tj^ ANNALES DES SCIENCES NATURELLES QUATRIEME PARTIE ZOOLOGIE Paris. — Imprimerie de L. Martinet , rue Mignon Z l). ANIVALES DES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT LA ZOOLOGIE, LA BOTA^XIQUE, LANATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE COMPARÉE DES DEUX RÈGNES ET L'HISTOIRE DES œRPS ORGAMSÉS FOSSILES BtlUGÉtS fom u zoouitit PAR M. MIL.VE EDWARDS l'OrC 11 BOTISIOCE PAR .MM. AD. BRO.XGM.VRT ET J. DECAISXE QUATRIÈME SÉRIE ZOOL OGIE PITTIS LIBRAIRIE DE VICTOR .MASSOiV PLACE DE L'ÉCOLE-DE-MÉDECIKE 1854 ANNALES SCIENCES NATURELLES I PARTIE ZOOLOGIQUE RAPPORT • SIR LE CONCOURS POUR LE GRAND PRIX DES SCIENCES PHYSIQUES piiiR 1853. Par M. A. de Ql'ATREFACiES. Commissaires : MM. Milne Edwards, Floiress, Dimérii., Serres, ET DE QiATREFAGEs, rappoTleur. Dans sa séance du 22 mars 1852, l'Académie avait mis au con- cours, pour le grand prix des sciences physiques à décerner en 1853, la question suivante : c< Faire connaître, par des observations directes et des expé- n riences , le mode de développement des Vers intestinaux et celui » de leur transmission d'vn animal à nn autre : appliquer à la dé- » lerminalion de leurs affinités naturelles les faits anatomiques et » physiologiques ainsi constatés. » L'Académie demandait aux concurrents de traiter la question d'une manière comparative pour les genres principaux. Prenant d'ailleurs en considération l'étendue et ladifllcultédu problème, elle se déclarait |irète à c(iMroiiiii'r i\c> irclirrches portant sur les Tré- 6 DE QVATRErAGES, VAN BENEDEN ET KUECnENinEISTER. matodes et les Cosloïclos seulement, e'cst-à-dire sur les deux gi'oupes qui renferment, l'un la Douve du t'oie et les Vers qui s'en rappro- chent, l'autre les Ténias et les genres voisins. Les Nématoïdes et les Acantlioccpliales se trouvaient ainsi }iour ainsi dire écartés. Cette restriction était plus apparente que ré(^ll(\ Nous ne savons, en effet, à peu près rien sur le mode d(^ développement des Acantho- e(^liliales ; mais ce di'faut de notions sur un groupe formé jus([u'à lirésentdu seul genre Kcliynorhynqnc ne saurait inlirmer des con clusions générales portant sur l'ensemble des intestinaux. Quant aux Nématoïdes, les travaux de Nits<'li, qui remonicnt à 1829 ; ceux de JFJI. Sieljold,Bagge, ;Mayer, Vogt, Kcelliker, l)ujardin,ontpres((ue entièrement fait connaître leur embryogénie, et celle-ei ne paraît offrir aucun phénomène bien exeeptiomicl. Sans doute, il reste encore quelques [loinls à éelaircir. MM. Sicbold, Cre]ilin, Dujardin, ont Justement appelé l'altcnlion sur les Nématoïdes sans organes sexuels apparents qui se rencontrent, soit dans les cavités closes, soit juscpie dans l'épaisseur des muscles des animaux vertébrés. M. R. Owen, endécouvi'aid la Ï'r(c/)ùiai7jn-f(//s, a montré jusque chez l'Hommeun exemple do ce fait curieux. Très probablement les Intestinaux dont nous parlons ne son! autre diose que les jeunes de quelques espèces qu'il faudra déterminer, et ne doivent ac(piérir leurs caractères définitil's (pi'ajirès être passés dans le corps d'un nouvel animal ; mais, ces nictaniorplioses et ces migrations fussent- elles plus ciimplètcs ou plus norulii'cuscs(|u'onnei>eut le supposer en ce moment, elles seraient encore loin de présenter la complica- tion et l'intérêt ipie nous olTrent les mèm(>s phénomènes étudiés chez les Trémalodes et les (lesloïdcs. Même en se bornant à l'étude de ces deux groupes, les concurrents avaient à traiter la (juestion presque entière, avec toute son im[>ovtanco et toutes ses difficultés. L'im]iortance du snj<'t mis au concours par l'Acadéiuie résulte et de sa nature propre, et de ses rapports avec ((uclques unes des ([ues- tions les plus élevées de la physiologie générale. De toutes les branches de la zoologie, rhelminthologic s'esl peut-être constituée la dernière. Le pri'mier ouvi'age général sur riiisloirtulcs Intesti- naux, lliistoire naturelle de Gœ.se, parut en 1793, et fut complétée en 1800 par les additions de Z('>der. I,e grand Traite'' dcRudolphi SUR l'hklminthologie. 7, n'eshjuede 1808, r Atlas (Je Hieniscr de 1823. Jusque vers cette époque, par la nature même des clioses, l'helminthologie était restée à peu |irès uiii(|uenient descriptive. Hojaiius, le premier, duiina le .signal des études ;uialt)iiii(|ues sérieuses sur ce groupe d'Invertébrés. Ses mémoires, publiés de 1817 à 1821 , furent suivis à divers inter- valles pîu- ceux de Meblis (_1823 1, Laurcr (1830 1, Nordniann 1 1832), (|ui pres(|ue tous portèrent sur les Trématodes. A partir de cette (ipoquc, les travaux se multiplièrent et emitrassèrent des points né- gligés jusqu'alors. Nous citerons entre autres ceux de MM. Owen 1 1839); Escliriclit, sur les Botliryocépliales (18H1); Van Beneden, sur les Cestoides '185 1 ; ; et surtout les I iclles rccberclies publiées par .M. Jilancbard siu' l'ensemble des Intestinaux de 1847 à 1850. En même temps, l'attention se porta surlesgroupcs voisins de la classe ilonl il s agit et certains rapports pressentis par Linné et (). F. Millier lurent ainsi démontrés et généralement reconnus. dette |>liase anatomique, au plus loit de laquelle riielminlbologie se trouve encore aujourd'hui, a rendu à la science île nondjreux et sérieux sei'vices. Toutefois, parmi les problèmes les plus importants que soulève cette branche de la zoologie, il en est (jue l'anatomie seule est impuissante à résoudre -, il en est d'autres f|u'elle ne peut même pas aborder. Dans les groupes à type oariublo, il arrive par- fois qu'un animal se iléforme, dans le cours de son existence, au point que les caractères l'ondamcntauN disparaissent ou sont comme masqués par l'exagération de quelques caractères secondaiies. Dès lors, les affinités et les analogies deviennent fort difliciles ou impos- sibles à reconnaître, et, jaunies retrouver, il faut suivre l'animaldès les preniieis temps tle sa vie. Ladilférence des (opinions professées par les plus grands maîtres de la science sur la nature des rapports qui relient les IntestinaiLx entre eux et aux autres Invertébrés, sufti- rait à elle seide pour montrer combien il était nécessaire de rccoui'ir ici aux éludes endiryogéuiques. La puissance créatrice fjui a donné naissance aux êtres vivants a-t-elle cessé de s'exercei' à la surface de notre globe, ou bien agil- elle encore aujourd'hui ? En d'autres termes, le phénomène appelé génération équivoque ou spontanée est-il une réalité ? On sait com- ment les ujiciens ré|H>ndaienl à cette question. Pour eux. tout corps 8 DE QUATREFACiES, VAN BEIMEDEN ET KUECBENMEISTER. en putréfaction engendrait de nouveaux oi'ganisnies , et ces idées universellement adoptées se propagèrent jus(|u'à nos jours. Ce n'est que vers la fin du xvii" siècle et au commencement du xvni'queRédi et Vallisnieri démontrèrent la véritable nature des larves d'insectes vivant dans les animaux et dans les végétaux. Dès lors, des idées plus justes commencèrent à se répandre. Mais, tout en perdant du terrain, les partisans de la génération spontanée ne .se tinrent pas pour battus ; ils restreignirent seulement locliampdes applications de leurs doc- trines. Or, à mesure que la science faisait des progrès, ce champ se rétrécissait de plus en plus ; alors les partisans de la génération spon- tanée se divisèrent. Les uns, parmi lesquels je citerai Lamarck, Bur- dach, Dugès, continuèrent à regarder les agents physiques, chaleur, lumière, électricité, connne suffisante organiser et à animer la ma- tière brute, de manière à la transformer en êtres vivants. Les autres, au nombre desquels on compte Redi lui-même, Rudolphi, Morren, Oken,Nordniann, admirent que, dansles êtres déjà organisés et vi- vants, les forces i)lastiques pouvaient é[)r(tuver une sorte de dévia- tion, d'où résultaient de nouveaux êtres très différents des premiers, mais en émanant directement. De ces deux opinions, la première s'appuie surtout sur des faits empruntés à l'étude des Infusoires et des Intestinaux ; la seconde s'applique aux Intestinaux seulement. Or les expériences de Schwan ont montré , contrairement à ce (ju'avait cru voirSpallanzani, (pi'il ne se développe janiaisd'animal- cule dans les infusions entourées d'une atmosphère d'air parfaite- ment débarrassé de toute matière organique. Ce résultat, dii au per- fectionnement des procédés d'expérimentation, sape par la base la moitié des arguments invoqués de nos jours en faveur de la généra- tion équivoque. Restent ceux que l'on emprunte à l'histoire des In- testinaux, et surtout ceux qui s'appuient sur l'isolement de certaines espèci^s, sur l'absence chez elles d'ajjpareil reproducteur, sur leur existence dans des cavités clos(>s ou dans l'intimité même des fissus. L'embryogénie peut seule nous donner l'explication de ces faits ; on voit combien il im]>orle de recliercher le mode de production et de développement de ces êtres (jui, an premier abord, semblent consti- tuer dans le règne animal une exception aujourd'hui unique. L'iniluencedu milieu ambiant peut-elle aller jusqu'à modifier les sut l'helminthologie. 9 caractères i'oiidanicnlaux (ruiic espèce animale, jusqu'à lalransfor- lueieii une espèce nouvelle, ap[iartenant parfois àun lype t'oi't diffé- rent du premier ? C'est là encore une de ces questions de haute phy- siologie que l'examen seulement descriptif ou anatomi(|ue des Intestinaux soulève sans pouvoir les résoudre. Parmi les Cestoïdes, on trouve des Vers presque entièrement semblahles par-devant, mais dont les uns se prolongent eu un long chapelet formé d'articles pleins extrêmement nomlireux Ténias , Bothriocéphales i , dont les autres se terminent brus(|uement par une grosse ampoule remplie de liquide ( Cysticerques , Cœnures). Les premiers ha- bitent le tube digestif, les seconds se rencontrent dans la cavité péritonéale, dans le tissu cellulaire cl jusque dans le cerveau. Fauf- il ne voir dans ces deux tormes (juc les modilications d'une même espèce, modilicalioiiscoiMMiaiidt'cseiKiuelque sorte parladiffi'rence des habitats .' (Juel(jiics liclmintliologistes, et tics plus tlistingués, ont cru pouvoir répondre aftirmativement, et ont regai'dé les Vers à vessie comme d(,'s Ténias nninstrueux. Orune monstruosité en quel- que sorte normale, et se reproduisant avec des caractères constants, eût étt^ un fait i|ue son étrangeté même ne devait faire accepter qu'après une démonstration poussée jusqu'à l'évidence. Mais ici encoïc l'embryogénie .seule |)ouvail nous conduire à la vérité. .Malbeureuseiiieiit ce genre d'étude n'était rien moins qu'aisé. Quelques chiffres feront comprendre ce (jue la simple recherche des hitestinaux présente de difiicultés de tout genre. Rudolphi, qui con- sacra sa vie entière à ce travail, n'observa par lui-même que 350 espèces sur environ 1,100 qui se trouvent mentionnées dans ses ouvrages. Poui' former la belle cdllection lielminthologi(|ue du Mu.séum de Vienne, et recueillir 368 es[)èces, on a, dans l'esiiace de quinze ans, ouvert 45,000 animaux vertébrés. Il a fallu vingt ans et toutes les' ressources offertes par la .Ménagerie pour que la collection du Muséum de Paris, connnencée avec les envois' venus de N'icnne, atteignit le cbilfrc de 728 espèces (\). Enfui, pourramas- (I) La collection helminthologique du Jardin des Plantes de Paris est aujour- d'hui une des plus riches. Le cliiflre que nous donnons ici indique le nombre des espèces cataloguées en IS.ïO: depuis cette époque il s'est encore accru. Une circonstance particnlicre ajoulc à l'intérêt de cetto collection: M. Valenoiennes , iO DE QVATREFACiES, VAN BENEDEN RT KHECHEIMMEISTER. ser les matériaux ùc son liisloirc nalurellc des Helminihes et étudier à l'état vivant un peu plus de 250 espèees, M. Dujardiii a, dans vingt ans, expli)ré 300 Invertébrés et 2,400 Vertébrés. Lorsqu'il s'agit non plus seulement d'examiner les individus qu'on rencontre, mais de suivre une espèce dans son dévelop[ieinent,la tàebedu na- turaliste tievient bien autrement difficile. Poui- en donner une idée, nous dirons tout de suite que les Intestinaux les plus importants à examiner subissent des métamorphoses plus nombreuses et plus complètes (pie celles des Insectes ; (pie ces métamorphoses sont accompagnées de phénomènes dont la découverte est foute récente ; enfin (pi'clles se compliquent de migrations nécessaires à leur accomplissement; de telle sorte qu'après avoir trouvi- nu Intestinal à son premier âge dans une espèce animale, c'est dans une autre espèce qu'il l'aut aller le chercher jjour constater ses transformations successives. Il ne faut donc pas être surpris i[w l'histoire du développement des Intestinaux soit longtemps restée en arrière, et que M. de Siebokl ait pu dire encore en 1835, que traiter de ce sujet, c'était se hasarder sur une terre inconnue. Sans doute, bien des tentatives avaient été faites pour sortir de cet ('lat d'ignoi'ance à peu près complète ; mais les faits re(Mieillis étaic-nt restés isolés, et présentaient .souvent un caractère d'étran- c|ui en a été lo fonclatenr, a fait conserver en place le plus possible d'Intestinanx dans les viscères qu'ils habitent, et ces pr(''parations, exposées aux yeux des visiteurs, leur racontent, pour ainsi dire à elles'scules , l'histoire des espèces qu'ils ont sous les yeux. M. Valenciennes est, croyons-nous, le premier qui ait réalisé cette disposition, dont il reconnaît d'ailleurs avoir puisé l'idée dans ses conversations avec Budolphi. — La collection du Muséum s'est formée et s'est accrue rapidement par le concours de trois éléments distincts, 1°un fonds de Vers non déterminés, conservés depuis fort longtemps , et qui s'était formé en grande partie sous (^uvier ; 2° un envoi venu de Vienne ; 3° les autopsies qui se font à la ménagerie, et les Vers rendus par les animaux vivants, surtout par les Serpents. M. Valenciennes s'est , en outre , procuré plusieurs espèces intéressantes , par suite de ses relations avec divers médecins et vétérinaires. Il a étudié et disséqué avec soin un très grand nombre d'espèces, et M. Dujardin, dans .son Histoire des IiUentiimiix, a rendu pleinement justice à la libéralité avec laquelle tous les ma- tériaux recueillis ainsi avaient été mis ii sa disposition. (A'ofe ajoutée.) SUR l'helminthologie. h getô tel, (lu'il étiiit impossible de les ratlaclicM' à aiieuiio des notions existant déjà dans la science. Ainsi, dès 1818, Bojauus, en cxami- naiil les prétendus Inl'usoires désignés par 0. F. AluUer sous le nom de Cercaiies, recoiniaissait en eux des parasites vivant aux dépens lies Flanorbes et des Lymnées. il déeouviait en même temps leurs sjmrocystes, que Bacr étudiait en 1828 avec son incontestable supé- rioiité. ^^'agner en 1834, Siebold en 1837, ajoutaient encore aux recherclu's de leurs prédécesseurs, et pourtant la paliencc et la sa- gacité de ces observateurs si habiles semblent n'avoir ser\ i ipi'à les égarer de plus en plus. Voici, en effet, comment on peut ri'sumer les conclusions aaxquelies ils étaient arrivés. Dans les viscères des Mollusques d'eau douce se produisent, sans qu'on sache comment, di^s sporocystes, espèces d'enveloppes vivantes présentant à des degrés divers les caractères de l'animalité, mais toujours tlé|iourvues d'a|ipareil sexuel. Ces sporocystes produisent à la fois de nouveaux corps semblables à eux et de véritables spores (jui se dévelopjient en Cercaircs. Celles-ci sont les parasites nécessaires des sporo- cystes, et manquent également d'organes génitaux. Après s'être développées dans l'intérieur des sporocystes, les Cercaires en roui- pent les parois , s'enkystent , el très probablement terminent leiu" comte existence dans la nouvelle prison dont elles se S(.>nt elles- mêmes cntom'ées. On voit que, d'après cette manière d'interpréter les faits observés, un animal sans sexe, venu on ne sait d'où, pour- rait produire, j)ar gennuation, à la fois des êtres semblables à lui, et des êtres d'une nature toute diitérente, lesquels ne sepropagt>raient jamais directement. L'exemple que nous venons de citer suftira pour monlier condjien étaient encore confuses, il y a quinze ou seize ans, les notions ac(|uises sur la question t|ui nous occupe. Cependant, vers cette épo(|ue même, on enregistrait des faits importants. Mehiis, dès 1831, Pujardin, Nonlmann , Creplin, Siebold, en 1837, observaient des embryons de Trematodes très dilVéïXMits des adultes, et j)ortant surtout des cils vibratiles, organes de locomotion qu'on ne retrouve dansaucim individu arrivé à l'état parlait. Kn même temps, Dujmxlin, Siebold, Ka'lliker, trouvaient les embryons de Ténias, encoïc renfermés dans la coque de l'o'uf, I.IOIUVUS de crorlicts ri''|ilialiqu('s, alors même qu'ils apparlcnaii'iil à 12 DE QUATREFAGES, \\K BENEDEN £T KUECUENMEISTEB. des espèces inerines. Dans les espèces armées, ces crcichets diffé- raient de ce (111(111 (il)servechoz les animaux adiillcs, par leur forme et leur disposition. Dujardin, en particulier, insiste avec raison sur ce fait. A partir de ce moment, la croyance aux mélamorplioses de certains Intestinaux fut nettement professée par les helmintholo- gistes les plus distingués. Cette présomption, que l'expérience a justifiée, aurait pu pour- tant entraîner dans des voies fausses et cmpèdier de reconnaître la vérité , si des découvertes récentes , faites dans des groupes très éloignés des Intestinaux, n'étaient venues éclairer les naturalistes. En effet , jusqu'à ce jour , les méfamor|ilioses , même chez les In- sectes, pouvaient se rattacher uisénicnt au mode de dévcloiipement observé chez les animaux les plus élevés. Dans ces derniers , les organes n'apparaissent pas d'emblée avec la forme et les rajiports qu'ils auront plus tard. Dans l'Homme même on observe des or- ganes transitoires (pii , après avoir acquis des dimensions propor- tioniK^llement considérables, s'atrophient et disparaissent plus ou moins complètement. Jusque chez lui, on peut dire (ju'il existe des métamorphoses. Pour être plus complètes, et surtout plus appa- rentes, celles ([ne nous présentent les Insectes n'en .sont pas moins de même nature. Un fait fondamental se retrouve entre autres dans les unes et les autres. Tout germe, tout («uf, donne ici naissance à un individu unique ; et cette unité, cette individualité, persistent sans interruption à Iravc^rs tous les changements de structure et de forme (|ue peut subir l'orgaiiisnie. Pour èlr(" passé par les états de Chenille et de chrysalide, le Papillon n'en est pas moins le produit direct du g(?rme (|ue renfermait r(ruf ; il n'en (>st pas moins le fils immédiat de ses père et mère, et cela au même litre (jue l'enfant. Les choses ne se passent pas d'une manière aussi simple chez certains Inverléi)rés inférieurs. Sans n^monler jus(]u'à Cliamisso, dont les observations relatives aux Bipliores ont été si longtemps traitées de fables, rappelons en (juelques mots ce que MM. Saars, Dujardin , Siebold , Van Beneden , nous ont appris du dévelop- pement des Méduses. Ici, on voit sortir de l'd'uf pondu par la mère une larve ciliée semblable à un Infusoirc des plus simples. Au bout de quelque temps, cette larve se fixe et se transforme tanliit en un SLR l'helminthologie. 13 polypier ranicux, tantôt en un animal assez seniliiablc à nos Hydres d'eau douce. Dans le premier ras, le polypier rameiix produit un certain nombre de liourfieims, dont la plupart deviennent autant de Polypes lixés sur le tronc ou les branches, et vivant à la façon de tous les animaux de cet ordre ; mais (piel([ues uns de ces bourgeons prennent en se développant \me forme bien différente et une struc- ture beaucoup plus ('ompli(]uée. Ils reproduisent bientôt tous les caractères de la ^Méduse mère, s'isolent de plus en plus, acrpiièrent des organes génitaux , se détachent enfin , et vont semer au loin les germes de colonies nouvelles. Dans le second cas, le Polype hydrairc sorti d'un icuf de .Nb'duse se partage spontanément en anneaux transversaux , dont chacim acquiert successivement les organes d'une Méduse adulte, puis se sépare du tronc commun et jouit d'une vie indépendante. Dans les deux cas d'un œuf uni(|ue est sorti im animal dé|iourvu d'appareil générateur, mais pouvant produire par gemmation un grand nombre d'individus, rpii, eux, se propa^^cront par les procédés ordinaires. Ici donc l'unité , l'individualité du germe, ont été brisées ou, si l'on veut, multipliées par le fait du dé- velo|ipcment. Les .Méduses, la plupart des Acalèphes peut-être , sont le produit indirect de l'o'uf primitif, les pis médiats de leurs parents. En 1842, un naturaliste danois, M. Steenstrup , tenta de coor- donner tous les faits de cette nature alors connus, et fut ainsi conduit à sa théorie de h génération al leniante. Ce phénomène consiste, en effet, en une sorted'alternative. Une mère sexuée engendre des filles sans sexe (pii ne lui rcssendilcnt pas, et qui, à leur tour, produisent directement des petites-lilles semblables à leurgrand'mère et à sexe caractérisé. Dans l'ouvrage de Steenstrup, les individus agames qui donnent naissance aux individus sexués sont désignés sous le nom de nourrices {Ammen ). Bien rpie Stccnsti'up eût fait une part tro|) large aux formes exté- rieures, et que ses idées manquassentde généralité à certains égards, la publication de son ouvrage n'en rendit pas moins de très grands services : l'histoire du développement des Intestinaux se trouva entre autres éclairée d'un nouveau jour. Aussi, lorsque Siebold, enl8Z|8, publia son Manuel d'anatomie comparée, Wn'hésiia pas à lll DE QUJlTBErACiES. VAIV BENEHEIV ET KHEGHENIUEISTEB. adopter les idées du naturaliste danois. Les Sporocystcs , les Ccr- caires et plusieurs autres genres de Vers, disparurent de la nomen- clature. Les premiers ne Auvent plus des animaux adulles; les se- conds ne furent plus des parasites nécessaires d'un autre Intestinal. Les uns et les autres furent considérés soit comme des nourrices, soit connue des ('^tats transitoires que devaient traverser pour arriver à l'état parfait certains Intestinaux (|u'on reconnut bientôt être des Trématodes. Cet ordre, l'un des plus nombreux et des [ilus intéres- sants de la classe, se trouva ainsi débarrassé de toutes les espèces agames admises jusque-là, et dont l'existence avait si longtemps été invoquée comme nu argument sans répli(iue par les partisans de la génération spontanée. Toutefois nous devons dire qu'aucun natura- liste n'avait encore suivi un Trématode quelcon(]ue dans toutes ses évolutions, et que l'opinion de Sicbold, man(|uant de lasanetion que peut seule donner une constatation directe, pouvait laisser des doutes chez([uclques esprits. L'ordre des Cesloïdes présentait des problèmes fort analogues à ceux que soulève l'étude des Trématodes. Là aussi on rencontrait des genres, des groupes entiers composés d'espèces agames. Là aussi on avait cru ww dca parasites nécessaires habitant l'intérieur d'un Ver dont l'origine était inconnue. L'étude des Anibocépbales avait même conduit à faire croire à une espèce à' œuf vivant de sa vie propre, tandis que le germe rpi'il renfermait se développait de son côté. Sans doute les progrès accomplis ailleurs faisaient abandonner chaque jour (pielqu'une des anciennes croyances , mais on ne mettait rien à la jilace. En 1848, Sicbold, résumant nos connais- sances sur le sujet dont il s'agit, accordait aux Cccnurcs et aux Echi- noeoques, considérés comme espèces proprement dites, la généra- tion gcnuiiipare; déclarait ne connaître de l'histoire des Ténias (pie ce qui se passe dans l'ccuf même, et se taisait entièrement sur les Cysticerques, lesAiithocéphaleset les Télrarhynques. Depuis cette époque, la science a marché, et par cela même a soulevé des ques- tions, des difficultés nouvelles. Les Ténias, les Botliriocéphales et les autres Cestoïdes vrais , sont-ils des animaux simples ou des agrégations d'animaux com- parables, jusqu'à un certain point, à celles qu'on trouve chez les sti; LHEtMlNTHULUGlË. 15 Zoophytes et les 31ollus([ues? La preimèrede ces opinions est géné- ralement adoptée , surlout depuis les travaux des iiclniinllKiiopistes ('lassilicateurs. Toulelbis , de tout temps , (pielques naturalislos ont prol'essé l'opinion eoniraire, et parmi eux nouseilerons Vailisnicn, Lamarck, Duméril, Duvernoy, Esclmcht, Stcenstrup. En 1850, M. Vanlîeneden,dansun travail très remarquable à plusieurs titres, émit une troisième o|tiiiion.(;omme les auteurs ([ue nous venons de eiter, il admit la nature polyzoïque des Cestoïdes , mais en même lem|is il regarda ees êtres eomnie des formes transitoires, eonnne une simple phase de développement de eertains Vers. Nous revien- di'ons d'ailleurs, tout à l'heure, sur ec sujet. Nous devons mentionner iei une opinion émise par M. Dujardin en 1843, et qui poiu'rait, à eertains égards, être eonsidérée eomme intermédiaire entre, les idées tjiie nous venons de rappeler. Sans vouloir, comme il le dit lui-même , revenir aux doetrines de Val- lisnieri sin- la nature polyzoique des (]estoïdes , cet habile helmin- thologiste admet ijue dans eertaines eirconstanees, les derniers articles d'un Ténia peuvent s'isoler et vivre d'une vie indépendante ; i)u'ils peuvent acquérir une taille plus considérable , des foi-mes mieux déterminées, et même des organes qu'ils ne possèdent [las tant (pi'ils restent fixés. M. Dujardin a donné le nom de Proglottis à ees espèces d'animaux adventii's, et dans son Histoire ties Hel- minthes, il en a formé un genre spécial. Quels rapports unissent entre eux les Cestoïdes ou Vej s ruba- naircs, et les Cystiques on Vers à vessie? Ces Vers, si semblables par leur extrémité antérieure, si dilïérents à tout autre égard, doivent-ils être réunis? doivent-ils tonner deux ordres distincts? Ici encore, les anciens helmintholdgisles avaient admis l'existence d'al'finités que rejetèrent Gœze, Z(''der, Rudolphi et leurs continua- teurs. Cep(!ndant-, dès 1820 , Nitzili taisait remarquer (pi'enlre un Aiilhocéphale et un Tétrarhyncjue , qu'entre un Cystieerque et un Ténia, il n'existait d'autre dilléreneeque la iiré'senee dans les pn-- miers d'une vésicule caudale (pu nuuKiuaitehez les seconds. Cette observation importante fut longtemps négligée ; mais enfin les rap- ports aperçus par Redi et Vallisnieri devinrent de plus en plus sen- sibles, à mesure que l'organisation de ces animaux l'ut mieux e(jnnuc. 16 DE QVATBEFAtiES, VAN BENEDEN RT KUECUENMEISTER. En 1844 et 1845, à peu près en même temps, MM. Dujardin et Siebold émirent nettement l'opinion que les Cystieerques ne sont que (les Ténias déformés, et M. Blanehard, dans son beau travail sur l'organisation des Vers, adopta cette opinion. Pour ces natura- listes d'ailleurs , la transformation des Cestoïdes en Cystiques est toujours un phénomène tératolopiiiue. Au lieu de se développer normalement connue ill eût lait dans le tulie digestif, un Ténia égaré, au milieu des tissus devient monstrueux et passe à l'état de Cysti- cerque. C'est ici le moment d'exposer l'ensemble des idées émises par M. Van Beneden dans le mémoire cité plus haut. Aux yeux de ce naturaliste, il n'existe aucune différence fondamentale entre les Trématodes et les (Cestoïdes arrivés à l'étal parfait ; mais ces der- niers n'atteignent à leur forme détinitive qu'en passant par divers états, et en particulier par l'état de Cystique ou de Ver à vessie et de Cestoïde ou de Ver rubanaire. T>ans c(>tte manière de voir, le Cysti- cerque, loin d'être un Ténia déf(»'mé et devenu monstrueux, est un jeune Ténia possédant ses formes normales ; mais, à son tour, le Ténia développé ((ui en provient n'est (pi'uue forme transitoire. En oulre,demonozoïque<[u'il était jusque-là, il estdevenu polyzoïque. Chacune des articulations doit se séparer à son tour, ac( juérir seule- ment alors tous ses caractères, et vivre d'une vie indépendante. Ce dernier état, dans lequel le Ver complètement adulte a retrouvé l'in- dividualité et ressemble à un Trématode, est désigné par M. Van Beneden par le terme général de Proçjlotlis, emprunté à M. Dujar- din. L'état de Ver rubanaire est appelé Strobila, nom sous lequel Saars avait désigné un de ces Poh^jes liydraires qui semblent se fractionner en Méduses. L'état de Fer à vessie eii\ nommé Scolex, terme générique employé j\isqu'ici pour des Intestinaux agames assez mal caractérisés . Enlin, sous le nom de Proscole.r, .M. Van Beneden désigne les larves armées de crocl ici qu'on observe dans lesonifs mêmes des Ténias. Ou voit que le naluraiisle helg(> fait à l'histoire lies Cestoïdes une large apiilication des noiions acquises par l'étude du développement des Acalèphes. Dans les idées de M. Van Beneden, le Cyslicerque, scolex d'un Ténia, persiste dans son état de Ver simpli^ cl agame aussi longtemps SIR LHELMINTHOLOGIE. 17 qu'il reste dans les tissus où il s'est (léveloppô. Pour devenir 5iTEK. section. Qucl(jiies uns sont ovovipares ; la pliiiiart pondent dos o'uts qui se développent au dciiors, et (]ui sont toujours très jielils et très nombreux. Tontes les espèces appartenant à cette section parais- sent soumises aux méimnorplioses dont nous avons parlé [ilus liaul. En abordant celte étude diClicile , l'auteur a repris d'aljord les observations laites par Siebold sur le Monostomum mulabile , dès 1835. Il les a complétées, étendues, et leur a donné une sipni- lication toute nouvelle, (j)nime l'iiabile iialui'alisle ;dlemand, noire auteur a vu le vitellus se changer en embryon cilié dans la matrice même de la mère ; il l'a vu sortir de ce n'sei'voir et nager en loiu-- billonnanl , |)uis bientôt s'arrêter, se d('conipiiser eu laissant à sa place un corps vivant, que Siebold avait considéré comme un para- site nécessaire, pouvant peut-être se transformer en s|iorocysle, ci que .M. Dujardin a regaaié comme un simple organe. Pour l'auteur que nous analysons, lalarveciliée sortant de l'œu l'est un proxco/eo-, et le corps énigmalique de Siebold et de Dujardin est le véritable scolex ; celui-ci pousse par gemmation interne dans l'intérieur du proseolex. L'auteur décrit avec soin son développement et la l'orme singulière qu'il al'l'ecte. 11 a cherché, mais vainement, à le suivre; dans s(?s transformations subséquentes en l'inoculant d'une manière directe ou indirecte à des .Mollus(pies, à des larves d'Insectes, etc. Cet insuccès nous surprend peu. Le Monostomum mutabile n'a en- core été trouvé, croyons-nous, (pie ciiez desOiseaux a([uati(pies, et l'auteur eût été peut-êtic plus heureux eu expérinientaul avec ces animaux. Quoi (pi'il en soit, la chaîne des observations se trouvait ainsi interrompue. Heureusement, parmi les .Mollusques examinés par l'auteur , il s'en est trouvé qui portaient des parasites très sem- blables par leur l'orme et tous leurs autres caractères aux Scolex de Monostonie ; ceux-ci ont pu être suivis juscpi'à leur transformation en Distomes. L'auteur a donc parcouru le cercle embryogénique tout entier, cercle dont ses prédécesseurs n'avaient exploré que des segments. Prenons pour exemple ce qui se passe dans le Distoma militare. A l'état de scolex (sporocyste des auteurs), ce Ver habite les or- ganes de la Paludine vivipare ; c'est alors une sorte de gaîne arron-. SIR LHELMINTHOLOGIE. 25 (lie, portant en arrière deux courts appendices latéraux, ne possédant d'autre organe qu'un tuhe alimentaire terminé en cœeum et logé dans la cavité générale du corps. A mesure que cette gaine prend d(^ l'accroissement, on voit des espèces de vésicules germer sur les l)arois internes de cette cavité, se détacher, et tomber dans le liquide qui la remplit. Là ces vésicules se développent comme de véritables spores. Mais ici se présente une circonstance bien curieuse : tantôt ces spores se transt'ornient directcuicnt en progiotlis (Cercaires des anciens observateurs) ; tantôt elles deviennent des scolex semblables à celui qui leur a donné naissance, et qui produiront plus tard des Cercaires; tantôt enliii on trouve à la fois dans la même cavité des scolex et des proglottis croissant simultanément. Ces faits, annoncés pour la première fois par Siebold, ont été confirmés par SIeenstrup et par l'auteur du travail que nous analysons. Ainsi, dans ces sin- guliers êtres, non seulement la forme embryonnaire est séparée de la forme définitive par de véritables générations, mais encore le nombre même de ces générations peut varier dans certaines limites. L'organisation des proglottis (Cercaires) qui se développent dans le corps des scolex (sporocystes) est bien plus compliquée que celle de ces derniers, et varie d'ailleurs d'une espèce à l'autre. Ceux qui doivent donner naissance au Distoma 7nilitare acijuièrent succes- sivement leur queue caractéristiqtie , un appareil digestif bifurqué pourvu d'un très fort bulbe (csopbagicn , un appareil sécréteur destiné à se compléter plus tard, enfin les crochets en couronne de hCercaria echinata. Alors les parois du scolex, distendues par raccroissenient d'une génération trop nombreuse , se rom]ient , et les proglottis deviennent libres. Us nagent d'abord avec beaucoup de rapidité, non plus à l'aide de cils vibratiles, mais en se servant de leur queue à peu près comme des têtards de Grenouilles. Puis, s'ils viennent à rencontrer une larve ou un ^loUusipic dont les tissus con- viennent à leur développement ultérieur, ils se fixent, et alors com- mence [>our eux une nouvelle période embryogénique. Ces proglottis perdent d'abord leur queue devenue désormais iiuitile; |iuis ils exsudent par tous les points du corps un licjuide visqueux qui se durcit et les enveloppe entièrement. Ainsi eidiystés, ils deviennent le siège de phénomènes comparables à ceux iiu'on a 26 DE «UATREFAGES, VAN BENEDEN KT KUECHEIVIHEISTER. obsorvcs depuis Icingleinps chez les Jlouclies. Les urgaiies déjà existants se coin|ilètent et prennent leurs formes et leurs propor- tions détinitives. En même temps on en voit paraître de nouveaux, et entre autres les organes génitaux, représentés jus(iue-là seule- ment par une masse granuleuse et amorphe. Dès lors , la Cercaire s'est transformée en Distome ; le proglotlis est devenu un individu adulte et complet. Indépendannncnt de la Cercaria echinata et du Distoma militare, l'auteur a rattaché l'un à l'autre , à titre de scolex et de proglottis d'une même es|)cee, le Bucephalus polymorphus de Baer et le Disloma duplicatum ; il a de plus fait couiiaitre le scolex du Distoma retusum{\)\i}.). Mais nous ne pouvons le suivre dans ces détails, non plus que dans l'exposé dos faits relatifs à la conjugaison de cer- tains ffeluiinthes ; nous préferons passer de suite au (lévelopi)ement des Ccstoïdes. (^Iiez ceux-ci, comme chez lesTrématodes, il existe des espèces à développement simple et direct. Telle est du moins la consé(]uence qui ressort pour nous de ce que l'auteur rapporte lui-même sui- l'endjryogénie du Caryophi/lleus mutabilis , bien que, entraîné peut-être p;ir ses idées générales , il pm'aisse avoir emiirassé une autre opinion. Les Caryophyllées sont une exception peut-être uui([ue parmi les Cestoïdcs. Toutes les autres espèces paraissent, eu effet, destinées à subir des métamorjihoses plus ou moins semlilables à celles des Trématodes, avant d'atteindre à leur forme délinitive. Alin de don- nei' une idée de ces phénomènes, nous prendrons pour exemple ce qui se passe chez les Ténias. En acceptant comme exacte une observation récente de Stein, rapportée par l'auteur, mais qu'il n'a pu vérilier, la larve à six cro- chets résultant de l'orgimisation du vilellus sortirait de l'icuf, et vi- vrait ([uelque temps sous cette forme, considérée par notre auteur comme un proscolex. Dans son intérieur se développerait, par gennnation, le scolex ]iroprement dit, qui porterait la couronne de crochets caractéristiques de certaines es|ièces de Ténia. L'observa- tion de Stein, unique jusqu'à ce jour, peut laisser du doute sur ces premières phases du développement des Ténias ; mais il n'en est SUR l'helminthologie. 27 |iiis (le même des suivantes. Le scolex de ces Intestinaux est connu depuis bien longtemps sous le nom de Cysiieerque. 11 peut être considéré comme le lype des Vers à vessie, cl les expériences de Kuechenmeisler nous oui appris ([ue, placés dans des ciiuditidus convenables, ces scolex se transforment en Vers rubanaires. Mais là no s'arrèlenl |ias pour noire auleur les Irauslormalidus du Cesloïdc ; selon lui, cliaciue arlicle de ce long cliapelcl est un indi- vidu qui doit se compléter successivement, et, dans la plupart des espèces, mais non dans toutes, se détacher et vivre d'une vie indé- pendaule. L'auteur a présente un prand iiiinibre de laits à l'appui de sou opinion. En répélaul les ex|)ériences de Kuechenmeisler, il a suivi avec soin les transformations des (lysticcnpics doimcs en pâture à des Chiens ipie l'on luail à ilivcrs intervalles de temps. Il a vu ainsi les ('yslicerques perdre leur vessie, puis germer en arrière en pré- senlaul une exln'rnité postérieure bien caraclérisée par sa forme, sa moliilili' et rcxistcnce d'iuie vésicule pulsalile , dépendanic île l'appareil excréteur et s'ouviant au dehors jiar unoriiice (Hslinct. A mesure (|ue le corjis s'aceroîl, on voit se former des jilis transver- saux (]ui indi(|ueiit la séparation des articles. Ceux-ci mûrissent suc- cessivement en conmiençant par la partie postérieure du Ver, et quand le moment est venu, l'exlréniité qui portait la vésicule con- tractile se d('taclie et n'est pas remplacée ; puis chaque article à son tour se sépare du chapelet, en jjrocédant toujours d'arrière en avant. L'ensemble des articles est pournotre auteur un strobila, et chaque article est un proçilottis. Si ces jirogiollis, isoles comme nous venons de le dire, acqué- raient toujours des organes nouveaux, leur individualité eiit été bien dil'llcilc! à Illettré eu doute, et l'oiiinion de ^'allisuieri n'eût pas été aussi facilement écartée par celle de Zédcrctdc Rudoiphi. .Mais il n'en est pas ainsi. Nous ne connaissons môme qu'un fait bien pré- cis di' ce ^'cnrc, l'ait qui parait avoir échappé à notre auleur, et qui doit d'autant luoins être révoqué en doute, ([u'il a été recueilli par un naturaliste formellement jiarhsan des croyances généralement re- çues. y\. Dujardin a décrit et figuré, dans les proglottisdu Tœnia pislillum, une espèce de ventouse qui s'est formée seulement après 28 DE QVATREFACiES, VAN BENEDEN ET kUSCBENHEISTER . la séparation de l'article. Souvent il arrive, au contraire, que le profflottis isolé semble se déformer et que les organes internes de- viennent moins dislincts. Mais leur atrophie réelle ou apparente résulte seulement du développement des œufs et de la matrice qui les renferme, hwiuelle envoie des prolongements en tout sens, jus- qu'au moment où, par suite de l'accroissement des germes, ses parois et celles du proglotlis lui-même se trouvent rompues. Dans l'état où la science se trouvait il y a peu de temps, regarder les Cestoides comme des agrégations d'individus , devait paraître une liypotlièse bien hasardée. Plus tard, (iuoii[ue pouvant s'appuyer sur un certain nombre de faits, cette doctrine heurtait des opinions trop fortement enracinées pour ne pas être d'abord repoussée avec vivacité. Aujourd'hui encore on ne peut l'accueillir qu'avec quelque réserve ; toutefois nous ne craignons pas de dire qu'elle est pleine- ment d'accord avec les résultats que les recherches les plus récentes nous ont acquis sur l'histoire de divers groupes d'Invertébrés et des Intestinaux eux-mêmes. Cette manière de comprendre la nature des Cesto'ides peut seule entre autres, selon nous, exiiliquer les phénomènes d'accroissement et de modilications organiques obser- vés dans les articles isolés des Ténias. Si ces articles isolés continuaient seulement à se niouvoir, s'ils changeaient seulement f|uelque peu de forme extérieure , ce serait là de très faibles arguments en fa\eur de la polyzoïcilé. L(^s frag- ments de plusieurs animaux inférieurs bien évidennncnt monozoï- ques |irésenlent des faits de ce genre, (M l'un de vos commissaires a souvent insisté sur ces jihcnomènes ; mais il n'en est pas de même d'une augmentation de volume telle que, dans certains cas, un ar- ticle ainsi isolé atteint des dimensions égales à celles du sirobila entitu'.Jamaisde simples fragments ne se conduisent ainsi, à moins (ju'ils ne soient chargés de reproduire l'animal primitif. La dégradation que subissent les (iroglottis par suite des progrès de l'âge, leur transformation, chez certaines espèces, eu une sorte de gaine presque exclusivement envahie par les leufs , sont encore des faits très importants. Si un certain nombre d'organes s'atro- phient pendant cette période de leur existence, on voit (jue d'au- tres , au contraire , ne preuncnl ([u'à celle éiioque tout leur déve- SIR l'helmimhologie. 29 loppement. Or, ceux-ci sont précisément ceux qui doivent acquérir alors leur maximum d'énergie pour assurer la propagation de l'es- pèce. 11 se passe donc ici un de ces phénomènes de balancement si communs dans les êtres vivants, qui ne s'observent que là , et dont surtout rien ne donne une idée dans un véritable fragment d'animal. Peut-être ré[iugne-t-il à ipielqucs esprits d'admettre qu'après avoir vécu longtemps sous des formes transitoires, un animal ne passe f[ue fort peu de temps sous sa forme définitive ? IMais, jusque chez des animaux relativement très supérieurs , nous connaissons des faits de même nature. Nous n'avons qu'à nommer la classe des Insectes en gém-ral, cl les K|ih(''nièrcs en iiarliculicr. Sans doute il peut parailre l'Iraiige ipTiin aiiiiiiai adulte se dé- grade au point de ne devenir i|ir\ine espèce de sac à (cufs , et de ne jouer le rôle ijue d'une niacliine :"i dissiMiiiiialion. .Mais encore ici , nous trouvons des faits ]iresi|iie identiques chez des animaux beau- coup plus élevés. Personne n'ignore aujourd'hui l'histoire desLer- nées femelles , et les élranges déformations qui avaient conduit Cuvier à placer ces Crustacés ]iarmi les Vers intestinaux. D'autre part, un de vos commissaires a montré, dès 1843, que chez les Syllis il y avait production d'un animal différent de son parent , et produit tout exprès pour servir de magasin aux éléments mâle ou femelle de la reproduction, et d'instrument pour la fécondation et la dispersion des germes. Quoique jouissant d'une vie plus longue et plus com- plète dans ses manifestalions , les Mi'duses issues des Polypes hy- draires ou ranieux doivent surtout remplir celte fonction. Le fait attribué aux proglottis dans les idées de notre auteur n'aurait donc rien d'exceptionnel. La continuité de certains organes ou appareils qui passent , sans hiterruption, d'un article à l'autre, chez les Cesto'ides, ne saurait davantage être un argument contre l'individualisation de ces articles. Dans les .Mii'ianes , dans les Syllis, étudiées par M. Edwards et un autr^de vos commissaires, le tube digestif, le système nerveux, se prolongent liien manifeslemcnl jns([u'à l'extrémité de l'agrégation formée jiar l'animal primitif et les individus advenlifs. On voit qu'il est facile de défendre la doctrine des naturalistes qui regardent les Cesto'ules conune des êtres polyzo'iques. Loin d'en 30 DE QCI4TBEFAGESI, VAN BENEUEN ET KVECBEniMEISTER. l'aire des êtres à part , cette manière d'envisager les faits permet de classer les phénomènes que présente leur histoire à côté de phéno- mènes semblables i|ui se montrent chaque jour plus nombreux. Toutefois , nous le ré[>étons , votre commission n'a pas cru ilcvoir regarderie problème comme définitivement résolu. A l'appui de ses idées sur le développement et la nature des Ces- toïdes , l'auteur rapporte un grand nombre de faits recueillis dans d'autres groupes que les Ténias , et en particulier dans la famille des Tétrarliynijues ; mais, de quelque intérêt que soit celte partie du travail, nous devons nous borner à la mentionner. Après avoir étudié sépai'ément les Trématodes et les (]estoïdes , l'auteur compare soigneusement ces deux groupes, appareil par appared et fonction par fonction. Il signale, sans doute , des diffé- rences; mais les ressemblances lui paraissent l'emporter , et d est ainsi conduit à voir dans lesCestoïdes adultes , c'est-à-dire arrivés à l'état de proglottis , des Trématodes inférieurs , dans les Vers ruba- naires (^Ténia, J3othriocépbale, Tétrarliyncpie, etc. ),de simples agré- gations de Trématodes en voie de développement. Quelque hardies i|ue puissent paraîlre ces conclusions, nous ne pouvons niéconnaitre ([u'clles semblent cire la consé(|uence logique des faits énoncés par l'auteur ; mais peut-être ces conséquences sont-elles un peu forcées. Sanseuh'cr ici dans une discussionque le temps ne nous pcrmcl pas, nous nous bornerons à dirt> (jue les raisons employées par l'auteur pour faire rentrer le Caryophyllœm dans sa fornude gi'iiérale nous semblent plus ingénieuses (|ue fondées , et que ce Ccstoïde , à tête caractéristique, mais à corps lisse et qui ne se segmente jamais, doit jieul-êtrc fournir le vrai point de dé|iarl dans l'apprécialion des affinités existantes entre les Cestoïdes et les Trématodes. La (luatriènie partie de ce h'avail est consacrée , avons-nous dit, à l'étude delà génération alternante et des phénomènes qui s'y rat- tachent. Ce chapitre est extrêmement intéressant par le nombre des faits que l'auteur réimit, grou[ie et compai'e ; mais nous ne pouvons le suivre dans le développement de sa pensée. Nous nous bornerons à dire que l'auteur trouve, chez les animaux, deux modes généraux de reproduction. Dans l'un, les sexes interviennent; dans l'autre, ils n'interviiMuient pas. Tout animal qui n'emploie pour se propa- sin l'helminthologie. 31 ger {uc chaque t^te de Cœnure donnait naissance à un Ténia. 36 DE QUATREFAGE9, \AK BENEDEN ET KUECHENMEISTEB. la tua le dix-septième, et l'auteur trouva en divers points de l'encë- piiale quinze petites vésicules qu'il considéra comme de jeunes Cœnures envoie de dévelo}ipement. Pour vérifier cette conjecture, l'auteur se procura un grand nombre de Jloutons affectés de la même maladie, et en les suivant pendant plusieurs mois, en exami- nant des tètes de huit en huit jours, il parvint à faire l'embryogénie de ces singulières larves de Ténias. Il vit la vésicule se montrer d'abord isolée et sans tètes ; puis il vit celles-ci germer à la surface de cette espèce de cellule-mère et se caractériser progressivement. On comprend d'ailleurs que nous ne pouvons entrer dans les détails que renferme le mémoire. Le travail dont il s'agit est accompagné de planches et de plu- sieurs préparations. Les premières sont exécutées avec soin, mais évidemment incomitlètes au point de vue anatomique. Quant aux préparations , un grand nombre ont souffert et n'ont rien pu nous apprendre. Heureusement, parmi celles qui ont résisté, il en était de fort importantes, entre autres celles qui montrent la ti-ansformation des Cysticerques en Ténias , les premiers développements du Ver rubanaire, et surtout la déformation qu'il éjirouve lorsf|u'on le trans- porte dans la cavité péritonéale. Aussi tous ces faits paraissent-ils à votre commission avoir été nettement établis. En revanche , vos commissaires croient devoir laisser à l'auteur toute la responsabilité des hypothèses plus ou moins probables par lesf|uelles il cherche à expliquer la dissémination des Helminthes. Ils croient encore devoir faire toutes réserves au sujet de quelques opinions émises par l'au- teur , entre autres au sujet du polymorphisme et de la nature des transformations subies par les Intestinaux. En employant, dans les expériences analogues à celles dont nous venons de parler, l'Échinocoque des vétérinaires, M. de Siebold a également obtenu un Ténia, t^es expériences, publiées en 1852, ont été répétées par notre auteur, qui a trouvé le même résultat. L'histoire des Vers cystiques, histoire qui pouvait être regardée, il y a deux ou trois ans à peine, comme un des plus obscurs mystères de la zoologie , est donc aujourd'hui à peu près comme. Tous ces Vers ni! sont que des espèces de lai'ves, ou mieux des nourrices, se- SLR l'helminthologie. 37 Ion l'expression de Steenstrup. Parmi elles , il en est i|iii resleiil toujours simples comme les embryons à six crochets qui leur ont douiKi naissance; les Cysticerques sont dans ce cas. D'autres se multiplient par gemmation interne ou externe , comme le font les Échinocoques et lesCœnures. Toutes doivent en définitive donner naissance à des Ténias. L'auteur du mémoire n° 2 a contribué pour une i)arl considérable à l'acquisition de ce résultat, naguère bien diriicilc à prévoir. Le premier, il afoifusagede rexpérimentation directe pmu- résoudre ces dilliciles probicmes. Seul , il a iiarconru e\p(''rimcutalement le cercle complet de l'évolution d'un Cestoïde. Aussi, malgré les la- cunes que présriilesuii travail, votre commission l'a-t-cllejugé très digne d'une récompense. La commission, à l'unanimité, accorde : 1° Le [)rix à lautcur du mémoire inscrit sous le n* 1, dont l'au- teur est M. G.-J. Van Beneden, professeur à l 'Université de Lou- vain ; 2° Une mention honorable à 31. Frédéric Kuechenmeister, à Zittau (Saxe), auteur du mémoire inscrit sous le n° 2. Elle propose à l'Académie de joindre à cette mention une médaille de 1 ,500 fr. , à prendre sur les reliquats des prix Montyon ; 3° Votre (lommission d(;mande, en outre, et à l'unanimité, que le mémoire n° 1 soit imprimé aux frais de l'Académie. PUBLICATIONS NOUVELLES. Ëtudes physiologiques sur les animalcules des Infusions végétales, comparés aux organes élémentaires des végétaux, pnr M. Paul Laurent, professeur à l'Ecole forestière de Nanev, tome I", iii-i. Nancy, 1S5/Î. L'auteur annonce que par l'introduction de matières azotées dans les liquides où il élevait ses Infusoiros , il est parvenu à déterminer chez ces animalcules une croissance extraordinaire, et à leur faire acquérir des dimensions telles qu'il lui était souvent possible de los apercevoir à l'œil nu , et facile do les étudier avec un microscope dont le pouvoir amplifiant ne dépassait pas 400. L'espace nous manquerait pour examiner ici les opinions de M. Laurent touchant l'origine de ces petits êtres et leur physiologie, mais la tendance générale de ses conclusions est indiquée par l'épigraphe de son livre : E stercore margcirila. United States ExpJoring Expédition. Cruslacea, Ly J. Dana , 2 vol. iii-Zi. Philadelpliia , 1852. Le texte de ce bel ouvrage vient d'être publié , mais l'atlas qui doit l'accom- pagner, et qui se composera de 96 planches in-folio, n'a pas encore paru, et par conséquent nous croyons préféralile do nous réserver d'en ]iarler avec plus de détail par la suite; cependant l'importance de ce nouveau travail de M. Dana est si considérable, que c'est pour nous un devoir don annoncer la publication aux carcinologistes. Monograph of ihe British Fossils Corah , by H. Milne Edwards aiul ,1. IIaime , m-h. La quati'ième livraison de cette Monographie vient d'être publiée par la Société paléontographiquc de Londres. Elle est consacrée aux Polypiers dévoniens et accompagnée de 1 planches. Histoire naturelle générale des règnes organiques , par M. Isidore Geoffroy Saint-IIilaire, tome I". Cet ouvrage, écrit d'une manière élégante et lucide, sera lu avec plaisir et prolit par les philosophes aussi bien que par los naturalistes. Dans le premier volume, l'auteur présente d'abord un tableau rapide des progrès et des tendances des études zoologiques et botaniques, depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque actuelle; puis il traite de la mallicsiologie, ou des rapports et de la clas- sification des sciences en général. Le second livre de ce volume est consacré à la méthode dans son application aux sciences naturelles. Gênera des Coléoptères ou exposé méthodique et critique de tous les genres proposés jusqu'ici dans cet ordre d'insectes, par M. Lacor- DAiRE, tome l", iii-8. Cet ouvrage forme partie de la collection des Traités d'histoire naturelle que M. Uoret publie sous le titre de Suites à BuIJon. Le volume que nous annonçons contient les Cicindélcles, les Carabiques, les Dytisques, les Gyrinides et les Pal- picornes. Specics général des Lépidoptères, par MM. BoiSDUVAL et Guenée, in-8 (Suites à Buffon, publiées par Rorel). Le huitième volume de cet ouvrage, contenant l'histoire des Dello'ides et des Pyrolites, par M. Guenée, vient de paraître, et est accompagné de huit planches. MONOGRAPHIE DES BALISTIDES, Par M. HOLLARD. DEUXIÈME PARTIE (1). ÉTL'DE DES GENRES ET DES ESPÈCES, Division de la famille des Balistidcs en groupes génériques; coordiiiatiuu de ces groupes. G. CiiviiT, qui nii- si'mljlp avoir donné le |iiviiii('ruiieili\ision ra- tioniiollL' du grand giMii'c Balistes de Linné, y reconnail f|natrc groii|ios distincts, dont iliaisaiUiuatre sous-genrcs sous les noms de Balistes proiirement dits , de Monacanthes, A'Alutèresei de Tria- canlhes. Ct'lt(Miivision rojiose sur la considération des différences de l'ccaillure, du nonibredes rayonsde la dorsale épineuse, et des pièces (jui reiirésentent le nieiui)re abdominal. Les Balisles proprement dits sont couverts de grandes écailles tuberculeuses, et ont trois rayons à leur première dorsale Lesjl/o;ir!ra;î//(eA'out uneécaillure à petits éléments désordonnés, spinoïdes , deux rayons dorsaux éjjineux , dont le second rndimen- taire etrexirémité du Ijassin en saillie. Les Alutères, avec le même type d'écaillure et les mêmes rayons dorsaux (]ue les précédents, ont le bassin complètement caché. Les Trinranlhes , avec une écaillure (|ui leur est prostré , ont , outre le grand rayon de la dorsale ("pineuse, deux rayons très forts articulés avec le bassin, et qui représentent une paire de nageoires ventrales. Les Balistes, les Mnnacanthes et les Triacanthes, constituent des genres bien caractérises ; mais les Alutères ne sonlévidenunent que des .Monacanthcs à bassin caché. Quelques espèces de ce groupe (I) Voir, pour la première partie, Amiales des sciences nalurellet , 3' série, tome XX . p 71. ho HOLLARD. joignent!! cofanicliMO <|iU'l(|iiesparticiilarit(''siiLii |]cu\cnt atilurisf-r à 011 l'iiiiT un soiis-{;onro ; mais ce serait aller trop loin ([ue de les ériger en coupe p;éiiéri(|iie, d'autant plus iiu'oii n'arrive àccs espèces que par des transitions très nuancées. Le fïenre Baiistapus, proposé par Tilesius, repose sur l'oniission delà saillie pelvienne dans un dessin de Krusenstern, qui évidem- ment se rapporte au 5f(/iste //«ea(»«, Sclm., espèce pourvue de cette saillie. Quant au gmrc Xenodoii , iiislitiié|iar .M.Kiip[iel \){)urhB(ilisle noir de Lacépède, nous ne saurions non plus radiiiettre, vu 1(^ jieii d'importance du caractère (pii le inotivc , savoir la longueur et la forme insolite des deux dénis ipii suivent de coté et d'autre les moyennes supérieures. Ainsi la famille des Balistides ne comprend réeli(>menl, dansl'état actuel de nos(X)nnaissan(u^s, (pie trois genres bien nettement carac- térisés, les genres Baliste, Monacanthe et Triacanthe. Dans quel ordre relatif se disposent ces trois groupes? C'est ce que vont nous dire les plus importants des caractèrcsqui lesdistin- guent, ceux ([ue fournissent, d'une part, les rayons de la dorsale épineuse, de l'autre, l'écailhire. Les Triacanthes, avec leur grand rayon dorsal, suivi de quatre autres rayons épineux, avec leurs rayons alidoiuinaux, avec leur écaillure nacriMMpie parcourt une ligne lat(''rale continue, prennent ici le premier rang, comme se rapprochant plus que les deux autres genres du type normal des Poissons ordinaires. Les BaUstes viennent en seconde ligne, en raison de leur dorsale épineuse composée encore de trois rayons, du développement et de la régularité de leur écaillure, delà fréquence de la ligne latérale. Les Monacantlies, réduits à deux rayons épineux dorsaux, dont un seul évident, et revêtus d'une écaillure qui semble une dégéné- rescence de celle des Balistes, sont le troisième terme de cette série. S'il fallait justifier cette coordination par de nouveaux faits , je pourrais encore citer la réduction graduée du nombre des dents, et la simplification des rayons de la dorsale molle, de l'anale et de la caudale. Mais il est inutile d'anticiper davantage sur la caracté- MOiNOGRAPHlt; DES BALISTIDES. 41 ristique des groupes qui vont nous occuper, et il est temps d'abor- der l'étude particulière de ceux-ci. [. — Genre TRIACANTHUS Cuv. Caractères. — Dorsale épineuse de cinf[ rayons, dont le premier au moins très prédominant. — Yen traies représentées par une paire de rayons épineux très robustes. — Deux rangées de dents à (1^(^10 mâchoire. — Mâchoire supérieure protractile. — Écaillure nacrée, à très petits éléments irrépuliers et désordonnés, surmonté's d'une ou deux ai'ètes entières ou denliculées. — Ligne latérale continue et constante. Détails descriptifs. LesTriacanthes ont une physionomie générale qui les sépare déjà très nettement des autres Balistides. Leurs formes sont longues, et médiocrement élevées en avant, très basses en arrière. La région céphalique est proportionnellement courte ; elle continue à s'élever bien au delà de l'o'il, le(|uel se trouve ainsi plus loin du sommet de la tête, et plus près delà bouche que dans les genres suivants. La dorsale épineuse , placée, par cette même raison, à une cer- taine distance au-dessus et en arrière de l'œil, se compose de cinq rayons. Le premier de ceux-ci est très long et très robuste, de forme conique, aigu, creusé en arrière, articulé à charnière et d'une ma- nière très simple sur sa pièce de support, comme nous l'avons dit et montré en trailant de l'ostéologiedes Balistides (l). L'écaillure, en se prolongeant sur les faces antérieure et latérale de cette épine, rend sa surface rugueuse. La deuxième épine est ordinairement courte, cl, quoi(pie rapjirochée de la première, ne remplit pas à son égard, vu la simplicité de son articulation, le rôle qu'elle joue chez lesBalistes. Les rayons suivants forment une série décroissante, et n'olTrent aucune particularité digne d'être remarquée. Il n'existe aucune trace du sillon qui reçoit, dans les auh'cs genres, les épines de la première dorsale lorsqu'elles s'abaissent, et on se souvient que (!) Première partie, 3' série, tome XX , page 102. ^ HOLLABD. la pièce qui les supporte n'olCre pas la moindre dépression médiane chez les Triacanthes. La dorsale niollp, séparée de la précédente par un ('s|iace consi- dérable, a, ren)ar(juons-ie bien, ses rayons divisés [lar une doulde bifurcation. Il en est de même de l'anale, cpii, beaucoup plus courte que la [irécédente, ne répond qu'à la moitié postérieure de celle-ci. La caudale est largement bilobée, et se compose de douze rayons très inégaux. Les deux extrêmes sont courts et indivis , les médians plus courts encore et très divisés; à partir de ceux-ci, de côté et d'autre, la croissance est rapide jusqu'aux pénultièmes. Les pectorales sont médiocres et de (pialorze rayons à double bifurcation. Les ventrales sont représentées chez les Triacanthes jiar une paire de gros rayons épineux , qui rappelleni par leur dévelo[ipc- hient le grand l'aybh de la {tremière dorsale, et composent avec ce dernier la triple arnuu'o dont a été tiré le nom du genre qui nous occupe. J'ai dit, en traitant du squelette, comment, une lois écartées du corps, ces épines ventrales se trouvent solidement assujetties dans cette position au moyen d'une apophyse qui vient s'appuyer sur l'os du bassin et s'engager dansime raimux- latérale ; puis com- ment cette apophyse se dégage de celle-ci par un mouxement de rotation du rayon sur son axe, lorsque le Poisson veut ramener ses ventrales à leur position primitive. Le bassin des Triacanthes, quoique très immédiatement couvert par la peau sur la ligne médiane, ne forme pas de pointes saillantes par son extrémité; le tégument qui le sépare de l'anus ne consti- tue pas un pli en réserve, et n'olTrc aucun caraclcrc particulier. Le système dentaire est plus complet ici {|nc dans les geiu'cs sui- vants; car non seulement le nondire des dents de la raugée aiili'- rieure est plus considérable que dans ceux-ci, étant de dix à chaque mâchoire , mais il existe, en outre, un second rang en bas comme en haut ; seulement ce deuxième rang inférieur ne se compose que de dedx dents. Les dents de la première rangée sont en forme d'inci- sives, à couronne droite et tranchante ; celles de la seconde ressem- blent à des pavés inégaux. Rappellerai-je que la mâchoire supérieure est protractile, le prémaxillaire, prolong(> supérieurement en une MONOGllAl'HlE DES BALISTIDES. W tiffeiiTS libre et très mobile, glissant tle haut en bas dans une cou- lisse, qui a pour plancher la face supéricOTe de rcthnioïde et du vonier, et pour voûte une lanpielle de tissu fdireux ? L'éeaillure des Triaeaiilhes se compose de très petites squames oblong:ues, disposées sans n-gularité, et surmontées d'unt arête qui occupe leur' grand diamètre, augmentant de hauteur en approchant du centre , et souvent croisée ou seulement rejointe par une arête transversale. La plupart de ces saillies ont leur liord libre découpé en petites dents plutôt tuberculeuses que spinoïdes, et visibles seu- kment à l'aide de la loupe. Un des caractères de l'éeaillure de ces Balislides est la teinte nacrée (ju'elle présente sur une grande }iartic du corps et même sur les rayons épineux. Enfin on voit s'y dessi- ner très nellcmenl une ligne latérale qui, divisée en plusieurs bran- ches sur kl tète, se montre simple et continue sur le tronc, et ne subit (pi'une légère llexion en atteignant la région caudale. En parlant de la teinte nacrée des Triacanthes j'ai anticipé sur ce qui concerne leur système de coloration , j'en ai même signalé la circonstance la plus frappante : en etfet, il n'y apas ici de dessin pro- prement dit, elles couleurs se distribuent par teintes générales, plus ou moins foncées vers le dos, claires vers les régions inférieures. La base de la grande épine dorsale estpres(pie toujours tachée de brun ou de noir. Les Ti;iaj?anthes, si je ne me (rompe, n'ont été rencontrés et si- gnalés que dans la mer des hides et dans les eaux voisines. Ceux du Muséum proviennent exclusivement des mêmes régions maritimes. Synonymie. — Jusqu'au moment où George Cuviera institué le genre (pii nous occupe, les Poi.^sonsqui le composent figuraient au nombre des Balistes sous le nom de Batistes biaeutealus ; ils étaient ainsi tous confondus dans un même groupe S[iéeifique. En comparant entre eux, avec soin, les Triacanthes de la collec- tion (lu 5his(''um, j'ai constaté ({u'ils se rapportent à trois espèces bien distinctes, et j'ai reconnu deux de celles-ci, l'une dans les dessins dé Bloch, l'autre dans ceux de Russel (1). Les différences qui nous tes ' [t] \oYCZ ses Poissons (le la côte de Coromande! , 2 volumes in-folio. Dans l'exemplaire de cet ouvrage que possède la bibliothèque du Jardin des plantes, unenote écrite au crayon de la main de M. Valencienncs m'a appris que j'avais 44 HOLLABU. désignent comme autant d'espèces sont fournies par les formes et les proportions de la tète, par les dimensions des épines de la première dorsale, par la hauteur et la longueur de la dorsale molle et de l'anale. Ces différences nous donnent un ordre sériai très évident, comme on s'en convaincra par les descriptions suivantes. 1. Triacanthus brevirostris. Val. PI. II, fig. 1". Caractères. — Profd rapide, de 45 degrés; museau très court; Iront large. — Premier rayon de la dorsale épineuse rolnislc, suivi deipatre rayons courts en décroissance rapide, et dont le dernier est presque caché. — Dorsale molle, trois fois plus haute en avant (ju'à sa terminaison ; anale très haute antérieurement , et formant du troisième au cinquième rayon une pointe très prononcée : D. 5 -I- 25. A. 18. La hauteur relative du corps, la rapidité du prolil, le peu d'espace ((ui se trouve entre l'œil et la bouche, séparent bien cette espèce des deux suivantes, et la largeur de la tète la distingue encore de la se- conde. C'est ici que la dorsale molle et l'anale ont leur maximum de hauteur et le plus grand nombre de rayons. Le système de coloration ne se fait remarquer fiue [par l'étendue et l'éclat des teintes nacrées, et par une tache noire à la base et eu avant du grand rayon delà dorsale épineuse. Voici les proportions du corps : La hauteur, mesurée à la région pectorale et en descendant ver- ticalement du grand rayon dorsal, esi à la longueur, mesurée des lèvres à la naissance de la caudale, dans le rapport de 2 à 5. La ligne de profil, qui descend de ce même rayon à l'extrémité delà bouche, est à peu près dans le même rapport avec la longueur; et ce qu'il faut surtout remarquer ici, c'est que la portion de cette ligne eu l'honneur de rencontrer la pensée de ce célèbre ichthyologiste, et dans la dé- termination de l'espèce représentée par Russel , et jusque dans le nom caracté- ristique que je lui avais déjà donné dans mes premières descriptions. MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 45 qui est au-dessous de l'œil, n'est guère plus longue que celle qui est au-dessus. '■ Des trois espèces que possède le Muséum, celle-ci semble être la moins rare à en juger par le nombre des exemplaires (jui la repré- sentent. C'est celle queRussel a décrite et figurée. Le Triacantiuis brevirostris habite la mer des Indes. 2. Trucanthcs angustifrons , Nob. PI. II, fig. 2. Caractères. — Profil de 40 degrés; museau médiocrement allongé ; front très comprimé. — Premier rayon de la dorsale épi- neuse, un peu tléclii en arrière, étroit, suivi de quatre rayons courts tous apparents. • — Dorsale molle, peu haute, s'abaissant de plus de moitié dans son trajet ; anale formant encore un peu la pointe du troisième au cinquième rayon : D. 5 -)- 2â. A. 16. Cette espèce a déjà le profil plus prolongé que la précédente, et la ligne faciale subit, avant d'atteindre la bouche, une inflexion qui la rapproche de l'horizontaie et projette le museau. L'étroitesse du front est ici tout à fait cara(Héristique. Le premier et grand rayon de la dor.sale épineuse est lui-même assez comprimé. Le deuxième commence brusquement la décroissance de cette nageoire qui s'abaisse à peine avec les rayons suivants, tous à peu près également courts. La dorsale molle perd notablement de sa hauteur dans ce Triacanthe, et la différence entre sesdeux extrémités n'est plus que dans le rappdrt de 1 à 2 1/2. L'anale, (juoique haute, ne forme en avant qu'une pointe médiocre. Le système de coloration est cchni]» brevirostris. La hauteur du corps est à la longueur dans la proportion de 3 à 8. La ligne de pro- fil, depuis la base du grand rayon dorsal, atteint les 2/5" de la lon- gueur. Cette fois la partie de cette ligne qui se trouve au-dessous de l'œil est Ixiaucou]) jilus considérable (|uc celle qui est au-dessus et derrière cet organe. Le T. angmtifrons est l'espèce figurée par Bloch dans sa grande k9l nOLLARD. Ichthyologie. Les exemplaires en sont moins nombreux que ceux du breviroslris ; oependant, j'ai pu en comparer plusieurs, (le Poisson habite la mer des Indes. 3. TriACANTHUS LONGIROSTrilS , Nob. PI. II, fig. 3. Caractères. — Profil do 30 degrés ; museau très avancé; formes allongées ; le front de largeur médiocre. — Deux rayons prédomi- nants à la dorsale épineuse : le .premier égalant la hauteur du corps, le second les 3/5", les trois autres courts, en décroissance rapide. — Dorsale molle très basse, décliuiint de muilié du coinmciii'cmenl àlafm ; anale conservantde la hauteurenavaut, mais i\ décroissance moins rapide que dans les précédents : D. 5 + 22. A. 17. La projection et l'abaissement de la région céphalique, puis la longueiu' extraortlinaire des deux premiers rayons de la dorsale épineuse, caractérisent parfaitement cette espèce. L'abaissement de la dorsale molle est notable ; celui de l'anale est sensii)le, sa ligne de déclinaison élan! uiodérémenl infléchie. Le nombre des rayons de ces deux nageoires molles a encore subi une réduction. Je n'ai plus rch'ouvé dans le système de cciloration la laclie noire qui existe dans les deux espèces précédentes à la base de la dorsale épineuse, sur le premier rayon. Les teintes générales m'qnt aussi pai"u plus ternes et plus grisâtres. Quant aux proportions, celle de labaulour à la longueur est dans le rapport de 1 à 3. La ligne de profil (pii part de la grande épine est encore ici des 2/5" de la longueur, en sorte que la distance de la dorsale épineuse à l'extrémilé du nniseau, quoiqu'elle augmenle dans un sens absolu du premier au troisième terme de la série des Tria- cantbes, reste dans les mêmes rapports avec la longueur ; ce qui change, c'est la proportiim de la longueur à la iiaulenr, le corps s'abaissant graduellement du T. brcvirostrin mi T. loiujirostris, ou mieux sa longueur proportionnelle augmentant d'une manière très sensible. Cette élongaliou modifie du celé de la tèic la posilion de l'œil qui MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 4^ remonte successivement clans Vanguslifrûm et dans le longirostris, ce (|iii le ^approche de sa position la plus ordinaire dans les Balislides. La tente brancliiale, à son tour, de verticale ([u'elic est d'abord, de- vient assez oblique dans cette dei'uière espèce. Enfin , quand , de l'extrême bord de la lèvre supérieure, on tire une droite, qui aboutit à la naissance de la caudale à égale distance de ses rayons extrêmes, on trouve que celte ligne arrive au tiers intérieur de la tente liran- chiale dans le breviroslris ; qu'elle la laisse un peu au-dessus d'elle dans Vaiigustifrons, ct(|u'clle l'entame à peine dans le longirostris^ malgré rallongement que cette l'ente présente cbez ce dernier Tria- cantbe. Ces dil't'ércnc^s sont dues à la projection du museau dans les deux dernières espèces ; car la limite inlerieure de la fente bran- cliiale se conl'ond dans les trois espèces avec celle du tiers inférieur de la hauteur pectorale. Ces considérations , niinutieuses en appa- rence, ont pour but d'établir fpie les modifications des formes et des projiortions du corps dans les Tiiacanfbes sont le résultat d'une aug- mentation de la longueur proportionnelle du corps, fait qui ressort; d'ailleurs très évidemment de la comparaison, dans les trois espèces, de la distance croissante des ventrales à l'anale. Or l'élongation est en zoologie un caractère de dégradation , qui se rattaciie à d'importantes considérations de physiologie et d'anatomie com- pai'éc. Le Triacanthus longirostris n'est représenté dans nos colleclions que par un très petit nombre d'exemplaires. 11 habite les mêmes régions maritimes qus les précédents. 11. — Genre B.\LISTES, Cuv. Caractères. —Dorsale épineusede trois rayons, dont le premier prédominant et plus ou moins robuste, le troisième écarté des deux autres. — Bassin dépourvu de rayons etde tout vestige de ventrales, mais formant à son exiréniilé postérieure une saillie la'rissée d'aspé- rités cl séparée de l'anus par une sorte de fanon épineux. — Bouche non protractile, garnie de grosses lèvres, armée de huit dents mar- ginales à chaque mâchoire , el d'un second rang de six dents en haut. — Écaillure assez régulièrement ordonnée, et composi'c de 48 nOLLARD. squames subosseuses que surmontent des tubercules oudes épines. -.