a leur tour, produiront d'autres bourgeons sur leur base étendue circulairemenl. Il est facile de s'assurer que c'est réellement ainsi que se forment les petites colonies des As- tréens rampants, lorsqu'on examine avec attention le polypier des As- trangies (I) où ces expansions basilaires sont durcies et unissent par le pied les (liHérents polypiérUes; mais, dans les genres /l h jio (2), Cryp- /(ingifi et l'hyllunijiii , on ne trouve ordinairement dans le polypier aucune trace de ces membranes gemmipares ([ui ne se sont pas ossiliées et qui peut-être ont été atrophiées et détruites quelque temps après avoir rempli leurs fonctions reproductives. Il résulte de ce fait (|ue, dans beaucoup de circonstances , il n'existe aucune connexion entre la plupart des polypiérites d'une colonie, et qu'ils sont seulement rappro- chés comme s'ils provenaient du iléveloppement d'ovules et non d'un hourgeoiniemerit. Nous avons déjà vu dans la famille des Turbinolides nue espèce gemmipare dont le polypier reste linalement simple , mais cela lient à ce que les jeunes se séparent de lui pour devenir libres , au lieu qu'ici tous les éléments restent rappiochés, et il ne manque au po- ly|)ier composé que des liens entre les divers polypiériles. Ces moyens d'innon, nous les trouvons dans la liliizmKjui /ircrix.tima (3), nuiis nio- dcliés d'une manière remarquable. Le pied, au lieu de s'étaler également dans tous les sens en une expansion confirme circulairement, comme nous le voyons chez les Astrangies, envoie seulement dans différentes directions de petits rubans étroits et allongés tout a fait stoloniformes et a l'extrémité desquels poussent des bourgeons. Ces parties se .sont ossi- liées dans l'exemple (|ue nous venons de citer, et elles uni.s.sent les jeunes aux parents a des distances souvent doubles ou môme triples du dia- mètre de l'individu (|ui les envoie. On comprend ai.sément (|ue li-s polypiers produits par ce mode de (1) l-l. 7, lig. 5 el :■,' (2) l'I. 7, lig. 6 (3) l'I. 7, lit;. 7 d « \sriiÉiDiîs. 229 Loiirgeoiiiieunîiit piébeiittiil uni; tonne yenorule un peu liitlerente de telles que nous avons examinées précédemment. Eneflet, les polypié- rites sont toujours ici très courts, cylindriques et libres entre eux laté- ralement, a moins (|u'ils ne se soudent accidentellement par leurs mu- railles; et ils sont jilus ou moins rapprochés, de manière a constituer de petites colonies, en général un peu lâches, et qui paraissent ramper à la surface des corps sous-raarins qu'ils recouvrent. Tels sont les divers modes de reproduction qu'il était important de sifinaler dans la l'amille des .\stréides. On a pu voir, par cet expo.sé . combien l'aspect du polypier varie avec ce mode de multiplication et de groupement , mais cependant que tontes les formes génériques qui dépendent de ce même type se rapportent aisément a l'une des modifi- cations principales, peu nombreuses, que nous venons de passer en revue. Le seul genre (|u'il nous reste h citer est le genre Sarcinule, dans lequel il parait y avoir deux modes de bourgeonnement bien différents. D'une part, en effet, on observe des bourgeons latéraux, de tout point semblables à ceux des Astrées et des Stylines ; mais, en outre, on remarque assez souvent sur les bords extérieurs du polypier des sortes de petites croûtes périthécales portant plusieurs jeunes qui ne se rattachent a la masse comnmncipie par le cœnenchymeépithéli(|ue, et qui sont nés certainement sur des expansions basilaires, lesquelles se sont ultérieure- ment ossifiées , de manière à donner lieu à la périthèque cellulaire. § III Le groupe naturel des Astréides comprend les Astrées , les Stylines , les Sarcinules . les Méandrines , les Monticulaires et les Échinopores de Lamarek, ainsi que la ])lupart des Caryophyllies du même auteur. Toutes ces divisions génériques prennent place dans le grand genre Madrépore de Linné et de l'allas, et dans la section des Madii'phyllies de M. de Blainville. Mais M. Dana, dont les travaux sur les Zuophytes doivent toujours être cités avec de grands éloges , est le premier qui paraisse avoir bien saisi la plupart des affinités qui unissent ces Zoan- lliaircs , et il en a formé, sous le nom àWslrddœ, une famille partiru- lière dont la circonscription diffère fort peu de celle que nous avons été conduits à adopter. Il est seulement ii noter (|ue plusieurs tU'uCurijoji/ii/l- lidii' de M. Dana nous paraissent devoir prendre place dans cette divi- sion naturelle des Astréides , et que nous avons cru devoir en exclure le genre Mcrulinn (|ui y avait été placé par ce savant. L'n caractère sur lequel l'allas avait déjà appiîlé l'attention, mais dont la valciM' n'a été recoimue ipie dans ces ilerniris temps, a fourni il M DariM les priiicqiali's base.'- ili' la dislnliiilion riirlliii(|ii|ii(' dis divers 2.'^0 MILKE EDWARDS Ki JlILEM IMIME. genres dont cette t'ainille se compose. Chez les uns, le Ixnii des cloisons est entier, tandis c|iie, chez d'autres, il est plus ou moins proCondément divisé et lacinulé. Cette différence qui, au premier abord, semblerait peut-être n'avoir que peu d'importance, coïncide cependant avec cer- taines tendances organiques dont il est essentiel de tenir compte, et nous paraît en etTet pouvoir être utilement employée pour la division de cette grande famille en groupes secondaires. Nous la partageons ilnnc de la sorte en deux tribus auxquelles nous proposerons de donner les noms A' Eusmiiiens et A' Astréens. Quant aux subdivisions à établir dans cha- cune de ces sections, nous en avons tiré les caractères dans le mode de reproduction et de groupement des individus. Le tableau général de cette cUi'-sificatiou a déjà été publié par mous dans les Complen renilus ile.i •srances de l'Arii(lcmic des sciences (1 , et les détails dans lesquels nous sommes entrés relativement au mode de reproduction : [L'iismiliiHe fuiilliiciUei], i|ui ne préseii- leiit pas de séparation entre les individus réunis en série et affectent ainsi une disposition méaiidroide. 3" Les Eiisinilii'iis aij^jloinh-ps { Eusmi/iniP ngrp-egota;) , qui forment des polypiers massifs, dans lesquels les individus ne constituent pas de séries et sont directement soudés entre eux par leurs côtés, tout en restant bien circonscrits. 4° Enlin, les Eusmilicns cn/pâl/'s {Eusmilinœ immersœ) , (jui res- semblent aux Eusmiliens agglomérés par leur mode de groupement , mais dont les polypiérites ne s'unissent pas entre eux par leurs murailles ni par des prolongements costaux . et sont comme empâtés dans un tissu celluleux péritliécal très abondant. l'BEMiÉKE sEcrio:. — EUSMILIENS PROPREMENT DITS (EUSMILINM PltOPRlM). Nous avons réuni dans cette subdivision les espèces d'Eusmiliens qui sont simples et celles qui ont un polypier composé, fascicule ou den- droide. Les polypiérites sont toujours libçes par leurs côtés, au moins dans leur plus grande étendue ; il arrive très rarement que quelques uns d'entre eux restent unis en séries très courtes ; mais alors ces séries sont toujours libres latéralement , et les individus sont parfaitement distincts par leur fossette calicinale. La plupart des espèces à polypier composé se multiplient par fissipa- rité successive , et deux genres seulement s'accroissent par bourgeonne- ment latéral. Cette section est la plus nombreuse de la tribu et ne comprend pas moins de quinze geiu'es, dont les caractères principaux sont exposés dans le tableau syno|>tique ci-joint. À. Espèces à polypier simple. Il Épithèquo rudimentairc on nulhv b. Côtes simples et non ramifiées c. Traverses très nombreuses. A Cloisons venant se souder par leur bord interne a un axe central ou columelle. e. Columelle sponfiieusp .... ... Cylioonmilia. re. Columelle lamellaire Placosmilia. ild Cloisons très larges et se rencontrant directement par leur bord interne , sans qu'il y ail rip colu- melle Tinrhosmilin . rc. Loges à jipino subdivisées par quclipies traverses. 232 iUILKE EDWARDS Kl JILES HAINE. f. Croissance inlermittenle ; columelle rudinien- taire PurasmUia. //■. Croissance continue; columelle lamellaire . Lophosmilia. bb. Côtes se ramifiant radiairemeiit à mesure qu'elles s'é- lèvent Diploclenium «u. Épithèque bien développée, entourant complètement le polypier. i;. Pas de columelle h. Accroissement continu MonllivaUia . hh. Accroissement intermittent ... Palœosmiliu. 93. Une columelle styliforme ixosmilia. A A . Espèces â polypier composé et plus ou moins dendroide. a- Multiplication par fissiparité. [i. Base du polypier s'accroissant très peu par suite de la multiplication. y. Épithèque rudimentairc ou nulle. S. Une columelle spongieuse ; endolhèque médiocre- ment abondante Eusniiliii. Sô. Pas de columelle; endothêque très abondante. . Leplusmilm yy. Épithèque bien dévelo'ppée, enveloppant entièrement les polypiérites Tliecosmitia - (3(3. Base du polypier extrêmement développée et compacte. Burysmilin oa. Multiplication par bourgeonnement. t. Polypier dendroide. Columelle spongieuse . Dendrosmilkt. te. Polypier fascicule. Columelle stylifonne. SlylosiniUu. Genre 1. — CYLICOSMILIE [CYLICOSMILIA). Ctjtiœsinilia, Milne Edwards et Jules Haime, Comptes-rendus de l'Académie des Scienœs, t. XXVII, p 466 (nov, 1848). f^o/i/pier simple, allongé, lixé. Muraille mince, à épitlièque rudimeii- taire, montrant des côtes simples, non ramifiées , et distinctes dès la base. Ciiluiiivlli' spongieuse bien développée, l'ioisum minces, serrées, peu débordantes , et finement granulées sur leurs laces latérales. Tra- verst's endotliécales abondantes. Ce genre ne renferme encore qu'une espèce , qui se rencontre à l'état fossile dans les environs d'Hauteville. C'est le seul des polypiers simples de la tribu des Eusniiliens , qui présente une columelle spongieuse assez abondante; il est3 Cvi.lCOSMILIA ALTAVILUENSIS. Caryophyllia attuvilletuis , Defrance , Dicl. des Se. mit., (. VII, p. 192 (1817). — Lamouroux, Encyclop., Zooph.. p. 169 (1824). . CuryophijlUa iiHarUiea . de Blainville , Dkt. des Se. mit., l. L\ , p 111 (1830). — Man. d'actinuL, p. 346 Canjopliylliii attaviltensis, Milne Edwards, Annot. de la 2' édil. de Lamarck, t. Il p 352 (1836) — Michelin, Icmi. Zooph.. p. 308, pi. 74, fig. i (1847). l'u/i/iiicr élevé, subturbiné, à base contournée, un peu comprimé en liaut, montrant a diverses iiauteurs do faibles rétrécissements et des bourrelets circulaires peu maniués. Muraille mince. CWcs serrées, alter- nativement très fines et un peu saillantes , élevées en petites arêtes , et à bord léj;èreraent ondulé dans le voisinage ihi calice. Calice subelliplique, a bords souvent un peu iiréguliers. Rapport des axes, 100 : 1-2.'). Fussetle étroite, peu pi'otbiide. Culmiiellc formée de trabiculins lamellaires mé- diocrement abondants. Sf/.rfémes cloisonnaires égaux; cinti cycles com- plets. Ctoisuui serrées, excessivement minces, droites, peu débordantes, a bord arqué en dedans. Les grains des faces latérales sont très peu nom- breux et peu saillants. Traverses fortement obliques, divisées, abon- dantes; dans une coupe liorizontale faite non loin du calice, on en compte jusqu'à ilix par loge. — Hauteur du polypier, 4 ou 5 centimètres ; grand axe du calice, 17 millimètres; petit, 13. Fossile des Falunièrcs d'Hauteville dans le terrain éocène. • — C'est par erreur (jue M. .Michelin a indi(iué ce polypier comme provenant des fa- lunsdela Touraine. — Coll. M., Defrance, Michelin, E. Genhe II. — 1>L.\C0SM1LIE [l'I.ACOSMlf.IA). l'iacosmilia , .Milne Edwards el Jules llainie, Cumptex-rendui de l'Acud. des Se, l. XXVII, p. 467 (nov. 1848). /V///;((-/- simple , comprimé, libre et subpédicellé. h'jjil/i^quc rudi- mentiiire ou nulle. Côtes simples, non ramifiées, distinctes dès la base. Coliime/le larni^llairc. 'l'/oî'*o;i.s nombreuses , serrées, peu débordantes et peu granulées sur les faces. Celles des premiers cycles égales entre elles; d'oii l'apparence d'un nombre «oijsiili'iablc di; systèmes simples. Tra- I ' / w » rndothécalos aliondanles. La «oluineile lariiullai|-e des l'Iacosini lies les si'parc de Ions les Eu.snii- "•l'Àh MII.NE EUtVAKDS lit JVl.ES IIAIME. liens a polypier simple, si ce n'est des Lopliosmilies dont I endothèque est ru dimen taire. Elles ont beaucoup de ressemblance avec certaines espèces du genre suivant, et , comme elles , elles ont été placées à cOté des Tur- binolies, a cause de leur forme générale ; mais l'absence complète de la coluinelledans les Trochosrailies les distingue suliisamment. Ce petit groupe comprend cinq espèces fossiles , dont quatre appar- tieinient à la craie à hippurites des Corbières, dans le département de l'Aude, et la cinquième provient des terrains de la Morée. o. Polypier droit dans toute sa hauteur. 6 La hauteur étant moindre que la largeur c. Le rapport des axes du calice étant 100 : 300. /'. ciinvifumus rc. Le rapport des axes étant 100 : 220. P . cymliulu 66. La hauteur étant plus grande que la largeur Pclonguta. (Kl Polypier courbé » la base d. Base courbée dans le sens du petit axe. .,./'. l'arliinsonh. (i((. Base courbée dans le sens du grand axo. . I'. arcuata i. PL4C0SMILI-V CUNEIFORMIS. Pnli/fjier Irbs fortement comprimé, droit et deltoïde, extrêmement sem- blable, par sa forme générale, à la l'rochostnilia complanata. Côtes fines, serrées, très peu saillantes et subégales, au nombre de 176. Fossette cali- cinale très étroite , très longue et peu profonde. Cotumelle très mince et très étendue. Cloisons serrées , alternativement très minces et plus épaisses. — Hauteur 33 raillim. , grand axe du calice 45 , petit axe 12 , d'où le rapport 100 : 300. - . Fossile des Corbières. — Coll. Michelin. 2. Placosmilia cyjiBiit.A. Turhinolia i';/;ii6ii/ii Michelin. Icon., p. "288, pi. 07. lig. t (1846). Cette espèce ne nous est connue que par l'éclianlillon très usé figuré par M. Micliolin. C'est un polypier droit, très étendu en largeur et épais. Les axes du calice sont entre eux comme 100 : 220. Columelle exces- sivement mince et très étendue. 176 cloisons, alternativement épaisses et minces. Beaucoup de traverses. Hauteur 5 centim. ; grand axe 9, petit 4. Fossile de Soulatge dans les Corbières. — Coll. Michelin l^-r'r'**^' vsiiiiiiDKS. 235 3. 1*L.\C0SMII,H ei.on(;ata. Polypier dioil , allongé, on côno. cylindioïde conn|)i'inié. tVVesliiies, suhégalos, peu saillaiilos. Calice nlliptlque ; rapport îles axes 100: l3o. Cvluiiiflk épaisse surtout dans son milieu, et ne faisant pas la moitié (le la longueur du grand axe du calice. Cinq cycles complets. Cloisons assi'7. serrées, les principales épaisses , surtout en dehors. Traverses très nonibrc'uses Hauteur nu moins S centim ; grand axe 4 , petit à peine :5; étendue en travers de la columelle.18 millimètres. Fossile de la Slorée. — CE. " ■ ■' \jAnlliiiplojllum hicostnttan Coldfuss , Petref. (lenn. , t. I , p. 46 , lai). XIII , lig. l->, ressemble beaucoup a cette espèce (wr sa l'orme gé- nitale, mais il est indiqué comme provenant du calcaire de transition de lEilel. /(. l'i..\i;os.Mii.iA Pakki.nso.mi. M'iirkinsun, Or.j. m» , vol. II. pi. IV, lig. 9 (1820). Turbîiwlia ruilis, Michelin, /cou. Zooph., p 17, pi. 4, lig. H (1841;. Rap- portée il lort au Cyalhophyllum rude, Sow., i|ui est une Monllivallie. — W., ibid , p. 285, pi. 63, fig 4 (1846). Dans cetle figure, le polypier ne parait pas comprimé. Polypier allongé , en cône comprime , à base fortement courbée dans le sens du petit axe du calice. Côtes fines , bien séparées par de grands sillons, un peu plus saillantes près du calice , à bord très finement cré- nelé. Calice subelliptique ; rapport des axes 100: 200. /^(;sshie des Tuihiiinliilcs). 7. Trocuosmilia coiiMci;i.iiM. Turbinolia corniculum, Michelin, [con. Zoopli., p. 267. pi. 61 , fig, 2 (1846). Turbinolia hcmisphœrica, Id , ibid., p. 267, pi. 61, fig. .5. Est un jeune ou une moitié inférieure de la T. cortiiculum . ainsi que nous nous en .sommes assurés sur les éihantillons-types. Poly/iier droit, élevé, subpédicellé, conico-convexe dans sa moitié inférieure, un peu comprimé dans sa moitié supérieure. C6lcs droites, subégales, 1res |ii'u saillantes, au nombre de 72 inférieurement , et dans vsiiiiiiDus. -i^ll les jeunes; une lois plus nunibieuses dans la moitié su|iérieui'e des adultes. Calice à axes inégaux , souvent dans le rapport de 100 : 150. rioisoiis serrées , un peu épaisses en dehors. Hauteur, 7 centimètres; grand axe, i ; petit, .'î. Fossile de la Palaréa (comté de Nice) , dans le terrain nuinmulitiiiiiti's des Corbièies , et, suivant M. Miclie- lin , (les Pyrénées méridional(!s (Catalogne).— Coll. Michelin. 11. rnOCllOSMlI.I.V BOISSYANA. Turbinolia Boissyana, Michelin, Icon. Zooph., p. 286, pi. 65, fig. 1 (1846). Polypier pédoncule, en cône comprimé, légèrement courbé, plus large que haut. Côtes très fines, très serrées, subplanes, couvertes de grains fins. Rapport des axes du calice , 100 : 300. Les sommets du petit axe légèrement rentrants. Sept cycles complets Cloisons assez inégales , très serrées ; les principales épaisses , et graduellement amincies en dedans. Hauteur, S centimètres; grand axe, 9; petit, .S. Fossile des Corbières et au.s.si, suivant M. Michelin, de la Catalogne. Coll. Michelin. 12. TliOClKJSMILIA l'ATlJLA. Turtidwlia patnhi. .Miclielin, Icuu. Zooph., p, 288, pi. 65, fig. 3 (1846) l'oti/jtier {\\é par un pédoncule assez gros, comprimé, a peine courbé. C<5tes peu distinctes à la base , assez fortes près du calice, (pjeUiuefois même subcristi formes, et couvertes de grains arrondis. Calire subellip- li(|ue. Rapport des axes . lOO : iOO. Les sommets du petit axe un peu rentrants. Fossette étroite et peu profonde. Cinq cycles. Les cloisons des trois premieis égales et un peu épaisses. Hauteur, .(centimètres; grand axe 3; petit, 1, ;>. Fossile des Martigues {Rouclies-du-Rh(ine). — Coll. Michelin. 13. TllOCHOSMILIA CER.'MUA. Twliinoliit cernua?, fioltlfuss, PHref. Germ , p, 53, pi. XV. fig. 8 (1826). — Milne EdvvartJs, ..\nnot. de la 2' édit. de Lamarck, p. 362 (t«36). — Michelin, kon Zooph. \y 286, pi. 66, fig. 1 (1846). L échanlillon fi- guré est. monstrueux, et a le pédoncule beaucoup plus gros que celui représenté dans Goldfuss , cependant il est probable tpie tous deux appar- tiennent à une même espèce. /'û/i/jHer subturbiné, pédoncule, très légèrement courbé. Côtes nom- breuses, au nombre de 130, égales, granulées, subplanes. Calice sub- ovalaire. Cluisons nombreuses et très serrées, un peu épaisses. Haultiur, G centimètres ; grand axe du calice, 4 ; petit, 3, 5. Fossile de Soulatge (Corbières) dans In craie ii Hippurites. Coll. Michelin. y ASTllÉIDES. '2/|3 Nous proposons (iappelcr provisoirement Troclmsinilin? Ceiwmnna , un polypier du grès vert du Mans, que nous avons observé dans la col- lection de M. Michelin , mais qui n'est pas assez liien conservé pour qu'on puisse se prononcer avec certitude sur ses vraies affinités. Il est assez élevé, turbiné, fixé par une large base encroijtante, au-dessus de laquelle il montre un rétrécissement circulaire. La muraille est entièrement nuo, et garnie de côtes nombreuses, subégales et régulièrement crénelées. Le calice est circulaire et sans columelle. Cini| cycles complets avec quel- ques cloisons d'un sixième cycle. Ces cloisons sont minces, serrées ; mais nous doutons qu'elles aient le bord parfaitement entier. Hauteur du polypier, 3 centimètres ; diamètre du calice, 2, h. Genre IV. — PARASMILIE (l'AUÀSMILlA). Parnsmilia. Milne Edwards et Jules Hainie , Comptes-rendus, t XXVIl , p iX7 fnov. 18t8). Polypier simple , fixé ou pédicellé , à croissance en général intermit- tente , élevé, subturbiné, peu ou point comprimé. Epil/wfjiir rudimeii- taire ou nulle. Côles droites, simples, non ramifiées, subgranulées, en général plus saillantes dans le voisinage du calice. Calice subcirculaire ou à axes très peu inégaux, à fossette médiocrement profonde. Columelh' rudimentaire. Cloisons débordantes, larges, à bord arqué en haut, a faces très granulées, fùidnltm/ite rudimentaire. Ce genre et le suivant sont, de toutes les Astréides, ceux qui se rap- prochent le plus de la famille des Turbinolides ; car ils n'en diffèrent que par la présence des traverses intcrcloisonnaires ; et même, contrairement à ce qu'on observe dans les autres Eusmiliens simples et à muraille nue, ces traverses sont très peu abondantes , et reléguées dans la base du polypier ; mais enfin ce caractère est constant , et s'il .s'affaiblit de la sorte, il ne s'efface jamais dans ces espèces, non plus que chez aucune de celles qui composent le groupe nombreux , dont l'étude fait le sujet de celte monographie. Malgré la grande affinité des Parasmilies avec les Lophosmilies, la columelle lamellaire de ces dernières ne permet pas de les confondre. Une des espèces de ce petit groupe est vivante; mais nous ignorons sa patrie; les autres .sont fossiles, et ne se sont rennonlrées jusqu'à présent que dans les couches supérieures de la craie. ^/|/| MII.KE En\l'tKI>K FI' Jlil.KS UAIMI':. 1. P/MIAS.MLI.IA rOClil.UM. ( ri. 5, fig. 5, 5".) l'nlijpwr droit, largement fixé, assez élevé , régulièrement turbiné. Mwnillc simplement granulée dans sa rauitié intérieure, et finement costuléedansle voisinage du calice, où cependant les côtes sont à peine saillantes. Calice subcirculaire , à fossette très étroite et profonde. Colu- melle nulle ou réduite à deux on trois petits trabiculins. Cinq cycles complets. C/oisons larges , débordantes, assez minces , serrées, inégales; vers le centre, les tertiaires se rapprochent des secondaires; les pri- maires ont le bord interne droit et presque vertical. Les grains des faces latérales sont assez marqués et peu nombreux. Une coupe verticale nous a montré quelques traverses basilaires, simples et obliques en bas et en dedans. Les principales cloisons se rencontrent suivant l'axe vertical , et se soudent très fortement par les pointes très courtes d'un bord crénelé Hauteur de l'échantillon unique que nous ayons observé, .'$7 milli- mètres ; diamètre du calice, 23; profonileur de la fossette, 15. Habite. . - Coll. E 2. PAIi.iSiVirLlA CK.NTIIALIS. l'arkinson , Orçinnic remaiiix of n former IVorld vol. Il.pl. iv, fip; 15 et \l< (1820) Mddrepora centralis. Maiilell, Gcol. of Sussex. p 159, tali xvr, fig. 2 et 4 (1822). Figure grossière. Caryophyllia cmtralis , Phillips , Illuxt of Geoloijn of Yorkaliire , pari, i , p. 119 , pi. 1, fig. 13 (1829) — 2' édil., p. 91. Ciiryophiitlca , R.-C. Taylor, Mag. of nut. llist.. vol. III, p. 271, fig. / (18.30). Assez bonne ligure. Polypier turbiné et ordinairement droit inférieuremenl , cylindrique et contourné dans sa partie supérieure, susceptible de sedévelopper beau- coup en hauteur, et présentant quelques bourrelets cuxulaires très peu marqués, rùies droites, serrées, distinctes depuis la base, où elles sont plus saillantes que dans le reste de leur longueur , couvertes de grains assez lins , mais plus gros inférieuremenl ; celles qui correspondent aux cloisons primaires et secondaires un peu fortes et subégales. Calice cir- culaire, à fossette peu profonde. Columelle plus développée que dans les autres e-ipèoes du même genre, ce qui l'a fait regarder par Mantell comme voisine des Cyathines. 4 cycles complets, ('loisona très inégales , a.ssez minces , ii faces inontraiU des ^^rairis assez gros et peu nombreux. Une ASTI'iÉIDES. '2ll5 coupe verticale nous a inoiitré sur toute l'étendue d'une grandie cloison 3 traverses seulement. Hauteur 5 ou 6 centim.; diamètre ilu calice 1 ou un peu plus. Fossile de la craie blanche , à North Fleet, près Gravesend (Kent.) ; à Norwicli (Taylor) ; à Brighton et Lewes (Mantell) ; à Daue's Dike (Phil- lips). — Coll. Bowerbank. La Carijophijlliu costulntn Def'rance , Dict. îles Se. mit., t. Vil, p. ig."}, n'est probablement (ju'un jeune de cette espèce. 3. Pabasmilia Gravesiana. Caryophijtliu ceutmlis?. Graves, Topogr. de l'Oise, p 701 (1847). PotypiiT en cône médiocrement allongé , courbé vers le milieu ou géniculé , montrant quelques faibles bourrelets circulaires. Côtes bien distinctes depuis la base, assez unes , peu saillantes , mais un peu plus auprès du calice , granulées et subcrépues, un peu flexueuses. Celles qui correspondent aux cloisons primaires et secondaires égales ; les tertiaires encore bien distinctes; les autres très fines. Calice circulaire, ordinaire- ment un peu penché. Columetle comme dans l'espèce précédente. 4 cycles cloisonnaires, ordinairement complets. Cloisons médiocrement minces à faces très fortement granulées. Hauteur 20 millim.; diamètre du calice 8. Fossile de la craie de Beauvais (Oise). — C. E. Cette espèce est très voisine delà P. reiitrnlis , mais elle s'en distingue bien par ses côtes. On la rencontre souvent usée. Il- Parasmilia Faujasii. /•'o/y;j(C'r allongé , courbé, présentant plusieurs bourreletscirculaires. Côtes peu distinctes, mais se montrant dès la base , planes , subégales , serrées, couvertes de grains fins. 5 cycles ; les cloisons du dernier cycle ne se montrant que dans une des moitiés des deux systèmes. Cloisons médiocrement minces , très inégales ; celles du dernier cycle très peu développées. — Hauteur 4 centim., diamètre du calice 2. Fossile de Ciply, dans la craie danicune. — Coll. de Koninck. Cette espèce, qui est fixée par un pédoncule grêle, devenait proba- blement libre pai- les progrès de l'âge. 2ll& miLNE ED%«'AKD«i ET JtXE$« IIAIME. 5. PaiUSMILU ELO^'GAT'V. Polypier allongé , cylindro-coiiique, un peu courbé, présentant quel- ques bourrelets d'accroissement. Côtes subégales, minces, peu serrées, a bord très légèrement ondulé. 4 cycles complets. Cloisons minces , peu serrées. — Hauteur 6 ou 7 centim. : diamètre du calice 16 millim. Fossile de Ciply. — Coll . de Koninck. Cette Parasmilie se distingue de la précédente par sa l'orme générale et par ses cloisons plus minces et moins nombreuses. (). PaHAS.M11.EA l'UNCTATA. Pulyiiicr \in peu court, turbiné, a peine courbé , finement pédon- cule. CiXes distinctes depuis la base, un peu larges, peu inégales, sub- plajies , couvertes de grains fins , mais très nombreux et très serrés. Calice circulaire, très peu profond. Columelle nulle. 