- Ligne latérale irrégulière, interrompue et non constante. Détails descriptfs. Ce genre , composé d'un assez grand nombre d'espèces , nous offrira, dans la plupart de ses caractères, des variantes nombreuses. Il est néanmoins très naturellement limité par ses traits principaux , et je citerai avant tout sa dorsale à trois rayons , et ses grandes squames tuberculées, disposées avec ordre. Les formes des Balistes sont généralement un j>eu ramassées, et prennent souvent une liauleur proiiortionnelle assez considérable ; mais en même temps elles demeurent toujours comprimées. La ligne supérieure du corps, après être montée en dessinant le profil de la tête jusqu'à la naissance de la dorsale épineuse, ne s'élève pas plus liant, et court liorizonhdement jusqu'à la dorsale molle, avec laquelle elle descend très rapidement. La ligne inférieure descend du menton jusqu'à la pointe du bassin ; et quand cette pointe est très saillante, quand elle est soutenue en arrière par un fanon extensible, l'obliquité de la ligne ventrale s'éloigne beaucoup de l'horizontale ; au delà de la pointe pelvienne, elle remonte avec le fanon jusqu'à l'anus, et avec l'anale jus(iu'à la fin de celle-ri ; dans ce dernier tra- jet qui est ordinairement rapide, elle se rapproche de la ligne supé- rieure, dont elle n'est plus séparée que par un petit espace. Avec ce rapprochement, et à celle limite postérieure de la dorsale molle et de l'anale, commence l'élrangleiiient caudal, qui précède l'épatement ou lobule où s'insèrent les rayons de la nageoire terminale (cau- dale). Cette petite région, plus ou moins bicône, qui est si allongée chez les Triacanthes, est presciue toujours courte dans les Balistes; mais elle esten général robuste, et souvent bien année, comme nous le veiTons. La projection de la face varie beaucouj) dans ce genre; mais ce qui ne se voit jamais, (|uelque raccourcie et rapide que soit la ligne de profil, c'est que l'œil soit presque aussi près de la bouche que du sommet de la tête, comme nous l'avons observé chez le Tria- canfiiebréviroslre. On remarque au-devant de l'œil une fossette allongée et plus ou MOSOCRAI'HIE DES BALISTIDES. 49 moins profonde , espèce de larmier dont il est ditfieile de dire la destination. Les narines sont en dehors et an-dessus de cette dépres- sion, occupant elles-mêmes inie [letite place nue et déprimée. LesBalistes atteignent des dimensions fjui varient beaucoup, mais dont le maximum va bien au delà de celui (jue nous offre le genre |irécédent ; certaines espèces m'ont offert jus(prà 60 centimètres de longueiu', et quelipies observateurs parlent de mesures encon» plus considérables. La dorsale épineuse, quoiipi'elle n'offre ici ipie trois rayons, occupe en g(''néral une étendue ]iluseonsidéral)le (pie celle des Tria- oantlies, et sa membrane, prolong(''e au delà i lu dernier l'ayon, atteint souvent le connurncemciil de la dorsale molle. La grande épine varie beaucoup en longueur, en é|iaisseMr, et, quant à sa forme, elle est |ilus souvent courte que longue. Elle s'appuie sur une deuxième éiiinequi conserve une certaine longueur relative. Quant à la troi- sième, elle est très écartée des deux autres, et demeure souvent assez courte pour que sa pointe sorte .seule du sillon (pii loge la nageoire ; (luel(|uel'ois même, elle n'en atteint pas le bord. La dor.sale molle et l'anale se correspondent assez exactement ; la première conunence uji peu plus en avant, mais finit au même niveau que la seconde. Ces deux nageoires, composées d'un nombi-e de rayons qui s'élève souvent au-dessus de trente, et de rayons toujours divisés, sont en géniéTal assez liantes, et plus en avant qu'en arrière. La caudale varie quant à sa l'orme, i|ui est ou fouri'Iuie, ou si- nueuse, ou droite, ou enfin arrondie à son extrémité. Ces différences entrent dans la caractérisli(]ue des espèces aussi bien que celles des nageoires précédentes ; elles comptent surtout parmi les caractères qui servent à la coordination en séries. La pectorale est médiocre dans toutes les espèces, toutefois avec des différences assez lujiahles. Le nombre de ses rayons varie de treize à seize. Cette nageoire, appliquée sur les flancs, indicjue par son premier rayon , plus ou moins incliné , la limite postérieure de ce que nous nommerons l'es/jore «copM/oùe, petite place anguleuse bornée en avant par la l'cnic braucliiale. Là se dessine, au-devantde cette fente et sous la prau, nue saillie pnsli'rieure de l'os scapulaire, tantôt large et étalée, tantôt pbisétioileel cimiiiieeutami'esupérieu- i' .si^rif". Zooi., T, I, (Ciiliiei- n" 1.) * 4 SO HOLLARD. rement, différence que nous verrons être en rapport avec des dispo- sitions spéciales de l'écaillure. Le bassin des Balistes a été décrit, comme le squelette en général, dans la [)remière partie do ce travail , et j'ai déjà parlé de la pointu pelvienne, c'est-à-dire de la saillie que fait cette pièce osseuse par son extréiiiilé postérieure. A mesure qu'elle approche de celte ter- minaison, elle ilevient plus immédiatement sous-cutanée ; la peau adhère intimement à l'os et semble même se réduire ici à une couche de granulations calcaires rudes, souvent épineuses. En même temps on dirait ([ue la peau a été comme entraînée au delà de salimi((> na- turelle par l'abaissement du bassin; car cette membrane, abandon- née à elle-même au delà de la saillie pelvienne, se trouve éloignée delà couche charnue du ventre, el, s'appli<|uant contre elle-même, forme ce pli ou fanon, dont il a déjà été question. Chez les Balistes, ce fanon, sans parler des particularités de sou écaillure, est ordinai- rement soutenu par une double série de petites aiguilles qui nemou- h-ent que leur pointe en deliors. Il y a, du reste, d'importantes diffé- rences entre les Balistes sous le rapport du développement de cette disposition cnlaué(% mal à propos comparée par (piel(|ues ichthyolo- gislesàuiie nageoire métiiane. Les Balistes ont huit dénis marginales à chaque mâchoire, et six dents eu seconde rangée à la su|iérieure. Les marginales sont ordi- nairement très proclives, surtout dans l'âge adulte ; les antérieures, plus longues, tiennent à la fois, et plus ou moins, des formes des in- cisives et de celles des canines ; tandis (|ue les postérieures, plus ou moins courtes, ressemblent assez à de fausses mulaires. L'âge, en émoussantles poinles et les tranchants des uneseldesautres,con- h'iliue lieaucoup à leur doimer ces dernières formes. Cependant nous voyous chez un petit nombre d'espèc(>s prédominer la forme des incisives (6. rinyens), tandis (pie d'antres fois les pi'cuiières laté- rales, dépassant les médianes, peuvent devenir de véritables dents en crochets, rappelant les canines des Carnassiers [B. niger). Quant aux dents de la seconde rangée, elles se distinguent par leurs couronnes larges, aplaties, coupées carrément, et appli(iuées sur les inlervalles des dénis marginales. Les squames des Balisles sont non seulemenl lonjours très MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 51 distinctes, mais ordinairement grandes, de formes plus régulières i|uc celles des Triacanthes et des Monacanthes, et arrangées avec beancoup plus d'ordre que dans ces deux genres. L'ossilication de la couche s(|uamoïde du derme est ici très pro- noiu'ée ; elle paraît avoir lieu sur plusieurs points à la Ibis ou succes- sivement pour chaque squame, et à œs points correspondent les tu- hercules moussesou épineux (jui surniontent celles-ci, du moins sur une grande partie de sa surface. En effet , le microscope nous permet de reconnaître dans la texture de la couche sufierficielle lie ces plaijue.s écailleusesdesespècesde trajets saillants (pii parlent delà hase des tubercules, et forment autour d'elle comme une aire de libres rayonnantes (jui vonten se divisant et s'effaçant de plus en plus jusqu'à ce qu'elles rencontrent les aires voisines. Cette dispo- sition appartient, je le rt'|)èle, à la couche superficielle des squames ; elle ne s'étend même jias toujours à loute celle couche, carie pour- Idurct souvent une moitié de la iilai|iie sont dépourvus de tuber- cules, et |ircs('nlcut Inul au plus un aspect linemenl prauuleux, où les lignes d'ossilication se rapportent;! un point commun. Quoi qu'il en soit, il règne un ordre plus ou moins évident dans lii disposition des lubercules: ceux-ci forment ordinairement des séries (|ui partent du premier centre d'ossification de l'écaillé, et se dirigent à droite, à gauche et en arrière de ce point. Celui-ci formera donc la partie la plus avancée, en même temps que la plus saillante d'une première série de tubercules. Or celte |iremière série sera très près du bord antt'rieurd(^ la sipiauie, s'il n'y a pas imbricalion ; mais si ce mcuie iiord, avec une partie plus ou moins considérable delà surface qu'il limite, passe sous ré'cailie pn'ci'dcule, le tujiercule pr('ilominaul cl la série anlérieui'e prendront une position plus rcculiV, comme ou le voit sui' les squames des flancs. Ainsi il y aura un tubercule prédo- minant, toujours aulcrieui- par rapport aux autres; et ceux-ci for- meront des séiics divergenles à partir de lui. Ce sera ce tubercule (jui jjrendra le premier la forme d'épines, lors(|ue celle-ci se pro- noncera plus ou moins ; ceux qui l'avoisineront le plus, étant les plus dévelopjiés après lui , la|ii'endront ensuite, et quelquefois foute la ligne, qui, parlant du grand lubeicuie et .se dirigeant en arrière, l>ai'tage 1 écaille tr;uisver.saleuient en deux parties .symétriques. 52 HOLLARD. pourra se relever en une sorte de crête, connue nous le voyons dans les B. ringens et stellaris, etc. Ces considérations, qui pourront sembler d'abord un peu minutieuses , se justiliernnt aux yeux des zoologistes comme ramenant à une règle assez précise des faits qui appartiennent à la caractéristique des Balistes, et qui, jusqu'à pré- sent, se présentaient comme de simples a(>cidents. On saura mainte- nant que les épines caudales de certaines espèces ne sont que le développement partiel et extraordinaire d'un tubercule, qui existe plus ou moins prédominant sur toutes les écailles voisines, et que ce tubercule représente un centre principal d'ossiiîcation, commun à la généralité des s(piamcs des Poissons (pii nous occupent. On n'a pas assez remarqué et pris en considération les diffé- rences caraetéristi([ues (pi'offre l'écaillurc des Balistes selon les régions du corps , d'abord quant à l'aiTangement des squames, puis quant à leur grandeur relative et à leurs formes ; enfin, sous le rapport de leur surface et des tubercules ipii les couvrent. Les faits de c(; genre , qui ont été signalés et utilisés par (;nvier, et mieux encore pai- les iehthyologistes anglais et américains , demandent à être précisés et complétés. Je vais essayer d'en donner l'ensemble d'après mes propres oliservations. Les squames des dilférentes parties du corps forment plusieurs systèmes locaux assez bien caractérisés. Je distingue comme tels le système des joues , le système abdominal , le système scapu- laire, et le système des lianes et de la (pieue ou latéral. Le pas- sage d'un système à un autre n'a pas lieu brusquement, mais par des transitions où l'ordre des sipiamesest plus ou moins dérangé. Il y a aussi île l'irrégularité au voisinage des lignes médio-dorsale et médio- ventrale. Les squames de ces deux régions reprennent un peu plus de régularité à la base de la dorsale molle et de l'a- nale , où elles forment plusieurs rangées de petites plaques allon- gées et étroites , qui se confondent peu à peu avec celles du voisi- nage. Il sutïira de jeter les yeux sur l'une des planches de nos deux sections j>our saisir ces dispositions de l'écaillurc et c(mstater les dillcrences de toutes les régions; en comparant l'une des sec- ti(uis !i l'iuilre, on verra les deux modes principaux du système scapulaire ; en rapprochant les ligures du B. capriscus e\ du B. MOXOliRAPHIK UKS BALISTIDES. SS frenatus , on aura une idée îles principaJes différences du système des joues , et ainsi des autres. Les squames des joues se disposent tantôt en rangées horizon- tales, ou subhorizontales rapprocliées ou disjointes, laulèt en séries subverticales. Le système ventral nous offre des plaques plus lon- fliies d'avant on arrière, (|ue hautes, et qui forment, ainsi couchées, des séries presque iiorizonUiles. Cette région ccailleuse commence au-dessous et un peu en avant de la racine de la nageoire pecto- rale , et remonte plus ou moins , selon les espèces , derrière cette nageoire, ou s'arrête à sa limite inférieure. La région scapulaire corresponil au petit espace angulaire laissé entre la pectorale et la fente branchiale ; nous rencontrons ici, ou bien des squames sem- blables à celles des côtés du corps, ou bien un petit système de trois plaques [irincipales, bordirs en avant et (>n haut de quelques rangs d'écaillés , dont les plus extérieures se confondent avec celles du voisinage: c'est ce que j'appellerai \c cadre. Les trois plaques princip;des ou scutelles de l'épaule remplissent révidenient laissé chez le plus grand nombre des Batistes , dans la partie large et avancée de l'os scapulaire, laquelle se rt'duif par là à une apophyse dont le bord supérieur forme un angle à peu |irès droit avec le corps de l'os. Dans cet angle se place une scutelle plus grande que les autres, de forme plus ou moins régulièrement ovalaire , et que j'appellerai h plaque antérieure; derrière elle est la plaipie ou scu- telle postérieure, un peu moindre ipie la préci'deute , et placée de manière à ne toucher cellc-(n ([ue par une partie très limitée de son bord antérieur. La troisième scutelle, qui est la plus petite , vient s'intercaler iiiférieurement , à la manière d'un coin, dont elle a la forme , entre les deux plaf[ues précédentes : je nomme cette sculcllc l'intercalaire inférieure. Quant à l'espace beaucoup moins prononcé que laissent supérieurement entre elles les deux grandes plaques, il est occupé, i)lus ou moins exactement, par une squame du cadre, qui jioui'rait être distinguée des autres sous le nom d'm- tercalaire supérieure ; du reste, le cadre lui-même varie beaucoup. Ces scutelles de la région scapulaire sont plus épaisses (|ue les squames des autres régions, et que celles du cadre. D'un point plus ou moins saillant partent des stries qui rayonnent vers'la circon- 6& HOLL&RD. férence , et qui se montrent hérissées de petites aspérités ou de granulations; la srntolle antérieure présente en bas et en avant une sorte d'élargissement qui , joint à ses stries partant d'un renfle- ment très inférieur, t'ont ressembler cette plaque à une coquille du genre Pecten. Enfin , la région latérale du tronc , au-dessus et en arrière de la région ventrale , se compose d'écaillés plus ou moins régulière- ment lozangiques, presque toujours imbriquées, disposées sur des lignes assez régulières, obliques et un peu sinueuses; plus grandes sur les flancs , ces squames diminuent en arrière , et deviennent très petites sur le lobule qui porte le caudale. Leur partie découverte offre des tubercules assez régulièrement disposés en séries , dans la plupart des cas : la série antérieure se distingue, par la grosseur relative de ses tubercules , et surtout du médian qui est en même temps le plus avancé ; dans les autres séries qui se succèdent d'a- vant en arrière , le tubercule qui occupe le milieu de la ligne est souvent aussi d'un volume supérieur aux autres , et forme parfois avec le premier une ai'ête médiane. J'ai déjà dit que ce sont ces tubercules qui, en s'exagéranl, forment les épines qui bérissent sou- vent le corps des Batistes, et que le tubercule moyen de la série antérieure joue ici le premier rôle. Je n'ajouterai que deux courtes remar([ues ; la première , c'est que les épines sont , à deux Ibis la hauteur pectorale ; la ligne de profd est remarquablement courte et rapide ; le front, large et court, l'orme au-dessus de r(cil une sorte de crête sourcilière ; la fosse préoculaire est superficielle et peu prolongée. La dorsale épineuse, placée au soinmcl d'une surl'ace fronlo- dorsale assez rapide et passablement étalée, offre un ]ii-emier rayon de force médioci'C, un peu fléchi, couvert d'aspérités en avant , et armé de quelques pointes épineuses latérales. La membrane in- terrailiale , [irolongéc au delà du troisième rayon épineux , atteint le niveau du dos à une petite distance de la dorsale molle. Cette dernière nageoire et l'anale sont très élevées ; elles gran- dissenl cl décroissenten décrivant une courbe presque parabolique ; la caudale est couile cl arrondie. La poinle pelvienne , saillante el épineuse , est séparée ilc l'anus par un [ili abdominal assez extensible , portant à sa marge une sé- rie de petites épines. L'écaillure esl relevée de simples aspérités sur la lète, de petites épines sur les côtés du corps et de la (jucue. Les squames des joues, quadrilatères et en séries subhorizonfales un peu fléchies, portent un MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 57 groupe central de tubercules mousses offrant une disposition rayon- nante. Les épines (jui couvrent les s(|uanies latérales sont compri- mées, crochues, à pointe dirigée en arrière, et très peu nombreuses sur cha([uc squame ; la plus avancée est très prédominante, et celles (|ui la suivent décroissent à mesure qu'elles s'éloignent d'elle. Quant au système de coloration , il se caractérise par un semis irrégulicr (le taches laiteuses sur un fond hnui. Non seulemeul il se présente ainsi sur tous nos exemplaires, mais je le retrouve tel sur un cro(|uis fait en mer sur la rialure fraîche, et que je dois àl'oliligeance de M. Soulcyct. Je saisirai cette occasion pour payer à la mémoire de ce jeune naturaliste si distingué et si modeste le tribut d'un souve- nir plein de regrets bien vifs. Si j 'en juge par le même croipiis et par les sujets que i)0ssède le Muséum, le Batistes brevissimus s'arrête à de très petites dimen- sions ; voici celles d'un de nos plus grands exemplaires : Longueur totale. . . . O^jOgS Hauteur pectorale . . . 0'",04.5 Hauteur pelvienne . . . 0"',0o3 La caudale entre dans la longueur pour. O^j0 1 o La région céphalique pour 0"',027 Tous les individus de nos collections proviennent des eaux de la Nouvelle-Guinée et de l'Australie, ce (pii permet de croire que l'espèce n'est jias très répandue. Bien que ce baliste soit d'ailleurs assez largement représenté, il est très probable que c'est cette cir- constance d'une patrie lointaine et circonscrile, jointe à sa ressem- blance avec l'espèce suivante, qui peut cxpli(pier comment il se fait (|uele BaUsles brev issimus so\t resté inédit jusqu'à cejour. 2. Balistes anguloscs , Éliq. du Mus. Caractères. Cor|is médiocrement élevé ; [)rotil rapide de r(cil à la bouclie. — Dorsale molle et anale triangulaires. — Écaillure des flancs épineuse. —Coloration nuagée de bandes horizontales plus sombres (|ue le fond : DM. 25. A. 22. P. 16. 68 HOLLABD. Le profil de cette espèce est plus long et moins rapide que celui delà précédente ; ses formes se sont déjà abaissées. La région sus- oculaire, bien qu'assez large, déborde moins sensiblement l'œil. La fossette qui part de celui-ci est plus creusée. La dorsale épineuse offre un premier rayon droit, assez robuste, couvert de petites pointes en avant ; la membrane interradiale prend fin à quelque distance de la dorsale molle. Celle-ci est presque aussi haute que longue, anguleuse, quoique arrondie antérieurement, en décroissance rapide et uniforme do sou sommet à son dernier rayon. La caudale se termine par une ligne arquée. La pointe pelvieimc rugueuse , assez saillante , est suivie d'un pli tégumentaire peu extensible et qui monte obliciuement vers l'anus. L'écaillure du Balistes angulosus ressemble tout à fait à celle du brevissimus. En échange, le système de coloration se caractérise ici, non plus par des taches plus pâles que le fond, mais par- des lignes horizon- tales et intciTompues d'une nuance plus foncée que la teinte géné- rale. La dorsale molle, l'anale et la caudale, sont taciiéesde brun. Le Muséum ne possède qu'un petit nombre d'exemplaires de ce Baliste ; ils provieiuient tous de l'océan Pacifique. Voici les dimensions du plus grand de ces individus, (|ui tous sont supérieurs sous ce rapporta ceux de l'espèce précédente : Longueur totale. . . . 0'°,145 Hauteur pectorale . . . 0°',0.53 Hauteur pelvienne. . . O^.OeO La caudale entre dans la longueur pour. 0'",020 La région céphalique mesure. . . . O^.OiO 3. Balistes macuutus. Caractères. Formes longues et médiocrement comprimées ; ligne faciale courte, inclinée à 45 degrés. — Dorsale molle et anale triangulaires et très hautes . — Extrémités de la caudale en forme de cornes courtes et obtuses. — Tubercule principal des st|uames la- MOMIGRAPHIK DES BALISTIDES. 59 lérales à pointes courtes et eoiicliées. — Coloration violacée semée de taches laiteuses ou bleuâtres : DM. 2Zi. A. 21. P. là. CcBaliste se distingue des [irécédents par une éloii<;alion très sensible du tronc et par l'abaissement de la ligne deprofd. Le sillon iircocnlaire est profond et atteint le tiers de la dislance qui sépare l'œil de la bouche. Le ]iremier rayon de la dorsale épineuse est robuste, mais court et obtus, et couvert en avant de rugosités épineuses. La distance qui sépare les deux dorsales est ici un peu augmentée par suite du sur- croît de la longueur générale du corps. La dorsale molle s'élève rapidement à une hauteur (pii égale au moins sa longueur , et son point culminant forme un angle à peine arrondi, tant la décroissance est ensuite rapide jusqu'au milieu de cette nageoire ; arrivée là, la pente s'éloigne un peu plus de la vei'- tieale jil. III, lig. 2 . L'anale, (jui commence et linil [ilus en ar- rière (jue la dorsale molle, offre, avec une base moins étendue, au- tant de hauteur , et par conséquent une décroissance plus également rapide que celle-ci. La caudale se termine par une ligne sinueuse qui met en saillie les exti'émités, et conserve un peu de convexité au centre de cette nageoire (pi. III, fig. 2'). La pointe pelvienne est robuste, épineuse, suivie d'une peau ru- gueuse très peu extensible , et qui gagne l'anus dans une direction ])resque horizontale. Les si|ii,inies sont couvertes de tubercules proportionnellement peu nombreux l't peu développés. Sur les joues, ces tubercules sont mousses ; sur les lianes, le médian aniérieur jirend seul le caractère épineux, et encore sa base l'emporte-t-clle beaucoup sur sa pointe (jui est courte et couchée. Le système de coloration est assez constant. Le fond de la teinte est d'un brun violaci; , et le dessin consiste en un semis général de grosses taches bleues qui blanchissent dans laliipieur. Le ^luséum a reçu ce Poisson de l'océan Pacifique et de la mer 60 UOLLABU. des Indes. Plusieurs exemplaires figurent dans la collection. Les dimensions du plus grand sont les suivantes : Longueur tolale. . . 0'",29.'; Hauteur pectorale . 0",090 Hauteur pelvienne. C'.IOO La caudale n'a que 4 centimètres, et la région céphalique en mesure 7. Outre plusieurs exemplaires bien authentiques du Balistes ma- culatus, tous très .semblables, je rencontre uu individu qui, avec les mêmes caractères de formes et de nageoires, se distingue par sa couleur uniformément hrunàtro, sans aucune tache, et par l'ef- facement considcrablc des liibcrcidos épineux des squames laté- rales. Il est difficile de voir là autre chose qu'une variété. Synonymie. — C'est Bloch (pii le premier a nettement déterminé et décrit ce Balisie, au(pi('l il a donné' le num de B. tacheté. (Voyez son grand ouvrage, pi. 151, et dans le Syst. icth. ed Schn., p. 464, n° 3. B. maculatus .) Gmelin, et plus tard Lacépède et Bounatèrei^ii/icj/f/o/jéf/i'e), ont adopté et la détermination de l'espèce et le nom proposé par Bloch. Mais les synonymes qu'ils y ont rattachés se rapportent tous à d'autres espèces : le Guaperva longa de Willughby à notre longissi- mus,le Maan visch de Renard à VAmericanus, etc. Quant aux phrases caractéristiques citées par ces mêmes auteurs, elles ne dé- terminent pas plus une espèce de Balisic qu'une autre. Mais com- ment .>[. Cuvier a-t-il pu, écrivant après Bloch cl Lacépède, soup- (;onner l'identité du Balistes maculatus et du Balistes capriscm ? 11 a peut-être suCtl de cette iiK'prise pour que M. Lessoii se crût le pre- mier éditeur de l'espèce (pii nousoccinic, et lui donnât en consé- quence le nom de Balistes azureus. (Voyage de la Coq.) h. Balistes loncissimus , iNob. PI. m, fig. 3. Caractères, Formes basses (4 longues: ligue d(^ jirofil abaissée à 35 degrés. — Dorsale molle el anale hautes et pointues en avant, MONOGRAPHIE DES BALlSTlDEb. 61' très aliaissées dans Iciii' iruiitié postérieure, caudale terminée par deux cornes aiguës et une ligne sinueuse. — Écaillure latérale à grandes squames, portant un tubercule principal long et déprimé. — C-oloralion unil'ornie sur le corps , nuagée de brun sur les na- geoires : DM. 27. A. 2i. P. 15. L'abaissement de toute la ligne qui s'étend de la bouche à la dor- sale épineuse, puis l'éltingationdc la région caudal(\ donnent à cette espèce la l'orme ijui la distingue. Le sillon préoculairc est prul'ond, et s'étend jusqu'à moitiéchemin de l'œil àla bouche. Le premier rayon tic la dorsale épineuse est plus élevé que celui du B. maculalus ; il est robuste, mousse, tuberculeux en avant ; le sui- vant est encore très long ; le troisième dépasse notablement le sillon dorsal, et la membrane interradiale se prolonge jusqu'au voisinage de la dorsale molle. Celle-ci s'élève rapidement à toute sa hauteur, laquelle égale sa longueur ; là elle offre un sonunet anguleux , s'abaisse d'abord ver- ticalement, puis descend, dans sa dernière moitié, d'une pente très peu inclinée. Lande reproduit les mêmes formes sur une longueur un peu moindre. (Juant àla caudale, ses rayons extrêmes forment des cornes aiguës, d'où la ligne terminale s'abaisse pour reprendre encore un peu de convexité dans la région moyenne delà nageoire. La pointe ])elvienne est peu saillante, épineuse, subhorizontale, et suivie d'un tégument préanal très peu extensible. L'écailknc du Ballslus knifjissinnis est bien caractérisée. Aux joues, les squames sont d'une grandeur médiocre ; celles des ran- gées hori/onfales perdent leur forme quadrilatère, en s'arrondissant sur leur angle iidcrieur l'tposti'rieur. Leurs tubercules se groupent en petit nombre au centre de la petite [ilaque. Les squames ventrales sont grandes, allongées, et tidierculeuses seulement à leur centre. Elles lais.sent entreelles des intervalles linéaires où la peau se montre à nu, particularité que nous letrouvons sur les régions latérales du tronc. Ici les squames sont jilus tuberculeuses que sur les régions précédentes, (]uoiqne tuie partie de leurs bords demeure lisse. Le 62 HOLLARD. tubercule médian antérieur est très prédominant, allongé, et repré- sente la base d'une épine comprimée, dont la pointe serait elCacée. La couleur générale du corps est d'un fauve rougeàtre nuancé de brun sur le dos. La dorsale molle, l'anale et la caudale ot'fi'ent une teinte plus pâle, irrégulièrement nuagée de traînées brunâtres. Ce Balisie nous vient de l'océiui Paeifuiue ; il est représenté dans la collection du Muséum par trois individus, dont le plus grand et le mieux conservé offre les dimensions suivantes : Longueur totale. . . . O^.SgS Hauteur pectorale . . . 0'",110 Hauteur pelvienne . . . 0'",126 Longueur de la caudale. . . . CjOBS Longueur de la région céphalique. 0°,090 * Synonymie. — Si le Balistes longissimus no figure pas encore dans les catalogues des zoologistes, ce n'est [las qu'il soit resté in- connu et complètement inédit jusqu'à ce jour. Le nom que je lui flonne nem'appartient mèmepas complètement ; en effet, Willughby a publié, d'après Grew, une figure et quelques traits de la caracté- ristique de cettcespècc, que le dernier auteur l'ité nomme Capriscus lonyis.iimits seu si)inosus ( Grew, Mss. de la Soc. roy.; et Willugbbv, p. 1 54, pi. .1, 20) On reconnaît, en outre, ce mèmePoisson dans la figiu'e et la des(n'i[ition que Parra doime de son Sobaco, [i. 1 7, pi. 10. Je ne prétends tUnw pas au litre de premier éditetu" du Balistes lon- gissimus ; mais je|misespérerqu'avecla descri[ilion et la ligure que j'en (kiiiiic on ne le confondra plus, comme on parait l'avoir fait, soit avec le Balistes maculalus qui en est voisin, soit même avec le B. capriscus, qui appartient à une autre section du genre. B. Dans les (juatre dernières espèces de ceUe première section, en même temps (|iie la dorsale molle et l'anale subissent un abais- sement notable, nous voyons se dessiner un type assez distinct ou mieux se modilier à plusieurs égards le type précédent. Le troisième rayon de la ilorsalc épineuse s'atropbie et ne s'aper- çoit plus; les dents médianes, laiil supérieures qu'inférieures, sont })lus courtes que celles qui les suivent immédiatement; l'écaillure MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 68^ des joues présente plusieui's séries , plus ou moins disjointes , de squames carrées, plus liantes que larges. Celle de la région scapu- laire offre (piehiucs squmnes orbicnlaires , (|ui se distinguent de leurs voisins; cnlin , les squames latérales sont un peu carénées , et leurs tubercules sont à la fois plus nondjreux et moins gros que dans les espèces que nous avons déjà décrites ; du reste , comme on va le voir, les éléments de ce petit type se coordonnent très naturellement en séries. 5. Balistes gutturosus, Nob. Caractères. Corps élevé et connue tuméfié à la partie inférieure de la gorge et du ventre , prolil déprimé. — Dorsale molle et anales hautes en avant de plus de leur demi-longueur et décrois- sant d'une manière graduelle. — Un groupe de scjuames subcircu- laires au-dessous des pectorales ; les séries des joues nondjreuses , très inclinées , n'atteignant pas la fente branchiale. DM. 27. A. 2!i. P. 13. Je place cette espèce en tète de la petite série à laquelle elle ap- partient, en raison de l'élévation proportionnelle du corps et de celle des nageoires dorsale molle et anale. La ligne faciale n'est pas inclinée dans son ensemble au delà de 25 degrés ; près de la bouche, elle descend vers celle-ci d'une pente plus rapide. La ligne infé- rieure ventrale décrit, à partir de la bouche, et jusqu'à la pointe pelvienne , une courbe très arquée , qui donne au.\ parties du corps qu'elle limite une proéminence considérable ; c'est dans ce sens que le corps prend son surcroit de hauteur. Le sillon préoculaire est allongé, les deux mâchoires, sensible- ment égales, laissent à l'ouverture de la bouche sa direction hori- zontale. La dorsale épineuse présente un premier rayon robuste , dont la face antérieure est sensiblement arquée et la pointe seulement émoussée. Le second rayon est presque caché sous le premier : le sillon s'étend à peu près jusqu'à la dorsale molle. 6&'' HOLLABD. La deuxième dorsale s'élève rapidement à une hauteur qui équi- vaut à plus de sa demi-longueur ; depuis le sommet :iiif>uleux , la déeroissance des rayons se fait sur une ligne d'abord plus rapide, puis bientôt d'une inclinaison plus graduée : l'anale présente les mêmes caractères. La caudale se termine, conuiie dans les espèces suivantes, en forme de croissant, dont la courbe se redresse encore un peu au milieu de la nageoire. La pointe pelvienne est robuste et saillante ; mais le tégument abdominal qui la suit ne (irésente ni rugosités, ni spinules, ni au- cun des caractères d'im pli en réserve (1) ; il gagne l'anus en sui- vant une ligne droite, oblicpie et peu prolongée. L'écaillure de ce Balisie se distinguo d'abord par les dimensions générales de ses squames , (pii sont proportionnellement plus pe- tites que celles des espèces suivantes. Celles des joues forment cinq séries principales , un peu obliques , séparées par des lignes cuta- nées , et qui s'arrêtent à la région operculaire , où leurs formes et leurs dispositions ne sont plus reconnaissables. Au-dessus et au-dessous de ces cinq séries on en pourrait compter quelques autres, mais plus courtes, et passant par dégradation à d'autres caractères. Sous les pectorales nous rencontrons un groupe de squames polygonales, tendant à la forme circulaire , plus petites ([ue celles <|ui les entourent, ayant enfin leur tubercule |)rincipal à leur centre. Nous retrouvons le même caractère avec une disposition rayon- nante des tubercules sur une douzaine de squames de la région sca- pulaire. Les séries abdominales, déjà entamées par le groupe sous-pe co- ral, sont composées de s(|uames médiocres, dont la forme et l'arran- gement n'ont pas toute leur régularité ordinaire. Enfin l'écaillure des régions latérales du tronc et de la queue se com]iose de squames en forme de lozanges allongées, couverts de très petits tubercules, et qui, plus larges et plus également couvertes (1) Il en est de même, disons-le une fois pour toutes, dans toutes les espèces de ce petit type. Chez toutes, les squames de cette région ressemblent à celles qui les avoisinent. MONOGRAPHIK DES BALISTIDES. 65 de ces granulations eu iivani, se rétrécissenl à mesure qu'on avance vers la région étroite de la queue, relèvent leur partie moyenne en forme d'arête mousse, et présentent en lèle de leur [larlie saillante et tuberculeuse un tubercule prédominant, mais jamais épineux. Cette disposition prendra bien plus de développement dans les espèees suivantes. La couleur semble être ici d'un gris jaune uniforme ; déjà, cepen- dant, nous voyons le centre de beaucoup de squames offrir une teinte claire, (pii fait l'effet de taches blanchâtres semées sur un luiid plus fortement nuancé. Je décris le Baliste goitreux d'après un e.\emplaire unique , bourré , mais en très bon état. Il nous vient de l'île Bourbon, et présente les dimensions suivantes : Longueur totale. . . 0"',220 Hauteur pectorale . . . n°',090 Hauteur pelvienne . . . O'",095 La caudale mesure plus de. . . 0"',020 La région céphalique atteint . . 0"',030 6. Balistes lineo-punctatus , Nob. Caractères. Corps iiiédioci'<'iiienl ('levé ; prolil déprimé. Dor- sale molle et anale hautes de plus de leur demi-loagticur, et à dé- croissance graduelle. — Aux joues, trois séries disjointes de très grandes stjuames quadrilatères, partant de la fente branchiale. — Coloration à fond jaunâtre, variée sur le tronc de lignes noires lon- gitudinales, traversant le petit diamètre des squames, et dégénérant en arrière et sur le ventre en séries de taches punetiformes : DM. 28. A. 25. P. 13. Ce Baliste rappelle, par son profil et un |)eu par le contoin- de la gorge et du ventre, l'esiièce qui précède. Mais, sous ce dernier rap- port, la différence des deux espèces e.st cependant considérabb;. Le sillon préoeulaiic ne descend p;(sjiis(|u'au milieu de la distance qui sépale l'd'il de la buuche. 4' série. 7.oot.. T. I. (Cahier n= 2.) ' 5 66 nOLLARD. Le granil niyoïi ilc la dorsale ('pineuse esl ari[iK'', très cnniprimé, siibaigu. Le silkm dorsal de cette nageoire s'arrête à distance de la dorsale molle. Celle-ci et l'anale) atteignent rapidement une liantenr supérieure à leur demi-longnenr , puis elles diminuent en suivant une ligne d'ahord très inclinée H bientôt rapprochée de l'horizon- tale. La pointe pelvienne est bien dégagée, oblongue, plus rugueuse qu'épineuse, comme dans toute cette petite série. Au delà, la ligue qui monte vers l'anus est droite et passablement inclinée. L'écaillure présente ici quel(|ues caractères (pii séparent bien celte espèce de la précédente. Aux joues, je trouvede bas en haut trois sé- ries en gradation de longueur, dont la supérieure s'arrête à la région sous-pectoralc ; plus haut viennent trois autres séries composées de grandes squames disjointes, etcpii descendent de la fente branchiale vers la bouche et le menton, s'arrclant, connue toujours, avant d'y atteintire, et faisant place à un système irrégulicr de petites sijuanies ; au-dessus encore de ces trois séries, on en retrouve encore deux et même trois autres plus courtes et serrées, et dont les éléments di- minuent graduellement, surtout en hauteur. Les squames sous-pectorales n'offrent pas de caractère pai'ticu- lier, et conservent plus ou moins les formes de l'écaillui'e de la région abdominale, à laquelle elles appartiennent. A la région scapulaire, nous ne trouvons plus (|ue trois ou ipialrc squames orbiculaires , relevées à leur centre, en un mol un peu distinctes de cellesdu voisinage; mais celle diminulion de nombrea porté sur les squames qui étaient les moins modiliées , cl (|ui for- maient ime transition à celles de la région latérale; en sorte que celles qui conservent ici une foi-nie particulière sont les s(|uamcs, qui, par leur [losition et leurs caiactèics spéciaux, semblent s ache- miner au petit système de sculelles qui dislingue essentiellement la seconde section des Balistes. L'écaillure des régions latérales est couverte de tubercules im peu plus allongés d'avant en arrière que ceux qui leur correspondent dans le Balistes gutturosus. Sur les flancs proprement dits, les squames n'offrent |ias de ligne relevée dans le sens de leur petit dia- mètre, et c'est à peine si l'on \ ({('couvre un lnbercnle)ir(''(loniinanl. MOMIGUM'HIK IIKS RALISTII)1>. '7 Mais Ijicnlôt, l't plus (in iiiiiiroulic ilc la n'gion ciiuilale, à plus lorle raison surcelle-iMJe luliorculi' nK'iliaii autnionr àe c'lia([ue squame [)rend un (lévelopppnient pircioniinanl ; eu nionio temps, on voit i^ussi se relever le diamètre anl(''ro-postérieur île la srpiame. Le système décoloration nous oiVre surtout le trône, depuis la limite (pie ri'prt'seiilr la feule lirancliiale, une suite de lif^nies hriines ou noires dirigiVs d'avant en arrière , les unes prolonyiVs sur toute la partie lat('M'ale des lianes et de la (piene, les autres pins eoiu'tes inlerienremeut. Ceç lignes font place à de [letites taches, d'abord allongées et en si'ries , [mis pnnclifoiines , cl pins irri'gnlièrenient distribuées. Ajoutons rpie la eandale présent(^ dans sa moitié termi- nale une zone brune en forme de eroissant. Le Bali.sles lineo-punetatits n'est représenté jusipTici, dans la collection du Musinnu, que par nii seul individu, bourré et en bon état de conservation ; il vient des eaux de l'ile Bourbon. Ses dimen- sions sont les suivantes : Longueur totale. . . 0"', 1 95 Hauteur pectorale . 0"',080 Hauteur pelvienne . 0"',OSi La caudale mesure. . . U"',0I7 La région céplialique . . . 0"',OdU 7. Balistes caloi.epis , NoI). PI III, fig. 3, Caractères. (]orps près de ti-ois t'ois aussi long ipii' liant ; profil dépassant un peu 30 degrés. — Doi'salc molle, baulc en avant de plus de sa denii-longncur , à décroissance d'abord rapide , puis in- sensible. — Aux joues, quatre séries principales de squames ipia- drilatères, remontant jusqu'à la fente branchiale. — Coidenr uni- formément jaunàti'c cl un peu ni(''talli(juc, avec une tache plus claire sur chaque squame : DM. 27. A. 25. P. 13. Le profil se relève de ([ncli|nesdegri''sdans cette espèce ; mais en inênf)eteinps,lali de celles-ci que par la grandeur de ses squames , car elle renionle connue elles vers la fente branchiale, arrivant, vu sa position relative, un peu au-des- sous du point tei'uiinal de cette l'ente. Les S([uames sous-pectorales rentrent com|>létement parleurs formes et leur disiwsilion dans les séries abdominale et latérale. La région scapulaire porte un petit groiqie de S(piames circulaires relevées à leur centre, assez distinctes de celles qui les entourent. Les s(piames latérales sont largement indiriquées, et leur partie découverte représente un losange plus étroit (\ne la partie couverte. Le pelit diamètre de ce losange est un peu relevé, et forme une sorte d'arèle mousse. Quant aux saillies ( pie portent ces squames, elles diffèrent par leur forme allongée des tubercules qui surmontent le reste de l'écaillure. Ce sont celte fois , et à un plus haut degré que dans l'espèce précédente , des lignes saillantes , interrompues , et anastomosées entre elles, courant d'avant en arrière. Leur plus grand développement est à l'angle antérieur, où se trouve ainsi re- présenté et modifié tout à la fois le premier tubercule médian. La couleur de cette jolie espèce est un jaune métalli(pic, dont la nuance et l'éclat ont élé |)robabIcment ternis par l'action de l'alcool, mais qui jusiilieni encore assi^/ bien le nom de Cnlnlepix. .\ celle Mll.NUCIlM'lllK 11I.S liAi,l;vr:|,i.;s. fi9 U'iiilc de IoikI s'ajdiilcnl des taches |iliis pâles, nue seule sur chaque squame, et toujours vers l'angle le plus voisin de sa partie eouverte. Au premier abord, il senible([ueees]ietites)ilaees blanches se raltaebent aux pai'lieLilarilés de sh'iieliuv (piolTre l'éeaille à leur endroit , c'est-à-dire à une augmentation d'épaisseur de la hune ou à la plus jinuide saillie des tuljercules ; mais , sans nier absolunient ce rapport, je ferai i-emai'quer (|U(^je retrouve des taelies blanches sur les squames des joues sans modification bien apparente, ni dans l'épaisseur de la lame, ni dans la forme des tubercules. La caudale se termine par une zone en croissant, d'une autre nuance que l'origine de cette nageoire. Le >Iuséum possède deux exemplaires du Bnlisles Calolepis : l'un provenant del'ile Bourbon, l'autre de l'ile de France. Le plus grand nous offre les dimensions suivantes : Longueur totale. . 0"',I80 Hauteur pectorale . . 0'",062 Hauteur pelvienne . . . 0"',067 La caudale n'a que 0"',0I5 La céphalique mesure .... 0"\04S Synonymie. — Je crois recoiuiaître cette espèce dans celle que Parra a décrite et figurée sous le nom de Ci/chî/o, p. 19, pi. 11, f. 2. 8. Balistes elongatus , iN'ob. Caractères. Corps trois fois aussi long que haut-, profd au-des- sous de 30 degrés; dorsale molle élevée de sa demi-longueur en avant, et à décroissance d'abord rapide, puis lente ; aux joues quatre rangs principaux, et un peu disjoints, de squames riuadrilatères, descendant de la tenli» branchiale, et augmentant beaucoup de hau- teur en s'éloignant de celle-ci, puis diniimianl vi^rs la bouche. — Coloration uniforme cl jaunâtre : l).\l. 32. A. 28. I'. 13. Ce Balisie conti'aste, par la lougueiu' et le peu il'élévalion de son corps, avec les deux premières espèces de .son type ; ici, eu même 70 IIOM.AKII. temps que le profil est aussi abaissé (piediuisces espèces, la ligne ventrale, après être descendue d'atiord assez ra|iidenicnl, prend liienlôl une direction subliorizonlale, i|ui met une dislance médiocre entre elle et la nageoire pectorale. Le sillon préoculaire se prolonge jusqu'à la moitié de la distance qui sépare l'œil de la bouclie. Le premier rayon de la dorsale épineuse est plus long que dans les espèces précédentes, très comprimé, à peu près droit, tronqué à son extrémité. Le sillon dorsal occupe près des trois quarts de l'in- tervalle de ee rayon au premier de la dorsale molle. La dorsale molle et l'anale participent au surcroît de longueur du corps; elles s'élèvent d'abord i-apidement jusqu'à une hauteur qui égale leur demi-longueur ; puis, après un premier temps de décrois- sance presque verticale, ces nageoires diminuent très graduellement jusqu'à leur extrémité, c'est-à-dire dans plus des deux tiers de leur longueur. La pointe pelvienne manf[ue sur l'exemplaire qui sert à celte description; mais il est peu probable (|u'clle diffère de celle des autres espèces, non plus que le tégument abdominal qui la suit, et qui présente d'ailleurs l'écaillure des parties voisines. Le Balistes elomjalus est remarquable entre tous les autres par la largeur de ses Sipiamcs. Celles des joues sont allongées dans le. sens vertical au milieu des séries ; celles-ci sont au nombre de quatre principales, atteignant la feule branchiale d'une part , le menton de l'autre, et laissant entre elles des joints très apparents. Les squames sous-pcctorales ne se distinguent pas de celles de la région ventrale. Les scapulaires offrent un petit groupe de sept ou huit petites écailles rondes et relevées en bosse. Les squames latérales laissent à découvert une large surface en lo- sange, couverte de tubercules nombreux, et renfermés dans un cadre lie saillies un peu allongées. Sur le li'oiic proprement dit, on ne voit pas de tubercule antérieur médian (|ui prédomine ; ce caractère ne se montre que sur la queue, c'est-à-dire sur toute la région que l'anus limite en bas. Là chaipie srpiame offre à son angle anlérieurun long tubercule saillant, au delà duquel l'écaillé elle-même paraît un peu relevée sur la ligne de son petit diamètre. MONOCItXI'IllK DKS HALISTIDKS. 71 Lacoulpurdii Batistes elongatus senilth' , si l'on peut s'en r;i|)|i(ir- ter à un indiviilii (Ipsspc1u\ unirurmémenl fauve et plus grisâtre que celle du CflWe/J('«. Les laelies blanches manquent. La queue pré- sente un croissant terminal très évident , composé d'une bande étroite, brune, que suit une zone plus claire. Ce poisson nous vient des Açores; c'est le seul de sontypeque nous ayons de l'Atlanticpie. Les dimensions du seul exemplaire que possède la collection sont les suivantes : Longueur totale. ©".aiO Hauteur pectorale . . 0°',075 Hauteur pelvienne . . ? La caudale mesure. . . . 0'",OiO La région céphalique . . . . 0°',060 La collection du .Muséum possède deux petits exemplaires d'un Batiste sans ])laques scapulaires, et qui se rapporte par la nullité de la troisième épine dorsale et toute son écaillure, à la petite série t\-pi(iue qui vient de nous occuper. Ces exemplaires sont évidem- ment de très jeunes individus, comme le prouve l'indivision des rayons de la dorsale molle et de l'anale, la simple liifurcalion de (■('{\\ de la caudale, lesspinules encore très acérées du grand rayon dorsal, et d'autres indices Tournis par l'écaillure. .\ussi ne saurais- jc dire s'il s'agit ici d'une espèce nouvelle, ou tout simplement, comme je le soupçonne, d'après la forme, du jeune âge du B. calo- lepis, dont un de ces individus offre les teintes dorées, et même d'une manière plus prononcée que les sujets adultes de cette espèce. L'étiquette du bocal donne à ce même sujet le nom de B. thuni, en indiquant ipi'il a été trouvé, par M. L. Rousseau, dans l'estomac d'un Tlion au voisinage de Port-natal. L'autre exemplaire provient de la collection de Banks, est d'iuK^ teinte noiiàtre , mal conservé , et porte .siu- son étiquette le iiojn de S. corniyer. Je crois enfin que le Balisles aureoliis de .M. Rieliaidson 'Voi/aije du Sulfur) n'est encore (pi'iui troisième excin[ihiire du jeune âge de la même espèce. 72 UOLLARD. >1(IMI(;HA1'H1K UliS liALISTlUES. Je remarque seulement (juc le nombre des rayons ilc la dorsale molle et de l'anale est celui que j'ai donné pour le B. lineo-gutta- tus , et que le grand rayon épineux du dos est aigu comme dans ce dernier. Si le B. aureolus doitètre conservé conuue espèce distincte, il prendra place entre le lineo-guttatm et le Calolepis, EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 2. Fig. 1. Le Triacanthos buevirosthis, Val. Fig. la. La tête du même vue en dessus. Fig. 2. Le Trucasthus angi'stifobmis , Nob. Fig. 2^. La tête du même vue en dessus. Fig. 3. Le Triacanthus LONGiROSTRis, Nob. PLANCHE 3. Fig. 1 . Le Balistes brevissimus, Nob. Fig. 13. Une de ses écailles latérales. Fig. 2. Forme de la dorsale molle du Bal. maculalus, Bl. Fig. 3. Forme de la caudale du même. Fig. 4. Le Balistes loscissisiiis, Nob. Fig. i'. Une de ses écailles latérales. Fig. 5. Le Balistes Calolepis, Nob. Fig. 5^. Une de ses écailles latérales. Fig. 5b. La bouche du même. DEUXIEME :ME.M01RE SDR LES CIRCONVOLUTIONS DU CERVEAU CHEZ LES MAMMIFÈRES, Présenté à l'Académie des sciences, le 12 septembre 1833, Par M. Camille DARESTE. J'ai présenté à UAcadéiuie, en janvier 1852, un Mémoire sur les circonvolutions du cerveau chez les Mammifères (1). Je m'étais proposé, dans ce travail, île démontrer, à Uaide de tous les faits qui m'étaient alors connus , la règle suivante : Datis tous les groupes naturels de la classe des Mammifères, le développement des circon- volutions est en rapport avec le développement de la taille. Je ne conn:iissais alors la disposition des eireonvolulions céré- brales i|ue dans un nombre d'espèces assez rcsireint 80 environ ), et je n'avais pu, par suite de mon séjour loin île Paris, mettre à profit, pour mes études, les riches coUeetious de la galerie d'anato- mie comparée du Aluséum. Aussi, en taisant connaître aux [iliysio- logistes les premiers résultats de mes recherches, je ne m'abusais point sur leur signification , et je comprenais parfaitement iju'ils ne pourraient entrer dans la science d'une manière délinitive qu'autant qu'on les aurait étendus à un nombre d'espèces beaucoup plus considéralde. J'ai pu , dans ces derniers temps , reprendre ce travail , ([uc le délaut de matériaux m'avait contraint d'iiiteiTom|ire. .M. Duver- iioy, et je saisis cette occasion de lui h'moigiier [mbliqucnu^nt ma reconnaissance, a bien voulu nieltre à ma disposition les cerveaux de .Mammifères i|ui a|iparlieniient à la galerie d'aiiatomie du (1 j Voyez Annales des sciencfs naturelles , 3" série, t. XVII, p. 30, '4 V. UAREH'ÏÏK. MÉMOIKK jMiiséuiii. Celle ((illccliiiii , eoiiiiiieneée sous radiiiinistriitiun ilr G. Ciivier, e( ae.enie \k\v les soins de ses deux sueeesseurs dans la cliaire d'aiiatoniie eoinparce, est |ii'obableiiieiit aujourd'liui le plus riehc dépôt qui existe en ce genre, et m'a , par conséijuent , fourni poiu' mon travail les éléments les plus précieux. Leur étude m'a pleinement conlirmé dans les idées que j'avais émises l'année dernière, mais avec doute , et en provo(|uant à leur sujet de nou- velles recherches. Ce .sont les résultats de mes nouvelles étudesijui lorment le sujet du Mémoire que je |)résenle acUiellenient à l'Académie. Mais, avant d'aller plus loin, il est nécessaire, pour [)révenirdes objections qucrcm poui'rait me faire, et pour répondre à des objec- tions qui m'ont élé faites, de rappeler certains faits de l'histoire des circonvolutions cérébrales. L'anatomie nous a]iprend (pie les circonvolutions du cerveau présentent, dans les divers individus de l'espèce humaine, des de- grés très inégaux tle développement. Que l'on mesure la profondeur des sillons qui les séparent, ou que l'on examine le nombre plus ou moins grand des dépressions et des anfractuosités (pie leur surface présente, on trouve que ces détails de conformation sont soumis à de nombreuses variations individuelles. Bien plus, deseniblaljles variations peuvent être constatées, quand on ciiin|Kire l'iK'mi- sphère (cérébral gaui^he et l'hémisphère cérébral droit chez un même individu. Voici commeul s'exprime à ce sujet ^I. Cruveilbier, dont le Traité d'anatomie descriptive es! l'un des plus complets qui aient été publiés récemment sur cette branclie des sciences de l'orga- nisalion : » Le volume des circonvolutions est variable dans les divers individus, sous le point de vue de la hauteur et sous celui de l'épaisseur, et toujours en raison directe du volume de l'hémisphère cérébral : sous ce double rapport , il y a de très grandes différences individiH^lles. ■> i Tome IV, p. 261 , 3" édil. ) El ailleurs i p. 236) : «LadilTiTcncc (pie les circonvolutions présentent dans leurs dimen- sions, et plus particulièrement dans leur hauteur chez les divers individus, doit d(''tcriiiiucr des dilTérenees corresiiondantes dans SUR LES CIRCONVOLUTIONS Ul' CERVEAU CHEZ LES MAMMIFÈRES. 75 l'étendue (te la suiiace générale que présenle le ccrvciui, et ces diflërences mériteul d'autant jiliis d'être notées qu'on a l'ait jouer un rôle très ini|)or(anl à retendue de cette surface dans le dévelop- pement relalif des facultés intellectuelles.... Chez l'honinie , la profondeur des anfractuosités , et , par conséquent , la hauteur des circonvolutions, m'ont toujours paru en rapport direct avec le volume et le poids du cerveau. » J'ai donc dû tout d'abord, au début de mes recherches, me demander si , en dehors de l'espèce humaine , les circonvolutions pourraient présenter dans leur développement de seniiiiahles différences individuelles. Ici , je me suis trouvé en présence de difllcultés assez grandes; en clïet, les collections anatoiuiqiies ne nous présentent le jikis ordinairement ([u'un seul cerveau pour chaque espèce; et d'ailleurs on comprend que ces variations indi- viduelles ne pourront semontrer qu'autant que les cerveaux seront pounus de circonvolutions, et que les circonvolutions elles-mêmes seront nombreuses et compli(piées. La collection du Muséum m'a permis toutefois de m'assurer que ces variations individuelles existent, eu présentant à mon observation, dauslegeiu'e des Cerfs, un certain nondire de cerveaux a[iparteuant aux mêmes espèces. Ainsi il y a d'assez grandes différences, sous le rapjiortdu déve- lop[iement des circonvolutions , entre le cerveau d'une Daine morte à la Ménagerie le 3 janvier 1845, celui d'une autre Daine morte le 21 novembre 1851 , et celui d'un Daim mort le 15 novembre 1851 ; entre le cerveau d'une Biche de Cerf-Cochon morte en décembre 1841 ; et un autre cerveau d'une Biche de la même espèce, morte le 4 novembre 1850 ; entrer le cerveau d'une femelle d'Axis nc'e à la Ménagerie le 2 juillet 1831, et morte le 27 mai 1847, et celui d'un Axis mort-né le 5 août 1844 ; entre le cerveau d'un Cerf de Vii-ginie mort le 10 mars 1846, et celui d'une Biche de Virginie morte le 18 novembre 1843. J'ai voulu me renseigner d'une manière plus complète sur les animaux auxquels ces cerveaux ont appartenu , pour savoir s'il serait possible de rattacher les différences qu'ils présentent à cer- taines circonstances appréciables ; et, dans ce but, je me suis adressé 76 C. UAUEtt'I'E . IHÉMOlKli à M. GeolTroy Saiut-Hilaire. Voici ce qui résuKc des icchcrchos que ce savant a bien voulu l'aire à ma prière sur les registres de la Ménagerie : La Daine morte à la Ménagerie le 3 janvier 1845 y était née le 25 juin 1844 ; celle qui est morte le 21 novembre 1851 , et le Daim morlle 15 octobrede la même année, avaient été donnés par le roi, le 4 octobre 1842. Ce dernier avait déjà plusieurs années. La Biche de Cerl- Coclion morte en décembre 1841 était née à la Ménagerie le 21 août de la même année ; celle qui est morte le 4 novembre 1850 était née à la Ménagerie le 6 oc- tobre 1840. Enfin le Cerf de Virginie mort le 10 mars 1846 avait été donné le 4 avril 1843; et la Biche de Virginie morte le 18 novembre 1843 était née à la Ménagerie le 2 août de la même année. En comparant entre elles toutes ces dates, j'ai pu m'assnrer que le développemeni des circonvolutions était, comme on pouvait l'aci- lement le prévoir, dans une relation évidente avec l'âge des ani- maux. Il m'a semblé également (|uele sexe pouvait avoir sur ce dé- veloppement une certaine inlluence, et que les circonvolutions étaient généralement moins développées dans les femelles que dans les mâles. Mais quelle (|ue soit la cause de ces différences individuelles , cause qui ne pourrait être déterminée d'une manière précise que par des recherches étendues sur un bien plus grand nombre de cer- veaux, il n'en est pas moins vrai que ces différences individuelles existent chez les animaux , connue dans l'espèce humaine, bien qu'elles y existent peut-être d'une manière moins tranchée. .T'avais besoin , au début de mes recherches, d'élablir ces faits d'une manière certaine, pour qu'il ne pût y avoir d'incertitude sur mon point de départ. Que s'agit-il, en effet, dans tout mon Mémoire ? De constater le degré de développement des circonvolutions céré- brales. Ur il importe de ue pas oublier (jue , si les circonvolutions sont variables individuellement, et si, dans le même individu, leur degré de développement est en rapport avec l'âge et avec d'autres conditions encore peu appréciées, nous ne pourrons connaître SIR LES (.1RC.0NV(I1,ITII«S Di; CERVKAV CHEZ LES MAMMIFÈRES. 77 conipli'liMiionf ce (Icjiir de (l('veloii|)enicnl d'après le cerveau d'un seul iiiiliviilii , sin'loiil si les rensciiinciiii'nls que luiiis )i(issr'd(His sur ce cerveau se iMuiifiit à l'indicalinu [imii' el siiii[ile de l'es- pèce à la(|uelle il apparlieiil. .Mallieureuseiiieiil , tel esl i'('tat de presque tous les cerveaux conservés dans les collections auato- iniques. Tant que nous ne saurons pas d'une manière positive (juc le cer- veau que nous examinons appartient à un individu mâle, et ayant atteint son développement complet , nous ne pourrons évidenunent pas connaître avec pn'-eision le degré de développement (|ue les circonvolutions peuvent atteindre dans une espèce. Il résulte de tout ce ([ui précède que , dans l'étude comparative du degré de développement des circonvolutions cérébrales, nous ne pouvons, le jilus souvent, connaître ce degn' de dévelo|ipement qu'avec un degré plus ou moins grand d'approximation , et que , par conséi|urnt, si i|uei([ues laits de détail se trouvai(»nt en contra- diction avec une tendance bien manifeste observée dans la généra- lité des cas, ces exceptions ne pourraient être une raison suffisante pour infirmer la règle générale. Ces considérations étaient nécessaires pour bien établir la nature des résultats que je cherche à faire connaître dans mon Mé- moire. J'entre maintenant dans l'examen des faits particuliers. Ici , comme dans nwin premier .Mémoire, je me bornerai à constater ces faits el à indi(pier leui- tendance générale, sans m'occuperde l'étude coin|)lètc et approfondie des circduvolutions dans eliaque espèce, élude qui n'aurait endélinitive qu'un assez médiocre intérêt au point de vue de la physiologie, et f|ui d'ailleurs n'entre pas dans le plan démon travail. Ces principes ('lanl posés, tous les faits nouveaux (pie j'ai obser- vés m'ont confirmé dans les idées que j'avais émises dans mon pre- mier Mémoire. L'ordri! des Primates m'a présenté les cerveaux d'un très grand nondiri' d'es|ièecs apparlenani à presque tous les genres, et aussi d'un ti'ès tirand nundirr d'individus appai'lrnanl à rliaipie espèce. 7H C. DARESTE. — MÉMOIRE Tons les faits nouveaux que j'ai observés m'ont louriii de nou- velles eonfirnialions de la rèf;le établie. La tribu des Simiens est eelle ([ui eumiirend les |ilus grandes espèces ; aussi les cireonvolutions y sont beaueoup plus dé- veloppées (pie dans les autres tribus. J'ai eonstalé ce lait pour rUrang-Outang et le Chimpanzé. Le cerveau du Gorille n'a pas encore été observé ni décrit ; espérons que cette lacune de la science ne tardera pas à être comblée parles soins des naturalistes qui visiteront les côtes du Gabon, etqui,jen'en doute point, s'et'tbr- ceront de réunirions les documents relatifs à l'histoire d'un animal si intéressant à tant d'égards. Les circonvolutions sont beaucoup moins développées dans la tribu des Cynopilhéeiens, dont la taille est yéuéralenient moindre que celle des Simiens. Elles présentent, du reste, assez peu de diffé- rences dans les divers genres de cette triliu ; ce (|ue l'on pouvait également prévoir, puis(iue tous ces groupes ne présentent pas de grandes variations pour la taille. Toutefois, la règle générale est ici encore bien manifeste. Les grandes espèces , connue les Cynocé- phales et les Macaques, ont les circonvolutions beaueoup plus dé- veloppées (jue les petites espèces, celles du genre Cercopithèque, par exemple. Cette inégalité dans le dcHeloppenient des circonvolutions peut d'ailleurs s'accomplir de deux manières diffiTentes. Ou bien les circonvolutions sont moins développées sur toute la surface du cerveau ; ce (|ui arrive, par exemple, quand on compare les Cerco- pithècpies aux Macaques ou aux Cynocéphales. Ou liien , tout en étant également développées surcremière tribu ; cela n'est vrai que pour les petites espèces. Dans les grandes, les circonvolutions existent sur le lobe occi|tital, mais beauciiup mciins développc'cs que sur les lobes anléiieurs du cer- veau. Ainsi, dans la tribu des Cynopilhéeiens, ces circonvolutions existent dans les (Jynocé|)liales; el dans la tribu des Cébiens, elles existent chez les Lagoiriclies et les. Mêles '2 . (I) Je n'ai point cité dans le cours de ce Mémoire la liste des espèces dont j'ai étudié le cerveau; ce serait une lecture fastidieuse et sans intérêt; mais je crois nécessaire de l'établir en note , au sujet de chaque famille. Dans la tribu des Cynopilhéeiens, j'ai étudié les cerveaux des espèces sui- vantes : Semnopithèque entelle. — Cercopithèques blanc-nez, moustac, mono'ide, mone, malbrouc , grivet, callitriche, patas. — Cercocèbe mangabey (Cer- cocebus œthiops], enfumé (C. fuligimsus). — Macaque bonnet chinois, ordinaire, ouanderon, Rhésus, maimon. — Magot. — Cynopithèque nègre. — Cynocé- phale hamadrvas . papion , niandrille. (9) Espèces dont j'ai étudié le cerveau ; 1 ° Tribu des Cébiens. — Saimiri sciurin. — Xyctipithèque sélin. — Sajou ordinaire, capucin, à gorge blanche. — Atele lielzébuth, aux mains noires. — Plus, deux cerveaux désignés dans la collection sous les noms û'At. griseus et d'.-tt. Brissonii , dontjen ai pu retrouver la synonymie dans le Culalogue des Primales du Muséum , publié par M. Geoffroy Saint-Hilaire. Enfin, le cerveau du CaUilriche molock.quiaétédécritparM.Gra- tiolet dans son Mémoire sur les plis cérébraux des Primates (ce Mémoire est inédit, mais II est analysé dans le rapport que M. Duvernoy en a fait à T Acadé- mie . 2° Tribu des Hapaliens. — Ouistiti ordinaire. — Tamarins marikina, pinche. — M. Owen a décrit et figuré le cerveau du Tamarin aux mains rousses {Phil. irons , t«37, pi. V, lig. 87). 80 C. ItARESTE. MÉMOIRE L'absence des circonvolutions clans les Singes de la tribu des Ha|i;ilieiis est nn lait qui a déjà été constaté depuis loiii;iem|is jiar les observations de M. Is. (Jeolïroy Saint-Hilaire , et par celles de M. R. Owen. Dans la famille des Lémuridés, les mêmes laits se retrou- vent. Les .^lakis , les plus grandes espèces de cette famille , ont les circonvolutions assez dévelojtpées. Elles existent, mais beau- coup moins développées , dans le Nycticèbe et dans le Cliéiro- gale. Elles maurpient complètement dans lesGalagos et les Micro- cèbes (A). Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit dans mon premier Mémoire ni sur la famille des Tarsies, ni sur l'ordre des Cbèiroptères. Je rappelle seulement cpie dans cet ordre, les faits connus , si peu nombreux qu'il soient encore, confirment tous la règle, puisque la Roussette, l'une des plus grandes espèces, possède déjà des cir- convolutions, tandis que nos (Ihauves-Souris ordinaires en sont dépourvues. J'ai pu, au contraire, multiplier considérablement mes ob.serva- tions sur les Mammifères de l'ordre des Carnassiers, et, en parti- culier, sur ceux de la famille des Viverridés de 3L Is. Geoffroy Saint-Hilaire, famille qui correspond assez exactement à celle des Carnivores de Cuvier ; tandis que, dans mon premier .Mémoire, celte famille me présentait encore de très nombreuses lacunes. Dans la famille des Ursiens, les cerveaux des deux espèces de Ratons (Procyon lotor et Procipn cancrivonis) et des deux espèces de Coatis [Nasua fusca et Nasiia rufa) sont bien manil'cstement plus pauvres en circonvolutions ([ue ceux des diverses espèces du genre Ours, qui se trou\ent en assez grand nombre dans la (1) Espèces dont j'ai pu étudier moi-même le cerveau : Le Maki roux ( Lemur fulvus). — Le Vari{L. macaco). — LeChéirogale deMillus [Cheirogalnis Milii). — Le cerveau du Mongous [Lemur Mungos) a été décrit par Leuret ; celui du Ga- lago du Sénégal {Galago senegalensis] , par Laurillard et M. Fr. Cuvier fils (dans la 2^ édition du Traité d'aimtomie compnrée de Cuvier ; celui du Mirrocébe par M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire. Enfin, je dois la connaissance du cerveau du Nycti- cèbe il une bienveillante communication que m'a faite ce dernier savant. SLR LES (:1UCû:«V0LIT10NS m CICUVKAU chez LKS 5UMMIFÉKES. 81 collection du Muséuni, cl qui |ucsculciil lous un dcveloppenient très notable des circonvolutions. .Mainlciutnl la rcf^le esl-cllo vraie pour lesdificrcnles espèces de ce genre? Cetle (picsliou serait d'un très grand iulérct pour mon travail, d'autant plus que c'est un point sur lequel un habile jihysio- loyisli' , M. Gratiolet, (pii a conircdit les idées (|ue.j'ai émises dans mon premier .Mémoire , s'est appuyé ]iour élayer les objections ipi'il m'a laites. Malheureusement il y a ici une lacune dans la science. Jusipi'à présent on n'a point déterminé d'une manière précise et délinilivc les diverses espèces du genre des Ours ; et l'on comprend facilement que la solution du problème anatomique que j'indique ne pourra être obtenue que lorsque le problème zoolo- gique aura lui-même été résolu. De plus, je ferai remarquer que les cerveaux d'Ours de la collection du Muséum ne sont point désignés d'une manière précise; qu'mi certain nombre d'entre eux sont simplement désignés par le lieu de leiu" |)rovenance, et que les indications qui pourraient faire recomiaitre l'espèce, le sexe , l'âge , sont très incomplètes : de telle sorte (pi'il ne m'est guère possible de faire usage de ces matériaux pour la thèse que je défends ici. Il y a toutefois un fait que je dois signaler, bien qu'il soit con- traire à mes doctrines. Conmie l'a indiqué M. Gratiolet, le cer- veau de l'Ours euryspyle , l'une des plus petites espèces du genre , est plus riche en circonvolutions que celui de l'Ours blanc, l'une des plus grandes. Le fait est exact, j(^ me plais à le reconnaître; c'est d'ailleurs la seule exception que je connaisse à la règle géné- rale. Ne peut-on [las toutefois se demander si cette exception ne tiendrait pas à une difl'érence d'âge? Les Ours dont les cerveaux sont dans la collection du .Muséum ont vécu à la Ménagerie. Les Ours blancs qui sont moris à la Ménagerie n'étaient-ils j)oint de jeunes individus chez lesquels les circonvolutions n'avaient point acquis leur complet développement? Je me contente de poser cette question, à laquelle il ne m'est pas possible de ré|iondre. Mais si l'on se reporte â ce (jue j'ai dil précédemment sur les variations que l'âge peut introduire dans les divers degrés du développement 4' série. Zooi. T. I, (Caliier n" 2.) - 6 82 l"- DARES'I'E. — MÉMOIRE (les circoa\(iliilioiis , et aux cxcinplcs que j'ai iiidiiiiu's daiis li^ genre des Cciis, on verra que cette remarque n'est iieut-èlre pas inutile. Dans la tribu des Mustéliens, je n'ai poiiil de fait nouveau à ajouler à ceux que j'ai l'ail cdnnaîlre dans mon premier Mémoire. J'ai observé dans la tribu des Viverrieus les cerveaux des espèees suivantes : le Suricate {Suricata capetisisj ; l'iclmeumon de Pbaraon {Ichn. Pharaonis) ; le Nems (Ichneumon cafer) ; le Paradoxure {Paradoxuriis typus) ; la Civette (Viveira Civetla) et le Zibetb (V. Zibelhà). Toutes ces espèees ont à peu près le même cerveau , à l'exception toutefois des deux dernières, tpii, ainsi que je l'ai fait remarquer pour la Civette, dans mon premier Mémoire, ont une taille plus considérable et un cerveau un peu plus eompli{|ué. Dans la tribu des Caniens, la règle trouve également son appli- cation dans les espèces sauvages. Les circonvolutions sont plus développées dans le Loup que dans le Chacal et le Renard , et dans ces deux espèces que dans l'Isatis et le ["euncc, dont le cerveau vient d'être placé tout récemment dans la collection du Muséum. Je laisse ici de côté tout ce qui se rattaclie aux variétés du Chien domes- tique. J'ai quelques motifsde croire que l'iidUieiice de lu domesticité a modifié, relativement à ces animaux, l'application de la règle gé- nérale. Malbeureusemeiit, l 'insuffisance des matériaux m'enipèche pour le moment de suivre cette étude aussi complètement (prelle le mérite : je compte m'en occuper sitôt que j'aurai pu recueillii- un nombre suffisant de faits authentiques et bien observés (1). • Dans la tribu des Féliens, en outre des cerveaux de l'Hyène rayée et de l'Hyène tachetée, j'ai étudié les cerveaux d'un grand nombre d'espèces du gem-e Chat. Ce sont : le Lioi\ , le Tigre , le Jaguar, la Panthère, le Cougouar, leGuépard, le Lynx, l'Ocelot, le Caracal, le Cliaus, le Serval, le Chat ordinaire el le Chat de Sumatra. La règle me paraît parfaitement applicable à toutes ces espèces. (1] Cette remarque sur l'influence de la domeslicilé, influence que j'ai déjà indiquée dans un appendice de mon premier Mémoire . est également applicable aux autres Mammifères domestiques: aussi les ai-je laissés en dehors des obser- vHlions qui font le sujet do ce Ifavnil, SUR LES CIRCONVOLLTIONS Dl' CERVKAl' CHEZ LES MAMMIFÈRES. 83 Jo iloisoiilirr ici dans (|U('l(|ii('s détails-, rar , dans les olijpclions qu'il m'a faites, M. Graliolct a cité le cerveau de l'Oceldl cciniino ayant des circonvolutions plus développées que celles du Cougouar et du Guépard. (]ette olijeetiou m'imposait le devoir de comparer ces cer- veaux avec le pins grand soin. Leur élude très attentive m'a conduit à des conclusions toutes contraires à celles d.e ^I. Gra- tiolet. Si nous examinons comparativeuient le cerveau du Cougouar et celui de l 'Ocelot, nous trouvons les résultats suivants :La circonvo- lution supi'rieure, celle f|ui longe la grande scissure .supérieure du cerveau, est Iteaucoup plus corupliipK'edaus le Cougouar (jue dans l'Ocelot, cl elle présente, à sa partie postérieure, on sillon assez prol'ond qui la partage d'arrièn^ en avard. Rien de paivil ne se voit dans le cerveau de l'Ocelot où cette même circonvolution ne pré- .senle que quelques dépressions de peu d'importance. La deuxième circonvolution, celle qui borde extérieurement la première, est à peu près lisse dans l'Ocelot , tandis cpie dans le Cougouar, elle présente sur son lionl externe des replis assez nombreux. Enfin elle présente , dans le Cougouar, un reiili qui forme un passage à l'une des circonvolutions lati'rales (|ui se dirigent per|iendiculaireuient sur les premières, taudis (lu'elle est [larfaitcment libre dans l'Ocelot. Quant aux autres circonvolutions, elles présentent à peu près la uième disposition et le même degré de développement sur le cer- veau du Cougouar et sur celui de l'Ocelot , et il n'y a rien en elles qui indiqu(> une supériorité quelconque eu faveur du cerveau de l'Ocelot. Le cerveau du (iu(''pard ressemble beaucoup à celui du Cou- gouar; il en diffère seulemwit en ce que les dépressions ([ui (exis- tent sur les circonvolutions sont un peu moins marquées, ainsi que 11' sillon r|ui existe d'arrière en avant sur la cireouvolution supé- rieui'c ; mais il |iossè(le encore un pli de passage, tandis (pie le cer- veau di' l'Ocelot n'iTi pré.seide ]iiiiiit. Dans les observations ipi'il m'adicsse, .M. Gratiolet paraît atta- cher une grande importance à la |irol'ondeur l'elalive des sillons ipii 84 r. a».iRE:s'rF.. — mémoiri-. séparcul. les circoiivnliiliuiis ; ju iiio suis ('NplifiiK' SLir co sujcl au coniineiiceiiienl de ce Mémoire, et je n'y reviendrai point ici. Ainsi donc, à l'exception du {icnre des Ours, Ions les cerveaux que j'ai étudiés dans la faniilh» des Viverridcs nous présentent dans leur disposition une conlirnialion très manifeste de la règle. J'ai étudié également celui du Kinkajou et celui du Phoque (Plioca vitu- lina ) ; mais ces cerveaux apjiartenant le premier à une famille compos(''e d'une seule espèce, le second à une famille plus nom- breuse, mais dont les cerveaux sont encore assez rares dans les eolleclions, avaient un moins grand intérêt pour moi , puisqu'ils ne pouvaient se préler que plus diflicilement à des éludes compara- tives. Toutefois , si nous comparons le cerveau de ces animaux à celui des Viverridés, nous verrons ([ue ces cerveaux ont un degré de développement assez semblable à celui des animaux de même taille ; que les circonvolutions sont très simples dans le Kinka- jou ; qu'elles ont, an contraire, dans le Phoque, un haut degré de développemeni . Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit dans mon premier Mémoire au sujet des Insectivores et des Rongeurs ; ces animaux, étant de ])etite taille, ont le cerveau lisse, et les espèces que j'ai étudiées de- puis la rédaction de mon premier .Mémoire ne m'ont présenté aucune excepliou à la règle. Je dois toutefois rappeler ici le fait si curieux de rexistcnce des circonvolutions dans le cerveau du Cabiai, le plus grand de tous les Rongeurs, fait ijui nous présente l'une des preuves les plus remarquables des idées que je cherche à introduire dans la science (1). (1) Espèces de l'ordre des Insectivores dont j'ai pu observer le cerveau : le Desman, la Musaraigne, la Taupe, le Hérisson, le Macroscélide. Le cerveau du Tanrec a été décrit par I.euret. Espèces de l'ordre des Rongeurs : Écureuil ordinaire, Écureuil palmiste. Po- latouche, Rai, Souris, Loir, Lérot, Muscardin , Campagnol , Gerboa , Surmulot, Rat d'eau, Rat-Taupe, Marmotte, Castor, Porc -Épie, Coendou, Capromys , Lièvre, Lapin, Cobaye, Agouti, Paca. Le cerveau du Cabiai a été décrit par M. Duvernoy ; les cerveaux de l'Hydromys , de l'Échimys, du Souslic, de l'Oryc- tère, de l'.Magtaga , de l'Otomys, du Chinchilla, de l'Ondatra et de l'Hélamys, ont été décrit.s par I.enret. SIR LKS tlKLO.WUI-L TKI.NS 1)1 l.KllMiAL CHh/. l.KS M V.MMlFÈRtS. (S5 Dans l'ordre des Pachydermes , j'ai pu élniliiT les cerveaux dos Damans du Cap et de Syrie, du Sanglier, du Pécari (inlinaire et du Pécari à collier, du Tapir d'Améri(iue, de la plupart des espèces du genre Cheval et de l'Hipiiopotame. Je connaissais d'ailleurs le cer- veau de rÉlé[)hant par la description ((u'eii a donnée Leuret. La règle est ici ilune application évidente depuis les Damans, où les circonvolutions sont d'une simplicité extrême, jusqu'à l'Hijipopo- tame et à l'Éléphant , dont le cerveau serait même , d'après Leuret, supérieur au cerveau de rHommc, en ce (pii concerne le développe- ment des circonvolutions. Os observations sont d'autant plus re- marquables que cet ordre des Pachydermes est un (irdre peu natu- rel , et qui , dans les classifications , doit être divisé en plusieurs familles très distinctes. Je dois ajouter à cette liste un l'ait qui, jiien (pi'iln'aitpas, an point de vue de la zoologie, une hien grande importance, acquiert un cer- tain intérêt, par suite des conditions toutes si)éciales dans lesquelles il a été observé : il s'agit, en effet, du cerveau d'un animal fossile, le Palœotherium médium. Dans un crâne de cet animal, Cuvier a trouvé une masse de gypse qui, s'étant moulée dans la cavité crà- uieiuie, peut nous doiuier une certaine idée du cerveau qui y était contenu . Or ce cerveau ne présente rien qui soit contraire à la règle. Cette observation est trop curieuse pour que je ne doive pas citer ici les paroles mêmes de Cuvier : « J'ai eu jusqu'à l'empreinte du cerveau lui-même, et toute sa forme moulée en plâtre dans le creux du cràue Ce cerveau est ovale , assez large , un peu aplati ; les circonvolutions sont assez nombreuses. Il tient de celui du .Mouton et de celui du Cochon (longueur d'un hémisphère du cerveau, O"',078; sa largeur, 0",036i 11. >) Il ne faut pas oublier que la taille du Palœotherium médium était celle duCoclion. Lors de la rédaction de mon premier Jlémoire, je ne connaissais, (1) Cuvier, Recherches sur les ossements fossiles, 4' édition, in-8, t. V, p. 64. Il y a dans le môme ouvrage deux autres observations de cerveaux d'animaux fossiles, qui pourraient, au premier abord , paraître contredire la règle ; mais je ne crois pas qu'en tenant compte des conditions dans lesquelles elles ont clé 86 C. UAItIJSTIi. — MÉmOllilC clans l'ordre des Ruminaiils, iiii'iin très petit iiuiubri! de cerveaux. La coUeclion du Muséum m'a permis d'éleudrc mes ('ludes sur un très grand nombre d'espèe(îs ; et ces études m'ont conduit à des faites, elles puissent devenir pour des anatomistes le point de départ d'objec- tions sérieuses. Tel est d'abord le Palœothcrium crassum [ibid., p. 6i). Mais cette observation est tout à fait incomplète ; Cuvier dit seulement : « On reconnaît dans cette pièce l'empreinte de la convexité latérale du cerveau et de quelques-unes de ses anfrac- tuosités qui ne paraissent pas avoir été fort multipliées. » La seconde observation est plus explicite ; c'est celle du cerveau de VAnoplo ■ therium commune, animal de la taille de l'âne. « Un hasard heureux , dit Cuvier, m'a procuré quelque idée de la forme du cerveau dans Y Anoplolherium. La tête dont je viens de parler était tout environnée d'un mélange de glaise et de gypse; et c'est précisément ce qui l'avait rendue si friable, car les os contenus dans la marne se brisent généralement quand on veut les en tirer, sans doute parce que cette terre ne les a pas préservés comme le gypse. Mais dans ce cas-ci sa présence a été heureuse , elle s'est moulée dans la cavité du crâne ; et comme cette cavité elle- même dans l'animal vivant s'était moulée sur le cerveau, la glaise nous représente nécessairement la vraie forme de celui-ci. Il était peu volumineux à proportion, aplati horizontalement; les hémisphères ne montraient pas de circonvolutions, mais on voyait seulement un enfoncement longitudinal sur chacun. Toutes les lois de l'analogie nous autorisent ;i conclure que notre animal était dépourvu d'in- telligence. » [Ibid., p. 76.) Si nous avions ici la représentation exacte du cerveau de VAnoplotherium, ce cerveau présenterait une exception flagrante non seulement à la règle que je cherche à établir, mais même aux idées les plus généralement admises par les zootomisles sur la constitution du cerveau. En effet, dans une famille naturelle la disposition générale du cerveau est très sensiblement la même pour toutes les espèces; et l'ordre des Pachydermes ne nous présente aucun cerveau qui puisse être comparé à celui de l'Anoplothorhtm. Mais je ferai remarquer qu'en exami- nant avec soin la figure que (.'uvier a donnée de cette pièce , on y voit non seule- ment l'enfoncement longitudinal indiqué dans le texte, mais aussi un certain nombre d'éniinences et de sillons , il est vrai , très peu marqués. Il semble que l'on ait sous les yeux l'image d'un cerveau encore revêtu de ses membranes: con- dition qui rend, comme le savent tous les anatomistes, les circonvolutions beau- coup moins apparentes; s'il en était ainsi, le cerveau de l'Anoplothcrium pourrait rentrer dans la règle. Mais quelle que soit la valeur de cetle interprétation, il ne faut |ioint oublier qu'il ne s'agit ici que d'un moulage, et que rien ne prouve que l'empreinte soit fidèle et qu'elle reproduise exactement le cerveau de l'animal. L'empreinte du SIR LES CIRCONVOLI'TIONS 1>V CICHVEAl' CHEZ LES MOIMirÈKES. 87 résultats part'aileineii( scnildablcs à ceux que j'avais observés dans les autres classes. Ainsi, romuMMiii pouvait le prévoir, les circonvolulinns sont très développées dans la famille des Camélidés ; les cerveaux des ani- maux de cette famille que j'ai étudijés sont ceux du Chameau, du Dromadaire et du Lama; elles sont également très développées dans la Girafe. Au contraire, la famille des Trafîulidés, dans laquelle les circon- volutions cérébrales m'étaient inconnues, et n'avaient encore été décrites par aucun zootomiste, m'a fourni récemment un des exemples les plus remarquables de la rèiilc que je cherche à établir. On sait que ces animaux sont les plus petits de l'ordre des Rumi- nants : il y avait donc, et je sifinalais celle lacune dans mon premier mémoire, à savoir si le cerveau de ces animaux présenterait des cir- convolutions nombreuses comme c«lui des autres Ruminants ; ou si, par l'absence ou le peu de développement des circonvolutions, il se rapprocherait de celui des Mammifères dont la taille est petite. Cette dernière prévision s'est réalisée à ma grande satis- faction . Comme ce cerveau est , du moins au point de vue de mes re- cherches, l'un des plus curieux que me présente la classe des Mam- mifères, je crois devoir donner sa description avec quelques détails. Il ne faut |ioint oublier que l'inlérèl de ciMIe description lient en grande [larlie à la taille même de cet animal, qui ne dépasse pas celle d'un Lièvie. l,'enc(''[)haleduChevrotain a, dans sa longueur, 0"',042 ; la lon- gueur des hémisphères est de ()"',03 ; leiu" épaisseur, de 0"',03. Ce cerveau est, au premier aspect, très notablement différent de celui des autres Ruminants. Il ne nous présente pas de circonvolu- cerveau de Palœotlwrium est formée de gypse pur, celle du cerveau liAnoplu- /A«riKm esl formée de marne. Celle dernière circonslance n'esl-elle pas pour quelque chose dans la diiïérence do nellelé des résullals? Cuvier lui-même ne paraissait pas attacher une bien grande importance k cette observation , puisqu'il dit seulement que cette pièce lui a donné quelque idée du cerveau de l' Anoplotherium. 88 f. UAUESIU. ■ — MKMUIIll'; lions vciilables; mais sciiicineiil (juelques sillons peu nombreux, très peu profonds, el qui n'olïrent ni replis ni ondulations. Voici la disposition de ces sillons : On voit, d'arrière en avant, le long de la scissure antéro-posté- rieure, deux sillons qui occupent un peu plus du tiers de la lon- gueur totale des hémisphères ; ces deux sillons circonscrivent des espaces que Tou pourrai!, à i|uol(]ues égards, comparer à des cir- convolutions; espaces très étroits, et dont l'épaisseur n'est (pie de 0",002à0",003. En dehors , on trouve deux autres sillons à une assez grande distance des premiers. Entre ces deux sillons et les deux premiers se trouve circonscrite une bande de matière cérébrale qui est fort large en arrière ( 0"',012; , et beaucoup plus étroite en avant (0"',005j. Ces deux bandes sont séparées l'une de l'autre, à la région postérieure des hémisphères , par les deux bandes que j'ai précé- demment décrites. A la région antérieure, elles se réunissent et s'accolent l'une à l'autre, de manière à former les deux bords de la grande scissure antéro-postérieure ; ces bandes présentent deux dépressions à leur partie post(''rieure. Enlui on trouve sur les parties latérales des hémisphères deux autres bandes de matière cérébrale, séparées des deux précédentes, par le sillon que je viens de d(''crire, dans toute le\u' partie moyenne, el (|ui se confondent au contraire avec elles par leurs extrémités antérieure et postérieure. Ces bandes ont une épaisseur qui est à peu près la même partout (0"',005) ; elles présentent à leur milieu un sillon vertical, qui est comme une ébauche delà scissure de Sylvius. Le cervelet ne présente que onze lamelles au lobe médian et neuf lamelles aux lobes externes. Ces lamelles sont elles-mêmes très simples, et ne présentent point les nombreux replis que l'on observe sur le cervelet des autres Ruminants. Comme on le voit, l'encéphale de cet animal est parfaitement con- forme à ce qu'indique la règle ; puisque sa surface est à peine sillon- née, et ne présente rien de comparable aux anfractuosités si nom- breuses et si ondulées que nous offrent les cerveaux des autres Ruminants. Mil LK» ciKi.o.WDLi riii>s 1)1 <;kk\km chez lks mam.miikhf.s. S',) La (lornière famille, celle des Antilopidés, m'a inéscnlé iiii très grand nombre de cerveaux appartenant à des espèces très di- verses, et particulièrement aux Cerfs et aux Antilopes. Ici les résul- tats que j'ai ol)tenusne sont point d'une parfaite netteté, par suite de deux circonstances sur lesquelles je me suis expliqué déjà, mais que je dois rappeler ici. Ainsi la domesticité pouvant exercer une in- fluence sur le développement des circonvolutions, je n'ai pas attache une grande importance aux cerveaux de Bœufs, de Cloutons et de Chèvres , que j'ai trouvés dans la collection : ces cerveaux ne sont pas d'ailleurs assez nombreux jiourque j'aie pu chercher à détermi- ner la loi de cette variation. D'un autre côté, les différentes condi- tions d'âge et de .sexe penvent faire varier considérablement l'état de dévelo]ppenient des circonvolutions dans une même espèce, surtout lorsque cette espèce est de grande taille, et que les circonvolutions atteignent à l'âge adulte un haut degré de développement. Aussi, pour bien faire ce travail, serait-il nécessaire de ne considérer que le cerveau tics nvàles adultes ; mais c'est là une condition que je n'ai pu rem|)lir : car les indications qui accompagnent ces cerveaiux sont très incomplètes , et je n'ai pu recueillir, à leur égard, que des documents insufhsants. Toutefois, en tenant compte de ces difficul- tés inhérentes aux conditions dans lesquelles je me suis trouvé pour cette étude, il m'a semblé rpi'on ne pouvait méconuaitre l'application de la règle générale , sinon comme (Complètement démontrée , au moins comme exti'cmement probabb». Ainsi dans le genre Cervus de Linné ou, comme on l'appelle aujourd'hui, dans la tribu des Cer- vieiis, le développement des circonvolutions marche parallèlement à la taille duMimtjac et du (Jerf ronge, au Chevreuil, anCei'f-Cochon, à l'Axis, auDaim, au Cerf de Virginie, au Cerf de Malabar, au Cerf ordinaire, au Renne, au Cerf du Canada et à l'Elan. De même, dans l'ancien genre des Antilopes de Linné, on observe également une série ascendante depuis les plus petites espèces, celles dont les cir- convolutions cérébrales sont les plus simiiles, jusqu'aux espèces les plus grandes, chez les([uelles les circonvolutions ont atteint leur plus complet dévelop[)ement. Ainsi les circonvolutions sont plus simples chez la Gazelle, le Kevel, la (;orimic, le Chamois, l'Anti- 90 V. WtRIil^Tt;. MtMUiRE lopc des Indes {A . cervicapraj ; un peu plus eoinpliquées cliez leNangiier, le Guib et l'Addax; ]iliis C(>iiipli(|uées encore chez le Nylgau; enfin, c'est dans le Canna (|ue leur dévelop|)enient est le plus complet (1). Je laisse de côlé dans cette étude les genres Baiil', Mouton et Chèvre : les cerveaux de ces animaux que j'ai oliservcs ne contre- disent pas la tendance générale; mais il y a là, comme je l'ai déjà uidlipu', des conditions nouvelles ([ui pourraient modifier l'appli- cation de la règle. Celte question lormcra peut-être le sujet d'un nouveau mémoire , si je jinis réunir un nombre suffisant de maté- riaux. L'ancien ordre des Edentés de Cuvier pourrait, au premier abord, paraiire contredire la règle. Ici , en effet , rien n'est plus variable que la configuration du cerveau. 11 est lisse chez les Paresseux 'Braihipus tridactyliis. , les Tatous cacliicame iDasyinis novem- cinclus) et cucoulierl ii)(U7/yj!/s sexcincUiSj, l'Orniliiorliynque. Les circonvolutions exislent , an coulraire , dans les Pangolins (Manis penUulnvIijla cl Munis Temninckij, ainsi que dans l'Écbidné. Le pclil Fourmilier (genre Dionyxûc M. Is. Geoffroy Saint-Hilaircou Cyclothum de M. Gray) a le cerveau lisse d'après Tiedemann ; les circonvobilions exislent, d'après Leuret, dans le cerveau de l'Oryc- téropc. Mais il ne faul point oublier ([ne cet ordre de Cuvier est fort peu nalurel ; et que maintenant, dans les classificalions les [dus or- dinairemerd adoptées, onenaséparé, d'une part, les Bradypes, pour former l 'ordre des Tardigrades; de l'anlre, l'Échidné et l'Orniliio- rliynque, pourformer l'ordre des Mono! rèmcs, qui, par les condilions toutes spécialesde leur organisation, se distinguent si nettement non sculcmenl desEdcuti's, mais mèmede tous les autres Mammifères. Il ne resic donc dans l'ordre des vrais Êdentés que les Tatous, les Pangolins , les Fourmiliers et l'Oryctérope. Or ces animaux eux- mêmes sont très différents les uns des autres , et doivent former dans la classification des familles bien distinctes. Il en est de même (I) Il existe ei^core dans la collection du Muséum un cerveau de Tcliicara et un cerveau de Bubale; mais ils sont trop mal conservés pour que j'aie pu les étudier. SUR LES CIRVONVOLUTIONS DU CERVEAU CHEZ LES MAMMIFÈRES. 91 dans les Monotrèmes poiirrÉcliidné et l'Ornithorhynque. Nous ne devonsdonc pas nous étonner si ces animaux ne peuventètre com- parés entre eux sous le rapport de leur cerveau. Je ferai d'ailleurs remarquerquele petit Fourmilier et l'Oryctérope, qui, l)ieni|u'asscz différents l'un de l'autre , ont cependant assez de traits communs pour avoir été classés dans une même famille, celle des Myrméco- phafjidés de M. Is. Gcolïroy , nous pn'srnlcnl une remarfpiable application de la règle, [luisque le Diony\,l qui est lui des plus grandsde la série des Marsupiaux, a des circonvolutions. Tous les autres, dont la taille est petite , ont , au contraire , le cerveau lisse. Ces faits sontd'aillenrs fort remarquables à uu autre pdint de vue. Les naturalistes modernes, et |iarticulièrement .M. Is. Geoffroy Saint-Hilairc, ont fait ressortir, en diverses circonstances, les analogies (jne peuvent présenter des animaux ap[)artcnant à des divisions différentes. Or on sait que les Mammifères ordinaires et ',)-2 C. UAKE!!i'rE. — MtMOlIlli les Marsupiaux nous olTrent uu îles exemples les plus remanjuables de ces suites de leriiies correspondants, ipii Ibrineiit, suivant l'expression de M. Is. Geoffroy, des séries parallèles, il est très curieux que , si l'on compare le cerveau des Marsupiaux à celui des ordres correspondants de la série des Mammifères ordinaires, nous retrouvons encore l'application de la règle. Les Dasyures, les Sa- rigues, les Phalangers, tous animaux de petite taille et comparables aux Insectivores, ont le cerveau lisse . Les Kangourous et le Wonibat sont, au contraire, comparables aux Rongeurs ; or le Wonibal et le Kangourou géant ont une taiUeJtien suiiérieure à la taille moyenne des Rongeurs ; nous venons précisément de voir ipie ces deux ani- maux ont des circonvolutions. Je n'ai rien à ajouter à mon premier mémoire en ce qui concerne l'ordre des Cétacés, les cerveaux de ces animaux étant encore fort rares dans les collections (1). Après avoir ainsi achevé cette revue de la classe desMammifères, je dois faire ressortir les conséquences générales qui en découlent. Toute loi en physique ou en histoire naturelle repose sur l'induc- tion. Il est évident que, pourcjne l'induction soit légitime, elle doit re[)Oser sur un très grand nombre de faits ; et que, plus les faits seront nombreux, plus seront inattaquables les règles générales qui résulteront de leur étude. Dans mon premier Mémoire , je ne connaissais guère que soixante-dix espèces , tandis que pour la rédaction du Mémoire actuel, j'ai réuni des observations appartenant à près de deux cents espèces. D'ailleurs, il y avait beaucoup de l'aniilles (juc je ne con- naissais point ; d'autres, dans lesquelles je ne connaissais qu'un très petit nombre de cerveaux. C'est pounpioi je ne me prononçais qu'avec doute, et en sollicitant de nouvelles recherches. Maintenant que j 'ai plus que doublé le nombre de mes observations , que j 'ai pu les étendre à un nombie |)lus considérable de familles, et (]ue les résultats de mon travail sont venus sur tous les points confirmer la (4 ) Je vois dans le Lclirbuch ron vergleichenden Anatomic, de M. Staniiius, que le cerveau de V Hijperoodon a été décrit par M. Eschchricht; mais je n'ai pu, jus- qu'à présent, trouver le Mémoire qui contient cette description. SIR LKS (.lltCONVOLlTlOXS 1)1 CERVEAU CHEZ LES MAMMIFÈRES. 93 règle, il y a là nnc |)iTsoniplion assez grande en laveur (le la réalité des faits (|ue j'annonçais il y a un an. .Mais cette |ir(;soin|ition deviendra beaucoup plus forte , et la probaliiiitt' se rapprocliera beaueon[i plus encore de la certi- tude , si nous examinons de [dus près la nature des résultats obtenus. Les cerveaux que j'ai étudiés cette année dans la collection du Muséum sont très inégalement répartis dans la classe des Mammi- fères. Certaines familles ne m'ont présenté que très peu d'es- pèces, tandis que d'autres familles m'en ont présenté un nombre considérable : tels sont les Primates , les Yiverridés et les Rumi- nants. Cette inégalité m'a été profitable. En effet, si l'ignorance où nous sommes encore de l'état du cerveau dans un certain nombre de tyTpes importants de la classe des Mammifères pouvait retarder l'admission de la règle en tant qu'elle serait applicable à la classe entière , cette objection ne serait valable pour aucune de ces trois familles. Là, en effet , l'organisation du cerveau nous est connue dans tous les types génériques de quelque imporlance . J'ai voidu d'ailleurs évaluer d'une manière plus précise l'exacli- tude des résultats que j'ai obtenus. Pour cela, j'ai cberehé à établir le rapport qui existe entre le nombre des observations que j'ai faites et le nombre de celles qui resteraient à faire, pour que, dans l'une de ces divisions de la classe des Mammifères , toutes les espèces fussent observées. Un pareil calcul ne peut être fait que d'une ma- nière approximative ; car il y a encore, même dans la classe des Mammifères, un assez grand nombre d'espèces qui nous sont in- connues. Mais, en tenant compte de cette particularité , voici quels sont les résultais rpii re.ssortent de ce calcul. Je me suis servi, pour cette évaluation, d» Catalogue des Pri- mates du Muséum d'histoire naturelle, publi('', au commencement de l'année dernière, {)ar M. Is. Geoffroy. A cette é[)oque, la collection du .Muséum, ([ui est probablement la plus riclie de toutes, contenail ceni (puitre-viugl-sept espèces, réparties en qualivliiniillcs, neuf Iribus et quatre-vingt-huit genres. 9/l C. DARESTE. — MÉMOIRE Eli ajoutiint à ces L'iiilïres deux espèces formant cliaciinc le type (l'un genre particulier, le Gorille et le Pérodictiquc , espèces qui n'appartenaient point alors à la collection du Muséum, on ob- tient un total do cent cpialre -viuîit- ncui' espèces et quarante genres (1). Ce cliiflrc de 189 espèces n'es! d'ailleurs qu'approximalit', puis- qu'il n'exprime u lieu de considérer l'ordre entier, nous nous étions borné à la famille des Singes. La conséquence (pii me paraît ressortir le plus naturcUeriient et le plus légilimenient de toute cette discussion , c'est (pie la loi qui forme le sujet de ce Mémoire doit être considérée comme démontrée à l'égard du premier ordre de la classe, l'ordre des Primates. S'il eu était autrement, il faudrait renoncer à toutes les applications de l'induction, et, par suite, à rf'talilissement des lois générales, non seulement dans les sciences naturelles , mais dans toutes les sciences d'observation. Quand on a constaté l'existence d'une loi poui' un certain ordre de faits, on peut et l'on doit se demander si l'extension de la loi à d'autres ordres de faits analogues n'est |>oint (pielque cliose d'ex- trêmement probable. C'est là une notion capitale dans l'emploi de l'induction, et l'une des méthodes les plus fécondes (jue nous pos- .sédions pour arriver à des découvertes. En histoire naturcll(> parti- culièrement , cette méthode prend une importance nouvelle par suite des idées ijui tendent à se lépandre de plus en plus (l) sur le parallélisme des séries , et sur l'existence , dans chaque série, de termes corres|iondants caractérisés par des modifications or- ganicpies analogues. Oi' ces anidogies (|Mi existent entre les termes correspondants des deux séries seront d'autant i}liis multipliées que ces deux séries elles-mêmes seront plus voisines de leur (I) Ces idées ne sont pas d'ailleurs bornées à 1 liistoire naturelle; elles sont également applirables à la chimie, et en particulier à la eliimie organique ; ce que prouvent les travaux les plus récents dont s'est enrichie cette science. 9l> C. DARESTE. — MÉMOIRE organisalion, comme cela arrive |iour deux familles ou deux ordres d'une mcuic classe. II est donc à priori très [irobable qu'une loi générale, démontrée, pour une famille ou pour un ordre de la classe des Mammifères, devra être également applicable aux autres familles ou aux autres ordres ; et nous pourrions le supyioscr déjà en l'absence même de toute obser- vation. Mais telle n'est pointla ([uestion. La famille desViverridés , l'ordre des Ruminants, nous fournissent un nombre assez considé- rable d'observations, qui toutes ou pres(iue toutes conlirment la règle. Quant aux autres familles, si le nombre des observations est encore assez restreint, cependant toutes celles que nous possédons confirment la règle au lieu de la contredire. Ainsi donc, les faits observés et toutes les domiées de l'induction doivent nous faire admettre comme très probable l'application de la règle à toute la classe des Mammifères. Et ici je dois encore faire remarquer que (|uand bien même il y aurait quel([ues exceptions à la règle , quand bien même des faits déjà connus ou des faits à connaître ne se soumettraient pas aussi facilement à la loi, cène serait pas cependant un motif suffisant pour la méconnaître. Je dois insister sur ce point, parce que les résultats que j'avais déjà indiqués dans mon premier Mémoire ont été contredits par un babile physiologiste, M. Graliolet. J'ai déjà répondu à ses observa- tions, et j'ose espérer que les personnes qui auront pris la peine de lire l'attaque et la défense reconnaîtront fpie notre débat provient, en grande partie, d'un malentendu, et de l'idée très inexacte que M. Grafiolet s'était faite de mon premier travail. Pour faire cesser toute incertitude à cet égard , et pour ne pas prolonge)' une discus- sion où l'on m'attribuait des idées assez différentes de celles que je soutenais, j'ai pris le parti, dès l'année dernière, de publier mon Mémoire sans attendre le jugement de l'Académie. En fait , les opinions de M. Gratiolct et les miennes ne diffèrent que très peu. Di> sou aveu, la règle que j'ai élablic est d'une appli- cation habituelle ; elle est vraie généralement dans les détails des genres, mais elle peut subir des exceptions frappantes. Tout notre SUR LES CIRCONVOLUTIONS DU CERVEAU CHEZ LES MAMMIFÈRES. 97 débat poi'lc iiniqiienicnl sur ce luiiiit : La n'S'le csl-ellc ou n'est-ellc pas sans exccjiliuii '.' Les exceptions mentionnées par M. Gratiolet portent uniquement sur les Ours et sur les Chats. J'ai clierehé à démontrer, dans le cours de ce Mémoire, (pie robjeclion tirée do la couiparaison des cerveaux du Guépard et de l'Ocelot n'est point fondée : du moins, en comparant très alleulivcinent ces cerveaux l'un à l'autre , il ne m'a pas été possible de recoiiuailre la justesse des oiiservations qui m'étaient faites. Quant aux Ours , J'ai reconnu dans mon Mémoire iju'el'feclivement la loi ne se vérifie pas d'une manière satisfaisante à leui' éf^ard. J'ai montré d'ailleurs , au commencement de ce tra- vail, (pie li^s circonvolutions, comme, du reste, tous les autres or- ganes , sont soumises dans leur développement à des causes de va- riations nombreuses ; que ces variations individuelles peuvent leuir en (lartic à des causes appréciables, comme l'âge et le sexe; cl ijua ces exceptions , que je suis loin du reste de méconnaître, auraient besoin de s'appuyer sur des observations faites chez des individus comiilétenicut développés cl parvenus à l'âge adulte. Je me suis sui'lisammciil c\|iliqué sur ce sujet au début de ce travail. ilais il ne faut point se méprendre sur la nature de ces excep- tions; car les objections auxipielles elles donnent lieu ne peuvent, en aucune fagon, empêcher de reconnaître le caractère de généra- lité (le la loi. Si l'on se rappelle tous les faits sur lesquels la loi est établie, on verra que , dans la classe des IMaminilères , toutes les espèces à cerveau lisse ont une petite taille ; que toutes les espèces à circonvoliilidiis nombreuses et compli(piéessonf, au contraire, de {grande taille. (À- l'ait csl très général ; du moins, dans toules les espèces que j'ai eu occasion d'étudier, je n'y connais point il'ex- ceplion. Les seules dillicullés (jui se présciilent ne se retrouvent que ci)ezdcscs[)cces 1res voisines et peu dilfércnles jiar la taille, et portent uniipiemcnt sur quelques inégalités dans la complication plus ou moins grandie des circonvolutions. Elles ne peuvent donc être un motif suffisant pour méconnaître la règle, du moins dansée qu'elle a de plus général. 4' série. Zuol. T. 1 . ( Cahier n" 2. ) ■' 7 98 C. ttAHESTE. — MÉMOIKE Mais, quand bien même de nouveaux l'ails viendraient à augmen- ter le nombi-e de ces exceptions , il me paraîtrait peu conforme aux méthodes des sciences naturelles d'y voir un molit' pour mé- connaître l'existence de la loi générale. Dans les sciences physiques, la détermination des lois se pré- sente dans des conditions extrêmement favorables , celles de l'ex- périmentation . La métiiode expérimentale ficrmet de dégager plus ou moins complètement le phénomène principal rpie l'on éUidiede tous les phénomènes accessoires qui peuvent le compliquer, fi en résulte qu'en éliminant successivemenl loules les causes d'er- reur, nous pouvons donner à l'observalion lo plus haut degré de précision dont elle est susceptible ; et (pie, si nous ne pouvons [las toujours atteindre le but, nous pouvons cependant nous en rappro- cher sans cesse de plus en plus. En histoire naturelle, il n'en est point ainsi ; car, le plus sou- vent, nous ne pouvons employer la méthode expérimenlale, et nous sommes réduits à l'observation jture et simple. L'observation est d'ailleurs beaucoup plus difficile en liistoire naturelle qu'en phy- sique -, car, par suite de la grande complication des êtres organi- sés , nous n'avons jamais devant les yeux des faits simples et net- lementdélinis. Ainsi, dans de pai'cilles conditions, nous ne pouvons obtenir des résultats d'une parfaite exactitude : tout ce que nous pouvons espérer, c'est île constater par di^ noml)reuses observa- tions l'existence de faits généraux qui seront comme l'expression commune d'un grand nombre de faits de détails. Les lois , en his- toire naturelle, ne peuvent donc avoir la valeur absolue qu'elles ont en pbysi(|ue et en mécanique ; leur véritable nature est heureuse- ment exprimée par le terme de tendances , sous Icfpiel elles sont désignées par M. Milne Edwards. Maintenant, devons-nous méconnaître l'existence d'ime tendance ou d'une loi, parce ipie, de (juelijue manière qu'on la désigne , elle ne s'appliquerait qu'à la pluralité et non à la totalité des faits obser- vés? Il en pourrait être ainsi , si les êtres ou les phénomènes que nous observons étaient parfaitement simples , et s'ils n'étaient sou- mis qu'à des actions également très simples. En physique même, où s SUR LES CIRCOmOLUTIONS Df CERVEAU CHEZ LES MAMMIFÈRES. 99 nous pouvons expérimentoi', pI , par suite, observer les faits clans (les conditions aussi simples (pie possible , il existe aussi îles exceptions; mais ces exceptions, qui tiennent à l'influence partielle de causes secondaires, ne prouvent rien en réalil(î contre la règle générale, rpielle que soit d'ailleurs la nature de ces causes secon- daires, et (ju'elle ait été ou non appréciée par les physiciens. Ainsi donc, je me crois plus que jamais en mesure d'établir, comme une loi ou comme une tendance générale, cette règle : que, dans tous les groupes naturels de la classe des Mammifères , le dé- veloppement des circonvolutions est en rapport avec le développe- ment de la taille. Si, dans mon premier Mémoire , je ui 'expri- mais avec quelipie hésitation , et si le peu de faits qui é'taieni alors à ma connaissance ne me permettaient point une parfaite assurance ; aujourd'hui les nouvelles études que je viens de faire m'ont fourni la démonstration la plus complète de la thèse que je voulais soutenir ; tellement que la taille et la famille d'un Mammifère étant connues , nous pouvons infailliblement déterminer le degré de perfectionne- mentde son cerveaTi. Qu'il me .suffise de rappeler ici un fait , l'un des plus curieux que mes études m'aient fait connaître. Dans mon premier Mémoire, en m'occupant de l'ordre des Ruminants, j'in- diquai le cerveau du Cbevrotain conune étant, à mon point de vue, l'un des cerveaux les plus curieux à ('ludiei'. La Ibéorie indiquait qu'il devait présenter fort peu de circonvolutions : le fait s'est trouvé conforme aux prévisions de la théorie. Mainleuant, quelle |ieul être la nature de cette relation que nous avons constatée entre la taille des animaux et le développement de leurs circonvolutions cérébrales? On m'a dit : Ce que vous avez pris pour une relation paraît être seulement une sorte de coïncidence habi- tuelle qui n'a rien de nécessaire 1 1 1. En d'autres termes, devons- nous voir ici seulement un siniple effet du hasard, ou bien cette coïncidence est -elle produite parles conditions mêmes du dévelop- pement des Mannnilères ? J'ai cherché, dans mon premier Mémoire, à rendre compte de (1) Observations de M. Gratiolel publiées dans h Revue zoologique de M. Gué- rin-Mcnevilte (mars 1 852/. 100 c. DAUEsrii:. — mémoire cette coïncidence, à iiKinIrcr i|ii'elle se lie :i d'autres laits dn dévelopijeiuent du .^ystcnl(' nerveux ; je n'y reviendrai point ici. Je ne sais jusqu'à quel point les considérations que j'ai présen- tées sur ce sujet pourront cli'c admises par les |iliysiologistes ; mais, quelle que soit leur valeur réelle, et (|uand bien même elles ne seraient point admissibles , il n'y a point toutefois de motif légitime pour méconnaître cette coïncidence. Nous avons établi que deu\ ordres de faits , très dissemblables an premier abord, sont partout et toujours en relation ; tellement que la taille d'un Mammifère étant connue , nous pouvons en conclure nécessaire- ment le degré de développement de son cerveau, et réciproque- ment. S'il en est ainsi, la règle existe; elle doit entrer dans la .science quand bien même nous ne pourrions en donner l'explica- tion. De ces deux faits qui s'accompagnent toujours , lequel est cause, lequel est effet? Oui >ien, n'y a-t-il [las là deux effets dissem- blables d'une cause unique et encore inappréciée ? Ces questions restent encore prcsiiuc entièrement à résoudre ; mais quelle que doive être leur solution , rien ne peut nous empècber de mécon- naître le fait en lui-même. Autrement il faudrait méconnaître la plupart des règles générales qui ont été établies en histoire natu- relle -, car, si l'on y fait attention, on verra que toutes ces règles générales ne sont, en réalité, le plus ordinairement du moins, que des coïncidences dont l'explication nous échappe (1). En terminant ce travail, il nie reste à direcpielques mots sur une question qui s'y rattache inlimeuicnt ; celle de la relation que l'on a établie entre le dévelop|>ement des circonvolutions et celui de l'inlelligeuce. Pour que cette vieille idée , lajcunie de nos jours par les doctrines phrénologi(pies , de riniluence du développement des circonvolutions sur le développement de l'intelligerue fût exacte , il faudrait évidenmienl , d'aiirès tout ce (pii précède , que les petites espèces fussent peu iniclligentes , et que les grandes espèces , au contraire , fussent les mieux douées sous ce rapport. Je doute iju'aucun naturaliste voulût admettre une pareille asser- ( I ) Jo citerai , par e^^emple , les observations de -M. Is. Geoffroy SaiiU-Hilaire, sur la taille des animau\. V'ovez les Ensciis de zoologie générale. SUR LES CIRCONVOLt'TlONS DU CERVË.Vl' CHEZ LES MAMMIFÈRES. 101 tion. Je ne puis ici traiter celle ([iiesliim dans tout son ensemble; elle exigerait un Mémoire spécial et détaillé. Je me bornerai seule- ment à quelques observations. La famille des Singes nous présente des espèces très petites à cerveau lisse , et des espèces de grande taille à cerveau plissé. Ces petites espèces sont-elles moins inlejligenles (juc les grandes, comme on a paru le croire dans les objections qui m'ont été faites (1). Je me bornerai ici à citer quelques laits (|ui me paraissent dans cette discussion avoir une imporlaucc d'autant plus grande , qu'ils ont élé observés par des naturalistes qui ne s'étaient point préoc- cupés de la question en litige. M. de Hnmboldl, qui a observé le Suimiris en Amén(juc, s'ex- prime ainsi : « La sagacité de ce pelit Singe est si grande, ([u'unde ceux que nous conduisions iiSan-Toma de la Nuei-a-Guijana dis- tinguai! , parmi les différentes planches annexées au Tableau élé- iiienUtire de ['Histoire naturelle de M. (>uvicr, celle qui présente les formes extérieures des Insectes. Les gravures de cet ouvrage ne sont pas coloriées, et pourtant le Titi avançait rapidement sa petite main ilans l'espoir de prendre une Saulcrcilc , une (JLièpe ou une Demoiselle , chaque fois que nous lui présentions la onzième planche. Il restait , au contraire , dans la plus grande indifférence lorsqu'on étalait devant ses yeux les gravures qui renferment les têtes des Mannnifères ou les squelettes des Oiseaux (06s. de zoolo- gie, t. L p. 334). » Lesoljservatiousde M. Audouin sur les Ouistitis sont également nettes. Voici conimcnl elles soni rapport(''rs dans les /i/e;»e«/.s f/e soolof/ie de .M. Milne Edwards 1'" (■dil., [i. 280i : « D'après des (ibservaliiiiis l'ail(>s par M. Audouin sur ces animaux en caiitivité, il paraîtrait (|u'ils ont assez d'inleliigencc pour proiilerdes leçons de rexpérience, et un instinct qui leur fait reconnaître , au premier abord, les Insectesdont ilsont à redouter la piqûre... 51. Audouin remarqua (|ue l'un de ces animaux, ayant un jour lancé du jus de raisin dans son œil pendaiil qu'il mangeait un grain de ce fruit , ne (I) a La pnHondue intclligenfe de certains Mammifères à cerveau lisse est- elle autre chose que de l'instinct? » Observations de M. Gratiotel. 102 C. DARESTE. ■ — MÉMOIRK nian(|iia plus de Ceriner les yeux loiiles les lois i|iril lui arriva d'en maii.nvr de nouveau. » Je nie borne à ces deux lilaliuns dues à des oliservafeurs très exacts ; elles me paraissent parlaitcnient concluantes. Si ee|)endant il jiouvait encore rester des doutes dans l'esprit de.s naturalistes, j'espère qu'ils se dissiperaient par la connaissance d'ini fait très curieux qui m'a été couiinuni(pié récenuuent par notre cé- lèbre physiologiste, M. Claude Bernard. Ce l'ait est l'existence de circonvolutions ccrcbrales dans les Poissons du genre Morniyn; : elle a été constatée récemment par M. ÏMarcuscn, de Saint-Péters- bourg. L'exirèmc inlérètdc ce l'ail m'engage à transnicllre ici quelques passages d'une noUî manuscrite de M. Alarcusen, note dont je dois la communication à M. Claude Bernard (1). « Celle l'amillc a un cerveau plus d(''vclo[ipé que celui des Pois- sons en général, des Amphibies, des Discaux, et même dequelrpics Mannnil'ères. M. Erdl et M. Rod. Wagner en ont parlé , sans pour- tant en donner la description. L'encé])hale de ces Poissons est volu- mineux ; il remplit toute la cavité osseuse , et il a une grande res- semblance avec celui des Rongeurs. 11 présente un grand cerveau formé de trois lobes, un lobe antérieur, un lobe médian et un lobe postérieur. Le lobe |)ostéricur pn'scntc à la surra(>c des circonvolu- tions très |)rononci'"(.'s ; les autres loi)esen présentent aussi : seule- ment il faut, pour les voir, cnlevci' une couche superficielle de matière grise. Ces trois lojjcs couvrent lellement les autres parties de l'cncépiiale (pi'ils la cachent. Pourtant on rencontre des diffé- rences dans les différentes espèces. Dans le Mormyre bané , par exemple, les lobes antérieur et médian ne forment qu'un seul lobe, dans l'épaisseur duquel se trouve un enfoncement profond, indi- quant en (piclque sorte la division en deux lobes. En outre, le cer- veau ne couvre pas tout à fait les parties sous-jacentes, et ne va pas (1) .l'ai pu , grâce également à la bienveillance de M. Claude Bernard, véri- fier plusieurs des détails qui suivent sur un cerveau de Mormyre oxyrhynque. La note de M. Marcusen est d'ailleurs intéressante à un autre point de vue , en ce qu'elle signale chez les Mormyres l'existence d'un appareil électrique. SUR LES CIRCONVOLUTIONS liU CERVKAU CHEZ LES MAMMIFÈRES. lOâ aussi loin en arrière; tcileuieul que l'on voit sur la ligne médiane les tubercules quadrijumeaux et le cervelet. Les lobes du cerveau sont creux; mais ils ne contiennent i)oint de corps ganglionnaires comme les corps striés, et ils ne se trouvent point en communication avec le troisième ventricule. Le cervelet est très grand ; il a un lobe médian. » Je ne crois pas qu'aucun naturaliste puisse prendre rcxislence de CCS circonvolutions chez les Mormyres pour l'indice d'une .supé- riorité intellectuelle. Ici se pri'scntc une question fort intéressante d'nnaloniie pallio- logi(iuc , mais que l'absence pres(iuc complète de matériaux em- pêche d'étudier. L'idiotie est-elle nécessairement liée à un dé- faut de développement dans les circonvolutions , à un étal d'imper- fection du cerveau matériellement appréciable? Ou bien ne peut- elle pas coïncider avec un cerveau complètement développé? Je n'ai pu malheureusement trouver , sur ce point si important pour la physiologie , l'état du cerveau chez les idiots, que quelques observations rapportées dans l'ouvrage de ^I. Parchappe {Traité théorique et pratique de la folie, 1841). Ces observations, au nombre de six, ne peuvent évidennnent pas avoir une bien grande importance dans la question qui nous occupe: il en faudrait un bien plus grand nombre. Toutefois la dernière de ces observations, celle du 11° 327, nous montre la nullité de l'intelligence existant avec un cerveau bien développé. Il n'est pas nécessaire d'insister ici sur l'intérêt que présenteraient de pareilles recherches, qui ne peuvent être d'ailleurs multi]ili(''es avec fruit que par un médecin attaché à un grand établissement d'aliénés. Les (|ucstions (|uc j'ai étudiées dans ce Mémoire me conduisent nalurellemcnt à une autre question, la détermination des carac- tères typiques du cerveau dans ciiaque famille naturelle de la classe des Mammifères. J'ai déjà réuni quelques observations sur ce sujet ; mais les résultats que je possède ne sont pas suffisam- ment complets pour pouvoir être actuellement publiés. Ils feront probablement l'objet d'un troisième Mémoire. .NOTE SUR DES EXPÉRIENCES BELATIVES AU DÉVELOPPEMENT DES CYSTICERQUES , Extraites d'une Lettre, en ilate du I9inarsl8a4, adressée à M. Milne Edwahds, Par m. VilN BEIVEDEN. Je VOUS ai fait part, dans ma dernière lettre, de quelques expériences que j'étais en train de faire sur le développement de certains Cestoïdes (1). Voici le résultat d une de ces expériences : Le Cochon, qui a pris , à la lin d'octobre dernier, des œufs de Tnnia soliutn rendus par une femme de la ville, a été tué cette semaine, et j'ai trouvé dans ses muscles, surtout dans les muscles intercostaux , un grand nombre de Cysti- cerques complètement développés, c'est-i>-dire des Scolex. Il est inutile de vous entretenir encore une fois de l'éclosion des œufs de Tœ- nia crassicollis dans les Souris et les Rats , ces expériences ayant complètement réussi déjà à JIM. Kuchenmeister et Leuckart. En disant, le 13 janvier 1749 : Les Vers vésiculaircs ou Cijsli(iues [Cysti- cerques,etc.) sontdcs Ténioïdes mcom;j/e(s (2). je ne croyais pas que nous aurions été sitôt en possession de la détiionstration complète de ce pbénomcne. (1) Annales des sciences naturelles , 3' série, I. XX, p. rîI8. (21 Bull. acad. royale de Belgique , t. XVI, p. 30. NOTE SUR LES MŒURS DU GORILLE ET DU CHIMPANZÉ, Extraites d'une Lettre adressée aux Profcsseurs-Adiniidstratcurs du Rlusciiin , Par m. Al'BRI. Les (^.hinipanzés vivent généralement dans le voisinage des Gorilles, et proba- blement en assez bonne intelligence avec eux, car aucun habitant du pays ne peut citer un combat entre ces animaux; cependant ils ne se mêlent pas entre eux. Les premiers habitent les arbres, sur une plate-fortne de branches entrelacées en manière de nid recouvert d'un toit de feuilles imperméables a l'eau ; les seconds n'ont pas d'habitation hxe, et en temps de pluie ils se contentent de courber la tète et de rester itiimobiles, A l'approche du Tigre , le Gorille commence par mettre en lieu rie st'ireté sa progéniture, et vient présenter le combat, dont il sort presque toujours vainqueur ; il attaque également l'homme, et, s'il n'est pas tué roide, il lord les canons do fusil comme de la paille, et broie son ennemi entre les dents. La disposition de ses membres le rend cependant moins redoutable que le Tchigo (Chimpanzé) qui fuit ordinairement devant l'hotnme , mais qui devient irrésistible lorsqu'il est forcé dans ses derniers retranchements. Le Gorille marche comme les animaux ; le Chimpanzé adulte marche droit, et ce n'est qu'à la ren- contre de l'homme, disent les noirs , qu'il se met à quatre pattes. Je n'ai jamais entendu parler d'enlèvement de femmes du pays par ces deux espèces ; je con- sidère donc comme une fable ce fait dont on s'est tant occupé. CONSPECTUS SYSTEMATIS ORNITHOLOGIE Caroll Luciani BONAPARTE. 185i. Les [icrtoeliiiiiuemenls dans les elassifications naturelles sont iiéeessaireiiient des cliaiigenieiils. il ne faut donc pas s'étonner des variations qui s'y [iroduiseiit, mais bien au contraire s'y complaire, lorsi|u'eiles sont jjasées sur de nouvelles études, surdes déductions plus justes, sur de mcillcun's appréciations, et surtout siu-la di'cou- verte de faits nouveaux. L'applicalion de la doctrine des séries parallèles acquiert tous les jours de nouveaux développements, et entraîne par conséquent des uiodificationscorrespiMidantes. Classes, ordres, familles, genres, et dansles genresla dislriiiuliou elle-même des espèces, tout semble se résoudre de plus en plus en séries, à peu près comme il arrive dans un cristal qui, [lar le clivap', se fractionne en parties, dans les- quelles le type primitif se reproduit indéliniment. Bien (jue trop simple [)Our correspondre exactement à l'ordon- nance réelle de la nature, le système des séries parallèles s'en rap- proclie cependant assez pour doiiner à l'esprit (pii cherche les rap- jHM'ts natiu'els des êtres les plus utiles ressources, et mcril(M' |)ar eonséquenttons les efforts des naturalisics par le progrès qu'il con- stitue ;'i r(''gard de la série linéaiic. \iu 18"2(),je pressentis la grande subdivision des Oiseaux dans les deux sous-classes que je nonune maintenant , d'après Owen , Altrices et Pr.ecoces, quoique le radical du premier nom se rap- porte aux mœurs des parents, le second à celles de leur progéniture. 106 C.-I,. BONAPABTE. Mais ce ne fut que bien des années après que, poursuivant le prin- cipe dans ses dernières conséquences, je m'affranchis, quant aux détails, du préjugé des classifications généralement reçues, en insti- tuant, et tnuisporlaut de la seconde à la première sous-classe, mes ordres des Herodiones et des Gavle, qui sont les analogues des Grall.e et des Anseres , absolument comme les Coldmb^. le sont des Gallin.e. Quelques semaines se sont à peine écoulées depuis la publication de ma dernière classilicalion ornithologique dans les Comptes rendus de l'Académie ; et je puis déjà, gi'àue à de nou- velles études, et aux nombreuses observations que j'ai reçues de tous côtés, apporter certaines améliorations de détail à mes séries paral- lèles. C'est surtout dans l'arrangement des Gallinacés, et dans la translation d'une sous-classe à l'autre des Urinatores et des Pti- LOPTERi ou Manchots, qui ne sont pas plus des Palmipèdes que les Phdipies ne sont des Cétacés, que le lecteur trouvera des change- ments ; et c'est principalement aux rcmarf[ues de M. 0. des Murs, de M. Jules Verreaux, et surtout de M. Martin de Londres, que la science et moi en sommes redevables. Bien loin de détruire mon système, les critiques bienveillantes et eonliilenlielles de ce dernier, qui justifie si bien son prénom de Litinœus, n'ont servi (pi'à l'établir sur des bases plus solides, comme M. Martin le reconnaiti'a lui-même, quand il verra l'usage que j'en ai lait . Nous y puisons cfléctivcment un nouveau parallélisme, et le plus éclatant de tous. Les /mpennes du professeur Geofl'roy Saint- Hilaire (les Ptiloplères ou Manchots) , ces Phoques des oiseaux auxquels on ne saurait plus disputer le rang d'ordre à jiart, ter- minent la grande série des Altrices, comme ses Rudipennes (les Ratites ou Autruches) leur correspondent à la fm de celle des Pr.«coces. CONSPECTL'S SYSTEMATIS ORNITHOLOGIE. 107 ALTRICES. 1. rSITTACI, 2. ACCIPITRES. 3. PASSERES. 1 . Oscines. 2. Volucres. 1 . Zydogaclyli. 2. Anisodaclyli. i. INEPTl. S. COLUMB.E. 1 . Pleiodi. 2. Gvrantes. 6. HERODIONES. 1 Grues. 2. Ciconiae. 7. GAVIiE. 1 . Totipalmi. 2. Longipennes. 3. Urinalores. 8. PTILOPTERI. E P I T M E. AVE S. PRECOCES. 9. GALLIN.E. 1 . Passeraceae. 2. Grallaceas. 1 . Craces. 2. GaUi. 3. Perdices. 10. GRALL.Ï:. 1. Cursores. 2. Alectorides •I 1 . ANSERES. 12.STRUTHI0NES. En assignant aux Struthiones la place ([u'ils occupent dans le lai)leau ci-dessus, j'ai été guidé en partie par une propriété très rrajipanle (|ui semble appartenir à la classe des Oiseaux. C'est (pie, dans celte classe si normale, les espèces aberrantes tendent à s'éle- ver vers les Manimilèi-es, au contraire de ce qui advient dans ceux- ci où les espèces aberrantes tendent à s'abaisser vers les Reptiles, (|ui eux-iiicnies jiassent aux Poissons, coninie les Poissons de leur côté se dégradent tout à l'ail par leur transition si connue aux Inver- tébrés. Je doiuie ilonc une nouvelle cdilion de ma classilication, et j'en profite pour y ajouter l'énuinération de tous les genres sous chaque sous-division de sous-famille ou série subordonnée. Au be- i08 C.-Ii. BONAPARTE. soin , à cette énumération se trouveront jointes des notes explica- tives. Classis II. ave s. ScBCLASsis 1. ALTRICES [Insessores) . Ordo 1. PSITTACI [Prehensores]. \. PSITTACID;!;. a. Amcricanie. 1 . Macrocebcin-e. Amer, merid. 30 Gênera. 1. Anodorhynchus, Spij;. — 2, Macrocercus, Vieill. {.\ra, Br.). — a. CijanopsiUa, Bp. — b. ^rai-aioio, Bp. — c. Ara- canga, Bp. — 3. Rhynchopsilta, Bp. — 4. SiUace, )Vagl. — 5. Psittacara, Spix. — 6. Cyanolyseus, Bp. — 7. Enicogna- Ihus, Gr. — 8. Nandayus, Bp. — 9. Heliopsitla, Bp. i. CoNuniN.E America. 35 iO. Conurus, Kukl. — 11. AraUnn;a, Spi'a;. — 12. Microsiltace, Bp. — 13. Eupsittula, Bp. — II. Brotogeris, Vig. — VJ. MyiopsiUa, 5p. — 16. Tirica, Bp. 3. PsiTTACDLiN.iï Amer, merid. 50 17. PsiUacula, Br. — 18. EvopsiUa, Bp. — 19. Pyrrhulopsis, Beicli. — 20. Triclaria, iVagl. — 21 . Pionopsitta, Bp. — 22. Pionus, Wagl. — 23. Caica, Less. — 21, Chrysotis, Sw. — 23. QEnochrus, Bp. — 26. Derotypus, Wagl. b. Orhis anfiqui. 4. Pal.eornithin.k As. Océan. 27 27. Palœornis, Vig. — 28. Beiurns, Bp. — 29. Prioniturus, Wagl. — 30. Tanygnathus, Wagl. — 31. Psittinus, ^B/i/l/i. 5. Pezopouis.e .^ustralia. 1i 32. Pezoporus, //(. 6. PuTïcERciN.t Océan. 40 33. Melopsillacus, Coutd. — 34. Euphema, Wagl. — 3.5. Nymphi- ciis, Wagl. — 36. Psepliotus, Gou/rf. — 37. Barrabandins, Bp. — 38. Platycercns, Vig. — 39. Barnardius, Bp — 40. Cyanoram- phus, Bp. — 41. PurpureicephaluB, fip. — 42. Aprosmictus, Go«;i7l. — a. Sparvim, Bp. — b. Titchyspizia, Kp. — c. Scelo- spizia, Kp — (.DG.Nisus, Bp. — 157. Urospizia, A'p. — 158.Mi- cronisus, Gr. — 159. .\ccipiter, Br. — 160. Jeraspizia, Kp. 25. Ciïcisi Cosmopolit. 16 161 . Circus, Lact'p. — 162. Spiziacircus , A'p. — 163. Strigi- ceps, Bp. — a.. Spilocircus, A'p. — b. Plerocircus,Kp. — c. Stri- giceps, Kp. 26. PoltbobiSjE Amer. m. Madag. 9 a. Ibictereie. — 1 64. yEtotriorchis, A'p. — 165. Daplrius, Vieill. — 166. Ibicter, Vieill. — 167. Milvago, Spi-c. - 168. Plialco- baïnus, Lafr. b. Polyborese. — 169. Poiyborus, VieiH. e. Polyboroideœ. — 1 70. Polyboroides, Smith. 112 C.-L. BONAPARTE. 9. GYPOGERANID^. 27. GïPocERAsiN* Africa. 1 171. Gypogeranus, /((. 10. STRIGIDiE. 28. STBiciNi: Cosmopolit. 15 172. Strix , L. — a. Mcgaslrix, Kp. — b. Duclytostrix, Kp. — c. Strix, Kp. — d. Scelostrix, Kp. — 173. Pliodilus, Geoffr. 29. Uldlis.e Cosmopolit. 60 a. Ululca-. — 17i. Ulula, Cuv. — 178. Ptynx , Blylh. — 176. Nyctale, Brehm. b. Syrnieœ. — 177. Syrnium , Saw — 178. Macabra, Bp. — 179. Myrtha.Bp. — 180. Bulaca, Hodgs.^ 181. Cicaba, Il'ag(. — 182. Pulsatrix, Kp. — 183. Gisella, Bp. i:. Otcjc. — 184. Otus, Cuv. — a. Olus, Kp. — b. Rhinoptinx, Kp. — 185. Nyctalops , Wugl. — 186. Bracliyotus, Boie. — 187. Phasmatoptynx, Kp. d. Bubonese. — 188. Bubo , Cuv. — 189. Nisuella , Bp. — 190. Nyclaetus, Geoffr. — 191 . Urrua, Hodgs. — 192. Megap- tynx, Bp. — 193. Ascalaphia, Geoffr. — 19i. Pseudoplynx , Kp. 30. SuBNims Cosmopolit. 74 a. Scopca-. — 195. Kelupa, Less. — 196. Lophostrix, Less. — 197. Epbialtes, Bp. — 198. Acnemis , Kaiip. — 199. Asio, Sc/i/eg.— 200. Lonipijius, Bp.— 201. .Scops, Sav. — 202. Piso- rhina, Kp. b. Athenc»;. — 203. Scotopelia, Bp. — 204. Ctenoglaux, A'p. — 205. Pholeoptynx, A'p. — 206. Atliene, Boie. — 207. Gymna- sio, Bp. r. Icroglauccac. — 208. leroglaux, Ap. — 209. Rabdoglaux , Bp. — 210. Sjiiloglaux, A'p. — 211. Sceloglaux, A'p. — 212. Taenioglaux, A'p.— 213. Tœnioptynx , Ap. — 214. Plialœ- nopsis, Bp. —215. Microglaux, A'p. d. Snrniea-. — 216. Nyctea, Steph. — 217. Surnia, Dumér. — 218. Glaucidium, Boie. 440 CONSPECTl'S SYSTI:M\TIS OI1NIT11ii1.0G[/K. 113 Oïdc) -.i. PASSERES. Tribus 1. OSCIIWES. Stirps 1. CULTRIROSTRES. i I . CORVID.E. 31 r.oRviN.E r.osmopol. io a. Corvcse. — 219. Cor\ullur, Less. — 220. Corvus, L. — • a Corvus, Kp. — h. Coroiie, Kp. — c. Tnjpanocorax, Bp. — d. Amblijcoriix, Bp, — 221 . Lycororax, Dp. — 222. Physoco- rax, Bp. — 223. Gazzola, Rp. — 224. Slonedula, Rrehm. h G;nunocorTe»- . — 22o. (iyninoofir\iis, /,f.«.ç. — 226. Pira- Iharles, Lms. 32. Ndcifragin.k Eur. As. Ani. s. 5 227.Nucifraga, Rr. — îSS.Pioicorvus.Ayi.— 229. Fodoces, Fischer. 33. B.4RITIN.Ï Oceania. 16 230. Slrepera, Less. — '23 \ . Barila, Cuv. — 232. Craclicus, Vieill. — 233. Biilestes, Caban. —234. Pityriasis, Less. 34. Fregilix.£ Eur. As. s. 2 235. Pyrriiocorax. Vieill. — 23C. Fresilus. Cuv. t2.GARRULID.€. 33. GABBrux* Cosniopol. 76 a. PIcaccsc. — 237. Pica, Br.— 23S. SUeptociUa, £p.— 239. Cya- nopica, Hp. — 240. Psilorhinus, Rupp. — 241. Biophorus , Schleijel. — 2 42. Calocitta, Bp. — 2 43. Cyanurus, Bp. b Uarrulcsc. — 244. Xanlhoura, Bp. — 24o. Uroleuca, .Bp. — 246. Cyanocoras, Boie. —247. Cissiloplia, Bp. — 248. Cyano- citla, Slric/./. — 249. Garrulina, Bp. — 260. Aphelocoma, Cab. — 2S1. Gymnokitta, Wied. — 232. Cyanogarrulus, Bp. — 233. Garnilns, flr. — 234. Pcrisoreus, Bp. 36. PiïLORHYNCiiiN.K As m. Océan. 10 233. Killa, Kuhl. — 256. Plilorhynchus, Kulil. — 237. Alluroedus, Çab. —258. Clilamydora, CoukI. S7. Mtiophomn.e As m. Océan. i 259. Myiophonus, Temm. — 2G0. Arrenpi, Less. 4' série, Zooi.. T. I (Caliier n'. 2; S Mil C.-L. BONAPARTE. 38. CnTPsinHiNis-i! As. Afr. Oc. 13 261 . Crypsirhina , I7f!7(. — "62. Glenargus, Cab. — 263. Tem- nurus, I-ess. — 264. Dendrocilta, Goiild. — 26S. Ptilo.stomus, Sw. — 266. Strulhidea, Gould. i3. STURNID^. 39. LAMPRnTOBMTniN.ï As. Afr. Oc. 58 a. Onycliognatlirae. — 267. Slurnoides, H. elJncq. — 268. LajD- procorax, Bp. — 269. Onycliognathus, Hartl. — 270. Amydrus, Cab. — 271. Pilorhinus , Cab. — 272. Naburupus , Bp. — 273. Cinnamoplerus, Hp. h. Lainprolornitlicse. — 27.i. Spreo , tfss. — 273. Notauges , Cab. — 276. Calornis , Bp. — 277. Laniprocolius, Smidev. — 278. Urauges, Cab. — 279. Jiiida, tess. — 280. Lamprotor- nis, Temm. — 281 . Enodes, Temm. — 282. Aplonis, Gould. — 283. Saraglossa, Hodgs.— 284. Hartlaubins, Bp. 40. SnnNiN.E Eur. .\s. Afr. Oc. 40 285. Slurnus, L. —286. Pa.stor, Temm. — 287. Gracupica, Z,e.M. j; — 288. Sturnopastor , Hodgs. — 289. Heterornis , Gr. — 290. Sturnia, Less. — 291 . Temenuchus, Cah. — 292. Acri- dotheres, Vieill. — 293. Dilophus, Vieill. 41. GEACULIN.E As. Océan. 8 294. Gymnops, Cuv. — 295. Mino, Less. — 296. Gracula, L.— 297. Ampeliceps, .B/!/i/i.^29S. Basilornis, Temm. —299. Me. lanopyrrhus, Bp. 42. BcpHAGis.E Afr. Océan. 3 300. Scissirostrum, /.n/'rcsn. — 301.Buphaga, L 14. ICTERlDyE. 43. QuiscALixT.. America. 24 302. Scolecophagus, Sio. — 303. Quiscalus, Vieili. — 304 Sca- phidurus, Sw. — 305. Hypopyrrhus, Bp. — • 306. Lampropsar, Cab. — 307. Aphobus, Cab — 308. Molothrus, Sw— 309. Cyr- totes, Reich. 44. IcTEniN.E America. 112 a. Cassicero. — 310. Clypicterus, Bp. — 3l1.0cyalus, Walerh. — 312. OsUnops, Cab. — 313. Cassions, //(. — 314.Cas9icu- his, Sw. — 315. Archiplanus, Cab. b. Icccrea». — 316. Iclerus , Br. — 317. Xanthornus, Cm. — 1 318. Gymnomyslax, Rekh. — 319. Xanthosomus , Cab, — 320. Hyphanles, Vieill. — 321 . Pendulinus, Vieill. COXSPECTLS SVSTEMATIS ORMTHOI.dCI^K. H5 C. Agelœieœ. — 322. Tnipialis , Bp. — 323. Pedolribes , Cab. — 324. Amblycercns, Cab. — 325. Amblyramphus, J^ach. — 326. Leistes, Vig. —327. Xanthoceplialus, Cp. — 328. Age- laeius, l'ic,/;, — 329. Thili\is, Zip. — 3.i0. Dolichonyx, Sw, siirps 2. coxrnosTnns. 15. PLOCEID.E. 43. Ploceis.e Africa As. Oc. 70 ■ 331. Aleclo, tm. — 332. Sycobius, Vieill. — m. Sycobrolus, Caban. — 331. Nelicurvius , Bp. — 335. Hyphanlurgus , Cab. — 336. Hypbanlorni.s, Cr. — 337. Texlor, Bp — 338. Plo- ceus, Ciiv. — 339. Sitagra, Reicb. — 340. Quelea , Reich. — 3tt . Fondia, Beich. — 342. Plocpipa.sser.Smfl/i. — 343. Nigrila, SiriM 46. ViDnsF. Africa. 27 344. Pyromelana. Bp — 345. Euplectes, Sw. — 346. Coliipasser, Bupp. — 3 47. Urobrachya, Bp. — 348. Cliera, Gr. —349. Ste- ganura, lieicli. — 350. Vidua. Cun. — a. Teiroenura, Reicli. — b. Videsirelda, Lafr. — 331. Hypochera, Bp. 47. EsTntLtiis.K As. Afr. Océan. 80 a Pjrcnestcîp. — 332. Spermospiza, Gr. — 333. Pyrene.stes, Sw. — 334 CoryphegnaUnis, /î«c/i. — 333. Sporopipes , Ciib. b. Amadinesp. — — 336. Padda , Beich. — 337.Munia, Ilodgs. — ■ 338. Uroloncha, Ca6. — 339. Spermestes, Sic. — 360. Ama- dina, Sw. — 361 . Donacola, Gould. — 362. Sporolblastes, Beich. — 363. Slagonopleiira; Beich. — 304. Pœphila, Gould. — 303. Erylhrura, Sw. — 360.Neochmia, //. etyarçr.— 367. Oty- gospiza, Sundev. — 368. Pylelia, Sm.— 369. Emblème, Gould. — 370. Habropyga, Cab. c. Estrelilcsp. — 371 . Lagonosticla, Cab. — 37-2. Uraeginihifs, Cab.- 373. Zon.Tginthus, Cab. — 374. yEgiulha , Cab. — 373. Spora'ginthus, Cab. — 376. Eslrelda, Stv. — a. Esirelda, Bp., 1830. — b Neixiw. Bp., 1830. 16 KRINGILLID^, 48. P*99ERi\.E Eur. As. Afr. 30 377. Philselerus, Sw. — 378. Passer, Br. — 379. Pyrgita , Cuv, — 380. Pyrgitopsis, Bp, — 381 . Corospiza, Bp. 116 f.-I-. BOKAPABTE. 49. pRnGii.i.isjE Eiir. As. Afr. Am. 100 a. Friogillcsp. — 382. Myeerobas, Cab. — 38.H. Hesparipliona , //;). — 384 Eophonia, Gould. — 385. Coccotliraustes , Hr. — 386. Callacanthis, Ileich. — 387. Fringilla , /.. — 388. Petro- nia, A'p. — 389. Gymiioris. Hodgs. — 390. Xanthodina, Sund. b. l'arduclcac. — 391. Hypo\anllius, Cab. — 392. Clirysomilris, Boie. — 393. Astragalinus, C«6. — 39 i. Pyrrhomitris, lip. — 39a. Carduelis, Br. c. Sri'ineif. —396. Crilhagra, Sw. — 397. Poliospiza, Schi/f.— 398. Cilrinella, Bp. — 399.Serinus, Koch. — 400. Metopo- nia, Bp. à. P.rrrlmlete. — 10 1. Pyrrliiila , Br. — 402. Pyrrhoplectes , Hodij:t 80. Losiis.E Eur. As. Am. s. 16 a. Lo.vieso. — 403. ChaunoprocUis , Bp. — 404. Hemalospiza , Bhjlh. — 405. Loxia, Br. — 406. Corylhus. Cuv.— 407. Sper- niopipes, Cab. — 408. Uragus, lïeijs. et Bl. h. Carpodacon-. — 409. Pyrrha , Cab. — 410. Pynhospiza , Hndçjs. — 411. Propasser. Hodgs. — 4(2. Carpodacus, Bp. — 413. Pyiiliulinota, Hodgs. — 414. Erythrospiza, Bp — a. fl/io- dopei-liija, Cal). — b. Biichaneles, Cab. c. Moniirringillco-. — 115. Leucosticte, Siv. — 416. Montifriu- gilla, Brchm. — 417. Fringalauda, /fodgs. d. Linotea-. — 418. Linota, Bp. — 419. Acanlhis, Keys. SI. PsiTTinosTBiN.E Oceaii . 2 420. Psillirostra, Tcmm. — 421. Hypoloxia, LicM. 82. Geospizin.e 1ns. Gallopag. 1S 422. Geospiza, Gould. — 423. Camarhynchus, Gould. — 424. Pie- zorhina , f.afr. — 425. Caclornis , Gould. — 426. Certhidia , Gould. 53. Emberizin.1; Eur. As. Afr. Am. s. 40 427. Cynchramus, Bp. — 428. Plectrophanes, Meg. —429. Cen- troplianes, Kp. — 130. Onychospina, Bp. — 431. Emberiza, L. — 432. Buscarla, Bp. — 433, Schaenicola, Bp. — 434. Hortu- laniis, Bp. — 135. rringillaria, Sw. — 433. llypocentor, Cab. SI. Spizis.k America. 170 a. ïonoiriclilea;. — • 437. Granalivora, Bp.— 438. Oritura,.fip. — 439. Hœmophila, Sw. — 4 40. Chondestes, Sw. — 441. Zo- nnlrii-liia, $»'. — i l?. Chrysopoga , Bp. — 143. Eiispiza. Bp. CONSl'ECTUS SVSTK.MATIS OKMTHOLOlil.l';. 117 — 444. Spizella, ^p. — 4i5. Passerculus, lip. — 440. Peurira, Aud. — 447. Coturniculus, Bp. — 448. Ammodromus, Sw. — • 449. Emberizoides, Temm. — 450. Sycalis, Boie. — Aiil. Me- lanodera, Bp. — 452 Gubernatrix, Léss. b. SCrutheœ. — 453. Calamospiza, Bp. — 454. Diuca, Iteicli. — 455. Pliiygilus, Cab. — 456. Rhosdospina, Cab. — 157. Passe- rella , Sw. — 438. Strultuis , Bp. — 459. Junco , H'aijl. — 460. Poospiza, Cab. — 461. Cocopsis, Reioh. — 462. Paroaria, Bp. — 463. Lophospiza, Bp. — 464. Tiaris, Sw. — t65. Me- lophus, Sir. c. Spizese. — 466. Spiza, /y;) — 467. Hoplospiza, Cii/i. --468. Vo- latinia, Reich. à. Pipilonea3. — 469. Pipilo, Vieill. — 470. Pyrgisoma, l'uche- ran. — 471 . ."Vrremon, Vieill. — 472. Phaenicophilus , Strickl. — 473. Buarremon, Bp. — 474. Embernagra, Less. — 475. Do- nacospiza, Cab. — 476. Pipilopsis, /ip. — 477. Thlypopsii, Cad. —478. Allapetes, H'agf.— 479. Chlorospingns, Co6.— 480. He- mispingus, Cab. — 48i. Pyrrhocoiiia, Cab. — 482. Cypsna- gra, Less. 65. PiTïLi!(.K Aineiica. 100 a, Pilyleie. — 483. Coccoborus, Cab. — 484. Caryothraustes, Beich — 485. Periporphyrus, Reicli. — 486. Pilylus , Cuv. — a. Pilylus, Reich. — b. Cis.<:urus, Reich. — 487. Cyanoloxia, Bp. — 488. Guiraca, Sw.~ 489. Cardiiialis, Bp. —490. Pyrrhu- loxia. Bp. h. Spermophileae, — 491. Oryzoborus, Cab. — 492, Meiopyr- rba , Bp. — 493. Pyrrhulagra , Schiff. — 494. Calamblyrhyn- chus, Less. — 495. Calamenia, Bp. — 496. Phonipara , Bp. — 497. Spermophila, Sw. — a. Leucomelanœ, Bp. — b. Pyrrhome- lanœ , Bp. — 498. Sporophila , Cab. — 499. Callirhynchus, Less. c. Saltatorei». — 500. PsiUospiza, Bp.- 501. Laniprospiza, ftp. — 502. Diucopsis, iSp.— 303. Orchesticus, (,'ab. — 504. Belhy- lus, Cuv. — 505. Sallalor, Vieill. Stirps 3. SI'BULIROSTRES. 17 TURDID.E. 56. TonDis.* Cosmopol. 100 506. Zoolhera, Vnj. — 507. Myiophaga, Less. — 508. Oreocin- cla; Gould. — 509. Cichlherminia, Bp. —510. Tordus, L — lia C,-L, BONAPAKTE, 511, Planeslicus, fip.— 312. Gchloselys, Bp. — b'l3.Myioci- chla, Schiff. — 514. Meriila, Haij. — 515. Geocichla, û'u/ii. — 516. Dulus, Vieill. —517. Catharus, Hp. 57. Saxicoli.ss Oosmopol. 150 a. Ilonticolea.-. — 518. Monticola, Soie. — 51 9. Petrocossyphus, Bote. — 520. Orocetes, Gr. — 521. Grandala, Hodijs. — 522. Kittacincla, Gould. — 523.Copsychus, WacjL— 524. Ger- vaisia, Bp. — 525. Pœoptera, Bp. — 526. Bessonornis, Smif/i. — 527. Thaninolaea, Cab. — 528. Droniolœa, Cab. h.Saxicolta-'. — 529. Parisonia, Si«. — 530. Bradornis, Smith. — 531. Sigelus, Cuta».— 532. Agricola, Fer/-.- 533. Slyrme- cocichla, Cab. — 334. Campicola, Sut. — 535. Saxicola, Bechst, — 336. Pralincola, A'oc/i. — 537. Oreieola, Bp. c. Lnscinïe»;. — 538. Hodgsonius, Bp. — 539. Ajax, Less. — 540.Myiornela, Ilodgs. — 541. Pogonocicbla, Cab. — 342 Sia- lia, Sw. — 543. Nillava, Uodys. — 344. Petroica, Sw. — 545. Erylhrodryas, Gould. — 546. Drymodes, Gould. — 547. Miro, Less. — 548. Janthia, Blyth. — 349. Laivivora, Hodgs. — 550. .Welura, Bp. — 551 . Chaemorrlious, Hodgs. — 552. Ruticilla, Ruij. ■ — 553. Cyanecula, Br. — 534. Rubecula, Br. — 335. Calliope, Gould. — 336. Philomela, Br. 58. SïLVii.sj; Eiir. .\s. Afr. 30 a. SylïîcBe. — 357. Adophoneus, Kaup. — 538 Curruca, Br. — 539. Sylvia, Bp. — 560. Sterparola, Bp. — 561 . Pyroplillialma, Bp. — 362. Melizophilus, Leacli. b. Phyllopseustesp. — 563. Phyllopseusle, Meyir. — 364. Abror- nis, Hodtjs. — 363. Horornis, Hodi Eur. As. Afr. 180 a. Sphenureep. — 367. Cynclilorhaniplius, Gould. — 368. Hete- rurus, HodtjS. — 569. Euryceicus, Hbjlh. — 570. Megalurus, IIors[. — 571. Splienaeacus, Strickl. — 572. Poodytes, Cab. — 373. Splieiiuia, Lichl. — 574. Chaitornis.Sic b. Calamoherpca- . — 575. Tatare, Less. — S76. Berfiieria, Bp. — 577. riivliaslroplius, Sw. — 578. Calamoherpe, Meijer. — 579. Calamodj la, J/iît/er. — 580. Lusciniola, Gr. — 581. Lusci- niopsis, Bp. — 582. Bradypterus, Sw. — 383. Cettia, Bp. — 584. Tribura, Hodgs. — 585. Neornis, Hodgs. — 586. Chloro- peta, SihitU. — 587. Hypolais, Brehm. — 588. Iduna, Keijs. r. l/ocuslellca-. — 589. Lociistella, Gould. — 390. Calamanlhus, Gould, — 39 I . H\ lacola, Gould, — 592, Chlhonk'Ola, Gould. co^sl*ECT^;s sïstkmatis oumitholugi.e. W9 d. .Cdoneœ. — 593. Chstops, Sw. — 594. Cercotricha», Boie. — Sgo.Penlholaea, Cad. — o9C. Tliamnobia, Sm —597. JEdon, Hoie. e. Drimoiceie. — 598. OrthotODius, Horsf. — 599. Arundinax, Slylli. — 600. llorictes, Hodgs. — 601. Daseocliaris, Cab. — 602. Prinia, //ors/.— 603. Dumetia, Bhjtli:— 601. Suya. Hodgs. — 60.D. Cislicola, Less. — 606. Calriscus. Cab. — 607. .\palis, Sw. — 608. Dryinoica, Sîi'. — 609. Di\ inoipus, ISp. — 610.11e- mipteryx, Sio. — 6(1. Tesia, Hodgs. • — 612. Pnoepyga, i/odgs. — 613. Comaroplera, Sundev. — 614. Sylvielta , Latr. — 615. Syncopta, Cab. 60. AccESTOBiNiï Eur. .\s. .ifr. Or. 50 a. Acccnioreœ. — 616. Cinclosoma, Gould. — 617. -iccentor. Iln-h.'il. — (i I 8. Piunella, Vieitl. — 619. Origma, Gould. b. Acanibizesc — 620. Sericornis, Gould. — 621. Gerigone, Gould. — (jii. PyrrhoUemus, Gauld. — 623. Acanlhiza, Vig. — 624. Picnosphrys, Slrickl. — 025. Cuiicipela, Bnjlh. 18. MALLRID.K. 61. 5l.ii.iiiiN.f: Orean. U 626. Malurus, Vicill. — 627. Stipiturus, Less. — 628. Amylis, Less. 19.T1MAL11U.E. £2. Gakbluci.vj; Asia, Océan. 40 629. Lophocilla, Gr. — 630. Ciarrulax, Less. — 631. Janlho- cincla, Gould. — 632. Leucodioptron, Schiff. — 633. Trocha- Jopleron, Hodgs. — 634. Pterocytius, Gr. — 03.5. .\ctinodura, Gould. — 636. Olagon, Mus. Lugd. — 637. Keropia, Gr. — 638. Cutia, Hodgs. — 639. .ikopu.s, Hodgs. — 640. Malacias, Cab. 63. F'supuuDiN.K \s. m. Océan. 10 641. P?0[ihories, Uurs{. — 642 Oreoica, Gould. — 643. Sphe- nosloma, (VoiWJ. — 644. Xcropliila, Gould. — 643. Melanochlora, Lfss. 64. CKATtiKU'UDiN.K As. .^fr.Oo. 40 646. Phyllanlhus, Less. — 647. Crateropus, Sw. — 648. .4rgya, Less. — 619 .Malacocercus, Sw. — 630. Gampsorhynchus, JilgtU. — Ool. Pomaloslomus, Cub. — ij'ii. Pomatorhinus, Horsf. — 653. Xipliorampbu:;. lilijlh. 'i^b V.-t,. HOKHPAUIE. 65. MiMis.E America. 36 6S4.Mimus, Boie. — 653. Orpheus, Sic. — 6b6. Slelanotis, fip. — 657. Galeoscoples, Cab. — 658. Feiivox, Hp. — 639. Dona- cobius, Sw. — 660. Buglodytes, Bp. — 661. Harporhynchus, Bp. 66. Br.\chtpodin.e 100 a. Brachipodina; . — 662. Picnonolus, Kuhl. — 663. Ixos. Temm. — 664. Brachypus.Sw. — 665. Otocampsa, Cab. — 666. Lœdo- rusa, Cab. — 667. Apalopteron, Schiff. — 668. Trachycomus, Cab. — 669. Alcurus , Hodgs. — 670. Prosecusa , Reich. — 671. Ixidia, Hodgs. — 672. Meropixus, ftp. — 673. Uocherus, Bp. — 674. Sphagias, Cab. b. Ilypsipctcse. — 675. Hypsipetes, Viij. — 676. Ixoi-.incla , Hodgs. — 677. Hemixus, Hodgs. — 678. Galgulus, Kittlilz.— 679. Microscelis, Gr. c. Crînigereœ. — 680. Ixonotus, Verr. — 681. .\iidropodus, Sio. — 682. Criniger, Tc-mni. — 683. lole, B/y»i. — 684. Tricho- phoropsis, Bp. — 685. Setornis, Less. — 686. Trichixos, Less. 67. Leiotbtcois.k As. centr. dm. 20 a. licîotricheœ. — 687. Liopliliis, Cab. — 688. Leiolhrix, Sw. — 689. Fringilliparus , Hodgs. — 690. Hemiparus, Hodgs. — 691 . Minla , Hodgs. — 692. Proparus, Hodgs. ■ — 693. Sylvipa- rus, Burlon. — 694. Sulhoia, Hodgs. — 695. Conosloma, Gr. — 696. Heteromorpha, Hodgs. — 697. Paradoxornis, Goutd. 68. TiMALiiN.ï. Asia m. Oc. 50 a. Timaliea-. — 698. Timalia, Horsf. — 699. Chrysomma. Hodgs. — 700. Mixornis, Horsf. — 701 . Macronus, Jard. — 702. Myiolestes, Mull. — 703.Napothera, Boie. — 704. Laniel- lus, Sio. b. CacopiMcae. — 703. Turdinus, Bhjlh. — 706. Cacopitta, Bp. — 707. Turdirosiris, Heij. — 708. Pellonieum, Su'.— 709. Cin- clidium, Blylh. — 710. Drymocataphus, Bl. — 711. Brachypte- ryx. Horsf. — 712. Alcippe, BlgUi. — 713. Stachyris, Hodgs. — 714. Trichosloma , Bl. — 715. Erpornis, Hodgs. — 716. Malacopleron, Eyton. c. Certhipareœ. — 717. Clitonyx , lieich. — 718. Certhiparus , Less. -20. TKOGLODÏTIDiË. 69. Tboglodytis.e Cosmopol. 60 719. Campylorhyiichus . SpW. — 720. Heleodylcs , Cab. — COSSFECTUS SYSTEMATIS OKMTHOl-OUI.E. 12J 721. Presbys, ùib. —722. Pheugopodius , Cah. — 723. Cy- phorinus , Cab. — 724. Thryothorus , Vieill. — 723. Telmato- dytes, Cafc. — 726. Troglodytes, l'iei».— 727. CisloLhorus,C«6. 21. CERTHIID.E. 70. Certhus.e Cosmopol. 20 a. Cerihiea-. — 728. Certhia, L. — 729. Caulodromus, Gr. b. Tiehodromen-. — 730. Salpornis, Gr. — 731. Tichodronia . //(. — 732. Climacteris, Temm. 71. SiTiiNj Cosmopol. 25 733. Callisitta, «p. —734. Dendrophila, Sio. — 735. Sitta, L — 736. Sittella, Sw. — 737. Acanlhisitta, Lafr. 22. PAUID^E. 72. Parin.e Cosmopol. 60 a. Pareœ. — 738. Bacolophus, Cab. — 739. Lophophanes, Kaup. — 740. Machlolophus, Cab. — 741 .Melanoparus, Bp. — 742. Pa- rus, L. — 743. Cyanistes, Kaup. — 744. Penthestes, Reich. — 74o. Paecila, Kaup. — 746. .^îgilhaliscus, Cab. — 747. Psaltri- parus, Bp. — 748. Psallria, Temm. — 749. Mecislura, Leach. — • 750. Oritiscus, Bp. b .Cgithalesp. — 731. Pamirus, Kaup. — 752, .Egilhalus, l'igi. — 753, Anlhoscopus, Cab. 73. PABDALOIIS.E As. OceaD . 20 754. Pardalotus, Vieill. — 735. Triglyphidia , Reich. — 756. Pi- prisoma, Blijlh. — 757. Smicrornis, Gould. 74. Regulin.ï Eur. As. Afr. Am. 10 758.Regulus, Vieill. — 739. Reguloides, Blylh.— 160. Cephalo- pyrus, Bp. 23. CINCLID.E. 75. CiNCLisj; Eur. As. Amer. 10 761. Cinclus, Bcchst. — 762. Ramphocinclus, Lafr. — 763. Cin- clops, Bp. 76. EuPETi.v.E As. Océan. 15 764. Eupeles, Temm. — 765. Grallina, Vieill. — 766. Henicurus, Temm. — 767, EphUiianura, Goulil. 122 C.-L. BONAPARie. 24. MOTACILLID.E. 77. MonciLUNJî Eur. As. Afr. Océan. 25 768. Molacilla, L. — 769. Nemoricola, Blylh. — 770. Pallenura, Pall, _77l. Budytes, Cuv. 78. Anthis.e Cosmopol. 40 77-2. Macronyx, Sic. — 773. Corydalla, Viy. — 774. Agrodroma, Sw. — 775. Anthus, Hecltst. — 776. Pipasles, Kanp. — 776^. Cynaedium, Stiml. 23. ALAUWD.£. 79. PïBBHi'LAUDiNj; As ATr. 8 777. Pyrrhulauda, Smilli. 80. Alaldis.ï Cosmoiml. 60 a. CalandreUcaî. — 778. Olocorys, Bp. — 779. Calandrella, Aawp. b. Alaudc». — -780. Rhamphocorys, Bp. — 781. Melanocorypha, «oie. —782. Mirafra, Horsf. — 783. Megalophonus , Gr. — 784. Annomanes, Cub. — 785. Alauda , L. — 786. Lululla , Kaup.' — 787. Galerida , lioie. — 788. Cerlhilauda , Sw. — 789. Aleeraon, lieys. et Hl. Stirps 4. CURVmOSTBES. 26. EPIMACarOiE. 81. EpiMAcuiNi ... Oceania. 6 790. Epimachus, Cuv. — 791 . Plilorhys, Sic. — 792. Craspedo- phora, Gr. — 793. Seleucides, Less. 27. I'AKADISEIDA:. 82. Paradisein.k Oceania. 9 794. Cicinnurus, \'ieill. — 79b. Paradisea, L. — 790. Xanllio- int'lus, lip. — 797. Uiphyllodes, Uss. — 798. Lophorina, Vieitt. — 799. Parotia, Vieill. 83. AsTiiAnis.E Oceania. 2 800. .\strapia, Vieitt. — 801. Paradigalla, Less. 84. PB0SÏCAM1ÎI.E Oceania. 3 802. Phonygama, Less. 28 (ILAUCOPID.E. 85. Glabcopis.e Oceania. 