4 cycles complets. Cloisons très inégales , écartées, médiocrement minces ; celles du dernier cycle très peu développées. Hauteur près de 2 centim ; diamètre du calice 18 millimètres. Fossile de Ciply. — Coll. de Koninck. Genre V. — LOPHOSMILIE [LOPHOSMILIA). Lophosmilia . Milne Edwards et Jules Haime , loc. cit. . p. 467 (1343) Polypier s\mp\e, subturbiné, très peu comprimé, fixé. Pasd'épithèque. Côtes simples, peu marquées à la base, peu saillantes dans le voisinage du calice. Columelle lamellaire, peu étendue. Six systèmes égaux. Cloi- sons inégales, très débordantes, a bord fortement arqué en haut, à faces granulées. Endothèque rudimenlaire. Ce genre a, comme les Placosmilies, une columelle lamellaire, mais il s'en éloigne par la forme générale de son polypier qui esta peine com- primé et par la grande profondeur de ses loges. Ce dernier caractère le rapproche des Parasrailies, avec lesquelles il a beaucoup d'affinité, mais dont il se distingue par sa columelle. Nous ne connaissons jusqu'à présont que deux espèces dans ce petit groupe, l'une aciuollement vivante et l'autre appartenant à la craie dii Mans. \SIIIK1DES. "2lll I. Loi'IlOSMlLIA llOTliNDIFOLU. (PI. 5, fig. 3 el 3 "). Polypier élevé, légèremenl courbé à la base qui est engagée, cliez notre exemplaire, dans une éponge et dont la muraille est feuilletée en ce point, priibablenient |)ai' suite de cette circonstance, t'ù/es distinctes dès la base, planes et subégales dans presque toute leur longueur, finement granu- lées inférieurement, mais saillant en arêtes subonduleuses dans le voisi- nage du calice. Calice subovalaire, à fossette étroite et profonde. Colu- iiicllc trilobée. Cinq cycles complets. Cloisons très inégales suivant les ordres, présentant sur leurs faces des stries granuleuses, radiées, très ser- rées et très régulières. I es primaires et les secondaires très débordantes, un peu épaisses en dehors, à bord régulièrement arrondi en haut, deve- nant légèrement concave dans sa partie interne et un peu épaissi en forme dé lobe indistinct dans sa partie tout à fait inférieure. Celles du dernier cycle plus élevées mais beaucoup moins larges que celles du pénultième. Hauteur du polypier -ii) raillim.; grand axe du calice 25, petit 20; profondeur de la fossette 15; les primaires débordentde 6. Habite les mers d'Amérique? — C. E. 2. I,01'1I0SMII.I.4 CENOMANA. Caryophyllia cenomnmi, Michelin. Icoii. zouph., p 198. pi .59, fig 8(1845). La figure représente un échantillon roulé l'oli/j/ier droit ou a peine courbé inférieurement, légèrement com- primé, un peu reidlé au-dessous des bords du calice qui sont tlécliis en dedans Côtes très fines et peu marquées vers la base ; les principales sail- lant en arêtes non loin du calice. Calice elliptique. Rapjwrt des axes 100: 140. Fijssrtte étroite et peu profonde. Columelle très mince et à bord entier. 4 cycles complets. Cloisons droites, serrés, inégales. Les se- condaires diffèrent peu des primaires et sont de même un peu épaisses; leurs faces montrent près du bord des stries fines. Hauteur l5 millini., grand axe du calice 10, petit 7 ou 8 ; les cloisons débordent de 3. Fossile du grès vert du Mans — C. M. et Miclielin Genre VI, - DIPLOCTÉNIE [DIPLOCTENIUM). Diptoctenium , Goldfuss . Pelref. (jerm., p 50 (IS26), l'oli/pier simple, excessivement coiiipriiiii', llabcllifornie cl très déve- liippi' par les rrtiés qui (rdidiiiairo se dirigenl rn bas, devenant toujours 'i/|8 IMII.KE EU«l'AltUS Kl JLLES IIAIMIi. libre, mais conservant un péditelle iissezgros. l'as d'é/iithèque. Cwto ex- trêmement nombreuses, très tines, subégales, distinctes depuis la base, se dichotomisant ou se trichotomisant a mesure qu'elles s'élèvent. Calice à axes très inégaux, très fortement convexe d'une extrémité à l'autre ; les sommets du grand axe sur un plan très inférieur à celui du petit axe. Fossette calicinale très longue, très étroite et peu protonde. Pas de cotu- melle. C/o/sons excessivement nombreuses, très serrées, minces, à bord arqué en haut, peu débordantes et peu inégales. Traverses simples et abondantes. Ce genre se distingue très bien des autres Eusmiliens simples à muraille nue par son calice fortement arqué et par ses côtes ramitiées. Ces deux caractères ne permettront jamais de le coid'ondre avec les espèces très comprimées du genre Trocliosmilie dont il se rapproche d'ailleurs extrê- mement Jusqu'à présent les espèces qui .se rapportent à ce type appartiennent toutes à la période crétacée. 1. DiPl.OCTliMllM UIINAIUM. Madrejiora lunata , J.-G. Bruguière , Joiirn. d'hist. nal . t. I , p. 4CI , pi. 24, fig. 5 et 6 (1792). Figures grossières, mais reconnaissables. Fungia semilunata , Lamarck , Hixt des nn/ni. mus rerl., p. 235 (1816). — 3'édit., p. 371. — Defrance, Dict.desSc.nal.l. 17, p 217(1820). — Laniourûux, Encycl., p. 418 (1824!. Oiploclciiium cordalum? [ in parte ) , Goldfuss , Pétrel . germ. , p. 105 . lab isxvn , fig. 16 (1826). Est un fragment trouvé dans le Saltzbourg qui nous parait plus voisin de celle espèce que du /). eordatum. Diploctenium lunalum. Michelin, Itun. sool., p 289 pL 6.5, fig. 8(1846). Très lionne figure. l'uli/jiier en forme de croissant, droit, peu élevé, les parties latérales descendant très bas, mais en s'éloignant au lieu de se rapprocher l'une d(! l'autre. Catice en arc plus petit (pi'un demi-cercle , à fossette super- licielle , ayant la forme d'un sillon très peu profond. Hauteur du poly- pierdepuis l'extrémité dupédicelle jusqu'au milieu du calice, Scentim.; depuis la ligne qui passerait par les sommets du grand axe jusqu'au milieu du calice , plus de 5: la ligne horizontale qui mesure la plus grande largeur, au moins 6; petit axe du calice 1. Fossile des bains de Rennes, dans les Corbières (Bruguière) et des Martigues (Michelin). C. iM. — Brugiiièie nous apprend ijur I exemplaire très entier qui l'ail ASTHÉ1DES. 2/19 partie tie la colk^ctiDU du Muséum, y a été déposé en 1 786 par M. Ferlus, professeur d'histoire naturelle au collège de Sorrèze. 2. DiPI.OCTEMLM MATIIliliOMS. Dipivctcllium Matlieroiiii , Michelin , kon. zoopli. , p. 289 , pi. 08 . fig. I (1847). Bonne figure. /'olij/tier serai-circulaire, bien développé en hauteur et par les côtés, à pédicelle droit, dépassant un peu la ligne des sommets du grand axe du calice. Ces sommets sont arrondis et la fossette est un peu profonde. On compte environ iSo côtes. Hauteur 25 raillira. ; la ligne horizontale qui unit les sommets du grand axe 32; petit axe 5; protondeur de la fos- sette 3. Fossile du port de Figuières (Bouches-du-Rhône) et de Fondoule (Var) .suivant M. Michelin. — Coll. Michelin. 3. DiPLOCTEMUM SDBCIRCIII.MIE. PI. 6, fig. 4. Diploclenium subàrculare, Michelin, mss. Poli/pier droit, subcirculaire; les sommets du grand axe du calice descendant beaucoup plus bas que le pédicelle et se rapprochant l'un de l'autre. Le calice décrit ainsi une courbe régulière qui lait environ les 3/4 d'un cercle. On compte à peu près 520 côtes. Le pédicelle paraît assez grêle. Hauteur depuis l'extrémité du pédicelle' 20 millim. ; depuis la ligue horizontale (jui joindrait les sommets du calice, 30. FossiU^de la craie de Royaii (Dorilogne). — Coll. Michelin. h. OlPLOCTE.MUM CORDATUM. Faujas do Sainl-Fomls, Ilinl. mit. de lu mont, de Saiiil-l'ienv de Mues- trichl. pi. XXIV. lig. 3 et 4 (1795). Dipluctenium cordatiim, Goldfuss, Petrcf. germ. l. 1, p. 51, lab. xv, fig. 1, Il . h c. rf, >• (I 826) Excellentes figures, grossies — Bronn. Lelli. Géogn . l. \, p. 599, lab xiix, fig. 10 (l8:i.ï-37) .Nous n'avons jamais vu de cette espèce que des ectypes auxqu(^ls man- (|u:iit 11' |)édicelle figuré dans Goldfuss comme un peu gros et un peu rourlii'. La foirm^ giMiérali! est celle d'un éventail allongé. La courbe du ralici' ii'ssi'udilc a une rnoilii' d'rilipsc, et 1rs (■xtri'initc's inlV^i'iciirc^s ni' Irnileiit pas a sr i'i'|olndrr l'I ili's< rndi'iil ini pi'U niiiins bus (pic le pi'di- '250 MILIME EIIW.1RDS El JULE^i ■l.%IIHE. celle Les côtes sont an nombre de -240 environ : celles iln milieu sont très ramifiées, et celles des côtés se bifurf|iient à peine; elles sont un peu arquées près du pédicelle, et, dans leurs parties extérieures , elles se rapproclient 2 par 2. Hauteur 24millim., la plus grande largeur étant de 18. Fossile de Maestriclit. — M. Michelin possède quelques fragments , mal- heureusement trop incomplets, qui proviennent de la craie de Royan , et qui paraissent appartenir à cette espèce, ou au moins à une espèce très voisine. — Coll. de Koninck, Michelin et E. 5. Du'UOCTEMDM PLUMA. Dîploctenium plumii , Goldfuss , Pelref. , p. 51 , lab. xv , fig. 2 , « . fa , c. (18-26). — Bronn, Leth.Gèogn, I I. p. 600 (1833-37). Sous ce nom , M. Goldfuss a figuré un fossile de Maestriclit dont les bords latéraux sont ascendants et dont le calice est divisé par uneéchan- crureen deux lobes inégaux. Cette forme, si elle n'est pas monstrueuse, constitue une espèce remanpiable (|ui parait se rapprocher des Diplocté- nies plus que d'aucun autre genre. Genre VII — MONTLIVALTIE [MOSTLIVALTIA). Moiillivaltia, Liimouroux , Expos, méthod. des genres de polypiers . p. 78. (1821). Polypier simple, fixé ou subpédicellé, à croissance continue, entouré d'une épithèque membraneuse bien développée. t'o/«»ip//p nulle. Cloisons en général nombreuses et serrées, très larges; celles des premiers cycles subégales. Endothoque abondante. C'est avec les Trochosmilies, parmi les espèces à muraille nue, que les Montlivalties ont le plus d'affinité ; mais leur forte épithèque les en dis- tingue très bien. Elles se séparent des Axosniilies , dont l'épithèque est également bien développée par l'absence de columelle. Ces deux carac- tères leur sont communs avec la Palœosmilia , à laquelle elles sontuniA par une parenté étroite ; cependant nous observons que, dans ce dernier groupe, la croissance a été évidemment intermittente , tandis qu'elle est toujours continue dans les Montlivalties. Lamouroux avait établi cette division générique pour un fossile des environs de Caen, 57 (ISii). \sriii';ii)Ks. 253 — Bronn, Si/si dcr Urwelll.. lab. iv, lig. 8 (18-4,4). — Blainville, Dirt. ili-s Se mit.. Zooph.. pi. il, fig. l (1830). — .1/im . pi. LXIM, fig. I . — Milne Edwards, Annal, de la 2' édit. de Laniarck, t. Il , p. 369 (1836). — Miehelin. lion., p. 222, pi. .54 , fig 2 (1845), Bonne figure. Potyjjier conique , droit ou très légèrement courbé à la base, devenant libre par les progrès de l'âge, entouré dans ses 2/3 inférieurs seulement par une épitlièque extrêmement épaisse et plissée. Câline subcirculaire, à fossette presque nulle. Cinq cycles de cloisons, et quelquefois des rudi- ments d'un sixième cycle. Cloisons élevées, serrées, très larges, à bord ar- (|uéen liaut, assez minces. Hauteur 4centini.; diamètre du calice autant. Fossile des environs de Caen. — Coll. M., Michelin etE. C'est probablement un échantillon usé de cette espèce (|ue Goldfuss a ligure sous le nomd' Ant/mjjliyllum pi/rifonni' Goldf. fetref. Gi-nn. , p. 46, lab. XIII, fip. 10, 1826. 2. MONTI.IVAI.TIA nnEVISSIllA. /'ulyjjier droit , très coui't , devenant libre par les progrès de l'Age , à surface inférieure convexe , entouré d'une épitlièque qui arrive jusqu'au bord du calice. Calice parfaitement circulaire , à fossette superficielle. Cinq cycles, floisans très serrées , légèrement l'paissies en dehors , et minces dans le reste de leur étendue. Hauteur un peu plus de 2 centim.; diamètre du calice 3,5. Fo.ssile de ... . — CE. 3. MONTLIVALTIA? l'ATEKIFOKMIS. AnlhojiliiiHnm pnleriforme, Michelin, Icnn.. p. 198, pi, .'iO, fig .3 (1845), /'oli/pier fixé , droit , turbiné dans le jeune âge, s'évasant par les pro- grès de la crr)issance , mais n'augmentant que très peu en hauteur, de sorte ((u'il est très court à l'état adulte. Ciiliee circulaire, à fossette assez bien nian|uée. Cinq cycles complets. Cluisans serré(^s , un peu épaisses , a bord entier. Hauteur près de 2 centim. ; diamètre du calice 4. Fossile du grès vert du Mans. — Coll. Michelin. 4. MOINTLIVAI.TIA GtlERANGElU. /'«/(//-/■ très court, libre, entouré d'une très forte épilhè(|uequi n'ar- rive guèi'c ((u'ii la iipoilii' de la liaiilciir. Ciiiiir circulaire, à fosselt(! bien 'Ibli nu.yK i':i»WAitW!« i^r jixes haimi:. mar<|U(''i; , obloti^'iie. Giii(| cyclfls compliits. Ctiii.iTL1VA1.T[A IIIPrURITIFORMIS. Turbinolia lUppuritifoniiis. Michelin, Icon . p. 2S7 , pi. 6.5. fig. 7 (1846). Très bonne figure Polypier élevé, cylindro-conique , à peine courbé, entouré jusqu'au- près du calice d'une épithè(|ue forte et plissée qui cache entièrement les côtes. Calice subovalaire. Cinq cycles complets avec quelques cloisons d'un sixième cycle. Cloisons droites très minces , peu serrées, assez iné- gales. Dans les points où l'épithèque-et la muraille sont enlevées, on voit des traverses très rapprochées. Hauteur 8 centimètres, grand axe du ca- lice 5; petit, près de 4 Fossile de la craie à hippurites des Corbières. — Coll. Michelin. 8. MoNTLIVALTIA? DETllITA. Caryophyllia Iruncata, Michelolti, Spec. zooph. dil., p. 86 ((838). AnthopliyUum detrilum, Michelin, kon. zooph.. p. i8. pi. 10, fig. 1 (1842). La figure pourrait faire croire à l'existence d'une columelle lamellaire ; mais ce n'est qu'une apparence produite par une traînée de matière étrangère qui se trouvait .sur l'érlianlillon figuré. ASTItÉIDES. 255 Puliiiiier assez élcvi' , cylindrique, à bas(; au moins aussi large que le calice. Cnlae subcircuiaire, à fossette très peu prolonde. Quatre cycles. ('luisons très épaisses en dehors , amincies en dedans, larges, formées de deux feuillets distincts quand on vient à les briser, médiocrement serrées. Hauteur 35 raillim., diamètre 25. Fossile de Castel-Gomberto. M. Michelotti l'indique aussi comme pro- venant de la colline de Turin — Coll. Michelin. 9. MOMLIVALTIA? IN^EQUALIS. Anlhophyllum incequale, Michelin, Icon., p. 196, pi. 50, fig. 4 (1845). Ce polypier ne diffère é d'une épithèque très épaisse. Trois cycles complets, avec des cloisons de i' et de 5" ordres dans une moitié des systèmes. Les cloisons tertiaires se soudent aux secondaires près de la colun)elle. Hauteur 25 millim. ; diamètre du calice de 13 à 15 ; profondeur de la fossette, 7. Fossile deCroizilles près Bayeux, dans l'oolite ferrugineuse. — CM. et Michelin. 2. AXOSMILIA MULTIRADIATA. Caryophyllia extinelorium (pars) , Michelin , kon. , p 9 . pi. 2 , fig. 3' , (1840). Cette espèce diffère de la précédente par une épithèque plus mince et des cloisons plus nombreuses. Il y a 5 cycles complets , mais les cloisons du dernier cycle sont rudimentaires. Les dimensions sont les mêmes que dans l'A extincto>-ium ou un peu plus fortes. Fossile du lias à Curcy (Calvados). — Coll. Michelin. Genre X. — EUSMILIE [EUSMILIA). Eusmilia, Milne Edwards et Jules Haimc,Comples rendus de l'Acad. des se , t. XXVn, p. 467 (1848). • l*(jlyjHer composé , en cynic di ou trichotome. Multiplication par fis- siparité , les polypiéritcs ne restant pas unis en séries par leurs calices et s'isolant très >itL' dan.s leurs parties supérieures, La base se développe ASTUlilDES. 2G3 très peu avec l'àye. Murrullc nue ou couverte d'une épitlièque pellicu- laire très peu développée et qui s'arrête très bas , garnie de côtes plus ou moins indistinctes à la base , subcristiformes dans le voisinage du calice. Calices à contours un peu irréguliers, mais, en général, subcirculaires, à fossette profonde. Colutiiellc d'un tissu lamello-spongieux lâche. Cloi- sons débordantes, larges, minces, droites, médiocrement serrées, abord supérieur entier et fortement arqué , à faces à peine granulées. Endn- tlièque médiocrement abondante. Ce petit groupe a beiiucoup d'aflinité avec les autres genres de cette section dont le polypier composé résulte également de la fissiparité successive des individus; cependant les Barysniilies s'en éloignent da- vantage par le grand développement de la base. Il ne dilfôre des The- cosmilies que par sa nmraille nue et par sa columelle, et ce dernier caractère sert encore à le distinguer des Leptosmilies dont, en outre , l'endotlièque est, en général , beaucoup plus développée. Nos Eusmilies étaient comprises dans la seconde division desCaryo- phyllies de Lamarck dont Scliweigger a formé le genre Lithodeudron (1), et dans le genre plus restreint, établi par M. de Blainville, sous le nom (\e /.oboftliijllia. l'our M. Dana ce seraient des /^upl/i/llia, groupe qui comprend toutes celles des Lobopliyllies de Blainville dont les cloisons ont le bord entier, quels que soient le degré de liberté des polypiérites, l'état de la columelle , etc. Nous ne connaissons que deux espèces vivantes bien caractérisées, des- quelles nous rapprocherons quelques polypiers fossiles dont les côtes cristi- formes, dans le voisinage du calice, semblent indiquer les affinités zoolo- gi(|ues. Ces derniers qui appartiennent aux terrains jurassiijues pourraient peut-être, s'ils étaient mieux connus, présenter quelques nouveaux traits caractéristiques , mais nous devons provisoirement admettre , par analo- gie, (jui! leur place naturelle est très près des Eusmilies vivantes , puisque nous ne trouvons jamais de côtes semblables dans les Lobophyllies et les Calamophyllios; parmi les espèces fissipares, il n'y a que les Eusmilies et les Leptosmilies «jui montrent extérieurement de petites crêtes sur les parties supérieures de la muraille, et chez les Leptosmilies ces appendices costaux sont toujours beaucoup plus minces et plus tranchants. (1) Ce nom liésignait d'abord des Eusmilies, des Lobophyllies. des Cladocores, des Oculines, des Dendrophyllies, et les paléonlologistcs l'ont appliqué à d'autres fîspèccs encore. Dans ces derniers temps, M. Jolin l'hillips lui a donné une signi- fication diirérenlc , mais beaucoup plus restreinte et biun précise , et nous l'em- ploierons, avec ce savant géologue, pour désigner un genre naturel cl rignurcu- semcnl défini qui fait partie du groupe des Cyathophylliens. '2(3k MII.KE IDDWAKDS ET Jl'LES IIAinE. 1. KUSJIILIA l'ASriGIATA. ,'Pl. 5, fig. I.) Fungus marimis, etr , Seba, Loc. rer. nal. thés., t. 11?, p 202 , lab. c,\ , n»3, et probablement aussi tab. cix, n° 1 (1758). Mudrepora fiistigiala, Pallas , Eleiich. znoph. , p 301 (1766). On ne peut douter que Pallas ait réellement décrit cette espèce et non la suivante, puisqu'il dit que son centre (là columelle) est très petit et très enfoncé. — Linné, Syst. nat., édit. jii , p. 1280 (1767). Madrepora capitata. Esper. Pflanz, t. 1. Siippl., p. 102. Madrep. tab. lxssi, fig. 1 (1797). Caryophyllid fastigiata, Var. 2, Lamarck, Hiit. des anim. sans vert., t. Il . p. 229 (1816); — 2' édit., p. 355. Lithodendron fasligiatum, Schweigger, Handb . der natwg . , p . i \ 6 (1820). Caryopliyllia fastigiata [pars), Ehrenberg , Corail, des Roth. meer , p 92 (1834). A'pil/ièque extvèmemenl mince, entouraut la moitié inférieure des polypiérites. Côte.^ indistinctes à la base , saillant un peu en arêtes et échinulées près du calice. Calices subcirculaires , tendant à se régulariser assez vite, à fossette petite et profonde. Columelle très réduite. 4 cycles; en général , les systèmes égaux, dans les calices nouvellement formés. C/o/.sons principales peu inégales, assez épaisses en dehors, amincies en dedans, à bord interne presque droit, à faces montrant quelques petites stries radiées et quelques séries de grains parallèles au bord, mais très peu marquées. Hauteur du polypier, 7 ou 8 centim.; diamètre des ca- lices, 12 à 15 millim. ; leur profondeur, 12. Habite l'Océan américain (Pallas). — C. M. L'Eujj/ojllia nspera, Dana, Zooph., p. 164, que cet auteur rapporte à la ligure d'Esper, citée ci-dessus , paraît , en ellet , ne pas différer de cette espèce. Voici la description qu'il donne : « Fourchue, rameuse, hémi- sphérique ; disque ordinairement simple et subcirculaire. Polypiers à rameaux un peu divergents, épais 1/2 à 3/4 millim., à calices (polypié- rites) subturbinés , striés de côtes fortes et spinuleuses , inférieuroment presque lisses; lamelles inégales, larges, déborilan tes, tronquées obli- (|uement ; les plus grandes écartées d'un dixième du pouce et ayant entre elles trois lamelles plus petites. « AsiniiiDES. 5G5 2. EusMiLiA Knokiiii. (PI. 5. fig, i). Amaranthus saxcus . Knorr, Dfl. nul , l. I , p. 21, pi. A iv, fig o (1766). Dans celte ligure , bien reconnaissable d'ailleurs , les cloisons sont bri- sées. Uadrepora [(latigiala, Solander et Ellis, tiisl.of Zooph.,ç. 152, tab.sixiii, (1786). Les cloisons, qui sont extrêmement fragiles, sont également bri- sées dans cette Bguro, qu'on retrouve copiée dans Esper Madrepora capitaUi, Var. Esper, Pflanz., t. I , SuppL, p. 102 , tab. li«ii (1797). CarijophyUia fasiigiata . Lamarck, Hist. des anim sans vert., t. II, p. 228 (1816) ; —2' édit., p. 353. Lilhodendron cnpilatum, Sclnveigger, Handb. der nnlurg., p. 416 (1820). Caryophylliii fasiigiata , Lamouroux, Exp. mefh., p. 30, tab mm (1821). — Lamouroux, Eiuycl , p. 172 (1824). LobophyUia (astiyiuta. de Blain ville, Dict. des se nat.. t. LX, p. 321 (I 830); — Man., 356. .Vtissu fastigiata, Pana, Zooph.,p. 175(1846). M. Dana a décrit celte espèce d'après la figure d'Ellis, dans laquelle les cloisons irrégulièrement brisées paraissent dentées. Son Euphyllia aperla (p. 165) nous paraît être le même polypier mieux conservé. Poli/pierites un peu divergents et un peu contournés. E/jithégue tout à lait rudiincntaire. Oîte indistinctes dans la moitié inférieure des poly- (liérites , foimées dans le voisinage des calices par des crêtes très grosses, saillantes, écliinulées et inégales. Calices un peu irréguliers. Columelle bien développée , formée de trabiculins lamelleux, irréguliers. 4 ou 5 cycles. Les systèmes ordinairement inégaux. C/oisons inégales, faiblement épaissies en dehors, très minces en dedans et très fragiles , à faces mon- trant des grains très (ins et très peu nombreux. Les loges sont profondes ; les traverses sont simples ou peu ramifiées , un peu inclinées et distantes de près de 2 millira. Hauteur du polypier, 8 ou 10 centim. ; grand axe des calices , 20 a 25 millini. ; leur profondeur, un peu plus de 10. Habite la Martinique (Plée), — C. M. (Lamarck) et E. 5. Ei;SMILI.\ ALTICOSTATA. Cette espèce, si elle esl distincte de 1'/:'. A'tinrrii , n'en dillère que par ses cf'itcs saillantes dès la ba.se, formées par des séries de crêtes extrême- ment fortes et il bord peu ou point denticulé. Les bords du calice sont un pi'U (lécliis en dedans. l'atrir inconime. — C M. 266 MILNE EDWARDS ET JULES UAIIME. II. EUSMILIA? ASI'ERA. Lobophyllm aspera , Michelin , Icon. , p. 89 , pi. 20. fig. 4 (1843). Bonne fifîure. Polypiérites très allongés, subcyliiidrii|ues, un peu comprimés, se bifurquant régulièrement suivant un angle très aigu. Les côtes princi- pales distinctes depuis la base, Formées par des séries de crêtes très fortes, saillantes et espacées. Hauteur du polypier, 15 ou -20 centim.; largeur des calices, 1-2 ou 15 millim. Fossile des environs de Verdun et de St-Mihiel. - C. M., Michelin et E. 5. EUSMII.IA? SEMISULCATA. Lobophyllia semisulcata , Michelin, Icon., p. 89, pi. 17, fig. 8 (1843). Cette espèce diffère de VE. aspera en ce que les crêtes costales sont saillantes , surtout près du calice où elles se distinguent peu les unes des autres , qu'elles sont, en général, peu nombreuses sur le reste du polypier, et que partout elles sont beaucoup moins fortes. Largeur des calices, 10 millim. environ. Fossile de Maxey, St-Mihiel et Verdun. — C. M., Michelin et E. 6. EUSMILIA? BuVIGNIEfil. ?Gueltard, Mém. sur les ic et les arts, t. III, pi. 37 (1770). Lobophyllia Buvignieri, Michelin, Icon., p. 90, pi. 47, fig. 9 (1843). Polypiérites sécartant en se divisant, subcylindriques, présentant de distance en distance de légers renflements circulaires ; un grand nombre de côtes peu inégales, distinctes depuis la base, fmes et ne formant pas de crêtes à proprement parler, mais ayant seulement leur bord ondu- leux ; leurs saillies les plus prononcées se voient sur les bourrelets. Hauteur, 15 à 20 centim.; largeur des calices, près de 15 millim. Fossile de Maxey-sur-Vaize (Meuse). — Coll. Michelin et E. C'est peut-être encore à ce genre qu'il faudra rapporter la Loliop/ii/l- iia turbinata, Michelin, Icon. , p. 90, pi. 19, fig. 1 , qu'on trouve k Sampi- gny (Meuse), dans lo terrain corallien i ASTlllîlDIiS. 2G7 Genre \I. — LEi>TOSMlLIE (/JJl'/OSM/l.lA). Leptosmilia , Milne Edwards et Jules llaime , Comptes rendus , t. xxvii , p. 467 (1848). Polypier composé, en cyine dichotome, s'accroissant par lissiparité ; à base se développant très peu avec l'âge , les polypiérites devenant bien- tôt libres entre eux par le haut. MitraiUu très mince, presque lisse infé- rieurement, costulée dans le voisinage des calices. Columelle nulle. 67&i- soHS excessivement minces , serrées , peu débordantes, larges, abord faiblement arqué en dedans , à faces subglabres. Endothèque abondante. Ce genre, qui ne contient que des espèces vivantes, est très voisin des Eusmilies ; il s'en sépare nettement par l'absence de columelle et par ses traverses nombreuses. Sa muraille nue le distingue des Thécosmilies et le peu de développement desa base, des Barysmilies. D'un autre côté, son mode de multiplication ne permet pas de le confondre avec lesDendros- milies et les Stylosmilies dont la reproduction est gemmipare. 1. Llîl'TOSMlLlA GLABRlîSCENS. Caryophyllia glubrescens , Chamisso et Eysenhardt, Nov. uct. Curios. nat , t. X, 2' partie, p. 369, tab xixm, fig. 1, A et B (1821) Lobophyllia glabrescens, de Blainville, Dict. dessc.nut.l. 60, p. 321 (1830). — Jl/an., p. 353, où elle est rapportée par erreur à la fig. 3 de la pi. 63, qui, dans la légende , porte le nom d'anguleuse. Nous ne savons à quelle espèce renvoyer cette figure, dans laquelle les cloisons sont dentées. La fig. 7 de la pi. 55 est véritablement celle de la glabrescens . Caryophyllia glabrescens , Ehrenberg, Corail., p. 92(1834). — Milne Edwards , Annot. de la 2" édit. de Lamarck , l. ii , p. 356 (1836). Euphytlia gl4xbrtscens , Dana, Zoopk., p. 163 (1846). Polypiérites restant quelquefois unis en petites séries de 3 ou 4 , mais ordinairement s'isolant très vite. Muraille couverte de grains serrés ex- trêmement fins. Cùtes minces , uji peu saillantes près du calice et sub- cristiformes. Cnticcs ahmii inéguliers, a fossette étroite et très profonde. 