4 803. Corcorax, Le.ss. — 804. Glaucopis, Gm. — 805 Neomorpha, GmM. — 806. Creadion, Vieitt. CONSPECTUS SY8TEMATI8 ORTilTHOUOGI.E. 123 29. MELIPHAGID^. 86. Melipbagik* .\b. m. Oc. 75 807. Tropidorliynchus , Vig. — 808. Leplornis , Hombr. — 809. Xantholis, Less. — 810. Moho, L'ss. — 81 I. Enlomyra, Stv. — 812. Acanlhogenx s, GouW.— 813. Prosibemadera, Gr. — 814. Anthochaera, Vig. — 81 o. Anellobia, Cubun.— 8 1 6. Ma- norliina, Vig. — 817. Foulehajo, Reich. — 818. Sericulus, Sui. — 819. Melipliaga, Lewin. — 820. Hypergenis, Reich. — 821 . LiclK'nostomus. Cab. — 822. Pogonornis, Gr — 823. An- thornis, Gi\ — 824 Plilotis, Su>. — 82.5. Lichmera, Ciib. — 826. Meliornis, Gr. — 827. Glyciphila ; Siv. — 828. Enlomo- phila, Gr. — 829. Conopophila, Reich. 87. Meuihbepiis.k Oceania. 12 830. PiecUorhynclia , Gould. — 831. Melillireptus , Vieill. — 832.Ha;inalops, Bp. — 833. Eidopsarus, Sw. 88. MïzoMELix.ï Oceania. 15 83i. Acantliorliynclius, GuuW.— 83.5. Myzoniela. lis.— 836. Cis- sODiela, Bp. — 837. Certhionyx, iess. 30. AR.\CHN0THER1D.E. 89. Arachnothebin.e Oceania 5 838. .Arachnolliera, Temm. 31 PHVLLURMTH1U.E. 90. PHÏLLORNiTlllN.K AS. 111. OC. 30 839. Pbilopitta, Is. Gro//;-.— 840. Pbylloriiis, //uic— 841 . Yuhina, HoJgs. — 842. Mizoruis, Hodgs. — 843. Ixulus, Hodgs. — «44. Jora, Horsf. 91. ZosiEBûpi.Nj; Afr. A». Oc. 20 840. Zoslerops, Vig. — 84C. Malacirops, */>. — 847. Cyclople- rops. Bp. — 848. Oroslerops, Bp 32. NECTARINIID.E. 92. PiiLoruRES-E -Afi'ica. 1 849. Pliloturus, Sw. 93. .NEciAiuMisi As. .\lr. Oc. 90 830. Neclarinia, /// — 851 Arac-hnelhra, Cub. — 852. Cinnyris, Cuil. — 853. Adelinu», Bp. — 834. Anlhodia'la, Cab. — 83o. Maiigusia, Bp. — 830. Anthobaiilies, Cab. — 837. Pa- na'ola, Cut — 8oS Hedidypna, Cud. — 839. Leploconia, Cub, — 860. .£lhopyga, Cu(/.— 861 . Chalcoparia, Cab — 862. Chal- costelha. Cub. — 863 Cvrtosloinus, Cub. l'2k C-L. BONAPARTE. 9i. Anihreptis,e As. Océan. 20 861. Anihreptes, Sw.- — 865. Cinnyricinclus, Less- 33. DREPANlDiE. 96. DREPAKIN.E As. Océan. 12 866. Drepanis, Temm. — 867. Himatione, Caban. — 868. Uemi- gnathus, Lichl. 31. DIC.ïIDii. 96. DicjiiN.ï As, Océan. 12 869. Dicaeum, Cm. — 870. Prionochilus, Slrickl. — 871 . Pachy- glossa, Hodgs. — 872. Myzanthe, Hodgs. aS.C^REBID^. 97. CxREBiNj; America. 15 873. Cacreba, Vieill. — 874. Diglossa, Wagl. 98. Dacnidin.-e America. 2 2 878. Certhiola, Sundev. — 876. Dacnis, Cuv. — 877. Coniros- Irum, Orb. Stirps 5. DENTIROSTRES. 36. LANUD.E. 99. Malaconotin.e Africa. 60 a. Vangeir. — 878. Vanga, Vieill. — 879. Xenopirostris , Bp. — 880. Artamia, Lafr. — 881. Archolesles . Cab. b. Malaconolcn-. — 882. Chlorophoneus , Cab. — 883. Pelici- nius, Boie. — 884. Laniarius, Boie. — 885. Telephonus, Sw. — 886. Harpolestes , Cab. — 887. Malaconotus, Sw. — 888. Chaunonolus, Gr.— 889 Hapalophus, Gc— 890. Rhyn- chastalus, Bp — 891 , Dryoscopus, Boie. — 892, Nilaus. Sw — 893. Calicalicus. Bp. 100. PR10N0P1S.E Afric. Océan. 15 894. Euroceplialus,Sm;(A.— 895. Sigmodus, Temm.— S96. Prio- nops, Vieill. — 897. Fraseria, Bp. — 898. Tephrodornis, Sw. — 899. Cabanisia, Bp. loi. Laniin.e Cosmop. 42 a. Coriinellric. — 900 Urolestes, Cab. — 901. Corvinella, L^ss. b.Lanieic. —902. Lanius, L. — 903. Fiscus, Bp. — 90û. Col- COXSPECTCS SYSTEMATIS ORMTHOLOUI.-K. 125 liirio, ftp. — 905. Otomela, Bp. — 906. Phoneus, llp. — " 907. Leucometopoii , Bp. — 908 Enncoclomis, Boie. \0i. Pachïcephalin.ï \s. Oceania. 40 909. Colluricincla, Vùj. — 910. Kectes, lleich. — 911. Falciincu- lus, Vieill. — 912. Pterulhius, Sw. — 913. Allotlirius, Temm. — 914. Puclierania, Bp. — 915. Pachycepliala , Sw. — 916.Timixos, Blylh.—9\7. Psaltricephus, Bp.— 918. Eopsal- tria, Siv. — 919. Hyloteipe, Cab. 103. ViREONiN.E America. 25 920. Cyclorrhis, Sw. — 921 . Vireolanius, Dubus. — 922. Vireo, \'ieill. — 923. Vireosylvia, Bp. — 924. Hylophilus, Temm. 37. ARTAMIDjE. 104. ABTAMIS.E Asia m. Afr. Oc. 18 923. Arlamus, Vieill. — 926. Ocypterus, Ciiv. — 927. Lep- toplerus, Bp. — 928. Cyanolanius, Bp. — 929. Tephrola- nius , Bp. lOo. .4s-.»LCipoDisj; Asia m. Oc.Madag. 5 930. Analcipus, Sw. — 931. Anais, Less. — 932, Psaropholiis, J,inl. — 933, Oriolia, h. Geoffr. 38. ORIOLID.E. 106. OniouN-.E Eur. As, Afr, Oc, 30 934. Oriolus, L. — 93.Ï. Galbulus, Bp. — 936. Broderipus, flp. — 937. BarufHus, Bp. — 938. Xanthonotiis, Bp. — 939 Jli- meta, Vig. — 940. Sphecotheres. VkiU. 39. EDOLIID.E 107. Eoouis.f. As. Afr. Oc, 50 941, Chibia, Hodgs. — 942. Balicassius, Bp — 943. Dicrano- streptus, Reich. — 944. Edolius, Cuv. — 943. Bhringa, Hodgs. — 946. Chaplia, Hodgs. — 947. Dicrourus, ri>i7(.— 948. Drongo, Less. — 949. Musicus, fleic/i. — 930. Buchanga, Hodgs. — — 931 . Irena, Horsf. — 932, Prosorinia, Hodgs. — 933, Erio- lisonia, Pucheran. 108. Ceblf,i.vbis,f. As, Afr, Oc, 60 934. Pteropodocys, GoiiM. — 953.GraucaIus, Cuv. — 956.Carii- pephaga, Vieill. — 937. O.'cyuotus , Sw. — 938. Ptiladela, Pucheran. — 959,Ceblepyris, Cav. ■ — 960. Volvocivora, Hodgs. — 961 . Laniclerus, tes.?. — 962.Lobolos, Beich. — 963.Symnior- phus, Goiild. — 964. Lalage, Boie. — 963 Pericrocoliis . Bnie. 126 C.-I,. BONAPARTE. 40. AMPELID.E. 109. Ampelis.ï Eur. As Afr.Am. 10 966. Ampelis, L. — 967. Hypocolius, Bp. — 968. Lepturus, Uss. — 969. Ptilogonys, Sm. ~ 970. Cichlopsis, Cnb. — 971. Myiadestes, Sic. il. MUSCICAPID^. 110. MoNARCHiN* As. Afr. Oc, 20 972. Xenogenys. Cab. — 973. Melcenornis, Gr. — 974. Melano- pepla, Cab.— 97.'j. Cliasienipsis, Cab. — 976. Metabolus, Bp.— 977. Pomarea, Bp. — 978. Piezorhynchus, GouUI. — 979. Sym- posiaclirus, Bp. — 980. Monarcha, Vig. — 981. Aises, Le.is. — 982. Pliilentoma, Fyton. — 983. Anlliipes, Bhjlh. — 984. Dimorpha, Hodgs. — 988. Oclironiela, Blijth. 111. MiscicAPisj; Eur. As. Afr. Oc. 50 986. Glaucomyias, Cab. — 987. Cyanoptyla , Blylli. — 988. Eu- myias, Cab. — 989. Cyornis, Bbjllt. — 990. Hemipus, Blyth. — 991. Homichelidon, Boie. — 992. Muscicapula, Blyth. — ■" 993. Muscicapa, L. — 994. Butalis , Boie. — 995. MicrEeca, Gouïd. — 996. Alseonax, Cab. — 997 Charidhylas, Bp. — 998. Erylliroslerna, Bp. — 999. Xanlhopy,2ia, Blylh. 112. MïiAGBiN.E Afr. As. Oc Am. 80 I 000. Terpsiphone, G/ogi-r, — 1001 .Tschilrea, iess. — l002.Mnsci- peta, Cm:— 1003 Trochocercus, Cn6. — 1004. Elminia, Bp. — 1005. Rhipidura, Vib. — 1006. Loucocerca, Sic. — 1007. Sau- loprocta, Ca6.— 1008 Seisura, l'i'!;. — 1009. Cryptolopha, Su;. — 1010. Chelydorynx , Hodgs. — 1011. Myiagra, Vig. — 1012. Bias, Less. — 1013. Hypothymis, Boie. — 1014. Hy- liola, _^Su!. — 4 015., Platyslira , Jard. — 1016. Muscisylvia, Less. — 1017. Todopsis, Bp. — 1018. Stenoslira, Bp. — 1019. Ciilicivora , Sw. 42. TANAGRIDiE. 113. Tachïphonine America. SO a. Bamphoceleie. — 1020. Sericossypha, Less. — 1021 . Lam- proies, Bl. — 1022. Ramphocelus, Desmar. — 10 23. .lacapa, Bp. — 1024. Raniphopis, Vieill. b. Tochyphoncœ. — 1025. Pyraiiga, Meill. — 1026. Pli;enico- thraupis, Caban. — 1027. Tachyphonus, Viedl. — 1028. Tri- chothraupis, Cab. — 1029. Lanio, Vieill. — 1030. Comaropha- gus, Bl. — 1031 . Icteria, Vieill. — 1032. Orthogonys, SlricU. — 1033. Cyanicteru.s , Bp. CONSPECTl'S SVSTE.MATIS ORNITH11LOGI.E. 127 1 1 4 . TjiSAGRis.E America. 100 c. Tanagren>. — 1034. Bulhranpis, Cab. — 1035 Dubusia, Bp — 1036. Tanagra, L. — 1037. Spindalis, Jard. — 1038. Anisogna- thus, Rekh. — 1039.Stephanophorus, Sirickl. — 1040. Iridor- nis, I^ss. à. Callisie»-. — 1 041 . Callispiza, Bp. — 104i. Chalcothraupis, Bp. — 1043.Tatao, .Bp.— 1044. Thraupis, Bp.— 1045. Cal- liparaea, Bp. — 1046. Chrysothraupis, Bp. — 1047. Calliste, Boie. — 1048. Ixothraupis. Bp. — 1049. Gyrola, Beich. — 1050. Tanagrella, Sw. 113. EcpHOsixi America, 30 e. Enphonesp. — 1051. Tersina. Vieill. — 1052. Pipreola, Sic. — 1053. Procnopis, Cab. — 1054. Cyanophonia, Bp. — 1055. r.lilorophonia, Bp. — 1036. Ypophoea, Bp. — 1057. Pyr- rhuphonia, Bp. — 1058. Acroleptes, Sc/ii'/f — 1039. Euphona, Desm. — 1060. Ilioloplia, Bp. 116. STLvicoLixi America. 100 f. Nemosiew.— 1 06 1 ? jEgilhina, Vieill. — 1 062. Nemosia, Vieill. — 1063. Hemilhraupis , Cab. — 1064. Granatellus, fip. — 1065. Cardellina, Bp. g. Helmitlierea- . — 1066. Helminthnphaga, Cafc. — 1067. Hel- mintheros, Baf. h. Setopliagc»- — 1068. Basileuterus, Cab. — 1069. Setophaga, Sw. — 1 070, Myiodiocles, Âud. — 1 071 . Euthlypis, Cab. i. Sj-lTicolesr. — 1072. Seiurus, Sî<\— 1073. Sylvicola, Sw. — 1074. Pachysylvia, Bp. — 1075. Thaumasioptera, Scfti'/T'. — 1076. Mniotilta, Vieill. — 1077. Rhimamphus, Bafin. — 1078. Myiolhlypis, Cab. — 1079. Parula, Bp — 1080 Tri- chas, Sw. Slirps 6. FISSIROSTRES. 43. HIRUNDINID.E. 117. Hmu.vDiNis.ï Cosmop, 70 a. Hirnnilineae . — 1081. Hirundo, L. — -1082. Cecropis, Boie. — 1083. Uromitus, Bp. — 1084. Atticora, Boie. b. Prognece. — 1083. Progne, Boie. — 1086. Petrochelidon, Cab. — 1087. Tachycineta, Cab.— 1088. Psalidoprocne, Cab. — 1089. Plyonoprogne, Reich. — 1090. Cheramoeca, Cab. — 1091.Colyle, /?o/e. — 1 092. Chelidon, Boie. 3,500 128 r.-I,. BONAPARTE. Tribus 11. %'OLUCRES. Cohors I. ZVGODACTILI. Slirps. 7. AMPIIIBOU. 44. RHAMPHASTID.E. H8. Rhamphastin.1 Amer, calid. 50 1093. Uhamphastos , I. — 1094. Ptoroglossus , ///. — 1095.An- digena, Gould. — 1096. Selenidera, Gould. — 1097. Aulaco- ramphus, Gr. — 1098. Beauharnesius, Bp. 4.5. CUCULID/E. 119. ScvTHRopiN* Océan, 1 1099. Scylhrops, Lalh. 120. PH.Esicoi'H.f;iNii; Amer., Afr., Océan. 20 1100. Carpococcyx, Gr. — 1101. Khinortha, Vig. — 1102. Dasy- lopliuSjSio. — 1103. Lepidogrammus, Beich. — IlOi. Pha^ni- oophaeus, Vieitl. — 1105. Melias, Ghg. — 1 106. Zanclosto- mus, Sw. 121. CnoTopBAGis.r. Amer. trop. 6 1107. Crolophaga, L. 122. Ceniiiopodis.£ As,, Afr., Oc. 25 1108. Taccocua, Less. — 1109. Centropus, ///. — 1110. Coua, Ci»'. — 1111. Serisomus, Sw. 4 23. SAtROTHERisi Amer, calid. 6 1112. Saurolhera, Vieill. — 1113. Geococcyx, Wagl. 124. Coccïzis.E America. 32 m 4. Cultrides , Pueheran. — 1113. Diplopterus , Soie. — 1116. Ptiloleptis, Sit'. — 1117. Giiira, Less. — Il 18. Piaya, Less. — 1119. Coccyzus, Vieilt. — 1120. Dromococcyx, Wagl. 125. Cdccilin.e Eur., As,, Afr., Oc. 50 1121. Eudynamis, Vig. — 1 122. Oxylophus, Shj. — 1123. Cu- culus, L. — 1 124. Cacomanlis, Mail. — 1125. Hierococcyx, Miilt. — 1126. Surniculus, Less. — 1127. Lampromorpha, Vig. 1128. Chrvsocorcyx, Boie. — 1129, Clialcites, Less. 126. lNniCAtnRiN,E As, Afr. ,0c. 8 1 130. Indicalor. Vieill. CON'SPECTfS sVSTE>fvTIS OnMTHOLOGlj:. 12^ Stirps 8. SCANSORES. 16. PICID.E. 127. Picisji Eur. As. Afr. Am. Malaias. 243 a. Piceae. — 1131. Dryolomus, Sw. — a. Megapicus, Malh. — b. Dryolomus, Sw. — c. Canipephiliis, Gr. — '1 1 32. Rein- \vardtipicus,Bp. — H33. Hemilophus,Su;. — *a. Mulleripicus, Bp. — *b. Lklileitsteinipicus, Bp. — c. Hemilophus. Bp. — 1134. Dryocopus , Boie. — 1 1 35. Dryopicus, Malherbe. — '1136. Pilumnus, Bp. — 1 137. Ficus, L. — *a. Dyctiopicus, Bp. — 'b. Phrenopicus, Bp. — *c. Tricliopicus, Bp. — *i. Pipri- pkus , Bp. — e. Picus, Bp. — *f. Hijpopicus, Bp. — *g. Leiopi- cus, Bp. — *b. yumjipicus, Bp. — 1 138. Picoides, Lacép. — a. Aplermis Sw. — b. Tridactylia, Stepliens. b. Celeœ. — 1 1 39. Celeus, Boie. — *1 1 40. Cerchneipicus, Bp. — "1 1 4 ) . Blylhipicus , Bp. — 1142. Micropternus , Blyth. — 1 143. ileiglyptes, Sw. — 1144. Hemicercus, Sw. c. Chrysoptilese. — ^ Africatue. — 1 1 45. Dendropicus, Malh. — 1146. C«iiipelhera , Liclit. — H47. Mesopicus , MalU. — 1148. Dendromus, SiD. — *1149. Pardipicus, Bp. ■ff Americanœ . — 1 1 SO. Chrysoptilus, Sw. — . 1151. Chryso- picus, Malh. — 1 152. Cbloronerpes, Siv. — 1 133. Veniliornis, Bp. — *l 154. Capnopicus, Bp. à. Tigcse. — 1 I -jS. Chrysocolaptes, Blyth. — 1 1 56. Brachypter- nu5, Slrikl. — 1 1 57. Tiga, Kaup. — 1 1 58. Chrysonotus, Sw. — Il 59. Gecinulus, Sw. e. Gecinese. — 1160. Gecinus , Boie. 1161. Chrysophlegma, Gould.— \ 162. Bracbylopbus, StncW.— '1 1 63. Callipicu5, Bp. t. Centurese. 1 164. Leuconerpes, Sw. — 1 I 63. Melanerpes, Sw. — 1 166. Tripsurus, Sio. — *M67. Xipbidiopicus, Bp. — 1168. Cenlurus, Sw. — *1 169.Zebripicus, Malh.— 1 170. Lin- naeipicus, Malh. g. Colaptese. — 1171. Colaptes, Sw. — '1 1 72. Pituipicus , Bp. — M73. Geocolaptes, Burch. — • *1I74. Hypoxanthus, Bp. — "M75.Malberbipicus, Bp. 128. VusciNS . Eur. As. Afr. 4 1 176. Vunx, L. 129. PicuMsm.E As. m. Oc. Am. m. 15 1177. Picumnus, remm.— 1178. Piculus,/s. Geo/T^r.— M79. Xli- crocolaples, Gr. — 1IS0. Aslhenurus, Sw. — 1181. Vivia, Ilodgs. — 1 182. Sasia, Hotlgs. i* série. ZooL. T. I. [Cahier n" 3.) ' 9 130 C.-L. BONAPARTE. Sliips 9. lIAniiATI. 47. BUCCONID.E. 130. BuccoNixj! As. Afr. Oc. Am. m. 70 1 183. Pogonias, ///. — 1 184. Laemodon, Gr. — H 85. Gymno- bucco, Bp. — 1186. Xylobucco, flp. — *1187. Tricholaema, Verr.- — 1188. Tracliyplionus, Ranzani. — 11 89.Barbalula, Less. — 1190. Psilopopon, Mull. rUucotruscm, neic/i) — 1191. Psilo- pus, Temm.- — 1 I 'J-2. Bucco, L. — 1 193. Megalaema, Gr. — a. C/io- litrea, Bp. — b. MigalKina, B|). — c. Cyamps, Bp. — d. Xanllio- lœma, Bp.^ I 194. Micropogon, Temm. — 119b. Eubucco, Hp. 48. CAPITONID.E 131. C.APiTosiN.iî Amer. m. 30 1196. Ciipito, Temiii_ — 1197. Cliaunornis, Gi: — 1198. Ta- niatias, Cuv. — 1199. Nyctastes, Strickl. — 1200. Malacop- lila, Gi-.— 1201. Scolocbari», G/ojer. — 1202. Monasa, lie/71. — 1203. Chelidoptera, Oonid 49. LEPTOSOMlDiE. 132. Lepiosomin.e Madagascar. 1 1204. Loptosoma, Sw. 50. GALBULID.E. 133. Galullin.e Amer, m. 16 1505. Jacamerops, Cuv. — 1206. Galbula, i. — ■'1207. Uro- galba, Byi. - *li08. Brai-hygalba, ftp. — 1209. Gabalcyrhyii- dius, 0. i/e.s iUkcs. — 1210, Jacaïuarakyon, Cuv. Stirps 10 HETi:nop.\CTyu. 51. TROGONID.E. 134. Trogosint: Amer, l'alid. As. Afr. Oc. 48 1211. Cakirus, Sic. — a. l'Iiai-omachrus, De la Llave.— b. Cosmu- lus, Reicb.— 1212. Trogoii, L — a. Tro(joii, L. — b. Curucujus, Dp. — c. Tro(jumirus, Bp. — A. Temiiolrogou, Bp. — 1213. Prio- telus, Gr. — 1214, Apaluderma, Sio, — 121 5. Harpactes, Sw. — a Ilarpui-les, Bp. — *b. Duvaucelius, Bp. — *c. fyrolrogoit, Dp. — »d. Omslùos, Bp, — '^e. Apalliurpactes, Bp. 625 Cohors 2. ANISODACTYLI. Slirps. I 1 , FRI'GIVORI. 52. BUCEUOTID.E. 135. BiT,EHorix,r. . As. Afr. Océan. 42 a. Bueorïca^. — 1216. Biicorvus, ftp. b. Bucerotesp. — '1 21 7, Ceratogymna, ftp. — 1218. Tmetoce- rii.^, Cab. — 1219. Berenicornis, ftp. — 1220. Buceroturus, CONSPECTL'S SYSTEM.VTIS ORMTIIOLOGI.E. 131 Bp. (Cranocerus, Beidi.j — I 2i I . Buceros, L. — *\îîi. Homraius, Bp. — 1223. Hydrocorax , Briss. — 1224. Hydrocissa, Bp. . — a. Anlhracoceros, Keirh. — b, Anorrlnnus, Reich. — ■1225. Rhyticeros, Reicli. ■ — • a. Aci-ros, Hodgs. — b. Cassidix, Bp. — c. Rhyticeros, Bp. c. Tockesc. — 1226. Calao, Bp. — I22T.Peiielopides, Reich. — — 1228. Meniceros, Gtoij. — 1229. Rhinoplax, Gtoger. — <230. Grammicus, lieicli. ■ — •1231. RhyncLoceros, Gloij. — 1232. Tockus, Les$. <36. EuRïCEROTiNj; Madagascar. 1 1 233. Euryceros, Less 53. MUSOPHAGID.E. 137. MisopuAGisE Africa. 14 1234. Musopbaga, /si-rl. — 1233. Gallirex, Less. — 1236. Tura- cus, dit). — 1 237. Opslhus, Vieilt. — 1 238. Corythaix, /;(. — 1239. Coliphimus, SmiUi. — 1240. Schizorhis , Wagl. 54. OPISTHOCOMID.E. •138. Opisiuocomis.e. Am. merid. 1 1241. Opislhocomus, Vieill. 55. COLIID^. 139. CoLiis* Africa. 6 *I212. Urocolius, Bp. — 1243. Colius, Br. — *1244. Rhabdo- colius, Bp. 56. PHYTOTOMID.E. 140. PHÏTOIOMIX.E Amer, merid. 3 1245. Pliytotoma, Wo(t)ia. Slirp^. 12. FORMWIVORI. 57. MENURID.E. 141. Mesi'iiis.e Australasia. 2 1Î46. Menura, Davis. 142. 0BIH0SVCH1S.E Oceania. 1 1247. Orlhonyx, Tcmm. 58. MYIOTHERID.E. 143. MïioiHEKi>';B .4mer. merid. 90 a. Hylacieic. — 1248. Hylactes, King. — 1249. Pleroptochus, Killi — 1250. Kliinocrypla, Gr. — 1231. Triplorliinus, Caban. — 1252. Sarochalinus, Cabau. — 1253. Scytalopus, Gould. — ■ 1254 Sviviaxis, Less. b. Myiothereae. — 1253. Grallaria, Vieill. — 123C. Colobatliris, Bp.exCab. — 1237 Hipsybciiiun, C'ab.- I 238. Cliam;eza, I /ma- toderus, Bp. 156. GîBNODERiN.E .Amer, merid. 8 1422. Gymnocephalus, Geolfr. — 1423. te phalopterus, Geo/Tr. — 1424. Gymnodenis, Gmlfr. — 1423. Cliasmorliynchus, Temm. — 1426. .Vrapunga, Less 157. CoiixGiN,E Amer, merid. 30 a. Cotingeae. — 1427. Pyrrhorhynclius, Lifr. — 1 428. Éuchlor- nis, DeFitippi. — 1429. Pl.ilochloris, Sio. — 1430. Tijuca, Less. — 1431. Ampelion, C^lirps lo, CHESSOIin f<,jnil,:cl'jlt). 68. JIEHHPID.E. 167 5kiuipi:<ï Eur. As. Air. ().• 30 a .Vcropcu-. — 1 480. McropS. L. — a. Merop.i, Reich. — b. /i'e- p/inromi.(o(«, Itcidi. — c, /Kropx , lloicli. — d. f/'ncu, Bp. — c. MelUtopItas, Hcicli. — 1181 . Plilothrus, lleicli. — 1482. lle- lillolherps, llekh. — I 483. Teplir.Trnp.s , Ih-icli. — 1 48 l. Mc- liltopliagus, Buic — I 183 Spliccobus, Ikicli. 136 C-L. BOKAPABTE. b. KyctiornHheœ. — 1 486. Coccolarynx, lieiclt. — ^ 487. Mero- piscus, Su>i(i. — -1488. Meropogon, Bp. — 1489. Nyctiornis, Sw. — a. Nyctiornis, Reich. — b. Bucia, Hodgs. 69. ALCEDINIDiE. 468. DACELONm.E , . As. m. Afr. Océan. 17 i 490. Dacelo, Leach. — U9I . Choucalcyon, Bp. — U92. Me- lidora, Less. — 1493. Syma, Less. — 1494. Paralcyon, Bp. — ■ 1495. Lacedo, iieic/i. — 1496. Actenoides, Hombr.elJ. — 1497. Cittura, Kaup. — 1498. Chelicutia, Beich. 169. Halcïonin.« Eur. As. m. Afr. Océan. 60 1499. Callialcyon, Bp.— 1500. Cancrophaga, JSp. — 1501. Todi- ramphus, Less. — 1502. Ispidina, Zip. — 1503. Tanysiptera, Vig. — 1504. Halcyon, Sio. — 1505. Bamphalcyon , Bp. — a, /îam- phalcyon, Reich. — b. H'jlcnon , Ueich. — 1506. Ceix, Lacép. 170. Alcedinin.e Eur. As. Afr. Am. Oc. 40 a. Ceryleac. — 1S07. Megaceryle, Kp. — *1508. Streploceryle, Bp. — 1509. Ceryle, Boie. — 1510. Chloroceryle, Kp. — 1511. Aniazonis, Reich. b. Alcedineœ. — 1512. Alcedo, L. — 1513. Corythoniis, Kp. — 1514. Alcyone, Sw. (Thcrosa, Mii».) Stirps 16. TENUIROSTRES [Epopides). 70. UPUPIDJÎ. 171. Upupin^ Eur. As. Afr. B 1515. Upupa, L. 71. PROMEROPIDiE. 172. F.4Lci]LnN.E Madagascar, Ins. Borb. 2 1516. Falculia, Is. Geoffr. — 1517. Fregilupus, Less. 173. Promebopin-.e Africa. 6 1518. Promerops, Sr. — 1519. Irrisor, Less. — 1520. Rhinopo- mastes, Smillt. Stirps 17. SUSPENSl {Trochili). 72. TROCHILIDiE. 174. Grïpis.e Amer, merid. 10 1521. Grypus, Spix. (Mamphoilon, uss.) — 1522. Myiaëtina, Bp. (Eutoieres, Beich.) — 1523. Glaucis, Boie. — 1524. Threnetes, Gould. — 1525. Doleromyia, Bp. (leurippus.) 175. Phjîtornituinji Amer. trop. 20 1526. Phaetornis, Sw. — 1527? Ametrornis, Reich. —1528. Or- thornis, Bp. — 1529. Guyornis, Bp. — 1530. Pygmornis, Bp (Eremita, Beich.) CONSHECTIS SÏSTEMATIS ORNITHOLOGl/E. 137 176. Laspobnitbis.ï Amer. mer. el centr. 45 1531. Topaza, Gr. — loBJ. Oreotrochilus, Gouhl. — 1533. Eu- lampis, Boie. — b. Serkolis, Reich. — 1534. Lampornis, Sw. — a. Anihracothorax, Boie. — b. Ilypophaniu, Reich. — c. f/oresia, Reich. — 153.>. Campylopterus, Sw. — a. Pampa, Reich. — b. Ptahjstoplerus, Reich. — c. Sœpioplerus , Reich. — d. Jonolœma , Reich. — 1536. Aphantochroa, Goutd. — 1537. Pelasophora, Gr. — a. Aiiaîs, Reich. — b. Di'lphinetla, Reich. — I33S. Schistes, Gould. — 1339. Heholhrix, Boie. — lo40.Lea(lbealera, Bp. (Ileliodoia, Gould.) 177. CvNiXTniM: Amer. mer. et centr. 85 a. Paiagonese. — 1341. Palagona, Gr. — 1542. Pterophanes, Gould. — 1543. Docimastes, Gould. h. Dorifereœ. — 1 544. Heliomasles, Bp. — 1 543. Ornithomyia, £p. (Callopislria, Keicli.) — 1546. Dorlfera , Gould. (Hemisle|.liania, Beîcft.)— 1547. Helianthea, Gould. — b Hypochrtjsia , Reich. — 1548. Bourcieria, Bp. — a. Conradinia, Reich. — b. Lam- propijgia, Reich. — 1549. Cœhgena, Bp. (Il.imoiihania. Rsirr/i.) — 1530. Lafresnaya, Bonap. — 1531. Chrysobronchus, Bonap. (Smaragitites, Reich. nec Boie.) — 1S52. HeHangelus . Gould. — 1533. Heliotryppha, Gould. (ParzuJakia, lifich.) — 1554. Erioc- nemys, Reich. — ■ a. Eriocnemys, Reich. — b. Aline, Reich. — c. Hoxqueria, Reich. — cl. Lucianin! Reich. — *1333. Derbyo- miya, Bp. c. Cynanlheœ. — 1536. Lesbia, iess. 'Comptes, Cou/d. — Sapplio. Beich ) — 1557. Cynanthus, Stt>. (Lesbia, /ieifd.» d. Metallurca-. — 1558. Oxy pogon, GouW. — 1559. Lampro- pogon, Gou/d. (Cliak-oslisma. Beich.) — 1560. Aglœactis, Gould. — 1561. Ramphomicron, Bp. — 1362. Metallura, Gould. — 1563. Myiabeillia, Bp. (Guiraeiia, Beich.) — 1564. Uroslicte, Gould. — 1565. Augasles, Gould. — b. Lumachellus, Reich. — 1566. Adelomyia, Bp. 178. Tbochilink \merica. 162 a. Florisngea?. — 13G7. Florisuga, Bp. ■ — 1368. Delattria, Bp. (Lainprolacma, Beich ) — 1369. Clytola^ma , Gould. — a. Phœo- lœma, Reicli. — b. Boissoiineaua , Reich. — 1570. Thalurania, Gould. (i;iauco|iis, Boie, nec Cm.) — 1371. Eupetomena , Gould. b. Polytmeœ. — 1572. Polytmus, Br. c. AmazilicH-. — 1373. Cyanomyia, Bp. (Uianomilra, Rfith.; — 1374 Amaziliu.>, Bp — 1375 Chrysuronia. Bp. — 1576. Sati- 138 C.-L. BONAPARTE. cerottia, Bp. — 1377. Sporadinus, Bp. iRiconlia, iieich.] 1578. Hylocharis, Boic. laaUbtm, ,,. Rctch.) — 1379. Chlo- rostilbon, Gould. — 1580. Thaumantios, Bp. — a. Thaumnn- lias, Reich. — b. Leiicochloris , Reich. — c. Margaroclirijsis, Reich. — 1581. Juliamyia, Bp. — 1382. Sapphironia, Bp. a. Basilinna, Reich. ex Boie. — b. Cxjatwckloris, Reich. d. Avocettulea;. — 1383. Avocetlula, ttelch. — 1384. Avocetti- nus, Bp. e. Trochilcae. — 1585. Sephanoides , Less. — a. Enstephanus, Reich. — b. Stnkoesiella, Reich. — 1386. Chrysoiampis , Boie. — 1 587. Ortiiorhynchus, Lacrp. (smai-agiiites, p. Bote.) 1 388. Ce- phalepis, Loddiges. — 1389. Heliactin, Boie. — 1890. Loddi- giornis, .Bp. (Loildigesia, Con/ii. — Muisamia, linc/l.) — 159l! Spa- thura, Gould. (sicganma, Kcicii.) —1392. Discura, Bp. — 1393. Se- lasphorus, Siv. (Calliplilos, ReUh. ex Boie.) — 1 594. Trochilus , L. f. MeUisugeac. — 1595. Thauninstiira, Bp. (Tilmalura. Reicft.) — 1596. Lucifer, Les.?. — a. Cijnnopogon,'Re\d\. — b. Cora, Reich. — c. Etisa, Reich. — 1597. Tryphcena, Gould. (Caliiphlos, Boie.) — 1598. Callothorax, Gr. {Utakt. rieicli.) — 1399. Bellatrix, Boie. — icOO. Lophornis, Less. — 1601. Gouldomyia, Bp. — b. Popelaii-ia, Reich. — 1602. Mellisuga, Br. Slirps 18. HlANTESlCypseti). 73. CVPSELID*. 179. C.YDsELiN.K Cosniop. 30 a. Dcndrochelifloncsp. — - 1603. Dendrochelidon , Boie. b. C^selesc. — 1 604. Pallene, tesson. — 1603. Achanlhylis, Boie.— 1606. Cypsehis, llliger. — 1607. Tachornis, Gosse. — 1608. Panyptila, Cab. 180. CoLLOciui-NMi As. m. Oc. 4 1609. Collociilia, Gr. Slirps 19. IXStDËNTESiNocturni). 74. STE.VTORNITHID.E. 181. STE.ATOBNiTuiN.t: ■ . . Am. tropic. 1 1610. Stëatornis, llu m boldl . 75. r.ÀPRIÀILLGID.E. 182. PoD.4iiGiN.i; Malaiasia, Oreania. 12 1611. Podargus , Curier. — I 6 I 2. Ratraclio.^loiinis, GoiiW. — 1613. Bombycislouia, Bp. ex Uaij. 183. .EcuTHELiN.F, Auslr.ii. 2 1614. .Egolheles, Viçj. CONSPECTl'S SVSTEMATIS (iRMTHdl.tKlI.K . 139 <8i. NïCiiBiix.E America. 50 a. Nyctibîesp. — 1615. Podager , fVagl. — 1 fi16. Nyctibius , V. b. Chordcllea.. — 1617. Chordeiles , Siv. — 1618. Lilrocalis, Cass. — *16I9, Nycliphrymis , lip. — 1620. Antroslomlis, G. c. Kyctidromese.. — 1621. Nyclidrdmiis, (Inlilrl. — 1622. Sle- llopsi.^, Cassin. — 1623. Hydropsalis, fVt'ij!. — 1624. Eleo- Ihreptus, Gr. 185. C.4PB1MCLG1N.E EUF. As. Aff. Oc. 40 1625. Srotornis, Sio.— 1626. Macrodypteryx , Sic. (Seioclrasa : Cr.) — 1627. Lyncornis, Goiild. — 1628. Eurostopodiis. Gould. — *1629. Nyctiprogne, Hp. — 1630. Caprimulgus, L. 1775 Ordo 4. INÉPTI {hiertcs). 76. DIDID.E. 186. EpïoRxiiHisi Exlinrt. Madagascar 3 1631. EpyoTnïs, Isidore Geoffr. — *l 632. Oniithaplera , Bp.— *1633. Cyanornis, Hp. 187. DiDiN-E Exlinct. 2 1634. Didus, L. — 1633. Pezopliaps, Slrkkland. Ordo 8. COLUMB.E (GentHores). Tribus 1. PLEIODI. 77. DIDUNCULID^E. 188. DiDtNct;Lis.E Terrse arctic. 1 1636. Didunculus, Peale iGiuilioilon, J.ni/.— Pleiodus, Reich.) Tribus 2. G1'R.4I\'TES. 78. TRERONID.E 189. Trekomn.k As. Afr. Océan. 30 -16)7. Butreron, Bonnp.— 1638. .Splienaîna, Bp.— 1639. Tre- ron, VieiU. — a. Torlii, Hodgs. — b. Trt'run, Vieill 1640. Vinago , Bp. e\ Ciivier. iàO. Ptilopodis.e As., Oc. 20 •1641. Leucotreron, Bp —'1642. Ramphiculus, Bp— 1 643. PU lopus, Sw. — 1644. Kuruii-cion, Bp — *1645. Chrysœna, Bp. 191. Ai.EcTii.EN*Dix.E Madagascar, Sechelles !j "1646. C.blamydnnna, flp. — 16 17. A leiM ripiias, Gr. 79. Cdl.LMBIU.E. 192. LopHOLEMiN.E Australia. 1 1618. LoplioUcmus, Gr. 1^0 C.-L. BONAPARTE. 193. Carpophagin* As. Océan. 30 1649. Carpophaga , Sdby. — 1650. Megaloprepia , Rekh. — *1651. Hemiphaga , Bp. — 1652. Alsecomus, Hodgs. — 1653. Janlhéenas, Jteicli. ■ — 1654. Zonaenas , Reicit. — *1655. Leucomelsena, Bp. — 1656. Myristicivora, lieich. 194. C0L11MBIN.Ï Cosmop. 50 a. Colambea;. — 1657. Palumbus, Kavp, (Taeniacnas. tteich.) — 1658. Dendrotreron, Ilodrjs. — 1659. Columba, L. (VemiiiaiFfem. — Crasiieilsnas ! Reic/i.) — a. Lithœniis, Reich. — b. Chlorcentis, Reich. — 1660. Stictionas, Reich. — 1661 . Patagiasnas, Reich. — 1662. Lepidaenas, Reich. — *1663.Crossophlhalmus, Bp. b. !Hacrop7gîeae. — 1664. Macropygia, Sî«. — 1665. Tomo- peleia, Reich. — 1666. Ueinwardlœnas, Bp. — 1667. Ectopis- tes, Sw. 195. TcRiimm* Eur., As., Afr , Oc. 30 1668.Turtur, Br. — 1669. Perislera , Boie. — 1670. Geopeleia, Sif. — 1671. Tynipanistria, Reich. — 1672. Stictopeleia, Reich. — 1673. Œna,Selbii. 196. Zenaidin.e America. 25 1674. Chamœpelia, Sw. — *167S. Zenaidura , Bp. — 1676. Ze- naida , Bp. — 1677. Colunibina, Spix. — 1678. Starnaenas , Bp. — 1 679. Leptoptila , Sw. — 1 680. Geotrygon , Gosse. — 1681. Oropeleia, Reich. 197. PHAP1N.E ... Océan. 24 1682. Trugon , Hombr. eiJacq. — 1683. Phlegœnas, Reich. — *1684. Pampusana , Bp. — 1685. Petrophassa, Gould. — 1686. Pliaps, Sc/(iy. — 1687. Leucosarcia, Gould.- 1688. Chal- cophaps, Gould. — 1689. Ocyphas, G. — 1690. Geophaps, G. 80. CALLI.ENADID.E. 198. Callijl:s.\din.e Océan. 2 1691. Calliœnas, Gr. 81. GOURID^. 199. GoDBiN.E Océan. 2 1692. Goura, F/em. 220 Ordo 6. HERODIONES. Tribus 1. CiRl'ES. 82. PHiENICOPTEUID.E. 200. Ph.ïnicoptebin.e Eur , As , Afr.. Ani. 1693. Pliaenicopterus, L. CONSPECTIS SVSTEMaTIS ORNITHOLOGIE. 141 83. GRCIDiE. 201. Geuin^ Cosmopol. 14 1691. Grus, Gesn. — 1695. Antigone, Reich. — *I696. Geranus, Bp. — 1697. Laomedontia , Reich. — 1698. Anlhropoides , Vieill. — 1699. Balearica, Br. 502. EcmpTGisi . Amer. m. 2 1700. Euripyga, //(. 203. AEAMisi America. 1 1701 . Aramus, Vkill. 8i. PSOPHIID.E. 204. PS0PBI1S.E Amer. m. 3 1702. Psophia, Barrère. 85. CARIAMID.E. 20o. CARiAMiNi Amer. m. \ 1703. Cariama, Jlfarcgr. (Microdactylus, Geo/fr.) 86. PAL.4MEDEID.E. 206. PALAMEDEisi Amer. m. 3 1704. Palamedea, L. — M703. Chauna, //(. — a. Chauna, Reich, — b. Jschyornis, Reich. — Hitchcockia, Reich. Foss. Tribus 2. CICOXI.ï:. 87. DROMADID.E. 207. Dboii.»di>£ Afr. 4 1706. Dromas, Paykull. 88. CICONIID.E. 208. CicosiiNi Cosmopol. 15 1707. Argala, Leach. (Leptoplilos, Temm.) — 1708. Ciconia, L. — a. Ciconia, Reich. — h. Melanopelargus, Reich. — l709.Spheno- rhynchus, Ehrenb. — 1710. Mycteria, L. — Pelarganax, Reich. Foss. — Pelargides, Reich. foss. 209. Anastomatin£ As., Afr. 2 1711. Anastomus, Bonnat. — 1712. Hiator, Reich. 89. ARDEID.E. 210. Ardeinj; Cosmopol. 80 a. Ardeeœ. — *17I3. Ardeomega , Bp. — 1714. Typhon, Reichenb. — 171o. Ardea, L. — 1716. Herodias, Bp. ex Bote. — 1 71 7. Egretta, Bp. — 1 718. Agamia, Reich. — *1 71 9. Bubul- cus, Pucheran. — 1720. Buphus, Soie. — 1721 . Ardetta, Gr. — 1722. Ardeola, Bp. e\Boie. h. Bolaureœ. — 1723. Botaurus, Br. — 1724. Bulorides, Hurll. — 172o. Tigrisoma, Sw. — *1726. Gor=ttk.ius, Bp. ill'i C.-L. BONAPARTE. c. Nyctîcoracca?. — 1727. Pilherodius , Reich. — 1728. Nyc- therodius , Reich. — 1729. Nyclicorax , Br. 211. ScopiKs Africa. 1 1730. Scopus, Sr. 90. CANCROMID.E. 912. Cancromix.e Amer. m. 1 1731 . Cancroma, L. 213. BAL,ENICEPm.B Afp. 1 1732. Balêeniceps, Gould. — ProtopelarguB , Reich. Foss. 91. PLATALEID.E. 214. Plataleinj! Eur., As. , Afr., Amer., Oc. 8 1733. Platalea, L. — a. Platulea, Reich. — b. Spalherodia, Reich. c. Ajaia, Reich. — d. Leucerodia, Reich. 92. TANTAL1D.E. 215. Tantalis^e As. Afr. Am. 4 1734. Tantalus, L. — a. Tanfa/iis, Keich. — b. Tantalidcs, Reich. — Tantaleus, Reicli. foss. — Talimtatos, Reich. Foss. J16. TBIN.E As. Afr. Am. m. Oc. 16 1735. Ibis, Savign. Cuv. {ThrefVorms, Wagl.) — 1736. Nipponia, Reich. —1737. Carphibis , /Jeic/i. — 1738. Inocotis , Reich. — 1739. Phimosus, Wagl. — 1740. Geronticus , Wagl, (Coiiiaiibis, Reic/i.) — 1741. Theristicus, IVagl. — 1742. Lopho- tibis, fleicft. — 1743. Molybdophanes, Reich. — 1744. Bostry- chia, Wagl. — 1745. Harpiprion, Wagl. — 1746. Cercibis, iras;. 517. EuDociMiN.ï Eur. As. Am. 6 1747. Eudocimus, Wagl. Paribis.Ceofl'r.) — a. Leucibis, Reich. — b. Guara, Reich. — 1 748.Plegadis, A'oup. (Falcinellus, Beclisi. nec Cuv) 165 Ordo 7. GAVI^ [Pelagici). Tribus 1. TOTIPALMI [Steganopodei). 93. PELECANID^. 218. Pelecaninx 10 1749. Pelecanus, L. — a. Onocrotalus, Reich. — b. Catoplrope- licamis, R. — c. Leplopelicanus, R. — 17b0. Cyrtopelicanus, R. 219. Phalacbocobacis* 30 1751 . Phalacrocorax, Br. — 1752. Graculus, Aldi: — 1753. Hy- poleucus, Reich. — 175i. Haliaeus, /(/. COKSPECTtS SY8TF.MATIS ORNITHOLOGIE. 143 !20. SCLIS.E 7 1753. Sula, Br. — a. P(aiic»s, Reich. ex Klein. — 1). Sula, Reich. — c. Piscatrix, Reich. — cl. DysiMrus, Reich. ex III. 9i. T.\CHYPETID.E. 221. Tachypeiisj: î 4 7:j6. Tachypetes, lll. — Prolopelicanus , Reich. Foss. 93. PLOTID.E. 222. rLOTis.£ i 1757. Plolus, L. 223. HELlOriMTBlX.K i <758. Heliornis, Boiiiiaf. — 1739. Podoa, //(. — 1760. Podica , Less. — Deanea, Reich. Foss. 96. PHAETONID.E. 224. Ph4ET0SIN.E i 1761. Phaeton , L. — a. P/iueiuii, Reich. — b. Lepturus , Moeh- riiig. — c. Tropkophilus, Leach. Tribus. 2. LONGIPEKMES. 97. PROCELLARIID.E. 223. DioMEDEis£ Cosmop. 1 1762. Dioiiiedea, L. — a. /Jiomedea, Reich. — b. Thalassarche, Reich. — c. Fhœbelria, Reich. — d. Phœbaslrià, Reich. 226. Procellariis.ï CosQiop. 50 a. PolUnese. —176.3. Puffinus, fir.— 1764. Priofinus, Hombr. elJ, — • 176.5 Thyellus, G/ojer. — 1760. Ardenna, Reich. — 1767. Majaqueus, Reich. h. ProceUariecp. — 1768. Bulweria , Bp. — 1769. Thalassi- droma, Viy. — a. Thalassidroma, Bp. — b. Oceanodroma, Reich. 1770. Procellaria, L. — a. OceuniUs, Keis. el Blas. — b. Pe- layodroma, Reich. — c. Procellaria, Bp. c. Falmarea-. — 1771 . Ossifraga, Hombr. el Juci/. — 1772. f"ul- marus, JUacA. — 1773. Priocella, Hombr. — 1774. Daption, Slepheiis. — 1773.Prion, Lacép. iP.icliypiilii:'/».) d. Wagelle»-. — 1776. W agellus , Ray. — 1777 Rhanlistes, h'aup. — 1778. Thalassoica, Heich. 227. llALODBOMiN.t Mal', antarct. i 1779. ilalodroma, lUig. i Pelecanoiile;, LacL. BONAPARTE. 98. LARIDiE. 228. LESII11G1N.Ï r.osmop. 5 1780. Lestris, ///. - 1781. Coprolheres, Rekh.— 1782. Sterco- rarius, Sp. ex Br. — 1783. Cataracla, Brunn. — Cimoliornis, Owen, Foss. 229. Labins Cosmop. 60 a. Lareœ. — *1784. Procellarus, Bp. — *1785. Leucophaeus, Jip. — *1786. Blasipus, Bouup. ■ — *1787. Gabianus, Bp. — 1788. Larus, L. — 1789. Laroides , Jirelim. — "1790. Gavina, Bp. — *179l. Gelastes, Bp. — 1792. Pugophila, h'aup. — 1793. Rissa, Brunn. — 1794. Rhodosletia, Mucyill. b. Xemeœ. — '1795. Adelarus, Bp. — 1796. Ichlliiaîlus, Kaup. — *1797. Atricilla, Bp. — 1798. Gavia, Br. — 1799. Chroico- cephalus, Eyton. — *1 800. Creagrus, Bp. — 1 801 . Xema, Leach. 230. SiERNisji Cosmop. 70 a. Sterneœ. — 1802. Phaetufa, Wagl. — 1803. Pelecanopus, ^yagl. — 1804.Onychoprion, Ilagi. — 1805. Haliplana, Wagl. 1806. Hydroprogne, Kaup. — 1807. Thalasseus, Boie. — 1808. Gelochelidon, Bie/ini.— 1809. Slerna, L.— 1810. Seena, Blyth. — 1811. Sternula, Boie.— 1812. Gygis, Wagl. — 1813. Hydroi:lielidon, Boie. b. Anoese. 1814. Anous, Z.enc/i. — b. Megalopterus, Boie. — 1813. Larosterna, Blijlli. — 1816. Procelsterna, Lafr. 231. Rhïnchopin.e Maria jntertr. 4 1817. Rhynchops, L. 99. CHIONID.E. 232. Cbiomn^ Amer. m. 2 1818. Cliionis, III. Tribus 3. UBINATORES {Brachypteri]. 100. ALCIDiE. 233. Alcins Terrae aret. 6 1819. Alca, L. — 1820. Utamania, Leach. 234. PHALEniDIN.E As. S. AlTl. S. 14 1821 . Mormon, III. (FraiercuU, Br.) — a. Lunda, Pall. — b. Gymno- blepharum , Brandt. — c. Ceraloblepharum , Brandt. — 1822. Sagmatorhina , Bp. — 1823. Ceratorliyncha, Bp. (Cliinierina.Eschscli.; — 1824. Ciceronia, Beich. — 1825. Ombria, Eschacholtz. — 1826. Phaleris, Temm.— a. PImleris, Brandt. — b. Tyloramphus, Brandt. — 1827. Ptychoramphus, Brandt. CONSPECTCS SYSTEMaTIS OKSITHOLOGl/C. H5 235. U1111X.E Terra.' arcl. 15 4 828. Uria, Br. — a.iomm'o, Brandt. — b. Cepphus, Pall. (Gryile, Brandi) — 1829. Apobaptoii, Brandi. — a. Brachyramphus, Brandt. — b. Synlhliboramplms, Brandt. — I 830. Mergulus, VieUt. Ceijlicii, Cur.) 101. COLYMBID-E. 236. CoLïMBiNi. Terrœ arctic. i 1831. Colymbus, L. (Eudyies, /i/.i 102. PODICIPID.E. 237. P0D1CIPIN.E Cosmopolit. 2i 1832. Podicepi, Latli. 'i.nhmiius, Br.) — a. Poiiiceps, Kaup. (culsiubus. Reich.) — b. Pedailhyia, Kaup. — c. Dyles, Kaup. — d. Oto- dytes, Reich. — e. Tachybaplus, Beich.. — f. Dasyptihts, Sw. — 1833. Sylbeocyclus , ^p . ;PoJilynibus, te.. , 273. ScoLOPAciNi. . Cosmop. 40 1980. Rhyncbïa, Cuv. — 1981. Scolopax, L. — 1982. Uusti- cola, Bp. (Philohela, rieilL] — 1 983. Xylocota, Bp. — 1984. Gal- linago, Bp. — a. Pehrychus, Kaup. — b. Gallinago , Ray. — c. Limnocnjples , Kaup. — 1983. Macroramphus, Leach. 274. Tringin£ Cosmop. 80 a. Tringeee. — 1986. Eurynorhyncus , Nills. — 1987. Hetero- poda, Bp. — 1988. Hemipalama, Bp.— 1989. Calidris, ///. — 1990. Pelidna, Cuv. (Erolu : ymll. - Fdiciiiclius : Ctn-. — 1991. Li- micola, h'och. — 1992. Tringa, L. — 1993. Maclietes, Cuv. (Philuriiarhus, Uoehr. — Pavuncella I Leuch.) — 1 994. PbegOrnis, Or. b. Totaneae. — 1993. Aetilis , ///. (Tringoulcs, Cr.) — 1996. Acti- lurus, //(. ( Barlramia . tesi. — Euliga , .Vu//.) — 1997. TotanuS, Beclist. — a. Ibjomis^ Kaup. — b. Gambetta, Kaup, — c. Er\j- Ihroscelus, Kaup. — d. Hhyocophilus, Kaup. — e. Helodromus, Kaup. — 1998. Caloptrophorus , /îp. (Ssinplieniia, Ko^n. — Hocli- l«, Kaup.) — 1999. (ilotlis , Niiss. (LimicuLi. Leach.) C. Limosese. — 2000. Anarliynchus, Qitoy el Gaim. — 2001 . Te- rekia, Bp. (.Xenm, Kaup. — Snnurhynchus, l\iys. et Bl.) — 2002. Li- mosa , £r. ' Fedoa. siepli. , — 2003. Numeniu? . Moehr. Phreopus. Cbi!.) — 200 i. Ibidnrln n< Iki, Vi'j. 15(i C.-L. BONAPABTE. Tribus î. ALECTORIDEIii. 125. PARRID.4:. 275. Paurinjî As. Afr. Am. Oc. 15 2005. Parra, L. — 2006. Metopidius , IVagl. —2007. Hydro- phasianus, ^)'agl. — 2008. Hydralector, IVagl. iU. RALLID^. 276. Rallin^ Cosrpopol. 100 a. Kallese. — 2009. Aramides, Pucheran, {RaWma, neichenbach.i — 2010. Biensis, Puc/ier. — 2011. Rallus, L —2012. Hypota?- nidia, Beicli. — ^. Hypolœnidia, Reich. — b, Eunjzona, Reich. c. Lewinia, Reich. — *d. LaleraUus, Bp. — 2013. Hypno- àei,Beich. — 2014. Porzana , Vie'dl. — -2015 Ortygometra, Barrère. — 2016. Zapornia , Leach. (PhaUrMion, Kaiip.) — *2017. Coturnicops, Bp. — 2018. Crex, Bechst. — 2019. Co- rethrura, Reich. h. Gallinnlea-. — 2020. Nolornis , Owen. — 2021 . Porphyrio , Br. — a. Porphyrio, Reicli. — b. Cœsarornis , Reicli, — 2022. Porphyrula, Blijlh. (Joiioruis, /icidi.) — 2023. Tribonyx, Dubus 2024. Gallinula, Br.— »202S. Gallinulopha, Bp. — 2026. Amaurornis , Reich. — *2027. Porphyriops, Puch. — 2028. Erythra , Reich. — 2029. Hydrocicca , Citait. — 2030. Glaucestes, ReicU. c. FoIIcese. — 2031 . Fulica, L. — a. Fulica, Reich. — b. Pha- luria, Reich. — b. Lysca, Reich. — 2032. Lupha, Reich. — *2033. Licornis, Bp. 277. OcïDROMiNj; Air. Océan. 5 203i. Ocydrornus, Slrickl. iG.iiiiiMllus. Lofr.) — 2035. Eiilabeornis, Gould. — *2036. UimaïUhornis, Temm. ÎÔO Ordo 11. ANSERES. [Natatores.) 127. anatid.î:. 278. CrcNis.F. Cosniop. '.I a. Cygneae. — 2037. Ulor, Wogl. — i038. Cygnus , L. — 2039. Chenopsis, \t'itgl. — 20-10. Coscoroba, Bp. 279. AssERiN.ï Cosniop. 38 b Anscrosie. — 2041. CySHOpsis, HraniU. — 2042. Anser, Bar- rère. — a. .Iii.wr, Reicli. — b. A/ari/or/ien , Reichenbach. — 2043. Chen, Brehm. (Cliioiiothen, Keicti ■ — 301i, Eiilabeia, fleich. — 20 1.5. NcUapus, BrnmU. CONSPECTLS SY8TEMATI8 ORNITIIOLOGI/E. 151 c. Bernicleœ. — 2046. Bernicla , AIdr. — a. Berniela, Reich. — b. Leucopareia, Reich. — 20i7. Taenidiestes, Reichenbach. — 2048. Chlamidochen, Bp. d. Cereopse». — 2049. Cereopsis, Temm. e. Pleciroplereae. — 2050. Sarkidiornis, Eijton. — 2051. Che- nalope\ , Slepli. — 2032. Plectropterjs, Leach. — 20q3. Anse- ranas, Less. 280. AxATm.E Cosmop. 90 f. Tadornea?. — 2034. Casarca , Hp. — 20S5. Radjah, lieich. 2056. Tadorna, Leach. — • Tndarna, Re.itli. Fosî. — 2037. Den- drocygna, Siv. (i.epiut.irsis Eiji.) g. Analeœ.— 2058. Cairina, Flem. — 2039. Anas, t.— 2060. Rho- done?sa. Iteich. — 2061. Cliaulelasmus, Gr. —2062. lla- lacnrhynclios, Sw. — 20 63. Spatiila, Boie. (Rliynchaspi». leac/i.) — 20e4. Plerocyanea, Bp. — 2065. Querquedula , Steph. — 206G. Aix, Sw. (Cosmoncssa. Knn;i.) — 2067. Mareca, Steph. — 2068. Sticlonetta , Reicli. — 2069. Marmaronetta, Ileich. — 2070. DaGla, F/em. — 2071. Pœcilonetla, Eylon. 28< . Fi LiGii.is.E Cosmop. 50 h. Erismalureœ. — 2072. Biziura . Leach. — 2073. Thalas- sornis, £1/(0». — 207 4. Erismatura , Bp. [VivWna, r.mld.) — 2075. Nesonetta, Gr. i. Clangulca-. — 2076. Micropterus, Les.i. — ■ 2077. Harelda , Leach. — 2078. Clangula, Flem. — 2079. Camptolaîmus, Gr. (Caniplurhyllctiii;, Eyton.) k. Somalerieae. — 2080. Somateria, teac/i. — 2081. Slelleria, Bp. fE'iiroiipiia. Gr.) — 20S2. Lanipronetta , Brandi. I. Oidemiea-. — 2083. Polioiielta, /ûih;). — 2084. Melanella, Hrihm. — 2085. Oidemia, Flemm. m. Fuligulea;. — 2086. Fuligula , liay. (,Va\n, Snnd. t\ Cicermie.) —2087. Marila, Reich. — 2088. Nyrooa, Flemm. — b. /Ethiiia, Boie. — 2089. Branta, Boie. — 2090. Hymenolœmus. Gr. (Mjlacorbynchus, p. Wagl.) 128. MERCI D.E. 282. Merginj: Cosmop. 10 2091. Merganscr, Br, — 2092. Mergii.-;, /,. - 2093. Lopliodytes, Reich. — 2094. Mergclhis, Selby. 283. Merganettinx Aiistr. 3 2095. Mcrganetia, Gould. 200 152 C.-L. BOKAPABTE. Ordo 12. STRUTHIONES. {Rudjpeimes.) 129. STRUTHIONIDiE. 284. SiRuiHioNiNs Africa. 2 2096. Struthio, L. 285. Rheinj; Ani. m. Oc. 5 2097. Rhea, il/œftrmjf. — a. Bellona, Reich. Foss. — b. Berecyn- thia, Reich. Foss. — c. Cybete, Reich. Foss. — 2098. Dromaius, Vieill. — 2099. Casuarius, Frisch. 130. DINORNITHID^. 286. DmoRNiTHiNiE N. Zeland. Foss. Dinornis, Owen. foss. — Moa , Reich. Foss. — ilovia, Reich. 287. Emeinjî N. Zeland. Foss. Emeus, Reich. Foss. — Cela, Reich. Foss. — Syornis, Reich. 28S. Palapiehygin£. Palaptenjx , Owen. — Aptornis, Mante!!. Foss. — Anomalopte- ryx, Reich. Foss. 131. APTERYGID.E. 289. APTERYGIN.E Nova-Zolandia. 5 2100. Aptéryx, Shaw. 12 Specieruni Aviuni numerus S300 ADDENDA 2101 . (13») Psittovius, Bp. — 2102. (22') Graydidascalus, Bp. — 2103. (42) Prosopeia, Bp. — 2104. (70") Glossopsitla, Bp. — 2105. (7 P) Psitteuleies, Bp. — *2106. (212») Smilliiglaux, fi/i.— 2107. (255») Cissa, 5p.— 2108. 308») Hypobletes, Glog. —2109. (510») Hodoiporus Bp. ex Reich.— 2110. (585') Alrichia, Gould. ~ 2111. (586») Pycnoptiius, Gou/d, 1850.-2112. (881'). Meristes, Bp. ex Reich. — 2113. (706») Polyslictus, Beich. — 2114.(1 000») Xeocephus, Bp. — 2115 (1012») Megabias, Kerb — 2116. (1015») Diopho- rophyia, Bp. — *2117. (1093») Tucaius, Bp. — 2118. (1094») Ramphomelus, llp. — 21 19 '1095") Piperivorus, Bp — 2120. M096") Ramphoxanthus, Bp. MEMOIRE son LE PLAN GÉNÉRAL DU DÉVELOPPEMENT DES ÉCHINODERMES, Par M. J. nULLER. ' Analyse par M. Camille DARESTE (1). Le mémoire qui l'ait l'objet Je eette analyse est consacré à relater les nouvelles observations que M. Millier a l'ailes à Trieste, en juil- let 1852 , sur le dévclopiiemenl des EclniHidi'i'nies , et à l'hiblir les faits fiéuéraux (jui résultent de la comparaison de ces observations avec celles des années précédentes. « L'embryogénie desEcliinodermes a, principalement, un intérêt morpliologii|ue , tandis que leur histogénie ne parait pas s'écarter essenlicliement de ce qui a été observé chez les animaux supé- rieurs. Les éléments des tissus sont, comme chez ces derniers, des cellules très évidentes à des grossissements progressivement croissants, surtout sur la i'raiige ciliée , dans la Cduciie interne de restomac, et sur le corps des jeunes larves d'Oursins et d'Holo- lliuries, parliculièrcnient dans le voisinage des sécrétions calcaires. Sans rintervciitidn des iM'actil's , le contenu de ces cellules est ti'ilciiicnt transpaieiil et liiimogéne , qu'elles paraissent privées de noyaux. Dans ma dernière série dobservations, la similitude par- faite de ces cellules avec celles des animaux supérieurs est de- venue encore pour moi \Taisemblable en ce point. Par l'interven- tion de l'acide acétiipie, il arrive souvent, sinon toujours, (|ue l'on peut se convaiiKM-e de l'existence d'un noyau |)àle. Cela se voit encore sur les cellules garnies de proloiigenienls et ramitiées ipie l'on trou\r daiis le corps des larves d'Oiu'sins et d'HoIo {{) Voiries aiilifs rni'mnirp? ili' M. .1. Miilli-r ■=nr le même ^ujet, dans la y '«irif des Animlef. 154 ■•• MULLER. MÉMOIRE thuries, ct(iue l'on iiopeul considérer coiiniic des iKiyau\ ramifiés. Dans le périsonie des eln'\ salides d'Hololliuries, à ré[iO(|ne de leur nK'Iamorphose , ees eelliiles montrent même, d'une manière évi- dente, un eonlenn f;ranuieux. » Les étals embryonnaires (|ui précèdent la l'orme radiaire de l'Échinoderme sont très dil'f'(''rents entre eux ; mais ils ont ce carac- tère commun que leurs t'omies sont purement bilatérales, el qu'ils ne montrent encore rien du type radiaire. Ici se rangent : 1° la plus jeune forme embryonnaire , avec un dévelo|ipemcnt précoce de, l'Ecliinoderme se faisant dans l'emlirvoii lui-uième; 2°lesliirves fixées, ayant la peau recouverte entièrement de cils vibratilcs et sans franges ciliées, cliez lesquelles les orj^anes digestifs ne sont )ias encore complètement formés, mais plutôt se montrent à l'état d'ébauche, quoiqu'ils se formentégalementd'aprcsle typede l'Échi- noderme ; 3° les larves errantes ayant la forme de Pluteus^ avec une frange ciliée bilatérale el des organes tligestifs complètement déve- loppés, et divisés, d'après un plan particulier à tous ces Pluteus, (mi bouche, œsophage, estomac, intestin et anus. La bouche et l'ieso- phage de lalai'vedis[iaraissenl|iar l'ellèt du développement; et chez (piehpics Astérides, il en est de même de l'intestin et de l'anus ; k° les larves vermiformes avec dos segments annelés cl des cou- ronnes ciliées; plusi<'urs larves prennent celte forme pendant les derniers temps de leiu' vie errante, el tivant leur passage dans la forme de l'Échinoderme. "L'animal )ieui, dans chacun de ces états, se transformer en Écllinoderme. Oucl(pies-unes de ces larves traversent plusieurs de ces états; un gi'and nondire possède d'aiiord la couverture ciliée générale , et revèl ensuite la forme de Plulcus, connue les Oiu'sius, les Ophiures, les Bipinnaria ; d'autres passent de la forme simple avec une couverture ciliée générale à la forme de Vers, conune les Comalules; d'autres enlin présenlcnl encore plusieurs autres ilegrés de développement, puis(pi'elles nagent d'abord à l'aide de leur couverture ciliée générale, (pi'elles révèlent ensuite la forme de Pluleus , et enlin la forme de Vers, comme les deux iiuves d'Holo- thuries déjà décrites. » SLK LK DÉVELOPPEMENT DES ÉCHINODERMES. 155 1° Enilin-nns des Écliinodermes qui naissent vivants , et chez lesquels le développement de la forme radiaire est le plus précoce. A ce chapitre se rattaclieiil les observations; de iHF. Kroliii T> et Max Sclmltz (2) sur le (Jévelopitenienl de ïOphiolepix squamatn dans l'intérieur de la mère. Toulelbis, dans cette espèce, on trouve encore (|uei(jue indiet^ du type bilatéral ; c'est l'existence , dans r(eur en voie de dével()[ipeuient, liiin squelette calcaire bilatéral provisoire (jui ne sert point à produire le squelette calcaire définilif. Le développement de la forme radiaire est très précoce , et se t'ait inmiédialemenl après le premier état embryonnaii'c. Un [lareil lait a été également observé chez la Synaptula vivipara (les Indes occidentales pai- ^I. QErsted (3). 2* Larves ciliées sans franges ciliées , garnies d'appendices en massues qui leur servent pour se fixer sur les corps solides. Ce mode de développement a été observe- pai' .'\I. Sars chez VEchinaster Sarsii et VAsteracanlhion Mulleri ; par JI.M. Agassiz et Desor, sui' im Erhinaster de l'Amérique du nord ; par M. lîiiscb, sur une larve oljservée à Xriesle :7| . ^Voirie .Mémoire sur le déve- loppement des Astéries, 3^ série des Annales.) M. Millier rappelle ici toutes les observations (|ui uni été faites par ces naturalistes, observalions que nous a\onsd(''jà mentionnées ailleurs, et sur les(iuelles, parconsé(juent, il est inutile de revenir. Nous parlerons seulement des observations nouvelles qu'il a faites sm- la larve observée à Trieste [lar le docteur Busch, et sui- des individus de VEchinaster Sarsii et de VAstcracantliion Mulleri qiieM. Sars lui a envoyés diuis rcspril-de-vin. (1) Archiv fiir Anal, und Phijxiol., 18.51, p. 338. (2) Ibid., I8.j2, p. 37 (3) Vidensliabelige Meddelelser frn den nalurhisloriske Foreniiiy i h'jobenhami for \S16 og 1850, p. vu. (l) Sirs,, Wiegmavi s Archiv, \,\> 169 : et Fuhho ;/( yorweij. , 1846, p. .17. — Desor, Proceedings oflhe BoslnnSoc. nf. nat. his',., lo févr 1848 ; elMuller'x Archw, (831, p. 122. — Agassiz, /l/iier. (r(ii'f(;(;r..déc. 22, 188: et Mull,-r\ Archiv. 1831, p. 422. — iasch, Beobachtungen ubcr Analomie und Enin'ickeluii'j «iniger wirbfllosen Scrlliicrc. 18.51, p. 77. 156 a. MULLER. — MÉMOIKE Pour les larves du docteur Buscii , la seule observation de M. ^liiller consiste en ce qu'il a constaté que ces larves, qui s'atta- chent aux corps solides à l'aide des appendices enniassue, se fixent par une espèce de succion , et non en employant une matière visqueuse. En effet, ces larves se détachent lorsqu'on aspire l'eau à l'aide d'un tube de verre. Les observations sur les larves envoyées par M. Sars sont beau- cou[) plus importantes. « Je me suis convaincu depuis longtemps, dit M. Midlcr, que les appendices en massue contiennent une cavité dans leur intérieur; tandis que j'étais beaucoup moins certain de l'existence d'une ou- verture sur la papille médiane située entre les quatre appendices. ] 'ai reçu récemment de 'SI. Sars ungrand nombre déjeunes de ces deux Étoiles de mer à différents degrés de développement, et je me suis vu ainsi en mesure de reprendre ces recherches. Dans tous, la cavité des appendices est aussi évidente (jue leur base commune. Elle occupe le milieu des petites massues, et s'étend jusqu'au renfle- ment de leurs extrémités, sans s'y élargir elle-même. On peut déta- cher avec des aiguilles la peau extérieure molle (|ui revêt un tégu- ment beaucoup plus résistant , ti'gument qui délimite la cavité interne. ... A répo(|ue où le corps de la larve n'est pas encore penta- gonal, mais simiitement ovoïde et plat, on y voit toujours une cavitc' spacieuse qui jténètre dans celle des appendices. Dans la région opposée aux appendices se trouve dans la cavité générale un corps mou cl rond, qui contient une cavité dans sapartie supérieure : c'est l'estomac délinilif. Supéricuremeul , c'est-à-dire en face du pointde départ des appendices, et sur les côtés, cet organe s'attache sur la paroi de la cavité du corps ; inférieurcment, au contraire , il est libre, cl n'a (le rapports (pi'avec la cavité ; on n'aperçoit encore rien de la bouche, de rœso])hagc et de l'intestin ; et ces larves , contrairement à mon attente, s'éloignent complètement de la foruK^ dcsPluleus. Il n'y a rien dans la cavité du corps et dans celle des appendices qui ressemble à un contenu granuleux ou vitellin ; il est plus probable t liès les |iliis jeunes états de la larve, en eoniniunieation avec le monde extérieur. I£n cet état, ces deux sortes de larves ne [irésenteiit aucun |)oint de comparaison, ])articulièrement en ce qui eoncern(> la l'orme extérieure. Dans la liipinnaria , la matière calcaire se déveloiipe déjà dans le premier indice du |)érisome destiné à l'Astérie, et la larve lui enlève l'eau à l'aide de ses organes digestifs. » M. Miiller fait observei' tpie ces larves ont une très grande res- send>iancc avec les larves d'Oursins dans Icui' plus jeune âge, lors- que la pyramide présente trois appendices. 11 est vrai que cette ana- logie est fort amoindrie par le fait ilc VEchinasIcr de l'Amérique du Noi'd qui ne possède (|u'une massue; mais cette difiicuité s'éva- iiouil , quand on compare les massues des larves fixées avec les ti'ois lii'as de l'extrémité des Brachiolaria, bras dont la cavité com- munique toujours avec la cavité gén('']'ale de la larve, et qui coexistent avec les appendices bilatéraux ordinaires des Bipinnaria et des autres Pluteus. Les larves dont il est question dans ce cliapitre, et qui se fixent pendant leur mélamor[iliose , ont la surface entière de leur corps recouverte de cils \ ibratils ; les larves errantes ont , au lieu de ces cils, des organes ciliés particuliers (pii leur sont nécessaires pour la natation. Il y a encore une autre différence dans la natm-e des appendices , qui forment dans les larves fixées des massues sans franges ciliées, inutiles pour la nage, et servant seiilciiieut à fixer l'animal, et qui, chez les larves errantes, supportent îles franges ciliées servant à la nage et an inoiivement circulaire, et jiaraissant destinées à agrandir le parcours et le déploiement des organes ciliés. Cette iliflérence rend parfaileinent compte de rabsence des franges ciliées fiiez les larves fiNiVs. Qinind un accident vient à les détacher, elles se servent du inniiMMiienl vibralil de la surface entière de leur corps pouj- atteindre d'aiilics cor|is solides auxquels elles s'altai'heiit de nouveau. .M. .\iiillcr a observé ce fait sur la larve de Triesle. .Mais en tenant eoniple de ces différences, le plan général de ces 160 J. MILLEK. — MÉMOIRE larves fixées est toul à l'iiil coiiiparaljledrelui des /^/wteus à franges ciliées, si l'on prend pour point de départ, dans la détermination des exlrémiti's aiil(''rienn' et postérieure, la direction des appen- dices et la direction du corps pendant la nage. L'extrémité garnie de massues de VEchinaster correspond ainsi à l'extrémité à trois bras de la Bmchiolaria , à l'extrémité garnie de nageoires de la Bipinnaria, à l'exlrémité opposée à la pointe terminale de l'Our- sin et des Ophiures , à l'extrémité garnie d'yeux de la Tornaria , et à l'extrémité amincie de l'Holodiurie. L'extrémité opposée est dans toutes ces larves le lieu du déveloi>pement de l'Écliinoderme. 3. Pluleus à franges ciliées. Toutes ces larves vivent librement, et pendant longtemps, dans la mer, ne présentant encore aucune trace du type radiaire , et étant simplement bilatérales , avec une extrémité antérieure et une extré- mité postérieure, une région dorsale et une région ventrale, un côté droit et un cùlt' gauche. Ce n'est ([ue par relt'etde iaiiietaniorplio.se qu'il y a substitution du type radiaire au type bilatéral ; mais ces deux types sont feliemcnt dilïércnts, i pie cette subslilulioii ne se produit pas par la transition d'un type à l'autre , mais jiar la l'ormalion de l'Échinodernie, qui s'approprie seulement l'estomac et l'intestin de la larve. Pour caractériser le type de ces larves d'Ecliinoderme, M. MuUer établit une terminologie qui puisse s'appliquer à toutes et se rappro- cher, autant rpie possible, de la nature. Les régions dorsale et ventrale sont licitement séparées chez les Auricularia , les Bipinnaria , les Bmchiolaria et les Tornaria, par les sillons latéraux qui .séparent le bord cilié dorsal du bord cilii- ventral; chez les Bipinnaria, [lar les nageoires ventrales et dor- sales; chez les Bipinnaria , \{-^Brachiolaria elles Tornaria, par la frange ciliée qui occupe l'une des extrémités. On peut dans toutes ces larves l'aire passer un jilan sécant entre la l'ace dorsale et la face ventrale, par les sillons latéraux qui séparent la frange ciliée dor.sale et la frange ciliée ventrale , ainsi que les deux nageoires. La lace où est située la bouciie, tantôt plus près de l'une des ex- trémités (larves d'Oursins et d'(Jphiurcs), tantôt plus près de l'autre SLK I.K DÉVELOPPKMENT UKS ÉCHINODERMES. 161 Bipiiinaria asteriyera),l-Au[ô\ au milieu i /iMî'iCM/arm), esl la l'ace ventrale; lu l'ace opposée, où (;st loujouis le pore dorsal, est la face dorsale. Quant aux dénouiinations d'extréniités antérieure et posté- rieure, elles sont appliquées aux extrémités de l'axe loniritutlinal. La délerminaliou de cet axe longitudinal est tirée du mouvement de rotation des larves autour de cet axe; mouvement observé chez les Auricularia , les Bipinnaria , les larves (VOursins, et chez les |)etites larves d'Ophiures. L'cxfréinit('' antérieure est celle i|ui se dirige en avant pendant la nage; l'extrémité postérieure, celle qui se dirige en iU'rière. C'est à rexlr(''milé aulérieure que se trcmvent les deux taches oculaires, en dcmi-luuc , de la Tornaria , ainsi que les trois bras de la Brachiolaria. L'anus de la Tornaria est exacte- ment à l'extrémité postérieure ; chez toutes les autres larves il se trouve sur la pai-tie postérieure de la lace ventride. « On doit chercher le type idéal de ces larves, dit M. Miillei", eu pi'enant une sorte de moyenne entre les formes les plus jeunes des larves d'Ophiures, d'Oursins et d'Holotiiuries, à l'époque où elles possèdent la frange ciliée , mais où elles n'ont point encore leurs appendices. » « Du tyjje idéal fjui est représenté , pour toutes les formes de larves, par des ligures sclii-matiques , se laissent déduire, avec peu de changement , les formes de développement même les plus éloignées. Ce tyjie peut être représenté pai- luie ligure ovo'ide piri- forme , sur laquelle on distingue une face dorsale et ime face ven- trale , une partie antérieure plus etfdée , et une parhe postérieure plus lai'gc et renflée en massue , et une impression médiane sur la face ventrale, occupant toute la largeur di^ cette face. La larve a deux pores, la houdie et l'anus ; et bientôt se produit un troisième poi-e, celui du système des vaisseaux aquifères. La bouche c (pi. i) se trouve dans la dépression transverse de la face abdominale. La bouche, r(csophage, l'e.stomac, l'intestin et l'anus o, occupent un |ilaM médian vertical et longitudinal , ou le plan sécant qui sépare le côté droit et le côté gauche. Le [lassage de l'estomac dans l'intestin forme le plus ordinaiiement une sorte de cdude ; l'estomac et l'in- testin occupent la nioilii' |iostérieiin' du corps. L'intestin s'ouvre dans l'anus, près de rcxlr(''mité postérieme , vers la pnrtie posté- i' série. ZoOL. T. 1. ( Cahier ii" 2. ) ' Il ■162 J- MUH-EB. MÉMOIRE ricure de l:i lai-e ventrale. L'extrémité du corps située en avant de la houche se dirige en avant quand l'animal nage à l'aide du mou- vement vibralile ; la région où sont situés l'estonnu' et l'intestin se dirige en arrière. Li; [lore du sac des vaisseaux aijnirèrcs est dorsal. Sur les bords de la dépression et sur les bords latér;inx , la frange ou bandelette ciliée se Ibiine de Ixinue beure, le plus ordinairemeni avant le pore dorsal. C'est , dmis la [iluiiart des larves , un organe cilié uniijuc , revenant sur lui-niènie , formé par deux bandeletles latérales et deux bandelettes transversesa,6. Ces bandelettes afipai'- tiennent au même ceri'le, dont on peut se représenter les parties antérieure et postérieure comme recourbées depuis le plan dorsal auquel appartiennent les portions latérales de la frange jus(|u'au plan ventral. En effet, sur la partie antérieure et la partie [tostérieure du corps , la frange s'étend , en passant de la face dorsale à la lace ventrale, depuis le bord latéral jusque sur les bords de la iiortion ventrale antérieure et postérieure de la peau, et passe ainsi au-dessus et au-dessous de la dépression. Nous distinguons ainsi deux portions bilatérales et deux portions ventrales transverses dans le cercle de la frange ciliée. .l'ai doun(' à ce cci'clc le nom de franr/e ciliép bila- térale, pour le distinguer des autres franges ciliées (pii forment des cercles transverses ou les organes rotateurs. Chez les Bipinnaria , elle se modifie en ce qu'il y a deux franges cili('es. » Cette frange ciliée est d(jnc différente des organes rotalcui's des larves d'Aunéliiles décrites par MAI. Lowen , Milne Edwards , SarselBusch; des larves de Tiu'bellariés décrites par M. Millier (Arcli., 1850, p. 185); des larves de Siponcles décrites par MM. Max MiilliM- (1850, Arcinv., p. 439),etKrobn(»6i(/., 1851, p. 88); des larves d'Éebiurides décrites par M. Busch (1850, Arcliiv., taf. x, lig. 9-10). Elle diffère également de celles de cer- taines larves de Mollusi|iics, cl particulièrement des l'léropodesnu.>, telles (lue la larve du Pneumodermon mediterraneum de M. Van Be- ncden , décrite pai' .M. WiWh'.y [Bulletin mensuel de l'Académie de Berlin , octobre 1852 , p. 555). M. MùUer rappelle ici (pie M. Tliomas Huxley a doiuK" de la frange bilatérale une description difféi'cnte de la î>m\w. [A nnals of 7iatnral liist<>rii,\o]. Vill, 1851, p. 1). Ce naturaliste considère SIR LE BÉVELOPPEMKXT DES fiCIIINODERMES. 163 n'lli'l'r;nifi(H'OiiiiiiiMin('i>r("li'li':Mis\('rs-,ili|iii|i;irlrii;(>r;inini;il('ii deux piirlics : une rô'^hm prœtrocliale, (hiiis hKiiiclliM'sIsitiU'e la liôuelie; iiiiL' rr^/wii péritrochale, (iuiis l;i(|iii"llc csl sitiu' riiiuis ; explication iiiLii'iiicuse, iiuiis (|iii est on il(''sacronl nwv la ilis|insili(m des cercles ciliés Iransvei'scs dcslarvcs vci-niiloi'nicsd'Écliinodernies. D'après M. Huxley, les Pluleus scraienl des larves d'Annélides d(MialiiiT('s par 11' d(''\ l'IoppiMnenl cxci'ssil'dc la partie ilorsale de la ré- gion ijost-trochale, et il cIkmvIic à les ramener au tyi»e des Annélides, en rétablissant leur forme cylindrii pie. ^(ais il faut observer, d'ime part, que les larves cylindricpies de Slponeles (]ui sont garnies de cercles ciliés, et ([ui paraissent èlre le poini de départ des idées d(> -M. Huxley, n'apparticnncnl point à la classe des Ecbiiiodermes ; cl que, d'une autre part, il existe des larves d'Échinoderuies qui ont la l'orme d'Atméiidcs les larves d'HoloIbnrics dans leur second âge, cl ci'llcsdcs (jjmatulesi, et ([ne, dans ces larves, il existe des bandes ciliées transverses qui se croisent avec le cercle cilii' bilatih'al. «Dans les modilicaliiins du type qui iiiiiisaservide poinI ded(''part, luodilii'alionsijui correspondent aux l'oruKîspai'ticnlières des larves, tantôt la bouche occupe le milieu môme de la face ventrale (comme dans les Auricularia, les Tornaria et qneliptes Bipinnaria), tantôt elle se rapproche de l'extriMnili'' qui se dirige en avant pendant la nage, se IrouvanI non sur l'extri-mité même, mais, encore dans ce dernier cas, sur la face ventrale, comme chez les larves d'Oursins et d'Ophiures. Onelipiel'ois la bon<'he esl beaucoup |ilns (Moignée de re\lr('mit('' aulerieiu'C ipie de l'exli'i'miti'' posli'rieiu'e, comme dans la Bipinnaria a.iterigera. » Dans les larves d'Oiu'sius, la parlie ipii , pendant la nage , se dirige en arrièic esl, an delà de la dé|)re.ssion, voûtée en forme de coupole (III <\i- iniir; elle esl dans les larves d'Ophiures en forme d'ombrelle aplatie siii' les laces ventrale cl dorsale, comme la partie aulei'iem'c d'une panloiille ou comme une ombrelle aplatie; dans les deux cas, elle est plus grande ri pins larfjcipic la partie opposée du corps située en deçà de la ili'piessinii qui loiisrc la bouche. Cette dei'uière |iartie du corps, qui, pendant la nage, se dirige en avant, e.sl exlrèmenieiit coiu'le, et, au lieu d'i'tre Mii'iti'e, elli' esl aplatie exa(;lemriit rdiniur ri'\tn''inili'' posliTieiiri' aplatie d'une pantoufle. » 164 J. MULLER. MÉMOIRE « Les larves des Astéries (£f/jmnarta, Brachiolaria,Torna- ria) se dislinguent de toutes les autres larves d'Échinoderines en ce que la frange ciliée bilatérale ne possède point de replis antérieurs dorso-ventraux, et qu'à rextrémité antérieure du corps elle se dirige simplement du côté droit au côté gauclie. La partie transverse de la l'rangc ciliée en avant de la bouche appartient à une seconde frange ciliée particulière , qui est propre à la lace ventrale de la partie antérieure du corps, court sur les bords de cette face, et (pii, à son extrémité, se recourbe de gauche adroite, et revient sur elle-même, sans avoir de relations avec l'autre frange ciliée qui est plus grande. » Les formes de larves, plus complètes et plus développées, s'éloi- gnent du type idéal, principalement en ce que, sur les bords du corps que revêt la frangi» ciliée, se développent des appendices, qui tantôt contiennent des tiges calcaires, comme chez les larves d'Our- sins et d'Ophiures , et tantôt sont mous comme chez les larves d'Holothuries et d'Astéries, et qui, de plus, chez ces dernières, sont mobiles. La frange ciliée s'étend sur tous ces appendices. D'après les places où naissent ces ap[)endices, on peut distinguer les catégo- ries suivantes : » 1° Appendices situés sur les circonvolutions dorso-ventrales postérieures de la frange ciliée, d' . On [lourrait les nommer ap;jen- diccs auriculaires, lis manquent complètement chez les larves d'Oursins, et sont plus ou moins développés chez les larves d'O- phiures, d'Holothuries et d'Astéries. Ce sont les plus longs de tous les appendices chez les larves d'Ophiures , ceux qui ont été ap|ielés appendices lat(''raux, et qui sont munis de tiges calcaires. Il n'y en a point du tout chez les larves d'Oursins, et le voile de la larve [irésente à leur place une simple incision. » 2° Ai»pendices situés sur la circonvolution dorso-ventrale an- térieure du bord et de la frange ciliée , d. Ils manquent chez les larves d'Holothuries, et sont au contraire trèsdévelopjiés chez les larves d'Oursins et il'Ophiures. » 3° Appendices du bord latéral dorsal, y. Ils existent chez toutes les ku'ves, uniques connue les appendices latéraux doisaux des larves d'Oursins et d'Ophiures, ou nombreux connne chez les Auri- nilarid cl \o<- Biiiiiniarid. SIR I.K l)F,VKLOrl'KMi;>T DUS ÉCHINODKUMKS. 165 )' k" Appendices ueeuiKiiil le liorddii couvercle ventnil iiostcricur ou le voile, e'. Ils sont constants chez les larves d'Oursins et d'O- phiures, ]ilus ou moins développés chez les Auricularia et les Bipiimaria. » 5° Appendices occupant le bord du couvercle venli;il ;uil('- rieur, e. Ils manijuent complètement dans les larves dOpliiures; c'est à eux qu'apitarlicnt, chez les larves d'Oursins, la deuxième paire d'appendices de l'appareil buccal, paire (|ui se développe plus tard. Chez les Auricularia et les Bipinnaria, ces appendices sont plus ou moins développés. » § 3. Lan'es vermiforraes garnies de cercles ciliés (Holothuries, Tornaria, Comalules, larves vermilbrmes d'Astéries). Ces larves, avant la torniali()U(l(^rEchinoderme, [lareom-enl une seconde phase do (lévelo[ipeiiii'nt, pendant la(|uellc ranim;il prend une l'orme cylindrique ou vermilbrme, et possède des franges ciliées annulaires ou circulaires. Avant de comparer entre elles lesdilTérentes larves (pii appai'tien- nent à ce type, .M . Millier rend compte de ([uelqu(>s olisei'vations qu'il a faites, dans un nouveau séjour à Triesie, sur la larve d'HoloIhuric garnie de sphères. Ces observations portent sur la transformation de la frange ciliée bilatérale en cercles ciliés, et sur le déxeloppc- iiient des ambulacres. « L'observation diiecte nous uionlre la transformai ion partielle de la frange cilit'c bihilérale dans les cercles ciliés Iransverses, et son oblitération partielle par des taches de [)igment. Les circonvo- lutions en zigzag de la bande dorsale bilatérale de la frange ciliée de la larve s'étendent considérablement vers l'époijuc où clic va entrer dans l'état de chrysalide, sur la face dorsale du corps (jui devient cylindrique , de telle sorte (pie les angles des deux côtés se rappro- chent l'un de l'autre. L'un des côtés de ces angles prend alors une direction transverse, l'autre conserve sa direction obli(pie. Les côtés transverses se réunissent vers le milieu du coriis, et se complètent pour former les bandes Iransverses du dos, à l'aide d'une forma- lion nouvelle, iieudaiil (pie les côli-s obli(pies |ier(lenl leurs cils et même, en partie ou eu lolalil(', leur pigmenl , de lelle sorte (pic 'l()b J. MULLliK. SII'.iMulliK liuii' |)iii'C(iius priiiiilil' iiï'st plus rcrdiiiiMissiililc ([iic |i;ii' ce (|iii reste des taches de pigment. Le même l'ail se repradiiil sur les replis en zigzas' 'le la partie ventrale liilalérale de la frange eiliée.Les (■(îles Iraiisverses (kirsaiix et voniraux (pii se (■orres[iondent s'unis- sent sur les côtés du corps pour former des cercles complets. Sur la face venlral(> de la larve, les portions veniralcs des trois cercles posti'ricurs se forment aux dépens du repli ventral postérieur delà friuigc ciliée bilatérale, (jui s'étend jusqu'au sillon transversc primi- tif de la larve , de telle sorte que la partie transverse de ce repli est contenue dans le troisième et dernier de ces cercles. Aux dépens des circonvolutions en zigzag de ce repli se forment les parties ven- trales des quatrième et cin(iui(Mne cercles. La partie latérale du cin- (piième cercle .se forme d'ailleurs aux dépens du repli doiso-ventral de la frange ciliée bilatérale. La portion ventrale du cleuxième cercle se forme aux dépens de la pai-tie moyenne transverse de la circonvolution ventrale antérieure de la frange ciliée bilatérale, et de son union avec les portions oppos('cs de la frange ciliée dorsale. Quant aux [nuiions de la frange ciliée bihi(érale de la face ventrale (pii sont deveniK^s inutiles, elles disparaissei^l p(^u à peu. Pendant longtemps l'as[ie('t primitif se conserve sur la partie antérieure de la larve et de la chrysalide. Le développement complet des cercles ciliés antérieui'S était très difficile à concevoir, mais il est mainicnani complètement éclairci. Les franges, ciliées bilatérales, droite et gauche, s'avancent graduellement, sur la face dorsale de l'extrémité antérieure de la larve, près de l'cxtréniilé antérieure, à la rencontre l'une de l'autre, jus(|u'au moment où elles forment une commissure dorsale en forme d'arc ; vers la même épo(^(ue, les deux sommets et les prolougenuMils ventraux de la Irange ciliée bilatérale s'écartent t(nijoin's de plus en jjIus l'un de l'autre à r(^xtrémité antérieure, de telle sorte (|ne la larve de\ i(Mil plus large sur la face ventrale de l'extrémité anl(''iieurc. Au contraire, le champ ventral, en avant du silldu transverse, se réirécil toujours de |)lus en plus, n\ même temps ipie la fiange ciliée bilatérale s'inlléebit en se coudant. l\ en résulte que le cercle cilié antérieur de la chrysalide se Ibiinc ainsi (pi'il suit : Les bandes dorsales se réunissent sm- la l'ace doisale en formant une cduimissurc, et le prolongement longitudinal dispn- SIR I,F, DÉVELOIM'KMENT IIKS ÉCllIMIDERMKS. 167 liiil ; i|iiuiit;ila partie ventrale de ce cercle, elle est liiniK-e [lar les cniides de la partie ventrale de la frange ciliée bilatérale, et par leur rencontre. Les portituis latérales du cercle antérieur sont formées par des replis tloiso-ventraux de la franfre ciliée liilalérale ou par leurs sommets. Le cercle cilié antérieur se distingue maintenant de tous les autres en ce qiril n'est point situé dans un plan transversal , mais que, par suite de la part que ])rcnn(Mit à sa formation les deu.x sommets latérau.x de la frange tiliée liilalérale, le |ilan de ce cercle est incliné aussi bien sui- la face dorsale que sur la face ventrale; inclinaison b('aucoii|i plus giande sur la face ventrale que sur la face doisale. En d'autns termes, les portions hitéiales du cercle antérieur descendent pendani plus longtemps avant ipi'elles ne viennent à se réunir sur le ventre, lundis (prdles sont pluspromp- temenl unies sur le dos par une commissure. 11 reste ainsi pendant longtemps sur la face abdominale nn reste du champ ventral pri- mitif, et la partie ventrale du cercle antérieur esttrcsrap|iroehéedu second cercle: jilus tard tout celadis[iarait. Les cercles ciliés trans- verses ainsi formés présentent un mouvement eiliairc beaucoup plus vif que la frange bilatérale primitive. Le mouvement ciliaire a pris maintenant rasp(>(t d'nn mouvement de roue, pendant lequel la cbiTsalifle .se nicul rapidement et tourne vivement autour de son axe. Les cercles ciliés sont devenus plus larges, et le pigment jaune y est toujours jilus abondamment sécré-té. Plus tard, ce pigment se répand d'mic manici'c générale dans la peau de la jeune Holothurie. >> .... Lors((ue l'Holothurie est complètement formée et que les lenlaciilessont entièrement sortis, ils paraissent unis à leur base |iar ime membrane située au-dessus de l'anneau calcaire, mendirane qui es! en rapport avec la face interne du périsome. » M. Millier a eu également occasion de faire quelques observa- tions SUI' ra|iparition des ambulacres chez les Holothuries rpii avaient déjà |ierilu leurs cercles ciliés. " — Le premier pied se présente sous l'aspect d'une éminence située dans le même segment (jue l'anus, et pouvant sortir an dehors en même temps (pie la partie du périsome qui entoure cette ouverture ; et l'on y voit aboutir un canal assez large qui pro- vient de la région antérieure du corps. Ce canal n'est autre que le 468 J. MIJLI,bK. .MÉ.MOIUK canal aiiiliiilairaiit'. Avant son insertion dans le pied, le canal pai'.iil fréquemment garni d'un [Hdlongement que l'on doit considérer comme une ampoule. La peau du pied est transparente comme l'eau; elle contient déjà le premier indice des sécrétions cal- caires sous la forme d'une croix. La jeune Holothurie , tantôt ré- tracte entièrement son pied, et tantôt le fait sortir largement pour s'en servir comme d'une ventouse, et se lixer ainsi avec force. Pour saisir les objets, elle emploie tantôt ses tentacules buccaux, avec les- quels elle s'attache au verre, et tantôt son [licd. Elle peut s'attacher avec une si grande force à l'aide de ce dernier qu'il est diflicile de la détacher sans la déchirer. La première apparition du pied dans notre Holothurie se rapporte ainsi parfaitement aux observations faites par Krohn sur les jeunes d'une autre espèce [Arch.fûr Anal. undPhysiol.,iSM, p. 344). » Pour ce (|ui concerne la situation du pied, il est situé le plus souvent entre le dernier et l'avant-dernier cercle de pignient , c'est-à-dire entre les cercles ciliés primitifs. Le plus ordinairement cette position est latérale : droite, quand on observe la jeune Holo- thurie par la face dorsale; gauche, quand on l'observe par la face ventrale entre la dernière et ravant-deniière sphère latérale ; une seule fois, je l'ai vu occuper ime position médiane entre les sphères des deux côtés. Quand on cousidèrc l'anus comme ventral , cl les deux séries de sphères connue étant à droite et à gauche, le sac calcaire, connue auparavant le pore dorsal , est situé constamment au côté gauche du dos, quand on observe l'animal par le dos et qu'il est redressé de telle sorte (pic la région buccale soit dirigée en avant ; dans (;(^tte position le pictl est le plus ordinairement à droite, entre la dernière et l 'avant-dernière sphère du côté droit. Quand on voit le sac calcaire à gauche, c'est alors la face ventrale que l'on aperçoit, et le |iicd occupe le côté gauche.... Il parait l'é- sulter de ces observations que le ]iri'mier pied appartient ordinai- rement à rambulacr(> ventral droit , lUiiis aussi (|u'il pourrait appar- tenir à l'ambulacre venlial médian. Au contraire , le nombre des tentacules (|ui paraissent les premiers chez les Holothuries parait être toujours de cinq. Ce fait a été constaté aussi bien dans les deux jeunes Holothuries que j'ai décrites que dans celle qui a été décrite M R l.K DÉVKLItPI'KMKNT IIKS Éi:lllN<)llKRMKS. 