4 cycles. Ctuisons très inégales suivant les ordres, à peine débordantes, excessivement minces, médiocrement serrées, u faces très finement gra- nuleuses , avec des stries parallèles au bord. (Iraiidc largeur des calices , 2centim. ; le diamètre di» polypiérites est un peu moindre au-dessous des calicci". Habite l'ilc ilc Kaddak (Chamisso); l'Australie. — M U. et Coll. lio- weibank 268 MILKE EDWARDS ET JULES HAIIHE. La figure de Clmraisso et Eysciiliaidt montre des tentacules excessive- ment nombreux, allongés, un peu gros, cylindriques et terminés par un petit renflement; ils sont d'un jaune terne. 2. Leptosmilia ramosa. (PI. 6. fig. 1). Polypier élevé, dendroïde , dicliotome , à branches grosses , subcylin- driques ; les polypiérites s'isolant , en général , très vite et dans une grande étendue et divergeant un peu. Mumilte presque lisse ; côtes dis- tinctes seulement près du calice, très fines, sublamellaires, très peu saillantes , à bord ondulé. Calices subovalaires ou subtriangulaires , à fossette extrêmement étroite , assez profonde. 5 ou 6 cycles , le dernier toujours incomplet. Cloisons excessivement minces et à peine débor- dantes ; celles des premiers ordres peu inégales. Hauteur du polypier, près de 20centim. ; largeur des calices, de 3 à 5. Habite Singapore. — C. M. et M. B. Cette espèce est évidemment très voisine de VFuphytliaturgida, Dana, Zoop/i. , p. 166, qui est décrite de la manière suivante : « Hémisphérique, fourchue, rameuse; disque quelquefois un peu composé. Polypier ayant les calices ordijiairemeiit larges d'un pouce 1/2 ou 2 pouces, quelquefois longs de 3 pouces et lobés; les stries extérieures ondulées et en fines arêtes ; lamelles très larges et nombreuses , entières , minces , un peu dé- bordantes. Habite Malacca. « Peut-être même ne faudra-t-il pas l'en distinguer. 3. Leptosmilia costulata. Polypier peu élevé. Polypiérites s'isolant très vite. Muraille présentant, dans sa moitié supérieure , des cotes légèrement saillantes et à bord on- dulé. Calices à bords irrégulièrement lobés , à fossette extrômementétroite et assez profonde. 5 ou 6 cycles. Les cloisons primaires et les secondaires subcgales, très légèrement épaissies en dedans, à peine débordantes, à laces très finement granulées près du bord interne. Hauteur du polypier, 6 centim. ; largeur des calices , de 20 à 25 mill. Patrie inconnue. — C. M. (Hombron et Jacquinot). /l. Leptos.mima Gaimardi. Canjophyllia angulosa , Quoy et Gaimarrt , lo!/ de I Aslroliibe . Zoopli , pi. 15, fij,', 1, I-(I833). Polypiérites s'isolant 1res vite. OVcs saillantes près du calice et sub- I ASTHÉIDUS. 'iC'J ci'isllformes. Cluisuus plus débordantes, moins minces et à faces plus granulées que dans les autres espèces , et par la cette Leptosmilie se rap- proche un peu des Eusrailies. Largeur des calices , 20 millimètres. Habite le Havre Caiteiet , à la Nouvelle-Irlande (Quoy et Gaimard). — C. M. (Quoy et Gaimard). « La forme du polype est traduite par celle des cellules qu'il déborde , en descendant à quelques lignes le long de l'extérieur de la tige. Il est recouvert de tentacules nombreux, qui sont d'un beau vert, tant qu'ils demeurent rapprochés, parce qu'il n'y a que leur pointe obtuse qui ait cette couleur; le reste de leur étendue est brun verdâtre. Les tentacules sont si longs qu'on peut les saisir à pleines mains, sans crainte de les voir se contracter et disparaître. Ils adhèrent à la peau, comme ceux des Ac- tinies. » Quoy et Gaimard , lor. cil. 5. LkI'TOSMIMV STIllATA. Cette espèce ne diffère de la L. costuUua que par des côtes très nom- breuses, très fines et distinctes presiiue dès la basi!. Celles des trois pre- miers ordres , seules, sont légèrement saillantes et quelquefois suboiidu- leu.ses. Les bonis des calices sont très contournés. Il y a 6 cycles. Hauteur du polypier, 3 ou 4cent'un. ; largeur des calices, 2. Patrie inconnue. — C. M. 6. LePTOSMILIA? GUACILiS. C'est probablement à ce genre qu'appartient V Euphyllia fjracilis Dana, Zdfiph., p. 1G3, rapportée avec doute à la tab. vui d'Esper. « Convexe, rameuse et fourchue; disque, le plus souvent simple. Po- lypier ayant les calices (polypiérites) subturbinés, à peine écartés de 2 lignes, délicatement striés à l'extérieur; cellule (calice) ordinairement large d'un demi-pouce, quel(|uefois lofigue d'un pouce ; lamelles (cloi- sons) très larges, extrêmement minces, un peu débordantes. Habite les Indes occidentales. » Dana , loc. cil. 7. Leptosmilia uugosa. Fuiiijiis marinus , «le , Seba., Liic. rcr. mit. Thvs , t. ni , p. 212, lab. cxvi, n» 4 (17.'i8). Euphylliri rmjuaii, Dana, Zooph., p. 166(1846). <• E. fourchue, rameuse, hémi.'pliériquo. Polyposd'un rouge grisâtre; disques ordinairement simples ; tentacules nombreux , forts , longs de .' '3 de pouce , jaunes à l'extrémité. Polypier à calices larges de 3/4 à 1 '-^70 MIMVF: ivDWABHS ET JLLEili nAIlHE. pouce , quulciuefois lobés , écartés de 3 à 4 lignes , souvent transversale- ment rugueux, et fuiement striés en arêtes à l'exlérieur; lamelles larges, entières , à peine débordantes. Habite les îles Feejee. » Dana, hw. cit. Cette espèce nous parait être voisine de la ylabrescens ; mais nous de- vons garder la plus grande réserve quant à la détermination des espèces décrites par M. Dana, en attendant que nous ayons pu consulter l'atlas qui doit accompagner son bel ouvrage sur les Zoophytes. Genre XII. — THÉCOSMILIE { THEfOSMlLlA). Thecosmilia , Milne Edwards el Jules Haime, loc. cit., p. i68 (1848). l'nlypier composé, en cyme di on trichotome; s'accroissant par fissi- parité, à base se développant très peu avec l'âge ; les polypiérites tendant, en général, à s'isoler rapidement. Muraille entourée d'une forte épitlièque, plissée, qui arrive pres(|ue jusqu'au bord des calices. Cotumelle nulle. Cloisons médiocrement minces, serrées, un peu débordantes ,- à faces granulées. Ce petit groupe se sépare des autres genres à polypier composé di- cliotome, par la forte épitlièque qui enveloppe les polypiérites. Il paraît plus voisin des Leptosmilies que des Eusmilies et des Barysmilies. On ne le trouve qu'à l'état fossile dans les terrains oolitiqnes et crétacés. Peut- être , cependant , devra-t-on y faire entrer une espèce de Turin, la Lo- bophyllia depressa Michelin, Icon., p. 54, pi. il, fig. 2; mais c'est ce que nous ne pouvons pas décider pour le moment. 1. Thecosmilia trichotoma. Lilhodendron trichotomum , Goldfuss.Pefre/'. germ. , p. 45 , lab. un , fig. (I 826). Fio;ure inexacte, dans laquelle le Ironc principal est trop gros el les polypiérites trop rapprochés. — Roemer, Die Verstein. des Nordd. oolilh., p. 19, lab. 1, fig. 9 (1835). Caryophyllia trichotoma, Milne Edwards, Annot. delà 2° édil. deLamarck, t. II, p. 358 (1836). — Bronn, Leth. Geogii.. l. I, p. 258. lab. xvi, fig. 16 (1835-37). Polypier assez élevé , en cyme di ou trichotome. Polypiérites subcy- lindriques , s'isolant très vite , entourés d'une épithèque très épaisse qu'on trouve ordinairement en partie détruite ; se groupant quelquefois par trois, comme dans l'échantillon figuré par Goldfuss, mais le plus souvent étant unis seulement 2 par 2, par suite de la fissiparité simple. Les calices arrivent tous ii peu près à une même hauteur, ils tendent ,à se 1 AsrnÉiDES. 271 régulariser et sont subcirculaircs ou subovalaires , à fossette peu pro- fonde. 4 ou 5 cycles. Cloisons débordantes, serrées, assez minces, peu inégales , à faces très granulées. Hauteur 10 centim. ; largeur des calices, de 1 1/2 à 2. Fossile du Coral rag à Natlieim, dans le Wurtemberg Goldfuss cite Giengen. — Coll. de Koninck, Michelin et E. 2. TlIECOSMILIA CYLINDIilCA. Madrepora . William Smith . Siraia identif. by org. foKS. , p. 20 , fig. 3 (1816). La figure est généralement bonne , mais c'est à tort que les po- lypiérites sont comprimés. — Parkinson , Org. reniaiiis , vol ii, pi. v, fig. 5 (1820). Curyophijltia cylindricn , Phillips, lUuslr. of Ihe Geol. of Yorks., part, i, ' p. 126, pi. MI, fig. 5 (1829). — 2'édit.,p. 98. Caryophyllœa , R.-C. Taylor , Mag. of Nul. Iiist , vol. m, p. 271 , fig. g (1830) Figure grossière. Polypier dendroïde très élevé. Polypiérites subcylindriques. Lorsqu'un calice se divise, l'une des deux moitiés, ainsi formées, se déjette de côté et se développe peu, tandis que l'autre continue à croître et s'élève quel- (piefois beaucoup; il en résulte que les calices sont à des hauteurs très (lilférentes. L'épithèque se continue jusqu'aux bords du calice et présente AHV.S.MII.IA (loiiDiRiu. (Pl.'i. Hg i). Le tronc du polypier est très fort, élevé, compacte. II s'augmente par le di'veloppement de nouvelles couches murales qui recouvrent les antiennes, suivant difrércntes directions des côtes , et il emi)àte parla ba.se les cor|)s étrangers auxquels il adhère. Côtes bien distinctes, ser- rées, subégales ou alternativement un peu plus fortes et un peu plus fines, sensiblement droites , surtout dans le voisinage du calice, mais partout subplanes. Les calices très peu élevés à la surface supérieure de ce tronc commun, disposés en séries droites et parallèles, subellipti(|ues , leur grand axe l'Iant perpendiculain! a la direction des séries. Il est facile de se rendre compte de la manière dont s'est constitué ce polypier, en admettant que les deux individus, produits de la fissipaiité du premier parent , se seront partagés de nouveau dans la direction de la petite série (ju'ils formaient, et qu'ainsi, cette première série se sera enrichie d'un cer- tain nombre de termes, avant (|ue les individus, situés au milieu de cette série, se soi(înt divi.sés dans le .sens contraire pour fournir les premiers termes d'une .sc'^rii; parallèle. Plusii'urs séries auront pu .se constitua' de la sorte et s'accroître au moyen de la fissiparilé s'opérant successivement rians deux directions perpendiculaires l'une a l'autre; mais dans l'exem- plaire unique (juc nous avons observé, on ne compte que trois séries et le commencement d'une quati ième. ■I ou 5 cycles. Cloisons serrées, mégales, épaisses en dehors, graduellement amincies en dedans. 3' série Zoid T X. [Novembre 1818.)-, 18 '27/1 NILNG EntVjtRDS li I JULES IIAIMG. Hauteur du polypier, 1 1 centini. ; les polypiéritcs sont libres en haut dans une étendue de 12 a 15 mil II m. ; ftrand axe des calires, 18 ; petit, S Fossile de... - C. M '2. Barys.mii.ia liiiiiviCAur.is. ?Guettai'd, Mém. sur lu min. du DiiupUiné, pi. 8, fig. \ (1779). DmdrophyUia brevkaulis , iMichelin , Icon. , pi. 17, p. 4 , fig. S (1841). Bonne figure. Cette espèce est très voisine de la précédente , et on peut se rendre compte de la même manière de la formation de son polypier. Elle est seulement beaucoup plus petite; et les calices subelliptiques ont leur grand axe dans la direction des séries. 4 cycles complets, ('/oisons prin- cipales peu illégales, à peine débordantes , médiocrement minces. Hau- teur du polypier, .3 ou A centim.; grand axe des calices, lo millim.: petit , 7. Fossile du grès vert d'Uchaux (Vaucluse). — Coll. Michelin. Genhe XIV. — DENDROSMILIE ( DENDItOSMlUA ). Dcndrosmilia. Milne Edwards etJules Haime. Coviptei rend. del'Acad. dea se . t. xxïii. p. 468 (1848). /'o/y/jif»' composé , subdendroïde , s'accroissant jiar bourgeonnement latéral. Côtes larges et subplanes. Coliimelle spongieuse. Par sa columelle spongieuse , celte forme se distingue bien de l'autre genre de cette section qui se multiplie aussi par bourgeons , mais dont la columelle est styliforrae; l'aspect général du polypier est, en outre, très différent. Nous avons établi cette division générique pour une espèce du bassin parisien ; et nous l'avons dédiée à la mémoire de l'infortuné M. Duval , pharmacien de la banlieue , qui avait bien exploré les envi- rons de Paris. De^DROSMILIA DlVALIANA. Dendrosmtlia Duviiliann , Milne Fdwards et .1. Haime, Comptes rendus. t. xivii. p. 468 (18481. Poly/tier subdendroïde. Chaque polypiérite ne porte qu'un jeune qui s'éloigne de l'axe vertical et cette divergence se fait alternativement à droite et à gauche. I,a forme de ces polypiéritcs est subturliinée, et ils sont libri'S par l<^iis ci'ités Cotes larges rt subplane.^. <■'(//' '■.f subovalaires ASTlliilDliS. 275 DU un peu (Icformcs. Culumdle assez bien développée. 4 eycles. Cloisons larges , minces, serrées, très inégales, à laces couvertes de gros grains disposés en séries obliques et parallèles. Hauteur du polypier, 3 centim. ; grand axe du calice, T niillin). Fossile d'Auvert. (Duval.) Ge.nrb XV. — STYLOSMILIE (STYLOSMILIA). Slylosmilia, Milne Edwards et Jules Ilaime, toc. ni., p. 468 (1848). l'oh/pier composé, s'accroissant par bourgeonnement latéral. Poly- piéiites fascicules, allongés, ^hirnilh' épaisse, à côtes indistinctes? Colu- utcllc slyliforme. Cloisons peu nombreuses, un peu éjjaisses. Ce genre nous offre le second exemple de columelle styliforme, (]ue nous trouvions dans la section des Eusmiliens proprement dits. Ce ca- ractère le dislingne donc très bien, puisque les Axosmilies. (|ni le pré- sentent également, ont toujours un polypier simple. Styi.osmii IV Mir.iii'.i.iMi. SlijIosniHid Mirhelinii . M. Edwards et J. Haime, loc. cit.. (i 46S (1818). (PI. 6, fig. 2 et 2".) l'otypiérites très serrés, très longs, cylindriques, légèrement flexueux el coalescents. Mm-alllf épaisse, a côtes indistinctes? Calices [)arfaitei7)ent circulaires, à fos.sette petite, médiocrement profonde. Systèmes égaux. .3 cycles; le troisième tout à fait rudimentaire. f'lnisonspe\i déltordaiites, un peu étroites, inégales, a bord entier, arqué en haut et épaissi infé- rieurement. On voit dans une coupe verticale que les cloisons se soudent a la columelle au moyen de forts trabicnlins horizontaux; les trabiculins d'une même cloison sont éloignés entre eux d'environ un demi-milli- mètre et formentainsi une série de trous superposés sensiblement égaux. Traverses simples, droites , très inclinées inférieurenient et incomplètes. Diamètre des polypiérites, 2 millim. 1/2. Fossile de Chaude-Fontaine (Doubs), dans le coral rag. — Coll. Mi- chelin. nF.uxiKMF. Section — EUSMILIENS CONFLUENTS [EUSllILINM CONPLUENTES). Le polypier des lùisniilims ronflwnts ne présente \ms de sc'paration i;iitre l(!S individus réunis en séries et affecU* ainsi une disposition méan- droide Ce caractère nous indique (pic la multiplication dans ces espèces • ~l toujours (issipare. Files corres|)oiident au gr()U|)e des Méandrines 27G Mii,;vi': rduiud»* ri jui.es iitiMi-:. flans la Iribu des Aslriiiuis ci elles sont restées (•(Hilonilui's avec elles jusque dans ces derniers temps. M. Dana, en insistant sur liinportaiice du caractère t'ourni par l'intégrité du bord des cluisons, les en a retirées le premier, et les a fait entrer dans son genre Ctenophyllia et en partie dans ses Eup/iyllia : mais cette dernière division comprend en même temps des polypiers dont tous les individus, produits par fissiparité, se séparent rapidement les uns des autres. Les diverses espèces du groupe des Eusmiliens confluents nous semblent devoir être divisées générique- ment de la manière suivante: a. Cloisons très serrées. Il Polypier no se développant que très peu par sa base, et ne présentanl que peu ou point de cœnenchyme. r Les séries de polypiérites intimement soudées par leurs murailles. d. Murailles minces ; endolhèque abondante. Ctenophyllki. dd Murailles très épaisses; traverses très peu serrées. Deiulrogyni . ce. Les sériesde polypiérites restant libres par leurs côtés. Hliipidogyni. bli. Polypier ayant un pédoncule très gros et qui continue à s'accroître: cœnenchyme dense et fort développé Pachygyra. (Kl Cloisons très écartées Plerogyrn. Gkmik XVI. — CTÉNOPHYLLIE {Cl'EMi/'Hy/JJA). C(dio;i/i;///iii, Dana, /()o;)/iy(i'.v p. IR!» M846) Polypier pédoncule mais ne s' accroissant que peu ou point par la base, à surface plane ou légèrement convexe, ordinairement oblongul^ Les séries de polypiérites intimement soudées entre elles par leurs côtés, et presque toujours directement, sans qu'il y ait de développement de cœnenchyme. Kpillièqui' commune rudimenlaire s' arrêtant très près de la base du plateau inférieur du polypier qui montre des côtes un peu inégales, subdichotomes , ordinairement subcristiformes en haut. Vallées calicinales très longues, s'nuvrant dans une vallée principale, plus ou moins profondes. ro/«m('//c lamellaire, se continuant presque sans inter- ruption dans toute la longueur des vallées. Clnisims assez serrées, pa- raissant ne se rapporter qu'à 2 ou 3 cycles dont le dernier serait incom- plet. Les principales, fortes, à peine débordantes, à bord faiblement arqué en dedans, à faces linement granulées. En général, au devant des plus petites et interposées entre elles et la coinmelle , on voit de petites lames accessoires, un peu irrégulières , qui avaient déjà été signalées par Pallas , et qui ne semblent pas être les analogues des palis. Trcwerscs très noiu- breuses, en forme d'arcades, obliques, quelquefois simples, mais le plus souvent formant de très grandes vésicules. ASTRlîrDES. 277 M. Diiiia a établi ce genre pour quelques espèces vivantes qui lial)itent les mers de l'Amérique. Il se distingue des Pachyyyres par le faible dé- veloppement de la base et du cœnenchyme , des Rhipidogyres et des l'Iérogyres par la présence de la coluraelle; c'est des Dendrogyres qu'il se rapproche le plus, mais la forme générale et la densité beaucoup plus grande du polypier de ces derniers les différencient suffisamment. i. CtENOIMIYI.LIA M.KANDKITES. Me-()'" latis ; gyris .VC" lalis ; la- inellis criissis ; septr* raro. » M. Dana lui rapporte la Mnuicinu /jnc/iyji/ii/llit Klirenberg , < innll. , p. 102, qui est ainsi décrite ; « Quadripollicaris, I 1/-2lata, suboiliicLilaris, tiirbiiiata, aiilVactibiis H'" dislanUljus, laiiu'l- lis ci'Hssis, latissiniis, colliuni pariete externo, lueinbranareo. « Ctenophyixia PKOFiipiDA, Uaiia, Znop/i., p. 172. — « C. collibus inti'- gris, gotliicis, angiistis (i'" latis) ; gyris 5 6'" latis, lossis prolunilissiinis (fere 1/2"), lainellis rariorilnis. » Genre Wll — DENDROr.YRE { nf:.\/)/{OGyjfA). r)fndiogijra. Ehreiiberji;. Curall. des Itoth. tneer.. p I00(18:i4). Polyjiier en forme de colonne cylindrique dressée ; les séries de poly- piérites étant par conséquent perpendiculaires a l'axe vertical , très gyi'cuses. ."iérics iiitiniemont soudées par leui's côtés. Collines larges , planes, compactes. Vullocs peu profondes. Columelle très développée , formée d'une suite de renlleinents très compactes. T/tiisoMS extrêmement épaisses, serrées. Traverses peu serrées. Ce petit groupe, qui ne comprend encore (|ue deux espèces vivantes décrites par M. Elirenberg. se rapproche beaucoup des Cténopliyllies , dont il diffère surtout par sa forme coluranaire et la grande densité du polypier. Ses collines compactes et tron(|uées, qui séparent les vallées calicinales, le différencient des Pacliygyres, où les séries sont libres en haut , et l'existence d'une columelle très développée l'éloigné des Rliipi- dogyres et des Plérngyres. 1. DEMMior.vr.A cvi.i.vnRiiS. ;Pl. 6, fig. 9, T.) Uenilrugijra cylindnis , lilirenberg, Corail, des Ruth. ma-r., p. 100 (1831). Mœaudiiiui ciitindrus, Dana, /.noph , |i 265 (1846). I^ulijliier a séries sinueuses , cérébriformes ; a collines larges , très peu élevées, très compactes, planes, t^t comme tronquées. Vallées tiès peu profondes. Columelle peu saillante, présentant des renfleinenis et des rétrécissements successifs. Cloisons extrêmement épaisses , surtout en dehors où elles sont serrées, à peine débordantes, allernalivenient larges et très petites, a faces subglabres ; loges très peu profondes. Hauteur du polypier, 20 centim ; diamètre, .3 ou 4. Largeur des col- lines, 3 millim.; des vallées, 4; leur profondeur, 2. Habite les .\ntilles (Elirenberg). — Coll. M. ■Voici la description de M. Ehrenberg : « Semipedalis , cylindrica , erecta, latitudine bipollicari ; collibus convexis, obtusis, linea sajpe aii- gustioribus, 2-.'V" distantibus, laniellis crassis, inajqualibus , distentis, alternis majoribus. AsiriiiiDiiS. 281 ij Var. IX. Ciilliljus crassioiihus, sulcis aiij;ustiuiil)iis. i> Var (3. Collilnis uracilioi-ihiis ; sulcis laliuribus. Funiiaiii |3 ili-liilam a mari pnijectam ex Antillis. Forma « in museo regio sfirvata. " 2. OENDItOGYRA CAIDEX. Dendroijyni atitilex. Ehrenberg, Corail, des Roth. meer.. p. 101 (1834). Mieiiiidrimi ctiudrx. Dana. Znoph.. p. 266 (1846) " Krccla, crassa, cyliiidiica , latitiuline (|uailripi)llicari , collibus dila- latis, plaiiis, lamollis crassis, paucis, paiiliihim promiimlis, altcruis ma- jiiiibiis, sulcis augustioribus , Imeam iatis. Berolirii spécimen delritum Iji museo regio servatum. n Elirenberg, /oc. cit. Genre XVIII — RHIPIDOGYRE {/l/f/l'/DOCV/lA). ftUipidogyrii . M. Edward; et J llaime , Comptes rend. . l sivii , |i 46* fnov. 1848) l'ul>//)ier ('levé, forme onliiiairemeiit d'une série simple, flabelliforme ou eu lame diversement plissée, toujours libie par les muiailles latérales. h'/iil/iéqup rudiraentaire ou nulle, rù/cs fines , le plus souvent subcristi- Coi'mes vers le haut. Colunielle nulle. Cloisons serrées, débordantes. k'ndut/ifiqtw en général abondante. Ce gein'e se sépare des Clénophyllies , des Uendrogyres et des Pacliy- gyres, par l'absence de columelle. Ses cloisons serrées, et l'entière liberté de ses murailles, le distinguent des Plérogyres , avec lesquelles il a d'ailleurs beaucoufi de rapports. Nous avons formé ce gejire pour des espèces méandroïdes et llabelli- formes. coid'ondues par M. Dana avec les Eiipliyllies. Nous en rappro- clions quelques fossiles des terrains coralliens, crétacés et tertiaires. I. RiiipiDor.TRA Daniana. (PI 6. fig. 6.) Pvty/ner formant une grande lame plissée. Côtes subdislinctes dès la ba.se, en séries longitudinales serrées, très peu saillantes, mais subondu- leuscs dans l.^ur [lartie supérieure. Centres calicinaux subdistincts. Clm- 5«i.< excessivement minces paraissant se rapporter ii six oidres ; les |irin- cipales se recourbant souvent à droite ou a gauche par leurs partit» Internes. Loyes très pou profondes. Traverses abondantes en forme de vésicules longues i-l inclinées; dans une coupe liorizontalc une seule loge cil inontre sept ou huit 2S''2 niL:vii E»iv,tRus nr jules uaihe. Hauteur du polypier, 20 tenliin. euviiuii ; largeur des séries, à peine -2. Habite Siiigapore. — Coll. M. et E. L'EujÂy/lia imeiindriita, Dana, Zurifj/i., p. 167, est très voisine de celte espèce , ou peut-être même lui est identique. 2. Rllil'IDOGYllA PLICATA. Les séries de polypiérites sont en lames plissées dans différents sens, de manière à donner à l'ensemble du polypier l'aspect d'une toulFe con- vexe. La surface extérieure des murailles est très finement granulée sui - vant des lignes verticales non saillantes , mais qui , en liaul, forment de petites côtes subcristlformes. C'/o/sons médiocrement minces. Irauerses très fortement convexes, médiocrement inclinées, formant des vésicules plus hautes que larges, de sorte que, dans une coupe transversale, clnujue loge ne montre que deux ou trois traverses Hauteur du polypier, 15 cen- tim,; largeur des séries, -2; largeur d'une vésicule, 5 millim.; sa hau- teur, 6. Patrie inconnue. — Coll. M. et Michelin. 3. Rmi'lDOGYltA 1-LA1JELI,U\I. Lobophyllln (labellum. Michelin, Icnn. zoopli , p. 92, pi. 18. li;;. I (184.!) Dans la figure, les cotes sont trop minces. Polypier flabelliforme, pédoncule, à vallée unique très peu sinueuse. Muruilk extérieure , montrant des côtes saillantes en haut, fortes el cristiformes , très écartées entre elles, alternant avec des côtes plus courtes et moins prononcées ; la base est presque lisse. Vallée superfi- cielle. 6'/o(so)!S médiocrement serrées, paraissant appartenir à trois cycles très différents; les principales épaisses et débordantes. Hauteur du poly- pier, 7 centim. ; largeur de la série variant de 15 à 25 radiim. Fossile de Saint-Mihiel. — Coll. Michelin et E. La Lol/o/iltj/llia jiscudotui'binnlia, Michelin, fcon., p. 91, pi. IS, fîg. 2, nous parait être un jeune exemplaire de cette espèce. I>a figure est un peu inexacte. II. RiiiPiDOGTnA Martimana. Knorr, Mon. des Calastr.. 1. 11 , pi. vni, lig. 5 (1775). Lobophyllia Marliniund , Miiliclin, Icon.. p. 290. pi, 66, fig. 4 (1846). l'oli/pirr (labollifiirmc. il vallée unicpie, un pou llexucuse, et presque I AbTIuiiDKS. 283 superficiflle. Trois cycles apparents. Cloismix toutes très iiiiiices et très serrées. Hauteur du polypier, 7 ceiitiiu.; largeur de la série, 13 millim. Fossile des Martigues. — Coll. Michelin. 5. RuiPIDOGYllA OCCITAMCA. Lobophylliu ucciUinica, Michelin, Icon . p. 291 pi. 67, fig 2 (1846). Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente ; elle en difïëre en ce que la série est beaucoup plus large (elle a 20 ou 25 millim.) , et en ce que les cloisons, qui sont très serrées, sont alternativement très épaisses et très minces. Fossile des Corbières. — Coll. Michelin. (). RllIflDOlIYItA I.UCASIAKA. Mœandrina Lucasiamt, Defrance. Dict. des ne. iiat., l. 29, p. 375 (I82.Î) hjbophjUia Lucndiimi, Blainville. Dict. des se nul., t. 60, p. 321 (1830) J/ii»., p. 356 Lvbophylliii contortn (purs), Mictielin, Icon. zooph., p. 53, pi. 10, fig. 12 ,1842). Seulement la partie gauche de la figure où les calices sont con- fondus en une seule série. La partie droite qui montre un calice bien circonscrit appartient à une autre espèce. /Vy/jfV/- sulillabelliforme, un peu plissé ou contourné, montrantexté- rieurement des côtes fines peu saillantes, alternativement un peu plus fortes et plus petite.-*. La série est large deôà 7 millim. Fossile de Turin. — Le magma serpentineux , qui empâte ordinaire- ment les échantillons de cette e.spèce, ne nous a pas permis de nous assu- rer si les calices ont un centre distinct ou s'ils sont entièrement confon- dus , comme nous sommes portés à le croire. M. Michelin a confondu avec cette espèce un antre polypier de la même localité, dont le mau- vais état nous a empêché de .«aisir les véritables at'linités , mais dont les calices s'isolent très vite , et cet auteur a réuni à tort ces deux formes dans une môme ligure. — Coll. Defrance , Michelin. La Lobop/iyliia Michcliniana, Leymerie, Mém. de lu .Soc. yéol. de Fronce, 2' série, t. I, p. .358, pi. I3, lig. 3, doit être rapportée à ce genre. Klle est fos.sile de Fonjoncouse , dans les Corbières. C'est encore probablement ici qu'il faut placer la /.'ibnp/ii/llia l)es- /iiii/rsi/irn , Michelin, Irnn., p. 92, pi. 20, lig. I, qui est fossile de Saint - .Mihiel. 28/| nil.Kli EDWtlIUfl» ET JLLES UAIitlE. Genre XIX. — PACHYGYRE {PACHYGYRA). Pachijijyru. Miliie Edwards et Jules Haime, (oc. cit., p. 468 (1848). l'olijjjier fixé par un pédoncule très gros. Séries à vallées caliciuales étroites, et dont les clrconvolulions très écartées entre elles sont réunies par un cœuenchyme dense et très développé. Epitlwque rudinientaiie ou nulle. Côtes fines, subplanes , granulées. Columelle lamellaire. Cloisons très serrées. Les Pacliygyres sont remarquables par le grand développement de leur base et de leur cœnenchynie ; en outre, elles se séparent des Rhlpi- dogyres et des Plérogyres par leur columelle lamellaire. Elles se distin- guent tout de suite desCU'iio|iliyllies et des Dendrogyres par leurs larges ambulacres (1) entre les vallées calicinales. Nous ne connaissons que trois espèces, dont l'une est fossile de la craie des Corbières, et les deux autres des terrains oolitbiques. 1. PaCIIVGYIU 1. \BVniMUlCA. Lobophjllia lubijriiHliicit, Miclielin, Icon., p. 290, pi. 66, fig. 3 (1816). Polypier massif, résultant des plis d'une série unique. Celte série , excessivement llexueuse, montre ordinairement quatre lignes princi- pales et parallèles. Dans les jeunes, la série est seulement légèrement sinueuse, et, par les progrès du développement, ces simples sinuosités deviennent des plis très mar<|ués, qui eux-mêmes se plissent fortement. Les intervalles interrauraux qui s'étendent entre les vallées calicinales sont très larges, et s'emplissent d'un cœnenchyme très dense , résultant d'un grand développement des côtes et de l'exotlièiiue ; mais ce cœnen- cliyrae n'arrive pas jusqu'aux bords supérieurs des vallées , et on observe entre elles de vastes ambulacres plus ou moins profonds. Les côtes qu'on y distingue sont subégales, très .serrées, et flexueuses. Vallées ca- licinales peu profondes. Columelle très mince. Cloisotts alternativement épais>es et très minces. Hauteur du polypier, 8 centim.; largeur des vallées calicinales, 5 raillim. ; largeur des espaces ambulacraires, de 15 à 30. Fossile des bains de Rennes, dans les Corbières — Coll. M. et Mi- chelin. (1 ) Nous employons ici ce mot, comme la fait l'allas, pour désigner les espaces lompris enlrc los gyres calicinaus de certains polypier- mcandroidcs vstréides. '2h'^ '2. I'aciiygyiia Uki.ici. Bourguci, Tniite des pétri f.. pi. ii, i\f^. 41 (1762). Mœandrina Detiici, Defranco, Dicl. di-s Se. nul., l 29. p. 277 (182:?) Po/y/iitr subliémispliéii(itie, fixi; par un pédoncule élevé et très déve- loppé. Séries libres par le haut dans une médiocre étendue, à vallées très écartées entre elles, courbées et médiocrement longues; quelques calices tendent à s'isoler. Câtes épaisses, alternativement plus larges et plus étroites, toujours très peu saillantes. Columelle très mince. Cloisons un peu débordantes, paraissant ne se rapporter qu'à 2 cycles. Les plus pe- tites sont extrêmement minces ; les principales un peu épaisses. La grande épaisseur que ces dernières montrent généralement tient, sans doute, au.x circonstances dans lesquelles a eu lieu la fossilisation, cardans (juelques points particulièrement protégés , ces cloisons sont beaucoup plus minces et présentent sur leurs faces des grains très nombreux et assez saillants, ce qui prouve ([u'en ces points elles n'ont pas été amin- lies par I action des eaux acides. Hauteur, 6 on 7 millim. ; largeur des séries a leur sommet calicinal, G. Fossile dn coral rag du Lot. — Coll. Defrance et Micheliti. 3. PACIIYGVIi.X KNOliHlt. Knorr. Monum. dex Cntrial , l. II , pi. viii . fit; 2. S ot 4 (177.5). Cette espèce ne diffère de la précédente qu'en ce que les .séries sont libres en haut dans une beaucoup plus grande étendue , (|u'elles sont larges de près d'un centimètre , et (ju'il y a en apparence .'5 cycles de cloisons. Un exemplaire, brisé par le milieu dans la direction de la colu- melle, nous a montré (pi'au-dessous de la vallée calicinale, le bord des cloisons est tri's épaissi et garni latéralement de grains épineux très l'é- gidiers et ipi'il ne parait pas se souder a la columelle, au moins en liant, dans une lertaiiK- iHeniliie. Genrk XX.— PLEKOGYRE (l>I.Enor.Yn.\). /'lenirjyra , Milne Edwards p( Jules Haiine, Inc. cil , p. 4C8(l8i8). I'ii/i///ii'f forini' de séries longues , un peu ramifiéiis, soudées latérale- ment entie elles par leurs parties inférieuics et lilnes .seulement en haul. f'i'iti-s très pi.'U .saillantes en haut , disparaissant sous un grand dévelop- piiiiieiit de larges vésicuhis murales (|ui donnent à la surface extérieure l'aspect d'un giMeau feuilleté, (.'nlinncllc nnlU;. f'/oiaotix débordantes. 286 niiAK i:i>it ARHS i:i jli.es iiaiimi:. largiiS, très écartées les iiiifs des autres , |irosi|U(,' glabres Ijkji'H largescl très peu profoiifles Endothoquc vésiculeuse très développée et à cellules très grandes. Les quelques espèces vivantes qui présentent ces caractères sont très remarquables par la structure celluleuse et très légère de leur polypier. Elles se distinguent de tous les autres Eusmiliens confluents par l'écarte- ment de leurs cloisons. C'est du genre Rbipidogyra qu'elles se rapprocbent le plus; mais la soudure des séries a leur base et la densité beaucoup moindre des tissus sclérenchymateux , les différencient sulTisaniment. I. Pl.F.I\OGV«A I.AXA. (PI. 6, fig. 8 ) l'nli/jjier à séries flcxueuscs, ramifiées, soudées inférieurement dans Min! as.scz petite étendue, /.o^r.s très pcui profondes , même au tond de la vallée ealicinale. r/oAson.s épaisses , ordinairement plus larges (|ue la moitié de la largeur des séries et à bord interne se recourbant souvent , soit à droite , soit à gauche , très écartées entre elles (quelquefois de 5 ou (J millim.), se rapportant probablement à 3 cycles dont le dernier serait incomplet et dont les deux premiers différeraient très peu l'un de l'autre. Les cloisons sont très débordantes et un peu anguleuses en haut. Hauteur du polypier, 15ceiitim.; largeur des séries, de-25à.3.'>millim.; la profondeur des vallées , a peine 20. Habite Singapore. — C. M. et E. L'Eupliyllin sinuosa Dana, Zooph. p. 168, est très voisine de cetti^ espèce ou peut-être même n'en diffère pas. '2. Pr.lillOfiYRA lîXCAVATA. Cette espèce diffère de la P. lajca en ce que les séries sont plus larges et soudées dans une plus grande étendue. Les cloisons sont un peu moins écartées, très larges , mais rarement recourbées dans leur partie interne. Les vallées calicinales sont plus protondes. Hauteur du polypier, 13 cen- tim. ; largeur des séries, de 30 à 45 millimètres; profondeur des val- lées, 30. Habite —CM. L' Euphyltia eutlriferaYiaua, Zooph., p. 169, appartient encore proba- blement à ce genre; c'est ce que nous ne pourrons décider que lorsque nous aurons vu les ligures (pii doivent accom[)agner le grand ouvrage du naturaliste américain. AsriuéiDiis. "i.S7 Tboisikme Sectios — liUSMILIENS AGGLOMÉRÉS [EUSMILINM AGGREGATjE). Les Eiismiliens agglomorésont un polypier composé , massif, dans le- quel les individus ne consliluent pas des séries , et tout en restant bien circonscrits, sont unis entre eux, soit directement par leurs murailles, soit par un cœ nencliyme formé par les côtes et l'exothèque ou par des prolongements muraux. Ce groupe correspond à la division des Astrées, dans la tiibu des As- tréens, et les espèces à cloisons entières qui le composent ont été con- fondues avec elles par tous les auteurs. Nous avons reconnu dans cette section sept formes génériques parti- culières ipii se distinguent très aisément parles caractères suivants: 11. Six systèmes cloisonnaires. b. Multiplication par bourgeonnemenl. c. Une coljniollestyllforme plus ou moins saillante. il. l'as de palis f. Polypiérites unis entre eux au moyen d un grand développement des appareils costal et exothécal. Calices circulaires. Shilinu. et- Polypiérites inlimemenl soudés par leur» mu- railles. Calices polygonaux. f. Les murailles supportant de petites colonnes cannelées aux angles des calices .... Stylocœnia . If Pas de petites colonnes murales aux angles des calices Astrocœnia. tid. Des palis devant les cloisons des premiers ordres. SicphanocœtUu. ce. Pas de columelle styliforme PInjtlocœnia. Iib. Multiplication par fissiparité Dichocœnia. ail. Trois systèmes cloisonnaires seulement Ilelerocomia. Genre XXI. - STYLINE {STYLIXA). Fascicularia. Lamarck, Extrait du Cours (1812). Stylimi, Lamarck, llist. des anim. sans vert. (I816j. l'oly/tkr massif, astréiforme , élevé. /'o/y/«>V/VM très allongés, unis entre eux au moyeo d'un grand développement des côtes et de l'exo- thèque, Sf; terminant en haut sous forme de petits cônes tronqués. Mul- li/iiiauiim iiar hourgeoniicmenl latéral. Mumillc.i fortes. Calires circu- laires et a bonis libres, en général peu .serrés. Cnliiinelln styliforme siillante.Six systèmes de cloi.sons; celles-ci, on général, peu nombreuses, di'boi'dante.s el arrondies au .soinmel. !288 miAïc i:u'%v.iuns et Jii.rs haimI';. Ce };i:m't! a éli!otal)li |i.>i' l.aiiian^k piim' un iiiilypici- cm mauvais ctul , au(|uel il avait ('VU it'cdiiriaitjc une structure très particulière et fiont le mode (le développement est resté, jusquedans ces derniers lenips, prestpie une énigme pour tous les naturalistes, parce qu'on n'avait observé q\ie des échantillons incomplets et altérés par la t'ussilisation. Ces échantil- lons se présentaient sous la l'orme d'un faisceau de petits cylindres pleins (car ils étaient remplis de calcaire) et entourés de lames rayonnantes , plus développées de distance en distance et simulant une succession de petits cônes emboîtés (ces lames costales avaient été en partie détruites ;i certaines hauteurs où leur tissu offrait moins de densité, ainsi qu'on l'ob- serve dans des Astrées vivantes). En 1S4.'i, M. Michelin a fait figurer un exemplaire dont les parties supérieures étaient entières, et déjà on a pu se convaincre, par celte figure, <|ue les caractères de cette espèce n'étaient pas aussi exceptionnels qu'on avait pu le croire d'abord ; mais nous nous sommes assurés par l'examen et la comparaison d'un grand nombre d'exemplaires, que les différences considérables (|u'oii avait remarquées dans (■(! polypier étaient dues , sans aucun doute, a l'influence des agenis extérieurs dont l'action a pu s'exercer depuis l'époque reculée où le Zoo- phyte a cessé de vivre ; et maintenant , il'est bien démontré pour nous que lesStylines correspondent très exactement au genre Aslrea propre- ment dit, parmi lesAstréens, et qu'elles ne s'eii distinguent que par l'intégrité des cloisonset par l'existence d'une petite columellestyliforme. Ces mêmes modifications, produites par la fossilisation, s'observent éga- lement dans qiiehiues polypiers qui sont de véritables Astrées et qui, pour cette raison, ont été regardées comme des Stylines par les auteurs, tan- dis qu'on a laissé avec les Astrées d'autres espèces ou même d'autres polypiers de même espèce qui n'avaient pas subi d'altérations sem- blables. Au reste, on comprend que, dans beaucoup de circonstances, il est réellement très difficile de reconnaître les véritables afiiuitts de fos- siles en partie détruits ou altérés, et malgré tous les soins que nous avons mis h ces recherches, il nous reste quelques doutes sur certains rappro- chements nt sur certaines déterminations que différents motifs nous ont cependant conduit à adopter. Le petit groupe , ainsi caractérisé , se compose aujourd'hui de quelques espèces dont plusieurs sont encore incertaines, mais qui toutes appar- tiennent à la période iurassi(|ue Elles se séparent des Hétérocœnies par leurs systèmes au nombre de six , qui est le nombre normal dans toute cette famille des Astréides; des Phyllocœnies et des Dichocœnies par leur columelle styliforme, des Stephanocœnies par l'absence de palis, et enfin des Styloeo'nies et des Astrocirnies par la liberté des bords des ca- lic^'squi sont toujours circulaires. ASTlllilDKSi 289 1. StïI.IN\ ECllIMil.ATA. Héliolilhe demi-sphérique, elc . Guettard, Mém. sur les se. et tes arts, t. m, p. 500, pi. 46, fig. I (1770). Slytina echiyiuliita , Lamarck, Hisl desanim. sansvert.. t.ii, p. ■>î\ (t816i. 2* édil., p. 3.39. — Schweigger. Beob. au/ nat. reis , lab. vu, fig. 63 (1819). Détestable figure. — Lamouroux , Ejyus. méthud. des geiirex depol. , p 64(1821). — Deslongchamps , Emijel. zoopli.. p. 708 (18-24). Sarcinula microphlhalnw . Goldfuss. Petref., p. 73, tab. xxv, fig. 1 (1826) Slylina microphthalma . de Blainville . Dkt. des se. nat. , t. 60 , p. 317 (1830); — Mun d'.ielin . p. Vo\ Kile fait double Hmploi avec la S.echi- nutala. .Slï/mo cc/mm/(i/a, de Blainville, Dict.i liu. p. .Il7.pl 10. fig. 5 (1 830) ; Man., p. Soi . pi. lxm , fig o Tréf mauvaise figure. Stylina microphthalma, Mûne Edwards, .Innol. de la 2" édit, de Lamarek , t. II, p. 339 (1836). où elle fait également double emploi avec la .Sfi/Z/iid echinulata, Lamk. Sliilina echinulata, Milne Edwards, Atlas de la grande édit. àa Règne anim de Cuvier, 38(i (IS2f)) Astrea versaliUs , Michelin, Icnn. zooph , p. 108, pi. 24, fig. 9 (I84:i), Astiea rolularh . Michelin , hL. ihid. , pi 24 , fip: I \ . est un échantillon pins usé. Pdbjpier en masse convexe , subgibbeuse. Calices assez serrés. Côtes bien développées , assez fines, peu inégales ; leurs soudures avec celles des individus voisins se faisant suivant des lignes polygonales bien mar- quées. Calices k bords peu saillants et assez minces. Columelle assez forte, cylindrique, et très légèrement comprimée. Trois cycles complets. Clni- soDs minces, inégales, légèrement épaissies en dehors ; celles du dernier cycle presque rudimentaires. Diamètre des calices, 2 miUim. ou un peu plus. Fo.ssile de Lifol et de Saint-Mihiel (Michelin) , du Mont-Salève (De- france). — Coll. Defrance et Michelin, L'Astrea araneola Michelin, Icnn., p. 107, pi. '24, fig. 8, est un poly- pier tellement usé qu'il est impossible den reconnaître les caractères. Elle est de Saint-Mihiel. \j' Astrea deprarata Michelin, Icnn., p. 106, pi. 24, fig. 5, est voisine de la Deluci, mais un peu plus grande. C'est encore très près de cette es- pèce qu'on doit placf T ryl.it marginal Poli//iiérites directement sou - dés entre eux par les murailles, qui sont très minces et prismatiques. Calicisa bords simples, polygonaux, supportant à leurs angles de petites colonnes caimelées tressaillantes 0//(«/((V/c' styliforrae , saillante. Six systèmes. C/oisuns peu nombreuses, très minces, non débordantes. Ce petit genre est très voisin des Astrocœnies ; mais il s'en distingue fort bien, de même que de tous les autres groupes de cette division, par la présence des tubercules columnaires , que portent les murailles aux angles des calices. Il ne conqjrend que des espèces fossiles, dont la plu- part a|)partiennent aux terrains tertiaires. Schweigger les avait réunies avec les Sidéropores de M. de Blainville, sous le nom de Slijlu/ihuru, qui doit être rejeté, comme ayant déjà été employé en botanique. I. Styi.ocoema F.MAiu;i\r\. (PI. 7, fig. 2. 2"0 Islroïte demi-cylindrique, etc , Guettard, Mfm. xur fe.s arts el (en se. I m, p 480, pi «II, fig. 40. 41 , 42 (1770). Astrea emarciata . Lamarck Hisl. desanim. sunsvert., I. ii, p 26C (1816); — 2'édit., p. 417. — Lamouroux, Encijel. Zooph., p. 127(1824). — Defrance, Dici des se. mit., l 42, p. 389 (1826). .istrea cylindrica, Defrance, id . ibid.. p. 379. Est un e.xemplaire roulé. .\strm stylophora , Goldfuss, Pelref ijertn., p. 71, pi. xxiv, fig. 4 (1826). L'échantillon figuré est usé. Cellastreii emurciiiln, Blainville, Diel dessc. mit., t. 60, p. 342 (1830) — Mon. liAcli'i. , p. .^77 , pi. liv , lig. 5 Elle est figurée sous le nom de Vellastrée hérisson [Cellastrea /lyslrix), qui est l'espèce suivante. Ailrea tmarciata , Michelin, Icon zooph. , p. 154 , pi. 44 , fig 6 (1844). .4strea cylindrica, Michelin, ibid., fig. 4. Astrea decorata, Michelin, p. 161, pi. 44, fig. 8. l'uli/liicr libre, ovalairc, sul)gibbeux , i!t rarement subrameux , formé par une lame assez épaisse , repliée sur elle-même, et fermée de tous i>rtt»;s, de façon ([ue toute la surface extérieure e.st couverte de calices, et qu'il reste une cavité intérieure tapisM-epar uneépitlié(|uc mince et striéo 29^ MILNE EOtWARUS K T JIII.ES IIAIMI';. circulaireiueiit. Calices très peu prufuiiils, a bords t'ortenieut granulés, épais dans les points où le bourgeonnement s'est lait avec peu d'activité, très minces, au contraire, là où les individus, s'étant beaucoup multi- pliés, sont 1res serrés les uns contre les autres (1). Les petites colonnes qu'ils portent sont cylindroconiciues , et présentent ordinairement liuit cannelures longitudinales bien marquées. Cotiimclle grêle , cylindrique, libre dans une grande étendue. Deux cycles complets ; dans deux des systèmes, des cloisons tertiaires se développent, et alors les secondaires deviennent presque égales aux primaires, et il y a apparemment liuit systèmes. Dans les calices très jeunes, on peut voir les six cloisons pri- maires. Les cloisons du dernier cycle sont toujours presque rudinieii- taires ; les grandes sont très minces, à bord régulièrement arqué en haut et en dedans, écartées, a Faces subglabres, et ne se soudent que l'ort bas a la colunielle Les traverses sont simples , distantes entre elles de 2/:i de millimètre environ, subconcaves, etlégèrement élevées sur la columelle. Grande diagonale des calices, 2 miUim. 1/2. Hauteur des petites co- lonnes, près de '2 millini. Il est rare que le polypier tout entier ait plus de -i ou 5 centim. dans sa plus grande dimension. Fossile du bassin de Paris. — CoU M., Defrance, Miclieliii et F, Les polypiers fossiles de la Palarea , (|ue .M. Michelin a rapporti'^s a cette espèce, nous paraissent un peu différents, mais sont liop mal caiac térisés pour que nous puissions en donner une description méthodiijue. •2. Stvi.ocoem.\ .MO^riciii.AiiiA. Slylopliora monticularia . Schweigger, lieob. auf natury. reiseii, lab. vi , fig. 62 (1819). Bonne figure. Aslreahijstrix, Defrance. Dut. des se. nal.. l. 42, p. 385 (1826). Cellaslrea hyslrix . de Blainville, Dict dessr. mil , t. 60. p. 342 (1830). — Mail., p. 377. Astrea hyslrix , Michelin, /cou., [i, Ifil), pi. 15. fig. I (1843). l'ali/pier allongé et subcylindrique quand il est jeune, et prenant plus tard la forme d'un ovale subgibbeux ; il présente, de même que l'espèce piécédente, des diflTérences d'épaisseur dans les bords calicinaux ; mais (l) Ce sont ces deux états différents des bords caiicinau.'c qui ont servi de base à l'établissement de deux espèces ; Vemarciata, qui a les murailles très minces ; la decorata , dont les murailles sont épaisses Les échantillons auxquels on a diinné le nom do cylnidrica sont des polypiers à murailles épaisses et de plus roulés. On trouvera dans la collection du Muséum une série d'exemplaires qui ninnlre tous les passages entre ces trois espèces nominales. AsmEiDES. 295 ces bords sont striés, et non l'ortenieiit granuleux. Les tubercules co- lumnalres sont proportioniiellemeiit plus gros, et ofl'reiit des côtes plus fortes et sublaniellaires. Columelli; légèrement comprimée. Deux cycles complets seulement. Les cloisons secondaires sont assez bien dévelop- pées. Les plus grands polypiers de cette espèce ont 3 centim. dans leur plus grande longueur. La grande diagonale des calices est de 1 niilli- Miètre I/-2 ; les petites colonnes n'ont guère plus de I millimètre en hau- teur. Fossile de Grignon. — Coll. M., Defrance, Michelin et E. 3. Stvi.ocoe.ma L.\pi;yrousi.\n.4. Aslrea Ltipeyrousianfi , Michelin, Icon.. p. 298. pi. 70, fig. o (1847). I'i)ly/iier pédoncule , à plateau inférieur recouvert d'une épithèque complète et fortement plissée, à surface supérieure plane sur les bords cjui sont circulaires, et s'élevant au milieu en un cône saillant. Bords cnlicinaux excessivement minces , portant des colonnes assez épaisses. Cotumelle très saillante, cylindro-coni(iue, et à peine comprimée. Trois cycles complets. Clinsuns peu serrées , inégales , extrêmement minces. Grande diagonale des calices. 4 millim. Fossile des Bains de Rennes (Corbières), dans la craie à Hippuritcs — C-oll. Michelin. h. SrVLOCOEMA 1.01J\T0-I10TIJNDATA. Astreii lobato-rotundata . Michelin . Icnii. zooph . p. 6-2 .pi 13 , lig. 2, (18.iî). l'iilijiiier divisé en gros lobes cylindroides dressés, et eux-mêmes gib- tx!ux. Les tubercules muraux peu nombreux et petits ; bords calicinaux minces et crénelés. f'nlumelle^rè\e^l cylindrique. Deux cycles complets; de plus, on voit des cloisons tertiaires dans deux«des systèmes , où alors les secondairas simulent des primaires , et produisent l'apparence de huit systèmes. Les primaires sont larges , et légèrement épaissies à la muraille. Grande diagonale descalices, 2 millim.; leur profondeur, 1. Fossile de Rivalba, près Turin — Coll. Miilielin. 5. Stylocoema Taurimînsis. Vorilncumiilutuita? Michelotti , Spcc. zooph. ilil., p. 170, tal). vi , lig 1 (1H38). iKlirii liiurineiisit, Michelin, tcon , \>. fi2 pi H, lig :t (I8SJ). 29(j MILNE EDWABDii El JULKS IlitllHI!. Espèce en masse gibbeuse, qui Jill'ere de la .S. lu/mto-rutuinliild , en ce qu'elle n'a jamais de cloisons tertiaires dans aucun des six systèmes; du reste, tout parait semblable jusqu'à la grandeur des calices. Les pri- maires sont seules bien développées , et se soudent très haut à la eolu- melle. Fossile de Kivalba. — Coll. Michelin Genhe XXIII. — ASTROCOENIE [ASTROCŒNIA). Aslrocœnia, Milne Edwariis et Jules Haiine, /oc-, cit., p. 169(1848). Ce génie a un polypier inassil', beau('oup plus dense que celui des Stylocœnies. Les cloisons sont proportionnellement épaisses, et on ne dislingue jamais a l'angle des calices de tubercules columnaires. Entin, la columelle est en général très peu saillante. Sous tous les autres rapports, les Astrocœnies ne diffèrent pas du genre précédent ; elles se séparent comme lui desStylines par les calices polygonaux; des Stépha- nocœnies, par l'absence de palis : des Pliyllocuenies , des Dichocœnies et des Hétérocœnies, par la columelle stylifornie. Toutes les Astrocœnies sont fossiles; la plupart se rencontrent dans les terrains crétacés et dans les terrains tertiaires , et nous rapprochons de ce genre quelques espèces mal connues qui appartiennent à la période jurassique. Parmi celles que nous avons pu étudier, de manière aies caractériser suffisamment , les unes présentent des calices en polygones irréguliois et de grandeurs un peu différentes , parce (|u'elles se multiplient a la fois par bourgeonnement latéral et par bourgeonnement marginal, tandis que d'autres s'accroissent seulement en surface par le premier mode de bourgeonnement, et n'offrent que des calices de même gran- deur et en polygones réguliers. On peut donc distinguer dans ce genre deux sous - divisions : les Asimaenies irrégulières et les Astrocœnies géométriques. A Calices ayant la forme de polygones irréguliers. (I. Huit cloisons principales égales (6 primaires et 2 secondaires). (). Les bords des calices seulcmenl suhcrénelés et non granulés. f . Polypier en masse convexe ou subgibbeuse, mais non ramifié. d. Sommets des murailles en forme d'arôtes. . . A. Komnctui. dd. Sommets des murailles mousses A. Orbignijaiui. ce. Polypier brancliu A. reliculaln. bb. Les bords des calices granulés. e. Polypier en masse convexe OH subgibbeuse. A. niimhi. i J ASTIÎlilDES. 2U7 ff. l'ulypier brancliu A. nimusu. itn Dix cloisons principales (6 primaires et 4 secondaires). A. decaphylla. .1.1. Calices ayant la forme de polygones répiiliers. . .1. niimisma. § I. — ASTROCCENIES IRRÉGULIÈRES 1. AsriiOCOE.MA KOMNCKII. .l.^(r«l fonnosd, Michelin. Icon. zooph , p. 300, pi. 71 , lig. 3 (1847). Non VAstrea [ormosu de (ioldfuss qui paraît iHre une Siéphanocœnie. M. Mi- clu'lui lui rapporte aussi à tort son Astrea funnusissima, Michelin, de la pi. (j , que nous rapprochons des Goniastrées , et qu'il ne faut pas con- fondre non plus avec son Astrea formosissima de la pi. 72 , dont il est question ci -après, ni avec l'espèce de même nom figurée par Sowerby dans les Transactiona de la Société ijéolugique de Londres, laquelle, à son tour, ne semble pas différer de VAslreii fonnosu. Goldfuss. l'o/i/jiier convexe et subgibbeux. Calice.': en polygones irrégiiliers , asspz profonds, à bfuds simples et en arôtes. Culumç/le ayant la forme d'un tubercule arrondi très peu saillant. Deux cycles complets ; de plus, il y a des tertiaires dans deux des systèmes, où alors la secondaire de- vient semblable aux primaires ; en somme , huit cloisons principales. ('lotions assez serrées et épaisses , peu inégales. Grande diagonale des calices, i ou 3 raillim.; leur profondeur, 1 Fossile des Corbières et île Gosau. — Coll. de Koninck et iMichelin. 2. AsrnOCOENIA OliliKilWANA. Astrco formosissima, Michelin, Icon., p. 304, pi. 72, fig. 5(18.47). — Non Sowerby et non Michelin, kon., pi. 6. l'ulijijuren masse convexe formée de couches superposées. Les bords des calices sont ordinairement simples, larges et mousses. Fossettes cali- (imtles très (leu |ir(ifondes. Cotninellf ayant la forme d'un petit tubercule enfoncé. Huit cloisons principales (six primaires et deux .secondaires qui leur sont égales) ; huit autres un peu plus petites (([uatre secondaires et (|uatre tertiaires. Toutes sont épaisses , larges, serrées, peu inégales. Grande diagonale des calices, au plus 2 millim. ; leur profondeur, !/•>. Fossile de Gosau et du terrain néocomien de l'Yonne. — Coll. Michelin A. \srr.iii;(H.M \ iiiiiicii.ArA. A»trel. Jô, lij; 1. Fossile de Saint-.Mihiel. .\.^iinf irmm-rmuitii , id., ibid., pi. 25, lig. 2. Egalement de Saint- .Mihiel. âOO MILNE EUU'ARUS ET JULES HAIME. Genbe XXIV. — STÉPliANOCOENIl!; [STEPHA.