169 jiar Ki'oliii,et dans une iiuafriènK' espèce ( juej ai réocmnieiit obser- vée à Trieste (1).» .\l. .Millier fait ohserveri|ue la |iln|iai-l (lt>s cercles ciliés îles larves d'Annélides, Idlcs que les Tiuélielles, ks M esotrocha , les Saccone- reis, ressemblent complètement aux cercles ciliés des larves d'Ho- lothm-ics, maisi|u"ils ont un autre mode de formation, et qu'ils for- ment également dans le début des anniniux Iransverses. Les cercles ciliés des larves des Ptéropodes nus sont dans le même cas : tels sont ceux que présente la larve du PneumodermonmediterraneumÇBul- letin mensuel de r Acadé7nie de Berlin . oclobn^ 1S52\ Celtelarvene |)orte aucune liace du voile céplialique (]ui appartient aux Pté- ropodes à co({uilles (Cleodora , et qui I(n rapproche des larves des (Gastéropodes; elle pn^senlc uji corps vermiforme revêtu de trois cercles ciliés, dont le premier occupe la lèle, en avant de la bouche et des organes en forme d'ailes ; le second est postérieur à la région médiane du corps et aussi à l'aïuis; le troisième précède l'extrémité postérieure du corps. La larve du Pneumodennon a, comme les chrysalides d'Holothuries, l'anus non entouré [lar le der- nier cercle cilié, et elle ressemble encore plus aux larves d'Holothu- ries que les larves d'Annélides elles-mêmes. Le cercle cilié antérieur est chez le Pneumodermon derrière la bouche (pii est terminale, et, chez les jeunes Holothuries, près du bord antérieur du corps ; tan- dis que chez les larves d'.Vimélides, le cercle cilié de la tète est en avant de la bouche qui est ventrale. Opendant ce ipi'il y a de plus im- portant ici, c'est la disposition générale des cercles ciliés dans toutes (I) a Ce très petit animalcule rampant, a corp-. de forme coniqjae, a été péctié avec un filet très fin sur la surface de la mer. Il portait cinq tentacules complètement développés , unis à leur base par une membrane , et ne présen- tant plus de traces des restes de la lan'e ni de cercles ciliés. Sa longueur n'était que de t/IO' de ligne, trois fois plus petite que celle de la jeune Holothurie à petites roues calcaires, et de la jeune Holothurie à sphères , ainsi que celles de leurs larves. Les extrémités arrondies des tentacules étaient couronnées par des petites papilles en forme de ventouses. Il y avait dans la peau un petit nombre de figures calcaires ramilièes et disséminées, présentant la forme de celles qui paraissent d'abord dans l'anneau calcaire, occupant particulièrement l'extrémité postérieure du corps, et d'une grosseur inaccoutumée, supérieure à celle des figures calcaires de l'anneau buccal. » 170 J. MULLER. MÉMOIKE ceslai'vcs; t;ir li'iirs relations avec les ouvertuiestlii w)iiis,('l avec les franges ciliées, présentent des différences chez les diver-ses espèces d'Echinodermes, comme on le voit chez les Tornaria elles Comalules. Le cercle cilié , (|ui se forme le dernier chez les Tor- naria et qui présente l'anus d;ius son milieu, ne se forme pas d'ailleurs aux dépens de la IVangc ciliée hilatérale , mais seulement dans son voisinage. Les Tornaria, les hu'ves vermiformes d'Astéries et les larves de Comatules, sont encore lro|i peu connues pour pouvoir être com- parées complétemeut aux larves vermiformes d'floloihuries. Il faut m se borner à quelques indications. Les larves vermiformes d'Astéries et celles des Comatules ne perdent aucune de leurs [larties-, elles se métamorphosent com- plètement en Échinodcrnie , que l'Échinoderme ait ou non la forme d'un Ver oii celle d'une Étoile. « Les segments annulaires et les cercles ciliés ne sont jamais disposés de telle sortes (|u'uiu' ligne unissant la iiouche vl l'anus formerait l'axe autour (hupicl sont placés les segments annulaires et les cercles ciliés ; mais tantôt la bouche, tantôt l'anus de l'Échi- noderme déiînitif sont situés en dehors du premier et du dernier anneau ou cercle cilié. Chez la Tornaria, l'anus est dans le milieu du cercle cilié. Dans les larves vermil'ormesd'Asléries, l'excavation de l'anneau posti'rieur n'est |ias facile à déterminer, et il est douteux qu'elle corresponde à l'anus de la Tornaria. Mais la bouche de l'Astérie n'occupe pas le cenire du premier segment ; sa position est ventrale ; et la face ventrale de l'Astérie se développe aux dépens de la face ventrale de la larve vermiforme, au moins d'une très grande partie de cette face, de telle sorte que la région posté- rieure du Ver persiste comme un appendice du dos de l'Étoile. Le sillon intermédiaire au premier et au second segment de la larve se prolonge sur la face ventrale de l'Étoile dans les angles rentrants qui séparent le bras antérieur et les bras latéraux antérieurs de l'Etoile; le sillon inlcrmédiair(^ aux second et troisième segments se prolonge dans les angles rentrants qui séparent les bras latéraux antérieurs et postérieuis de l'Étoile. » Dans les Holothuries cylindriques, c'est tout le contraire : l'ou- SIR LE DÉVELDIM'KMENT UKS ÉCllINODKIiMES. 171 vcriLiiv antérieure du eorps est au milieu du premier anneau et du premier cercle eilié ; mais l'anus ne se trouve point au milieu du dernier anneau et du dernier cercle eilié ; il occupe la l'ace ventrale entre l'aviuil-deniieret le dernier cercle cilié. » Chez les Comatules, d'après les observations de Busch, la cavité, (pii doit être considérée comme la bouche , se l'orme comme une interru|ition du deuxième cercle cilié de la larve eylindiique. La l'ace ventrale de l'Étoile se l'orme entre l'extrémité antérieure et l'extrémité postérieure, sur hiiiuelle Busch a déjà observé les griffes kralletii. Le champ où apparaissent les tentacules est ventral et non terminal. L'n exemplaire avec des ambulacres développés avait encore le plus antérieur des cercles ciliés primitifs ; sur un autre, ce cercle eilié avait itispïu'u, et, à rextr(',uuté postérieme, la formation de la gnlfe , qui occupe chez les Comatules l'extrémité de chaque bras , avait déjà commencé ; plus loin, deux de ces griffes étaient réunies, à côté l'une de l'autre, à l'extrémité antérieure, sur la face ventrale. Conuaent se produit plus tard la forme d'étoile sur cette larve annelée ? On peut le concevoir en se rappelant ce que nous savons déjà sur les métamorphoses des larves vermiformes d'Asté- ries. » L'ignorance oti nous sommes de la métamorphose de la Torna- ria , de la métiimorphose de la Coniatule et du premier âge de la larve vermiforme d'Astérie cpii est peut-être une transformation de la Tornariu, ne permettent pas d'explii|uer ces anomalies appa- rentes. M. iliiller cherche à en rentlre compte par des considéra- tions th('ori(|ues; mais ces considérations, étant nécessairement hy|iothcti(|ues , ont besoin d'être conlirmées [lar l'observation di- recte; aussi croyons -nous pouvoir les supprimer. « Les Échinodermcs , complètement développés lorsqu'ils ces- sent d'habiter la pleine mer pour se mouvoir en rampant, ne pré- sentent plus rien que l'on puisse comparer aux franges ciliées des larves. On pouirail toutefois leur comparer les semitœ ou fascioles des Spatangoides bien qu'ayant ime disiiosition différente, pai'ce qu'ils forment des rcfilis revenant siu' eux-mêmes, et parce qu'ils présentent un mouvement vibratileà leur surface. Troschel a dé- montré (pie les pédic^llaircs ne peuvent naître sur ces fascioles ; au 172 J. MCLLER. MÉMOIKK contraire, ils sont garnis de très minces lilets calcaires ivvètiis d'une peau molle, et qui se terminent à leur extrémité par une sorte de bouton également mou. Dans l'intérieur de ce boulon, la lige calcaire s'élargit en formant un paquet de bandelettes loiigilutlinales. Déjà, par l'étude des semitœ sur des individus conservés dans l'alcool, j'avais en la pensée qu'elles pourraient être destinées au mouvement vibratile, et devenir la cause de tourbillons dans l'eau. L'étude d'in- dividus vivants du iSc/iisditer canaliferus d'Agassiz m'a convaincu que la peau molle et épaisse qui recouvre les appendices des semitœ est recouverte d'un grand nombre de cils longs et très mol)iles, qui manquent, au contraire, à l'extrémité terminée par un bouton. La longueur de ces appendices ciliés atteint 1 àl,'2de ligne, leur largeur 1/10' ; la largeur de la tige calcaire de l'intérieur, 5 cen- tièmes de ligne. Je sais d'ailleurs qu'Ehrenberg a observé depuis longtemps le mouvement vibratile sur les épines de VEchinus saxatilis (E. lividus Lamarck) des côtes de Norwége [Arch. fiir Anal.und. Phys.,l83,li, p. 578). .lésais encore que ce mouvement, que Forbes et Valentin ont contesté sans motif, existe sur les épines d'individus à demi dévclop[iés de VEchinus pidchelhis Agassiz ; on voit, du moins, facilement, de petits corpuscules se mouvoir dans l'eau qui entoure les épines. Dans des individus i)lus âgés de VE. lividus , ce mouvement paraissait avoir com|iléteinent disparu ; au contraire, j'ai vu toujours les épines ordinaires ày\ Schizasler canaliferus aussi bien sur les jeunes que sur les vieux individus, sans aucune trace de ce phénomène, tandis que les appendices des semitœ étaient toujours revêtus de longs cils vibraliles. » .appendice. — Observations nouvelles faites à Triesle en 1852. 1° Nouvelle larve d'Ophiure dont les bras .sont droits, ronds et plus épais à leur extrémité, et présentent à cette extrémité une coloration rouge comme ceux de la larve d'Ophiure d'Helgoland, mais qui se distingue de cette larve par ses bras latéraux fortement recourbés et aplatis sur leur courbure. Dans le milieu de l'Etoile et sur le dos se trouve une grande tache rouge. Ce qui caractérise ces larves, c'est rincurvalion des liges calcaires latérales à la |ilace où naissent les bras. Les bras latéraux atteignent -h de ligne. Cette SL'R LE DÉVELOPPEMENT DES ÉCHINODERMES. 173 larve a été observée ius(|irau ilévelopperneiit coinpiet de l'Ktoile, de -^ de ligne , et qui ne présente rien de particulier. Il y aurait cependant à voir si l'Étoile de yô J»? ''S'ie lîgurée dans le cinquième Mémoire taf. V, tig. 11, 12 ) ne provient pas de cette lai've. Est-ce VOphiolepis Sundevalli, dont le disque dorsal, dans son état frais, est rougeàlre ? 2* Nouvelle esjièce appartenant au genre Echinus. La coupole est surbaissée et arrondie , les tiges calcaires ne sont point renflées à leur extrémité dans la coupole, et sont simples ou liifurquées à leur extrémité. On trouve constannnent dans la coupole une ou deux sphères calcaires. Pédicellairessessiles. Dans lesépauleltes ciliées, et à l'extrémité de tous les huit bras , se trouvent des masses de pigment jaune de soufre ; les taches de pigment de la frange ciliée sont rouges conune à l'ordinaire ; les tiges calcaires simples et non réticulées. Ces larves ne peuvent appartenir qu'à VEcliinus brevispinosus et à VEchiîius melo. .V Larves à tiges réticulées, et qui se présentaient beaucoup plus fréquemment. Deux espèces chez lesquelles les quatre tiges calcaires, fpii mon- tent dans la coupole, forment un échafaudage carré, mais (jui n'est pas complètement fermé en avant et en arrière, parce que les tiges calcaires garnies de dentelures sont seulement appliquées l'une en face de l'autre. Chez l'une, il y a une tige calcaire réticulée très élevée qui monte dans la coupole , ainsi que dans la larve d'Helgoland ; mais la base de cette lige, située sur le réseau à quatre côtés, se comporte d'une tout autre façon ; elle se prolonge hoiizontalement en trois ra- meaux éh'oits , un en arrière, les deux autres dirigés vers les angles antérieurs du cadre. Dans l'autre ' est-ce une espèc*?), il n'y a point de tige calcaire dans la coupole. Chez elle la coupole est plus mousse et beaucoup plus longue ; et certaines dimensions invariables des tiges calcaires, c'est-à-dire l'intervalle qui st'parc les tiges transverses supérieure et intérieure, sont rcniaiviuahlciiifnl plus grandes M. Millier cnusidèri' coinnii' encore énigmatiques des anunaux 174 J. MIJLI.EB. MÉMOIRE ilcpourviis d'organes génitaux et {Garnis de cils vil)raliles, ([iiel(|U('- tbis aussi de cercles ciliés, et qui ont été décrits pai' lui sous les noms de PUidium , Actinotrocha et Mitraria, et par M. Busch sous les imma ik'Cyclojjectina, Mitraria, Eurijcercus. 11 croit devoir considérer le Trizonius cœcus de M . Busch coinnn' la larve du Pneumodermon mediterraneum . Un animal anciennement décrit par Lesucnr, eomnie un IMol- lusque, sons le nom d'Atlas, et que Bkiinville a rangé parmi les Acères, lui paraît être une larve de Siponcle. EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 1. Homologies des larves d' Échinodennes (pi. 2 du mémoire de M. Muller). La série des figures 1 , 1-4, fait dériver la forme des larves d'Hololliuries du Lype idéal commun aux larves d'Holothuries, d'Ophiures et d'Oursins. A , espace ventral antérieur en avant de la bouche, s'étendant depuis le bord antérieur jus- qu'au pli transverse antérieur de la frange ciliée. B, espace ventral postérieur ou anal s'étendantdu repli transverse postérieur de la frange ciliéejusqu'ii l'extrémité postérieure où se trouve l'anus 0. D, espace ventral moyen enire le repli trans- verse antérieur et le repli transverse postérieur de la frange ciliée où est la bouche C. Il, repli Iransverse antérieur : b, repli transverse postérieur de la frange ciliée ; c c, circonvolutions bilatérales de la frange ciliée ; d, repli antérieur de la frange ciliée s'étendant du bord latéral dorsal au bord latéral ventral ; d', repli postérieur de lii frarige ciliée s'étendant du bord latéral dorsal au bord latéral ventral, l'appendice auriculaire; e, lobes ou appendices situés au bord du champ ventral antérieur ; e', appendices situés au bord du champ ventral postérieur ; g g', lobes occupant le bord latéral dorsal. L'espace ventral antérieur est, chez les Auricularia , aussi long que le posté- rieur ; l'espace ventral moyen est, au contraire, petit : il se prolonge, chez les Aurkularia, dans les sillons latéraux sous la forme d'un H, ce qui sert à expliquer conunent l'espace ventral antérieur et l'espace ventral postérieur se forment par un repli de la peau d'avant en arriére sur la l'ace ventrale jusqu'au champ ventral moyen. La série des ligures II, 1-4, déduit la forme des larves d'Ophiures du même type idéal. ABC DO, abc, mêmes indications que précédemment; d, appendices de la circonvolution antérieure dorso-venlrale de la frange ciliée ; d', appendices de la circonvolution dorso-ventrale postérieure ; e , appendice auriculaire ; c', ap- pendice du bord du champ ventral postérieur ; g', appendices du bord latéral dorsal . L'espace ventral dorsal est très petit dans les larves d'Ophiures. SUR LE DÉVELOPPEMENT DES ÉCHINODERMES. 175 La série III, 1-4, déduit la forme des larves d'Oursins du même type idéal. ABCDO, abc, comme précédemmen t ; d, appendices de la circonvolution dorso- ventrale antérieure de la frange ciliée , comme dans la série précédente; d', cir- convolution postérieure de la frange ciliée s étendant du bord latéral dorsal au bord 'atéral ventral (sans appendice auriculaire) . L'espace ventral antérieur est extrê- mement petit ; toutefois, dans les larves plus âgées, il est facilement reconnais- sable. Dans les jeunes larves , la bandelette transverse de la frange ciliée n'est pas entièrement dans le voisinage du bord antérieur. III, 3. La lar\e d'Oursin avec des tiges calcaires réticulées et sans épaulettes ciliées, après le développement complet de tous les appendices. La désignation des appendices est la même qu auparavant : g g', doubles appendices du bord dor- sal ; jcxx, appendices situés en dehors de l'espace de la frange ciliée sur la cou- pole de la partie du corps postérieur. La série des figures I\', 1-3, déduit la forme des Bipinnaria du type commun des Bipinnaria, Tornaria et Brachiôta'rla. .1, champ ventral antérieur entouré de la frange ciliée qui lui est propre; B, champ ventral postérieur où est situé l'anus ; D, cham]) ventral nioyen , où est situé la bouche C: M, petite frange ciliée ventrale; N, grande frange ciliée; a, partie transverse de la première frange en avant de la bouche : i>, partie transve'rse de la deuxième derrière la bouche; ce, repli bilatéral de la seconde: d' , auricules ; e, appendices sur les côtés du champ ventnil antérieur ; e' , appendices naissant sur les côtés du champ \enlral postérieur : g g', appendices sur le bord dorsal comparables aux appen- ilices de même nom des autres larves. I\', a. Tornaria. M X, grande et |)etite frange ciliée ; c, comme précédemment ; d, auricules peu développées dans beaucoup d'individus. IV, b. Brackiotaria. Mêmes lettres que le fiipinnan'a ; y y y, bras antérieurs situés à l'extrémité entre la grande et la petite frange ciliée , comparables aux bra.s postérieurs xxx des lar\es d'Oursins avec des tiges calcaires réticulées RECHERCHES EXPÉRIMENTALES LE GRAND SYMPATHIQUE, ET SPÉCIALEMENT SUR l'influence yllE LA SECTION DE CE NERF EXERCE SUR LA CHALEUR ANIMALE, Par RI. Cl. BEBNARD. Aperçu historique. « Je n'ai pas l'inlention ilc rapporter ici toutes les liypotlièses ijii'oii a pu taire sur les l'onetioiis du grand synipattiique ; je désire seulement rappeler dans leur ordi-e chronologique les principales expériences qu'on a tentées sur ce nerf à diver.^es é|)0(|ues. Cette indication historique montrera , mieux que toute autre discussion , la part et la succession des efforts de chacun dans l'étude expéri- mentale, si difficile, de cetle partie du système nerveux. » La première expérience sur la portion cervicale du nerf grand sympathique appartient à Pouriburdu Petit. Dans un Mémoire très remarqualjlo publié' dans les Mémoires de l'Académie des sciences, pour 1727 (1 i , cet auteur soutient déjà (jue la portion cervicale du grand sympathique ne nait pas dans la tète (de la cinquième et sixième paire j pour descendre vers le thorax comme l'avaient cru Yieussens et Willis, mais qu'elle monte au contraire de la partie pos- térieure du corps ( chez les animaux ; vers la tète, pour se terminer dans les yeux, avec les deux neifs précités. La preuve (]ue Petit en donne, c'est (jue, quand on coupe le nerf sympathique dans le cou , (1 ) Mémoire dans lequel il est démontré que les nerfs intercostaux fournissent des rameaux qui porleul des esprits dans les yeux , p. 1 . C. BEKKARD. — RECHERCHES EXI>ÉR!MESTVLES , ETC. 177 flioz les animaux (Chiens)(l), Icseffetsdc sa paralysie semanifestpiit au-dessus de la seelioii vers les veux , (|ui dlTri'nt alors un rétrécis- seuient de la puijiUe, un alïaisseinent de la eoniée , une rougeur et une injection de la eonjonetive ; de plus , la troisième paupière est saillante et s'avanee au-devant de l'ieil. Petit ajoute que le sympa- tliiiiue inlluenee les glandes et les vaisseaux de l'ieil , qui , après la seetion du nerf, perdent leur ressort et s'emplissent de sang ; il explique très bien aussi le rétrécissement de la pupille par la para- lysie des libres du sympatbique, qui , après s'être unies aux filets ciliaiivs, doivent aller dilater la pupille. Enliu il signale eneori' un rapetissement du globe oculaire quand li's animaux vivent un cer- tain temps. » Tous les phénomènes signidés précédemment se produisent lor.S(|n"au lieu de couper le filet sympatliique au cou, on extirpe le ganglion cervical supérieur ou l'inférieur. «Dupuy en 1810^^2;, Bracheten 1837 1 3 ,, JolinReidcn 1838 (4), n'ajoulèrenl rien de bien essentiel à l'expérience de Pourfour du Petit. Ils signalèrent tous comme conséquence de la section du filet sympathique au cou, ou comme résultat de l'extirpation des gan- glions cervicaux de ce nerf, le rétrécissement (!(■ la pupille, la rou- geur de la conjonctive, l'enfoncement du globe oculaire dans l'or- bite et la projection du cartilage de la troisième paupière au-devant de l'o'il. » Quoi qu'il en soit, c'est ce phénomène du rélrécissement de la piil/ille(\u\ avait attiré plus spécialement l'attention des expérimen- lalcurs, dans ces derniers tenq>s; c'est à celait surtout que se sont adressées toutes les ex})lications proposées et toutes les expériences nouvelles qui liii'iil faire ijuelque progrès à cette question. (I) Clie?, les Chiens , le cordon sympathique au cou est uni avec le vague, qu'il est impossitjle par conséquent de ménager. Petit , qui n'ignore pas ceUe disposition , dislingue très bien dans celle section complexe les effets qui dé- pendent de la section du pneumogastrique de ceux qui appartiennent au sympa- thique. (i) .Vémoire sur l'extirpation des ganglions gutturaux chez le cheval (Journal de médecine de Leroux , t. XXXVII). (3) Système giinglionnaire. Paris, in-8, p. il 4. (i) Physiological , pathological and anatomical researches, p. 9G. i* série. Zooi.. ï. 1. (Cahier n- 3.) * 12 178 C. BERIVARD. — RECHERCHES EXPÉRIMENTALES » En 1846, M. Biffi (de Milan) (1) observa cet autre fait nouveau que, lorsque la pupille est rétrécie par suite de la section du nerf sympathique , on peut lui rendre son élargissement en galvanisant le bout céphaliiiue du norl' syiniia(lii(iue coupé. » A peu près à la nièinc ('|io(|U(' , le docteur Ruetc (do Vienne) (2) ayant remarqué que dans la |iiu'alysiede la troisième paiiv de nerfs, la pupille dilatée et imiiKihile ]icut encore s'agrandir sous riiilluiMice de la belladone, en coucliil que l'iris reçoit deux espèces de nerfs moteurs correspondant à ses deux ordres de libres musculaires, et que le grand sym|ialliiquc, en animant les libres nnisculaires ra- diées, produit le mouvement de dilatation, tandis que le nerf moteur oculaire commun, en animant les fibres circulaires, détermine au contraire le mouvement de contraction de l'iris. » En 1851, M.M . Budge et Waller (3) reconnureni (pie, tlans son action sur la pupille, le (ilet cervical du grand sympathique n'agit que comme un conducteur qui transmet une intluence dont le poini de départ est dans une région île la moelle épinière que précisèrent ces expérimentateurs, (H à laquelle ils donnèrent le nom de région cilio-spinale. Cette n'-giou i^t comprise cuire la d(>ruière vertèbre cervicale et la sixième verlcbre pectorale inclusivement. » Toutefois ces aut(un's, en signalant ce résultai, s'atlaelièrent uniquement à l'explication du rétrécissement de la pupille. Us ad- mettent aussi qu'après la scclion du sympathiipic, les fibres radiées de l'iris (muscle dilalaleur) sont paralysées, d'où il suit que l'action des fibres circidaii'cs (muscle constricteur) prédomine et rétrécit l'ouvcrlure pupillnirc. Si, quand on galvanise la région de la moelle à la(picll(î le sym|ialbi(pie prend naissance, on voit la pupille se dilater, cela vient encore, suivant eux, de ce que, sous l'influence galvaniipie, le neii sympalhique moteur excile l'acliondes fibn>s radiées; leur conlraclion énergique surpas.se alors tcmpoi'aircment l'action des fibres circulaires et détermine la dilatafion de la pupille. » Depuis plusieurs années , eu monirani dans mes cours publies (1) Inlorna aW inflnenza die hanno suïï occhio i due nervi grande slmpalico e »ago,-(iissert. iiiaii::. dcl h' Serafino Biffi Milanese. Pavia, 1840. (2) Rue.te, h'Uuisclw Ileitraerjc, elc. (3) Compte rendu de l'Académie des sciences, p, 378. SUR LE GR.ViND SYMPATHIQUE. 179 les effets de la section de la portion ccplialiquc du grand sjiTipa- thique, j'ai insisté sur ce point qu'au lieu de poursuivre une expli- cation oxclusivc pour rendre cumpte dos niodificalions do la pupille, il faudrait en chercher une pour tous les autres phénomènes qui surviennent et disparaissent simultanément de telle façon qu'ils semblent naître sous l'influence d'une cause commune. Tous ces phénomènes simultanés et connexes sont, ainsi que nous l'avons vu : >- 1° Le rélrccisscmcnt de la pupille et la rougeur de la con- jonctive ; » 1° La r('lraclion du globe oculaire dans le fond de l'orbite, ce qui fait saillir le oarlilagv de la troisième paupière, et le porte à venir se placer au-devant de i'u'il ; « 3° Le resserrement do l'ouverture palpébrale , et en même temps une déformahon de cette ouverture qui devient plus elliptique et plus oblongue transversalement ; » 4° L'aplatissement de la cornée et le rapetissement consécutif du globe oculaire. » Outre les i)hénomènes précédents, j'ai encore signalé le rétré- cissement plus ou moins marrpié de la narine et de la bouche du côté correspondant ; mais j'ai surtout indiqué une modi- fication toute siKriale ^\c la circulation, coïncidant avec une grande augmentation de caloricité et même de sensibilité dans les parties. M J'étudiai ces faits, qui n'avaient clé signalés par personne avant moi , comme résultat de la destruction du grand nerf sjmpa- Ihirpie f 1 ), et le 29 mars 1852, je lus à l'Académie des sciences une (l) Bien que ce phénomène de calorification et d'augmentation de sensibilité eût dû se manifester entre les mains de tous les expérimentateurs , personne no lavait cependant remarqué , et ne lui avait donné sa signification : c'est à peine 8 il avait été noté, Dupuy parle dans deux de ses expériences sur des chevaux de chaleur passagère et de sueurs même survenues dans quelques parties de la face ou de la nuque. Mais cet observateur ne pense pas le moins du monde à carac- tériser le phénomène, qu'il confond, du reste, dans la descriptioH des symptômes d'une carie de l'occipital qui existait coïncidemment dans un cas, et d'une carie de l'os maxillaire qui existait dans l'autre. 11 le signale, au retslci , chez d'autres animaux qui n'avaient pas eu les ganglions extirpés, mais qui "présentaient des ISO C. BERNARD. — RFXHERCHES EXPÉRIMENTALES noie sur l'inlluence du nerf grand sympathique sur la chaleur animale. » Dans cette note à l'Académie des sciences, je me bornai à dé- crire les phénomènes, et à sifinaler leur condition de production san.^ vouloir entrer aucunement dans leur explication. Cependant, au maladies des fosses nasales ou des os maxillaires (voyez l'ouvrage du mt^me au- teur sur VA IJectioii, tuberculeuse , Paris, 1817). Il reste donc évident que Dupviy n'a pas distinsué ni compris le phénomène comme résultai physiologique de l'extirpation des ganglions sympathiques, ainsi que nous le démontrent les conclusions de son mémoire, que je transcris littéra- lement et complètement (*) : « Des expériences que nous avons rapportées, il résulte : » 1 " Que la situation profonde des ganglions supérieurs des nerfs grands sym- » pathiques ne s'oppose point à leur excision sur l'animal vivant: » 2° Que l'opération nécessaire pour enlever ces ganglions est simple, peu dou- » loureuse, et n'est accompagnée ni suivie d'événements fâcheux; 11 3° Que les phénomènes qui se manifestent, et qui sont indépendants de l'o- » pèration, sont le resserrement de la pupille, la rougeur de la conjonctive, l'amai- » grissement général accompagné de rinfdlration des membres, et de l'éruption » d'une espèce de gale qui finit par affecter toute la surface cutanée ; s 4" Enfin, qu'on est en droit de conclure que ces nerfs exercent une grande » influence sur les fonctions nutritives. » En lisant le mémoire de Dupuy avant la publication de mon travail, aucun des nombreux auteurs qui font cité n'a )m y voir et n'y a vu que la calorification des parties fût la conséquence de l'extirpation des ganglions cervicaux; car cela n'y est pas dit. Mais qu'aujourd'hui quej'ai caractérisé le phénomène, on trouve, en lisant rétrospectivement les expériences du professeur d'Aifort, ou même celles d'autres auteurs, qu'il y a dans les descriptions des mots , des phrases, des pas- sages qui doivent se rapporter à ce que j'ai décrit, ce n'est pas la question que j'examine; car il est clair, ainsi que je l'ai déjà dit, que les expériences ont dû donner les mêmes résultats entre les mains de tous les expérimentateurs qui ont dû, par conséquent, avoir tous le phénomène en question sous les yeux. Mais il est si facile d'avoir un phénomène sous les yeux et de ne pas le voir, tant qu'une circonstance quelconque ne vient diriger l'esprit de ce côlél En 1842, j'ai fait un grand nombre de sections du sympathique et d'ablation des ganglions cervicaux de ce nerf sans me douter que cette opération produisit le réchauffement des par- ties, bien que je connusse cependant les expériences de Dupuy. Si, dix ans après, c'est-à-dire en 1 8.52, j'ai découvert le fait, cela tient à ce que je m'étais placé à 'un point de vue différent pour observer les résultats de l'expérience. (*) ioc. ci(. SLR Lli GKAM) S^ .M1'AT111(JIE. 181 |)niriier aliurd, il était diflieiletlo ne |iiis croire que celle aiigmen- l;ili(iii (le caloricité et de sensibilili' ne lVi( pas eonsécutive à une plus grande aetivilé eireulaloire. .Mais eoiniue j'avais observé des cas dans les(|uels l'aelivilé circulatoire semblait être le phénomène se- condaire au lieu d'èlrc le t'ait [iriniilil', je nie bornai à indiquer la |)ossibiliti'' des deux hypothèses, en disant que la caloricité n'était j)as toujours en raison directe de la vas('ularisation des parties. » Depuis lors je continuai mes recherclies , et je signalai la même année, dans mon cours, que le galvanisim^ apiiliqué sur le bout su- périeur du synqiathique au cou , taisait disparaître les troubles pro- duits par la section du nerf. Ces résultats furent publiés plus tard dans les Comptes rendus de la Société de biologie [octobre et no vemlire 1852:. » .Mais pendant (juc je poursuivais mes e\|iériences en France, )I. Budge en .\llemagne, M. AN'aller en .Vngielerre , et M. Brown- Sé(iuai'd en Amt'riipie , chacun , de l(nir côté , étaient à la recherche de l'explication du phénomène que j'avais découvert. »M. Budge (1) rattacha cette calorification à la région cilio-spi- nale de la moelle, ce (\\n pouvait confirmer, sans doute, que la pai'tie cervicale du sympathique nail en ce point, mais ce qui n'ajou- tait en réalité rien au phénomène lui-même. » M. Waller (2) lit pour les artères le même raisonnement que pour la pupille. Il admit que la section du lilet cervical du sympa- thique (pii est moteur, amène une paralysie des artères de la face , qui se relâchent, se dilatent et se remplissent d'une plus grande quantité de sang, .\insi s'explique pour lui la calorillcalion des par- ties. Si l'on galvanise 1(> sympalhi(|ni>, on lait contracter les artères, le sang en est expulsé et lerefroidisseinenl survient. ».V son retour en France, M. Bro\vn-S(''quard réclamapour luila théorie de la .stase du sang par la paralysie des artères, et il annonça avoir vu le premier en Amérique que la galvanisation du sympa- liiique amène le refroidissement des parties et la contraction des artères. Je n'entrerai pas dans des diseussions de priorité relative- ment à des faits qui datent tous de la même année , et qui se sont M) Conijj/cs raulus de l'Acadànic des sciences, l8o3. (2) Idem. 182 C. BERMARD. ItHLHEUCHES EXl'ÉRIMIiNTALKS développés iniinédialeiiient connue corollaires tout naturels de ma première expérience. Je me ielicite seulement de l'empressement que les expérimentateurs cités plus haut ont misa me suivre dans l'étude de ces phénomènes de calorification. Cela me prouve qu'ils les ont trouvés importants et dignes d'intérêt. » M. R. Wagner (de G(ettinguc) s'est encore livré dans ces der- niers temps à des expériences très intéressantes sur le grand sym- pathique, mais qui ne se rap|)ortent point directement à la (piestion d'augmentation de caloricité et de sensibilité que nous exami- nons ici. » DE l'influence DU NERF GRAND SYMPATHIQUE SUR LA CALORIFICATION. s « Depuis longtemps j'avais été frappé du grand nombre de l'ail:- contradictoires qui existent dans la science relativement à l'iu- fluencc des lésions nerveuses sur la colorilication des parties para- lysées. On a observé , en elïct , dans ces circonstances , tantôt la diminution, tantôt l'augmentation de caloricité. Il y avait donc à re- chercher la raison de ces dissidi^ices dans une spécialité des diverses espèces de nerfs ; car, (juand en physiologie un phénomène s'offre avec des apparences contradictoires, on peut être assuré que ses éléments sont encore complexes et que ses conditions d'existence n'ont pas été sufOsannuent analysées. 11 fallait ainsi examiner suc- cessivement rinilueiicc sur la calorilicalion des nerfs de mouve- ment, des nerfs de sentiment et de ceux du grand sympathiipic. .le commençai par ces derniers, et je dois din^ (pi'étant sous l'intluencf^ de l'idée très ancienne que le grand sympathique qui accompagne spécialement les vaisseaux sanguins artériels doit être le nerf f(ui préside aux phénomènes des nuitations organiques s'accomplissaiit dans les tissus vivants , j'eus la pensée que sa section , en amenant une atonie des vaisseaux et un ralentissement ou une abohtion dans les phénomènes circulatoires et nutritifs, serait probalilement en rapjiort avec le refroidissement des parties. Je fis donc l'expérience, et je choisis le Lapin, parce que chez cet animal le lilet cervical sympathique , (pii monU; à la lète en allant d'un ganglion à l'autre , se trouve facile à alleindre (^t très nettement distinct du nerf pneumo- SUR LE GRAND SYMPATHIQUE. 183 gastrique. Le résultat lui loiu d'être d'accord avec ma prévi- sion, et , ail lieu du rel'roitlisseincnt ((ue j'attendais , je constatai une grande élévation de température dans tout le côté correspondant de la tète. Mon liypotlièse s'évanouit aussitôt devant la réalité; mais elle m'avait mis sur la trace d'un l'ail nouveau facial après f|u'il s'est engagé dans le canal spiroïde du lcn)poral, i^t surtout après (pi'il (M1 est sorti , les effets de sa seelion se ra|ipi'ocliont lieaucoup de ceux que produit le syniiiatliiquo , en ce sens qu'il y a toujours une élévation mai'quée de température. » Cette opposition entre les expi'rioncos précédennucnt citées me lit penser qu'en agissant sur la moelle allongée on paralysait uni- quement les origines spéciales ou motrices musculaires du facial , car on avait une paralysie complète des muscles de la face sans augmentation de température; qu'en oonpant, au contraire, le fiicial dans le canal spiroïde, on agissait non seulement sur les origines motrices musculaires, mais encore sur les fibres symi)alliiques qui s'y trouvaient adjointes, jinisipTou observait l'augmentation de tempéraluri\ J'é'iais , du resie, porté à celle interprétation des jilié- nomènespar d'autres expériences. En effet , s'il est incontestable , en s'appuyant sur l'anatomie comparée et la pliysiologie , (jne le sympathique, en prenant naissance dans les centres nerveux céré- bro-spinaux , a des rapports de contact avec les nerfs moteurs , il faut néanmoins admettre une origine spéciale dans la substance ner- veuse pour les nerfs sympatliiipics à raison d'une spécialité très nette de leurs propriétés. J'ai vu on particulier que le curare , qui agi! d'une manière si remarquable sur le système nerveux, éteint distinctement les pidpriélés norvcnscs, d'abord celles des noifs de sonliincnt, puis colles des nerfs de nionvonient , et celles des nerfs syiMpallii(pics, dnni roxiinclion se manifeste la dernière. J'aurai, du rcslo, (iccasidu do développer ailleurs ces faits intt'rossants ; je veux seulement insister ici sur ce fait que riniluonce sur la calori- ficalion appartient spécialement an nerf .sympatbique , quand on agit sur lui isob'mcnt. Les nerfs de senlimonl, comme la cinquième jiaire, ne ponveni être, sous ce rapport, confondus avec lui, puis- «ju'ils produisent im refroidi.ssement ; et si maintenant on trouve que le facial, coupé dans son trajet extra-crânien , donne lieu à des 186 C. BERNABD. RECHERCHES EXPÉRIMENTALES effets complexes, il est bciuieoup plus naturel et plus loginuc de conclure que ce nerf, qui contracte, comme on sait, tant d'anasto- moses dans le canal spiroïde , est déjà compliqué dans sa composi- tion. Pour obtenir une solution directe de la question, et pour savoir si les nerfs moteurs purs agissent sur la calorilication, jepensai qu'il était plus convenable d'agir sur les racines rachidiennes qu'on peut atteindre avant qu'elles aient subi aucun mélange. » 3° Expériences sur les nerfs rachidiens. — ÎM. Bernai'd ayant mis à nu sur un Cbien les racines de nerfs rachidiens des membres postérieurs, et ayant constaté que dans les cuisses des deux côtés, ainsi que dans le rectum, la température était de 35°, 5, il fit, du côté droit, la section des racines antérieures des quatre derniers nerfs lombaires et des deux sacrés. Deux heures après , le thermomètre , plongé sous la peau , marquait 36 degrés du côté sain et 34 degrés du côté [laralysé. La section des racines postérieures des mêmes nerfs du côté opposé l'ut alors pratiipiée siu' cet animal ; une demi-heure après, on ti'ouva (jue la tenijiératun^ de la cuisse était de 34 degrés du côté paralysé du sentiment , et de 35 degrés du côté paralysé du mouve- ment ; une heure après elle était descendue à 34 degrés du côté gauche, et à 32 degrés du côté droit. « En résumé , dit l'auteur, il me semble résulter clairement des expériences contenues dans ce paragraphe les propositions (]ui suivent : » 1° La section des nerfs du sentiment, outre l'abolition du senti- ment, jiroduit la diminution de température des parties ; » 2° Celle des nerfs de mouvement , outre l'abolition du mouve- ment, a donné lieu également à un refroidissement des parties para- lysées ; »3° La destruction du nerf sympatbi(iue, (pii ne produit ni l'im- mobilité des muscles ni la perle de sensii)iiité, amène une augmen- tation de température constante et très considérable ; » 4° -Maintenant , si l'on eou|)e un tronc nerveux mixte qui ren- ferme à la fois des nerfs de sentiment, de mouvement, et des filets sympathiques, on aies trois elfels réunis, savoir : paralysie de mou- vement , paralysie de sentiment et exaltation de caloricité. C'est ce SUR LE GRAND SYMPATHIQUE. i87 que l'on peut obtenir par la section du norfsciatiiiue, par exemple : toutefois, on comprendra que la calorification doive être , dans ce dernier cas, un peu moins prononcée, parce qu'elle est alors contre- balancée par l'abaissement que détermine simultanément la para- lysie des nerfs de mouvement et de senlimcnt ; » 5° D'après cela , je crois donc a\ oir élaijli avec raison que cette augmentation de caloricité apparlicul s|M''cialemcnt au nerf sympa- tlii(iue : c'est ccl effet isolé qu'il s'ayira tl'étutlicr ilans les para- graphes suivants. » § II. — Description des phénomènes de calorification qui accompagnent la section de la partie cervicale du grand sympalliique. «J'ai observé que, lorsque sur un animal mammifère, sur un Chien, sur un Chat, sur un Cheval, sur un L.ipin ou sur un Cochon d'Inde, par exemiile, on coupe ou on lie, dans la région mnyemie du cou , le lilet de counnunit-ilion ^1 ) qui existe entre le ganglion cervical inférieur et le ganglion cervical supérieur, (m constate aussitôt que la caloricité augmente dans tout le (■ô|(' correspondant de la tèle de l'animal. Cette élévation de température débute d'iuie manièi'e instantanée, et elle se développe si vite qu'en quehjues minutes , dans certaines circonstances, on trouve entre les deux côtés de la lète une dilïérence de tempc'rature qui peut s'élever quelquefois jusqu'à 4 ou 5 degrés centigrades. Celte différence de chaleur s'ap- précie parfaitement à l'aide de la main ; maison la détermine plus convenablement en introduisant comparativement, et avec les pré- ciutions convenables, un petit liicmiomcli'cdans la narine ou dans le conduit auditif de l'animal. "J'ai souvent c\tirp('' les ganglions cervicaux supérieurs du grand sympatiii(pie chez le Chien cl ciiez le Lapin ; chezcederuio'animal, je les ai trouvés insensibles à la pression d'une pince , ainsi que (1 ) Chez le Lapin , le Coction d'Inde , le Cheval , ce filet est isolé du pneumo- ■;aslrique, et se trouve placé entre ce nerf et l'artère carotide. Chez le Chien , le (;iiat. le filet syin|)iiUiique est confondu avec le vafrue , et il devient impossible (le c(]uper isolément ces deux nerfs. Le ^^anglion cervical moyen manque généra- lement chez ces animaux, excepté chez le Cochon d Inde, où je l'ai à peu près toujours rencontré. 188 C. BERIVAnU. RECHERCHES EXPÉRIMENTALES l'avail déjà constalé M. FIdiirens ; seiilpiiient leur iirraclipmeiit semljli" toujours acuonipaguô d'une doulnur plus ou moins vive. Chez le Chien , cette sensibililé pai'ait un peu plus grande. L'ablation du ganglion cervieal supérieur est suivie dos mêmes effets ealorifi- ipies que la section du lilet cervical ; sculcnient ces effets sont tou- jours plus rapides, plus intenses et plus durables. Il est inutile de citer toutes les expériences excessivement nomlireuses (|ue j'ai pra- tiquées ; je dirai seulement (pi'après la section du lilet sympatlni|ue chez les Lapins, les phénomènes de l'excès de calorilication et de sensibilité ne sont guère évidents au delà de quinze à tiix-liuit jours , tandis que chez les Chiens cela peut durer six semaines à deux mois. Après rai)lation des ganglions chez ces animaux, la [lersistancc de la lésion peut être considérée comme indélinie; car, sur un Chien à qui j'avais fait l'extirpation du ganglion cervical supérieur à gauche, tous les phénomènes d'excès de caloricil('' el de sensibilité dus à celte extirpation étaient encore très intenses un an et demi après l'extir- pation du ganglion , lorsque l'animal fut sacrifié pour d'autres ex()ériences. » Cette différence de /| à 5 degrés est remarquable comme diffé- rence de ealoribcation relative entre les deux côtés de la face. Mais si l'on compare la chaleur de l'oreille et de la narine i ainsi éehaufléc par suite de la .section du nerf) à la chaleur du rectum ou des parties centrales du corps, le thorax ou l'abdomen, on voit (prelle est à peu près la même. Toutefois, j'ai constaté assez souvent (|ue rcxlir[ia- tion du nerf synqiathique élevait dans l'oreille correspondante la chaleur jusqu'à iO degrés, tandis (pie la température normale dans le rectum , chez cet animal , ne dépasse pas généralement 38 à 39 degrés centigrades. »Toute la |)ai lie de la tète qui s'échauffe après la section du nerf devient le siège iriine circulation sanguine plus active. Cela se voit très distinctement sur les vaisseaux de l'oreille chez le Lapin. .Mais les jours suivants , et quelquefois même dès le lendemain , cette turgescence vasculaire a considérablement diminué ou même dis- paru, bien que la cludeur de la face, de ce côté, continue à être très développée. » On peut conslalcr, en faisant p(''nétrcr le therinomètre à l'aide SIR LE GRANTl SYMPATUlglE. 189 d'incisions préalables , ijin' ccIIp (■irAiilidii ili- l(^rii|i('T:ilnrc qu'on n|i]in''ciL' siiperlicii'llcMienl s'rloiul ('^iilciiicnl aux parties pi'iiriindes, et même dans la cavité crânienne et dans la substance cérébrale. Cela se remarque mieux après l'extirpation des ganglions sympa- thicjues. Le sang lui-même , qui revient des piu'ties ainsi échauf- fées, possède une température plus élevée, ainsi que je l'ai constaté jilusieurs l'ois sur des (chiens, en introduisant un petit tlierniduièlre diuis la veine jugulaire à la région moyenne du cou. Il est bien entendu que la cuvette du liiermomètre duil être dirigée en baut, de manière à être baignée jiar le sang veineux ipii descend de la tète. »J'ai voulu recliercher comment le côti-delatèle, échauffé parla Section du nerf sympathique, se comi)orlerail comparativement avec les autres parties du corps, si l'on venait soumettre les animaux à de grandes variations de température ambiante. Je plaçai donc uu animal (un Lapin auquel j'avais pi-atiqué la section du nerf j dans une étuve , dans un milieu dont la lempi'ialure était au-dessus de celle de son corps. Le côté de la tète qui était déjà chaud ne le de- vint pas sensiblement davantage, taudis que la moitié opposée de la face s'écliauffa ; et bienlùt il ne fut plus |i(issible de distinguer le côté de la lète où le nerf sympathique avait été coupé, pai'ce que toutes les parties du corps, en acquéiantleursumminu de caloricité, s'étaient mises en hm'monie de température. «Leschosessepassent tout autrement quand on refroidit l'animal en le |ilaçant dans un milieu ambiant dont la temjjérafure est beau- coup au-dessous de celle de son corps. On voit alors que la partie de la tète correspondant au nerf sympatiiifjue coupé résiste beau- coup plus au froid que celle du côté opposé; c'est-à-dire que le côté noi'uial de la tète se refroidit et perd son (\dori(|ue beaucoup [ilus vile (jue celui du eôté opposé. De telle sorleipi'aloisladi'sharmonie de température entre Icsileux moitiés de l;i tète dex lent de plus en Jilus évidente, et c'i'sl dauseette eircouslauee que l'on constate une dil'féi'cnce de température qui [leut s'élever ([uchiuefois, ainsi que je l'ai dit, jusqu'à G ou 7 degrés centigrades. "J'avais eu l'idée de faire la section ilu nerf sympathique sur des animaux hibernanls, pour savoir si cela les ren(hail moins sensibles 190 C. BERNARD. — RF-CHERCHES EXPÉRIMENTALES à l'action engourdissante que le froid leur fait éprouver. Je n'ai pas encore eu l'occasion de réaliser cette expérience. » Ce phénomène singulier d'une plus grande résistance au froid s'accompagne aussi d'une sorte d'exaltation de la vitalité des par- lies, qui devient surtout très manifeste quand on fait mourir les ani- maux d'une manière lente , soit en les em|ioisonnant d'ime certaine façon, soit en leur réséquant les nerfs pneumo-gastriques. A mesure que l'animal approche de l'agonie , la température baisse progressi- vement dans toutes les parties extérieures de son corps ; mais on con- state toujours que le côté de la tête où le nerf sympathique a été coupé offre une température relativement plus élevée ; et au mo- ment où la mort survient, c'est ce côté de la face qui conserve le dernier les caractères de la vie. Si bien qu'au moment où l'animal cesse de vivre, il peut arriver un instant où le côté normal de la tète présente déjà le froid et l'immobilité de la mort, tandis que l'autre moitié de la face, du côté où le nerf sympathique a été coupé, est sen- siblement plus chaude, et offre encore ces espèces de mouvements involontaires qui dépendent d'une sensibilité sans conscience , et auxquels on a donné le nom de mouvements réflexes. «En observant pendant longtemps les animaux auxquels j'avais fait la section de la partie céphalique du grand sympathique , j'ai pu suivre les phénomènes de calorification ainsi f|ue je l'ai dit plus haut. Si les animaux restaient bien portants, je n'ai jamais vu, après cette expérience, survenir dans les parties plus chaudes aucun œdème ni aucun trouble morbide qu'on puisse rattacher à ce qu'on appelle de l'inflammation. J'ai dit : si les animaux étaient bien portants; car, en effet, lorsqu'ils deviennent malades, soit spontanément, soit à la suite d'autres opérations qu'on leur fait subir, on voit les membranes muqueuses oculaire et nasale, seulement du côté où le nerf sympa- thique a été coupé, de\enir très rouges, gonflées , e pi'oduirc du pus en grande abondance. Les paupières restent habituellement collées par du mucus purulent, cl la narine en est fréquemment obsti'uée. Si l'animal guérit, ces phénomènes morbides disparaissent avec le retour à la santé. » D'après cela , je n'admets pas V inflammation de la conjonctive signalée par Dupuy , John Reid, etc. , comme une conséquence nor- SUR LE CnAND SYMPATHIQUE. 191 maie de la lésion du nert'synipalhiqiie : je considère ce phénomène comme accidenlel et comme ne survenant qu'à la suite d'un état d'affaiblissement consécutif do l'animal. Je signale, du reste, le fait comme je l'ai observé, sans vouloir essayer d'ex|ilii|ner pour le mo- ment comment il se fait que cette augmentation de caloricité et de sensibilité des parties arrive à se changer subitement, sous certaines iniluences, en ce qu'on appelle une iutlamniation violente avec for- mation purulente excessivement intense. "Lesfiiits de calorificafion de la tète que j'ai précédemment signa- lés, après la section, la ligature, la conlusiou ou la destruction de la pallie cervicale du grand sympathique, sont faciles à reproduire et à vérifie)'. Toutefois , comme toujours en physiologie exi^M'imen- tale , il est nécessaire de prendre (|uelques précautions pour obtenir des résultats constants et bien tranchés. Voici les conditions qui me paraissent les meilleures : » 1° Il est préférable de faire l'expérience lorsque la température ambiante est un peu basse, parce qu'alors la différence de chaleur entre les deux cotés delà face est d'autant plusfacileà saisir (pi'elle est plus considérable. i>2° Il faut choisir des animaux vigoureux et plutôt en digestion, l'observation m'ayant appris que les phénomènes de calorification se manifestent d'autant plus faiiilcnient et plus tardivement que les ani- maux sont préalablement affaiblis ou languissants. » 3° II faut éviter les grandes douleurs et l'agitation de l'animal pendant l'opération. Il arrive en effet, si celle-ci est laborieuse, que l'é-motion et rcxcitation générale que l'animal éprouve en se débat- tant masqiK'ut coniph'tement le résultat immédiat. Bien qu'on n'ait coupé le nerf sympathique que d'un seul côté, on jtourrait trouver les deux ureillcs, par exemple, aussi chaudes l'une que l'autre im- mf'diatemeiil après la section. .Maisbientùl, si ou laisse l'animal en liberté, les choses repremicul li'ur équilibre, et le côté correspon- dant au nerf cnuiii' rcsic seul avec une Icuipi'i'alure plus élevée. « 4° Ainsi(ju'ilaétédit, lespliénomènessont toujours plus mar- qués et plus durables, quand, au lieu de couper le fdet d'union du sym|ialhiqueaucou, on extirpe le ganglion cervical supérieur. » 5° Du reste, en revenant aillciu-s sur les phénomènes de c;dorifi- 192 C. BER^'Ann. — RECHERCHES EXPÉRIMENTALES calioii produils par la sei'lioii du sympathique, nous verrons qu'ils paraissent suivre les variations physiologiques di» la ehaleui" ani- male. Ils sont plus marques généralement pendant la période di- gestive, et plus l'aihles pendant l'abstinence (ïi. » § III. — Effets de la galvanisation du !)out ci'phalif|ue du nerf grand sympatliique sur les pliénomùnes de calorilicalioii dans la liîte. «Lorsqu'on galvanise avec une forte machine éleetro-magnélique le bout céphalique du nerf sympathique coujié , chez un Chien, par exemple, ce n'est pas seulement la pupille qui reprend son élargis- sement , mais tous les autres phénomènes qui avaient suivi la sec- tion du nerf disparaissent également et même s'exagèrent en sens inverse : c'est-à-dire que, sous cette influence galvanique, la pupille rétrécie devient phis large que celle du côté opposé, l'œil enfoncé devient saillant hors de l'orhite, la vascularisation des parties s'(M- face, et leur température baisse au-dessous de l'état normal. C'est en me fondant sur ces faits que j'ai insisté depuis longtemps sur la connexion évidente de tous ces désordres , et sur la possibilité de les ramener tous , malgré leur variété , à une explication unique , puisqu'ils apparaissent et disparaissent constamment tous sous l'in- fluence des mêmes causes. ))]'ai fait coimaitreccs résultatsdaiis mon cours de l'année 1852, et ils ont été imprimés aux mois d'octobre et de novembre de la même année, dans \c^ Comptes rendus de ta Société de biologie. Voici une partie de l'extrait (|ui s'y trouve : « Si l'on galvanise le » bout supérieurdu grand sympathique divise, tous les phénomènes » (pi'on avait vus se j)roduire par la destniction de l'influence du V grand sympalhiiiuc changent de face et sont opposés. La pupille » s'élargit , l'ouverture |inl|iéhrale s'agrandit ; r(eil l'ait saillie hors >j (le l'orbite. D'activé qu'elle était, la circulation devient faible ; la (I) J'ai pratiqué encore l'extirpation des ganglions et la section des filets du sympathique dans le thorax et dans l'abdomen. Je ne décrirai point ici ces expériences, parce qu'elles ont été faites à d'autres points de vue. Je dirai seu- lement qu'elles sont suivies des mêmes effets vasculaires et caioriliques qu'à la tête. Sl'R LE GRAND >YMI'ATIIIOl'F.. 1 9?> » conjonctive, les narines, les oreilles, qui étaient rouges, pâlissent. » Si l'on cesse le galvanisme, tous les phénomènes primitivement » produits par la section du grand sympalliirpic reparaissent peu à » peu pour disparaître de nouveau à une seconde application du » galvanisme. On peut continuer à volonté celte expérience, la ré- » péter autant de t'ois que Ton voudra, toujours les résultats sont les «mêmes. Si l'on aiipliijue une goutte d'ammoniaque sur la con- » jonctive d'un Chien du côté où le nerf a été coupé, la douleur dé- » termine l'animal à tenir son ccû ohstinément et constamment » fermé. Mais, à ce moment, si l'on galvanise le bout .supé- » rieur du sympathifjue coupé, malgré la douleur qu'il éprouve, le » Chien ne peut maintenir son m\ fermé ; les jiaupières s'ouvrent •) largement , en même temps que la rougeur produite par le «caustique diminue et disparait presque entièrement. » Les expériences (jue 51. Bernard décrit ici à l'appui des conclu- sions ont été faites avec un thermomètre mélosfati((ue de M. Wal- ferdin, dont 50 divisions correspondaient à environ 1 degré centi- grade. Le grand sjTnpathique ayant été coupé du côté droit chez un Cliien, et le bout supérieur galvanisé, on vit la tempéi'ature de l'oreille, du même cùt('', s'abaisser de 47 divisions en 16 minutes (environ 5/6" de degré centigrade). Après 25 minutes de repos, la températiu'c s'était relevée presque au point initial. Il est aussi à noter que, pendant la galvanisation , la température du côté sain , au lieu de s'abaisser comme du côté opéré, s'élevait un peu. S IV. — Effets de la cliloroforrnisalion sur la calorification. «Les inspirationsd'étlier ou de chloroforme, qui ont la propriété d'éteindre la sensibilité, produisent ce même effet quand le sym- pathique acte détruit; seulement, si l'on fait agir le chloroforme lentement, on voit que ce résultat arrive ordinairement un peu plus lard à cause de l'excès de sensibilité qui existe toujours dans les parties. Jlais c'est la calorificatidii (jui nous offre le plus d'jntérèt, en ce qu'elle se comporte comme s'il s'agissait de l'électricité. »Une Chienne de jietile taille et encore jeune avait subi la section fluliletsynipathi(|uedanslc cou, du côtédroil ; elle avait ('gaiement 4' série. Zool. T. I. (Caliier n" i.) ' n 196. C. BERNABU. RECHERCHES EXPÉRIMENTALES été soumise à la galvanisation du bout périiihérique de ce nerf, et avait fourni les résultats qui ont été consignés dans le paragraphe précédent. » Le quatorzième jour aiirès l'opération, la plaie du cou était de- puis longtemps cicatrisée ; mais les phénomènes de calorification persistaient toujours très évidemment : l'oreille droite était plus injectée et plus chaude que celle du cùlé opposé. (Jn chlorolormisa alors l'animal à l'aide d'un masque de caoutchouc serré autour du museau, et commimiquant avec de l'air chargé de va[)cur de chloro- forme : bientôt l'insensibililé se manifesta, et au moment où elle était devenue complète , au point que l'attouchement des conjonc- tives ne produisait plus de clignement, l'oreille droite baissa rapi- dementde température, devint h'oide cl pâle, tandis (pie celle du côté sain, à gauche, devint plus injectée et plus chaude. On introduisit un thermomètre dans les oreilles, et l'on trouva : Oreille droite correspondant au nerf sympathique coupé pendant la chloroformisation et l'insensibilité complète. 36°, 8 cenligr. Oreille gauclie saine, au même moment 27", 2 » On cessa alors les inspirations du chloroforme; peu à peu l'animal revint , et une heure et demie après, lorsqu'il était à peu près sorti dliRIMBN'HLES OÙ la (Mlorilicalioiid'uii des côtés de la lète se Imiive hien dévelop- pée sous rinfluence de l'extirpation du sympathique, on vient à diminuer raillnx ou le renouvellement du sang' par la ligature de l'artère earotide du côté correspondant, on voit néamnoins la chaleur des parties rester toujours plus élevée que celle du côté opposé. » D'ajirès ces expériences, il n'est donc i)as possible d'ex|iliquer le réchauffement des jiarties par une prétendue paralysie des artères, qui, àraison d'un élargissement passif, laisseraient circuler une plus grande quantité de sang'. J'ai dit prétendue paralysie, parce qu'en effet, elle est plutôt à l'état de théorie qu'à l'état de fait démontré. Si la section du sympatliique paralysait les fibres contractiles des artères, on devrait voir à l'instant de l'opération un élargissement subit de l'artère, et c'est toujours le contraire qu'on observe. En effet, en faisant sur des Lajnns la section du filet cervical du sympa- thi(|ue qui avoisine la carotide, j'ai toujours vu cette artère se res- serrer considérablement au moment même de la section ou du déchirement du fdet. Si, quelque temps après, cette artère et ses divisions deviennent plus grosses , c'est qu'elles sont distendues par un aftluxde sang ijui se l'ail dans les parties correspondantes; mais loin d'être la cause de la circulation plus active , l'élargisse- ment des artères n'en est au contraire ipie l'effet. De même (piand en galvanisant avec une forte machine électro-magnétique le bout périphérique du nerf symiialhi(|ue coupé, on amène dans les par- ties où il se distribue une série de troubles profonds siu" lesquels je n'ai pas à m'expliquer ici, mais avec lesf|uels coïncide un arrêt de la cii'culation. Si alors les artères, connue les veines, se resserrent et reviennent sur elles-mêmes, cela tient à ce qu'il n'y a plus de sang pour lestlistendre, mais ce n'(^st pas du tout l'effet d'un resserrement actif des vaisseaux. Et, du reste, si cette paralysie des artères exis- tait réellement, leur dilatation, sous l'iidluence de l'impulsion du co'ur, ne devait-elle pas aller toujours en augmentant à partir du moment de l'oiiération, et linir même par amener des dilatations artérielles anévrysmatiques. 11 n'arrive rien de semblable, puisque nous avons vu, au contraire, que le lendemain de la section du sym- pathicpic la vascularisation a ordinairement beaucoup diminué , les SLR LE GRAM) SYMl'.VTHUJLE. 199 ai'tères sont revenues siirelles-nièmes, bien que la chaleur soit tou- jours très notablement auo^mentce. » En un mot, le phénomène eireulatoire qui suecèrte à la section du nerf sympathique est actif et non passif: il est de la même nature que la turgescence sanguine qui, ainsi que je l'ai démontré ailleurs, survient dans un organe sécréteur qui, d'un étal de repos ou de fonc- tionnement faible, passe à un état de fonctionnement très actif; il se rapproche encore de l'afflux de sang et de l'au^nnentation de sen- sibilité qui surviennent auloui- d'une plaie récente ou aux environs d'un coq)S étranger (jui séjourne dans les tissus vivants. Je n'ai pas à me préoccuper ici de l'explication de cesjihénomènes sur lesquels j'aurai bientôt l'occasion de revenir. Il me suffira de dire que, bien que dans tous ces cas on voie les vaisseaux i)lus gorgés de sang et les artères battre avec plus de force , il ne peut venir à l'idée de personne de penser à les rapporter à une paralysie pure et simple des artères. » Conclusion. '< Je n'ai voulu, dans ce travail, établir qu'\ui seul point de l'his- toire si complexe du grand synipatliiquc, à savoir, que la section de fdets ou de ganglions appartenant à ce nerf a constamment le pri- vilège d'augmenter la calcjrificalidndcs [)arlies dans lesquelles il se distribue. «Ces phénomènes de calnricilé (|u'on produit en agissant sur le .sympathi(jue ne sont, en réalité, que l'exagération de ce qui se passe dans la production de la chaleur animale. «F;ii donnant les moyens d'accroître les actes calorifiques et de les localiser dans des parties extérieures faciles à observer, j'ai eu la pensée de rendre plus accessible à nos moyens d'investigation l'étude de cette importante fonction encore si peu connue, mais qui ne .saurait toutefois être recherchée ailleurs que dans la plus ou moins grande activité des métamorphoses chimi(jucs que le sang éprouve dans les tissus vivants, sous des influences spéciales du système nerveux. » PLBLIGATIONS NOUVELLES. Description des Poissons fossiles provenant des gisements coralliens du Jura, dans le Bugey, par M. Thiollière. 1" livraison iii-fol. Lyon, 185/1. Après avoir établi l'identité des schistes lithographiques de la Bavière et de la formation des calcaires lithographiques de f.érin (situé vers le haut du massif qui domine le Dauphiné, et qui, au pied, est baigné par le Rhône), l'auteur traite de la faune ichthyologique de ce dernier gisement. Il y trouve cinquante espèces de Poissons qui appartiennent à vingt-neuf genres distincts. Seize de ces genres existent également en Allemagne, et ce sont précisément ceux qui sont les plus nombreux en espèces, et qui forment, pour ainsi dire, le fond de la population ichthyologique de ces bassins: treize genres paraissent être particuliers au Bugey. M. Thiollière fait remarquer aussi que dans ce dépôt on trouve des Poissons qui appartiennent à la famille des Squales ainsi qu'à celle des Raies, et que d'autres es- pèces se rapportent au type de cesMalacoptérygiens abdominaux ordinaires plutôt qu'au groupe des Sauroïdes : résultat qui est contraire aux opinions émises par M. Agassiz relativement à l'époque d'apparition de ces formes zoologiques. Mais si la faune jurassique du Bugey se rapproche ainsi, plus qu'on ne le pensait, de la faune crétacée et de celle de l'époque actuelle, il est à noter que jusqu'ici on n'y a découvert aucun indice de l'existence de Poissons acanthoptérygiens. Les espèces décrites et figurées dans la première livraison de l'ouvrage de M. Thiollière sont les Spathobates Btiijesiacus el Belcmnobules Sismoudœ, de la famille des Raies ; le Phorcynis colulina, de la famille des Squales ; VVndina cire- nensis, de la famille des Célacanthes, Ag., et cinq espèces nouvelles du genre Pycnodus ; quelques autres espèces y sont figurées et seront décrites dans la pro- chaine livraison. Nous ajouterons que les planches sont très belles, et paraissent avoir été faites avec beaucoup de soin dans les détails. Mémoire sur les plis cérébraux de VHomme el des Primates, par M. Gratiolet. In-4, avec atlas in-fol. Paris, 1854. Ayant déji» inséré un extrait de ce travail dans nos Annales (3« série, t. XIV, p. 184), nous nous bornerons à ajouter ici que les belles planches dont M. Gra- tiolet a accompagné son Mémoire sont une acquisition précieuse pour l'anatomie zoologique. Erpétologie générale ou Histoire naturelle des Reptiles, par MM. Du- MÉRiL et BiBRON (Suites à Bufl'on, édition Roret). La publication de ce grand ouvrage, suspendu depuis la mort de Bibron, vient d'être reprise par M. Duméril, aidé de son fils, M. Auguste Duméril. dont les tra- vaux zoologiques sont connus des lecteurs des Annales. Deux volumes, formant le tome VII, viennent de paraître, et contiennent l'histoire des Serpents. Pour compléter ce grand travail , il ne reste à publier que le neuvième volume , qui contiendra la fin de l'histoire des Batraciens, et qui est déjà sous presse. RECHERCHES AN ATOMIQUES SCR LES HYMÉNOPTÈRES DE LA FAMILLE DES IROCEMTES, Par M. Léon Dt'FOUB. Inest sua gratta parvis. Les peti(ei choses ont leur mcfrile. Plus j'avance dans l'étude ana(omil)rales. S'il existe à ce sensorium commune une méninge ou arachnoïde, conune il est permis de le croire, elle est d'une ténuité (|ui la reuil inconstalable. 11 en est bien autrement pour le névrilèiiie des ganglions. 2» Qiaîne ganglionnaire et nerfs. Celle eliaiue se compose de dix ganglions unis entre eux parmi double lilet nerveux, et émettant des paires de nerfs symétriques. Ces ganglions se divisent naturellement owthoraciqiies et en abdo- minaux. I RECHERCHES SIR LES UROCÉRATES. 211 A. Ganglions Ihoraciques. Aunombredc trois, un [lom- tha(|ne segment du thorax dont ils empruntent le nom , ils sont l'-troilemenl enclavés entre des apo- pliyses pins ou moins inclini'es, qui sN'Ièvont du jilaneher inférieur (kl lliorax. Leur(Miui'i('';ition de cns irré;:Mlièrcsel profondes anfrac- tuositcs est un vérilable li avait d'Hercule, et il faut être tourmenté du besoin impi'rieux de les mettre en ('videnee pour surmonter les obstacles ([ui s'opposent à celle exhumation. Kniin, à force de celte patience cent fois éprouvée qui doit être la grande vertu du micro- lomiste, je suis parvenu à bien voir ces trois ganglions. Le prothora- cique, plus petit, plus arrondi, que les suivants, est précédé de ce qu'on appelle Vanneau œsophagien ; c'est -à-dire ([ue tout près du bulbe l'acbidien 1 '( esophage s'engage entre les deux filets nerveux qui en naissent [lour se rendre à la bouche. Ce ganglion fournit deux paires de nerfs: l'une, en avan*, miwcu/a/re ou ceri'/ca/e; l'autre, vers le milieu, la cri/ra/e des i)attcs antérieures Entre ce ganglion et le suivant, 1(^ cordon rachidicn fournil imc pi-lilc paire de nerfs, sans doute muxculaire. L(> ganglion inésothoracique, ovalc-elliplique, émet trois paires de nerfs ; l'anléTicurc, ou al tire ; la moyenne , plus petite, musculaire; la posl(''rienre, nu crural/' des pâlies inter- médiaires. Le ganglion mélathoracifjue, plus raitproché du pre- mier abdominal (pie du mésothoracique, a la grandeur de celui-ci, et donne origine à un inucil numlirc de paiics de nerfs destinées à des jiarties analogues. B Gani/lions abdominaux. Ils sont an nombre de sept bien distincts. Ainsi il y en a un de plus (]ne dans la iilu]iart des antres IlynKMioplères, ce qui semble- rait assurer aux Uroeérates nue pr(''di)minance organique. Les quatre premiers SiMit sépan's les uns des autres par un long inter- valle-, les trois dcrnicis sont, au contraire , fort rapprochés entre eux , et reposent dans la femelle sur les cols des ovaires , de sorte (pie , vu la position de eeux-ei , ils ne dépassent pas le milieu de l'abdomen , tandis (pie ceux du mâle approchent de l'extrémité de celui-ci. 212 LËOK DUFOUR. Les ^nnglions abdominaux sont en général ovales-elliiitif|nes ; ils fournissent cliaeun, sauf le dernier, une seule paire latérale de nerfs , lesquels se distribuent soit aux muscles des parois abdomi- nales, soit aux viscères contenus. Le premier se trouve justement sur la limite thoraco-abdominale ; le dernier , plus grand , plus arrondi cjue les autres, émet quatre paires de nerfs, dont les posté- rieurs, toujours plus forts, sont les nerfs génitaux. Dans les deux avant-derniers ganglions, l'origine des nerfs latéraux est bien plus antérieure que dans les quatre qui les précèdent. La figure du système nerveux dira le reste (1). CHAPITRE IIL APPAREIL DIGESTIF. Il ne se compose que du canal alimentaire et des vaisseaux hépatiques. Quelle qu'ait été la persévérance de mes investigations tant à l'issue de la tète que dans le tliorax , je n'ai jamais pu saisir le moindre vestige de glandes salivaires. Le scalpel m'avait pourtant appris que ces glandes existaient dans les Tenthrédines, famille (pii, dans le cadre entomologique , est contiguë à celle des Urocérates. Le tube digestif (2) n'a que la longueur du corps de l'insecte ; il va directement de la bouche à l'anus sans la moindre inflexion. Il est très simple, c'est-à-dire qu'il n'y a ni jabot ni gésier. Il se fait re- marquer par une finesse, une fragilité, une pellucidité de ses parois fort disproportionnées avec la grandeur et la force de l'insecte. L'œsophage , délié comme un cheveu , traverse le thorax. Le ventricule chgli/îque qui lui succède n'en est distinct ni par une contracture, ni i)ar l'indice d'aucune valvule. Il a seulement un diamètre plus grand ijue l'iesophage, et il le conserve dans son tra- jet de l'abdomen jusqu'à l'origine de l'intestin stercoral. Mais à sa terminaison , ce vcntri(^ule présente dans le Juvencus une disposi- tion anatoiniquc exceptionnelle (jui mérite de nous arrêter. (1) PI. 4, fig. 8. (2) PI. 4, fig, 9. rr;i;heri:hes sir i,es urocérates. 215 Diiiis kuLs k's HyiiKMidijti'res i\\w j'iii disstNUK's, cl ils soii( déjà bien iioinbreux, le ventriciilp ilivlirique se teriuiuc en iirrière jmr lin ijourrelet, imiiee d'une viihiile intérieure qui sépare l'organe élaboraleur du cliyle de celui riui ne doit recevoir que les excré- ments. Cette valvule, ainsi que je l'ai répété partout, répond à l'?7e'o- cœcale des animaux supérieurs. C'est immédiatement avant ce bourrelet que s'insère le verticille des vaisseaux biliaires. La bile estiùnsi versée directement dans le ventricule chylitique, mais à sa terminaison et non , comme dans les Mammifères, à son origine. Tels sont et la situation et le rôle des vaisseaux hépatiques dans tous les Insectes en général . Dans le Juvencus, le bout postérieur du ventricule chylitique se perd dans un godet représenté à l'extérieur tantôt sous la forme d'un bourrelet saillant , tantôt sous celle d'une vésicule. Les vais- seaux biliaires, au nombre de jilus de trente, et verticillés comme dans tous les Hyménoptères , sont implantés non pas en avant du bourrelet, mais sur le bourrelet lui-même ou sur la vésicule. Dans cette dernière forme, qui n'est que l'évolution, le déploiement du bourrelet , les vaisseaux ont leurs points d'insertion plus distants entre eux, mais nullement placés sur une série annulaire. J'ai exprimé ces deux états par des figures (1). La délicatesse, l'exiguïté des tissus n'ont point permis à mon scalpel de me rendre témoin oculaire du mode de connexion infime de ce bourrelet avec l'orifice des tubes sécréteurs de la bile. Ma longue pratique de ces autopsies et la loi de l'analogie, que j'in- voque toujoui"s avec une grande sobriété, m'autorisent à penser que dans le fond de ce godet existe une valvule veniriculo-intestinale, et que le bourrelet ou la vésicule ne sont que des réservoirs, à confor- mation différente ou à état variable , destinés à épancher directe- ment dans le ventricule chylitique, et non dans l'intestin, le liquide sécrété. Et ce qui |irnuve l'exceptionnalité de ce fait , c'est que , dans le Girjoii dont j'ai dissi'qué une femelle encore vivante , il n'existe au- l'une trace ni de bourrelet , ni de godet , ni de vésicule. Les vais- (1) PI. i, fij,'. 