\0€ŒNlA). Slephanocœnia, Milnc Edwards el Jules Haime, toc. cit., p 469 (1848). /'oti//)ier raassif, astréiforme. Polt/jnérites intimement unis par leurs murailles qui sont épaisses et compactes. Multiplication par bourgeonne- ment latéral et marginal. Calices subpolygonaux , à bords très rappro- chés, mais souvent séparés par un léger sillon. Coluinelle styliforme, un peu saillante. Six systèmes en général égaux. Cloisons très peu débor- dantes, granulées latéralement. Des palis devant celles des premiers ordres. Par la présence de ses couronnes de palis, ce genre se distingue des autres Eusmiliens agglomérés , si ce n'est des Dichocœnies ; mais celles- ci se multiplient par lissiparité. C'est avec les Aslrocœnies qu'il semble avoir le plus d'affinité. Les espèces typiques sont vivantes; nous en rapprochons avec donle i|uelques (ossiles des terrains crétacés et jurassiques. 1. StEPHANOCOEM/V INTEliSEPTA. (PI. 7, lig. I, 1", ('), ^ .Madreyora inlersepta? Es\Kr, Pflanz, Supplém., p. 99, lab. lxxix (1797). i?„.'tj Figure très grossière. Astrea intersepta, Lamarck, Hisi. des anim. sans vert , t. II. p. 266 (1816) : — 2« édit. , p. 417, Mais non la variété ave nullo, qui , par ce carac- Icre, est évidemment 1res différente, et qui ne nous est pas connue. — Lamouroux , Encijcl. ;oo;jft.,p. 127 (1824). Celluslrea intersepta. Blainville, Dict. des se, nat., t. 60, p. 342 (1830). — Man.. p. 377. l'ulijijier en masse légèrement convexe ou subgibbeuse. Le bord su- périeur de deux murailles contiguës est simple, ou présente seulement un petit sillon très étroit et superficiel. Calices polygonaux , à bords un peu épais, à fossette très peu profonde. Columelle cylindroïde , un peu aiguë à l'extrémité. Trois cycles complets. Cloisons sériées, épaisses en dehors, très peu débordantes, et à bord arqué en dedans, à faces granu- lées. Des palis étroits et un peu épais devant les cloisons des deux pre- miers cycles ; ceux des secondaires les plus larges. Dans des coupes du polypier, ou voit que les murailles sont simples , tout à fait compactes et extrêmement épaisses ; les traverses sont simples , très peu inclinées , et distantes entre elles d'un tiers de millimètre à peine. Grande diagonale des calices, i ou :î niillim. ,)>*^ it o. Habite les mers australes (Lamarck). — Coll. ,M. (Liiinarck) ri E. ASTIll'lDK.S. .")(ll •i. Sllil'llA^()(■.of:MA Miciii'iiMi. f'iily/jirr roiivexc et subgibbeux compost' de eouelies su perpostk'S , ressemblant extrêmement à l'espèce précédente , dont il diffère par des calices en général peu serrés, souvent subcirculaires , à bords libres ot séparés par dos sillons bien marqués , par une columelle plus grosse et pardes cloisons beaucoup plus débordantes. Diamètre des calices, 2 mil- limètres l/>; leur profonileur, 1. Patrie inconnue. — Coll. Micbelin 3. Stephanocoeivia formosa. Axirea formoaa. Goldfiiss, Petref., p. III, lab xxïviii , fij; 9 (1826), Lr grossissement seulement, .Isirni coiicinna (pars), Goldfuss. ibid.. p. 6i, lab. xxii , fig I'' et \'. Non la figure In, qui est peut-être celle d'une Synastrée Axtrea formosiaima , Sowerby , Geoi Iruns. . 2* série , vol. fil , pi. 37 , ng. 6(1832). Parités uculeata, Miclielotli , Spccim., p. IG8, pi. 6. fig. I (18.38), Figure très incomplète. Aslrea retkulala, Michelin. leon., p, 20 et 301, pi. '■>, lig. I (1811). Non l'Aslrea reticulntn , Goldfuss, qui est une Aslrocœnie. Dans la figure de Michelin, les calices ne sont pas assez nettement polygonaux. Cette espèce nous parait extrêmement voisine delà S. inlerseptn. Seu- lement la columelle est un peu plus grosse, légèrement comprimée , et les .sommets des murailles sont toujours simples et ne présentent pas de sillons sur leurs arêtes. Grande diagonale des calices, 3 millim. Fossile (ITcliaux (Vaucluse) ; de Gosau , et même des Corbières, sui- vant M. Michelin. — Coll. de Koninck et Michelin. h. .STKI'nANOCf»;MA Dp.sportesiana. iftrea Ocsiiorlesiaiui, .Michelin, fcon.. p, 201, pi, .'10, fig, 11 (1845). Ki- iure incomplète l'otypier é\e\é, il surface légèrement convexe. C'a/icc? subch'culaires , s .58, pi 12, fig. l (18.12). Non i'.tslren rudiata de Lamarck. Phjllocwnid irradiims. Milne Edwards et Jules Haime, Complen. rendus de l'Acad. des se. , l. XXVII, p. 469 (1848). Polypier en masse fortement convexe. Polypiérites un peu divergents. Côles saillantes, sublamellaires, écartées, égales; on en voit derudimen- taires entre elles toutes. Calices circulaires ou subovalaires, saillants. Quatre cycles , dont le quatrième, toujours incomplet, ne se montre pas dans quel(|ues systèmes ou dans les moitiés de quelques systèmes. Cloi- sons un peu épaissies en dehors, inégales. Hauteur dn polypier ' ou 8 centimètres. Largeur des calices 6 on 10 millim. Fossile de Castel-domberto. — C. M., Michelin et E. \sriii':ii)iis. 303 "i. l'ilYI.l.OCOF.MV LlC.VSIANA. Aslmi Lmiisiiiuii. Defrance, Dict. des se. mil., l. XLIl, p 380(1826). (irmmastreii Lncnsinnn . de Blainville , fl/f/. ('es se nul.. I. LX , p. 333 (IS30). — .1/(111., p. 368, Polypier on masse convexe, ditférant peu île la/', irrmliinis , si ce n'est par la taille. Les calices très peu élevé.s au-dessus du iceneiicliymo , cir- culaires , à fossette à peine marquée. Trois cycles complets et quelquefois des cloisons rudimentaires d'un quatrième cycle. Les cloisons princi- pales un peu épaissies dans leur milieu. Diamètre des calices 4 milliiu. Fossile d'Italie (Defrance*. — Coll. Defrance, Miclielin et E. 3. l'iIYLLOCŒMA ArCIIIACI. 'l'ii/ifcs très écartés, subcii'culaires ou subovalaires. La surface du cie- nencliyme montre la cuntinuatioii clescôtesquisontsul)|)lanes, siihégales et sont couvertes de graiiulatioiis nombreuses et fortes. Ciduniidli' rudi- mentaire. Quatre cycles complets. ÇUnsmis inégales, très minces et ti'ès serrées, très légèrement épaissies en dehors, a faces montrant des stries granuleuses. Dans une coupe verticale on voit des côtes très développée.^ entre lesquelles s'étendent des traverses exotliécales un peu divisées et extrêmement abondantes ; les cellules qu'elles forment ont à peine un demi-millimètre en hauteur. Les murailles sont peu nianiuées. Les tra- verses cndothécales vésiculeuses, extrêmement inclinées en dedans, et même presque verticales ; les cellules qu'elles forment ne sont pas plus larges que celles de l'exotlièque ne sont hautes. Lorsque les échantillons sont un peu .usés , on remarque sur les feuillets de l'exotlièque des grains tressaillants Fo.ssile des environs de Dax. — Coll. d'Archiac, Hébert el E. \\. PlIVl.I.OC.Ot.MA IRBEGUI.ARIS. I.ilhoilenilion irreguliire, Michelin, Icoii. , p. 154, pi. 43 , fi^. M (1844). Mauvaise ligure, dans laquelle on ne dislingue pas de coenenchyme. /'ii/if/tier il cmieiiihyme presque entièrement formé d'une exothèque dans laquelleles piilypiéntes sont conmie immergés. Ils sont très inégaux, élevés, cylinilro- turbines, f'ôtes se montrant en petites arêtes à bord oMilulé. Ciitui-s subcirculaires ou subpolygonaux, a fossette un peu pro- l'oiide. (Jiiatre cycles ; mais le dernier majique dans deux des systèmes. t'Ioinntis assez serrées, peu iriégale.s, il peine débordante.^, très minces, a ' iWk Nii,!vi: i:ii\i,\Ki»N Kl ji ij:m iiaimk. liices niuiiliaiit iliis yi\iiii,s livs rnrus. llaiitfiii' .'i mi i ciMilimètres ; dia- mètre (les plus grands calices S millim.; leur profondeurs. Fossile d'Auvert et de Valinondois (Seine el-Oise), de Sentis, de Cliau- niont (Oise), d'Ecos près Vernon (Rure). — C. M., Michelin, Hébert etE. 5. PUYLLOCOEMA COMPRESSA. Aslrea compresm , Miclielin, Icon. . p. 297 . pi 70, fig. 2 (1847). Bonne figure. Polypier en masse convexe ou subsphérique. Calices extrêmement inégaux , très saillants , irréguliers , ordinairement comprimés par les côtés , et par suite oblongs ou subtriangulaires. Muraille granulée exté- rieurement et montrant des côtes droites , en arêtes fuies et peu sail- lantes, alternativement un peu inégales. ro/î(H(e//(?rudimentaire. Quatre cvcles; le dernier manque ordinairement dans deux des systèmes ou dans une moitié de quelques uns d'entre eux. Cloisons serrées, inégales, assez minces, légèrement épaissies au dehors, un peu débordantes. Grande largeur des calices 5 ou 6 millim.; les calices n'ayant que 3 millim. sont très nombreux. Fossile de Soulatge (Corbières). — Coll. Michelin. 6. PlIVI.LOCOEMA ? SCUr.l'TA. Astrea xculpin. Michelin, Icnn., p. 300, pi. 71, fig. 3 (1847). Astrea sparsa, Miclielin, ibid.. p. 29'.», pi. 71 . fig. 1 . Nous semble ne dif- férer que par un petit enipAloment (lu fond de la fosselie calicinale, qui simule une columellc styliforme C'est avec doute que nous rapprochons cette espèce des Phyllocœnies ; c'est un polypier à surface légèrement convexe ou subplane. Calices très ('(•artés , un peu saillants, en cônes tronqués. Côtes fines, serrées, llcxueuses aux points où elles rencontrent celles despolypiérites voisins, alternativement un peu inégales, au nombre de 32. Diamètre des calices, 3 millim. Fossile des Martigues (Bouches-du-Rliône) . — Coll. Michelin. 7. PhYI-LOCOEMA? PEDir.llI.ATA. Astrea pcdinilaln. Deshayes, Coq. rmart. ilef; lerr. , p. 2.H6 , pi. 1 1 , fig. 4 (1831). — Michelin, Unn , p 277, pi. 70, fig. 1 (1847). ASTRÉrDES. 305 Axtrea Dumasiana, Michelin, ibid., p. 297, pi. 70, fig. 3. Nous paraît être la même espèce dont le fond des fossettes calicinales a été empâté. Nous conservons quelque incertitude sur le mode d'accroissement de ce polypier, parce que les jeunes calices sont toujours exti-èmeraent rap- prochés des parents , et semblent quelquefois s'en être détachés ; cepen- dant nous n'avons pu constater aucun fait de fissiparité , et il est pro- bable que celte espèce appartient aux Phyllocœnies plutôt qu'aux Dicho- cœnies. Ce polypier est lixé par un pédoncule gros et long. Cùlei égales , serrées, bien distinctes, se prolongeant extérieurement sur le pédoncule. ('«/(CM circulaires ou subcirculaires, un peu élevés au-dessus du cœnen- chyme. Quatre cycles. Cloisons assez minces et serrées. Largeur des calices, 6 ou 7 millim. Fossile des Corbières (Aude). M. Michelin fait observer que c'est par suite de renseignements erronés que ce fossile est indiqué par M. Deshayes comme appartenant au Muschelkalk. Suivant M. Michelin, on le trouve aussi aux Martigues. — Coll. Michelin et E. L'Aslrea Doublieri Michelin, Jcon., p. 299, pi. 71, fig. 2, qui est fossile des Martigues, nous parait très voisine de XA.pediculata. C'est encore à ce genre que semble appartenir X'Astrea vat/is clausœ Michelin, Icon., p. 22, pi. 5, fig. 7, qui se trouve dans le grès vert d'U- chaux ; et peut-être lorsqu'on les connaîtra mieux, faudra-t-il placer en- core ici plusieurs fossiles des terrains crétacés, que nous avons laissés provisoirement à la suite de notre genre Aslrea. Genre XXVI. — DICHOCOENIE (DICHOCŒNIA). Dichoccenia, Milne Edwards et Jules Haime , (oc. cil , p. -169 (1848). — Ce genre correspond à peu près à la division des Aslrées méandrini- formes de M. de Blainville. /'o%«>r massif , astréiforme. Polypiérites unis par un cœnenchyme abondant et très dense. Multiplication par lissiparité. Calices à bords libres. Columelle peu développée. Six systèmes. Cloisons débordantes, granulées. Des palis devant la plupart d'entre elles. Ce genre se sépare de tous les autres Eusmiliens agglomérés par son mode de multiplication; de plus, la présence dos palis l'éloigné des Stylines, des Stylocii-nies, des Astrocœnies, des Phyllocœnies et des Hété- rocœnies; sa columelle peu développée, et réduite a queUiues trabiculins lamellaires ou tuberculeux, la distingue des Stéphanocœnies. — Les Uichoca'nies vivent actuellement dans nos mers ; nous décrivons une- es|)èce fossile , mais (jue nous n(; rai)port(pns il ce genre ipi'avec doute, .■(•série. Zoi.i., T. .\. (f)éciMnl)ic ISiK.) , 20 o06 MII,1«E EDWiVRDS ET JULES HAIRIE. 1. DiCnOCOENIA POKCATA. Madreporii puraitii '/ Espor. Pfaiiz., Suppl.. p. 88, lab. lxxi (1797). Aslreu porcula , Lamarck , Hitt. nai. ihs anim. sans verl. , I. Il , p. 260 (1816). — r édil., p. .106. — Lamouroux, Encycl. Zoopli., p. 131 (1824). Favia pormlo , Elirenberg , Cornll. des Rolh. meer., p. 94 (1834). Aslrea porcalii? Dana, Zoopli., p. 226 (1846). Potypicr pédoncule, convexe en dessus ; à plateau extérieur très fine- ment costulé et suljéchinulé , entouré jusqu'auprès du bord d'une épi- tlièipie extrêmement mince et peu distincte. Les polypiériles extérieurs forment à la périphérie du polypier des lobes arrondis. Ccilices peu serrés, peu saillants, ordinairement sidjelliptiques , quelques uns circu- laires. Quelquefois trois ou même quatre calices en voie de formation sont unis en une petite série. Côtes un peu grosses, subégales, serrées, à bord spinuleux , ne se conliiuiant pas distinctement sur la surface du cœnenclivme qui est spinulouse et chagrinée. Fossette calicinale étroite et peu profonde. CnlunicUc très petite et sublamellaire. Trois cycles. Cloisrifis serrées, médiocrement débordantes, épaisses en dehors très minces en dedans , ti'ès granulées. Les secondaires sensiblement égales aux primaires, l'alis minces , situés devant presque toutes les cloisons , inégaux, les plus larges devant les pins grandes cloisons. Les calices qui sont circulaires ont 4 ou 5 millimètres de diamètre. Habite les Indes orientales (Esper). — Coll. M. (Lamarck) et E. 2. DlC[]OCOEM.\ UVA. Mailrepora mm, Esper, Pllanz , Suppi , p. 32 , lab. xi.ni (1797). ilaûnytira tk'Irita, EspiT, Pllanz., Suppi, p.2C, tab. xli. Nous parail êlre un exemplaire usé de celte espèce. Astrat relicularis , Lamarck, Hist des anim. sans vert., t. II, p. 264 (1816); — 2'édit., p. 414. Est un échantillon extrêmement usé de l't^ixi qui monlre la grande compacité et l'épaisseur des murailles. La var. Pa- vietibtis striiilo-tamellosis est un exemplaire un peu mieux conservé. Aslrea uvn, Scliwcigger, Handb. der nahirg., p. 419 (ISSO). Favin uvn , Hempricli el Elirenberg, Corail, des Roth. mevr., p. 94 (1834). Astrea iiiyi. Oana. Zonph.. p. 221 (1816) l'o/i//iicr hémisphérique. Calices très serrés, saillants , de forme un peu irrégulière , mais ordinairement oblongs; jamais il ne s(nit unis en petites séries , comme dans la /A /lorctUn. Les espaces intercalicinanx ^ •IMÏ/H -^ZT ÀstHÉiDES. « l/"!!! S07- rétrécis, et présentant seulement ((uelqiies gros forains irréguliers. Côles bien ilistiiicles, larges, serrées. f'/(te allongés , unis entre eux par une périthèque celluleuse abondante, mais libres en haut dans une étendue plus ou nioinsconsidérable. Mu/ti/iliaitinn par bourgeonnement extracaliculaire. Muraille assez forte, garnie de côtes en général peu mar- quées et toujours peu développées. Columellc rudimentaire ou nulle. Six systèmes cloisoimaires. Cloisons très débordantes. 7'raverses endothé- cales ordinairement simples et peu abondantes. Lamarck avait formé son genre Sarcinule avec deux espèces très dif- férentes , dont l'une . la Sarcinnla urfjanion, est en effet le type du groupe particulier qui nous occupe en ce moment, tandis que la seconde, qu'il a nommée Harcinula perforât», a été établie sur un fossile en très mauvais état, ayant toutes les cloisons brisées, mais auquel nous avons pu cepen- dant reconnaître quel(|Mes uns des caractères des Astrées. D'un autre côté, ce célèbre naluralisti^ avait laissé avec ses Caryôpliyllies trois ou quatre espèces qui ne dilfèrent que spécilii|uement de la Sarcinnla orgamim. M. de Blaiuville a conservé le genre de Lamarck , mais il lui a rapporté avec raison les Cari/ophyllia nstreata et miisicalis de ce dernier auteur, tout en reléguant encore dans les Caryophyllies sa Canjoplujllia fascicularis, qui se trouve faire double emploi avec sa Surcinuln dicerycns, et tout en ajoutant a ce groui)e de nouvelles espèces d'Astrées. M. Ehrenberg est le premier qui ait donné une idée juste du genre Sarcinule, en le caracté- risant par la présence de la périthèque. Nous n'avons pas pu lui reporter le nom d'Ant/w/jlnjHiiin, comme ce savant l'a fait, parce que ce nom , appliqué par Schweigger à un certain nombre d espèces qui ne sont unies Asi'iu':iDEs. 311 entre clli's par iiiiruii lien nnlnrel, l'sl pcisti'iirin- au imni cmpluyc' par Laniaick. Qii<]i(|iit' toutes les Sarcinules soient liées entre elles par une étroite affinité, ou distingue deux formes principales dans leur polypier. Les unes, (ju'on peut appeler Sarcinules orynni formes , ont des polypiérites très longs , subcylinilriques , verticaux , parallèles , égaux entre eux et à peu près également espacés ; le polypier a une surface subplane ou échelonnée, et la multiplication se continue seulement vers la périphérie de la masse. Les autres , au contraire , ont les polypiérites médiocrement longs, cylindro-turbinés, un peu divergents , souvent inégaux et inéga- lement espacés ; le polypier a une .surface plus ou moins convexe ou gibbeuse, et la multi[)lication se continue souvent sur plusieurs points de la niasse : on poinra désigner ces dernières sous le nom de Sarcinules clM'i/driiii's. Ce genre appartient tout entier à l'époque actuelle, et parait répandu dans la plupart des mers cliaudes de l'ancien continent. On en trouve (pielques espèces à l'état subfossile dans les terrains d'origine tout il fait récente qui recouvrent les bords de la mer Rouge. A. S.\RCINULES ORGANIFORMES. 1. .SaRCIMII.A OliGAMIM. S«rci/iiil(i orrjimum , Lamarck , Ilist. def anim. siins vert. , t. 11 , p. 223 (1816); — 2'édit., p. 241. — Lamouroux, Exp. métli , p. 6i (I8il). — Deslongchamps. Encycl. zooph.. p. 673 (1824). — .Milne Edwards, Allas de la grande édition du Rigne anim. de Cuvier , Zoopli., pi. 8.Ï, fig. I, I", I''. /'oli/jiier a surface subplanc. /'iili//ji'h-iles parallèles assez rapprochés, unis par une périlhèque plus dense dans certaines couclies superposées et dont les cellules en général n'ont gnèie plus d'un demi millimètre. Ca- lices circulaires ou subcireulaires, égaux et également écartés. C'olumclle rurtimentalre. Trois cycles complets. Cloisons bien développées, toutes minces. Les traverses emlotliécales sont simples, subliarizontales et très légèrement convexes, distairles entre elles d'un millimètre ou d'un mil- Mmètrc et demi. Largeur des calices .3 millim. ; ils sont aussi écartés de 3 millim. environ. Habite la mer Kouge? (Lamarck). — C. M. (Lamarck). (>!tte espèce dliïèrc beaucoup iln .l/w/;e/««'n oiv/niiKin de Linné , ipii est un fossile des terrains de tiaiisition, et auquel iHIe avait été rapportée paj' Lamarck. C'est ce derniei' polypier qui i'oiniu le genre Sorcinulo poui' M Kana et M. M'Coy. 312 ihilne edwabds et jules uaime. 2. Saucinula pauceradiata. Sarcinula organum, Schweigger, Beob., pi. 7, fig. 66 (1819). Sarcinula panciradiata, Blainville, Dict. des se . nat, , l. LX, p. 314 (1830). — MuH., p 348. Sans description. Ce Polypier présente une surface en escalier. Il diffèrede la. S', organum par ses polypiérites plus rapprochés et distants seulement d'un ou deux millim. , leur diamètre étant également de Smiilim. ; les cellules pé- rithécales sont plus grandes , et ont environ un millim. ; enfin , il n'y a que deux cycles, dont le second est même peu développé. Patrie inconnue. — CM. 3. Sarcinula Bougainvillii. Sarcinula Bougainvillii, Blainville, Dia. des se. nat., t. LX, p. 31 4 (1 830). — Man., p. 349. Sans description. Polypiérites assez rapprochés , unis par une périthèque qui paraît former des étages plus denses correspondant à des collerettes murales. Côtes fines et planes. Calices subcirculaires. Coiumelle rudimentaire. Quatre cycles : le quatrième rudimentaire. Cloisons assez minces , iné- gales, serrées. Largeur des calices 6 ou 7 millim ; ils sont distants de 3 ou 4. Habite l'Inde? (Blainville). — C. M. 4. Sarcinula jiusicalis. Madrepora musicalis ? Linné, .Si/sl. nat., édit. xii, p. 1278 (1767). Madrepora musicalis (i» parle) , Esper , Pflanz. , p. 160, pi. xxx , fig. 1 (1791). Galaxea muaicalis, Oken, Lehrb. dernaturg., t. I , p. 73 (1815) Caryophyllia musicalis, Lamarck, Hisl. des anim. sans vert., t. 1(, p. 227 (1816) ; — 2' édit., p. 3.50. — Blainville, Dict. des se. nat., t. VII, p. 195 (1817). — Laniouroux, Encycl., p. 170 (1824). Anlhophyllum musicale , Schweigger, Handb. dernaturg., p. 418 (1820). Caryophyllia mnsicalis , Lamouroux, Encycl. zooph., p. 170 (1824). Sarcinula mnsiealis, Blainville, Dict. des se. nat., t. LX, p. 314(1830). — Man. , p. 3 48. Anthophyllum musicale. Elirenberg, CuralL, p. 89 (183 4). — Uana, /oopl, . p. 39'.) (1846). ASTRlilDES. 313 Polypiéiiteslviis écartés, libres en haut dans une certaine étendue, à côtes très peu saillantes. Calices circulaires. Columelle rudimentaire. Ordinairement trois cycles complets; les cloisons inégalement épaisses suivant les ordres. Périthèque très dense, à cellules très petites, ayant à peine un demi-millimètre dans leur plus grande étendue. Largeur des calices, A ou au plus 5 inillim. ; ils sont distants entre eux de 6 ou 7. Habite l'océan Indien (Lamarck). — Coll. M. (Lamarck). 5. SARCI?iULA LONGIS-Sl-MA. /'o/y/«»iVfs extrêmement longs, à peu près droits, à murailles épaisses, présentant depuis la base jusqu'au sommet des côtes inégales et en arêtes. De 15 millimètres en 15 millimètres, la périthèque montre des étages horizontaux plus denses que le reste de son tissu. Calices subcirculaires. Columelle rudimentaire. Trois cycles , dont le dernier est quelquefois incomplot. Cloisons çe\i serrées, peu débordantes, inégales; les primaires assez épaisses. Traverses endothécales simples, distantes de 1 millim. 1/2, un peu inclinées en bas et en dehors. Cellules périthécales , grandes et larges de 1 millim. 1/2. Hauteur des polypiérites, 25 centim. ou même plus; largeur des calices, 4 ou 5 millim.; ils sont distants entre eux de 3 ou 4. Subfossile des bords de la mer Rouge. — Coll. M. B. SARCINULES CLAVIFORMES. 6. SARCINULA lASCIClILARIS. .Viiitrepora fascicularis , Linné, Syst. îuit., édit. xn, p. 1278 (1767). Marirepora divergens ? Forskal , Descript. anim. m itin. orienl. , p. 136 (1775). .Vadrepora fascicularis, Ellis et Solander, Zooph., p. 151, tab. xii (1786). Madrepura cuspidata , Esper, Pflan/., t. I, p. 155, tab. xxviii (1791). Galaxeit cuspidata, f)ken, Lelirb. der nalurij., t. I, p. 73 (1815). Caryophyllia fasciculala, Lamarck, Hist. des anim. sans vert., t. II, p. 226 (1816); — 2' édit., p. 349 — Blainville, Dict.dessc. nat., t. VII, p. 194 (1817). Anthopliijllum fasciculatum , Schweigger, Handb. der naturg.,\>. 4 1 7 (1 820). Caryophyllia fanciculata, Lamouroux. Exp. iiiéth., p. 48, tab. xxx (1821). — Lamouroux, Enryrl. zaoph., p. 169 (1824). — DIainville. Dict. des se. nat., t. LX , p. 310 (1830); .W.iii., p. 345. Non les tigure» qui lui sont rapfwrléesctqui doivent appartenir à l'espèce suivante. Mil niLNE EDWARDS ET JULES HAMIE. Sarcinula divergem? Blaiiiville. Bkt. des se. nat., l. LX , p. 'il 4 (1830). — Man. p. 348. Anlhophyllum fascicukire, Elirenberg et Hemprich, Corail, des lioth. meer., p. 89 (1834). AnthopUijUum cuspidiitum, Dana, Zoopli., p. 402 (1846). Polypier formant des masses convexes. Polypiérites assez serrés, sub- turbiiiés et subprismatiques, libres dans une grande étendue au-dessus de la péritlièque, inégaux sur plusieurs points, mais tendant cependant à s'égaliser en volume et à s'espacer également. Murailh presque lisse in- férieurenient, et montrant di's côtes en arêtes vives dans sa partie supé- rieure. Calices subtriangulaires ou subtétragonaux , à fossette petite et profonde. Columelle tout à fait rudimentaire. Trois cycles complets, et de plus, dans beaucoup de systèmes, on voit des cloisons de quatrième ordre. Les primaires et les secondaires exirêmement saillantes, aiguës, lan- céolées, quelquefois un peu courbées en dehors , très épaisses dans leur milieu ; les tertiaii'es petites. Les cellules péritbécales sont inégales, mais ordinairement très petites, et n'ayant pas 1 millimètre dans leur plus grande étendue. La hauteur des polypiérites varie de 5 à 7 centim. ou même un peu plus; ils sont libres dans une étendue de 2; largeur des calices, I ; ils sont écartés entre eux de 2 ou 3 millim ; les grandes cloi- sons débordent de .5 millim. Habite les Seychelles (L. Rou.sseau) ; la mer Rouge (P. E. Botta). — Coll. M. Pallas, qui, sous le nom de Madrcpora cnryophijllites , comprenait évi- demment les Sarcinules de ce sous-genre, a bien décrit un phénomène de multiplication (ju'on observe fréquemment dans cette espèce. « Nons avons souvent trouvé, dit- il, une nouvelle croûte recouvrant les anciennes masses avec un nouveau groupe d'étoiles; car .souvent une étoile au mi- lieu des autres s'accroît, et par son sommet engendre de petits bour- geons ; alors une croûte commence à s'étendre autour d'elle , et bientôt recouvre les étoiles voisines. C'est sur les bords de cette croûte , qui tend toujours à prendre une forme sphéri(iue ou du moins convexe, (]ue pullulent successivement les nouvelles étoiles ; et c'est pour cela que les étoiles marginales sont très petites pour la plupart, tandis que celles du milieu sont plus grandes. » (Pallas, Elenck. Zooph., p. 315.) 7. Saucinui.a Laperoosiana. (Pi. 6, fig. .=), .r.) Miidreporu cespiiosa? Esper. Pdanz, p. I.ïl, pi \xvii (1791). Anlhophyllum t'spcri ? Scliweigger, Hnndb. dcr nulurij., p. 417 (1820) AsniKioKS. 315 Oinjnpltyllic en gerbe. Blaitiville. Dicl. des se. iiiiL, allas, pi. xxxiv. fig. 4 (1830). — .l/..i...fjl. LV, fig. i ';;l CunjoplujHiii fiisciciUata , QuoyetGalniard, Voy. dei'Astrol. ,Zoop\\.. p. 190, pi. XV, fig. 3-6 (1833), La figure o est 1res inexacte; car les cloisons montrent un bord dentelé. AnUtopliylluni ftiscictilalum'.' Dana, Zuoph.. p. 399 (1846). Poly/jier en masse légèrement convexe. l'ulijjiic'rites médiooiernent allongés, assez serrés, libres dans une étendue qui fait àpeu près le tiers de leur longueur. Muraille montrant des côtes planes et très peu mar- quées , alternativement plus fines et plus lai'ges. Cnlicis un peu irrégu- liers, un |ieu comprimés, à fossette étroite et assez profonde. Colu- mtlle nulle. Trois cycles. Cloisons peu inégales , épaisses , bien débordantes, subanguleuses. Péritlièque formant des étages très épais, assez écartés, à cellules extrêmement petites, la plupart d'entre elles n'ayant qu'un tieis de millimètre. Hauteur des |)olypiérites :iO millira. ; largeur des calices 5 ou 6; les cloisons débordent de -2 au moins. Habite Vanikoro (Quoy et Gaimard). — G. M. 8. Sarci.nlila Em.isi[. Ellis P/iito». (nmj., vol. ;i3, PI. ix, fig. 14 (1704). .inlhopliyllum cespitnsum ? Dana, Zooph., p. 401 (1846). /'nlij/)ier en masse arrondie. Polypiérites médiocrement allongés , cy- lindro-turbinés, peu serrés, un peu divergents; à murailles minces, montrant des côtes alternativement très petites et plus fortes, un peu plus saillantes en haut. Cnliri's subcirculaires ou subovalaires, uti peu inégaux, peu élevés au-dessus de la péritlièque, a fossette petite, assez profonde. Columolle tout a fait rudimentaire. Trois cycles complets avec un (piatrième rudimentaire. Cloisnu.