10 et n. 21/l LÉON UUFOUR. seaux hépatiques y sont, oomine dans le coiiiuuui des Hyméno- ptères, implantés en verticille autour de la terminaison du ventricule chylifique, ainsi que le démontre la figure qui accompagne mon texte. Du reste , ces sortes de vésicules biliaires ne sont pas nouvelles dans la splanclinologic des Insectes. Dans mes publications, j'en ai décrit et figuré avec des configurations diverses dans les Epheppi- ger, Crioceris, Pyrrhocoris, Pantaloma, Lijgœus, Gerris, etc. Quel est le régime alimentaire des Urocérates ? Personne ne nous l'a encore dit, et je doute qu'on les ait jamais surpris sur les Heurs comme les Iclmcumons et les Tenthrèdcs, leurs voisins dans le cadre. Il était réservé au scalpel de nous fixer sur ce point, et de révéler un fait qui a bien son intérêt physiologique. Le ventricule chylifique, tant du Juvenciis qitedu Gigas, du mâle comme de la femelle , est constamment rempli d'une pulpe d'un blanc amidonné et homogène. Dans les Juvencus saisis cette année au moment de leur édosion, ou du moins dès leur sortie des gale- ries ligneuses, on pouvait supposer qu'ils n'avaient encore rien mangé , et alors il était permis d'avoir l'idée assez rationnelle que cette pulpe était un produit de la vie embryonnaire de la nymphe , une sorte de méconium. Je ferai remarijuer : 1° que le Juvencus dis- séqué il y a vingt ans , et chez lequel j'ai signalé , dans mon Ana- tomie des Hyménoptères , celle même pulpe blanche , était un indi- vidu pris libre dans la campagne ; qu'il en est de même du Gigas récemment anatomisi; vivant, et apporté des forêts de Sapins de nos Pyrénées; 2° que j'ai t'onservé dans des bocaux pendant quinze jours, et sans nourriture, des Juvencus vivants dont j'ai successive- ment fait l'autopsie ; 3° que l'existence , dans le rectum, d'une ma- tière fécale bien élabon'e annonçait le complément de la fonction digeslive. Tout cela , il faut bien en convenir, n'est pas favorable à l'idée d'un méconium ordinaire, et ne nous éclaire pas davantage sur la nature de l'aliment de ces Hyménoptères. C'est encore là une lacune à léguer à mes successeurs. Je me permettrai à cette occasion les réflexions suivantes. Faut- il croire que les Sirex, (pii rongent avec leurs mandibules le bois pour leur grande galerie de sortie, mangent les déblais de cette ga- RECHERCHES SLll LES UROCÉRATES. 215 lerie ? Je ferai observer que je n'ai pas déeouverl ilaiis le canal digestif la moindre parcelle de ces déblais. L'absence des iilundes siilivaires est certainenienf favorable à l'idée d'un (l(''faul de maslicalidu ou de digestion buccale. La lon- gueur et l'extrême finesse du vcnlriculccbylifique, lequel n'est pré- cédé ni de ^ésici','ni de jabot , ni de valvule pYlori(|uc, le parfait déve- loppement des vaisseaux biliaires, tciuoigncntassezbautenicnlet de la faible contractilité des pai'ois venlriculaires, et de la natiue ehy- leuse de l'énudsion blancbe coidenue. De plus , l'existence dans le rectum d'cxerémenis bien conditionnés prouve, à mon avis, que ceux-ci ont été éliminés de cette émulsion ; que , par consé(]uent , l'acte digestif et la nutrition ont pu se compléter. C'est là un fait piquant d'une alimentation tout organique connnençant dès la naissance de l'animal, et se conlinuant toute la vie sans le besoin d'une ingeslion par la boiiclie. 11 donne lieu à des considérations d'un ordre nouveau, (|ni auront, sans doulc, jiliis lard d'antres ap|ilicalions. La nature, dans ses prévoyantes sollicitudes, inl positif de leiu' inserfion, soit à l'oviductt^ .s(jit dans les tissus v(jisins, ne m'a pas |)crmisde donner à ces vésii'ulcs un nom d'une signilicalion diilcrminée. Dans le voisinage et en arrière de celles-ci, on découvre dans le Gigas un assez long boyau cylindri(|ue, llexueux, (;! offrant, près du point de son in.sertion, un boyau suiipl/'uicnlaire fort court, mais de même nature. Dans le Juvencus, il y a eneori^ en arrièi'C de ces mêmes vésicules non pas un long boyau, mais uru' bour.se ovalaire, [ilatc cl ridi'c, sans dimlr |iatif ipi'cllc était vide. D'après ma '2'20 LËOK UUFOUR. liratifjiit^ (le semblables disseclions, ce boyau cl celte bourse appartiennent à \a poche copulatrice d'Autlouin. (Iclte poche , qui , dans les Insectes en général, a sur l'oviducte une insertion facile à constater, est, au contraire, dans les Sirex, très difficile à mettre en évidence, à cause de l'excessive brièveté de l'oviducte et de l'inser- tion sessile des organes accessoires. On sait que la poche copulatrice reçoit, lors de l'union des sexes, le pénis du mâle, quelquefois même son armure, et qu'à la suite de cet acte elle devient le récep- tacle , le réservoir de la liqueur séminale destinée à féconder les œufs, à leur descente des ovaires, à l'époque de la ponte. Dans nos Sirex femelles toutes vierges, ces poches copulatrices, étant restées inactives ou sans fonction, n'avaient pas pu prendre un grand déve- loppement, et ne renfermaient pas conséquemment de liquide sper- matique. En travers de la base des ovaires se voit ime grande vessie oblongue, à peine légèrement contractée au milieu, cucarbitiforme, sessile, remplie d'une humeur transparente. Chacun des bouts de cette vessie est comme coiffé d'une agglomération d'innombrables petites vésicules ovales-oblongues, subdiaphanes, peut-être un peu plus allongées dans le Gigas. Si une pince patiente et adroite par- vient à désenlacer ces vésicules des ramifications trachéennes et nerveuses qui les maintiennent en un petit paquet informe, on voit celui-ci se dérouler en une grappe allongi'e, ramuleuse, dont les pédicules et les pédicellcs coiitluenl en un tronc commun, inséré un peu au-dessous des bouts delà vessie. C'est ainsi que je suis parvenu à mettre cette grappe en parfaite évidence fl), et elle a, dans le Juvencits comme dans le Gigas, une conformité des plus satisfai- santes pour rcntomotomiste qui s'attache à la recherche des ana- logies organiques. Nous voyons là une glaudi' parlaitement caractérisée. Les jietites vésicules sont les organes sécréteurs; les pédicules et les pédicelles, les conduits éducateurs; la veMi'e centrale, un réservoir. Celui-ci, fine j'ai trouvé énorme dans le Gigas , est rempli d'une matière limpide comme le cristal, mais non liquide, et d'une telle consistance (1) PI. 4, Bg. 16. RFXIIERCHES SCn LES UROCÉRATES. 221 que la p'mreqiiila saisit l'entraîne coiiiine une petite Liniaee glai- reuse ou youimeuse. C'est certainement là une glande sébifique, ov^ane destiné à sécré- ter une luimenr spéciale propre à enduire lesd'ufs au moment de la ponte, afin de les préserver contre 1 intluence des agents extérieurs. J'ai décrit et figuré des glandes analogues dans les Tenthrédines , qui suivent les Urocérates dans le cadre de la classification. Cette conformité viscérale prouve (jueles Urocérates ont bien plus d'affi- nités avec les Tenthrédines qu'avec les Ichneumonides. Mais, je le répète, il m'a été impossible de saisir, ex visu, le mode de connexion de la glande sébifique avec le court oviducte , à la |)aroi supérieure duquel elle parait sessile. § 2. Vulve. Le si-xième segmentventraldel'abdomen, on celui qui est immé- diat à la bosse génitale extérieure de la femelle, se dilate à son milieu en un lobe d(;mi-circulaire de texture tégumentaire avec une légère bordure blanchâtre , et une fine villosité bien sensible à la loupe ; c'est là un opercule de la vulve, une sorte de tablier qui fait l'office des grandes lèvres des animaux de l'ordre supérieur. Il est ainsi danslc JuuCTicMsetle Gigas. J'avoue que je n'ai point distinctement aperçu la vulve propre- ment dite, et j'ai regret de n'avoir pas constaté cet orifice extérieur du vagin ou oviducte , f|ui , dans l'acte copulafif , donne entrée à l'armure génitale du mâle, et qui, à l'époque de la ponte, est destiné à la sortie des œufs. Je suppose que la vulve s'ouvre entre la base de la grande gouttière médiane de l'oviscapte et celle de la tarière. § 3. Oviscapte et ses accessoires. Ce titre fait pressentir la division du sujet en deux paragraphes. Je consacrerai le premier à la composition segmenlaire de l'abdo- men, qui se lie anatomiquement avec le second, ou Voviscapte. § 4. Composition segmenlaire de l'abdomen. L'abdomen des Urocérates a , dans le mâle comme dans la femelle , »!eu/"segtnents abdominaux, doul huit, semi-annulaires, sont stig- 2SS LÉON DUFOUR. matifères. Le dernier seul, privé de ces orifices respiratoires, appar- tient aux deux régions dorsale et ventrale, et se termine par une pointe bien plus grnnde dans la fcinBlle, où elle a des aspérilés spi- nuleiises. Conimi^ il y a à sa base dorsale unedeini-arliculation, on le prendrai! pour lui (bxienie s(>i;meiit; c'est au-dessous d'elle (jue s'ouvre l'anus dans ce sexe. Ce dernier trait avait di'ià été signalé par notre Réaumur , le |)remier auteur qui ait décril et lipiiré le Gigas. Le premier de ces segments dorsaux , ou le sepinent hasilaire , offre une fente médiane complète, qui se divise ei\ deux panneaux égaux, faciles à écarter l'un de l'autre. Ce caractère , conunun à toute la famille des véritables Sirex, est demeuré inaperçu à presque tous mes devanciers ; cependant le scrupuleux pinceau de Ralzc- burg n'a pas man(iii('dc le faire sentir dans les trois espèces de Sirex qu'il a si fidèlement représentées. Les espèces du gcnr(>_Yi'/)/u/^;'?a, placé par Latreille à la fin des Tenlhrédines , parLeaeb dans une famille particulière, les \iphy- driides , et par M. lîlancliard dans les Urocérates , a aussi cette division médiane du pr(^nner si>gment dorsal de l'abdomen, tandis qu'il n'en existe aucune trace dans le genre Oryssus, conservé par le Jussieu de l'entomologie dans ses Urocérates, et que Westwood , Inicux inspiré, a séparé de ceux-ci poni' eu conslihicr nu pi'lile fn- niille sous le nom iVOri/ssidcs. Quel est le but jtbysiologique, car il y en a un , de cette fente médiane, qui semble favorable à une expansion du segment? Je l'ignore encore , surtout en la voyant commune aux deux sexes. Mais je ne la crois pas étrangère à un acte co[iulatif dont personne n'a été témoin oculaire, et qui , vu la forme et la situai idu des or- ganes respectifs, doit s'accom|iagnerd'ébats fort curieux, fort sin- guliers. La région inférieure ou ventrale de l'abdomen se compose de se/j^ segments distincts, jiar consé(pieut ilcux de moins qu'à la région dorsale. Us n'ont rien de particulier dans le mâle, ni pour leur grandeur, ni pour leurs connexions : ce sont des demi- cintres . Dans la femelle, le septième a des dimensions, une structure et RECHERCHES SLR LES UROCÉRATES. 35S une importance physiologiques qui niéiitent de nous arrêter un instant. Je décrirai d'abord celui du Juvencus comme type. J'ai déjà dit qu'il forninit la moitié au moins de toute la région ventrale. Sa face extérieure est d'une texturt> légumentaire ana- logue à celle des autres parties du squelette dermique. Sa moitié anlé'rieure, qui l'orme une hosse à son origine, est enchâssée laté- ralement sous les bords indiriqnés des septième et huitième seg- ments dorsaux , tandis i|u'en approchant de son extrémité posté- rieure, elle se rédécliit sur le dos pour devenir connmuie au dernier segment dorsal. Son trait extérieur le jilus caractéristique, le plus éminemment fonctionnel, est l'existence dans toute la ligne médiane d'une profonde gouttière , qui loge cl embrasse de son bord taillé en biseau l'oviscapte. Le fond de cette gouttière, étudié sur l'ani- mal fraîchement mort, est membraneux cl souple, de manière à pouvoir se prêter aux dilatations exigées par le jeu de ce dernier instrument . Pour mettre en évidence sa face interne ou splanchnique, il faut, par une dissection ménagée, enlever sa paroi dorsale tégumen- laire, puis débarrasser son intérieur des viscères et des divers lis- sus qui l'encombrent. Ici , après le scalpel et la pince, il faut que la brosse ou le pinceau metleni à nu sa structure spéciale. Alors on constate que tout le fond de ce grand segment est un plancher mus- culeux continu qui dérobe entièrement à la vue la paroi tégumen- taire sous-jacente. Ce n'est pas tout : ahn de bien juger celle-ci, il convient d'inciser, de déchiqueter, d'élaguer autant que possible cette masse nnisculaire. Cette préparation une fois achevée, ce grand segment ventral apparaît concave. La ligne médiane est devenue un canal membra- neux, qui correspond à la goultière cxlcru(^ de l'oviscapte, Cliacuu des bords de ce canal est relevé [)ar une baguette cornée, blonde ou roussàtre,qui correspond aux lianes cornes de la gouttière jirécitée. Une baguette toute semblable s'observe, de chaijue côté , sur l'aire même de la concavité du segment, et se trouve ainsi |)arallèle à celle du milieu ; à la base interne de cette seconde |)aire de baguettes se voit une lame appendiculaire pointue, de même textuie cornée, mais courte. Ces baguettes, ces lames, servent d'attache aux milliers 22/^ LÉON nUFOUR. de fibres musculaires qui garnissent cette concavité , et qui sont les agents des mouvements si variés imprimés à l'oviscapte. Et qui nous dévoilera le nombre, les attributions tic tous ces muscles , soumis pourtant à l'empire de la volonté de ce petit ani- mal? Il faudrait plus qu'un Lyonet pour nous initier à ces merveil- leux secrets. Si nous embrassons dans nos investigations anatomiques les six segments qui précèdent celui qui vient de nous occuper, on se con- vaincra des soins ingénieux que la nature a pris pour seconder les mouvements tant généraux (|ue partiels de tout l'abdomen. Chacun de ces six segments offre , à droite et à gauche du bord antérieur, un lobe redressé , une apopliyse où s'attachent des muscles dont l'action se combine avec ceux du grand segment ventral. Ce dernier est d'une parfaite identité dans le Spectrum. Quoique organisé sur le même plan, il est proportionnellement moins grand dans le Gigas , et les baguettes de sa surface interne , surtout les latérales, y sont moins prononcées. Le Fuscicornis n'offre pas non plus, sous ce rapport , de différence notable. Les apophyses des six segments dont je viens de parler s'observent aussi dans ces espèces. § 5. Oviscapte. L'étude de cet admirable instrument, spécialement destiné à implanter les œufs dans du bois mort et dur, va nous révéler, dans de petits riens inaperçus ou inappréciés, des attributions pliysiolo- giques du plus saisissant intérêt. Et combien de faits curieux n'au- rions-nous pas à approudro encore, s'il nous était donné d'assister dans des conditions opportunes aux étonnantes manœuvres de cet insecte vivant ! Dans nos Urocérates, comme dans fous les Hyménoptères téré- branls , l'oviscapte se compose de la gaîne (1) et de la la valve, se pirseute sous la forme de traits liiK'aires, siin|iics, obli(|iies, j)uis il (lis[iaraît cntièrcmciil. Tant qu'il (luie, nue lentille bien (''(^lairé(> y conslale souveni , pas toujours iMiui'Iant , une rainure m(''diane. La pointe non guillocliée ofire un trait (pii jus(pi'ici parait avoir é'lii(l(' l'attention de tous les auteurs : c'est l'existence, tout près du bord supérieur ou dorsal de cbacpie valve, d'une série de six pi(|ii;iiiN nu (Toeliels cnuils, à i' .série. 7.00I. T. I. (Caliiorn ' i ) '• \"< 226 LÉON nvrouR. base robuste, inégalement distants les uns des autres , et regardant le bout de la valve. Il est essentiel de savoir que non seulement ce bout n'est pas pereé pour livrer passage à la tarière ; mais qu'un jicu avant l'ex- trémilé, la valve, vue par sa face concave , présente là mi léger sinus demi-circulaiivcoulre hvpiel doit nécessairement s'ap|iuyer, s'arrèler le renllement terminal de la tarière. Après ce sinus il y a un petit espace plan et uni (pii rend très immédiate la contiguïté interne des bouts des deux valves ; eu sorte <|uc , ([uaiid elles sont fermées, les deux sinus forment un demi -cercle contre lequel butte, comme je viens de le dire, la pointe de la tarière. Quoi(|ue formées sur le même plan (|ue dans ]eJuvenats ,les valves de la gaine du Gigas , scrupuleusement étudiées , ont (piel- ques traits différentiels spécifiques (1). D'abord le guillocbage y a ses reliefs moins prononcés et un peu modifiés. Quant aux piquants subterminaux, ils ont bien le môme nombre , la même disposition , mais leur coidiguration est distincte. Ce sont de véritables apophyses du Iwird coriace simulant des dents ou des crénelures auxciuelles s'implaulc une poinl(^ particulière styloïde inclinée vers le bout de la valve. La ligure ([ue j'en donne me dispense d'autres détails. De plus, j'observe au bord inférieur de la valve deux apophyses sem- blables dont je ne découvre pas la uKiindrc trace dans le Juvencus. Dans le Fuscicornis, le guillocbage est formé de lignes obli(pies plus simples et plus serrées, et les piquants ou crochets sont au nombre de sept, conoïdes, simples, sans pointe styloïde. Je ne dé- couvre au Spectruni, dont la conliguralion générale ressemble tant à celle du Juvencus, que trois ou au plus quatre crochets, beaucoup moins saillants, simples et tous rapprochés de l'extrémité. Le guil- locbage ressemble d'ailleurs à celui du Juvencus. Dans les Xijjlnjdria, la gaine évaginale courte , com|)rimée et mutique, s'éloigne beaucoup de celle des Sirex, dont elle conserve pourtant encore un guillocbage effacé. Ces traits semblent justifier Leacli d'en avoir constitué une famille particulière. 2° Tarière ou vrille (2\ — (".'est un stylet corné, brun, au.ssi fin (1) Fig. 20. (2) Fie. 21. RECHERCHES SUR LES UROCÉRATES. 227 qu'une soie de Porc, solide, mais éininemnienl élastique, teniiiné (dans le Juvencus Irais i jiar un renllcinent ovale-oMong , sorte de goupillon garni d'aspérités ou d'arêtes tranchantes. Il est tant soit peu moins long que lu gaine, dans laquelle il est très libre, indi'pen- dant, et dont il peut l'acilement s'atïrauehir jusqu'à sa racine, qui naît de la saillie ou bosse sous-ventrale. Cette racine tient au corps par une bifurcation cornéo-lendineuse, dont les lilets ronssàtres et divergents donnent attache aux muscles qui en règlent les manœuvres. Toute fine qu'elle est , la tige ou manche du goupillon , étudié non pas au microscope , mais à une forte loupe, présente une tex- ture superficielle dont nous aurons à inlerpn'tcr la valciu' physiolo- gique. Et d'abord, de la connivence des tilels basilaires cornéo- fendini'ux dont je viens de parlci' , il résulte à la fac(> infé'rieure de ce manche un canalicidc linéaire d'iuie finesse extrême, loulefois bien constatable , se continuant jusi[u'à l'origine du goupillon. Mais, remari|uez-le bien, la face su|iérieure de ce manche n'offre pas la moindre apparence de ce canalicule. On y aperçoit ensuite de subtiles empreintes linéaires, fransversales, simulant des articula- tions, et marquant de ciiaipie côlé, à leur terminaison au canalicule médian, une très petite fossette arrondie, l^s bonis de ces fos- settes semblent à peine saillants, et je crains même(|ue ce soit là une illusion d'optique. Les arêtes du goupillon se rapprochent à angle aigu ou en accent circonllexe à la ligne médiane , et les bords ont des dentelures bien prononcées. Je le déclare encore, le canalicule du manche ne se continue point à la ligne médiane du goupillon ; on peut même se convaincre que le bout de celui-ci, (jui, dans (pielipies individus bien conservés du Juvencus, forme une pointe détachée, n'offre pas le moindre vestige d'une rainure. La tarière ilu Giyas et du F uscicornis présente sous le manche le canalicule médian et les petites fossettes latérales du Juvencus; mais son goupillon est beaucoup moins gros proportionnellement an manche que dans ce deruiei'. 11 est bon de se rappeler au.ssi que j'ai étudié celui du Juvencus dans une condition où il n'avait pas fonctionné, et où, par conséquent, ce goupillon était neuf. El quoi- 228 i,f:oi\ niFouR. qu'il Pxislo, en (|lioI(|iio |joiiil do la l'ace inférieuro do ce dernier, une rainure médiane , celle-ci n'est que le résultat du rapproche- ment moins connivent de quelf|ucs-unesdes arêtes obliques. Dans aucun des individus du Gigas et onte. L'étude attentive de l'appai'eil me donne la conviction intime que, pour commencer son opération , le goupillon rugueux ne doit point sortir par l'en- Ir'ouverture du bout de la gaine. Le petit sinus ou arrêt dont j'ai parlé, et la surface plane ipii le suit, me confirment dans cette idée. Je crois donc que ce goupillon, pour entrer en fonction, doit se dégager du bout de la gaine par la partie infériem-e de celui-ci, tandis (jue son manche est retenu, pressé peut-être, entre les valves de la gaine. Les fines empreintes superficielles , ou semi-articula- tions du manche semblent destinées à favoriser et cette inflexion el ce mouvement ar cela même, un segment essentiel , quoique privé d'orilices respiratoires. Ce der- nier trait négatir s'observe généralement dans le segment leruiinal de l'abdomen de tous les Insectes. Ce même auteur ne compte qu." cinq seginenis cl; à la région ventrale, tandis que |iositivemcnt il y en existe sept, .l'en appelle, sur ce point et le précédent, aux yeux non prévenus de tous les en- tomologistes, aux figures tant anciennes que récentes, tant nalio- nales (|irétrangères, de ce bel Hyménoptère. Il parait tout d'abord as.sez étrange de se trouver en dissidence sur le nombre de pièces dont les dimensions doivent sauter aux yeux de tous. Je vais expli- (jucr cette dissidence, ces singuliers quiproquo. .M . Lacaze-Dutbicrs a de S(m aulorilc privée désbérité l'abdomen des .Sirex l'cmelles d'une grande partie de .son enveloppe l(''gumen- tairc |)Our la léguer à l'oviscapte ; ses habiles ciseaux ont pourfendu dans la ligne médiane le neuvième segment dorsal , qu'il nomme aibitrairenienl lehuilièmc. Mais là ne s'est point bornée la faculté créatrice de son instiiimenl haiichant ; il a liardiment pénétré dans les profondeurs liu grand segment ventral , conccptacle de l'appa- reil locomoteur de l'oviscapte, appareil qu'il n'a ])as pu conslater (I) M. Lacaze-Dulhiers substitue au mot segmcnl, dès longtemps consacré et Mes significatif, même d'une manière générale, celui de zoonite. D'abord, éty- mologiquement parlant, il faudrait dire, je crois , coiii/e et non zoonile. Ce nouveau terme est certainement défectueux , car les segments du corps des Insectes ne sont point des ceintures, des zona, mais des demi-anneaux , des cintres. 233 LÉON UUFOIJK. dans ses aulopsies sur le sec , et il a complètement, divisé le lond menibranenx , inaperen par lui, de sa gouttière médiane. Alors enlrainé par ses inspiralions incisives, il a partagé de eomlilc en foml cette immense portion du squelette dermi{iue de l'abdomen en deux moitiés égales , dont il a constitué la dot illégitime de l'oviscapte en les étalant et les représentant de clia(|ue coté de celui-ci sous la forme d'élégantes ailes symétricpies. Pour justitier son œuvre de création, l'auteur vient nous parler des grandes diffieullés à découvrir des soudures , trouvées par lui seul. Quelle soudure, par exemple, a-t-il pu constater à cette grande pointe chargée d'aspérités qui termine le dernier segment dorsal ? Voilà pour les segments constitutifs de l'abdomen , si anormale- ment, si bizarrement interprétés par l'auteur. Venons au véritable oviscapte dégagé de ses emprunts ou de ses héritages. Non, non, les valves de la gaine tlu Gigas ne sont point échan- crées à leur bout spical ; celui-ci est arrondi dans tous les Sirex. Et puisque M. Lacaze-Duthiers soupçonnait de mutilation cette partie de l'oviscapte qu'il avait sous les yeux, pourquoi a-t-il dé- daigné de consulter à ce sujet l'iconographie de ses devanciers de diverses époques ? Il aurait trouvé dans Réauniur , le premier en date, et dans Ralzeburg, qui est,jeciois, le dernier, des ligures (pii l'auraient pleinement converli. Croil-on donc cpie le cristallin des Swammerdam , des Réaumur, des de Geer, des Lyonet, des Bonnet, des Lalreille, nos maîtres en observation, n'était pas aussi limpide que celui de nos novateurs actuels , et (|ue la plume de ces vénérables savants n'était pas aussi bien taillée que la leur ? Mais ce qui a lieu de m'étonner, c'est que le même ri'il, habitué à saisir d'imperceptibles soudures, n'ait pas aperçu ces aspérités, ces piquants du bout des valves de la gaine, (pic la jjIus faible loupe rend évidents dans le 6'(y/s, \c Juvencus, etc. Ces aspérités, ces piquants, se trouvaient-ils usés, nuls, dans les individus soumis au ciseau de l'auteur ? Cela n'est pas impossible. I.cs ligures 5, 6et 7 deM. Lacaze-Duthiers ne sont, à mon avis, je n'bi'sile pas à le dire, (|ue des dessins .sr/K'»(a//7»p.s'. i);iMS l'idée de l'auleur, la tarière serait divisée dans sa ligne médiane en deux rechkkchës sni le^ i hudéiutks. 2oo moitiés senil)lables ; l'une de ces imiiliés pourrait jouer, ^'lisser sur l'autre, ainsi que l'exprime manifestement la tifiure G. Je l'ai déjà dit, je le déclare encore dans toute la sincérité de mes convictions microtomiques, la tarière des Sirex a bien à sa face inférieure , mais à sa /"«ce //(/e'/ieure seulement, une fine coi//me médiane, un canalicule, qui même ne se continue pas au bout renflé ([uej'ai appelé goupillon. Celui-ci se termine dans \cJuvencus\yi\' un prolongement cylindroide , uni , sans la moindre trace, ni de rainure, ni de division. Qu'on me permette de redire ici que Ratze- burg , certes bien étranger à notre débat , a représenté entière l'extrémité grossie de la tarière du Gigas. Je borne là pour le moment mes observations relatives aux spé- cialités; j'ai hâte d'aborder des généralités, au contrôle desquelles je me trouve plus directement intéressé. M. Lacaze-Duthiers, dans ses recherches squelettologiqucs, est parti de l'idée malheureuse qu'il y a identité de composition orga- nique entre Vaiguillon d'une Guêpe et Voviscapte d'un Hyméno- ptère térébrant. Puis il pose littéralement la ([uestion suivante : Existe-t-il un plan unique dans la composition des oviscaptes et des verges des Insectes ? Au nom de (^es conformités organiques invo- quées par l'auteur, je l'adjure de ne point consommer cet acte d'hétérogénéité. Où irait la science dans une semblable direction ? Hélas ! tout droit au chaos où la poussent déjà quelques empressés du jour. J'en demande bien pardon à M. Lacaze-Duthiers, mais en me faisant l'honneur de m'emprunter le nom d'armwre, il a fort mal saisi ou mal interprété ma dénomination d'armure co/jw/a^r/ce ,- je n'ai jamais enqiloyc ce nom ijnc iiouries seuls mâles. Klle a dans ce cas une accejition rigoureuse, une valeur 1res significative. Ce curieux instrument ]iréliensif, ce singulier forceps, receleur du pénis, auquel il sert de condiuteur, peut bien, par sa configuration variée, donner la garantie de la légitimité des types, devenir la clef d'une serrure ; mais, soyons de bon conqile, serait-ce servir la science (jne de l'exhiber connue caractère spécifique? Non, sans doute. Il n'y faudrait recourinpicdans les cas extrêmes où les traits extérieurs seraient insuffi.sants. Laissons donc encore cet organe 23/l LÉOK UL'FOUK. dans le domaine de l'anatomin iritérieiire. Ne compliquons [las la marche pour arriver à la connaissance positive de l'espèce , hu( de toutes les méthodes. Surtout qu'on ne confonde jioinl l'armure copulatrice avec la verge, que M. Lacaze-Duthiers aura sans doute eu peu d'occasions de constater , et qu'on ne recherche point ses analogies avec Voviscapte! Jamaisjelerépète, je n'ai étendu à la i'cnielle la dénomination A'armure copulatrice, et j'avais de bonnes raisons qui subsistent encore. Toutefois, dans la description de l'appareil génital femelle des Insectes de tous les ordres, j'ai, à l'exemple d'Audouin, donné le nom de poche copulatrice à une bourse particulière, placée sur le trajet de l'oviducte, destinée à recevoir, et le pénis avec son armure, et la liqueur séminale pour la fécondation des œufs. Dans ma façon de voir, le nom iVoviscapte doit être exclusive- ment réservé à un instrument destiné à insérer les œufs dans un milieu plus ou moins résistant. Beaucouj) d'Insectes pondent leurs œufs simplement par la vidve, et les laissent ou à nu sur le plan de support, ou enveloppés par im produit sécrété quelconque. Sui- vant moi , les femelles de ces derniers Insectes n'ont ]>as d'ovi- scaptcs; elles pondent comme les Oiseaux. Les oviscaptes modèles sont, sans contredit, ceux des Hyménoptères térébrants, des Locustaires, etc. Mais il existe aussi dans beaucoup de Diptères des oviscaptes rétractiles qui, malgré leur mollesse, ne laissent pas que de mériter ce nom. En m'cmpruntant l'appellation de gorgeret, je prie encore M. Lacaze-Dulbiersdesc raijpclerqueje l'ai exclusivement réservée à l'appareil vénénifique. (Jr je n'établis aucune parité, aucune unité de composition entre cet appareil et celui de la génération. Dans les Apiaires sociales, les ouvrières ont cerlainement un appareil véné- nilique fort développé , un dard très vif, et pourtant leurs organes génitaux sont rudimentaires et infonetionnels. UECHKKIIHKS SUR LKS LKOCÉKATES. 235 EXPLICATION DES FIGURES, TOUTES GROSSIES. PLANCHE k- Kig. 1 . Abdomen et métathorax du Sirex Juvencus vu par la région dor- sale, pour mettre en évidence et la composition segmentaire et la position des stigmates. — aa, faux stigmates mélulhoraciques. — b, stigmates abdo- minaux. Fig. 2. Stigmate m^soprol/ioracigue isolé. — no, lisière de la membrane fibro- coriacée qui le supporte. Fig. 3. Faux stigmate mélathoracique isolé, où l'on voit son support en console et la texture aréolaire de la membrane qui le forme. Fig. 4. Stigmate abdominal isolé, pris sur un individu vivant. Fig. 5, Stigmate abdominal isolé, pris sur un individu desséché. Fig. 6. Portion de la base dorsale de l'abdomen , où l'on voit aux angles les stig- mates, puis la division du premier segment en deux panneaux égaux. Fig. 7. Une trachée isolée, pour mettre en évidence et les trachées lubtilaires et les utriculaires grandes et petites. Fig. 8. Cerveau et système nerveux ganglionnaire du Gijas. — a a , cerveau avec ses cftoroides oculaires. — bb, nedi unleimaires. — ce, nerfs buccaux. — d, les trois optiques oceltaires. — c, bulbe rachidien. — f, œsophage engagé dans Vanneau aesophaijien. — g , ganglions Ihoriiciqws avec leurs paires de nerfs. — h , ganglions abdominaux avec leurs paires de nerfs. Fig. 9. Appareil digestif du Juvencus femelle — a, tête. — b, œsophage. — c, ventricule chylilique. — dd , vaisseaux hépatiques. ■ — e, intestin stercoral. — /■, rectum. — g, bout de l'abdomen ouvert au milieu pour mettre en évi- dence le point où le rectum s'ouvre à l'anus. Fig. 10. Aulre mode d'insertion des vaisseaux hépatiques de ce Juvencus dans une vésicule biliaire assez développée. Fig. 1 1 . Autre mode d'insertion du Juvencus dans un godet. Fig. 12. Autre insertion hépatique simplement verticillée dans le Gigas. Fig. 13. Appareil génital mâle du Juvencus. — aa, conduiis déférents des tes- ticules. — 66, épididymes. — ce, vésicules séminales. — d, armure copula- trice. Fig. 1 i. Abdomen du Juvencus, privé de ses segments dorsaux pour mettre en évidence et l'appareil génital l'emelleet l'intérieur du grand segment ventral. — o, ovaires et leurs gaines ovigères serrées. — b, ligament suspenseur commun des ovaires. — ce, cols ovariens. — d, les deux grosses vésicules sphériques. — e, bourse copulatrice. — ff, glandes sébifiques. — gg, grand segment ventral vu par sa face concave et dépouillé des muscles — h, grande gouttière médiane. — ii , les deux baguettes marginales de la gouttière. — kk, baguettes 236 LÉOK UUFOUR. — KtCllERCIIliS SUK LES LKULÉRATES. d;'sco>da(es avec leurs appendices. — /, extrémité du dernier segment dorsal. — m , portion évaginale de l'oviducte. Fig. 15. Gatne ovigère isolée, avec ses œufs. Fig. 16. Portion de la glande sébifique isolée. — a, grappe déroulée des cap- sules sécrétrices. — b , conduits excréteurs. — c , réservoir. Fig. 17. Bourse copulatrice isolée du Juvencus. Fig. 18. Portion de l'appareil génital femelle du Gigas. — a, grosses vésicules sphériques. — 66 , oviducles avec les œufs. — c, bourse copulatrice avec son appendice. Fig. 19. Portion eDugina/e de l'oviscapte du /uuencus considérablement grossie. — aa, valves entr 'ouvertes. — 6 , les six crochets de leur bord supérieur. — c , valve vue par sa face interne. — d , surface guillochée de la valve. — e , ar- ticulation qui sépare la portion évaginale de \' invaginale. Fig. 20. Portion d'une valve de l'oviscapte du Gigas avec ses crochets des deux bords. Fig 21 . Portion de la tarière du Juvencus. — a , goupillon. — b , son manche. Fig. 22. Portion plus grossie de ce manche, avec les petites fossettes et les demi- articulations. RÉSUMÉ TRAVAIL D'EMBRYOLOGIE COMPARER SUR LE DÉVELOPPEMENT DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE L'ÉCREVISSE, Par M. LEBEBOULLET. L'Académie des sciences avait mis au concours, pour 1849, l'élude du développement de l'embryon dans trois espèces prises, l'une dans les Vertébrés, l'autre dans les Mollusques, la troisième dans les Articulés, alin d'établir, par celte étude , des bases pour l'embryologie comparée. Aucun Mémoire n'ayant été présenté, l'Académie proposa la même question pour le concours de 1853 , mais en la restreignant à l'étude de deux types. Voici les termes de la nouvelle question , telle qu'elle fut alors posée par la commission de l'Académie : « Etablir, par l'élude du développement de l'embryon dans deux espèces prises J' une dans l'embranchement des Vertébrés, et l'autre, soit dans l'embranchement des Mollusques, soit dans celui des Arti- culés, des bases pour l'embryologie comparée. » « Le grand objet , ajoute le programme , que , par le choi.v de cette question, l'Académie propose aux efforts des naturalistes et des anatomistes, est la détermination positive de ce qu'il peut y avoir de .semblable ou de dissemblable dans le développement comparé des Vertébrés et des Invertc'brés. » J'ai entrepris de répondre àceltequestion,et j'ai adressé à l'Aca- démie deux monographies , l'une sur le développement du Brochet etdi! la Perche, l'autre sur le développement de l'Écrevisse. « La commission , dit le rapport , satisfaite de la manière dont le développement particulier de chacune de, ces espèces a été traité 238 LEREBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE dans ces monographies, n'aurait pas hésité à décerner le prix à leur auteur, si, aux ternies du programme, il eût l'ait ressortir avec plus de détail ce qu'il peut y avoir de semhlahle ou de dissemblable dans le tlévelo|)pement comparé îles Vertébrés et des Invertébrés. » L'Académie , sur le rapport de la commission , a bien voulu m'accorder une récompense de 2,000 fr. , et elle a voté l'impression de mon travail dans lea Mémoires des savants étrangers. Les recherches auxquelles j'ai dû me livrer m'ayant conduit à des résultats nouveaux, surtout dans les premières périodes du développement, J'ai pensé devoir publier un résumé de mes obser- vations, alin de mettre les embryologistes à même de contrôler les résultats obtenus et les conséquences que j'ai cru pouvoir déduire de leur comparaison . Mon Mémoire original se divise en trois parties, dont les deux premières sont consacrées à rex[iosé des faits, l'une sur le dévelop- pement du Brochet et de la Perche , l'aulre sur celui de l'Écrevisse. La première partie comprend cimi cha|)itres , (pii traitent : 1" de la composition de l'œuf avant la fécondation ; 2° des changements qui surviennent dans l'icuf jusqu'à la formation de la bandelette embryonnaire ; ?>" de l'apparition de i'eml)ryou et de son dévelop- pement jusqu'à la formation du cieur ; h" du développement de rembrvon depuis la formation du ('(ciu' jusqu'à l'éclosiou ; 5° du développement du poisson depuis l'i-closion jus(praprès la dispari- lion de la vessie vitellaire. Chaiiue cha[>itre comprend deux articles consacrés, l'un au développement du Brochet , l'autre au dévelop- pement de la Perche. Chacun de ces articles est suivi d'un résumé des faits observés ; puis, dans un article spécial, j'expose le résumé comparatif des ressemblances et des différences (pie m'a présen- tées, dans son évolution, l'icuf de ces deux Poissons. La deuxième partie , consacrée à l'embryologie de l'Écrevisse , comprend quatre chapitres, tpii traitent : 1° de l'œuf avant la fécon- dation ; 2° de l'œuf depuis la fécondaliou jusqu'à la formation de la tache embryonnaire; â» du déveloiipenicul de l'embryon depuis son origine jusqu'à la formation du cu'ur; et !i° depuis la formation du cieur jusqu'à l'éclosiou. (:iia(pie chapilri' est terminé par un résumé des observations, DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 239 La troisième partie comprend le résumé général des faits obser- vés et exposés dans les deux parties précédentes ; elle traite des rcssciiililanccsef desdiftérences(|ni existent entre le développement du Brocliet et de la Perche [iris pour types des animaux vertébrés, et celui de l'Écrevisse prise pour type des Articulés. En altciidant l'impression de mon travail dans les M émoires des savants étrangers, avec les lijj;ures nécessaires à l'inlelligence des faits, je réunis, dans le résumé qu'on va lire, tous mes résumés partiels dans l'ordre de leur succession. PREMIÈRE PARTIE. EMBRYOLOGIE DU BROCHET ET DE LA PERCHE. CHAPITRE I. DE l'oeuf avant LA FÉCONDATION. Art. 1". — Dans le Brocliet. 1 . L'œuf commence par une vésicule simple, qui se produit dans les parois du sac ovarien. 2. Peu de temps après son apparition, i'(euf se compose de deux sphères emboîtées l'une dans l'aulrc, et dont les parois sont très rapprocliées. 3. La sphère externe ou vilelline s'écarte rapidement de la sphère interne ou germinative, soulève la membrane ovarienne , et s'en entdure cunniic d'une capsule dont la surface interne se revêt d'un épitbcliuni. 4. Sa vé.sicule germinative ne contient d'abord que des granules pres(|ue imperceptibles sus[iendus dans un liquide. 5 Quand cette vésicule conunence à s'isoler au milieu île l'ceuf , elle .se remplit peu à peu de globides transparents (les taclies germi- nativcs), (jui .sont d'abord [)eu nombreux et périphériques. 6. Les taches germinativcs grossissent et se multiplient de la sur- face au centre de la petite sphère. 7. Le contenu de la sphère vitelline est d'abord une matière gra- nuleuse, tenue en suspension dansiuili()uide, et qu'on ne ihstingue qu'à l'aide de la coagulation. 260 I.KREBOm.I.KT. EMBRYOLOGIE COMP'.RKF. 8. Plus (;irtl il se l'oniie tie petites vésicules fi,raisseuses.qui se réunissiMit en groufics irrégiiliers dispersés sur la surface de l'œuf , ou qui s'accumulent autour de la vésicule fierminative. 9. La vésicule germinative cesse de très bonne heure d'être cen- trale ; elle se porte vers la surface de l'œuf, et ne tarde pas à devenir tout à fait périphérique. 10. Pendant qu'elle chemine ainsi peu à peu du centre vers la surface, elle augmente de volume et atteint des dimensions consi- dérables, jusqu'à O"'"', 50 ou 0"'"', 55. 11. En même temps ces globules transparents ou taches germi- natives se transforment en cellules granuleuses. 12. Les globules vitellins se forment et remplissent bientôt la sphère vitelliue-, ils se nuiltiplient par génération endogène. 13. La vésicule germinative cesse d'exister comme vésicule longtemps avant la maturité de l'œuf. ill- Avant sa disparition elle est remplie de corpuscules de na- ture diverse (cellules granuleuses, globules transparents, granules et vésicules graisseuses. 15. Elle est remiilacée par des amas granuleux , jaunâtres , qui .^e composent des mêmes éléments que la vésicule, et sont le résultat de sa déchirure. 16. Les amas jaunâtres, qui occupaient d'abord la place occupée auparavant par la vésicule germinative, se dispersent dans l'œuf sous la forme de tlocons jaunâtre pâle. 17. Ces tlocons ne renferment plus de cellules granuleuses; mais ils se composent de très petits corpuscules brillants, dispersés au milieu d'une matière granuleuse amorphe. 18. Cette dernière, avec les corpuscules brillants, constitue la substance plastique de l'œuf. 19. L'œuf mùr non encore détaché de l'ovaire se compose de globules vitellins encore en voie de multiplication endogène , de vésicules graisseuses simples ou agrégées , de corpuscules brillants et d(( granules plastiques. 20. L'œ'uf mùr est entouré de deux membranes : l'extérieure est percée de tubes microscopiques qui servent à l'absorption de l'eau, et, parconsé(|uent, à la respiration de l'œuf; l'intérieure, appliquée Ur BROCHET, DE LA PERCHE ET DE LECREVISSE. 2ii contre le vitellus, est tiiie simple enveloppe protectricecxlrèmemenl minée et amorphe. 'il. Quand rniila alleinl sa maturité complète, il se détache de l'ovaire et lomhe ilansie sae ovarien; il est alors muni d'une taelie jaune i'ormée par la réunion de tous les élémenls plaslii[ues et nu- tritifs (jui se trouvaient dispersés dans l'œuf. 22. Le reste du vilellus est limpide et ne se compose plus que d'un liquide alhumineu.s , au milieu duijuel se voient encore quel- ques glohules vitellins et des vésicules praisseuses. Abt. 2. — Dans la Perche. Quoiipie je n'aie pas suivi toulesles pliases du développement de l'œuf de la Perelie avant la fécondation, je puis cependant noter les résultats suivants comme ayant été constatés chez ce poisson. 1. Les ovules de la Perche naissent, comme ceux duBrochel, dans le parenchyme de l'ovaire , et se développent dans ce paren- chyme en .soulevant la meadjrane ovarienne cl en s'en enlourani comme d'une capsule. 2. Les très ju^lils ovules imiI dé-jà une vésicule germinalive rem- plie de taches jj;eruiinalives(pii lirilleut conune des perles. 3. Le contenu de la vésicule genninative se développe avant celui de la s|ihère vitelline. Ce contenu est d'abord {iranuleux ; ce n'est (pic plus lard qu'il se h'ansformeen glohules vitellins. k- La vésicule genninative grossit à mesure ([ue l'œuf se déve- lopi)e. 5. Elle e^l .soumise à un mouvement centrifuge qui la porte , dès les premiers lenips, vers la surface de l'o'uf. 6. La vésicule disparaît avant la fécondation, car elle n'existe plus dans les o'uisipii n'oul pas même encore atteint toute leur maturité, el (pii tiennent encore à l'ovaire. 7. L'o'uf mûr est composé de globules vitellins, de globules graisseux, d'une grosse goutte huileuse et de petites masses gri- sî'ilres dispersées dans toute son étendue. 8. Ces petites masses ont la même composition que les masses analogues de couleur jaunâtre trouvées dans le Brochet. 4" serin. Zoor,, T. I. (Caliicr n' 4.) * 16 242 LEttEBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE 9. On rencontre i|uel(|uet'ois dans la cavité de l'œurdes vésicules transparentes, qui llollent à la surface de la sphère vitelline en dehors de cette sphère. 10. Cette observation semble indiquer que la membrane vitelline n'existe pas encore à cette époque 11 . Les œufs de la Perche se distinguent de ceux des autres pois- sons par la manière dont ils sont iiîiji'inlin('s les uns aux autres pour former d'éléyanls réseaux. 12 . lis doivent cet arrangement à l'existence d'appendices pili- formcs dont la coipie de l'ceuf est couverte, qui sont étroitement engrenés les uns dans les autres. 13. Ces appendices piliformes sont creux, et traversent toute l'épaisseur de la coque. 14. Outre ces espèces de poils creux , la cotpie est traversée par des tubes beaucoup plus petits qui sont les véritables organes d'ab- sorption de l'œuf. 15. Cette disposition rend r(euf de la Perche très hygrosco- pique; quand il est dans l'eau, il se gonfle rapidement par absorp- tion de ce liquide , et acquiert im volume à peu près double de celui qu'il avait dans l'ovaire. Abt. 3. — Résumé comparalif des ressemlilances et des différences que pré- senleiit l'œuf du Brochet, el celui de la Perche, dans le développement avant la fécondation. A. Ressemblances. § 1. L'fcuf commence par n'èlre qu'tuie simple vésicule (pii apparaît dans le tissu propre de l'ovaire et se développe , enlonrée d'une capsule immédiatement a|»pliquée autour d'elle. On a peut- être attaché trop d'iiuporlaiice à la (piestion de savoir si c(^tte vési- cule primitive représente la vésicule germinative, ou si elle est déjà l'œuf lui-même. La tendance générale de la nature à produire de nouveaux éléments dans les sphères qui se sont formées, tendance qu'on voit surtout dans les générations endogènes , doit nous faire pencher vers la seconde hypothèse , quoique la première soit plus généralement admise , (raulant plus que celte manière de voir est conforme à ce qu'on observe dans le règne végétal. DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE L'ÉfJREVISSE. 243 § 2. Peu de temps après son appai'ition, l'ovule se compose de deux vésicules emboîtées l'une dans l'aulre. Ces deux sphères con- stituent deux organes dont les usages sont dilTcrents : l'une d'elles, la vésicule germinative, fournit les éléments plastiques destinés à former l'embryon ; l'autre, la s|ibère vitelline, produit les éléments destinés à le noun-ir et à li' drveiopp(>r. § 3. Pendant toute la durée de son séjour dans l'ovaire , l'œuf reçoit sa nourriture de l'ovaire lui-même par l'entremise de la capsule qui l'initoure, capsule dont lapm'oi inlerue est couverte de cellules épitlicliales. § k- Chacune des deux sphères dont l'ovule se compose a un conteim différent. D'un côté sont des vésicules destinées à subir des transformations cellulaires, dans le but de produire des granules formateurs ou plasticpies : ce sont les taches germinatives. De l'autre on a des granules , qui se changeront plus tard en globules vitellins, et des vésicules graisseuses. § 5. Les éléments de la vésicule germinative et ceux de l'ovule sont doués d'un mouvement périiiliérique ou centrifuge. Ainsi les taches germinatives, dès ((u'clles sont formées, se portent à la sur- face de la vésicule; les granules vitellins , qui prennent naissance autour de la vésicule, se mulliiilient de dedans au dehors ; enfin la graisse aussi se répand à la surface de l'ceuf. Ce mouvement péripliéri(iue a lieu pour la vésicule germina- tive elle-même, qui gagne aussi la surface de l'œuf. Ce n'est pas au poids spécifique (pi'il faut attribuer la position superficielle de la vésicule, connue le veut établir .M. Vogt [Embryoloyie den Sal- mones, p. 3y ; elle n'arrive que peu à peu à la surface, ce qui n'au- rait pas lieu si elle était plus légère , car alors elle devi'ait , dès son apparition, se poi'Ier du centre à la eirconféreuee. § 6. La vésicule germinative prend part à l'accroissement gé- néral de l'œuf. A la vérité elle grossit dans des pro|)ortions moins fortes que ce dernier, mais son augmentation de volume ne saurait plus aujourd'hui faire l'objet d'un doute ; les mesures (jue j'ai don- nées établissent ce fait dans toute son évidence. L'accroissement de la vésicule provient de la multiplication des éléments (ju'elle renferme (ïI du développement de ceséi('ments. Ihh TEREBOULLET . — EMBRYOLOGIE COMPARÉE § 7. Pendanl cet accroissement de la vésicule et de l'œuf tout entier, les éléments de l'une et de l'autre sphère se moditient et se différencient de plus en plus. Les taches germinativcs se chan- gent en cellules, tandis que les granules vilellins se constituent en glohules, et ceux-ci tendent à se multiplier par génération endogène. § 8. Vers les derniers temps de son existence , la vésicule ger- minative renferme des corpuscules de nalure diverse (cellules, granules, vésicules graisseuses). La présence de ces divers maté- riaux annonce une transformation qui aura bientôt pour résultat la produclion des corpuscules plastiques destinés à constituer l'em- hryou futur. La graisse intervient d'une manière évidente dans la formation de ces éléments nouveaux. § 9. C'est lorsqu'elle a préparé ces éléments embryonnaires que la vésicule se rompt et les répand à la surface di» l'a'uf sous la forme de corpuscules microscopiques , qui n'attendent plus , pour subir lie nouvelles modifications , que l'impulsion vitale qu'ils doivent recevoir du fluide fécondant. § 10. La fécondation ne prend donc aucune part à cette rupture de la vésicule germinative, ni à la dissémination de ses éléments. Je crois avoir établi d'une manière positive , pour le Brochet et pour la Perche, ce l'ail important qu'on vient aussi de constater dans la femme, et qui s'appliquera sans doute à tous les Vertébrés, probablement même à tous les animaux. § 11. D'abord réunis en petites masses , et occupant encore la place qu'occupait la vésicule germinative, les corpuscules plasti- ques produits par cette vésicule se répandent peu à peu dans l'œuf tout entier, et se mêlent aux éléments vitellins. § 12. Le dernier acte de la vie de l'œuf dans l'ovaire esl la con- centration , vers un de ses pôles, de tous les éléments dont il se compose , c'est-à-dire des corpuscules plastiques , des globules vitellins nutritifs, et de la graisse, pour former une tache jaunâtre ou grisâtre , tandis que le reste du vitellus est d'iuie limpidité parfaite. J'ai aussi observé cette réunion des cléments vitellins en un seul amas dans le Rotengle (Lenciscus erythrophtbahnus), tandis que DU BKOtHliT , DE LA HEKCHE ET UE LÉCREVISSE. 245 .M. Aoyl l'a vue dans la Palée \Coregunus palœà). Ce phénomène parait donc être général chez les Poissons. § 13. Apiielé à vivre dans l'eau , rd'ufcst enlonn'' d'une mem- brane très perméable, traversée par une inlinité de petits tubes qui l'aeilitenl l'absorption de ee liquide, et servent ainsi à sa respiration. § 14. Je ne pense pas qu'on doive assimiler soit l'o'uf en entier, soit seulement la vésicule yerrninative , à une véritable cellule. Si c'est l'ceut' tout entier que l'on eompai'e à une cellule , la vé- sicule en sera le noyau ; mais cette comparaison ne saurait être admise , puisque la vésicule ne cesse de croître depuis sa naissance jusipi'à sa dispiu'ition , en même temps (jue ses éléments inclus se multiplient. La deuxième hypothèse , qui compare la vésicule à une cellule , n'est yuère plus salisl'aisante , à cause de son contenu , les taches germinatives, qu'il faut alors regarder comme des noyaux multiples, assimilation qui ne s'accorde pas avec leurs changements de forme et de volume, et avec leurs transformations. Si l'on veut ranger l'œuf dans la classe des cellules endogènes , on rencontre d'autres difficultés. Les cellules endogènes ont pour caractère principal et essentiel la similitude des éléments reproduits dans des cellules incluses et qui d('M'ivenl les unes des autres. Ici , au contraire , nous trouvons des éléments hétérogènes dans l'œuf et dans sa vésicule, et nous voyons ces éléments se modifier en outre avec l'âge de l'icuf. Nous pensons donc (pi'il faut renoncer à ces comparaisons, et se borner à regarder l'o'uf conunc un petit organisme dont les deux |)arties essentielles ont chacune un rôle jiarticulier à remplir. B. Différences. § 15. D'après ce qui précède , les différences qui existent entre l'oîuf du Brochet et celui de la Perche sont peu nombreuses, et relativement peu impiirlaiilrs. Elles (■(insisicnl dans l'ai^i'angement des (j'ufs , leur couk'ur, l'aspect de leur suiface , la disposition des éléments qui les constituent. .Mnsi les œufs du Ihocjiel sont iibi'cs, ceux de la l'crclic sont 246 LEREBOULLET. EMBRYOLOGIE COMPARÉE agglutinés les uns aux autres. Dans le Brochet , Ils ont une couleur jaunâtre ; ils sont verdâtres et beaucoup plus transparents dans la Perche. Leur surl'ace est lisse dans le Brochet ; elle est, au contraire, dans la Perche , couverte de fdanients roides et recourbés qui servent à les attacher les uns aux autres. Enlin, dans l'rt'uf du Brochet, la graisse est disséminée en petits amas vésiculeux ; tandis que, dans celui de la Perche; presque toute la graisse est concentrée en une grosse goutte huileuse. Ces diflérences sont, comme on voit , d'un ordre secondaire. Elles constituent des caractères (|ui permettent de reconnaître faci- lement les œufs de ces deux Poissons, et qui sont , par conséquent, spécifiques, pcTit-êlre même génériques, mais qui sont étrangers au développement. La composition de l'œuf, ainsi que l'évolution et la transforma- Mon de ses éléments, sont essentiellement les mêmes dans le Brochet et dans la Perche. CHAPITRE II. DE LCEUF FÉCOUDÉ ET DES CHANGEMENTS Qll'lL PRÉSENTE JUSQUA LA FORMATION DE LA BANDELETTE EMBRÏONNAIRE. Art. \". — Dans le Brochet. 1 . Quand l'œuf est pondu, le vitcllus se sépare de la coque ; l'in- tervalle qui résulte de cette séparation se remplit d'eau , et donne lieu à la production de la zone transparente. 2. Les groupes de vésicules huileuses qui étaient dispersés se dirigent vers le pùle occupé par le germe, et se concentrent en un disque situé sous ce germe : le disque huileux. 3. Le germe renferme tous les gloljules vitellius, mêlés aux élé- ments plastiques dont il est d'ailleurs composé. Il- Le germe se soulève , et foime une ampoule de même teinte que lui. 5. La si'paration du vitcllus et de la coque par l'eau absorbée ; la concentration des vésicules graisseuses sous le germe; le mélange des éléments dont se compose ce dernier, et le soulèvement de ce IlL' BROCHET, DE LA PERCHK ET DE l'ÉCREVISSE. 247 germe en ampoule, sont des faits indépendants de la l'écondation, el qu'il l'aut rejrarder comme préparatoires. 6. La colline du germe qui s'est soulevée devient transparente , eiTet qui est produit par la séparation de ses élénienls ; les cor- puscules plastiques restent dans l'ampoule transiparcnle-, les glo- bules vifellins descendent au-dessous de cette ampoule. Cette sépa- ration des éléments du germe en deu.r groupes est le premier effet de la fécondation . 7. Le premier de ces deux groupes, composé d'élémenls plasti- ques, produira les cellules organiques de la vie animale : c'est le vitellus de formation. 8. Le deuxième groupe donnera naissance aux cellules qui pré- sideront à la t'orinationdes oi'ganes de la vie végétative : il constitue le vitellus nutritif. 9. La segmentation n'intéresse que le vitellus t'ormateur; les globules vilellins n'y prennent aucune part. 10. Les iiremières divisions du vitellus sont régulières ; elles se font par des lignes qui .se croisent à angles droits, et pailagent le germe en lobes égaux. Les divisions subséquentes n'offrent plus la même régularité. 11. Pendant toute la durée de la segmentation et de la formation du blastoderme, le vitellus exerce un mouvement de rotation sur son axe et un mouvement de translation autour de la co(|ne. Ce double mouvement se fait de la droite vers la gaudie. 12. On ne distingue ni cils , ni mouvement vibratile qui puisse expliquer cette rotation du vitellus. 13. L'ampoule gcrminalive, avant de se segment(>r, renferme un nombre variable de vésicules transparentes. H. Chaque lobe de segmentation conticnl une crlluic nucléée ; quelquefois la cellule renferme deux noyaux. 15. (>liaquc lohc de segmentation est entouré d'une membrane propre. 10. A la lin de la segnientalion, le germe, redevenu lisse, est enlièrement composi' de grosses cellules globuleuses à noyau, qui proviennent des derniers globules de fractionnement. 17. Le germe ainsi lunililii' est une sjilièi'c ereusi' Uivésicule 248 I.EREBOIJLLET. — EMBRÏOLOGlIi COMPARÉE Mastodermique), aplalie, qui s(^ (h-primo de plus en plus, et finit par s'appliquer sur le vilellusà la manière d'une membrane séreuse, pour former le blastoderme. 18. Dès que le hlaslodernie comnienee à s'étaler , il s'amineit à son ecntre, et se renfle en mi bourrelet marginal dans toute sa cir- eonférence. 19. Au commencement de sa formation, le blastodernre se com- pose de grosses sphères transparentes, semblables à des gouttes d'huile, et de cellules à noyau mat, un peu plus petites que les glo- bules mentionnés au n° 16. 20. En même temps, les globules vitellins se modifient en pre- nant un noyau. 21. Plusieurs cellules ont un noyau double. 22. Le vilellus conlimie à rester transparent ; il ne contient au- cune sorte de globules. 23. Pendant que le Iilastoderm(> s'i>lend siu'le vitellus, il se pro- duit au pôle de l'œuf, sur le a envahi les trois quarts du vilellus, il se compose de cellules épideriuoïdales coliérenles, qui fermenta sa surface une membrane continue, et de cellules embryonnaires qui conslifuent ses deu\ feuillets. 26. Plusieurs des cellules du feuillet supérieur ont déjà une forme allongée, ou sont disposées en séries linéaires. 27. Il existe sous le blastoderme une mendirane particulière qui s'en détache facilement , et (pii se compose de cellules distinctes des cellules blaslodermi(|nes. 28. On ne trouve plus de globules vitellins libres ; ces globules se sont changés en cellules pour conslitner la membrane précé- denle, 29. Le liquide vilellinse coagule en longues bagneltes alhumi- nensi's. DU BROCHET , DE L.V l'EKCHË ET DE L ECREVISSE. 249 30. Lariilïilidiidiivitflliis, qui :n;iil couimoiicéà so ralentir pen- dant f|ue le lihisloderinr s'i'teiMlait sur Td'iil', cesse tout à t'ait lors- que cette membrane en a envalii les trois (|uarts. 31. A la lin de cette période, lorsque la bandelette embryonnaire va se produire, le blastoderme enveloppe le vitellus tout entier, à l'exception d'un |)etit espace circulaire (pii lait saillie au dehors, espace entouré d'un bourr(,'lct quelquefois très épais. Anr. 2. — Dans la Peiclie. 1. Les éléments organiques de l'œuf fécondé sont, dans la Perche comme dans leBrocbet, des globules vitellins, des globules huileux , et une substance plastiipie composée de granules et de corpuscules brillants. 2. Ces éléments .sont accunuiiés vers un des pôles de l'oMd', où ils forment une éminence arrondie et saillante 'le germe;. 3. Le vitellus proprement dit reste liquide et transparent connn(^ l'humeur vitrée de l'o'il ; la grosse goutte huileuse occupe à la surface le milieu de l'ceuf. 4. Le bord de la colline germinativc s'éclaircil ; de plus , il se produit çà et là dans son intérieur des espaces clairs qui ne per- sistent pas , phénomène qui indique un mouvemenl des mob'cules du germe. 5. On voit assez .souvent une ou plusieui'S petites gouttelettes albumincu.ses sui'le germe lui-même, en delioi's de l'o'ul'. G. L'expulsion de ces gouttelettes est, sans doute, l'effet des mouvements de la substance du germe. Leur présence en dehors du vitellus montre ipi'à celte époque la membrane vitelline n'exisli^ pas. 7. Ce l'ail vieni à l'appui de l'opinion qui regarde le chorion comme produit parla membrane vitelline primitive (pii s'est sépa- rée du vitellus. 8. Plus tard, il se forme une nouvelle membrane aulour du vitellus. 9. Ij'éclaircissement du germe est produit |)ar le retrait des glo- bules vitellins (pii se porlenl vers sa base, et se séparent des élé- Mienls plastiques. 250 LEREBOULLET. EMBRYOLOGIE COMPARÉE 10. La segmentiilion commence dès que le germe est devenu transparent. 11 . La première division en deux lobes parait être constamment régulière, lln'en est pas de même des fractionnements qui suivent; ceux-ci divisent les germes en lobes , qui sont le plus souvent iné- gaux. 12. Pendant la segmentation, l'œuf de la Perche n'exerce aucUn mouvement de rotation. 13. Le fractionnement vitellin n'intéresse que la portion du germe soulevée en colline, et devenue transparente; sa basé ne participe jamais à ce fractionnement. 14. Dans l'reuf de la Perche, la vésicule centrale des lobes de segmcnlalion n'est pas distincte. 15. Les lobules de segmentation ont une membrane propre. 16. Les derniers globules qui résultent du fractionnement se changent en cellules nueléces. 17. Quand le fraclionnement est terminé , le germe représente une vessie creuse : la vésicule blastodermiqtie. 18. Les parois de cette vessie se rapprochent promptement l'une de l'autre pour former une calotte double, c'est-à-dire composée de deux feuillets conligus. 19. Lorsque le blastoderme a atteint la ceinture moyenne de ro'iif, il est di'jà très avancé dans son oi-ganisalion. 20. Il se compose, en effet, d'un épithélium en pavé, formant lUie pellicule épidcrmique, et de cellules embryonnaires dont plu- sieurs ont déjà une forme très allongée. 21 . 11 existe sous le blasloilcrme une membrane particulière, distincte, composée de grandes cellules très pâles ; c'est d'elle que se formeront les organes abdominaux. 22. Quand le blasloilcrme est parvenu aux trois quarts de la sur- face de l'oMif, il l'orme une bourse dont l'ouverture a ses bords très épais ; la partie non recouverte du vilellus fait saillie par cette ou- verture. 23. AvanI l'iipparilioii d(^ lu bandelette endiryinuiair(\ le biaslo- derme parail envelopper le vilellus lout entier ; on ne voit plus ce dernier faire saillie nulle part. DU BROCHET, DE LA PERCHE ET Dfe l'ÉCREVISSE. 251 Art. 3. — Résumé comparatif des ressemblances et des différences que pré- sentent l'œuf du Brochet et celui de la Perche , depuis la fécondation jusqu'à la formation de la bandelette embryonnaire. A. Ressemblances. Je ne rappellerai, dans ce résumé, (lue les faits les pins essentiels, et qui me paraissentsul'lisammentélablisd'après mes descriptions; j'en écarterai tout ce qui pourrait être l'objet de contestations. § 1. Nous avons vu , vers la lin du développenieni de l'n'uf et avant la fécondation , tous les éléments solides dont l'icuf se com- pose se réunir vers un de ses [lùles, et constituer un amas qui est le germe. Ces éléments organiiiues, les mêmes dans nos deux types, sont des piobulcs vitcllins , des vésicules graisseuses et des cor- puscules plasti(pies. Le germe, une fois formé, se soulève en une ampoule dans la- quelle les éléments sont encore entremêlés. §2. Peu de temps après qu'elle s'est produite, la colline du germe devient transparente. Cet effet remar(|uable, mentionne déjà par les auteurs, mais sans qu'on ait clierclié à l'expliquer, reconnaît pour cause la séparation des éléments du nerme en deux groupes : les corpuscules plasliques, qui occupent seuls l'ampoule, et les globules vitellins avec les vési- cules graisseuses, qui sont refoulés vers la base de cette ampoule. Cette si'paration est un faittrès important : elle isole, dès l'origine du «léveioppement du germe, les éléments i)iii doivent les premiers se coiislitueren cellules, et former à eux seuls les premiers organes embryonnaires, les autres élénienls ne se modiliant ipie plus lard ; elle sépare la partie du germe (pii doit se liacliomicr ; colin elle est le pi-ciiiier effet appr('ciaiilc di' la fécondation, et neprécède que de |ieu d'instants la segmentation. C'est celte [)ortion transparente du germe que nous ap[)elons , d'après la nomenclature de Reicliert, v!'te//M« /'or^/ui^eur, réservant le nom de vilellusnulrilif-àu\ autres l'Ii-nients vitellins. §3. l.a segmenlatioii vilelliiie se fait de la même manière dansie Brochet et dans la Perche. 252 LEBEBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE Elle n'esl rcgulii'rc i\\w pour les lii'ouiit'rs lobules qui se for- ment, c'est-:i-clire que, pour eeux-là seuls, les lignes de division se font en croix, et par(;i[;eiit le p'rnie en lolics éganx. Ce fractionne- ment n'intéresse que le vilellus formateur : les globules vilellins situés au-dessus de lui, à la base du germe, n'y prennent aucune pari. § i. Les lobules de segmentation conllennent une ou plusiciu's vésicules transparentes semblables à des cellules. § 5. Les derniers lobules de segmentation sont des sphères com- posées d'une matière granuleuse , et dans l'intérieur desquelles se trouve un noyau avec nucléole. D'où il suit f[ue la segmentation partage le vitellus formateur en une multitude de petites masses globuleuses qui se transforment directement ou indirectement eu cellules, si déjà ces masses ne sont pas des cellules elles-mêmes. Ce lésullal, ipie je crois avoir suffi- samment établi, fait ressortir l'iruporlance du vitellus formateur connue substance plastique, et jette un nouveau jour sur le rôle de la vésicule germinative, d'où nous avons vu dériver cette matière plastique vitelline. § 6. Les petits globules (jui résultent du fractionnement vitelliu s'arrangent de manière à former une vésicule creuse , \a. vésicule hlastodermique , reposant comme une spbère sur le sommet du vitellus transparent. (^elte v(''sicule s'aplatit et se change en une calotte composée de deux feuillets eontigus, et disposés aiùour du vitellus comme une mendu'ane séreuse : celle calotte est le blastoderme. .l'ai cherché en vain, dans les auteurs qui se sont occupés du dé- veloppement des Poissons (Baër, Rallike, Vogt et d'autres), quel- ques indications au sujet de celte dis[iosition remarquable de la calotte hlastodermique ; je n'ai rien trouvé qui s'y rapporte. Nous verrons dans l'histoii'edu développement de l'Écrevisse une dispo- sition analogue non pour le blastoderme, mais pour le sae vitellin. § 7. Les globules viteiliusne prennent aucune part à la formation un blastoderme, qui est exclusivement coiuposé de cellules dérivées du vitellus foriuateiu'. ;^S, Cepi'iidant ces uIiiIimIcs vilellins se Miodilieul et se cliungent m' riP.OCHET , DE L\ l'EliCMF. KT Df! 1,'kCREVISSE. Û'i'i en CL'lliili's ; ccllps-c'i se soiidciil les unes aux autres par une sub- stance intermédiaire qui les réiniit , et il résulte de ce travail une membrane très délicate qui se plare sous la calotte blastoderniique, et la sépare du vilellus albumiueux sous-jacenl. Cette nouvelle membrane , que je regarde comme le véritable feuillet muqueux ou feuillet végétalif, n'a, dans l'origine, aucune espèce de connexion avec le blastoderme. Ce feuilli^l ne doit pas être considéré comme en faisant essentiellement partie , puisqu'il dérive d'une autre origine, et (ju'il ne se soude à ce blastoderme que plus tard. § 9. Dès que le feuillet végétatif est formé, on ne frouvi^ plus de globules vitelbns libres au-dessous du blastoderme ; ils paraissent avoir tous subi la transformation cellulaire, et avoir été employés à la formation de la membrane en question. § 10. Les cellules ilu blasiiiderme se dil'féi'encicnt de très bonne heure. Les plus superflcielles, qui sont aussi les plus grandes, con- stituent les cellules epidermoklales ; les autres, beaucoup plus nom- breuses et composant les deux feuillets du blastoderme, sont les cellules embryonnaires. Parmi ces dernières, il en existe un assez grand nombre qui, dès les premiers temps de leur formation, sont déjà très allongées. § 11. Le blastoderme, après être resté quelque temps à l'état de calotte, envahit le vitellus albumineux , et le couvre tout entier, à l'exception d'une |)etite portion qui fait saillie à travers l'ouverture circulaire de cette esiièce de bours(\ Le feuillet végétatif s'étale aussi surl'oiuf en même temps que le blastoderme, et double intérieure- ment ce dernier dans toute son étendue. B. Différences. Les phénomènes que je viens de rappeler d'une manière som- maire s'observent dans la Perche et dans le Brochet. Les diffé- rences que j'aurai à signaler sont [leu nombreuses : voici les prin- § 12. Pendant toute la durée du fractionnement vitelliu , et pen- dant l'extension du blastodennc , l'œuf du Brochet tourne dans sa 254 LEBEBOLLLET. — EMBP.YOLOCIE COMPARÉE coque d'une luanièrc régulière ; aucun mouvement de rotation n'a lieu pour l'œuf de la Perche. Le vilcllus de ce Poisson conserve, pendant toute la durée du |iremier développcmeul, une iuunobilité complète. § 13. On ne distingue pas clairement dans laPerche les vésicules cellulilbrmes qui occupent le centre des lobules de segmentation, et qu'on voit assez bien dans le Brochet. Cette différence tient peut-être uniquement à la grande transparence de l'œuf de la Perche. § ili. Quand le blastoderme se dispose conmie une calotte à la surface du vitellus et conmience à s'étaler , le disque huileux , qui s'était concentré sous le germe dans le Brochet , s'étale en même temps. La Perche n'a pas de disque huileux proprement dit : la graisse, comme nousl'avons vu, est réunie en une grosse goutte ; il n'existe au-dessous du germe que quel(|ues vésicules graisseuses en petit nombre. § 15. La dispersion des vésicules huileuses , dans le Brochet, détermine la formation d'une petite vésicule hyaline (jue je n'ai pas vue dans la Perche. § 16. Dans la Perche , le blastoderme paraît recevoir le vitellus tout entier ; du moins n'ai-je jamais pu découvrir la saillie trans- parente produite par le vitellus liors de la bourse du bla.stoderme. § 17. On voit que, parmi ces différences, la première, celle qui concerne la rotation de l'œuf, est la seule qui ait (juchiue impor- tance, d'autant plus (|ue ce phénomène de rotation de l'œuf a été observé sur beaucoup d'animaux; du reste, le Brochet est, à ma connaissance , le seul Poisson sur lequel on l'ait signalé. Je ne l'ai pas vu dans les Poissons blancs dont j'ai observé plusieurs espèces, et M. Yogtne l'a pas rencontré dans la Paléc. Ainsi les principaux phénomènes d'évolution de l'a'uf, dans la période que nous venons d'étudier, se font de la niènic manière dans la Perche et dans le Brochet. DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 255 CHAPITRE III. IPPABITION DE LEÏBBïON ET SON DÉVELOPPEBEST JDSQu'a LA FORMATION DU CŒOB. Art. 1". — • Dans le Brochet. 1 . La bandelette embryonnaire [bande primitive de Baer) com- menee an bourrelet blastoilennif|ue par une accuniulalion de cel- lules qui s'avance rapidenienl vers le pôle de ru'ut'. 2. A .son origine, elle a la forme d'un triangle, dont la base se continue directement avec le bourrelet. 3. Elle se rétrécit en s'allongeant, et prend alors la forme d'une bande étendue d'un pôle à l'autre, et plus épaisse dans son milieu que sur ses imrds. 4. Ainsi la bandelette embryonnaire se forme successivement et non pas fout d'une pièce. 5. Cette bande n'est pas plate, comme son nom semble l'indi- quer. Sa région moyenne, longitudinale, plus épaisse que ses bords, fait sur le vitellus une saillie en forme de carène mousse, qui parait creuse dans toute son étendue. 5 bis. Il est probable que cette carène dorsale nii-diane est due au soulèvement du feuillet supérieur du blastoderme qui se sépare du feuillet inférieur. 6. Le travail organique qui la produit commence dès ipic le blastoderme a dépassé la région équatoriale de l'œuf. 7. Peu de temps après sa formation, la bandelette s'élargit en avant, et forme la région céphaliqne. 8. L'embryon est alors constitué, et comprend trois régions : la tête, le corps et la qu(Mie. 9. L'endjryon se di-prime le long de la ligne médiane; il se lornie une rigole qui règne dans toute sa longuem'el (|ui s'élargit en avant ; cette l'igole est le sillon dnrsal. 10. Ce sillon couHneni'c vers le milieu du corjis , et se porte de là en avant et en arrière en diminuant de jirofondeur. 11. Outre li's grandes cellules épidermoïdales et les cellides embryonnan-es, il existe à cette époque d'autres cellules de la gran- deur des premières, dont le noyau iiomogène aune teinte rosée. 25G LEREBOtJLLET. — F.MBKVOLOGIE COMPARÉE 12. La dépression (■('[iluilii|ii(' existe 1res peu de temps; elle est bientôt convertie en vésicule, soit par l'élévation de ses carènes qui so rqoindraieiit en haut, soit par une substance nouvelle qui se Ibr- mcrait au-dessus d'elle. 13. La vésicule céphalique qui en résulte est d'abord entière- ment vide. 14. Le sillon dorsal ne divise pas l'embryon dans toute son épaisseur ; il s'arrête à une couche assez épaisse de cellules embryon- naires qui en font la base. 15. Du côté du vitellus, l'embryon est muni d'une carène mousse qui déprime ce dernier. De chaf[ue côté de cette carène sont atta- chés deux feuillets qui sont d'abord distincts, et séparés l'un do l'autre par leurs bords lilires. 16. Le feuillet sujiérieur appli(|ué Ciintre le blastoderme se dé- double en avant sous la région céphalique. 17. L'inférieur est moins étendu en Jarpeur; il s'allache en arrière autour de l'anneau caudal. 18. Plus tard, ces deux grands feuillets se soudent l'un à l'autre, quand ils sont arrivés à une certaine distance du corps de l'em- bryon. 19. Pendant que l'embryon se développe, les cellules embryon- naires et épidermoidalcs deviennent plus petites; celles-ci forment un réseau à la surface du corps. 