^ assez débordantes, un peu arron- dies en haut, iné-gales; les primaires plus épaisses (|ue les autres, qui sont très minces. Les cellules périlhécales très petites, ayant à peine un demi-milliniètie dans leur plusgiaiide étendue. Hauteur des polypiérites 20 ou .'}() inillim. ; largeur des calices ■< ; ils sont élevés de ,'5 ou 4 , les cloisons déhoi-dent de 2. Habite le détroit de la Sonde (Hi-yiiaud). — G. M. '.1. .S\ltCIMl|.\ llliXA(iO^At.IS. l'oli/i/ifr à surfaci; supéiieure subconvi^xe. I'i/l///iirriles assez rappro- chés, allongés, cylindro-turbinés inléritïurement , sulipri.sniati(|iies dans^ leur partie supérieur où ils sont libres dans une assez grande élendqe. 316 niLNE EDWARDS ET JULES HAIME. Cales fines, serrées, alternativement un peu différentes ; dans la partie libre les six côtes qui correspondent aux cloisons primaires saillant en arêtes vives et subcristiformes. Calices comprimés, hexagonaux , chacun des six côtés ayant la forme d'un arc dont la concavité est tournée en dehors. Fossette assez profonde. Columelle pariétale plus développée que dans les autres espèces de ce genre. Quatre ordres de cloisons ; celles-ci très inégales ; les principales épaisses près de la muraille, anguleuses et très fortement débordantes. Hauteur des polypiérites 5 centim. , grande diagonale des calices 10 ou 12 millim. ; les cloisons débordent de 4. Habite les Philippines? — Coll. Stokes. 10. SarCINULA IRREGULARIS. Polypier en masse convexe. Polypiérites assez serrés, libres dans une médiocre étendue, à murailles un peu rugueuses en haut. Calices à bords irrégulièrement lobés, à fossette étroite et peu profonde. Columelle nulle. Systèmes inégaux et irréguliers. Cloisons serrées, un peu inégales, épaissies en dehors , minces en dedans , larges , médiocrement débor- dantes. On en compte environ une quarantaine dans les grands calices. Hauteur des polypiérites de 5 à 7 centim. ; grande largeur des calices de 10 à 15 millim. ; ils sont élevés de 10 millim. au-dessus de la périthèque ; profondeur des fossettes 3 ou 4; les cloisons débordent de 2 ou 3; lar- geur des cellules périthécales I. Habite la mer Rouge. On la trouve aussi subfossile des terrains récents de l'Egypte , et alors les petites cloisons sont ordinairement détruites. — C. M. 11. Sarcimla Quoyi. Uadrepora musicalis ? [in parle) , Esper , Pflanz , t. I , p. 1 60 , pi. xxx , fig. 2 (1791). Anthophyllum astreatumt Ehrenberg, Corail., p. 89 (1S34). Polypier légèrement convexe. Polypiérites subclaviformes , allongés , ordinairement un peu courbés à la base. Muraille montrant des côtes assez grosses, serrées, peu inégales, bien qu'alternativement un peu plus petites et un peu plus fortes. Calices circulaires, très élevés au dessus de la périthèque qui est peu développée, continue et à cellules irrégu- lières, grandes environ de 1 millimètre. Co/H«ip//e nulle. Trois cycles. Cloisons épaisses, serrées, bien débordantes, un peu inégales. Hauteur des polypiérites 30 millim. ; ils sont libres dans leur moitié supérieure ; largeur des calices 3 millim. Jlabite l'île de Guani (Quoy et Gaymard). — C. M. ASTnÉIDES. 317 12. SARCINUt-A ASTnEATA. Madrepora organum ? Pallas, Eiench., Zooph., p. 317 (1766). CanjophijUia aslreala, Lamarck, Hist. des anim. sans vert., t. II , p. 227 ; 2» édit., p. 230. — Lamouroux, Encyd., Zooph., p. 170 (1824). Sarcinula aslreata , Blainville, Dict. des se. nal., t. LX , p. 31i (1830). .Van., p. 3i8. .Inthophytlum sphœrulu? Ehrenberg, Corail., p. 89 (1834). Anihophyllum aslreatum , Dana, Zooph., p. 400 (1846). Polypier en masse convexe et gibbeuse. Polypiérites allongés , cylin- droïdes, très peu inégaux, très peu élevés au-dessus de la périthèque. Murailli's présentant de petites côtes en arêtes. Calices circulaires , à fos- sette très petite et très peu profonde. Columelle nulle. Deux cycles com- plets ; on voit rarement quelques tertiaires. Cloisons médiocrement ser- rées, larges, un peu débordantes, un peu inégales, arrondies en haut et épaissies en dehors. Cellules périthécales grandes et larges au moins d'un millimèlre et demi. Hauteur des polypiérites de 30 à 50 millim. ; dia- mètre des calices -2 ; ils sont distants de 2. Les cloisons débordent au moins d'un millimètre. Habite l'océan Indien (Lamarck). — C. M. (Lamarck.) 13. Sarcinula erbcta. Cette espèce , qui est en forme de colonne cylindrique dressée, res- semble du reste extrêmement à la Sarciiatln nstreala. Elle en diffère par des murailles plus épaisses, descloisons primaireségalementplusépaisses, et un troisième cycle toujours complète! bien développé ; les secondaires et les tertiaires sont minces. Diamètre des calices, 2 ou 3 millim. ; les cellules périthécales au moins aussi grandes que dans l'espèce précé- dente. Patrie inconnue. — C. M. C'est peut-être celte même espèce que M. Dana {Zooph. , p. 40;{) nomme Antliophijllum clacus et (ju'il décrit ainsi : « Claviforme et subdivisé en dessus, dressé, haut d'un pied et demi ou plus. Polypier ayant de petits calices cylindriques, longs de 2 ou 3 lignes et larges d'une ligne et demie, s'élevant d'une nias.se spongieuse ; lamelles un peu débordantes , tron- quées. Des Iles Feejee. » 318 MILNE EDWARDS ET JULES UAinE. Ali. SaRCINUI.A HYSTRIX. Anthophijlliim hijUrix , Dana, Znoph., p. 401 (1846). Il Aggloméré ; tentacules buisifoinics d'un vei't clair et d'autres d'un vert pâle au sommet ; coralligèries, par consé(]uent dressés et renl'erinant une lamelle calcaire. Polijpier à calices hauts de à 8'" et souvent larges (le 4-5'"; un peu comprimés , extérieurement carénés , s'élevanl d'une masse spongieuse ; lamelles cultriformcs, souvent débordant de 3 lignes, subaiguës au somrtiel. Des îles Feejee. » Dann. — Cette espèce paraît voisine de la fascicularis et de V/i/'xoi/oiialis. C'est pciit-ôtre encore à ce genre qu'appartient la Cm-yophijUia truncu- laris, Lamarck, Hist. desanim. sans cert., t. II, p. 226. — 2' édit., p. 349: H C. aggregata , cylindris crassis , exius reticularis , crusta laraellosa connexis ; stellis margine radiatim striato. » Luiimrck. APPENDICE. STEPHANOCœNlA ELEGAN8. Parités elegans, Leymerie, Mém. de la Soc. yéol. dr France, "î'' série, 1. i, pi. XIII, fig. 1 (1836). Cette espèce, dont nous devons la communication à l'obligeance de M. Tallavignes, nous semble avoir tous les caractères essenlii^ls de nos Stéplianocœnies, bien que dans beaucoup de calices nous n'ayons pas pu constater avec certitude la présence des palis. Elle se présente ordinaire- ment sous forme de masses lobées ou subrameuses. Les calices sont un peu obliques vers le liaut , polygonaux, inégaux, peu prolomls; leurs bords sont simples, peu élevés et assez minces. La columelle est un peu grosse , un peu saillante , et très légèrement compriméti. Dans (iuek|tii'S calices, on remarque trois cycles conqjlets, avec ini qualiièmc rudimeu- taire ; mais le plus souvent les cloisons du troisième cycle se développent tiès peu dans deux des systèmes, et comme les secondaires ressemblent beaucoup aux primaires, bien qu'eu général elles soient un peu plus pe-' lites, il en résulte alors l'apparence de huit systèmes égaux et composés^ chacun d'une cloison dérivée bien développée, et de deux autres rudi- mentaires. Les cloisons sont assez minces et médiocrement serrées. Le« palis sont probablement un peu étroits, et ce sont ceux qui sont placés en continuation des cloisons secondaires qui nous semblent les plus dé- ASTltlilDES. 319 veloppés. La graiiilo diagonale îles calices est ordinniremeiil de A milli- mètres, et leur profondeur n'est guère plus d'un millimètre. Ce polypier est fossile du terrain nummulitique (système ibérieii de M. Tallavigiies; à Fabrcsan (Aude). [La suite à un prochain cahiet.) EVIM.ICATION DKS FIGHKES. ^I.A^Clll; 5. Fig. I. Eusmilia fiisligiala. Un des polypiériles esl coupé verlicalemenl, pour montrer la slructure inlérieure. Fig. 2 Eusmilia h'iiorrii. L'un des polypiérites présente également une section verticale. Fig. 3. Lopliosmilia rulundifolia. — 3". Son calice grossi. Fig. 4. Barysmilia Cordieri, de grandeur naturelle. Fig. 5. Piirasniilia pocubim. — o". Son calice un peu grossi. Fig. 6. Trochosniiliu Fuujasii, — G". Son calice, de grandeur naturelle. Ki.j 7. Denilrusinilia Din'u/iViiia, de grandeur naturelle. l'LAi\Cllli G. Fig. 1. Lcplosmilia rnmosa, de grandeur naturelle. Fig. 2. Slylusmiliu Michelinii. — 2". Une coupe verticale, grossie. Fig. 3. Mvntlivdttifi ileltoides. Fig. .4. Diplocte)iiutii subcircultwf. Fig. S. Sdrcinula Lapcrousiana. Un petit groupe détaché d'une colonie, pour montrer comment les polypiérites sont unis par la péritliè{|ue. -- H". Coupe verticale d un des polypiérites très grossie. Fig. 6. Rhipidçgyra Daniana coupée en avant, pour montrer la structure des loges. Fig. 7. ClenopbrjHia Urusiliemis. Fig. 8. Plffoijyra luxa, coupée, pour montrer la structure des loges. Fig 9. Ufudroyyra cylindrus. — 9". Section verticale grossie. l'I.A.NClIli 7. Fig. I. Slcphiinocniiia inli'rsi'pla. — I". l'aliccs grossis. — 1*. Sectiim verti cale grossie. Fig 2. Stylocwnia emarciula. — 2'. Calices grossis. Fig 3. Dirhocwuia Sliiketii. Fig S (lulavyin SlokesUinu. — 4". Son calice grossi. 320 niLNE EDWARDS ET JULEf« HAIIHE. Fig. 5. Asirangia Michelinii. — 5". Son calice grossi. Fig. 6. Angin rubeola. — 6". Un polypiérite coupé verticalement. Fig. 7. Rhizangia brevissima. Exemplaire dont les stolons sont sclérenchymatcux, Fig. 8. Un exemplaire de la même espèce, dont la plupart des stolons ne se sont pas durcis. Fig. 9. Cladocora slellaria. — 9". Un calice grossi. Fig. 10. Pleurocora explanata. l'LANCUE 8. Fig. i. Caryophyllia lacrymalis. — 1". Son calice. Fig. 2 Caryophyllia uvslralis, fixée sur un nullipore Fig. 3. Circophyllia truncata. Fig. 4. Lobophyllia aspera. Fig. 5. Dasyphyllia echinulata. Fig, 6. Mycetophyllia Lamarckicma , vue de dehors. — 6^. La même , vue d'en haut. Fig. 7. Symphyllia siniwsa. ■ — 7". Coupe verticale de la même Fig. 8. Scapophyllia cylinilrira. — 8". Quelques calices grossis. Fig. 9. Diploria crassior. — 9". Coupe verticale grossie. Fig. 10. Oulophyllia Slokesiaiia. Fig. 4 1 . Leptoria tenuis. Coupe verticale grossie. PLANCHE 9. Fig. 1. Astrea cavernosa. Un petit groupe de polypiérites, dont plusieurs sont coupés horizontalement à peu de dislance de la base, et l'un d'eux coupé verti- calement. — 1„. Calices de la même espèce, de grandeur naturelle. Fig. 2- Plesiaslrea Urvillii. — 2". Un calice grossi. Fig. 3. Phymaslrea Valenciennesii . — 3". Coupe verticale grossie. Fig. 4. Oulastreu rrispala. — 4... Un calice grossi. Fig. 5. Cyphastiect mkiophlhalma. — 5". Calices grossis. — 5°. Coupe verticale grossie. Fig. 6. Leplaslrea Roissyana. — 6". Section verticale grossie. Fig. 7. Goniastrea solida. — 7°. Un calice grossi. — 7*. Coupe verticale grossie. Fig. 8. Siderastrea pulchella. — 8°. Un calice grossi. Fig. 9. Parastrea amicortim, Fig. 10. Sidemstrea crenulata. Coupe verticale grossie. Fig. 1 1 . Aphrastrea defonnis. — 14". Section verticale grossie. Fig. 42. Synaslrea Savignyi vue de dehors, et coupée verticalement dans son mi- lieu. — 4 2". Des calices de grandeur naturelle. Fig. 4 3. Heterocœniaexiguis. — 13". Calices grossis. 321 RFXHERCHES SUR L'ORCiANtSATION DES VERS; Far M ÉMII.I: BUINCBARD. (Suile : voy. t. VII, p. 87; t. VIII , p 119 et -271.; CHAPITRE X. CLASSE DES CESTOIUES [CESTOIDEA Rudolphi). ( Cysticii ejusd.) Caractères. — Corps géiiùiaiement fort long, el compo&é d'un ■grand nombre d'anneaux placés à la suile les uns des autres. Une tête ordinairement distincte. Système nerveux consistant en deux ganglions unis i)ar une bandelette transversale au centre de la tète, et donnant naissance en arrière à des filets très grêles qui descendent dans toute la longueur du corps, et en avant à des nerfs qui s'anastomosent avec un ganglion , situé à la base de chacune des ventouses, des crochets ou des proéminences cor- res|)ond;tntes de la lôte. Appareil digestif consistant ordinairement en deux canaux gastriques souvent unis l'un à l'autre par une comnuniication transversale dans chac|ue zoonite. l'oint d'orilice buccal. Appareil vasculaire consistant eu plusieurs vaisseaux lon- gitudinaux présentant un grand nombre de ramifications trans- versales. Organes génitaux réunis et ordinairement multiples sur chaque individu. Ces caractères ne s'appliquent en totalité ([u'aux Cesloïdes , dont le développement est complet. Plusieurs ne sauraient se ren- contrer chez les individus imparfaitement développés, et dont on a formé néanmoins des divisions et des genres particuliers. Les Cestoïdes constituent un(; classe considi'rabli' panni les vers ; c'est un de ces groupes du JH-ijne aniiiud qui ont h^ plus excité l'imagination des naturalistes et des inédijcins. l-a l'oiine si singulière de ces êtres, la faiblesse de k'ins nmiiv cmenls, le vague V B^ric. Zooi.. T. X. (IH'Cpmhn- I s is.) .j 21 322 voYA(;iî l'N sir.ii.i:. PII quelque sorte de leur vie onl ap|)elé hieu souvent rattention des observateurs. Néanmoins leur organisation dansée quelle a de plus essentiel était demeurée complètement inconnue jus- qu'à l'époque actuelle (1). Aussi, bien des hypothèses ont été faites siu' la nature organique de ces animaux , sur leur mode de repro- duction. J'ai déjà insisté , dans la première partie de ce travail , sur les affinités des Cestoïdes , comme sur leui's différences avec les autres vers. Cependant il est essentiel de nous arrêter encore sur certains détails. Une note récente de ^\. Van lîénéden (2) m'engage à bien préciser les faits. M. Van Bénéden a réiuii des observations d'un très grand intérêt sur le développement d'une espèce de Bothriocéphale. Les Scolex et les Tétrarhynchus ne seraient que des formes transitoires, les premiers états de ce type de Cestoïdes. Les Scolex et les Tétrarhynchus sont des animaux incomplets ; nous le savions, M. Van Bénéden a suivi les méta- morphoses ; il a vu le Scolex devenir Tétrarliynque et le Tétra- rhynquc devenir Bothriocéphale. Ce sont là de nouveaux faits acquis à la science, et dont l'importance ne sera méconnue par personne. Mais 'SI. Van Béné'den ne voit pas encore , dans le Bo- thriocéphale, l'animal adulte. Selon lui ce serait, comme l'ont dit d'anciens naturalistes, une agrégation d'animaux. Les anneaux des Bothriocéphales et des Tœnias se détachant souvent les uns des autres , ces anneaux isolés , les Cucumérins de quelques au- teurs, seraient les vers sous leur dernière forme. Ainsi consi- dérés , M. Van Bénéden les regarde comme très semblables aux 'l'rématodes, et pense devoir les ranger dans le même ordre. .Tai insisté déjà sur les rapports existants entre les ïrémalodes et les Cestoïdes. Mes observations, je crois, ont contribué à mettre en évidence les affinités existant entre ces deux types. On ne (1) « Les Ce.sloïdes sont , de tous les Helniinllies , les plus communs el en i> mi^mo lemps les moins connus, parce que chez eux l'organisation n'est en n (|iiel(iup sorte pas encore formulée , » écrivait en 18'i.') M. Dujardiii , Ilisloire ih-s llclmiiillws , p. !i.4.3. Or la justesse (le cette remarque était éviilenle pour chacun. (2) A'o/c sur le dcivloppcmeiil ('« Ti Intrlnjuriurs (^Hnllflin de V Arndi'-mic rni/nlc lie liekjiqnc, t. XVI, n° 2). É. Bi.*xc'U*Rn. — sir. I.■ol\fi,\MS\TIO^ Diis viins. 323 soupçonnait pas même l'existence du système vasculaire cliez les Cestoïdes. Je l'ai constaté cl rendu facile à voir cliez plusieurs espèces. J'ai signalé tout ce qu'il oiTrait d'analogie , de ressem- blance avec celui des Trématodes. Néanmoins , malgré cette-ressemblance , malgré quelques au- tres analogies encore , il est impossible de ne pas voir là deux types bien différents. D'abord le Tainia et le Botliriocépliale ne sont pas des animaux agrégés. Leurs anneaux, qui se délaclient facilement à la dernière période de leur vie , ne sont que des fragments. Le Tœnia et le Bothriocéphale ont une tête parfaite- ment distincte ; et dans cette tète se trouvent logés les centres mé- dullaires donnant naissance aux grêles filets nerveux qui se distri- buent à toutes les parties du corps. Les anneaux ne renferment aucun ganglion. On ne saurait donc les comparer aux Tréma- todes, si ce n'est un peu sous le rapport des organes génitaux. Les zoonites des Cestoïdes. parvenus à une certaine période, se détachant les uns des autres , M. Van Bénéden voit dans ce fait i)n moyen de diffusion pour les germes. Ceci me paraît incontes- table. Cesaimeaux isolés, ceux des Bothriocéphales, plus encore que ceux des Tœnias, s'arrondissent vers les extrémités et peuvent prendre jusqu'à un certain point la forme d'animaux complets. M. Dujardin les a décrits sous le nom de Proglollis; mais là on ne retrouve nullement la bouche d'un Tréniatode, ni ses ventouses, ni l'ensemble des caractères de ce groupe. Il faudrait donc sup- poser que de nouvelles métamorphoses s'accomplissent encore ; or rien ne me semble pouvoir appuyer une hypothèse de cette nature. Les Cestoïdes me paraissent devoir être ijartagés en deux ordres. Le premier, à la vérité, est fondé sur un seul type ; mais ce seul type s'éloigne tellement de tous les autres Vers connus, qu'il est impossible de l'associer aux représentants d'aucun autre groupe. Nous nommerons ces deux ordres les Ai'i.oiio.MÎs et les Poi.i.a- l'i-AsioriOMis, dénominations qui indiquent ce qu'il y a de plus fra|)|)ant dans leurs organes de i-eproduftion, pleur simplicité oil leur multiplicité. :V2/| VOYACE EN SICILE. ORDRE DES APLOGONÉS [APLOGONEI Bi.anch ). Caractères. — Corps allongé, sans annulations. Organes gé- nitaux simples. Orifices des deux sexes contigus, situés sur lajigne médiane et inférieure du corps. Cet ordre ne comprend actuellement qu'une seule famille, celle des Caryophylléiens (Cac»/o;j/j2/Wœ(; ), représentée par un seul genre, celui de Caryophyllé. Genre CAUYOPnYi.LÉ {Caryoplnjllœns Gmelin. Rud. ). Corps aminci à l'une de ses extrémités et élargi de l'autre en forme de spatule. Ovaires dispersés dans presque toute l'étendue du corps et formant des lignes d'œufs longitudinales et trans- versales. 11 a été très difficile jusqu'ici de déterminer ce qui est la partie antérieure et la partie postérieure chez les Caryo])hyllés. Il n'existe pas de tête distincte. La plupart des helmintliologisles ont considéré la portion élargie comme étant la partie antérieure. Je crois, au contraire, que c'est plutôt la partie postérieure. C'est, en effet, la partie du corps la moins développée. De plus, je crois avoir reconnu quelques indices de ganglions nerveux à l'extrémité amincie ; ce qui indiquerait d'une manière irrécusable la partie antérieure. Néanmoins , je n'ai pas réussi à suivre assez bien le système nerveux dans les Caryophyllés pour insister davantage sur ce point. Ces Cestoïdes paraissent, plus que tous les autres, se rapprocher des Trématodes. Gœze les plaçait dans le genre Fasciola ; cependant les différences abondent. Dans les Caryophyl- lés , tous les caractères des Trématodes manquent ; il n'y a pas de ventouses, pas de bouche, pas d'intestin. Mais le corps est dépourvu d'annulations, comme chez les Trématodes. Les organes de la génération ont quelques rapports ; mais ce sont encore des rapports éloignés. Les ovaires dans les Caryophyllés, comme dans les Trématodes, sont disséminés dans toute l'étendue du corps; seulement dans les premiers les œufs disséminés .se voient t., BLAKCHAB». — SLill l.'oUGAMSATIO.N lUiS MiRS. 3'25 avec leur coque ; chez les seconds, les ouufs disséminés en man- quent , ils n'ont leur coque qu'arrivés dans l'utérus. Je me suis demandé si ces Caryopliyllés ne seraient pas des êtres incomplets, peut-être des anneaux de Bothriocéphaiiens qui auraient pris un accroissement particulier et ime forme toute spé- ciale. Mais on trouve de ces vers de toutes les dimensions ; et , entre les plus petits et les plus grands, on n'aperçoit aucune dif- férence dans la forme du corps. On ne rencontre aucune espèce de Cestoïde dont on puisse les croire dérivés. Ces considérations nous obligent donc à les regarder comme des animaux complets. (^ABVopaïLLÉ cuAsc.EASi [Carijophijllceus mutabilis) (1). Fiisi-iola fimbriniti, Girze, \aturgesch., p. 180, tab. I-"), fig. i, S (17821. Canjûpliijlld'tis rijprinorum , Zeder, NaclUrag zur Niiturgeschichte (1er En- getieidew., p. 200, pi. 3, fig. 3-6 (1800). Carijophyliccus miilubilis , Rudolphi , Enlozoor. Hisl., t. Il, part, ii, p. U, pi. 8, (ig. 17-18 (1810), et Enlozoor. Synopsis, p. 127 (1819). Bremser, [canes Helmiuthum, pi. Il, tig. 4-8 (1824). Dujard.n, Ilisl. des Helniinlhes, p. 630 (1813). Cette espèce, la seule connue du genre, est longue de 30 à 50 millimètres, entièrement d'un blanc jaunâtre, avec l'extrémité antérieure roussàtre. Le corps est presque cylindrique, légère- ment atténué en avant, aminci en arrière, où il se dilate en une portion foliacée et ondulée. Par transparence, on distingue les œufs sur les parties latérales. Ontrouv-3 le Caryophyllé dans l'intestin des poissons du genre Cyprin, les Carpes, les Brèmes {('yprinus brama), etc. De roryanisalion. — Malgré des recherches minutieuses, je n'ai pu reconnaître avec assez de certitude la disposition du système nerveux pour la décrire ici. L'appareil digestif paraît manquer totalement dans ce type ; je n'ai pu apercevoir trace de canaux gastriques analogues à ceux des Tainias. L'appareil vasculairc cl les organes de la génération .sont les [seules parties que j'aie vues, je crois, d'une manière assez com- plète. (4) Régne animal, nouv. pdit.. Ziiophyto, pi 36 bis, lig. 3. 'i-Hj VOYAOlî ICN SICILE. JjB système vasculaire (1) règne sous les téguments; convena- blement injecté, il devient très distinct. Autour du corps il existe dix vaisseaux longitudinaux, c'est-à- dire quatre en dessus, cjuatrc en dessons et deux sur les côtes. Ces vaisseaux., un peu sinueux, également espacés , fournissent de petites ramifications et des anastomoses transversales, de ma- nière à constituer un reseau à mailles allongées. Plusieurs do ces ramifications vasculaires pénètrent plus profondément et se dis- tribuent aux organes génitaux. Les organes de la génération occupent toute la cavité inté- rieure du corps ( 2). L'appareil mâle est situé sur la ligne médiane. Le testicule se présente sous la forme d'un tulie droit et assez largo, occu- pant environ le quart de la longueur de l'animal. Kn avant du testicule se trouve une capsule spermatique, globuleuse, à parois épaisses, suivie d'un canal déférent extrêmement court, et d'un pénis de forme coni(jue, faisant saillie au dehors sur la ligne iiié- diane et inférieure du corps (3). Les ovaires sont disséminés, au contraire, dans presque toute la longueur de l'animal. On voit principalement sur les parties latérales du corps les œufs formant de longues files sinueuses, les unes longitudinales, les autres transversales ; de telle sorte que les ovaires, vus au travers des téguments, semblent représen- ter un réseau h mailles larges et irrégulières. Ces gaines ovigères aboutissent à deux conduits latéraux qui se rejoignent à l'extré- mité antérieure du corps (/i). De là naît l'utérus plusieurs fois re- plié sur lui-même, comme on le voit chez la Douve ; seulement dans le Caryophyllé il a moins d'étendue , moins de largeur pro- portionnellement, et il ne contient qu'une file d'œufs qui, par- venus dans ce conduit, ont pris une couleur noirâtre. Cet utérus se termine en un oviducte s'ouvrant exactement contre le pénis et (1) Voy. t. VIII, pi, 10, liy. 3, 3... (2) Pi. 12, liy. I ut i. [i) l'I. 12, lig. I, ((, h, eUlf. 2, a, b. (4) n. 12, lig. I et 2, c. É. bla:«i'iij%ku. — siii l'uik.amsaiio.n Diis viiiis. 3:27 un i)cii en avant. Lus u'ul's sont arrondis d'un côté, mais terminés en pointe par l'autre bout (1). UKDKE DES l'OLLAl^LASIUGUiNÉS [l'Ol.LM'LASIOGOyEl Blancu.). Caractères. — Corps géncraienient très long et divisé par anneaux. Organes génitaux toujours iriultiples. A cet ordre se rattachent des types encore très dilïérents , mais qui otlrent des passages troj) iiianifuslcs des uns aux autres pour qu'on puisse douter do leurs rapports naturels. Je n'ai pu mal- heureusement me procurer encore assez d'espèces de quelques groupes, ni assez d'individus de certaines espèces, pour les étu- dier autant que j'eusse désiré le faii'e , autant que cela eût été nécessaire pour pouvoir apprécier entièrement leurs rapports avec les espèces que j'ai étudiées d'une manière aussi complète qu'il m'a été possible. Beaucoup de ces Cestoïdes se rencontrent dilîi- cilcment , et si l'on n'a des individus vivants et en assez grand nombre , il est impossible de reconnaître à beaucoup près tous les détails de leur organisation. Mais la plupart des types étant bien connus aujourd'hui , il deviendra facile d'observer exacte- ment les autres types, quand on sera assez heureux pour se les prociu'er pendant l'état de vie. Aujourd'hui, on compte environ cent soixante à cent (luatrc- viiigts espèces de Cestoïdes, dont le développement est complet. Ce sont véritablement les seuls qui puissent être enregistrés comme espèces; les autres, tels que les Cystiques, les Scolex , les Tétrarhyn([ucs , les Anthocéphales, etc. , n'étant que des in- dividus jeunes ou des individus atrophiés d'espèces di'jà décrites, [lour la plupart au moins , sous leur dernière forme. De mÙNie (jut! les Trématodes , les l'olla[)lasiogonés me parais- sent devoir être partagés en plusieurs tribus. On ])eut les recon- naître aisiMMcnl aux caractères tirés dus ventouses , dus crochuls, ou des prolongements d(! la tète. Ce sont lus T.iiMiixs, Botiii\io- Cia'nM.II'.NS, UllYACIIOBOTIII'.lli.NS ut LllilLMCXS. fl] lliijni^ Itllllllill, Moiiv t'dil., Zoo|)liUus, [il. iili bix. li^. j. M. 3"2S VOVMilC li.