20. Le feuillet le plus inférieur , celui qui s'attache à l'anneau caudal, est composé de cellules intermédiaires entre les cellules embryonnaires et les eelbilcs épidermoïdales. 21. Les divisions vertébrales commencent à se montrer peu de temps après la formation du sillon dorsal. 22. (]es divisions entament les carènes dorsales jusqu'à leur base, et les partagent en pièces rectangulaires inclinées vers le sillon ; ces pièces sont les lamelles vertébrales. I 23. Les premières apparaissent vers le milieu du coi'ps, à l'en- droit où le sillon était le plus profond ; puis elles se produisent en avant et en arrière de leur point de départ. 24. Les divisions vertébrales s'arrêtent, en avant, à l'extrémité postérieure de la vessie céphalique, en ai'rièrc à l'anneau caudal. lil' BROCHET, liE LA l'ElU'.llE ilT DE I, ÉXREVISSE . 2.)/ 25. Peinlunt cotte segineiilalioii transversale du corps, la parlio céphalique de l'embryon se divise en trois vessies : une anlérieni(>, In plus petite des trois; une moyenne, la plus t^rosse, reiiil('M,' sur les côtés ; et une postérieure allongée. 26. Chacune de ces trois vessies correspond à un appareil sen- sitit'ct à un renlleinent cérébral parliculici-. 27. La vessie cépliali(pie moyenne se |iarlai;e intérieurement en trois régions distinctes par des cloisons longitudinales. Les deux vessies latérales qui résultent de cette séparation se délaclient de la vessie moyenne et se rentlent en ampoules : ce sont les vessies ocu- laires. 28. Les vessies oculaires sont donc produites par exsertion ou évolvure, c'est-à-dire par refoulement de dedans en dehors des parois latérales de la vessie cérébrale nioyi^inie, puis parsi-paratioii dcram|)oule ipii s'est ainsi produite. 29. Dès que les vt'sicules oculaires sont pi'oduites, les vessies céphali(|ues si^ remplissent peu à pi'u de cellules nerveuses (pii ta- pissent d'abord leur l'ac(> interne, et se multiplient ensuite de dehors en dedans. 30. Quanil elles apparaissent, (\^s nouvelles cellules sont plus petites que celles qui t'oi'inent les vessies elles-mêmes: elles s'en distinguent aussi pai' leur couleur jaunâtre. La graisse joue un rôle important dans ce travail cellulaire. 31. Plus tard, quand les vessies sont remplies de substance ner- veuse, les cellules des parois et celles (jui compo.sent cette substance ont la même grosseur et le même aspect. 32. En même temps, le sillon dorsal se remplit d'une matièi'c semblable à celle qui est contenue dans les vessies céphaliques. luette matière nerveuse l'orme deux tubes parallèles juxtaposés : c'est la |)remière forme de la moelle (''pinicn>. 33. Le contenu de ces tubes est le mcnie ) ' 17 258 LEREBOILLET. EMBRYOLOGIE COMPARÉE Elles se rejoignent sur la ligne médiane, au-dessus des cordons nerveux, et forment un tube qui contient ces cordons. 36. Les lamelles vertébrales sont des [lortions de ces carènes dont les cellules embryonnaires se différencient de très bonne heure pour produire des éléments musculaires. 37. Le système nerveux central présente donc, dès son origine, un caractère de dualité ou de symétrie latérale bien manifeste , de même que le système musculaire et les ap[)areils seusitifs. Seulement il n'est pas possible de constater si les deux tubes nerveux se sont formés séparément, ou s'ils résultent de la division d'un cylindre primitif, comme cela a lieu pour les carènes dorsales. 38. La corde dorsale est un organe impair, très élastique, occu- pant exactement l'axe du coi'ps. 39. Elle apparaît de très bonne heure lorsque les divisions ver- tébrales commencent à se montrer, mais après les deux tubes ner- veux racliidiens. llO. Pendant les iiremiers temps de son existence, elle est striée en travers. 41. Ces stries sont dues à d(^s oi'ganes vésiculeux particuliers très aplatis, dont les parois sont , dans l'origine , très rapprochées l'une de l'autre, et presque contiguës. 42. L'œil se forme par involucrc , c'est-à-dire jiar refoulement sur elle-même de la vésicule oculaire. 43. Le trou qui résulte île ce refoulement est fermé par une lamelle ('pidermi(]ue , à la surface interne de laquelle se développe le cristallin. Celui-ci est donc une production épidermique. 44. Le cristallin , d'abord superficiel , s'enfonce peu à peu dans la cavité de l'ccil. 45. L'oreille est d'abord une sphère solide , «jui se produit , in- dépendamment de la troisième vessie céphalique , sur les côtés de celle vessie. Elle se creuse plus tard d'imc cavité, et se constitue en vésicule auditive. 46. C'est à la suite de ces div(M'ses formations rpie se produit la chambre cardiaiiue, premier indice de l'apparition du co'ur. 47. La poche cardiaf|ue .se forme par une dépression du vitellus, DU BROCHET , DE LA PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 259 au-dessous de la région cé]ihali([ue , et par dédoublement de l'un des deux feuillets embryonnaires. 48. La pren)ière forme appréeiaWede l'appareil digestif esl celle d'une gouttière qui occupe la ligne médiane inférieure du corps. Ii9. Cette gouttière apparaît à peu près en même temps que le cœur. 50. L'appareil digestif, ou du moins le tube alimentaire, est donc formé primitivement de deux moitiés .symélriques, preuve de la généralité de la loi de symétrie qui s'applirpie même à des organes lubulcux et entièrement asymétriques, (piand ils sont dé- veloppés. 51. Le coeur est un cône solide, plein, produit par une végéta- tion de ci'llulps à la partie inférieun^ de la tète. 52. Le cieur n'offre pas de symétrie dans son mode d'apparition. 53. Le rentlement cardiaque se détache de la base de la tête , et descend dans la poche cpii est préparée pour le recevoir. 5i. Quand le cœur s'est placé dans la chambre cardiaque , le vitellus a une forme oblongue, transversale. Cette forme duvitellus annonce toujours l'existence du cœur et ses battements. 55. Le système nerveux cérébral, qui paraissait simple, est maintenant séparé par une ligne en deux portions contiguës. 56. Les deux cordons nerveux se replient sur eux-mêmes suivant leur longueur, et forment en aiTière du cerveau une saillie verticale assez prononcée. 57. Il résulte de ce reploiement des deux cylindres nerveux un raccourcissement de la masse encéphalique , et un ra|)|irochement des vésicules auditives. 58. Puis lcss tissus qui ne sont composés que de cellules peu- vent jouir, dans l'embryon, de propriétc'-s contractiles ; c'c stun DU BROCHET, DE l,.\ PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 263 phénomène qu'on observe sur une trrande échelle dans les animaux inférieurs. 47. La chambre cardiaque se forme après le cœur, par le sou- lèvement de la têle el son détachement du vilellus, en même temps que par le reirait de celui-ci. 48. Le cœur sedétache d'avant en arrière par le retraitdu vitellus. 49. C'est alors qu'il se creuse d'une cavité linéaire dans toute sa longueur. 50. En même temps que la cavité du c(cur se produit, il se forme à la base du corps une ouverture circulaire à laquelle cette cavité aboutit. 51 . Le cd'ur, descendu dans la chambre cardiaque , prend une position perpendiculaire au corps de l'embryon ; sa forme est alors celle d'un cylindre. 52. La chambre cardiaque acquiert quelquefois un développe- ment considérable; c'est par erreur i[u'on a regardé cette anomalie comme un second vilellus. AïT. 3. — Résumé comparatif des ressemblances et des différences que pré- sentent le développement de l'embryon depuis l'apparition de la bandelette embryonnaire jusqu'à la formation du cœur. A. Ilessemblances. § 1. Quand le blastoderme a recouvert tout le vitelius, il s'i-paissit suivant nue direction longiludinale, et l'orme ce qu'on a nommé bande primitive. Cet épaississement longitudinal conslitue en réa- lité la première l'orme de l'embryon ; nous l'appelons pour celle raison bandelette embri/onnaire. Le mode de formation de cette bandelette n'est pas aussi facile à constater dans la Perche que dans le lîroclicl , et surtout ii est ilif- iicilc de s'assurer si elle nait aussi du jjourrelct embryonnaire, comme on peut le voir dans le Brochet; mais le fiiit (]>' son existence comme première forme embryoïniairc no saurait être contesté. § 2. La bandelette embryonnaire est plus i'|iaisse dans sa partie iiioycuni' que sui- les côtes. Elle liu'iiii' une M'i'ilablo carène iongi- 264. lEBEBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE tudiiKile mmisse. Celte carène primitive est creuse dans toute son ('Iciiiliic, ce ([iii jirovienl, sansdoule, de ce iiiie le feuillet supérieur tiu blasliderme s'est SL'[)aré de l'intérieur en se soulevant. § 3. La carène dorsale primitive se partage en deux moitiés latérales symétriques par une dépression longitudinale connue sous le nom de sillun dorsal. Ce sillon s'élargit peu à peu en avant , de manière à embrasser toute la largeur de la région cé[)liali(|ue ; de (elle sorte ipie les bords du sillon contournent les bords de cette région. Il résulte de cette disposition que la région ccphalique n'est pas divisée en deux moitiés latérales, comme le reste de la carène dor- sale primitive ; ou du moins cette division, qui s'observe dans l'ori- iiine , n'est (pie passagère. § k. Le sillon dorsal n'intéresse pas la couche inférieure de l'embryon ; celle-ci reste intacte, et forme le fond du sillon qu'elle sépare du vitellus. S'il se confirme que la formation de la carène dorsale primitive est due au soulèvement du feuillet blastodermique supérieur, comme nous le pensons, on comprendra pourquoi le sillonnement longitudinal de cette carène n'entame que sa portion superlicielle. 11 y aurait ici un curieux rapprochement à faire entre cette opé- iMlion physiologique et le fractionnement du germe l' segmentation vilelline). En effet , dans l'un et dans l'autre cas , le travail physiologique a pour but de fractionner la matière organique. Dans la segmentation du vilellus, le fractionnement tend à former les cellules qui doivent constituer le corps du nouvel être ; ce fractionnement est alors multiple , afin que la masse du germe soit divisée en groupes assez petits. Lors de la formation du sillon dorsal , les cellules embryon- naires sont déjà formées et en voie de transformation ; le fraction- nement se borne à une division bilatérale, afin de partager la masse embryonnaire en deux moitiés symétriques, qui, elles-mêmes, se- ront bientôt partagées en groupes nombreux par des divisions trans- versales. Le travail vital, s'il était permis de se servir du langage des mathématiciens, serait ici élevé d'une puissance : car, tandis que dans le gcriue il s'cxerrail sur des iiiolccnlcs organiques [lour DL' BROCHET, DE LA PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 265 les constituer en cellules, il s'exerce maintenant sur des cellules jiour les constituer en organes plus relevés. D'un autre côté , on se rappelle que le fractionnement du germe ne s'exerce que sur sa portion soulevée en ampoule , et n'intéresse pas sa base. De même ici le sillon dorsal n'at'Iécte ([ue la portion de l'embryon qui s'est soulevée en carène mousse. § 5 Le sillon dorsal se forme de très bonne heure dans la région cépbalique. lien résulte une vessie ovalaire allongée, la vessie céphaliqm, qui est creuse et vide dans toute son étendue. § 6. L'épiderme (pii tapisse le fond du sillon en soulève et re- couvre les carènes dorsales. Cette disposition produit un tube qui se continue avec la vessie céplialique, et dans l'intérieur duquel sont logées les carènes dorsales. § 7. Tandis que la région supérieure du corps embryonnaire est composée, dans presipie toute son étendue, de deux moitiés symétriques qui se dressent verticalement, s'inclinent l'une vers l'autre, et tendent à se ra[iprocber pour se souder plus tard sur la ligne médiane, la région embryomiaire inférieure présente , au contraire, des organes lamelleux qui tendent à s'incliner vers le bas, dans une direction opposée à celle des carènes dorsales. Ce sont des feuillets qui se détachent , au nombre de deux , de chaque côté, des parties latérales de la carène embryonnaire inférieure, se portent en dehors et en bas, se soudent bienlôl entre eux et avec le blasto- derme , et entourent plus tard le vitellus tout entier, pour former, dans la suite, les parois de l'abdomen. 11 y a, de cette manière, opposition complète entre les premiers organes embryonnaires formés au-dessus et au-dessous du plan blastodermi(jue pi'imitif. Les parties supérieures sont des cylindres aplatis et symétriques (carènes dorsales), (pii tendent à se souder par en haut ; les parties inférieures sont des lamelles qui tendent à se réunir par en bas. § 8. Le travail organique qui s'établit après la formation du sillon doi'sal , c'cst-à-din: ajirès la division de la région embryonnaire supérieure en deux moitiés .symélri principaux organes srnsilifs. 266 LEREBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE § 9. En clTet : 1° Les divisions vertébrales commencent presque aussitôt après l'apparition du sillon dorsal. Elles partagent chacune des deux ca- rènes par des lignes transversales en groupes similaires, composés de cellules allongées qui se disposent en séries , et se préparent à se transformer en cylindres musculaires. 2° Un long fuseau composé d'éléments gélatineux rudimentaires d'abord, mais qui, plus tard, se développent en vésicules , la corde dorsale , apparaît au centre du corps embryonnaire , de manière à en former exactement l'axe. Elle se distingue par sa position centrale, par sa structure, et par la longue durée de son existence et le peu de changements qu'elle éprouve. Elle semble d'abord ne pas être symétrique, et faire exception, à cause de sa position centrale, à la grande loi de symétrie qui carac- térise les parties supérieures de l'embryon ; et cependant , si l'on examine sa structure , surtout dans les premiers temps de sa for- mation, on est frappé de voir qu'elle se compose de deux séries par- faitement symétriques d'éléments primordiaux ( voyez nos ligures ). 3° Dès que la grande vessie céphali(pie est formée, îles éléments nerveux se déposent sur .ses parois intérieures, et la remplissent peu à peu en se multipliant de dehors en dedans. La même matière nerveuse se dépose dans le sillon dorsal, même avant sa fermeture, pour former l'axe nerveux rachidien. Cet axe est double et symétrique dès les premiers temps de sa formation. Il est composé de deux tubes juxtaposés «pii se rem- plissent de cellules nerveuses. La vessie céphaliquc, à son origine, n'est pas encore un organe nerveux, pas plus que les carènes dorsales ou même les lamelles vertébrales ne sont des organes musciileux. Ces parties sont com- posées, dans le principe, dos mêmes cellules embryonnaires qui se différencient plus tard, pour former, les unes, des cellules ner- veuses, les autres des cylindres contractiles. ll° Pendant que les divisions vertébrales s'opèrent , c'est-à-dire pendant que le travail vital détermine la division des carènes dor- sales en un certain nombre de pièces semblables entre elles, la DU BROCHET, DE I.A PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 267 vcssio cépliali(jiio , obnissaiif on quelque sorte à celte tendance , se partage transversalement en tniis vessies secondaires placées l'nne au-devant de l'autre, et de grandeur très inégale. Ces trois vessies correspondent à trois divisions de la niasse ner- veuse encéphaliiiue et à trois appareils sensitil's. Cependant, de ces trois appareils, celui qui se montre le premier est l'appareil île la vision qui se détache, sous la l'orme d'une am- poule, de la vessie céphalique moyenne, la plus volumineuse destrois. L'appareil auditif ne se montre que plus tard, et celui de l'ol taciion plus tard encore. Ji 10. Quand cette première série d'organes préparatoires (ca- rènes dorsales et lamelles vertébrales , corde dorsale, axe nerveux rachidien, vessies céphaliques et vessies oculaires) est formée , ces organes, qui conslitueiil en quelque sorte les bases de l'embryon animal , se complètent [lar rap[iarition des vésicules auditives , des fossettes olfactives, et par la dépression des ampoules oculaires. L'oreille est d'abord une petite sphère solide, formée par une accimiulalion de cellules sur les cùlés de la vessie postérieure , et i(ui ne tai'de pas à se changer en vésicules. Sa formation est indé- pendante du renflement nerveux rpii l'avoisine. La vessie oculaire se dépriim^ pour constituer une siu'lc de bourse. Les fossettes olfactives sont des dépressions cutanées. D'où il suit que les appareils des trois sens supérieurs ont des modes de production dii'férents. ^ II. .lusqn'ici la puissance formatrice s'était concentri'e , pour ainsi dire, vers la région supérieure de l'embryon, pour former les iMidimenIs des ap|iarçils (pii président aux fonctions de l'animalité. 3Iaiuleuaiit nous allons la voir se porter vers la région opposée , et provoquer l'apjjarition et le déveIo[)pcmi'nl de deux appareils qui lirésideiil aux fonctions de la vie végétative; nous voulons parler du cœur et de l'apjiareil digestif qui se montrent pres(|ue en même temps. ^ 12. La formation des vésicules auditives et la dépression des ampoules oculaires peuvent être regardées comme les avant-cou- reurs de l'apparition de l'organe circulatoire. C'est alors que les parties antérieures du corps se soulèvent en 268 LEREBOUIXE'i'. EMBKVOLOGIE COMFAKEE se détachant du vitdlus, (|ne celui-ci se déiiriine dans la partie correspondante à la région cépluili(]ue, et que la chambre cardiaque se produit. Des cellules enihryonnaires s'accumulent sousialèle, contre le plafond de celle chandjre , et il se forme un organe cylin- drique, solide, sans cavité, qui est le cœur. Cet organe entre en mouvement pour ainsi dire dès qu'il est formé, avant même (|u'il soitdevenn creux, consé(iu('inment longtemps avant iju'il conliiMine du sang et des globules, montrant ainsi, dès l'origine, la force con- tractile propre dont il est doué, et (pii fait son principal caractère. § 13. En même tcnqis, il se l'orme le long de la carène médiane inférieure du corps, par conséquent le long delà ligne médiane in- férieure, une gouttière qui deviendra l'intestin , par le rapproche- ment et la soudure des deux bords symétriques ([ui la composent. Cette gouttière inférieure , (pioiipic produite d'une manière diffé- rente , est le pendant de la gouttière supérieure qui s'élait formée par l'établissement du sillon dorsal. Seulement celle-ci s'est formée par en haut, et s'est conslilnée en tube rachidien contenant l'axo nerveux , tandis que la gouttière intestinale se forme par en bas , longtemps après, cl ne se constitue que h'ès lard en tube intestinal. ^ li. L'apparition des premiers rudiments du foie appartient encore à cette période qui se termine à la formation du cœur. Celle glande n'est |ias produite par une évolvure de l'inleslin, mais lùen par une végétation cellulaire péri-inteslinale , c'est-à-dire par la production de cellules particulières contre les parois de l'intestin. § 15. Enfin, pendant que le c(eur se forme, le système nerveux cérébral, qui jus(pie-là se composait d'une masse uni(iue, se divise en deux moitiés longiludinalcs égales et symétriques, parla conti- nuation de la scissure qui séparait en deux moitiés semblables l'axe rachidien. Le système nerveux céphalique devient alors la continua- tion directe du syslènu^ rachidien , et l'axe nerveux tout entier est formé de deux cylindres jiarallèles et contigus qui régnent dans toute la longueur du corps. C'est alors que ces deux moitiés s'écar- tent l'une de l'aulne dans la région céphalitpie, puisse ra|)|>rocii('nt de noineau, mais seulementsur quelques [loints, de manièi'c à lais- ser entre eux des inlervalles vides (|ui constitueront les diverses cavités cérébrales. TU lîRoaiET, DE LA PERCIIH ET IlE I.'kCREVISSE. 260 § 16. La lin de cette période est encore caractérisée par les premiers mouvements de l'embryon , mouvements d'abord très obscurs , et produits par des contractions de la masse entière du corps. B. Différences. § 17 . Quoique les phénomènes emi)i\vologii[aes que nous venons de résumer n'aient pas été suivis dans tous leurs délails, sur les deux espèces de Poissons dont nous avons étudié le développement, cependant nous pouvons dire, d'après ce que nous en avons vu, que ces phénomènes sont les mêmes dans le Brochet et dans la Perche. Ce n'est que vers la fin de celte période, un peu avant la lormation du co.'ur, que les [iremières dilVérences entre ces deux Poissons commencent à se montrer. § IS. Le corps de rembryou s'élève davantage a\i-dçssus du vitcUus dans la Perclie que dans le Brochet. Le détaclieinenl est surtout plus marqué pour la région caudale , qui prend de bonne heure une l'orme cylindriiiuc , et commence déjà à se détacher du vitellus, quand les vessies oculaires sedéprimcnl. Cette queue, cliez la Perche , s'allonge rapidement , ce qui annonce un plus grand di'veloppement des appareils moteurs. Aussi les mouvements de l'embryon se font remarquer plus tôt dans ce Poisson ; ils ont lieu avant la forniatiim ducii'ur,(aituutau moins avant qu'on aperçoive .ses battements ; ces mouvements sont plus forts, plus rapprochés, et déterniinent un déplacement du corps, ce qui n'a pas lieu dansle Brochet. Ces phénomènes de contraction sont d'autant plus remai'(|uables qu'il n'existe pas encore, à cette époque, de véritables fibres muscu- laires , mais seulement des cellules allongées ou des chaînettes de cellules soudées bout à bout. CHAPITRE IV. BÉVELOPPEMENI BE l'eMBRYON DEPDIS LA FORMATION DL' CCECB lUSQUA l'ÉCLOSIOK. Art. 4*'. — Dans le Brochet. 1. Quand le cœur s'est détaché de la base de la tête pour des- cendre dans la chambre cardiaque, il prend la forme d'un bovau 270 lEBEBOKIXET. EMBRYOLOGIE COMPARÉE cylindrique droit ou faiblement coudé , et disposé perpendiculaire- ment à l'embryon. 2. Lorsque ce cylindre s'est creusé une cavité, on ne voit d'abord aucun globule sanguin dans son intérieur ; les globules n'apparais- sent que plus tard. 3. Les premiers corpuscules sanguins sont petits, peu nombreux et de forme irrégulière. II. Ils grossissent par la suite et deviennent elliptiques, en même temps que leur nombre augmente rapidement. 5. Les vaisseaux, eonime le (>œur, se forment avant les globules sanguins. 6. Us sont d'abord sans parois propres, et doivent être regardés comme des canaux ou des espèces de lacunes creusées dans le parenchyme des organes. 7. La préexistence des vaisseaux sanguins, la petitesse et l'irré- gularité des premiers globules, leur multiplication rapide, dès que la circulation est complètement établie, sont des faits qui empêchent de regarder ces globules connue des cellules détachées des organes, et charriées par le mouvement du sang. 8. La première circulation forme deux ellipses ou deux Mises BjTiiétriques peu allongées. 9. Les anses s'allongent rapidement , en même temps que le boyau cardiaque se replie sur lui-niênje, et forme deux renflements placés l'un au-devant de l'autre. La limite de la deuxième anse vasculaire est le bord iiosiérieur du vitellus. 10. 11 se forme ainsi des anses successives qui se portent de plus en plus en arrière vers l'extrémité caudale du Poisson, jusqu'à ce que la dernière anse allcigne l'exlrémilé du corps. 11. Pendant la formalion des premières anses circulatoires, la queue s'allonge considérablement, et faitbienlôtle tour du vilellus ; elle se garnit de la nageoire embryonnaire ; la nageoire pectorale se montre. 12. Le système nerveux cérébral éprouve des changements re- marquables, qui consistent dans l'écartement d'abord, puis dans le rapprochement des deux cylindres dont il se compose. Mais le rapprochement n'a pas lieu dans toute l'étendue des cylindres ; DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 271 ceux-ci restent écartés dans trois régions placées l'une au-devant de l'autre, d'où résultent trois cavités qui seront autant de ventricules cérébraux. 13. L'ii'il, qui avait d'abord la forme d'une bourse, se ferme par le développement d'une lamelle épidcrmique au-devant de son ou- verture. Le cristallin se développe à l'enlrée de cette bourse , aux dépens de l'éiiiderme ; puis il s'enlouec peu à peu jusqu'au centre de l'oeil. En même temps l'appareil choroïdal se développe sous la forme d'un cylindre recourbé, dont les extrémités s'appliquentl'une contre l'autre, de manière à ne plus être séparées que par une fente linéaire (la fente clioroïdale). 14. Les otolithes se déposent sous la forme de granules calcaires, qui s'agglomèrent pour constituer ces concrélion.s. 15. La corde dorsale grossit-, ses éléments deviennent vésicu- leux, et chevauchent les uns sur les autres. 16. La goutlière intestinale se ferme d'avant en arrière. La por- tion de l'intestin constituée en tube devient libre , et se montre derrière le vitellus ; celui-ci diminue de volume. 17. La cavité de l'intestin est alors linéaire, et l'anus ne s'ouvre pas encore à l'extérieur. 18. A cette époijue du développement, les lamelles vertébrales sont composées de fibres fusiformes et de cellules placées bout à bout, et disposées enchaiiietics. 19. La circulation vilelline ne s'établit, en général, que peu de temps avant l'éclosion. 20. Elle cstd'aboi'd diffuse, et ne se voit (pie du côté gauche. 21. Le chorioii s'amincit beaucoup. 1/embryon augmente de volume, et remplit toute la cavité de l'œuf, au point que le chorion est, poiu' ainsi dire, collé eonli'e lui. Cependant il exerce, de temps à autre, quelques mouvements circulaires. 22. L'éclosion a lieu, vers le dixième jour, après la fécondation j mais celle é|)oque est avaiu;ée ou retardée parla température. 23. Dans les derniers jom-s ijui précèdent l'éclosion, le pigment sedé'pose en grande abondance, pi-incipalenienl sur le vitellus, sur la tète et sur les parties latérales du corps. Ce pigment gêne beau- coup, ou empêche tout à fait l'observation. 27"i I.EREBOIIM.ET. — EMBKVOLOGIF. DtMPARliF. Aht. 2. — Dans la Perche. 1. La cavité du cœur se forme avant les globules sanguins. 2. Le cœur bat régulièrement et avec force, quoique ne renfer- mant aucun globule. 3. Chez les embryons élevés dans des assiettes , les corfmscules sanguins apparaissent généralement plus tard que chez ceu.xqui se développent dans la rivière. U. Cependant le cœur et les gros vaisseaux existent dans ces embryons. 5. Il en résulte que les vaisseaux, comme le cœur, peuvent se former sans la présence des corpuscules sanguins. 6. L'époque à laquelle se montrent les corpuscules sanguins dépend de l'activité vitale. 7. C'est aussi de cette même cause que dépend le nombre de ces globules; ils sont abondants chez les eml)ryons vigoureux, rares au contraire chez les faibles (1). 8. Pendant que le cœur se redresse , la corde dorsale augmente de volume , et ses éléments deviennent vésiculeux ; la queue s'al- longe , la nageoire embryonnaire se forme , les nageoires pectorales se montrent, l'embryon commence à se mouvoir; on peut, dès ce moment, l'extraire del'œuf, et le conserver vivant. 9. La formation du cœur et l'établissement de la circulation sont ainsi le signal du développement des a|)pareils locomoteiu's et de leur mise en action. 10. En même temps, la feule clioroïdale se prépare par le rapprochement du cylindre choroïdien. Les otolilhes commencent à se déposer dans les vésicules auditives. 11. Les cavités céréhrales se montrent; elles sont formées par l'écartement des deux cylindres nerveux primitifs. 12. La gouttière intestinale commence à se fermer. Cette ferme- ture s'opère suivant une direction centripète. 13. Les parois très épaissies 7S ilurc sont oontigues , iiii [luinf ([lie la cavité de ce tuho est linéaire nu même tout à fait nulle. 14. Les éléinenls (le l'intestin .sont encore (les cellules homogène.^. 15. L'inleslinronne,enavanl,(Mieaini)oiile(liieà une plus grande épaisseur de ses [larois, et ipii ainionce la prodiiclinn du Inie. 16. Un peu plus tard , lorsque le cœur se dispose en deux loges , ' on voit deux ampoules placées l'une au-devant de l'autre. 17. Le rentlenienl antérieur est constitué par le l'oie qui est déjà bilobé. 18. Les premières ccdlules (]ui composent le foie sont grandes, et ont une vésicule graisseuse à leur centre. 1!). Plus tard les cellules du foie diiniruienl de volume, el leiu' noyau devient granuleux et opaque. 20. Les corpuscules sanguins paraissent .se former directement aux dépens du sang ; ils ne [iroviennent [las de cellules |)réforniées. 21. Les premiers corpuscules se montrent dans l'inlérieui- du cœur, où ils sont ballottés p(Midaut (pielipie temps. 22. Les cellules des parois ialei'nes du cieur sont mainlenant polygonales. 23. Les globules sanguins (pii oscillent dans \o cœur sont plus petits que ces cellules. 2i. Les globules, quoique formés dans le cœur, ne sont donc pas des cellules détachées des parois du cœur. 25. La première anse circulatoire que l'on dislingue l'orme une ellipse (jui s'étend jusqu'à la limite posiérieun' du vilellus. 26. La cii'cnlation vitelline s'établit immédiatement après l'ap- parition de la piemière anse vasculairc générale. 27. Le réseau vitellin se forme par des canaux lacunaires. 28. Les lignes du contour des vaisseaux se dessinent plus tard. 29. Quand le rt'seau vitellin est terminé, les corpuscules san- guins ont leur l'oiiue elliptique normale. 30. Le réseau vitellin est le premier appareil respiratoire sp('- cial du poisson. 31. La formation de ce n'-seau esl en rajiporl avec la mnlli- plicaliondes globules, ella nécessité où ils se trouvent de .se par- tager en coloimes 1res étroites, pour recevoir l'action de l'eau aérée. 4' série. Zool. T. I. (Caliifjr n" 5)2 4 8 274 LEREBOULLET. EMBRYOLOGIE COMPARÉE 32. Avant la formation tlu réseau vitellin , la respiration était générale. 33. Il n'existe d'abord qu'on réseau, celui du coté gauche ; plus tard il s'en forme un aussi du côté droit. 34. L'organe [irimordial de la sécrétion urinaire est un tube enroulé sur lui-même, et formant une pelile pelote. 35. Le tube, avec sa dilatation terminale en forme de vessie, existe longtemps avant la pelote granduleuse; cependant cette glande se continue directement avec le tube, puisque c'est l'enrou- lement de celui-ci qui la constitue. 36. Le dépôt du pigment est un phénomène général qui caractérise les dernières périodes du développement embryon- naire. 37. Ce dépôt se fait en même temps dans la choroïde, sur quel- ques points de la tète et des côlés du cor|is et sur le vitellus. 38. Les cellules pigmentaires du vitellus sont déjà développées quand le piguienl grenu les remplit peu à peu, en suivant les rami- lications de ces cellules à mesure (pi'elles se protluiseul. 39. Le cristallin est fLirmé tic couches concentriques dont on distingue les stries. 40. Ces couches sont elles-mêmes composées de fibrilles fusi- tbrmcs, trans])arentes, très fines et entrelacées. 41 . La vésicule auditive renferme deux ololithes , et des formes qui indiquent l'origine des tubes demi-circulaires. 42. La partie caudale de la nageoire embryonnaire se remplit de coipuscules irrégnliers, ipii sonl peul-èlre des matériaux pour une formation nouvelle. 43. L'embryon se meut par secousses n'gulièrcs el tourne dans son a'uf, mais non encore d'une manière confinue. 44. Cependant les muscles ne sont pas encore striés en travers ; ils sont formés de filires fusiformes nuclééesoude cylindres striés en long. 45. Les divisions vertébrales sont devenuesdes cloisons fibreuses, qui partagent les masses musculaires latérales en groupes distincts. 40. L'inleslin commence à exercer quelques mouvements de contraction et de dilatation. DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE L'ÉCRE\nsSE. 275 47. La plus grando dilatation siliicc au-devant du l'oie envoie un prolongement tubuleux dans l'intérieur de cef organe. ÛS. Ce prolongement paraît être le canal cholédoque. 49. La bouche est inférieure comme dans les Sélaciens; elle n'est pas encore perforée. 50. Les arcs branchiaux apparaissent sous la forme de bande- lettes gélatineuses transparentes, situées sous la tète, des deux côtés. 51. Dès que l'intestin conmienee à se contracter, on le trouve composé de cellules allongées qui sont disposées sur deux couches, les unes longitudinalement, les autres transversalement. 52. Les cellules du l'oie sont devenues plus petites ; et leur noyau, qui était vésiculeux, est maintenant granuleux et opaque. 53. La cavité de l'intestin , qui disparaissait complètement pen- dant les mouvements de contraction , s'est agrandie de manière à rester permanente. 54. En même temps sa surface interne devient sinueuse, aspect qui indique la formation de la mu(|ueuse et de l'épithélium. 55. Pendant que l'intestin se développe en largeur, et que ses cléments contractiles entrent en fonction , il reçoit un appareil vasculaire particulier qui lui est fourni par l'aorte. 56. Ot appareil se compose de deux rameaux artériels qui vont former un nombre considérable d'anses vasculaires autour de l'in- testin, puis se réunissent à la veine sous-intestinale. 57. Cette dernière se jette dans le vitellus , et forme alors à elle seule le réseau vitellin. 58. Cette disposition diminue la quantité de sang veineux qui se rend au vitellus, parce que le sang de la veine-cave se rend direc- tement au cœur, et cesse d'alimenter le réseau vitellin. 59. Il existe alors dans l'embryon trois sortes de sang : du sang artériel pur dans le ré.seau vitellin ; du sang veineux pur dans les veines qui revietmeiit au cœur sans passer par le vitellus , et du sang mélangé dans le cœur et dans l'aorte. 60. Les arcs vasculaires branchiaux commencent à se former vers la fin de celle période. 61. Li' .-îung prend alors une teinte jaunâtre ou jaune-rougcâtre, par l'accumulalion des corpuscules sanguins. 27* > LEBEBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE 62. L'éclosion a lieu, en moyenne, vers le douzième jour. 63. Les pelites Perches écloses ne nagent pas toujours ; elles se laissent tomber au fond de l'eau, et ne viennent à la surface que lorsqu'elles éprouvent le besoin de respirer. Abt. 3. — Résumé comparatif du développement de l'embryon, depuis la formation du cœur jusqu'à l'éclosion, dans le Brochet et dans la Perche. A. Ressemblances. § 1. Tandis que la période précédente avait principalement pour objet la formation et le développement des organes préposés aux fonctions de relation, la période qui vient de nous occuper se dis- tingue par l'établissement de la circulation et par des phases qu'elle subit , ainsi que par l'achèvement des organes de la vie végétative. Nous avons vu , en effet , se former successivement le cœur, les vaisseaux, le sang; la circulation, d'abord générale, se loca- lise dans le vitellus pour conslituer un appareil de respiration embryonnaire ; les arcs vasculaires branchiaux vont se former pour préparer l'établissement d'un appareil respiratoire délinilif, les branchies ; puis l'achèvement du tulie intestinal et du foie, les pre- miers signes de vitalité de cet intestin consistant dans ses mouve- ments péristaltiques; la formation du |)rincipal appareil excréteur, l'appareil urinaire. Nous allons grouper, en suivant cette marche de la nature , les principaux faits relatifs à cette période, et dont nous avons donné le résumé dans les pages (pii précèdent. § 2. Nous avons vu, à la lin de la période précédente, le cœur apparaître sous la forme d'un cylindre ou d'un cône allongé, solide, {^'cst-à-dire sans cavité, couché horizontalement sous la tète, et ce (■(l'ur |)lcin osciller régulièrement comme s'il était déjà chargé de remplir ses fonctions mécaniques. Un autre phiMiomène non moins remarquable, c'est que, lorsque la cavité du cœur s'est formée, elle ne renferme d'abord aucun cor- |)uscule sanguin, ce qui montre que ces petits organes ne se déve- loppent fpie plus tard. Le cœur change de position et de forme ; il se détache de la base DU BROCHET, DE LA FERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 277 du corps , descend dans la chambre cardiaque , s'allonpe en Itoyaii cylindrique, puis se coude par son milieu et se rculle en deux cavités distinctes, l'oreillette et le ventricule. Les vaisseaux sanguins se l'ormenl comme le cœur, et à peu près en même temiis (|uc lui, jiardes cavités linéaires. Ces cavités sont des lacunes ou des canaux creusés dans les organes; leur paroi propi'c se développe ullérieurement. f Le liquide nourricier l'cmplit nécessairement ces cavités, et c'est dans ce liquide plastique que se forment les globules sanguins. Ceux-ci sont d'abord petits , de l'orme irrégulière et en petit nombre; ils augmentent peu à peu de volume, en même temps qu'ils se multi[ilient. Plus tard ils deviennent ellipti(pies , et se chai'gent de la matière colorante du sang. Lem's dimensions primitives , leur accroissement , leur aspect , leur [iroduclion postérieure à celle du cœur et des vaisseaux, sont des faits incompatibles avec la théorie qui les fait dériver mécani- (juemcnf des organes du corps. § 3. La circulation générale s'établit par des anses qui se pro- duisent successivement, en s'allongeant de plus en plus. Le vais- seau centrifuge, arrivé à une certaine distance du cœur, revient siu' lui-même sans changer sensiblement de diamètre , et retourne au cœur. Quelquefois les anciennes anses persistent encore , quand les nouvelles sont établies ; le plus souvent cependant , elles disi)a- raissent à mesure que la boucle terminale s'éloigne davantage. § k- Pendant les premiers temps de la circulation générale , les corpuscules sanguins sont rares, et répandus également dans toute la largeiu'du vaisseau. A mesure qu'ils semulliplient, le plus grand nombre d'entre eux courent alors dans l'axe du réservoir qui les renferme. Bientôt leur nombre s'accroît, au point qu'ils sont oi)li- gcs de se serrer, de se tasser en quelque sorl(^ les uns sur les autres. Ils ne peuvent plus recevoir individuellement , (;onuue lors(|u'ils étaient dispersés, l'action de l'air que l'eau tient en dissolution ; c'est alors que s'établit la circulation vitelline. § 5. Le courant sanguin rpii retourne au co^ur pénètre dans le vitellus, et s'y divise en un grand nombre de coui'anls plus petits, disposés en réseaux cnnwiic des capillaires, de manière ù disperser 278 LEBEBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE sur la vessie vifellaire la masse des globules. Ce réseau vitellin est done un véritable appareil respiratoire , (jui fonctionne jusqu'à répo([ne de l'apparition des brauebies. Cependant la niasse entière du sang (jui retouine au cœur ne se rend pas dans le vitellus ; ainsi les veines caves antérieures vont droit au cœur sans se capillariser. La veine cave jiosiérieure elle-même , qui d'abord passait tout entière par le vitellus, n'envoie plus tard qu'une brandie dans cet organe. Il existe donc une époque de la vie du Poisson où le corps contient du sang artériel pur, du sang veineux pur et du sang mé- langé. § 6. Les franges branchiales ne se montrent fiue plusieurs jours après l'éclosion ; mais la formation de ces organes se prépare déjà vers la fin de la période actuelle par l'apparition de nouveaux vais- seaux provenant de l'artère brancbiale, et qui se [lorteiit le long des arcs branchiaux. § 7. Pendant ([ue le travail physiologique se divise déplus en plus par l'établissement de e(*s deux fonctions nouvelles, la circu- lation et la respiration , l'intestin continue à se fermer d'avant en arrière et d'arrière en avant. Ses pai'ois sont alors très épaisses, tandis que sa cavité est linéaire; son tissu se compose encore de cellules homogènes. Cet intestin n'est plus ouvert que dans sa ré- gion moyenne inférieure, par hicpielle il reçoit la substance vitel- line, qui est alors la seule nourriture de l'embryon. Ses deux ou- vertures n'existent pas encore; la bouche a la forme d'une fente, ou plutôt d'une dépression transversale située sous la tète; l'anus est un cul-de-sac imperforé, placé non loin du bord de la nageoire embryonnaire. § 8. Vers le milieu de cette période, l'intestin commence à exer- cer des mouvemeids de dilatation et de contraction, qui élargissent nuimentanément sa cavité. Il est alors composé de cellules allongées, disposées sur deux couches. Sa cavité s'élargit, et sa surface interne devient sinueuse, par suite de la présence de sa couche inuipieus(! qui commence à se dévelopiier. § 9. Le foie, qui n'était d'abord qu'un amas de cellules appli(piées contre la paroi extérieure de l'inleslin, augmente rapid(Mnenl de DU BROCHET, DE LA PERCHE ET UË l'ÉCKEVISSE. 279 volume. Sa rorine liilobée se moulina de très lionne lieurc. Ses cellules, d'abord iii'andes, avei' une vésieule graisseuse à leur centre, deviennent plus petites, et acquièrent un noyau granuleux. Un prolongenienl Inliiilcux i|ui part de l'intestin et pénètre dans la masse du foie, le canal cholédoque, uK^t cette glande en conuiiuni- cation avec la cavit('' intestinale; mais ou ne voit pas encore de vésicule hiliaire. Il suit d(> là (pic les canaux excréteurs ont une ori- gine dilïércntc de celle du foie lui-même; ils résultent d'un pro- longement tubuleux de l'intestin , tandis que le l'oie est le produit d'une végétation cclluleuse qui se l'ait à la surface de ce dernier. § 10. Pendant la durée des modifications précédentes, qui diffé- rencient les parois de l'intestin eu couches contractiles et en couches sécrétoires, ce tube reçoit un appareil vasculaire particulier, com- posé d'anses art('i'ielles nombreuses qui rentourcnt d'un lacis de vaisseaux. La veine (pii reçoit le sang de tous ces vaisseaux (veine sous-intestinale) , et que l'on peut déjà regarder comme une veine porte, se jette maintenant seule dans le vitcllus ; la veine cave con- tinue directement son chemin vers le cu'ur. L'établissement de la circulation intestinale, en même temps qu'elle fournit au tube digestif le sang dont il a besoin pour sa nutrition, a donc pour ré- sultat de diiuinucr la quantité de ce liquide qui se rendait au vitcl- lus. Le cœur en reçoit une plus grande quantité et emploie cet excès de sang à la formation des arcs vasculaires branchiaux ; substitution aussi simple (pradmiraiile, (pii montre une foisdeplus le rôle important (pie joue la cii'culatidU dans la formation dcsjiar- ties nouvelles comme dans le développement de ces parties. §11. Lue formatidu pai-all(''le à celle de rintestin et à r('lablisse- nient de la circulation est ct>llc de l'appareil sécréteur et cxcn'teur de l'urine. Cet appareil, situé au-dessus du tube digestif, comiuence avec l'intestin; mais alors, c'est-à-dire à une époque rapprochée de son origine, on ne distingue (|ue son tube excréteur (l'uretère) avec sa dilatation terminale, ( jiii a la forme et la position d'une vessie urinaire. Ce n'est (|ue |)histard, lorsque la circulation existe, (pi'oii aperçoit aussi d'organe sécréteur |)roprement dit , ou corjjs Je Jfdl/f-, formé par un em'diilcmenl sur lui-même du tiiiie cxcn'lcur. Cette apparitidii lardixe de la glande, en comparaison de la foi- '260 LEREBOULLET. EMBKYOLOGlIi COMPARÉE iiKilion en quelque sorle prématurée de son tube excréteur, nous montre l'étroite corrélation (jui existe entre les sécrétions, la circu- lation du sang et la respiration. Cette dernière fonction surtout fai- sant intervenir d'une manière |ilus active l'oxygène de l'air comme condition essentielle du travail nutritif, on comprend la nécessité d'un travail éliminatoire parlit'ulier, et l'existence d'organes de sécrétion excrcmcntilielle. § 12. Pendant la durée de la [xhiode dont nous résumons les principaux Irails, les appareils embryonnaires de la vie de relation continuent à se développer. Les appareils locomoteurs surtout prennent un grand développe- ment : la queue s'allonge rapidement ; la nageoire embryonnaire entoure presque tout le corps ; les nageoires pectorales grandissent. Les éléments contractiles se perfectionnent de leur côté en prenant la forme de fibres ; cependant les stries transversales, qui les carac- térisent plus tard , ne se voient pas encore. Enfin la corde dorsale augmente de volume, et les éléments qui la composent deviennent vésiculeux. Les cylindres nerveux cérébraux , après s'être écartés , se rap- Mroclient incomplètement, de manière à laisser entre eux trois cavi- tés placées l'une au-devant de l'autre. L'œil se complète par la formation rlu cristallin et de l'appareil choroidal. Le cristallin présente plus tard des .stries concentriques formées par des couches de fibres. Les otolithes se déposent et grossissent. Vers les derniers jours , le pigment se dépose dans la cboroïde et dans diverses régions du corps. Ce dépôt se fait dans des cellules particulières préexistantes. Enfin le petit Poisson cclot et nage avec agilité, mais non d'une manière continue ; quand il a fait quelques tours, il se laisse tomber, et reste quelque temps immobile, puis revient nager à la surface de l'eau pour se rapprocher de la couche d'air. DU BROCHET, UE LA PEKCHE ET DE l'ÉCREV'ISSE. 281 CHAPITRE V. DEVELOPPEMESI Df POISSOS DEPUIS LÉCLOSIOS JLSQc'aPBÊS LA DISPAHITIOS DE LA VESSIE VITELLAIBE. Art. 1"'. — Dans le Brochet. 1. Ce n'est qu'après leclosion qu'on distingue bien la circulation latérale firoduite par les anses vertébrales. Celle eireulation se fait par des ramuseules arlériels et veineux, qui nionlenl et descendent le long des divisions vertébrales. 2. On voit encore un assez grand nombre de petites anses aorti- ques successives. 3. Quelques jours après la naissance , les vaisseaux vitellins cessent de former un réseau et tendent à devenir parallèles. 4. Le canal intestinal s'élargit peu à peu ; mais l'anus ne s'ouvre au debors (jne le (pialri(Miie jour, après la sortie de l'œuf. 5. Le corps de Woliï se montre comme une pelote formée par un tube eiu'oulé sur lui-même, cl qui est la conlinualion du tube formé antérieurement. 6. La vessie natatoire se voit au-dessus du canal intestinal, au- quel elle lient par un court pédicule. 7. Le cœur est encore cellulcux. 8. Les branchies apparaissent sous la forme de tubercules com- posés de cellules granuleuses. 9. On observe des mouvcmenis légulicrs de déglulition, ipii annoncent l'élablissemcnl de la respiration branchiale. 10. Le sang a une couleur jaunâtre. Les corpuscules sanguins ont pris une forme elliptique. 11. La vessie viteliaire diminue lentement; ses vais-seaux de- viennent de plus en plus parallèles, et se dirigent vers le foie. 12. Celle vessie disparaît du douzième au quinzième jour; le petit Poi.sson a sa forme défmitive, et nage sans se reposer, c'est- à-dire sans se laisser tomber au fond de l'eau. Abt. 2. — Dans la Perche. 1 . Les difl'crenccs que présente l'organisation des Poissons dans Ir's jours qui pré'cèdniif on fpii suivent iiiiinédialrmpnt i'érliisinn \\r 822 LEBEBOULLET. EMBRYOLOGIE COMPARÉE sont pas assez Laraclcristi(jues, pour que cette époque puisse être prise pour point de départ d'une période. 2. Voici cependant les principaux caraclèrcs du Poisson à sa naissance, du moins généralement : Nageoires pectorales très dé- veloppées ; vessie vitellaire très grosse ; œil noir, fenle clioroïdale encore apparente; capsules auditives de forme elliptique; deux otolithes granuleux; origine des canaux demi-eirculaires; arcs branchiaux, munis de cavités cartilagineuses oblongues; un seul courant sanguin de chaque côté, le long des arcs postérieurs ; cir- culation comme à la fin île la période précédente. Intestin recourbé vers le bas ; son extrémité rapprochée du bord de la nageoire, mais pas d'ouverture anale. Corps de Wolff formé par un tube enroulé ; l'uretère, continuation de ce tube, renflé en une vessie oblongue. Mouvements péristalliquesde l'intestin ; celui-ci est encore ouvert dans une petite étendue, derrière le foie. 3. Les conduits hépatiques et la vésicule biliaire naissent directe- ment de l'intestin ; leur origine est indépendante de celle du foie. II. Le foie est une produclion celluleuse ; les conduits excréteurs .sont des évolvuresde l'intestin. 5. La vessie natatoire se produit contre les parois de l'intestin à la manière des glandes cutanées ; c'est d'abord un lubcrcule formé par une accumulalion de celbdes intestinales ; ce tubercule se creuse ]ilus lard d'one eavit(''. La vessie natatoire se détache ensuite de l'intestin, et s'allonge de plus en plus. 6. Elle est parcourue par des vaisseaux sanguins qui forment plusieurs anses dans ses parois. Ces vaisseaux dérivent de l'artère intestinale. 7. Les principaux changements qui surviennent après l'éclosion consistent dans la diminution et la disparition de la vessie vitellaire, ainsi que dans la formation des branchies. 8. Le vitellus dimimie de bas en haut, puis d'arrière en avant. 9. La goutte d'huile existe longtemps encore après la disparition du vilellus, puis elle est peu à peu cousonuuéc. 10. A mesure que le vilellus diminue, son réseau vasculaire se rétrécit et s'efface. 11. La veine inicstinale , qui alimentait le réseau vitellin , passe I)U BROCHET, DE LA PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 283 dans lo Inic , t>t lormp dans Lcttc iilando un autre réseau ; elle de- vient ainsi veine porte. 1:2. La cironlation générale est alors (ilus appareule ; on voit distinctement les anses vertébrales et une partie de la circulation de la tète. 13. Une circidation très active existe derrière l'o 'il, poui' l'ornier jiroliablenient l'appareil vasculaire clioroïdal. 14. Les arcs vasculaires lirancliiaux s'ctal)lisscnt successivement d'arrière en avant. 15. Quand on t'ait périr le Poisson par asphyxie, on voit rpic les battenienis de ]'(irci!l(>lte per.îistent plus longtemps que ceux du ventricule. 16. Dans les premiers jours de la naissance , les globules san- guins d'un Pciisson bien poi'tant sortis des vaisseaux se défoi'mcnt aussitôt, et prennent la forme et l'aspect de globules graisseux. 17. Cette déformation des globules et cet aspect graisseux ont lieu dans les vaisseaux eux-mêmes, quand la circulation se ralentit par suite de la diminution delà force vitale. 18. Cette défoi'mation n'a plus lieu sur des Poissons plus avancés. 19. Chez ces derniers , les globules sanguins s'agglutinent les mis aux autres, quand la vie est près de s'éteindre, et forment des amas (pii s'arrèti'ut liienliM. 20. Les globules sanguins normaux des i'oissons , âgés de dix jours, son! beauconp plus gros ijue lors de leur première appari- tion ; ils ont une forme elliptique, et sont pourvus d'un noyau. 21. Vers le huitième jour, la surface interne de l'intestin est bosselée ; cet aspect amionce la formation de la muqueuse intesti- nale. 22. Celle-ci se compose de cylindres juxtaposés, renfermant un grand nombre d'ulriculcs placés perpendieulairemeni à la surface intestinale. 23. L'anus el la liouelie piu'aissent s'ouvrir en mi'me temps ; le Poisson exerce des mouvements de d(''glutition , qui |)ermettenl de voir aussi les fentes branchiales. 24. La eoloiation en jaune de l'intcsliii el de la vésicule biliaire annonce f[uela bile est sécrétée. ' LEREBOULLET. ËMIiKYULUGIË CUMFARKE 25. Les cellules biliaires ont aussi une teinte jaunâtre, ; le noyau graisseux de ces cellules est remplacé par un noyau granuleux ; ces cellules sont moins grosses queprécédeniinont. 26. Le travail, (jui apourhut la roriualioii des branchies, com- mence lorsque la circulation vilelline se préparc à passer au l'oie. 27. Les cartilages branchiaux se remplissent de cavités, cl la couche celluleuse (|ui les entoure augmente d'épaisseur, surtout par le bas. 28. Cette couche celluleuse pousse des tubercules par son bord inférieur. 29. Les tubercules branchiaux sont d'abord pleins ; puis il se forme dans leur intérieur deux petits canaux longitudinaux séparés par une cloison, mais communiquant l'un avec l'aulre par une ou- verture située près de l'exh'émité libre du tubercule. 30. Ces tubercules commencent aux arcs branchiaux postérieurs. 31. Le sang parcourl les canaux cr(Mis(''s dans les tubercules, et se rend versl'aorle par un vaisseau el'tcrent placé le long de l'arc, comme le vaisseau alTéreut. 32. Kn même temps que les hi'aucliies, il se développe , vers l'angle des mâchoires, un organe kunellcux très vasculaire, qui paraît constituer les fausses branchies. 33. La formation des nageoires verticales permanentes com- mence quelque temps après rétablis.semcnt de la circulation bran- chiale. 34. Cette l'ormalion est précédée de l'accumulation de cor[ius- cules irréguliers qui paraissent être dénature graisseuse. 35. Après la dispariliou de ces corpuscules, la nageoire embryon- naire devient striée ; puis elle s'échancre sur plusieurs points, et les rayons cartilagineux apparaissent dans les régions qui seront occu- pées par les trois nageoires verticales. 36. Ces rayons cartilagineux se développent sur place sans l'in- tervenlion de cellules particulières, et sans doute par le dépôt d'un cytoblastème cartilagineux. 37. Pendant ce travail , les vésicules de la corde se remplissent d'une malièi'c gélatineuse. ocS. Les ciii'lilagrs de la lèlr (■durmiienl ;'i se g:u'iii[' de cavités, Dl' BROCHET, f)E LV PERCHE ET DK LÉCREVISSE. 585 dont la forme varie avec celle des pièces cartilagineuses. Ces cavités renferment des cellules avec noyau graisseux. 39. L'extrémité antérieure de la corde, qui pénètre entre les pièces cartilagineuses de la base du crâne, ne se détache pas du reste du cylindre , et ne paraît pas concourir , du moins à cette l'poque, à la formation des os. 40. L'iris se garnit de son pigment argenté. il. Les capsules auditives deviennent triangulaires , et les olo- litlies grossissent inégalement. 42. Ces otolillies sont formés de couches concentriques de sub- stance calcaire; ils se dissolvent dans les acides, sans laisser de résidu membraneux appréciable. 43. Pendant que les rayons des nageoires se déposent, l'extré- mité postérieure de la corde se redresse. 44. Les rayons se rapprochent de plus en plus du corps du Poisson . 45. L'aorte envoie des anses inférieures, qui se porteiil de i)lus en plus en arrière vers la queue , contournent cette partie , et se présentent plus tard vers son bord supérieur. Ces anses précèdent l'apparilion des rayons cartilagineux, qui .se produisent succe.ssive- ment de bas en haut. 46. Des pièces cartilagineuses se montrent entre les extrémités des rayons de la queue et le corps du Poisson (pièces inter-épi- neuses , . 47. Ces pièces ont un accroissement centrifuge ; elles se déve- loppent aussi de bas en haut comme les rayons. 48. La colonne vertébrale commence à se solidifier vers le troi- sième mois seulement , dans le Rotengle. 49. Celte solidification se fait par la gaîne de la corde. 50. C'est alors que les vésicules de la corde cessent d'être distinctes, et (jue le cylindre .se pai'tage en vertèbres. 51 . Les lignes de séparation des vertèbres correspondent aux intervalles des divisions verlébralcs |iriiiiilives. 52. Les apophyses épin('u.ses sont des |iièces distinctes, et sépa- rées de la colonne vertébrale. 53. L'extrémité redi'cssée de la corde se raccourcit de plus en plus. 286 LEREBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE 54. Les rayons cartilagineux de la nageoire caudale se divisent en articles d'égale grandeur. 55. Ces rayons restent transparents, et ne reçoivent pas de cavi- tés cartilagineuses. 56. PendanI i|iic leur division s'opère, l'aorte forme à la base de la queue deux anses très étendues, ([ui envoient des artérioles à chacun des rayons. Ahi. 3. — Résumé comparalif des modifications que le Poisson éprouve après l'éclosion. A. Ressemblances. § 1. Les deux faits qui dominent tous les autres, dans cette der- nière période, par les conséquences qu'ils entraînent, sont la dispa- rition de la vessie vitellairc et la formation des branchies. § 2. On sait que le jeune poisson réeennnent éclos porte encore pendant quelques jours sa vessie vitellaire. Celle-ci donne à son corps une forme particulière par la saillie plus ou moins considé- rable qu'elle produit. Mais à mesure que le poisson grandit, cette vessie diminue ; son contenu est employé potu' la nutrition : il est peu à peu absorbé par l'intestin. Enliu il disparaît totalement ; l'abdomen ne fait plus de saillie, le poisson a pris sa forme définitive. § 3. Pendant que le vitellus diminue de volume, le réseau vas- culaire, qui était étalé à sa surface, se modifie complètement; les rameaux d'anastomoses se rétrécissent et disparaissent ; les bran- ches se disposent parallèlement les unes aux autres, en se dirigeant vers le foie. Quand le vitellus est résorbé, la veine sous-intestinale qui, auparavant, se capillarisait dans ce vitellus, se capillarise main- tenant dans le foie. La circulation hépatique a remplacé la circu- lation vilelline devenue inutile et impossible; l'appareil respiratoire embryonnaire ou transitoire a disparu. § k. Mais un nouvel appareil respiratoire sefo rmeet commence à fonefionner. Les arcs branchiaux cartilagineux sont creusés de petites cavités , et ont pris le caractère des vrais cartilages. Une abondante végétation de cellules s'est produite autour d'eux, et a DU BROCHET, DE LA PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 287 donné naissance àdns tubercules dispdsés en double serin, In long du bord inférieur de ces arcs. Ces tulicrcules, d'abord pleins, se sont creusés presque aussitôt , de manière à contenir un double canal dans lequel le sang circule. Chaque globule sanguin vient tour à tour, en passant par cet étroit canal, recevoir l'action de l'eau aérée. L'oxygénation des coqiusculesdu sang est donc complète , du moins pour ceux qui se dirigent vers les tubercules branchiaux . Peu à peu le nombre de ces appendices augmente d'arrière en avant, e'esl-à-dire (|ue les arcs antérieurs les plus éloignés du conu', et (|ui ont été les derniers à recevoir des vaisseaux sanguins, sont aussi les derniers qui se gar- nissent de tubercules braneliiaux. Bientôt les tubercules primitifs s'allongent , poussent latérale- ment des tubercules nouveaux qui fonctionnent comme les précé- dents ; de sorte que les appendices ne tardent pas à prendre la forme de franges élégantes suspendues aux arcs cartilagineux. Celle disposiliun permet à la masse sanguine de se diviser sur une plus large surface ; l'oxygénation des globules se fait plus prompte- ment : la respiration devient doue de plus en plus active. § 5. Les corpuscules sanguins ont grossi , et ont pris leur forme elliptique définilivc. Lu circulation générale est devenue plus dis- tincte, et se f;iil nuiinlenanl dans tous les organes. § 6. Le tube digestif aciiève de se constituer. 11 se ferme der- rière le foie (jiiand levitellus est entièrement consommé. La bouche et l'anus s'ouvrent au dehors. La première exerce des mouvements réguliers de déglutition qui déterminent le jeu rhylhmi(iue de l'ap- pareil respiratoire : l'intestin s'élargit dans la région qui deviendra l'estomac; la niui|ueuse se garnit de ses utricules sécréteurs; la vé.sicule biliaire ^.c montre conune un a[i|K'n(iice intestinal. Celte vésicule, ainsi (pic le foie et loul l'inlesliu , se colore eu jaune, ce qui indique (p:e la sécrétion iiiliaire est établie. § 7. Lu appendice particulier se montre sur les côtés dcr(eso- jibage; c'est la vessie nataloii'c qui n'est d'abord (pi'un simple tubercule formé des mêmes éléments que les parois du tube dont il fait j)arlie. Ce tubercule se ci'euse, grandit , s'étrangle à son ori- gine, se détache [len ;'i peu de l'œsophage, et se différencie bientôt 288 LEBEBOULLET. — EMBRYOLOGIE COMPARÉE complètement par l'établissement d'une circulation extrêmement riche qui se fait dans son intérieur. § 8. Les appareils sensitifs éprouvent peu de changements. L'œil perd sa fente clioroïdale : l'iris devient argenté par le dépôt d'un pigment particulier. Les capsules auditives preiuient une forme triangulaire. Les oto- lithes grossissent inégalement par de nouvelles couches calcaires qui viennent s'appliquer autour de celles qui existaient déjà. § 9. Les appareils locomoteurs sont ceux qui se modifient les derniers, à une époque très éloignée de la naissance. Ces modifica- tions consistent dans la formation des nageoires permanentes ver- ticales, dans les changements qu'éprouve la corde dorsale et dans la formation de la colonne vertébrale. § 10. Les nageoires permanentes verticales (1) se forment par le dépôt d'un blastème cartilagineux qui se fait sur place, dans trois régions de la nageoire embryonnaire : sur le dos , à la queue et derrière l'anus. Les parties de la nageoire embryonnaire situées entre ces régions s'atrophient. Les rayons cartilagineux sont d'abord à une certaine distance du corps , mais ils s'allongent par leur extrémité centrale et s'en rapprochent peu à peu : mode de développement conforme à la loi de formation centripète établie par M. Serres (2). Plus tard il se produit , du moins à la nageoire caudale , d'autres pièces cartilagineuses qui s'interposent entre le corps et les rayons ; le développement de ces pièces est centrifuge. Bientôt les rayons atteignent ces dernières piè(TS que j'ai nommées interépineuses, et s'appliquent contre elles. Enfin les rayons se segmentent et se divisent transversalement en un certain nombre de pièces ou d'articles, pour revêtir le carac- tère des rayons articulés. § 11. Cette formation de la nageoire caudale est précédée et accompagnée d'une modiricaliou remaniuable dans les vaisseaux sanguins. L'aorte fournit des anses vascuiaircs (jui précèdent l'ap- (1) C'est sur le Rotengle que j'ai étudié la formation des nageoires verticales, particulièrement de la nageoire caudale. ^ (2) Principes liorganoge'nie, Paris, 1842, in-8, p. 212. I)t' BROCHET, DE L\ PERCHE ET DE l'ÉCREVISSE. 289 [laritiuii des rayuas cartilagineux , et se portent suecessivemeut de la région inférieure du corps à son côté supérieur, en faisant le tour de la hase de la queue. Une anse pai'ticulière très étendue occupe la largeur de cette dernière un peu avant la segmentation des rayons. § 12. Pendant la formation des nageoires permanentes, l'extré- mité caudale de la corde dorsale s'intléchit vers le haut , ses vési- cules se remplissent de substance gélatineuse, puis les piu-ois de ces vésicules s'effacent et cessent d'être distinctes ; le cylindre que for- mait la corde accpiiert une transparence homogène. § 13. C'est ;ilors que ce cylindre se divise transversalement en pièces sembhxbles entre elles ( les corps des vertèbres ) , tandis que les apophyses épineuses naissent dans les intervalles de ces divi- sions, et consistent en pièces distinctes et séparées du cylindre lui- même. C'est alors aussi ([ue commence l'ossification de la gaine de l'ancienne corde dorsale. En même temps toutes les pièces du crâne sont remplies de cel- lules cai'tilagineuses, dont la présence indique aussi une ossification prochaine. B. Différences. §11. La durée de la vessie vitellaire est plus longue dans le Bro- chet que dans la Perche, ce (jui tient moins, peut-être, à son plus grand volume proportionnel qu'à ce que, dans la Perche, la circu- lation vilelline a lieu beaucou[i jilus tôt avant la .sortie de l'œuf. § 15. (Jn a pu remarquer la longue persistance de la goutte d'huile dans la jeune Perche. Elle survit à la disparifion complète (lu vitellus , et se trouve comme enchâssée dans le bord antérieur du foie. Elle n'est résorbée que lentement. 11 est probable que cette graisse sert d'aliment à la respiration très active de ce petit Poisson, dont la vivacité contraste avec les allures beaucou|) plus calmes du jeune Brochet. § 16. Les autres différeiu'cs tiemient à la forme et aux propor- tions des deux Poissons , et surtout à la forme de la tête beaucoup plus allongée et plus afilalie dans le Brochet. i' série. Zooi. T. 1. (Cjliier n- 5.) '• '9 NOTE LA GÉNÉRATION DU PÉLODYTE PONCTUÉ, AVEC ODELQUES OBSEBVATIONS SUR LES BATRACIENS ANOURES EN GÉNÉRAL, Par M. A. TaonAS. La génération du PéloJyte ponctué n'étant pas connue des natu- ralistes , je vais essayer de la décrire , en faisant (X)nnaître , dans celte note , le résultat des longues observations que j'ai faites sur ce Batracien. Le petit Reptile qui fait le sujet de ce mémoire s'accouple deux fois par an : d'abord, depuis la lin de février jusque vei's le commen- cement d'avril; et ensuite, à pai'tir des derniers jours de septembre, jusiju'aux quinze premiers d'octobre environ. Le mâle, (Ximme chez tous les autres Batraciens qui ont la pupille verticale ou triangulaire , saisit sa femelle au défaut des lombes; tandis que, dans les genres qui ont Yàpupille horizontale, les mâles, dans l'aecnuplement, passent leurs bras .sous les aisselles des fe- melles , de mauière que leurs doigis viennent se joindre sur le thorax de celles-ci. Les Grenouilles , h Rainette verte et les Cra- pauds, s'accouplent de celte dernière manière. Lph Pélobates , le Pélodyte ponctué, VAlytes elle Bombinator, s'accouplent, au con- traire, de la première manière. Mais ce qu'il y a de curieux dans la ponte du Pélodyte ponctué, outre les deux époques fixes de .ses amours, c'est la manière inva- riable dont il dépose ses œufs. Ces œufs sortent en une petite grappe de la longueur de 6 à 8 centimètres, et delà largeur de 1 à 2 cenlimèlres. Celte petite grappe d'ieui's est toujours déposée en long sur un brin d'herbe ou sur une petite branche d'arbre tloltant sur l'eau ou A. THOnAS. — filtNÉRATION DU PÉLODYTE PONCTUÉ. 291 nn pon entbnci-e sons (cllc-ci. La gin ot les rpnl's enlduronl mm- lilétcnionl le corjis an(|nel ils soni allacliés , cic maiiinc à ilnllcr on à rester submergés avec lui. Dans cet état , ce petit paquet d'œufs affecte assez la forme d'une fïrappe de raisin. Les naturalistes savent (pie la ponte des Grenouilles s'effectue en un sind peloton , et ne se renouvelle pas ; que celle des Crapauds consiste en deux cordons qui sortent ]iarallèlenient et en même temps , pour ne recommencer que l'année suivante et à la même époque. Celle du Pélodyte ponctué a lieu (juclf[uefois à trois reprises, et (le la manière suivante. Le 4 avril 1849 , je trouvai deux Pclo- dyles jionctués acc(5uplés. Je les apportai chez moi , et les déposai dans un vase plein d'eau, dans lequel je mis avec intention (juelqnes brins d'herbe , pour qu'ils pussent y placer leurs œufs. En effet , vers trois heures après midi, je trouvai étendue sur un des brins d'iierlie une i;rappe d'(cnl's nouvellemenl pondue; mes Pélodyles étaient toujour.^ accouplés , et nageaient en tous sens dans le vaste vase où je les tenais |irisonniers. Le lendemain malin , j'apen/us deux autres grappes collées chacune sur un brin d'herbe. Le nràle s'était séparé de sa femelle, la ponte étant terminée. J'ai eu souvent des Pélodyles qui n'ont ]iondn qu'une seule grappe d'(eufs; mais, comme j'avais trouvé ces Batraciens d(''jà accouplés, il est très probable (|u'ils avaient déjà pondu un peu avant que je les prisse. Le Bombinator effectue également sa ponte à plusieurs reprises. Le ninciis (jiii envelopi»e les œufs du Pélodyte pondue est 1res clair, très mince et moins solide que celui des Grenouilles. On y distingue très bien, comme dans ce dernier, clKKpie sphère (pii eonlient et |irol(''ge un Têtard. Ce Têtard, quand il vient d'être pondu, est très petit; mais, par la suite, il devient fort gros, et l'on est étonné qu'un Batracien aussi petit que le Pélodyte ponctué ait un Têtard aussi volumineux. Du reste , tous les Batraciens à pupille verticale produisent des Têtards tn'îs gros ; ceux des Pélobates deviennent les plus volumi- neux. Il faut |iourtaiil avouei- que les Têtards de la Gienouillc verle d);viemi(;nt pres(|ue aussi gros ijue ceux des Pélobales, et qu'il serait facile à des yeux peu exercés de confondre les uns avec les 292 A. l'UOinAS. GÉNÉRATION autres , quand ces ditTérents Têtards se trouvent mêlés ensemble dans les mêmes eaux. 11 n'en est pas de même des Têtards de lu Grenouille rousse de Roësel et d'une autre espèce, qui ne me parait pas avoir été rlairement dislinguée, et que je me propose de décrire dans un autre mémoire. Les Têtards de ces deux Grenouilles sont petits ; ceux des Crapauds le sont encore davantage, et celui de la Rainette verte est de moyenne grandeur. Les Têtai'ds des Batraciens à ptipille verticale mettent encore plus de temps à se développer que ceux des Batraciens à pupille horizontale. En voici la preuve. Les Têtai'ds du Pélodyte ponctué pondus dans le courant du mois d'octobre n'arrivent à l'état parfait (pi'environ sept ou huit mois après, c'est-à-dire à la fin d'avril et dans le courant de mai ; et ceux pondus dans les premiers jours de mars ne (juittent leur état de Têtard (jue vers le milieu et même à la fin de l'été. Ceux du Pélobate cultripède, qui naissent dans les der- niersjours de mars, perdent leur i[ueue seulement à la fin du mois d'août, et même en septembre.il en est autrement pour les Têtards des Batraciens à pupille horizontale, pour lesquels il ne faut guère que trois mois environ pour rju'ils subissent leur entière métamor- phose. J'ai dit plus haut que le Pélodyte ponctué s'accouple deux fois par an; particularité (jui n'existe chez aucun Batracien à pupille horizontale , et ipii , jusqu'à présent , n'avait été remarquée pai' aucun naturaliste. Eh bien ! un autre Batracien à pupille verticale, et très voisin du genre Pélodyte, V A ly tes, pavlnge la même faculté. J 'ai plusieurs ibis trouvé dans la dernière moitié d'avril et dans les premiers jouis de mai le Têtard de ce Batracien sur le point de subir samélamorpliosc, et j'ai rencontré fortsouvent aux mêmes époques des Alytes mâles, ayant autour des cuisses des chapelets d'œufs. J'ai également vu, dans le courant du mois d'août, de gros Têtards de ce Batracien sur le point de passer à l'état parfait. Il est donc bien certain que YJlytes aussi fait deux pontes par an, et à des époques fixes. Mais je ne pourrais pas préciser, comme je l'ai fait pour le Pélodyte ponctué, l'époque à laquelle a lieu le second accouplement chez VAlytes, ne l'ayant pas pris sur le fait, commej'ai eu souvent l'occasion de le faire pour le Pélodyte ; mais tout me porte à penser m l'ÉLOlIVTE roNCTlÉ. i293 (]iic CL' tldil èlir vers la lin de l'été on le ('Dniinciicciiicnl de l'aii- lonmc. Il ne l'ant pas snpjioser (|ne les Tèlards qni naissent en antonin(> restent engonrdis pendant les froids île l'hiver; ils conservent , an contraire, toute leur vivacité, mais ils croissent un peu plus lente- ment. J'ai vu fré(juemment, à travers de la f;lace de 2 centimètres d'épaisseur, des Têtards ûc Pélodjjte ponctué se jouer au fond de l'eau. D'après ce (pi'un vient de lire, on voit clairement (pie les Batra- ciens anoures dont la pupille est idenlirpie ont (^ntre eux des rapports fort intimes, et j'ajouterai ijue, chez ceuxquiontlap?