\ SICILE. Corps l'n longue hamlelullo , el forme d'un grand nombre d'anneaux. Télé pourvue de ventouses T.emens. Corps en longue bandeletle, et formé d'un grand nombre d'anneaux. Tête sans ventouses, pourvue de fossettes.. lioiiiRuiccruAi-iENs. Corps en bandelette , et formé d'un grand nombre d'an- neaux. Tète pourvue de trompes rétractiles, armées de rrochets KnvNcuoBoiHRiEss. Corps en bandeletle et sans aucune annulation. Tète sim- plement labiée Liculiens. Tribu (les T.IÎNIENS (Ï'.E.V//). Caractères. — Corps ofclinairement très long , et divisé en un grand nombre d'anneaux androgynes , ou bien alternativement mâles et femelles. Tèlc généralement tétragone, présentant quatre ventouses musculeuscs de forme orbiculaire. Orifices génitaux latéraux, situés aux deux côtés opposés de chaque article ou d'un seul côté. Canaux gastriques très distincts aboulissanl à une la- cune transversale en arrière des ventouses. Cette tribu ne comprend actuellement que raiicieii genre T:i'nia , aux dépens duciuel nous avons cru devoir former le genre Anoplocéphale. Le genre Tœiiia renferme encore, néanmoins, des espèces fort différentes les unes des autres sous le rapport des crochets de la tête, et sous le rapport des organes de la généra- tion ; mais c'est seulement quand tous ces détails d'organisation auront été étudiés partout sur des individus vivants, et avec une scrupuleuse exactitude, qu'on pourra grouper avec connaissance de cause les nombreuses espè.;es de T;rnia. Genre T.km.v [Tcenia \Àn.). Caracli'res. — ■ Corps formé d'anneaux , en général assez al- longés et très minces. Tète oft'rant entre les quatre ventouses une proéminence ou trompe garnie d'une ou plu.-^icur.s rangées de crochets. De toute la classe des Cestoides, ce sont les Ticnias dont j'ai É. BLAKCUARD. — Slli L'OKGA.MSATlOiS DliS VERS. 329 pu étudier le plus pi-ofondémenl l'orgaiiisation ; aussi pouvons- nous comparer sans diflicuité toutes les parties dans ce type zoologique avec ce qui existe dans les autres types d'Annelés. Nous pouvons apprécier ce que le système nerveux nous fournil de particulier ; nous pouvons recoiniaîtrc les rapports et les dilTé- rences enti-e les appareils digestif et circulatoii'e de ces Cestoïdes avec ce que nous voyons dans les Vers qui s'en rapproclient le plus. J'ai déjà insisté sur ces questions , je n'y reviens pas. Ces Annelés inférieurs, ces Cestoïdes, resteront comme un des exemples les plus frappants de la valeur qu'on doit attacher souvent à des caractères négatifs. Les Tœnias avaient été le sujet des études de plusieurs centaines d'observateurs anatomistes et médecins; pendant plusieurs siècles , ils avaient été l'objet d'une grande attention. Leur véritable organisation était cependant quelque chose de bien séduisant à connaître ; mais h l'exception des œufs et des canaux latéraux dont on constate la présence, on ne voit rien de leur structure ; on déclare (jue ces animaux sont formés entièrement d'un tissu iiomogène, d'un tissu paren- chymateux , qu'ils n'ont pas d'organisation véritable. Cette opi- nion étant enracinée au plus haut degré, il eût semblé inutile à beaucoup d'anatomistes de faire de nouvelles recherches pour s'assurer si quelque chose n'avait pas échappé. T.tNiA uc l'Hosimp. [Tœnia aoUum] (1). Linné, Siplemu luiturœ, 12'' étlil., p. 132:5 (I7CI). Tœiiid cucurbilina Pallas, Elenchus Zoophjl., p. 40i) (I7C()). Tœma soliutn W'crner, \'ermium iiilcst., p. 18-49, pi. 1 et 2 (1782). Gœzc, i'crsuch ciner .Xnliirijeacliirhfi' ilcr KitHjeu-eiileii'urmer, p. 269, pi. 21 (1782) Scprdens, Iletminlltolnijia, S. 40, liil). iir, lig. I-T'ISOI). Tmtia solium Rudolplii , Entozoor. Hist., l. Il, part. ii. p. 101) (18 10). et Entozoor. Suiiops., p. 1fi2 et 822 (1819). Breniser, Vebir kbemkn Wnrmcrin lebeiuleit Menacheii, p. 97, lab. m, lig. 1- U (1819). Delli' r.hiaje, CompritiH'i ili Etutiiilhol. uiminii, p. 20, pi. 0-7 M 825). Dujarriin, //is( «/es llclniinllic.i, p. 557 (1815). (I) /li'a/K! u/iiHiu/, nouv. cdit., Zoopliylub, pi ■!9, li^'. I 330 voYAGii ii^ siciLi;. Description. — Corps d'une extrême longueur atteig'nant très ordinairement de 6 à & mètres , et quelquefois , assure-l-on , jus- qu'à 30 ou 40 mètres. Sa largeur est assez variable , mais elle est généralement entre 6 et 1"2 millimètres. La tète est toujours très petite ; sa grosseur varie de un demi-millimètre à 1 millimètre ; elle est presque tétragone avec ses ventouses larges et une proé- minence médiane médiocre, supportant une couronne de crochets. Les anneaux du corps varient beaucoup dans leur forme suivant l'âge, de telle façon qu'il est dillicile de préciser leur proportion entre la longueur et la largeur. On reconnaît rorifice génital au bord latéral de chaque anneau alternativement à droite et à gau- che. L'ovaire, très souvent distinct par transparence, est divisé etl rameaux nombreux. Ce Cestoïde habite l'intestin grêle de l'homme ; c'est celui qui est désigné vulgairement sous le nom de Fer solitaire, dénomi- nation fausse ; car souvent plusieurs Taenias se trouvent 'i la fois chez le même individu. Cette espèce , décrite et figurée dans un grand nombre d'ou- vrages de zoologie ej; de médecine, est réjiandue dans une grande partie de l'Europe et dans une grande partie de l'Afrique. On assure qu'elle est très fréquente en Egypte et plus encore en Abyssinie; mais nous ignorons complètement si elle se rencontre chez les peuples indigènes de l'Amérique, de l'Océanie, de l'Inde , ou s'il ne se trouve pas des espèces particulières chez ces peuples. Les personnes atteintes du Ttcnia s'en débarrassent souvent avec peine ; les vermifuges , employés par les médecins , parais- sent délerminer des convulsions chez l'animal, qui , le plus ordi- nairement, se brise mais ne se détache pas. Le malade en rend alors des portions plus ou moins longues . mais en général la partie antérieure reste , et au bout d'un certain temps le Tienia a repris des proportions considérables. La tète est maintenue for- tement par ses crochets qui pénètrent dans la uuuiueuse de l'in- testin ; ce qui explique si bien comment le ver le plus ordinaire- ment se brise , mais ne se détache pas. Enveloppe légitmentaire et muscles. — Les T;eiiias ne sont pas i É. BLAIVCUARD. — SLII l/01i(: AMS VTIO.N llliS VEliS. 331 plus dépourvus d'un épidémie que les Trématodes. Avec une certaine précaution on parvient à en isoler des parties , et l'on reconnaît une membrane pcllucide extrêmement mince. 11 n'est pas vrai que ces Custoïdes ne présentent qu'un tissu sarcodique sans libres. Dans la tète on voit très distinctement des fibres mus- culaires qui maintiennent les ventouses ; celles qui entourent leur sommet constituent des faisceaux circulaires très apparents. Les ventouses sont elles-mêmes formées d'un tissu musculaire inex- tiicable, mais dans lequel toutefois on suit des libres dirigées en divers sens. Les anneaux du corps présentent surtout, des deux côtés, des fibres longiludinales : c'est une sorte de gangue , mais dans la- quelle cependant la direction des libres ne saurait rester un in- stant douteuse. Au-dessous des faisceaux longitudinaux il existe aussi des libres transversales dont la direction est aussi très ap- parente. Enfin, près des orifices génitaux, on reconnaît encore la présence de fibres circulaires. Système nerveux. — Comme on ne peut isoler le système ner- veux que sur des animaux frais, et comme il m'a été impossible de me procurer en assez grand nombre des têtes de Taenias de l'homme, j'ai dû renoncer !i In décrire ici. A en juger par ce que nous avons vu chez ses congénères, il est bien évident que le sys- Icme nerveux du Tœiiiasuliinn ne diffère point de celui des autres espèces , de celui que nous décrivons par exemple dans le Taenia serrata. Appareil digestif (l). — Comme nous le verrons chez les autres espèces du geiwe , l'appareil digestif est représenté par deux tubes ou canaux latéraux , ayant entre eux un canal transversal au sommet do chaque zoonitc. Ces tubes latéraux s'étendent de Textrémité antérieure à l'extrémité postérieure du corps sans la moindre solution de continuité. Dans la portion céphaliquc , exac- tement en arrière des ventouses, un distingue une sorte de la- cune en rapport direct avec ces tubes intestinaux, il paraît donc hors de doute que les matières nutrilives, aspirées au moyen (I) l'I. Il, li^;. I, u,ct pi. 12, lifc'. i,'< 332 VOYAGE EiN SICILE, des ventouses , pénètrent au tiaveis de leur tissu dans celle lacune postérieure , et de là dans les canaux digestifs. Je me suis assuré en effet de la perméabilité de ce tissu en faisant pas- ser au travers un liquide sous l'effort d'une pression peu consi- dérable. Ces tubes sont pourvus de parois ; on peut s'en convaincre en les injectant avec un liquide coloré. On enlève alors les muscles qui les recouvrent; on les isole entièrement. Ces parois sont minces, diaphanes, ayant néanmoins une résistance assez grande. Ces canaux avaient été aperçus chez les Taenias par les an- ciens observateurs ; il esl; assez facile en effet de les distinguer par transparence quand on a fait séjourner pendant quelque temps l'animal dans l'eau. Ils se montrent alors sous l'apparence de deux lignes latérales plus diaphanes. Quelques naturalistes avaient même rempli ces tubes avec du mercure. Ces tubes repré- sentent les deux branches intestinales qui se voient chez les Trématodes. Cependant leur nature n'était pas clairement déterminée ; on n'avait pas vu leur origine dans la région céphalique. Était-ce là un appareil digestif ? Était-ce un appareil vasculaire? Étaient-ce de simples canaux creusés dans le parenchyme et sans usage important ? Toutes ces suppositions , toutes ces opinions furent émises , sans qu'un ensemble de faits bien observés vînt donner une certitude à aucune d'elles. Aujourd'hui il ne peut plus rester d'incertitude ; la con- naissance de l'appareil vasculaire ne laisse plus de place au doute. Appareil vasculaire (1). — De même encore que chez les autres espèces deTfenia, le système vasculaire est extrêmement distinct dans le Tœnia de l'homme. Un peu au-dessus de l'appareil diges- tif se voient quatre vaisseaux longitudinaux. Deux sont extrê- mement rapprochés des tubes intestinaux , mais néanmoins un peu en dehors ; les deux autres sont rapprochés au contraire de la partie moyenne du corps. Ces vaisseaux sont infiniment plus (I) l'I. I I, fig. I, 0. É. BLANCHARD. — SUR L'oBCANISATION DES VERS. 333 grêles que les canaux digestifs. Les figures jointes h ce travail donnent du reste une idée infiniment plus exacte de la diflerence de volume entre ces organes , que je ne pourrais le faire par l'in- dication de mesures plus ou moins précises. Les vaisseaux longi- tudinaux régnent dans toute la longueur de l'animal ; ils sont presque droits, ne décrivant que de faibles sinuosités. Entre eux il existe un nombre extrêmement considérable de vaisseaux trans- verses. Ceux-ci, assez rapprochés les uns des autres, sont encore assez régulièrement espacés. Les uns sont presque droits , les autres sont assez sinueux ; les uns demeurent simples dans toute leur étendue , les autres se bifurquent ou présentent de fines ra- mifications. 1/apparcil vasculaire du Tœnia est donc représenté par un réseau anastoniotique très uniforme, par une sorte de treillis vas- culaire régnant dans tous les zoonites qui composent le corps de l'animal. Le mouvement du liquide nourricier paraît devoir être très lent, et se manifester, comme chez les Trématodes, par une sorte de va-et-vient. Cependant, même en observant les individus en- core pleins de vie , il est trop difficile de suivre d'une manière exacte, et sur un assez grand nombre de points à la fois, les mou- vements du liquide nourricier pour rien préciser à cet égard. Ce liquide paraît être toujours en très petite quantité , et par cela même fort dilTicile à recueillir. Jusqu'ici on n'avait pas même soupçonné l'existence d'un sys- tème vasculaire proprement dit dans le groupe des Taeniens. Pour le bien constater, il est ab.solument nécessaire de l'injecter; mais si l'on réussit à y faire pénétrer un liquide coloré, rien ne se dessine plus nettement que ces vaisseaux. D'abord on aperçoit par transparence le liquide qu'on vient d'y introduire ; mais peu de temps après les tissus devenant plus opaques , il est indispensable de les dégager pour les mettre complètement en évidence. C'est une opération qui s'exécute encore assez facilement, car tous ces vaiiîscaux ont des parois propres, et l'on piuit Ifs di'bar- rasser de tous les muscles qui les entourent, .sans que U- litiuide 33/| VOVVfilî EN SIf.ir.F.. s'échappe iiuHp part, sans f(un los parois se décliirenl, si l'on agit avec une précaution suffisante. Comment parvient-on à injecter ce système vasculaire, à arri- ver directement à ouvrir l'un des vaisseaux, la simple transpa- rence ne permettant pas de reconnaître leur trajet, ni même leur présence? Cette ciuestion se présente naturellement. En elTet, pour obtenir tout de suite un bon résultat, il est nécessaire de bien con- naitre le trajet des vaisseaux longitudinaux. Dans ce cas, en pra- tiquant une petite entaille transverse, on réussit très ordinaire- ment. Ceux qui auront mes figures sous les yeux pourront donc répéter facilement cette expérience. On comprend tout de suite que le liasard a eu sa part dans la découverte du système vasculaire des Taenias ; mais j'avais fait un si grand nombre de tentatives de tous genres, que j'ai fini par obtenir un résultat. Le résultat une fois obtenu sur un individu, il est devenu facile de l'obtenir sur d'autres individus; obtenu sur une espèce, il est devenu facile également de l'obtenir sur d'autres espèces. .le n'ai pas besoin de le dire, des Ticnias venant d'être re- cueillis dans l'intestin doivent être injectés promptement ; après un séjour dans un liquide quelconque, toute tentative deviendrait vaine. On pourrait peut-être se demander si l'appareil digestif et ra]ipareil vasculaire n'oni jias de communication directe, s'ils ne s"al)ouchent pas ensemble, s'il n'y a pas là un seul système. Or, il eu est ici comme chez les Trématodes, il n'y a ancuni^ com- munication directe; l'injection, et les dissections ensuite, ne peu- vent laisser subsister le moindre doute. Si l'on injecte les vaisseaux, rien n'an-ive jamais dans les canaux gastriques; si l'on injecte les tubes intestinaux, rien n'ar- rive jamais dans l'appareil vasculaire, h moins de pressions ex-' cessives qui déterminent une cxtravasation dans tous les tissus; si l'on injecte les deux appareils avec deux couleurs différentes , il n'y a de mélange sur aucun point. La question me paraît donc parfaitement résolue, aussi bien pour les Taenias que pour les Trématodes. K. '.tl.AXCHARn. — Sir. l'onCAMSATlON DF.S VF.US. 335 Orfiuiu's de la ijvinnalion. — \.c> nrganos de la génération, les organes femelles au moins, occupent presque toute l'étendue de chaque anneau. L'appareil mâle (I), qu'on ne trouve jusqu'ici ni bien décrit, ni exactemenl représenté nulle part, occupe un très petit espace. On le voit sur le cùté de- chacun des zoonites, alternativement ù droite et à gauche. C'est un tube grêle contourné sur lui-même et s'étendant jus(|u'auprùs du canal ovigère principal, oii il est pré- cédé de quelques très petites capsules lesliculaires. Le tube grêle se termine \)d.v un conduit aboutissant à l'orifice latéral , où quel- quefois il fait saillie. L'oriiicc est évasé et de forme circulaire (^j. L'ovaire (3) consiste en un canal principal et médian offrant de légères sinuosités, quelques renflements et rétrécissements successifs plus ou moins prononcés suivant les individus. Ce canal ovigère principal s'étend presque d'une extrémité à l'autre de ciiaquc anneau. Des deux côtés, il présente des branches et des rameaux qui se terminent en cœeuni très près des tubes intesti- naux. Ces divisions de l'ovaire sont très- variables, quant à leur nombre, (|uant à leurs divisions, quant à leur direction même ; ces vaiiations se montrent jusqu'à un certain point entre les deux côtés de l'ovaire; elles se montrent davantage entre les ovaires des différents zoonites; elles se montrent quelquefois plus encore d'un individu à l'autre. Néanmoins, malgré cette irrégularité, malgré ces différences si apparentes, si notables, chaque espèce de Tœnia a un ovaire dout la forme n'est jamais celle de l'ovaire d'une espèce voisine : ce sont souvent entre les espèces des diffé- rences dans l'épaisseur des rameaux ovigères, ou dans le nombre des divisions, ou dans leur écartement, différences qu'il est difficile de faire ressortir dans la description , mais (jui n'échappent pas cependant à un observateur exercé; car la seule inspection d'un anneau suffit certainement pour faire leconnaîtrc avec toute cer- titude l'espèce à laquelle il appartient. Une figure exacte en donne une idée i)lus nette qu'une description détaillée. (1) PI. 12, (ig. i. b. (2) PI. 12, li^. i,f. ';■'.) l'I 12, (ic 4, il. 330 VOVAOE EN SICrLE. Chez le Tnenia de l'homme, les divisions de l'ovaire sont assez épaisses, comparées à celle de l'ovaire du Tœnki serrala et de beaucoup d'autres espèces. Chaque branche se divise ordinaire- ment en deux ou trois, quelquefois en quatre, mais rarement davantage. Vers l'extrémité, les rameaux s'élargissent souvent ; la plupart ont la même longueur; quelques uns seulement sont plus courts et n'atteignent que le tiers ou la moitié de la lon- gueur des autres. Les œufs sont en si grande quantilé dans chaque ovaire, qu'on n'ose même chercher à l'évaluer. Si l'on songe au nombre d'an- neaux qui composent le corps d'un T;uiiia, on est frappé de l'incal- culable masse de germes qu'un seul individu doit répaudre. Il faut en conclure nécessairement que ces œufs ne pouvant arriver que fortuitement dans les conditions favorables à leur développe- ment , c'est-à-dire à être introduits dans l'intestin , sont perdus pour la plupart. ].a quantité, ici comme toujours , est en rapport avec la masse des chances de destruction. Pour ceux qui ont pu apprécier cctle fécondité d'un T?enia, combien ne doit-il pas paraître surprenant que, de nos jours, l'on ait pu penser encore à citer ce type comme un exemple à l'appui de l'idée des générations spontanées, et i|u'une telle doctrine puisse encore être professée, même dans nos facullésde médecine (1). Un conduit très' grêle (2), qu'on pourrait considérer comme un oviducte en rappoi't dircct.avec le tube ovigère médian , s'étend exactement jusqu'au bord latéral de chaque zoonite, où il aboutit dans le vestibule commun des organes génitaux , qui s'évase et ofl're un pourtour musculaire assez épais. Ce conduit est tellement grêle, qu'on se demande s'il doit servir à autre chose qu'à rece- voir la liqueur séminale. Jamais je n'ai trouvé d'teufs dans son intérieur. Tout fait supposer que ceux-ci se répandent principa- lement quand , les anneaux détachés , l'ovaire ou l'anneau lui- même vient à se fendre. Ces orilices génitaux, comme on le sait, se trouvent alternali- (Ij Cours de PInisiologie fuit à lu Faciillv i/c mrihriitr jjnr .1/. Itiritri}, 2' livrai- Son, 1848, (2) PI. 12, (ig. i, e. É. BLAXCIIARD. — SUR L'ORGANISATION DES VERS. 337 vemeiit à droite, puis à gauche, puis à droite, en passant d'un anneau à l'autre, et cette alternance régulière se voit ainsi dans toute la longueur d'un animal de plusieurs mètres. Quelquefois cependant il y a quelques irrégularités; deux ou trois zoonites, placés à la suite l'un de l'autre, présenteront l'oviducte du même côté ; mais c'est alors une anomalie, du reste, assez rare. La disposition des organes génitaux des Tsenias me semble permettre de comprendre la manière dont s'efTectue la féconda- tion chez ces vers. A l'intérieur, il n'existe aucune communication entre les organes mâles et les organes femelles. 11 y a indépen- dance complète aussi bien chez ces Cestoïdes que chez les Tréma- todes. Comme nous l'avons vu , les organes des deux sexes s'ou- vrent au dehors dans un réceptacle commun. Le pénis est pres- que toujours retiré au fond de ce vestibule; il est certain que la liqueur séminale peut ainsi être versée à l'entrée de l'orifice des organes femelles, et pénétrer par l'oviducte jusqu'à l'ovaire. Quelquefois les pénis font saillie à l'extérieur ; il serait donc pos- sible qu'ils pénétrassent dans les orifices des anneaux voisins: mais ceci est beaucoup moins probable. T.ENiA ES SCIE {Tœnia serrala). Gœze . \'ersuch einer Nalurgeschichle der Eingeweideirurmer , p. 337, pi. 25 H, fig.yl, 0(1782). Carliste, Transacl. Linn. Soc, vol. H, p. 247, tab. 2.j, flg. 9-10 (1791). Rudolplii, Enlooz. Uist., t. II, p. ii, p. 1C9 (1810), et Kiilooz. Synopsis, p. 163 (1819). Dojardin, Uisl. des Helminthes, p. 558 (1845). Descrijdion. — Cette espèce atteint souvent plus d'un mètre de longueur. Sa tête est très grosse, comparativement à celle de beaucoup de Taenias ; elle est plus large que longue, ayant une trompe, courte, obtuse, garnie d'un double rang de crochets allongés et aigus : ces crochets sont au nombre de quarante-huit. l>es anneaux, qui succèdent immédiatement h, la tête, ne sont guère moins larges qu'elle, et ceux (|ui viennent ensuite ont bien- tôt une largeur beaucoup plus considérable, seiil'.-nient ils sont :»• sérip. ZooL. T. X, (Décembre 1848.) j iî 338 VOYAGE EN SICILE. courts ; les zoonites postérieurs seuls deviennent infiniment plus longs. Jjes orifices génitaux sont alternes comme chez le Tœnia solium. Les ovaires, formés de branches grêles, se voient en gé- néral assez distinctement au travers des téguments. Le Tœnia serrala est commun dans l'intestin grêle du chien ; on en trouve souvent de véritables masses dans le même animal, dix, quinze, vingt individus, quelquefois davantage encore. Système nerveux (i). — Comme on peut se procurer facile- ment le Tœnia serrala en grande quantité , coinme sa tête a une certaine grosseur , je me suis attaché à étudier son système ner- veux avec soin. En arrière de la trompe exactement, j'ai isolé deux petits noyaux médullaires , unis par une bandelette ou commissure épaisse. De ces centres nerveux, j'ai suivi de chaque côté un nerf se divisant dans les parties latérales de la tète ; j'ai suivi aussi des nerfs en rapport avec un ganglion situé k la base de chaque ventouse , et envoyant des filets nerveux aux muscles de ces ventouses. Les noyaux médullaires médians nous ont ofl'ert encore de grêles filets , qui descendent parallèlement aux tubes inlestinaux. .Ippareil digestif {2). — Les canaux latéraux sont pour ainsi (lire complètement semblables à ceux du Tasnia de l'homme; leur grosseur est sans doute un peu moindre proportionnellement ; mais il n'y a rien là d'assez notable pour insister sur ce point. Jppareil vasculaire (3). — 11 en est des vaisseaux à peu près de même ; si l'on en connaît la disposition dans le Tœnia solium, leur disposition est connue également dans le Tœnia serrata. Je me bornerai donc ici à indiquer les légères différences qui existent sûus ce rapport entre les deux espèces. Dans le Tœnia serrata, les vaisseaux sont certainement plus grêles ; les vaisseaux longitudi- naux occupent , du reste , exactement les mêmes points; ils sont dispiisus dans les mêmes rapports; ils décrivent aussi de légères sinuosités. Les vaisseaux transverses sont peut-être un peu plus irréguliers ; quelques uns décrivant des sinuosités assez pronon- (I)P1. 12, fig. 5. [-2) PI. 41, Bg. 2. (3) PL 11, fig, 2. É. BLANCHARD. — Sllli l.'ORr.ANISATION DES VERS. 339 cées: plusieurs se bifurquant, ou offrant encore de fines ramifica- tions. Organes de la génération. — l/orgaiie lesliculaire est placé de même que chez le Tœnia de l'homme. Il lui est très semblable, peut-être un peu moins contourné sur lui-même. Les ovaires res- semblent encore à ceux dn T(enia snlinin ; cependant leur aspect n'est pas le même, le tubeovigère médian est plus grêle. Tous les rameaux latéraux sont infinimenl plus grêles et plus espacés entre eux; leiu's divisions'sont aussi un peu jjIus nombreuses, et com- mencent en général ])lus près de l'origine des branches. Du reste, ces gaines ovigères sont toujours terminées en cœcum de la même manière: la plupart s'étendent presque jusqu'aux tubes in- testinaux. L'oviducte naît également du tube ovigère central, et il vient s'ouvrir aussi au bord latéral de chaque zoonite. L'orifice commun des organes génitaux, assez évasé, et circonscrit nettement par un bourrelet musculaire, se trouve alternativement à droitn et à gauche. T,«NIA DU Chien ( Tœitia ciinina j. Linné, Sijxtema nnturœ, \i' éilil., p. \'iîi (1761). Tmiia cucitmcriiui Blocll , Ahliniiill-, p. 17. ou Trnilr îles IVrs' inIcxlinaiiT, pi. 3 fig. 0-7 ;i782). Tœitiu catfnifonnîsGœiu, NuturiieschiclUe, p. 324, pi. 33, D^'. D-IH (1782). Tainia elUinica Zeiier, A'uc/ifnii/, p. 290 (1800). Tieniri cucumerina itudolphi; lintozni'r. Hist., I 11, p. ii. p. IflO (ISIO). et Entoozor Synopsis, p. 1.17 (1810). Oeplin, Obscrcat. de Enluzouis, p. 77, fig 10-13 (IS2o). iJiijiinlin. Ilisl. t/es llelminllus, p. iJ7o (1845). Dcsniiiliim. {>ettc espèce , c|ui atteint de 30 à 35 centi- mètres de long, est composée d'anneaux de l'orme oblongue, comme celle des graines de Concombre; sa couleur est d'un blanc qui tire sur le rose ou même le rougeàlre. La tète est tou- jours très petite , terminée par une trompe musculcuse, conique, garnie de (juarante-huit crochets disposés sur trois rangs. Les premiers articles de l'animal sont très grêles , et privés d'organes de la génération ; les suivants en sont pourvus , et le pénis ('t l'o- viducte se liouvent répétés sur les deux côtés opposés de chaque; 3/l0 VOYAGE EN SICILE. anneau. Les ovaires forment dans chaque article une sorte de poche. Ce Tœnia est très fréquent dans l'intestin grêle du chien. De l'organisation. — Chez le Tœnia du chien, les canaux gastriques (4), comme chez les autres espèces du genre, régnent près des bords latéraux d'un bout du corps à l'autre , en se rap- prochant un peu l'un de l'autre à l'extrémité de chaque zoonite , où il existe entre eux un canal transversal. Ces canaux gastriques sont très grêles; mais en lesreinplissant d'un liquide coloré, ils deviennent parfaitement distincts. Le système vasculaire de cette espèce est très semblable à ce- lui des espèces précédentes fi^ Il existe également quatre vais- seaux longitudinaux ; deux rapprochés de la partie moyenne du corps , et un de chaque côté entre le bord marginal et le canal gastrique, beaucoup plus éloigné de ce dernier que dans les T. xolium et serrata. Les vaisseaux transverses sont très nombreux et plus irrégu- liers que dans diverses autres espèces. Beaucoup d'entre eux se divisent, et offrent même des ramillcalions d'une extrême finesse. J'ai réussi assez souvent à bien injecter tout ce système vascu- laire , et à en suivre ainsi les plus délicates divisions. C'est donc avec toute l'exactitude nécessaire , quand il s'agit d'anatomie de cette nature , que j'en ai tracé la disposition. Si ce Taenia diffère des précédents par la forme générale de ses anneaux, il en diffère beaucoup aussi par la disposition des or- ganes de la génération. Les organes des deux sexes sont réunis encore dans chaque zoo- nite ; mais il y a deux orifices situés l'un à droite, l'autre à gauche. L'appareil mâle est double; il se trouve répété des deux côtés. Les deux orifices latéraux ne sont donc pas , comme l'ont pensé divers helminthologistes , l'un celui des organes mâles , l'autre celui des organes femelles. Ce sont deux orifices communs, com- plètement semblables. Les organes mâles, considérés indifférem- (1)PI. 11, fig. 3 et 4, (2) PI, 1 I , fig, 3. É. BLANCHARD. — SLR l'OUGAMSATION DliS VEUS. o'ii ment soit à droite, soit à gauche, consistent simplement en une petite capsule testiculaire de forme un peu triangulaire , suivie d'un canal replié et ondulé sur lui-même, se Iciininant par un pénis très court et presque conique (1). L'ovaire n'offre pas la disposition que nous lui avons trouvée dans les autres espèces; il occupe toute la portion centrale de chaque segment, et ne présente ainsi aucune division. C'est une sorte de poche de forme ovoïde , dans laquelle on voit les anxh diversement groupés les uns près des autres (2). Les anneaux se rétrécissant vers les extrémités ; les tubes gastriques suivant la courbe des bords de chaque zoonite , l'ovaire est aussi plus ré- tréci vers les deux bouts que dans sa portion moyenne. De même qu'il y a deux organes mâles , il y a deux oviductes qui viennent s'ouvrir dans le vestibule commun , comme cela se voit lorsqu'il n'y en a qu'un seul. L'orifice est plus petit proportionnellement que chez les espèces précédentes , et le bord de l'anneau rentre légèrement sur ce point (3). OBSERVATIOSS. Nous venons de décrire avec assez de détails l'ensemble de l'organisation dans trois espèces du genre Ta:nia ; et, d'après cela , on peut juger de la nature des modifications qui existent entre les espèces de ce grand genre. Chez le Tœniasolium, le T. serrala et le T. canina, les canaux digestifs, l'appareil vasculaire sont très semblables, et d'autres observations moins complètes faites sur d'autres Taeniasnous prou- vent que cette similitude se retrouve dans toutes les espèces. Chez le T. soliam et le T. serrata , nous observons une ressemblance extrêmement grande dans les organes de la génération. Les ori- fices alternent de la même manière ; lappareil mâle est simple chez les deux espèces. L'ovaire offre , chez l'un et l'autre , des divisions très analogues. Les T. solium et serrata sont donc deux espèces voisines. Plusieurs autres , sans doute , se grouperont (l)PI. «î, fig. 7,1/. (J)PI. 12, fig. 7, c. (3) PI. 1î, fig. 7, (t. Ôh'i VOVVGE KÎV SICILE. très prés d'elles; mais comment pnurrait-on préciser rien à cet égard , sans avoir fait une étude longue et minutieuse de cliaque Taenia, comme nous l'avons entrepris pour un petit nombre. Cliez le T. caniiia ou cucumerina , la forme des anneaux du corps est ditïérente de celle qu'on leur trouve dans les T. soliuin et serrata ; mais quelle importance pourrait on attacher à un caractère de cette nature, à un caractère si peu précis, sans être certain d'une coïncidence avec des caractères plus importants ? Les organes génitaux sont bien les organes qui permettent , chez les vers , de grouper dans chaque genre les espèces d'une manière naturelle ; les autres appareils organiques n'offrant pas de modifications assez notables d'espèce à espèce, ni même quelque- fois de genre à genre, les parties extérieures ne présentant pas de caractères auxquels on puisse attacher une valeur réelle, s'il n'est établi qu'ils se rencontrent en même temps que certaines parti- cularités d'organisation. Si nous compai'ons le T. canina aux espèces décrites précé- demment , nous remarquons plusieurs différences assez impor- tantes. Il y a deux orifices à chaque anneau; il y a deux organes mâles au lieu d'un seul. L'ovaire a une forme tout autre. On connaît quelques autres espèces de Ténias chez lesquels il y a aussi deux orifices génitaux. Si les organes intérieurs offrent une disposition analogue, ils devront, par conséquent, être placés dans la même division ou dans le même genre , si l'on en vient à répartir les nombreuses espècesde Tienias dans plusieiu's genres. J'appelle l'attention sur ce point , parce (|u'il reste là un vaste champ de reclierches à explorer jjour ceux qui voudront s'occuper sérieusement de l'étude des Vers. 11 est inutile d'ajouter que toute observation ne portant pas sur des animaux frais , demeurerait pour ainsi dire sans valeiu- ; car c'est une étude qui est loin d'être sans difficulté, même lorsque l'on a entre les mains des indivi- dus réunissant les meilleures conditions poui' l'observation. C'est seulement après des recherclies souvent répétées, que je crois être parvenu à comprendre nettement la disposition des or- ganes génitaux dans les Trenias. Nulle part , en effet, on ne rcn- ciMjlrait rien de sunisauinient précis sui' ce point. Ce (|ui nous a É. BLAKCBARD. — SUR l'orGAMSATION r>i:s VERS. 3/(3 paru de mieux à cet égard est la figure donnée par M. Richard Owen dans l'article concernant les Vers, inséré dans V Encyclopédie rl'Jnatomieet île Physiologie (1:. Néanmoins, lu célèbre profes- seur du Collège des chirurgiens de Londres n'a décrit ces par- ties que d'une manière fort succincte. Dans son Manuel d'Anatomie comparée, publié récemment, M. Siebold considère avec raison les Cestoïdes comme très impar- faitement connus sous le rapport de leurs organes génitaux. La dilTiculté de les isoler par la dissection n'ayant pas permis de les suivre en entier (2) , leurs rapports et leurs ressemblances avec les organes génitaux des Trématodes ne pouvant , dès lors , être appréciés nettement. Aujourd'hui, je crois que les différences qu'on remarque sous ce rapport entre ces deux types se montreront dans tout leur jour ; elles me semblent considérables. Chez les Tré- matodes il y a une complication dans les organes des deux sexes, mais surtout dans les organes mâles, qu'on ne retrouve nullement dans les Cestoïdes. La disposition anatomique des partie? ne pré- sente ainsi que des différences , et le seul rapport bien réel me paraît consister uniquement dans le rapprochement des sexes. TisiA DE i.A Foui>E ( Tœnni Foiiiœ Blanch. ). Description. — Cette espèce est longue de 10 à i 2 centimètres. La tête est assez grosse, ayant sa partie centrale très proéminente et garnie de deux rangées de crochets f3\ La première en pré- sente de 12 à 15 et la seconde de 20 à 22. Les anneaux anté- rieurs sont courts et larges. Ceux de la partie moyenne du corps (1) Tfie Cijclvpadiii of Anatomij und Phijsioloijij , vol. II. p. 137, fig. 70. art. FsTOZOA. (2) Der Orzanisalion (1er fJcichlechlswerkzeuge ist jedocli bel ilcn Bandwur inern mich niclit mit gpniigender Klarheil erkannl worden ; uni so volIkoniiiieiK'r liaben sii;h dièse organisalionsvcrliaeltnissc bei den Trematoden durchscliaucn Ids- sen. — Bei denCesloden sind die Geschechtswerkzeuge icussersl zarlwandig und so innig mil don parenchyme des Leibcs vervvebldass sie in irliem voiisla^ndlgon Zu.-ammentiange und Verlaufe bis jelzt micli niclit verfoigt werdcn konnlcn. Siebold. lyPhrhuch der Verijleirhemlen Anniomie. KtilI. Ahthcil. S. I II u. I i.ï. (3) PI. 10, 6g. B. 341 VOYAGE EN SICILE. sont une fois plus larges que longs ; les suivants sont presque carrés, et dans les derniers la longueur excède la largeur. Jusqu'ici on n'avait signalé aucune espèce de Taenia dans la fouine {Muslela foina). J'ai comparé celle que je viens de décrire avec les espèces déjà observées chez les autres mam- mifères du genre Mustela, et elle m'a paru en dilférer considé- rablement. J'ai étudié ce Taenia sur trois individus seulement , ti'ouvés dans l'intestin d'une fouine , tuée à Fointainebleau et envoyée à M. Valencienncs. De Vorganisaiion. — Comme la tète est assez volumineuse chez le Taenia de la fouine, j'ai pu disséquer le système nerveux. J'ai trouvé, dans cette espèce, la disposition que j'ai représentée chez leTœnia du chien et l'Anoplocéphale du cheval. Dans l'espèce de la fouine, les ganglions de la ventouse sont seulement beaucoup plus rapprochés de la bandelette médiane. Les canaux gastriques sont assez larges, très faciles à voir dans cette espèce, où ils occupent du reste exactement la même place que dans les espèces précédentes. Les vaisseaux, dans le Ta^iia de la fouine , ont encore la dis- position générale que nous leur avons trouvée dans les autres espèces. Toujours quatre vaisseaux longitudinaux, deux externes et deux internes , par rapport aux canaux gastriques ; des vais- seaux transverses nombreux , aussi rapprochés les uns des autres que dans le Tœnia de l'homme, et peut être plus réguliers encore. Genre Anoplocéphale ( A mplocephala Blanch. ). Caractères. — Corps formé d'anneaux, en général très courts, d'une épaisseur assez considérable , se recouvrant un peu les uns les autres de manière à paraître comme imbriqués. Tête dépri- mée entre les quatre ventouses, et n'offrant ni proéminence, ni trompe garnie de crochets. Les Anoplocéphales , détachés du genre Tcenia des auteurs , se reconnaissent aisément aux caractères que nous venons d'énon- cer. Ils sont moins nombreux en espèces que ceux dont la tête É. BLANCHARD. — SUll l'OKGAMSATION DES VHIÏS. 345 est armée de crochets ; mais parmi eux , comme parmi les autres, on arrivera probablement à des groupements plus naturels, et par suite on sera sans doute conduit à former encore quelques nouvelles divisions. Chez les Anoplocéphales l'organisation est plus difficile à mettre en évidence que chez les véritables Tœnias ; leurs anneaux, courts et épais, ne permettent pas de les disséquer aussi facilement. Les canaux gastriques et les vaisseaux se laissent injecter plus diffi- cilement ; cependant les différences entre les uns et les autres sont d'une importance fort secondaire. AsoPLoCKPHALE DU CuEVAL [.tiioplocepliala iicrfoliiiUt] (l). TŒnia perfuliattt Gœze , (VrsHf/i vun Nalitnjcurluçhlc ilvr luiifjcweiden' . p. 338, pi. Su, lig. 11-13 (I78i). Tœnia quadrilobula Abiltlgaard, Zool. dnnicii, l. IH, p .ïl , pi. I I 0, lig. '2-3 (1789). Tœnia equina Pallas, Xeue i\'onl. Bcijlr., I, pari, i, p. 71, lab. 3, lig. 23- 24(1781). Tœnia perfoliala Rudolphi, Entozoor. Hisl., t. Il, p. ii, p. 89 (1810), et Enlozoorum Synopsis, p 1 45 (1819). Bremser, /cônes Helmintlium, pi. 15, fig. 2-4 (1824). Dujardin, ///sr îles Helminthes, p. :i80 (1845). Chez cette espèce la tète est exlrémeinent grosse , à bords ar- rondis, et presque ([uadrilobée; chaque partie étant séparée des autres par deux sillons disposés en croix. I.,es ventouses sont lar- ges, presque orbiculaires (2). La tête est en outre pourvue en arrière des deux côtés de deux lobes oblongs (3). Tous les an- neaux du corps sont extrêmement courts et épais , plissés , se re- couvrant très sensiblement les uns les autres. .l'ai obtenu une seule fois soixante-dix à quidre-vingts individus de cette espèce , trouvés dans le j'cctum d'un clieval. Tous étaient encore incomplètement développés et ne présentaient encore ni organes de génération , ni canaux gastriques bien distincts ; mais (I) Règne animal, nouv. érlil., Zoophyles, pi. 39, lij,'. 2. (î) L. c, fig. î, b. (3) L, c, fij. 2, c. o46 VOYAGE EN SICILE. la grosseur de la tète de ces Taenias était extrêmement favorable pour robservation du système nerveux. C'est sur cette espèce que j'ai bien réussi la première fois à en reconnaître la disposition. Système nerveux;. — La. tête du Taenia du cheval disséquée par- devant et fixée par ses quatre ventouses (1), on découvre bientôt, dans la partie centrale, une bandelette offrant à chaque extrémité un renflement ganglionnaire peu considérable, mais, néanmoins, très distinct. De chacun de ces ganglions on suit deux filets nerveux rejoignant un centre médullaire situé exactement à la base de chacune des quatre ventouses. Ces centres nerveux sont assez gros pour être isolés complètement sans de trop grandes diflicultés. Ils fournissent plusieurs filets nerveux , dont deux en- tourent presque entièrement la ventouse. En outre les petits ganglions médians donnent encore plusieurs nerfs très grêles aux parties latérales de la tête , et en arrière , ils fournissent chacun deux nerfs d'une extrême ténuité , descendant dans toute la lon- gueur du corps de chaque côté de l'un et l'autre canal gastrique. .Si l'on dissèque le système nerveux du Taenia, dans la position ordinaire de la tête , on ne peut isoler à la fois que les ganglions de deux ventouses ; mais il est plus facile de suivre les filets ner- veux qui traversent tous les zoonites (2). Anoplocéphale du Lièvbe et du I/Apib { Anoplocephala pectinata). Tœnia pectinata Gœze, Naturgesch., p. 363, pi. 27, fig. 7-13 (I78i). Rudolptii, Entoz. Hist., t. II, part, ii, p. 82 (1810), et SHALE dc Lapin [ Anoplocephalu pectinala , Gœze, très grossi. PLANCHE 12. Fig. 1 . CAavoriivLLÉ changeant [Cnnjo-phyllœm mulabiUs) très grossi, vu en des- sus, pour montrer la disposition des organes génitaux , les ovaires régnant dans presque toute la longueur du corps. Il, le testicule. — 6, capsule spermatique. — c, origine de l'utérus. Cunicr i» Rayer, Arehivfs de médecine comparée, p. 128 (18i:i). Sichel, Jouriuil de cliirttrgie de Malgaigne, p. 401 (1843). O'Bryen Bellingham, Ciilntoijue of Irish Entozoa with observations (Aimait nnd MiKjazim- uf itiiUiral llisl.. vol. XIV, p. :t96. — 1844). Goodsir. Canen and nhaervations illustratintj the llistory and pathoUnjical re- lations 0/ de» kinds of liyilalidf , liitherlo itndescribcd. — Edinhurg médical and mrgical Journal, p. 267 (1844). Bt uno foule d'observations sur (1c« cas do (Astiques publiées dans les recueils el les journaux de médecine, la (iazelte médicale et la Hazetle des hOpilaux de Parii, The Lundoti ntcdiatl Gazette, etc. 364 ECKER. — SUBSTANCE CO^NTUACril.E Fig. 2. La partie antérieure du même, vue en dessous, a, la capsule spermatique. — b, le pénis. — c, l'utérus. — rf, l'orilice de loviducte. Fig. 3. Tête grossie du T.esu de l'Homme (Tœnia solium). Fig. 4. Un anneau isolé et très grossi du T.EmA df. l'Homme. a, les tubes gastriques ou canaux digestifs. — b, les capsules testiculaires. — c, le conduit spermatique. — d, l'ovaire. — e, l'oviducle. Fig. 5. Tête du T.enia en- scie [Tcrnia xerrala). montrant le système nerveux isolé. (I, les ganglions du centre de la tête. — b, les ganglions des ventouses. Fig. <>■ Portion isolée des organes génitaux du Tœnia serrala. n, l'organe mâle. — 6, le pénis — l'oviducte. — d, le vestibule commun des organes des deux sexes. Fig. 7. Un anneau isolé et très grossi du Tf.su du Chies [Tœnia canina). a, les tubes inlestinaux. — b,b, les organes mâles à droite et à gauche, — c, l'ovaire. — d les oviductes. Fig. 8. Tète grossie du BoTHRiocÉPHALE DU Saumon [Hntlirioiriiluiliis probosci- deus. Fig, 9, AcANTiioBOTHHiE couBONsÉ (/lca«(/ioho(/in'i(m foconufHm), pour montrer la forme de la tête, la forme générale du corps, et le trajet des tubes intestinaux. (t, les tubes intestinaux. Fig. 1 0. Tête très grossie du Bothbydie du Python [Bothnjdium viegalocephahim). Fig, 1 1 , Portion d'un anneau du Bothrydie,pour montrer la forme el la position de l'ovaire, Fig. 12. Rhïnchodothuie en fleur {/î/i;/iif/io6o(/in'w.« coro//o(«s). a, les tubes intestinaux. Fig. 13. Une portion d'une des trompes rétractiles du tiliynchobollirius mi-ollnlus très grossie, pour montrer la forme et la disposition des crochets. (La suite à «n prochain cahier.' iMÉMOIRE POUR SERVIR A LA CONNAISSANCE DE L ORGANISATION ET DE LA VIE DE LA SUBSTANCE CONTRACTILE CHEZ LE» ANIMAUX LES PLUS INFÉRIEURS ; Far M. le Professeur AXfXANDRi: ECKEH. ( Extrait communiqué à l'Académie des Sciences par M Uuvernoy. ) Bàle, 184S. n Une des études les plus importantes de l'histologie comparée et » de la physiologie serait de rechercher à quelle substance ou à quel >i tissu organique des oaiimnix fo /dus in/rricurs appartient la conirac- DES ANIMAUX INFÉRIEURS. 305 )) tilité, qui est la propriété de la fibre musculaire, dans les animaux sn- » périeui's. » Ainsi s'exprime l'auteur dans la première phrase de ce mémoire (|ui en expose clairement le sujet. Il ajoute : « Si , dans la voie de l'analyse naturelle, nous apprenons à )i connaître la forme sous laquelle un tissu commence à se montrer, cela )) nous conduira a séparer ce qu'il présente d'essentiel de ce qui n'est » qu'accessoire chez les animaux dont l'organisation est composée , et )i à reconnaître la substance il laquelle la propriété en question est inhé- » rente. » M. Ecker rappelle que lesanatomistesetlesphysioloîj;istesinicrographes se partagent en deux camps, au sujet de l'organisation des hfusoires. Que les uns , jugeant de cette organisation par les manifestations de la vie de ces animaux, par leurs mouvements entre autres , pensent qu'ils doivent en posséder les organes, à la manière des animaux supérieurs. C'était déjà l'opinion de Leeuwenhoeck, que M. Ehreuberg a soutenue dans ces derniers temps avec toute l'autorité qu'il a acquise par ses nom- breuses observations microscopiques , qui sont le plus souvent des dé- couvertes. Les autres, tels que MM. Focke , Meyen , Dujardin , Rymer-Jones et de Siebold, refusent à ces mêmes animaux des muscles , des nerfs , des or- ganes des sens, et même un canal alimentaire. Leur corps ne se composerait que d'une substance gélatineuse homo- gène, derai-fluide, dans laquelle on ne découvre ni fibres ni cellules ; qui est cependant sensible et contractile, et à laquelle, conséquemraent, les propriétés essentielles du corps animal sont inhérentes , avant d'être dévolues iides tissus particuliers. L'/Ji/di-e , suivant M. Ecker, ne montre de même ni nerfs ni muscles. Cet anatomiste a cherché à mieux connaître la substance si éminemment contractile dont le corps de l'Hydre se compose (l), et il a étudié succes- sivement, dans ce but, les trois couches de substance organique que l'on peut y reconnaître. L'extérieure ne lui a pas montré d'épiderrae. Il n'y a vu qu'une sub- tance amorphe , homogène , demi-transparente , dont la continuité est interceptée par des cavités disposées en réseau, dans lesquelles se meut un liquide. La couche moyeinie ne se distingue de l'externe que par les granulations vertes qu'elle renferme. La couche intérieure lui a présenté encore la mémo organisation avec des granulations brunes. Le réseau de ces trois couches se continue de l'une à l'autre. (4) Ses recherches ont été faites au moyen d'un compre.sseur, et aven un mi- troscopp (le fiporgc Obprlia!ii!ipr. 3G6 ECKEB. — SUBSTANCE CONTRACTILE, ETC. M. Ecker n'a pas vu , à la surface de la cavité digestive ou abdomi- nale, l'épitliélium à cils vibratiles décrit par d'autres anatomistes. Les organes urlicaux et ceux en hameçon sont comme incrustés dans la couche externe des bras. L'auteur se croit en droit de conclure de ses recherclies, que la sub- tance contractile se présente, dans l'organisation animale, sous quatre états graduellement plus composés. V Le premier est celui d'une substance homogène, diaphane, sans structure apparente, contractile en tous sens. Elle forme la plus grande masse du corps des animaux chez lesquels on l'observe, et un ensemble continu, mais plus ou moins intercepté par des espaces creux en forme de réseau, dans lesquels circule un liquide. Il la désigne sous le nom de substance conlractili: infonne. On l'observe chez les Infusuires , les Hydres, les IJydroïdcs. 2° I.e second état est celui où , avec les mêmes apparences que dans le premier, la substance contractile est séparée en masses distinctes qui ont la forme des muscles. Dans ce degré d'organisation on observe des nerfs. C'est celui, entre autres, des Tardiyrudes observé par M. Doyère. M. Ecker l'a reconnu dans une larve d'insecte (de Chironomus) (jui ve- nait d'éclore. 3° Un troisième état de la substance contractile est celui où , avec la forme des muscles, elle ne montre que des amas de cellules contractiles ; mais cet état n'est que traTisitcjire; 11 n'appartient qu'au déveli ppement embryonnaire. M. Ecker en cite plusieurs exemples, auxquels il aurait pu ajouter celui du cœur et des nmscles volontaires de la Pâtée, observé par M. Vogt , et celui des muscles de la queue dans la l'uccilie de ^urivam que j'ai signalée (1). 4° Enfin , le quatrième état de cette substance est celui où elle se com- pose de libres et se contracte dans la direction de ces fibres. C'est alors la substance cuntructile à forme déterminée ou la substance musculaire. Au reste , ajoute M. Ecker, si l'on fait l'analyse d'un muscle, on arrive, en le décomposant de plus en plus , à des fibrilles élémentaires formées d'une substance homogène qui doit être contractile par elle-même ; car on ne peut supposer que cette propriété soit due a la réunion de ces fibrilles en faisceaux. (() Anunifs i-lex Sciences nuturelles. 3* série, t. I, p. 'H3. TABLE DES MATIERES COMEMKS DANS C K VOMJME. ATV'ATOIHIE ET PHTSIOLOGIE. Note sur le non-vomissement du Cheval ; |jar iM. I"lui>bens 1 i."i Mémoire pour servir à la connaissance de l'organisation et de la vie de la substance contractile chez les animaux les plus inférieurs ; par M. Alei. EcKER 364 ANIMAUX VERTÉBBÉS. Observations sur les heures du réveil et du chant de quelques Oiseaux diurnes pendant les mois de mai et de juin 1 846 ; par M. Dureau de l* Malle 115 Sur les animaux vertébrés envisagés sous le double rapport de la géogra- phie zoologique et de la domestication ; par M. Pael Gervais. . . . 202 AKIMACJX ANIVELËS. Études sur les types inférieurs de l'embranchement des Annelés. — Mé- moire sur la famille des Hermelliens [HermeUea, Nob); par M, A. de Qbatrefages 5 Note sur quelques espèces nouvelles du genre Pagure ; par M. Milne Edwards 59 Note sur les Coléoptères du genre Eurhinus, de la famille des Curculio- niens : par M. Emile Blanchard 143 Éludes embryogéniques. — Mémoire sur l'embryogénie des Annélides ; par M. A. de Quatrefages. ... 153 Recherches sur l'organisation des Vers (classe des Cestoides) ; par M. Emile Blanchard 321 MOLLUSQUES. Résumé des ob,çervalions faites en 1844 sur les Gastéropodes Phlébenté- rés; par M. A. de Quatrefages 124 ZOOPnVTES. Recherches sur les polypiers. — Troisième Mémoire : Monographie des Eupsammides : par MM. Mn,NE Edwards et Jules Haime f;.!; Recherches sur les polypiers. — Quatrième .Mémoire : Monographie des Abtréides; par MM. MiLMï Edwards et Jules IIaiuk «2.'j TABLE DES MATIERES PAR NOMS D'AUTEURS. BuAN'CHABD (Emile). — Noie sur les Coléoptères du genre Eurhinus, de la famille des Curculioniens. 1 43 — Recherclies sur l'organisation des Vers (classe des Cestoïdes). 321 Ddreau de la Malle.- — Observa- lions sur les heures du réveil et du chant de quelques Oiseaux diurnes pendant les mois de mai et de juin 1846 115 EcKER (Alexandre). — Mémoire pour servir à la connaissance de l'organisation et de la vie de la substance chez les animaux les plus inférieurs 364 Edwards (Milne). — Sur quelques espèces nouvelles du genre Pa- gure o9 ' — et Haime (Jules). — Recher- ches sur les polypiers.Troisième Mémoire : Monographie des Eupsammides 65 — Recherches sur les polypiers. Quatrième Mémoire ; Monogra- phie des Astréides . .224 Flourens. — Sur le non-vomis- sement du Cheval . 1 45 Gervais. — Sur les animaux ver- tébrés envisagés sous le rapport de la géographie zoologique et de la domestication .... 202 Haime. — Voyez Jlilne Edwards. QuATREFAGES (A. de). — EtudessuT les types inférieurs de l'embran- chement des .^nnelés. — Mé- moire sur la famille des Her- melliens 5 — Résumé des observations faites en 1844 sur les Gastéropodes Phlébentérés 121 — Etudes embryogéniques. — Mémoire sur l'embryogénie des Annélides 253 TABLK DES PLANCHES BELA'nVES AUX MÉMOIRES CONTEMIS DA^S CE VOLUME. Planches 1 . Stéphanophyllies. 2. Organisation des Hermelles. 3. Embryogénie des Hermelles. 4. Embryogénie des Hermelles. 5. Eusmiliens. 6. Eusmiliens. 7. Eusmiliens et Astréens. 8. Astréens. 9. Astréens. 10. Estomac du Cheval. 1 1 . Organisation des Taenias. 1 2. Organisation des Cestoïdes. FIN DU DIXIEME VOLUME. Ami des-Sc 'iiat 5*^ ISene "h dapres nature par Diekni.Tnn Ifrip LcmeicicT.aP.ins STEPHANOPHYI.LIENS ' k c J (9t^4X*MÔAUoM ''^ 9(:>VXMaMu>. J//// .i/jv X'/i-m-. /lit/, .y i^i''/-t /lU'/- Ti>m. 10- /y .'f \ii xu XVI x\ni XVIll XIX XX XXI XXU ./' t'. //«'. /•■ /'/fiA/y/(it/f'fne i/tw //r/v//r//i'.v N- fiiiait'mf itap i/ej S,wu-.ri,i/ }'Seric. Xo,>/. r.m, j„ /•I.4. /y a*s6" o''.iy u/veiiLf si\ A m /)f//tii/ <•'///<' i/iW //i'/'/// eZ/tw .yji^n,>nJ im/f. EUSMIUETMS. Ijijp.l.rmi'nii i\ -;■ \^\ mm rïi?^ i ,W f i-^>***'*»Tl Ann ilf' • ^ nat 3'; --i- ZoclTlOFlf- VlTiO!'' 7 EIJSMILIENS ET ASTB.EENS. A iistiifr p3i Dmkirn 1)1 LcfiiercaT jPsrib ASTRipMS Ê^ '?t^^<:^^ '♦ï -{îv^mI i^i^- 1 «il MM Zool. T W Plu / H"^ 'h /■ 'i C ncoat . •Il (/cJ Sr /ta/ S'Sr'/ic Zool.T 10 FI w I jV>co/e^ aJ naf. 'fel- )f-^1!^ an i in I < e5 ce o m ij j ^ w ' 1 f î I i ^Stit â,,ii J ;i, ^ ifÀs tw^^-- ~--^ — ~ - _:'_-_— __„*. -—- -" ce i 4 /..wl rfm.io. Pl.,1 (>r,/,i/ll,\r!/i',i/i ,//\r {}v/ou/cs.