(;3«We verticale ou triangulaire , les apophyses transverses de la vertèhre sacrée ont une grande analoi;ie : c'est du moins ce que j'ai pu obser- ver sur les es|)èces que produit la France. Je pense donc, d'après cela, que l'on devrait, dans la classification de ces animaux, établir deux principales divisions , dont l'une comprendrait les Batraciens anoures qui ont la pupille horizontale, et l'autre ceux dont la pupille est verticale. Le Pélodyte ponctué est très commun dans les environs de Nantes et dans pliisienrs parties du dé|iarlenient de la Loire-Infé- rieure ; il est très abondant dans les dunes du bourg de Batz, où se trouve aussi le Péhbate cultripède , Batracien rare et très curieux , que M. ^lillet , naturaliste aussi consciencieux qu'éclairé , et auteur de la faune de 5Iaine-et-Loire, m'a fait connaître. Je suis heureux d'avoir l'occasion de lui offrir mes remercîments et l'expression de ma reconnaissance. Notre P('-I(idyte se trouve aussi à Saint-Nazaire. Je l'ai rencontré dans le .Morbihan cl ju.sque dans l'ilede Noirmoutier ( Vendéej. Depuis que j'ai lu cette Note à l'Académie de Nantes , le 6 fé- vrier ■l85/i,j'ai vu de nouveau, le U mai, raccouplemeut du PeVo- dyte ponctué s'accomplir avec les particularités (pie j'ai signalées plus haut. L MÉMOIRE SUR LE BUCÉPHALE HAIME {BUCEPHALUS HAIMEANUS), HELMINTHE PARASITE DES HUITRES ET DES BUCARDES, Par le D-^ LACAZE-DVTHIERS. L'histoire des Helminthes est entrée , depuis quekiiies années , dans une voie nouvelle par la connaissance des formes larvées. A quelques périodes de leur développement les Vers parasites se présentent à notre observation avec des apparences tellement variées et différentes, (|ue,dans bien des cas, les zoologistes pure- ment classilicateurs ont fait du même individu, à divers états, plu- sieurs espèces et même des genres distincts. Les formes vari(Mit, en effet, avec les stations, et ralternance des générations en augmente encore le nombre (i). Aussi, maintenant que l'allcntion est éveillée sur ces transfor- mations , doit-on être plus réservé quand il s'agit d'éti\blir des genres et des espèces nouvelles. C'est donc en faisant toutes nos réserves que nous donnons la description d'une espèce qui ne nous a pas paru décrite ; en lui imposant un nom, nous n'avons cherché qu'à la désigner, eu allcndant que son histoire fût plus complète. Baer (2) avait trouvé dans les Anodontes un Helminihe à forme (1) D'après Siebold, Ànat. comp. (Manurh Roret, t. I, p. 158, note 6, VAm- phistomum rhopaloides n'est qu'un Tetrarltyitchus , et les genres Cercaria, Histrionella, Bucephalus, doivent disparaître, etc. (2) Baer, Nova Act. nat. cur., t. XIII, '2' part., 570-.')89, tab. x.« (1-10), Sporocystis (11-17) animale in varia gradu evolutionis. LAGAZE-DUTHIERS. MÉSIUIRE SUR LE BUf.ÉPHALE HAIMt). 295 bizarre , auquel il donna le nom de Bucéphale (1). Jacobson (2) l'observa de nouveau , et en donna une nouvelle ligure moins dé- taillée (]ue colle de Baer. Garner '3i, Siobold(4)ct Dujardin (5) en ont aussi suceessi\ ement parlé, et ont reproduit ce qui avait été dit avant eux. Toutefois Siebold,en ayant fait une étude plus suivie, a été conduit (6; à penser que le BucephalusiXcxMi être la larve d'un Gasteroslomum. Dans un ouvrage moderne, où sont recueillis avec grand soin lous les documents connus sur la science, Diesing (7) a conservé le Bucéphale au nombre des genres. On voit, d'après cela, que les auteurs ne sont jias d'accord, et qu'il est encore per- niisd'employer le nom imposé par Baer, en attendant (jue la lumière soit plus complète sur les transformations de cet être. En faisant des recherches anatomiques sur quelques points de l'organisation des Acéphales lamellibranches, j'ai eu l'occasion d'observer aux îles Baléares, à Mahon et à Cette, un parasite de l'Huître (8) et de la Bucarde (9), qui paraît se rapprocher beaucoup du Bucéphale de Baer. D'après l'ensemble des caractères, on peut le faire rentrer dansée genre; mais des différences (|ui paraissent spécifiques m'engagent, avec cette circonstance qu'il n'avait pas été signalé dans les Acéphales de mer, à en donner la description comme espèce nouvelle. Les glandes renfermées dans l'abdomen des Huîtres et de la Bucarde étaient coni|ilctement envaliies par ce parasite , dont la forme singulière, la taille, varient beaucoup. Enlevé des organes, il se déroulait en longs iïlaments blancs, d'une très grande fragi- lité; aussi élait-il très diflicile , je dirai pres( pie impossible , de 1 obtenir entier, et de pouvoir e.xamhier ses extrémités. Sa longueur (1) Bucephatua polymorpliu». (2) Jacobson, in h'ongel Dauske vidmak. selskab. nat. og malhem. afhanil., vol. III, p. 301, lab. VIII (1-3). (3) Garner, Isis, 1838, p. 830, (4) Siebojd, Wiegmanns Arch., 1839, t. II. p. 165. " (5) Dujardin, Hist. nat. des Helminthes, p. 478, Suites à Buffon, édil. Roret. (6) Sii'bold, Anal, comp., t. I, note 6, p. 130. (7) Diesing (Carolo-Mauritio), Sj/sfema ffelminl/ium. Vindebonae, 1850. (8) Oslrea edulis. (9) Cardiumrusticum, Brug., £nc!/cl. mélh.,l. I (Vers niollusques),p. 222, n",* 5. 296 I.ACAZE-DUTHIEK!!!. — - >lK9inirtK ('■hiil ('(iiisidi'iulile, ri j';ii |m en oliloiiir qui ('liiiUiiciil pliisiriirs ccn- liiiK'Ires. Ces Idiips lilniiiciils (1), |irimiti\t'innil (■yrnidriqiiPs,soiil lLil)iik'ux; ilsdevieiiiieiil plus ou moins monilirornics, eu chapelels, par les conlractions dont ils sont animés. Dans tous, on rencontre des individus jeunes en nombre très considérable et à des états très différents. Ces tubes ont été nommés par Siebold (2) /orves cj//mrfn7orme.ç ; mais ils avaient tiéjà re(;u le nom de tubes germinatifs ou sporo- cystes de Baer (3), et de nourrices (Ànemen)de Steentrup (ù). L'animal le plus parfait, le plus développé , observé dans ces Sporocystes, se présente (5), quand il est médiocrement carac- térisé, sous la forme d'un cône aplati; on voit à son sommet la bouche (6) entourée d'une ventouse cupuliforme, et à sa base des replis et des fdaments de longueur variables (7). Le corps parait finement strié perpendiculairement à son axe. En faisant varier convenablement le foyer du mici'oscope , toutes les stries paraissent circulaires au corps de l'animal, et correspondent à des annelures ; de loin en loin des lignes plus accusées indiquent des divisions plus considérables. La masse paraît plus transparente vers le milieu ; on y remanjue une cavité générale, que l'on peut considérer comme une cavité digestive simple non ramifiée, terminée en cul-de-sac du côté de la base, et communiquant avec la bouche du coté du sommet. Je n'ai jamais rien observé dans son intérieur. La bouche est simjile, et n'est entourée d'aucun crochet. Au- dessous d'elle, un conduit, rétréci comme un œsophage, la fait com- muniquer avec la cavité centrale; en avant elle est entourée par un disque épanoui , (juand l'animal est allongé , et par une cupule (8), quand les contractions ne sont pas très fortes. Cette (1) PI. V, fig. 5. (2) Anat. comp., t. I, p. i'6S. (3) iVotJ. Act. nat. cw.. t. XIII, p. 2.. (4) Steentrup, Ueber den Génération wechsel., etc., 1842. (5) PI.V. fig. (. (6) PI. V, fig. 1 a. (7) PI. V, fig. 1 c, d, t. (8) PI. V, fig. 3 o. SLR l.E BLCKI'IIALI. IIAIMK. 297 dépression rc|jii'si'iitL' une vc'ritiilili' vciilousc, i|iii (lis|i;iriiil li)rsi|iip l'animal est Ibrlenient revenu sur liii-mème 1). Les parois du corps de l'extcricur à l'intôricur son! l'oruiéps de Irois couches : la [ilus externe est lisse et ne parait pas striée : la se- conde ou moyenne est celli^ qui, sous les contractions, devient annelée ; enlin la plus interne, celle (pie l'on peut nommer paren- ehymaleuse, est la plus épaisse. On y distingue eà et là des globules , des granulations en forme de noyaux, et même des vésicules dont il n'a pas été possible de suivre le développement , et sur la nature desquels il faut rester dans le doute. C'est au milieu de cette couche, dans son épaisseur même, que l'on voit creusée la cavité générale. Vers le milieu de la longueur du corps on distingue une émi- nence saillante , au sommet de laquelle s'ouvre un autre orifice en forme de boutonnière, et dirigée transversalement (2). Je n'ai jamais pu constater, bien que toute mon attention fût portée vers ce point, si cette fente avait une communication avec la cavité centrale ; jene puis donc pas dire si l'on doit la considérer comme un anus. Elle existe dans le Bucephabis jMlymorphus, et, dans presque tous les Trématodes , Siebold la regarde comme l'orifice des organes spéciaux de la sécrétion. Quoi qu'il en soit, dans l'animal qui nous occupe ici , on voit sous le tubercule qui la porte , et dans l'épaisseur du parench^Tiie qui lui correspond, quelques vésicules et des granulations peu limitées et peu di.stinctes. On comprend, du reste, qu'avec les raccourcissements et les allongements qui suivent les mouvements de contracfion, des chan- gements doivent se produire dans la forme et la disposition des choses. L'extrémité du corps qui correspond à la base du cône porte un appendice lamellaire et deux longs filaments. Le premier (3) est formé par une lame assez épaisse dont les bords sont courbes, arrondis ; il présente deux lobes latéraux (4) {<) PI. V.fig. 2 (2) PI. V, fig. 1-3 b. (3) PI. V, fig. 4,2, 3 d,e. (4) PI. V, fig. 1,2. 3 d. 298 ' LACAZE-DVTHIERS. — MÉMOIRE et un médian (1) : ce dernier est relevé du côté opposé à celui où s'insèrent les filaments, et a la forme d'un mamelon. Le tissu de ces appendices est un peu différent de celui du corps ; il est plus dense, plus épais, moins contractile. Sa teinte est plus foncée, et de nom- breuses lignes polygonales, très légères et peu distinctes , semble- raient indiquer une structure cellulaire : l'union de ces parties avec le corps se fait par un étranglement marqué. Les lilaments (2) naissent sur la face des appendices lamelli- formes, à l'opposé du lobule médian et du même côté que l'oritice latéral du corps. Ils sont tantôt d'une longueur extrême, et tantôt fort courts ; ils paraissent finement striés transversîdement. Tel est l'animal le plus développé et le plus complet que j'aie pu trouver. Quand on l'observe assez longtemps , on peut suivre ses contractions et ses dilatations qui ressemblent à des mouvements péristidtiques, et qui cbangent à cliaque instant sa forme. On le voit s'allonger et se raccourcir, fermer, déployer sa ventouse, et déve- lopper avec une étonnante rapidité ses lilaments terminais ; ceux-ci ont, en effet, une surprenante contractilité. Après avoirégalé plu- sieurs fois en longueur le diamètre du champ du microscope , on les voit se raccourcir à ce point qu'ils n'en ont guère plus que la moitié , et même beaucoup moins. Durant ces contractions ils se contournent et se iiortent dans un sens, puis dans un autre, en s'enlaçant de leurs nœuds réciproques comme le feraient des ser- pents. Ils se mêlent, se brouillent, et séparent leurs replis flexueux avec une rapidité qui étonne toujours l'observateur. Si la forme de cet être est singulière, son développement, qu'on peut suivre pas à pas sur un même Acéphale atteint par le parasite, ne le paraîtra ]»as moins. Il est rare même que l'un des tubes gerniinatifs ne soit pas rempli de germes plus ou moins allongés, et à des périodes différentes. Le premier état (3) est représenté par un globe sphérique parfai- tement transparent, et ne présentant à son intérieur aucune trace de vésicule, de tache germinative ou de granulations vitellines. Le (1) PI. V, Hg. 1, 2, 3c. (2) PI. V, 6g. 1,2, 3». (3) PI. V, fig. 6. Sl'R LE BUCÉPHALK HAIME. 299 volume cil l'sl liés variable; il m'a semblé en trouver même qui se rapprochaient des granulations microscopiques. Quand l'évolu- tion fofiimciice il i, on voit la petite vésicule s'allonger et devenir ov;de ; bientôt, à l'une de ses extrémités, paraissent deux nuuiielons qui s'allongent aussi, se courbent et se croisent. Entre eux nait un tubercule en niènie temps que leur base se renfle : c'e.stlàle com- mcncenientdes appendices lamellitbrnies. Peu à peu, p:u' les progrès du développement, ces pai'ties pren- nent la tonne et les proportions décrites plus haut. Le corps de l'animal, d'abord cylindriiiue, devient ensuite conique et plat. En voymit ce mode de développement, il est impossible de ne pas reconnaître ([u'il ne représente pas l'évolution orflinaire d'un œuf; que ces transformations successives sont le résultat d'une augmen- tation de volume, sans iju'il y ait rien qui ressemble à la multipli- cation des pai'ties, telle qu'on la voit se faire dans l'eniltryon. Il n'est donc }ias douteux ipie les jeunes, dont il vient d'être ques- tion, ne .soient des embryons nés de femelles qui réunissaient en elles toutes les conditions nécessaires à la reproduction ; mais il est vrai dédire que ces embryons sont à l'état le|)lusrudimentaire qui puisse être observé, à l'état de vésicule sim|ile et très petite. On h voit, on est en face d'un exemple de génération alternante , mode de re- production qui, du reste, était admis pour les Helminthes ( 2, i. Les animaux bien développés, tels ipi'ils ont servi de type pour la description, sont-ils des êtres (larfaits, ou bien sont-ils encore à l'état delarves?L'o|)inion de Siebold est, onl'a vu, (pieleJît«ce/)/ia/MS pohjiiiorphus est une larve. Ici nos observations n'ont pas été assez lungli'iniis prolongées pour [)ouvoir juger la (luestiim. Toutefois l'absence complète des organes giMiitaiix, dans des êtres nés de mères fécondes , et ipii auront plus tard des sexes, donnerait forte- ment à penser (juc le développement n'est pas complet, et par conséquent qu'on a affaire à des larves. Alors à quoi se i-i'duiraient les observations :' Elles ne porteraient que sur les individus se re- produisant sans le concours des sexes , et sur les larves nées de (1) PL V, fig. 6,7, 8, 9, 10. (2) Voyez Sielioid, (oc. cit., p. 150, t. I ; et Steentrup, Uber de» Génération wechsel., 18i2, etc., etc. 500 I.Al'AXK-ItlillllKRS. MÉMOIItl: ceux-ci. Oii voit (jnc |ioiii' iivoir le cercle coniplcl des métniiinr- pheses il y ;i eiicdre liieii des recherelies ;'i poursuivre. Quelle idée faut-il avoir des Sporoeystes? Il semble naturel de les regarder comme les mères des nombreuses larves qu'elles ren- ferment ; leur corps tout entier serait transformé en véritable ma- trice, en une chambre d'incubation. Mais ces mères, nées fé- condes , n'arrivent pas à la forme qui termine ou commence la série des alternances ; elles sont elles-mêmes des larves. D'après les observations de Siebold, elles ne seraient qu'une partie d'un embryon , et Steentrup a observé dans les .Moules des larves ressemblant beaucoup à des Paramacies , qui , après s'être dé- pouillées de leur épithélium ciliaire , se transformaient en tube germinatif. Ce serait donc ime autre forme à ajouter à celles déjà si nombreuses d'un même Helminthe. Les observations sur le parasite dont il s'agit ici n'ont pas été assez multipliées pour pouvoir décider absolument la question. Mais les contractions du Sporocyste étaient trop évidentes pour ne pas faire naître dans l'esprit autre chose que l'idée d'une poche, d'une partie détachée de la larve, ne servant que de réceptacle aux jeunes qui se développent dans sou inté- rieur. Les contractions étaient si marquées, qu'il est arrivé de voir, des larves assez longues prises par le milieu du corps, et être en partie dans un renflement, en partie dans un autre (i). D'après Baer et Siebold, le Sporocyste du Bucephalus polymorphus serait rigide dans toute son étendue. C'est une différence avec celui que nous décrivons ici. Un autre fait digne de remarque est celui du bourgeonnement . J 'ai rencontré , en effet , des cœcums plus ou moins longs renfermant des larves plus ou moins développées. Lorsque le bourgeon était peu marqué, il ne renfermait qu'une matière un peu bi'unâtre et granu- leuse (2). Du reste, dans toute son étendue, ce Sporocyste avait une épaisseur autre que celle d'une membrane; les larves occupaient une cavité centrale creusée au milieu d'une sorte de parenchyme. Quelle est la place zoologique de cet être singulier? Il ne semble (1) PI. V, fig. 5x. (î) PI. V, fig. 3 i. SIR LE BUCÉl'HALK HAIME. 301 pas douteux que par l'eiiseiiible de ses earaetères il ne dnive être rapproelié de l'animal décrit par Baër. Siei)old , admettant que celui-ci n'est que la lai've d'un Gasterosi07num, le place dans les Trématudes. Diesing-, au contraire, conservant le genre, le place dans les Cercaires ; 1). Si le gein-e parait le même, l'espèce est différente. Sans reprendre tous les caractères qui légitiment cette manière de voir, il est nécessaire de iiiontirr les dit'tV'rences qui paraissent caractériser l'espèce. L'IiaLitation est déjà un fait important , car on ne voit guère les animaux d'eau douce vivre dans l'eau de mer, surtout quand il s'agit des animaux intérieurs. La forme des filaments de la base est différente : beaucoup plus longs que ne les a rcpréscntésBaer, jamais je ne les ai rencontrés moniliformes, et renfermant des séries de petites masses spbériques noirâtres. Dans le Po/i/morp/ms, le point d'insertion de ces filets est développé en une véritable boule, tandis ipie nous n'avons signalé cette forme 1 2 1 (jue secondairement dans une période du développe- ment ; à la place de ces deux masses, nous avons vu des appendices en forme de lamelles. D'après les dessins du Polymorphus la bouche serait subterminale, comme l'indique aussi Diesing ; tandis qu'ici elle est terminale et placée au fond d'une cupule d'une ventouse. Pour ces raisons, on peut en faire une espèce distincte; je lui donnerai le nom de mon excellent ami J. Haime, en souvenir de notre voyage dans les Baléares. Il est un fait qu'il est intéressant de signaler en terminant. Les Huîtres de Mahon, et les Bucai'des de l'étangdeThau, près de Cette, atteintes par le Buceplialus Haimeanus, offraient ceci de particulier qu'elles étaient infécondes; l'Helminthe occupait principalement les conduits des glandes génitales et même les espaces interlobu- laires. Il avait arrêté le développement des germes. On comprend que sa présence est un empêchement à la multiplication et à la re- production de ces .Mollusques. Quand on a vu une première fois les (1) Oiesing, Syslema helmiiilhum, vol. 1, p. 285-29i. Ordo UI , sub^ordo I , Cercariœ; tribus I, Dxcnmocoela ; .subtribus II, Colylea; gen. 3,'liucephalus. (îj PI. V, fig. 4. 302 LACAZE-DUTHIEBS. MÉMOIRE SUR LE BUCÉPHALE HAIME. Huîtres atteintes et devenues malades , on les reconnaît ensuite lacilement ; la masse abdominale, qui habituellement est d'un blanc jaunâtre opaque, devient comme transparente : elle a l'aspect des tissus œdématiés et inliltrés de liquide. On peut même quelquefois, mais c'est rare, distinguer au milieu de cette transparence et de ce gonilement œdémateux les traînées blanches qui correspondent aux Sjtorocystes. Ainsi le Bucephalus Haimeanus est un ennemi de plus à ajouter à la liste de ceux qui attaquent l'Huître. Les auteurs ne l'avaient pas encore indiqué. EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 5. Tous lesdessins, pris à la cliambre claire à une distance de 17,3 centimètres, sont vus à un grossissement de 1 10 à 120 diamètres. Fig. 1 . Bucephalus Haimeanus vu de face, montrant les stries de son corps, l'orifice latéral 6, sa ventouse a, ses appendices lamellaires d, avec le lobe médian c et les filaments e très allongés. Fig. 2. Le même, contracté, devenu tout à fait conique. La différence de la lon- gueur des filaments ec est bien remarquable, quand on compare cette figure à la précédente. Fig. 3. Le même, allongé, la ventouse a est épanouie. Fig. 4. Jeune Bucéphale dans un état de développement intermédiaire à l'animal (fig. < ), et celui qui est dans le sporocyste (fig. 6 x). Fig. 5. Sporocyste très long, présentant à l'intérieur (t, x, i/) des jeunes à des états divers de développement ; deux bourgeonnements (y, z) latéraux remplis, l'un d'embryons vésiculeux , l'autre d'une substance granuleuse. En x, une larve a été saisie au milieu du corps par une contraction ; en k, une dilatation énorme. Fig. 6, 7, 8, 9, 10. Divers états et transformations de la vésicule-emfcri/ûn. MONOGRAPHIE DES BALISTIDES, Par M. H. HOLI,ARD. Genre Balistes Cuv. DEUXIÈME SECTION (I). Les Balistes qrii portent à l'épaule un système de sentelles dis- tinetes des sipiames ordinaires des réjïions voisines forment un ensemble de petits h'pes en série les uns à l'égard des autres. Les premiers se font remarquer par des formes hautes , par une r(>gion oéplialique relativement eourte, par un profd rapide et arqué, et par le développement des nageoires médianes. La dorsale épineuse a ses trois rayons plus ou moins longs : le premier est aigu, le der- nier dépasse toujours le sillon dorsal ; la dorsale molle el l'anale ont plus ou moins île liauleur, surtout en avant, où (pieKjues rayons se |)rolongenl en pointe ou même en filaments isolés ; la caudale est fourchue, cl (pielipiefois aussi filamenteuse. Dans les derniers types de cette série, nous voyons, au contraire, des formes plus longues que hautes , une région eéplialique très projetée el à profil médio- crement incliné, des nageoires médianes peu dévclopjiées el arron- dies. A ces premières différences , ipii sont les plus significatives par leur ra[iport intime avec la locomotion, se rattachent quelques modifications de moindre valeur, et qui toutefois indiquent aussi une d(''gradation , |iar cela seul qu'elles font disparaître peu à peu les caractères ipi'elles affectent. Ainsi, le sillon préoculaire et la ligne laténde , prononcés dans les premières espèces de cette sec- tion, s'elïacent dans les dernières. Quant à l'écailliu'e , nous la voyons à peu près uniformément tuberculeuse et 1res faiblement spinoïde au commencement de la série, sans proéminence très (<) Voy. Ann. des se. tiat., 3* série, t. XX, p. 71, et i' série, t. I, p. 40,— Pour le genre Balitlet, p. 47 ; el pour la première section , p. SS. ^Oll U. UOIXARD. marquée d'un ou de plusieuis tuljercules , soit sur l'ensemble des squames, soit sur celles d'une région particulière; tandis que bientôt le tubercule médian antérieur des squames caudales se développe et fournit une pointe épineuse dirigée en avant : ce fait se produit d'abord avec de petites proportions , mais sur un grand nombre de squames, puis d'une manière plus prononcée et en même temps sur un espace plus circonscrit ; en sorte que la lon- gueur des épines est en raison inverse de leur nombre. Ces der- nières différences, rapprochées de celles que nous offrent les formes du corps, nous montrent dans les espèces a formes hautes et à écaillure faiblement aruîée, des Poissons qui chassent en pleine eau , et c'est parmi ces espèces, en effet, que nous rencontrons les plus grands Balistes , ceux auxquels on attribue jusipi'à 1 mètre de longueur; tandis (pie les plus petits sont dans les types cpii portent des épines caudales prononcées et à pointe antérieure , et ceux-ci vivent au milieu des rochers et des récifs madréporiques, occupés à brouter les jeunes Polypes. La série des Balisles à |>laques scapulaires est plus nombreuse que la précédente. Les vingt espèces que j'ai étudiées dans la col- lection du Muséuni se laissent assez facilement grouper en sept petits types : les uns très homogènes dans leur composition , les autres composés d'espèces assez différentes poiu" laisser soupçonner des lacunes dans nos catalogues. Comme on le verra, de toutes les espèces de cette section il en est à peine une qui n'ait été déjà décrite, nommée et figurée ; la plupart cependant réclamaient de nouvelles ('tudes , une nouvelle descrip- tion , une coordination rationnelle et des figures exactes , ce qui me fait regretter de ne pou\'oir publici' en ce moment les planches très fidèles que j'ai fait exécutei', cl de devoir me borner à indiquer par un simple trait les quatre modifications les plus prononcées de la forme dans la série qui va maintenant nous occuper. A. Le premier de nos sept types est caractérisé par des formes très hautes, comprimées, la rapidité et la ligne anpiée du protil fronto-nasal. La dorsale molle et l'anale, très hautes en avant, s'abaissent ensuite rapidement ; la caudale a ses rayons extrêmes très MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 305 longs ; la ligne latér.ile est, très apparente ; l'écaillure est uniformé- ment couverte de très petites saillies un peu rudes, surtout chez les jeiuies sujets; li'S]ila(pies scapulaires sont entourées d'un cadre à éléments disjoints. Ici se rangent les quatre espèces suivantes de la collection. 1. Balistes vetula, Lin. Caractères. — Hauteur du corps surpassant le tiers de sa lon- gueur. — Dorsale molle et anale très liantes en avant, le ciinjuième rayon de la première prolongé en filament ; caudale en forme de croissant à cornes longues et effilées ; éeaillure finement tubereulée sur toutes les régions. — Plusieurs traits bleus descendant du front sur les côtés de la tête , tandis que d'autres partent de la région de la Imuche cl se prirtenf en arrière. D. M. 30. A. 28. P. 1/i. l.e profil de ce Baliste est droit et incliné à 40 et iS degrés. Le corps a i)lus d'élévation chez les jeunes sujets que chez les adultes. La fossette préoculaire a peu de profondeur. La fente branchiale ne dépasse pas inférieurement le bord supérieur de la pectorale. Le premier rayon de la dorsale éiiineuse est grand, l'obuste, couvert de fortes a.^pérités en avant ; le troisième est assez pro- longé au-de.ssus du sillon dorsal, et la membrane de cette nageoire ne s'étend pas tout à fait jusqu'à la suivante. La secoMilc dorsale grandit lapidemcnt jusqu'à son cinquième raycin, lequel forme, en se prolongeant et se réduisant à une seule de ses divisions lerminales, un filament très flexible et très long. Cette nageoire décniil ensuite d'abord rapidement, puis avec plus de lenteur ; d'où résulte pour la doisale molle une forme anguleuse en avant , avec une ligne de décroissance concave. Dans les jeunes sujets lin ne voit pas de rayon filamenteux. Quant à l'anale, elle offre moins de hauteur et une l'orme moins anguleu.se que la dor- sale coiTcspondanle ; la caud;de, creusée en croissant, a ses rayons extrêmes jirolongés en cornes effilées. '.• siTip. ZooL T. I. (Cahifir n" •",.) < 20 306 H. HOLLARD. La saillie pelvienne du Baliste vieille eslméûxocre, suspendue, à un pli cutané préanal , peu exleiisiblo et garni d'aiguillons disposés par paires et saillants à la marge de ce petit fanon. L'écaillure se compose de squames assez grandes, couvertes de tubercules petits , nombreux , ordonnés en séries dont la première est un peu prédominante en longueur plutôt qu'en saillie; un peu rugueux chez les jeunes sujets, ces tubercules s'émoussent avec l'âge. Les rangées des joues sont toutes obliques. Celles de l'abdomen, des flancs et de la (picue n'offrent pas de particularités dignes d'être signalées. Quant aux plaques scapulaires, l'antérieure est très prédo- minante, semblable à une valve de coquille du genre Lfwo; la postérieure, beaucoup plus petite , est complétée par une grande intercalaire inférieure. Le cadre a ses éléments disjoints chez les jeunes sujets, plus rapprochés et disposés en deux séries chez les adultes , avec une intercalaire supérieure qui occupe le sinus supé- rieur formé par les grandes scutelles. Le système de coloration du Baliste vieille suflirail à sa caracté- ristique. Sur un fond brunâtre se montre im dessin de lignes bleues presque concentré sur la région céphalique. Plusieurs traits de cette nuance, à cheval sur le front, descendent en convergeant vers WvW, s'arrêtent an bord supérieur de l'orbite, et se reforment sur le bord opposé pour gagner en s'é(>artant de nouveau la fente branchiale. Un trait plus voisin de la bouche et qui contourne aussi la ligne de profil , s'approche d'abord de la région sous-orbitaire pour redescendre et s'arrêter vers l'extrémité inférieure de la même fente. Un auli'c encore, placé sur le museau comme une moustache , et plus large que les précédents, descend jusqu'à l'origine de la ])ectorale ; un ilernier enfin part de la conmiissure de la bouche , et va s(! termi- ner un peu en avant et au-dessous de cette nageoii-e. La dorsale molle et l'anale sont également traversées par des traits de la même nuance que les précédents , et sur la caudale se dessine un crois- sant bleu. Le Batistes vetula est une des espèces du genre les plus répan- dues dans les mers tropicales et les plus abondantes dans les collec- tions. On le n.'çoit à lafoisde rAtlanti(iuc, delamcr des Indes, et du MONOGRAPHIE DES BALI8T1DES. 307 grand Océan. 11 atteint d'assez grandes dimensions. L'un de nos plus grands exemplaires m'a foumi les mesures suivantes : Longueur totale. . . 0"',520 Hauteur pectorale . . 0",200 Hauteur pelvienne. . 0"',220 La caudale offre à sa partie moyenne. 0"',050 La région céphaliqne compte pour. . O^JiO Synonymie. — Le nom de Balisles velula , donné par Linné d'après Osberk {lier., 294), a été généralement conservé dès lors danstoiis les ouvrages; Laeépèdeen a fait iionBaliste vieille. .Mais à des époques antérieures nous le trouvons dans Margrave, Bras. 161 , sous le nom de Gitaperva paixeporco ; c'est le Guaperva maxime cawrfrt/a de Willoughby 'Ichtliyol. app., p. 21 , tali. 1, fig. 23), le Cochino de Parra , le Turdus oculo radiato de Catesby (Corol. 2 , p. 22, t. 22). 2. Balistes forcipatus Lin. Caractères. — Hauteur du cori)S surpassant un peu le tiers de sa longueur. — Plusieurs rayons prolongés en fdets au commence- ment de la dorsale molle ; caud;de eu croissant à rayons extrêmes très longs ; éeaillure finement tnberculée sur toutes les régions. — Coulevu' fauve, semée de nombreuses petites taches brunes sur le corps el sur les nageoires dorsale molle et anale. DM. 28. A. 25. P. 13. Le corps est un peu moins haut dans cette espèce que dans la pré- cédente. La ligne de profil est droite et inclinée à 45 degrés. L'œil en est à quelque distance ; au-devant de lui se voit un sillon court, mais prononcé. La feule brancliiale, lemarquablement longue, descend pres(|u'au niveau du iioul inférieurde la pectorale. Le premier rayon de la dorsale épineuse est robuste, très long, droit, obtus, très rugueux; les autres sont proportionnellement courLs ; lu menibi'aiie se prolonge au delà du troisième jusqu'à une très |)elile distance de h doisiile molle. 308 H. UOLLABD. Cette dorsale molle est non seulement haute en avant, mais ses troisième, (jualrième, cinquième, sixième et septième rayons sont développés en longs filets; les suivants dépassent un peu la mem- brane. Leur décroissance se ralentit bientôt , en sorte que cette nageoire conserve une certaine hauteur jusqu'à son extrémité. L'anale manque de rayons filamenteux, mais reproduit assez bien la forme générale de la dorsale molle. La caudale a sa ligne terminale convexe, et ses filets extrêmes prolongés en cornes médiocres. La saillie pelvienne est longue , suivie d'un pli abdominal ou préanal rugueux, épineux à sa marge, médiocrement extensible, (|ui gagne l'anus dans une direction rapide. L'écaillure se compose généralement de sijuames médiocres , mais couvertes de tubercules mousses serrés, dont les séries anté- rieures sont prédominantes, et plus régulièrement ordonnées que les postérieures. Le système des joues offre des séries obliques de squames oblongues et posées verticalement , disposition qui , assez irrégu- lière supérieurement, se régularise en approchant de la gorge. Le système ventral , partout bien distinct de celui des systèmes voisins, n'offre-pas de particularités remarquables. Le système latéral présente en arrière, c'est-à-dire sur la queue et sur le diamètre antéro-posiérieur de ses squames en losange, un ou plusieurs tubercules principaux qui, quoique plus gros que les autres, ne deviennent jamais très apparents, et restent juousses. Au-dessus d'inie saillie scapulairc que le prolongement inférieur delà fente branchiale fait paraître très élevée, on voit les trois scu- telles de cette région entourées d'un cadre de très petites pièces , avec une intercalaire supérieure, rpii demeure à distance de l'angle rentrant formé par la rencontre des deux grandes plaques. Olles- ci sont oblongues ; la postérieure beaucoup plus petite que l'anté- rieure, et complétée eu Itas par une intercalaire inférieure pro- porlionnellement grande. La couleur générale est fauve ; son caractère le plus prononcé est le semis de petites lâches brunes (jui couvrent le corps et les na- geoires verticales. 5iii.\(M,i!vi'iiii-: im:s iui.isiiuks. 309 Le .Miis(V ne pdssnlc (iii'iiii seul iiidiviilii de celle i;i';iii(le espèce. Il priivieiit (kl .Sénégal, el présente les tliiiieiisions snivanles : Longueur lolak- O^.SSO Hauteur poctoi-ale 0°',144 Hauteur pelvienne 0"', 103 Longueur de la caudale. . . . 0"',ObO Longueur de la région céphalique. 0°',I12 Synonymie. — Lu BaUsles forcipatns d'Artedi el Linné es( men- tionné et ligure par Willdugliljy sous le nom de Guaperva lata {^pp-, p- 21, fab. I, 22). Lesautem's, qui attribuaient au capris- cus une caudale carrée ou ronde, ont ratlaché au forcipatus les exemplaires du premier ipii ol'Craient mie caudale l'ourcliiie, malgré les dil'térences des deux espèces sous le ra]iport des rayons [nolon- gés de la dorsale molle, de la longueur de la tente branchiale, de réeaillure en général, du cadre des plaques scapulaires et du dessin. Il était plus facile et plus excusable de confondre le B. forcipatus et le velida, quand les .systèmes de coloration de ces espèces étaient effacés. Ces méprises, quoique accidentelles, ont eu (lour effet de nuire à l'exactitude des caractéristiques, surtout en ce ([ui concerne le forcipatus et le capriscus. Si l'on n'eût pas pris, pour appartenant à l'espèce tpii nous occupe, les exemplaires à queue fourchue, c'est- à-dire adidles ilu capriscus, on n'aurait pas eu un seul instant l'idée de rapprocher ce dernier Baliste du maculatiis , comme l'a fait ]\I. Cuvier. 3. Balistes capriscus Lin. Caraclèrps. — Hauteur [lectcu'ale un peu moindre que la demi- longueur. Dorsale molle, très haute en avani, à di'croissance, d'abord rapide, puis |ilus lenle. Coideur uniforme sur le corps, mouchetée de iilanc sur les nageoires verticales. DM. 28. A. 26. P. 14. La hauleiudu corps est ici très notablement moindre que dans l'espèce |»récédente ; elle est plus près du tiers que de la moitié de 310 H. IIOLL4RU. la longueur, ul le iirofil esl iiieliiié à [n'en de 45 degrés de l'œil à la bouche. La fenle brancliiale d(''|iasse à peine le niveau du bord supérieur de la pectorale. Le premier rayon de la dorsale épineuse est ro- buste, assez droit, aigu; les deux autres sont proportionnellement grands; la membrane s'arrête à une faible distance de la seconde dorsale. Le sillon préoculaire est prononcé et atteint le tiers de la longueur faciale. La dorsale molle et l'anale croissent rapidement, atteignent une hauteur égale aux trois (piarls de leur longueur, puis décroissent sur une pente d'abord très inclinée, et bientôt plus lente. La caudale, prolongée par de 1res longues cornes dans les sujets adultes , conserve une ligue; un peu saillanle à sa partie moyenne. Dans les jeunes sujets , liîs rayons extrêmes de cette nageoire ne sont pas prolongés ; c'est ce qui a donné lieu de croire que le Balisles capriscus avait la caudale carrée ou arrondie , et c'est ainsi, en effet, que nous le représentent les anciennes figures, notanunent celle de Salviani , copiée par Willoughby et par des auteurs |)lus modernes. La pointe pelvienne est bien saillante, mais suivie d'un très petit pli abdominal rugueux, et terminée parundouble rang d'aiguillons. L'écaillure, partout composée de s(puimes médiocres, est très couverte de [lelites saillies tidjcrculeuses plus ou moins acuminces. Aux joues, les rangées sont obliques et composées de squames oblongues, qui, en bas et en arrière, passent presque insensible- ment au système abdominal, (jclui-ci, à son four, se confond presque en arrière avec le système latéral. Ce dernier ne présente rien de remarquable, si ce n'est que la rangée antérieure des tubercules est un peu prédominante ; mais ici ce sont les tubercules extrêmes, et non le tubercule médian de la série, qui offrent le plus de ilévc- loppement ; souvent aussi les postérieurs l'emportent sur les anté- rieurs de cette rangée. Le système scapulaire se fait remarquer, comme dans l'espèce précédente , par le développement incom[ilel cl l'irrégularité des squames du cadi-e,et par la position de l'intercalaire supérieure , MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 311 qui ivstc à (lislance îles sciilollos et en deliors de l'intervalle qu'elle (loil occuper. Les scutelles elles-mêmes ont un développement médiocre ; les deux [irineipales sont à peu près de la même dimen- sion ; l'antérieure assez régulièrement ovale, et l'intercalaire infé- rieure forme le complément de l'ovale de la postérieure. Il est étrange (pi'on ait si longtemps passé sous silence la présence des scutelles scapulaires de ce Batiste, et que Cuvier lui-même le range au nond)ri'de ceux qui manijuent de celle jiarticularité. Le Balislcs capriscus est le seul de la famille entière qui se trouve dans la .Mi'dilcrianée ; on le pêclie dans rAllaulii|uc jusqu'à jNew-York , à Boston , el même , quoicpie très rarement , près des côtes d'Angleterre ; c'est l'espèce la plus généralement répandue, car elle est de toutes les mers chaudes et tempérées. Le Muséum en possède un grand nombre d'exemplaires de régions très diverses. L'un des plus grands, rapporté d'Alger par M. Deshaycs, présente les dimensions suivantes : Longueur totale. . . ... . O^jiS? Hauteur pectorale O^ilTS Hauteur pelvienne 0"',187 Longueur de la caudale. . 0"',053 Longueur de la région céplialique . 0"\ 1 1 4 Sijnonymie. — Connu de tous temps dans la Méditerranée , puis(pie Aristole en parle, et que le nom de JSa/îste procède du nom vidgaire de Pesce baleslra , donné à cette espèce par les pêcheurs italiens , le Batistes capriscus a reçu son nom actuel de Linné. Avant l'auteur du Sijstenia nalurœ et de la nomenclalurc binaire, ce poisson est désigné par des phrases caractéristiques insuflisantes ajoutées soit au nom généri(|uo de Batistes, soit même à celui de ca/)ri.çc!« i.^rtedi,. La figure qu'en a donnée Salviani , d'après un individu à caudale carrée, a été reproduite par Willoughby et par d'autres, el a pu concourir à le faire confondre avec d'autres espèces liés diffé'reiiles, et tout à lait éliangères à la Méditerranée où Salviani l'avait observé. M. de Kay décrit et figure, sous le nom de B. fidiginosus, un poisson à plaques scapulaircs, qui n'est autre que le capriscus (Zool. de New-York, p. 339, pi. 57). 312 U. UOLLARO. h. BaLISTKS ItKTlCULATLS Nul). BaL. C.ÏRULESCENS '.' 1!lI|I|M'1 Caractères. — Hauteur du (;orps au moins égale à la moitié île sa longueur. — Dorsale molle très haute en avant et rapidement abaissée. — Éeaillure des joues disposée en séries horizontales, dontein(| séparées par des esjiaces nus, et se terminant à qiiekpie distance des lèvres. — Systènui de cdloration réticulé. DM. 26. A. 23. V. 14. L'élévation du corps au niveau des pectorales égale et dépasse même quelque [leu la longueur; la ligne de protil est arquée, et s'incline à 45 et 50 degrés. Le peu de courhure transversale du front ramène l'util presque au niveau de la ligne médiane ; le sillon préoculaire est court et superficiel. Le premier rayon de la dorsale épineuse est robuste , médiocre- ment long, pointu , très hérissé en avant ; les deux autres soni proportionnellement grands ; la membrane interradiale se prolonge presque jusqu'à la deuxième dorsale. La dorsale molle et l'anale croissent rapidement, puis s'abaissent sur une pente uniforme et très inclinée. La partie moyenne de la caudale est légèrement saillante ; ses rayons extrêmes sont médiocrement prolongés en cornes. La pointe pelvienne, très forte, saillante, épineuse à son extré- mité, est suivie d'un pli tégumentaire extensible, garni d'aiguilles marginales, et qui s'élève assez rapidement vers l'anus. L'éeaillure se compose de squames médiocres , couvertes de tubercules peu nombreux, plus ou moins mousses, jamais épineux. Le pourtour de la bouche est nu, et les joues sont incomplète- ment revêtues de quclipies séries horizontales de .squames qui dé- croissent d'arrière en avant, H ne sont plus à l'extrémité des séries que de petits îlots tuberculeux entourés d'une jieau molle ; mais c'est à tort que Lacépède les compare à des verrues, car ce sont de véri- tables squames. Le nombre des séries des joues, j'entends de celles que séparent des intervalles cutanés, est de cinq, dont trois se trou- vent assez distantes l'une de l'autre et de leurs voisines. MDXHiRAl'HIE UKS lîALlSTIlIKS. 313 L;i région scapulaire porlo une scutello antérieiiiv uvak' ot niu' postérieure de même forme, mais tronquée inlérieurement et com- plétée par une {iTande interiMlaire ; le cadre est composé de très petites squames disjointes , dont une intercalaire supérieure qui reste à distance des grandes scutelles , et vis-à-vis de la i)lace qu'elle devrait occuper entre celles-ci. Les régions ventrale et latérale , très distinctes en avant, se con- fondent un peu en arrière ; leurs squames et celles des côtés delà queue ne présentent ]ias de tubercule principal et sont peu cou- vertes. On aperçoit presque des indices d'une ligne latérale derrière l'œil et pendant un très court trajet. La couleur de nos exemplaires, l'un desséché, l'autre dans la liqueur, est un fauve plus ou moins intense sur lequel on distingue des bandes i)lus foncées, rameuses et obliques sur la l'ace , très anastomosées, et formant une sorte de réseau sur les parties laté- rales du tronc. Sur les flancs, les mailles du réseau sont si serrées que les espaces qu'elles circonscrivent font l'effet de taches claires sur un fond brun. Les nageoires portent aussi des taches claires circonscrites par les mailles d'un réseau brun. La dorsale molle et l'anale sont bordées d'une zone blanchâtre. Le Muséum possède, comme je l'ai déjà indiqué, deux exem- [ilaires du Baiiste réticulé. L'un d'eux a été rapporté de l'océan Pacilique, l'autre vient de l'île Bourbon. Ils sont à peu près de même grandeur. Voici les dimensions de l'exemplaire conservé dans la liqueur : Longueur totale 0"',190 Hauteur pectorale . . . . 0",100 Hauteur pelvienne. . . . 0"',105 La caudale mesure. . . . 0"',030 La région céphalique atteint. C'.OeO Synonymie — Je ne connais que trois espèces ou trois descrip- tions aux(piclles puis.se se rapporter notre BaUsles reliculatus ; ce sont : le Bulisles fitscus de Schneider , observé et caractérisé pour la première fois par Cominerson , et dont Lacépèdc a fait son 31|!l U. UOLLAR». Batiste à grande tactie; le Batistes rividalus de M. Riippcl , et le Batistes cœrutescens dn menu; voyageur. ÎMaisde ces trois espèces, la dernière seule nie seuil île ol'i'riravee la notre une ressemblanee assez eomplète pour laisser soupçonner l'identité : elle reproduit le même système de coloration, et n'a aussi que cinq rangs disjoints de squames aux joues : le fond de la couleur semble seul dil'férer, et cela peut tenir à raclioade l'alcool. Nous ne proposons donc qu'à titre provisoire le nom de Batistes reliculatus, bien qu'il ait l'avan- tage de rappeler un caractère plus constant ou plus persistant que l'épithètede cœrutescens (juia la priorité. 5. Balistes rivulatus Ruppel. Caractères. — Proportions de l'espèce précédente. — Même forme des nageoires médianes. — Écaillure des joues offrant six rangées liorizontales et disjointes de squames. — Un dessin de traits longitudinaux et rameux courant sur les côtés du tronc. DM. 26. A. 2/1. P. 15. Ce poisson , représenté au Muséum par deux exemplaires secs, rapportés de la mer Rouge parM. Botta, nediffère du B.reticulatus que par ses six rangées disjointes de squames aux joues, et par son système de coloration arliorisé plutôt que réticulé. Ces caractères et la commuiiauté de patrie me font penser (pie c'est ici l'espèce dé- crite et figurée jtar Jl. Ruppel sous le nom que je conserve en tête de cet article (1). Je serais assez tenté de croire que le Ba- listes rivulatus de ce voyageur n'est lui-même que \e Balistes fuscus de Schneider (2) , ou Batiste grande tacite de Lacépède (3) , (|ue Commerson a l'ait connaître et ciu'actérisé en ces termes : Balistes fuscus, macula pectorali maxima, poslremisque pinnarum margi- nitms albis , cauda inermi, longe hifurca , genis sextuplici séria verrucarum rotalis [Jî). (1) Allas, su lier Reise im Nardliclien Africa, Fische, p. 32, et pi. 7, fig, 2. (2) Sijst. ichlh. de Blocli, éd. Schn., p. il, esp. 4 6. (3) HisL des Poissons , I, p. 378. (4) Sclin., loc. ct'l. MOiNOGHAPHIE UES BALISTIUES. 315 li. Dans le tlouxième type de cette série , les formes ont déjà moins d'élévation ; la tête conserve la brièveté relative ([u'elle a dans le type précédent ; le profil est arrondi comme dans celni-ci, mais abaissé ; la réjiiou caudale est loniiue et milieu cltiléc ; la dor- sale molle et l'anale perdent beaucoup de leur hauteui' en avant , et la caudale a des cornes moins prolongées, quoique encore saillantes et pointues. L'écaillure est remarquable ici par la grandeur des squames du Iroiu!, et par la disposition de leurs tubercules à s'allon- ger d'avant en arrière , pour former des lignes saillantes et parfois cai'éuiformes. Les pières qui composeul le cadre des platines sca- pulaires participent au surcroit de proportion de celles de la région voisine. Enfin, on peut signaler chez deux espèces de ce type des anomalies dans les formes du système dentaire. Je rencontre ici quatre espèces qui se succèdent dans un ordre assez évident de décroissance de certains caractères et de dévelop- pement des quelques autres. 6. Balistes NIGER Lacép. Caractères. — ^Mâchoire inférieure un peu plus avancée que la supérieure; les deux dents qui suivent les médianes d'en haut prolongées en forme de canines et sortant de la bouche; dorsale molle anguleuse en avant; squames latérales grandes portant un tuljcrcide médian antérieur subépineux ; coloration noirâtre uni- forme, les canines jaune-rouge. DM. 32 ou 33. A. 29. P. li. Le corps de ce Balisie est médiocrement élevé en avant, très étroit à la queue; son profil est anjué, mais incliné seulement à 35 degrés, et sajibysionomie se siiigiilaiise par la direction un peu obli(iue que donne à l'ouverliu'e de la bouche une légère projection de la màchoin; inférieure; les deux dents latérales supérieures prolongées complètent le caractère particulier de cette phy- sionomie. Le sillon préoculaire olVi e une profondeur médiocre et atteint le tiers de la longueur de la face, qui du reste est proi)ortionnellement 316 U. IIOLLAKU. courte. La (ente bracliialo s'arrête au niveau supérieur de la pec- torale. Le premier rayon lU' la iku'sale épineuse est tle longueur mé- diocre , tronqué carrément, comprimé. Les autres lui sont bien proportionnés. La membrane s'étend jusqu'à la deuxième dorsale. Celle-ci, un peu anguleuse en avant, haute de plus de sa demi- longueur, descend d'une pente à peu près égale. L'anale offre les mêmes caractères. La caudale est fourchue avec sa partie moyenne terminée en ligne droite. La pointe pelvienne fait peu de saillie, elle est suivie d'un pli abdominal peu extensible et d'ailleurs dans les conditions ordi- naires. L'écaillure se compose de squames médiocres sur toute la région céphalique, très grandes sur le tronc. Les tubercules qui les couvrent sont petits et serrés, par conséquent nombreux. Aux joues deux rangées sous-oculaires sont horizontales et toutes les autres obliques : les squames, eu forme de losange, ont leur grand diamètre dirigé verticalement. Sous le menton on dis- tingue une petite place angulaire dont les squames ont une direc- tion plus couchée que celles du voisinage. Le système ventral est très bien limité et se compose de séries subhorizontales de squames plus ou moins oblongues d'arrière en avant. Le système latéral offre de grandes squames losangiques, cou- vertes de tubercules inégaux mal ordonnés, si ce n'est que ceux du rang antérieur sont allongés ; ce rang présente un tubercule prédo- minant suivi quel([uefois d'un ou deux autres ; de là , sur les côtés de la région caudale, des squames un peu relevées sur leur petit diamètre. Le système scapulaire se compose de scutellcs médiocres en- tourées d'un cadre très divisé et à petits éléments , mais qui pré- sente une intercalaire supérieure en contact comme l'ensemble du cadre avec les plaques scutellaires. La couleur du Batiste noir est uniformément obscure , d'une nuance qui varie entre celle de la lie de vin foncée et un noir plus ou moins franc. Le bord des nageoires verticales offre du blanc. MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 317 La collection du Muséum possède un grand nombre d'exem- plaires de cette espèce. L'origine de plusieurs d'entre eux n'y est pas indiquée ; les autres proviennent surtout de la mer des Indes et de l'ooéan Pacifique. L'im des plus grands nous offre les dimensions suivantes : Longueur totale. . 0" ,340 Hauteur pectorale. . . 0™ ,125 Hauteur pelvienne. . . 0" ,135 La caudale mesure . . 0" ,025 La région céphalique. . . 0° ,090 Synonymie. — Le Balistc noir de Lacépède parait avoir été con- fondu pendant très longtemps avec d'autres espèces mal déter- minées et surtout avec le Balistes ringens de Linné-Gm. 1 1469). C'est à ce dernier que Schneider, d'après Osbeck {lier., 295), Re- nard (I, p. 26), a donné le nom de Balistes niger, que nous croyons devoir réserver, à l'exemple de Lacépède , pour l'espèce à dents latérales supérieures prolongées , qui fait le sujet de cet ar- ticle. M. Ruppel a proposé de faire de cette espèce, en raison de son anomalie dentaire , le type d'un genre distinct sous la dénomi- nation de Xenodon. Mais ce démembrement n'a pas été accepté et ne pouvait l'être (pi'aulant qu'on aurait consenti à oublier l'en- semble des caractères et des affinités du Batiste noir, |jour ne tenir compte que d'une particularité isolée. 7. B.\LISTES RIXGENS, Bl. Caractères. — Profil facial rapide et 1res anpié; dents taillées carrément; dorsale molle à décriiissanco uniformément graduée; six à huit lignes saillantes sur les côtés de la région caudale, for- mées par les tubercules du petit axe des squames. Couleur noire avec un liséré blanc à la naissance de la dorsale molle. DM. 32. A. 30. P. 17. Le corps de ce Balistc est assez haut et comprimé ; sa ligne de profil . inclinée à 50 (IccnV, est an|iié('. La ligne médiane du front St^ B. UOLLARD. s'élève à une assez grande distance de l'œil. Les dents et surtout les mitoyenues ont leur couronne droite ou un peu arrondie comme nos incisives. Le sillon préoculaire est égal au tiers du museau et assez profond. Le premier rayon de la dorsale épineuse est robuste , tronqué , médiocrement long ; le second a sa longueur ordinaire , mais le troisième ne déi)asse pas le niveau du sillon dorsal , lequel s'arrête à quelque distance de la dorsale molle. Cette dernière , médiocrement haute, s'abaisse uniformément et d'une ])cnte peu rapide d'avant en arrière. La caudale offre deux cornes peu prolongées, unies par une ligne terminale droite ou légèrement saillante. La pointe pelvienne, très peu dégagée et médiocre , est suivie d'un pli tégumentaire peu extensible. L'écaillure offre partout de grandes squames couvertes de nombreux tubercules généralement petits et peu saillants. Sur les joues on remarque supérieurement quatre rangées hori- zontales de squames subrectangulaires, auxquelles succèdent des rangs obliques de grandes si|uames en losanges. Les rangées abdominales sont bien séparées de leurs voisines et très couchées. Celles du tronc, en losanges plus ou moins régulières , portent des tubercules disposés en séries antéro-postérieures qui forment un dessin de stries, avec tendance à un développement prédominant des tubercules de la série médiane. Cette jirédominance devient assez considéral)le sur la région caudale du tronc pour constituer une arête saillante sur le petit diamètre des squames de cette ré- gion, et la suite de ces arêtes forme ici huit ou neuf lignes caréni- formes, dont les quatre intermédiaires plus [u'ononcécs que les autres. Quant à la région scapulairc, on y remarque un cadre régulier, compo.sé de deux séries d'écaillés (|ui croissent d'avant en arrière, et se terminent à une grande intercalaire supérieure. Les scutelles principales sont grandes, l'antérieure beaucoup plus que la posté- rieure ; l'intercalaire inférieure est petite. La couleur du Ualistes ringens est uniformément foncée avec des MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 319 nuances plus obscures au dos. La dorsale molle et l'anale sont éga- lement d'une teinte obscure coupée d'une bande étroite blanche ou bleue à leur hase. Vers l'extrémité de la caudale on voit une zone plus foncée ([ue le reste de celte nageoire. Ce poisson nous vient de la mer des Indes , di^ l'océan Paci- fique et des Antilles, ce (jui prouve qu'il est répandu dans toutes les mers des tropiques. Les dimensions d'un des plus grantls de la collection .sont les suivantes : Longueur totale 0,350 Hauteur pectorale 0,135 Longueur de la caudale. . . . 0.030 Longueur de la région céphalique. 0,080 Synonymie. — Bal. rincjens Blocli., \\. 152, 2, B. nù/erSeiin. — Bal. nigra isic, Osb. it. 295. — B. silloné Lacép., I, pi. 18, f. i; B. si7/o«éBonnat. Encyd. méth. ichth., \\. 19, pi. 12, f. 39. — Galafate, Parra, 18, pi. 11, 1. 8. Balistes vidua Uichards. Caractères. — Formes el profd du précédent; dorsale molle subégale; écailluie médiocre à peine relevée sur la (picue de 1res légères saillies carénifomies ; couleur générale foncée , la dorsale molle et l'anide blanches bordées de noir à leur marge. DM. 32. A. 30. P. 1? Cette espèce a beaucouji du faciès général d(? la jirécédente. Ce- pendant clic s'en ilistingiii' bien, non sculi'iiiiMil |ianiii('!(|U('s dilfé- rcnces de proportions , mais surtout par l'clfaccuicnt des lignes saillantes de la région de la queue, par l'abaissement des nageoires dorsale molle et anale, ]iar la diminMliou des cornes de la caudale, j)ar la coup(! moins carrée des dents antérieures, enfin, par la dishibuliiin du blanc et du noir aux nageoires supérieure et inté- rieure, où cette dernière couleur ne forme plus qii'ime bordure mai'tiinale. 320 B- aOLLABD. Je ne puis décrire ce poisson que d'après deux exemplaires mu- tilés, l'un de Borabora, l'autre delà collection de Banks et plus tard de Broussonet. Jlais il est facile de reconnaître ici l'espèce dé- crite et désignée par M. Richardson, sous le nom de fia/, vidua. (Voyage du Sulfur.) Balistes stellaris Schn. Caractères. — Hauteur pectorale équivalant au tiers de la lon- gueur totale. — Région caudale longue et effdée. — Dorsale molle partout peu élevée. — Écaillure composée de grandes squames couvertes de tubercules mousses ; sur les côtés de la queue trois ou quatre lignes saillantes formées par le relief du petit diamètre des écailles. — De nombreuses petites taches blanches et quelques- unes plus grandes semées sur le corps , surtout à sa partie supé- rieure ; des bandes brunes sur les nageoires médianes et quelques ocelles de même nuance sur la caudale. DM. 27. A. 25. P. là. Le prolll de ce Baliste est arqué et peu rapide ; le corps est mé- diocrement comprimé. Le sillon préoculaire est long et bien creusé. L'œil est grand et superficiel, le front plat. La fente branchiale descend presque jusqu'au niveau du bord inférieur de la nageoire pectorale. Les trois rayons de la dorsale épineuse sont dans leurs propor- tions relatives d'une longueur plus (ju'ordinaire, et leur mem- brane s'étend au delà du troisième jusqu'à la dorsale molle. Celle dernière, aussi bien que l'anale, offre une hauteur médiocre et diminue très graduellement d'avani en arrière. La caudale est terminée en forme de croissant avec des cornes très aiguës, mais peu prolongées. Quant à la pointe pelvienne, elle est très saillante et suivie d'un pli abdominal armé de petits crochets latéraux et d'aiguilles margi- nales très prononcées. L'écaillure se compose de sf|uames assez grandes , couvertes de tubercules nombreux, petits et mousses. MOMIlilt.Vl'HlE DES BAMSTIDES. 321 Aux joiioslcs ruiigûcs sont obliques et les squames sont moins régulières à la partie supérieure de eette région, où elles ont la forme de parallélogramme, ([ue plus bas où elles prennent celle de losange. Le système des plaques seapulaires se fait remai(iiicr pai' la largeur des scutelles principales, par la grandeur et le petit nombre des siiuames du cadre, parmi lesquelles ligure une intercalaire siijiéricure très étalée. Les squames de la région latérale ont leurs tubercules bien ali- gnés, sui'Iout en avant. Le petit diamètre de ces [ilaques et les tu- bercules qui les couvrent forment sur la queue des crêtes caréui- formesdont la réunion constitue trois ou quatre -lignes saillantes et rugueuses. La couleur générale du Baliste étoile est jaunâtre; on voit quel- ques taclies rondes plus ou moins claires sur les joues , deux ou trois [ilus grandes vers la ligne médio-dorsale ; la partie supérieure des lianes est semée d'une multitude de petits points blaneliàtrcs, qu'on a conqtarés à des étoiles, eu tirant de cette ressemblance très grossière le nom spécifuiue du poisson dont il s'agit. Outre cela sept à liuit bandes brunes parcourent oljliquemcnt la dorsale et l'anale, et cnlin la caudale se fait remarquer p;u' plusieurs taches ocellées de la même nuance. Le Muséum fiossède plusieurs exemplaires du Balistes slellaiis. Us i)roviennent de la mer des Indes, des côtes de la Nouvelle-Irlande et de l'océan Paeifiijue, en un mot des mers situées au sud et à l'est de l'Asie. Le plus grand de ces exemplaires offre les dimensions et les proportions suivantes : Longueur totale 0"',380 Hauteur pectorale 0"',125 Longueur de la caudale. . . . 0"',030 Longueur de la région céphalique. 0"',0IO Synonymie. — Je ne connais pas le Balistes stellaris suus un autre nom que celui que je lui donne ici d'après Scliueider, et (pii n'est qiK! la traduition du nu il ctotVe proposé par Lacépt^dc d). (!) Hisluire des l'uisfons , I, p. 3j0, pi. 15. i' surie. ZooL. T. 1. (Cahier n' G.) ' 21 3S2 •■• UOLLABU. Cet auteur paraît avoir décrit cette espèce le premier et d'après Cornmerson. Russcl l'a iiguré dans ses Poissons de la côte de (]oro- niandel (I, 22) , et le nonune en langue du pays Lama-Yellaka. Annon, B. ^oc/iete' Richards (Voyage du Sulfur). C. Dans notre troisième type, bien que le corps conserve assez de hauteur, la région céphalique commence à s'allonger sensible- ment, à projeter plus ou moins la bouche comme une sorte de grouin. La deuxième dorsale et l'anale, quelle que soit leur hau- teur, sont toujours arrondies en avant et ne décroissent que très graduellement; les cornes de la caudale s'émoussent, et le milieu de celte nageoire est en courbe saillante. Ajoutez à ces caractères de dégradation scriale cette particularité, que les joues offrent plu- sieurs rangs horizontaux de squames jilus ou moins reclangulaires, et que l'ccaillurc, partout très couverte de tubercules, offre, sur la queue, des épines plus ou moins prononcées à pointe antérieure. La collection du ■Muséum ne nous offre que deux espèces de ce type; mais il en renferme probablement un plus grand nombre, et noiannnent celle que ^l. Richardson a décrite et figurée sous les noms de B. hilipe. 9. Balistes frenatus Lac. PI. 5, fig. 3. Caractères. — Hauteur pectorale presque égale à la demi -lon- gueur ; région céphalique dépassant le premier tiers. — Profil droit. Plusieurs rangées horizontales de squames rectangulaires sur les joues; tubercule médian autérieui- de loules les S(iuames de la région caudale spinoïde, d'où un grand nombre de séries de très petites épines sur toute cette région. (Couleur fauve uniforme, variée seulenieutd'un trait jaune ipiivade la commissure des lèvres à la région pectorale, et d'un autre trait (jui part du premier, passe sous le menton , et se confond avec celui du côté opposé en figu- rant la gourmette d'une bride. DM. 30. A. 27. P. IZi. Ce lialiste, (luoiquc d'une iiauteur propoiiKinncilc, qui le inclau nombre des espèces les plus élevées du genre, nous annonce, (lar la MUNUUUAl'HIt: DES UALISTIDES. 323 lun^LU'ur (le la région céplialiquc, son pi'olil droil, ul le peu de l(in- giienr (■( de iirotbndeiir de son sillon préoculaire, les petites séries f|ui vont suivre. Il leur ressemble, eoninie l'espèee précédente, jiar raplatissenienl du Iront et la position superliciellc de Ireil , lequel est d'un volume médiocre. La dorsale é])ineusc subit aus.ii , à jiartir de cette espèce, une diminution sensible de bauleur et de lon};ue\u' ; le jirand rayon est robuste, tronf|U('', un peu lléelii et proportionnellement plus court que chez le 5«/. vcrdâtre. Le suivant ne dépasse pas beaucoup la moitié du premier , et le troisième s'élève de très peu au-dessus du sillon. La dorsale molle et l'anale , un peu plus liantes en avant ipi'en arrière, sont ari'ondies à leurs extrémités et très métiiocrenient élevées. La caudale olïre encoi'e un l'aible indice des cornes qui la ter- minent dans les espèces précédentes. La pointe pelvienne olïre une certaine longueur ; mais le pli abdominal qui la suit, armé comme à l'ordinaire, a très peu de développement. L'écaillure rentre dans des proportions générales moyennes. Celle des joues se caractérise très bien par plusieurs séries Iiorizou- fales de squames en forme de carre long; celles de la série inlé- rieurc dégénèreid en losange par en bas pour s'adapter aux s( (uames qui les .suivent, et (pii revêt(Mil celte dernière forme. Le .système scapulaire nous offre des scutelles autéiieures élar- gies. Le cadre se compose de très petites s(|uanies ; la plus reculée repi-ésente une intercalaire supérieure. Le système abdominal est très nellement séparé de celui des flancs et de la queue. Sur toute cette dernière région , le tubercule médian antérieur prédomine, et s'élève au-dessus des autres sous la fonne d'une petite épine dont la [lointe se dirige en avant. De là des séries nonducuses de poiides caudales composant, vu leur briè- veté, une aiuiui-e des jilus médiocres. Quant au système de cdloration , je n'ajouterai autre cbose à ce que j'ai à diri' dans la caracl(''ristique de l'espèce en (piestion , si ce n'est (juc le trait s(iii>-nicnl(innicr, d'où a (''lé' liri' le nom de Valisle bridé, manque assez souvent. 32/i H' UOLLAKM. Le -Muséum jiossède une dizaine d'exemplaires de cette espèce. Sur ce nombre un seid ]irovient de i'oeéan Atlanti(|ue ; les autres ont été recueillis depuis .Madagascar juscia'aux régions les plus orientales de la Polynésie. Voici les dimensions de Tua des plus grands : Longueur 0"',323 Hauteur pectorale . . . 0"',1.')0 La caudale compte pour. . 0"',liO La région céphalique pour. 0'", 1 00 Synonymie. — Bctliste hrUlé L-M'é[). , I, XV, 3. — Anuoii, Ba- lisles liilqje Kicliards (Sulfur ? 10. BalISTES VIBIDESCEXS Lac. Scliii. Caractères. — Formes médiocrciucut hautes et comprimées, la hauteur pectorale dépassant peu le tiers de la longueur ; un espace nu derrière la commissure des lèvres. — Ecaillm-e irrégulière très grauile,el couverte de tulierculesgrosetnomlireux; trois ou quatre séries d'épines com'tesel épaisses sur la rpieue. — Couleur générale verdàtre avec \ine taclie plus foncée siu" le milieu de chaque squame, et une bande obscure à l'extrémité des nageoires médianes. DM. 26. A. 2i. P. 14 à 15. Ce Baliste appartient aussi, par ses formes et ses proportions, aux espèces dont la région céphali((ue s'allonge ; le prolil est cependant un peu anpié; le sillon préoculaire a le tiers de la longueur du museau ; le Iront , très voùlé latéralement, ramène les yeux tort au-dessous de la ligne médiane; quoi(|ue très longue, la l'enle liranchiale n'atteint pas l'extrémité intérieure de la base de la nageoire pccloralc. La dorsale ('pineusc ol'iVc un premier rayon Ires rojiiisle ou peu lléclii, médiocrement a]ioinli ; les deux suivauls soûl }iroporlionncl- lement bien développés : la membrant'qui dépasse ledciiiicr sar- rète qonmie le sillon à distance de la nageoire suivante. La dorsale iikiIIc cl l'anale sont hautes [lailoul, un |)eu jiius cependant en avant (pi'cn arrière. La caudale se termine par une ligne sinueuse, dont les extrémités VONOGR^PHIK DRS B VUISTIIIKS. 325 ne (loimeiil à rollo iiof^voire qiio des cornes ohluses cl à peine imli- ifiiées. La saillie pelvienne est prononcée , et suivie d'un pli abdo- minal peu caractérisé. L'éeaillure est remarquable au contraire par la iirandeur des squames, la grosseur et le nombre de leurs tubercules , et (pielques pai'lieularités locales. Celle des côtés de la tète laisse à nu un espace qui se limite chez les sujets adultes au voisinage de la commissure labiale, et qui, cbez les jeunes, si j'en juge par un petit individu, s'étend aux joues, où n'apjiaraissent alors (|ue quebpics séries transversales et espacées de squames verruqueuses ; disposition temporaire qui l'appelle ce qui existe d'une manière permanente chez notre Batiste réticuté et chez le B. rivutatus dcRuppel. Chez l'adulte, les joues pri'sentent encore (jnelqucs indices de ces séries horizontales ou plutôt si- nueuses. Ce système rejoint en avant les séries obliques du museau composées aussi de grandes squames , et en arrière les larges j)la- ques des joues fout place à des écailles longues et étroites , dont les rangées obliques sont S('par(''es par des iutcrvalles nus. La région scapulaire , au dc\ant de laquelle est une longue fente braneliiale, se montre couverte de |ilaqucs ini'diocres ; la principal(^ lie celle-ci ou rantiM'ieure est subcircuhiire , et le rayonnement d(; ses stries part à peu près de son centre; les deux autres sont |(rcsque égales. Le cadre se compose d'un ensemble de sipiames irrégulières et petites, à tubercules disposés en séries rayonnantes ; aucune de ces squames n'est parfaitement intercalaire. Les régions latérale et ventrale sont bien distinctes, et présentent leurs dispositions les plus ordinaires. Toutes les S(juames des lianes olïient une large surface couverte de tubercules ipii forment des si'-ries rayonnantes à partir du luiicrcule le plus avancé; les tuber- culesdii premier rang, et Icsdernii'rs de cbacune des autres séries sont les plus forts. Sur la régiim caudale le tubercule médian anté- licm-d'un certain nojnbrcdc squames devient très prédominant , spinoïde, d'où résultent quatre ou cinq rangées longitudinales de petites épines; le r;uig supérieur est le moins nombreux, et le second s'avance plus que les auti'cs. I.i' fond de la couleiu' est verdàlre , d'où le nom f[u'on a doimé à 326 II. UOLLARD. ('(^tte espèce; mais oollc leinte est agréablement variée par les pe- tites taehes obscures (pii occupent le centre des squanies. Sauf la zone l'(inci''o ([iii borde la dorsale molle et l'anale, le système de coloraliondu Balisteverdâtre, autant ([u'il est permis d'en juger sur des individus dessé(!hés , n'offre pas d'autre particularité digne d'être mentionnée. Je décris ici ce Poisson d'après trois exemplaires montés , les seuls (juc possède le Muséum : l'un d'eux est de la mer Rouge , un autre de la Nouvelle-Guinée, l'origine du troisième est inconnue; le plus grand présente les dimensions suivantes : Longueur totale 0"',.'i60 Hauteur pectorale. . • . . . 0'",2t.S Longueur de la caudale. . . (i'",0'70 Longueur de la région cépluilique. 0"',150 Synonymie. — Je n'ai trouvé aucune trace de cette espèce dans les travaux antérieurs à Lacépède, rpii paraît l'avoir décrite d'après Commerson, et (pii l'a nommée le premier Batiste verdâtre[l, )).352,|il. IG, f. 3); dénomination adoptée et traduite par Sclinei- iler, telle (jue nous la donnons en lilre de cet article \^Syst. ichlli. de Bl. ). n. L'es[iècc suivante semble se placer assez natiu'ellement par ses rormes , son ('caillure et ses épines caudales, à la suite (hi Balistes viridescens , sans qu'on [misse la rattacber com[ilétemeul au type dont ce dernier semble faire partie, encore moins à celui qui suivra. Elle représente donc à elle seule un type particulier, le quatrième de notre série. 11. Balistes conspicillum Schn. Caractères. — Formes allongi-es et peu comprimées ; proPd un peu nécbi. — Premier rayon de la dorsale épineuse long , le dernier presque caché ; dorsale molle et anale peu élevées. — Écaillure grande et rugueuse ; plaques seapidaires principales, presque aussi larges (pie longues ; ligne latérale visible; trois rangs d'épines cau- dales courtes, redressées. — Couleur générale noiràli'.', interrom- MONOGRAPHIE DES BALISTIDES. 327 pue par do grandes tadies Idanehes , dont une en chevi'on sur le ehanl'rein , une en zone circulaire autour de la bouche , une très étendue sous la gorge, et plusieurs rondes ou ovales sur les flancs ; caudale de nuance claire tcrniiiiée par une bande brune. DM. 25 à 22. r. l/i. Les formes du Baliste américain sont un peu massives, en même temps proportionnellement allongées. La hauteur pectorale entre trois fois dans la longueur du corps. Les nageoires médianes sont moins développées ijuc dans les espèces précédentes , et la caudale est arrondie ; la pointe pelvienne est plus saillante, mais étalée, et le pli qui la suit^est peu extensible. L'écaillure, médiocre eu losanges et en rangées oliliqucs sur les joues, prend plus de développement sur le tronc, et offre ici d'assez gros tubercules disposés régulière- ment, et parmi lesquels le médian antérieur prédomine d'une manièi'c notable. Les plaques scapulaircs conservent la forme sub- circulairc qu'elles ont dans les espèces du type précédent, et le cadre, qui commence 1res jjas , ott'yc de grandes squames en haut ; nous n'avon.^ d'ailleurs rien à ajouter à ce que nous avons dit et de l'écaillure latérale du h'onc , et de la queue et du système de colo- ration. Le Bali.stes con.ipirillinn atteint de 50 à Z|0 centimètres de lon- gueur. Il abonde dans les collections, cl nous vient de toutes les mers équatoriales. Synonymie. ■ — Le nom que nous adoptons pour cette espèce est celui de Schneider 'Syst. ichlh. de Pol.), qui ne laisse aucun doute sur son application , et n'a été employé que pour elle. Lacépède (t. 375) lui donne, d'après Linné, l'épithète d'Américain ; mais la phrase latine du Sysletnn naturœ ne se rapporte jias très évidem- ment au poisson (jui nous occupe. Sonnerai le nommait tacheté (Journ. dephys., t. III, p. 445); mais déjà une espèce de la pre- mière section a reçu de Blocb la nicnie désignation ; nous en dirons autant de celle que proposait Bonnelèrc ]iour éviter son double emploi ; son Balisie noir n'est que le conspicillum de Schneider (Encycloj)., p. 19, pi. 85). 328 II. noLLARn. R. \olrc cinquième lypo se clistinguc du préoiMlent [lar l'iilloii- geivieiit iKilaMi^ des Ibniies et siirlout de la région C('|ilialif[iie, par l'abaissement de la dorsale molle , la caudale demeurant encore si- nueuse. Ici encore les squammes des joues ont joutes la forme de lozanges et sont disposées en rangées obliques. Le sillon préocu- laire est encore marqué, le troisième rayon de la dor.^ale épineuse apparent; les côtés de la queue sont couverts de petites épines à pointe antérieure. Je ne trouve ici que les deux espèces que je vais décrire. 12. Balistes Bubsa Sclin. Caractères. — Formes médiocrement hautes et comprimées, la hauteurpectorale entrant plus de deux fois etdemie dans lalongucur. Profil droit. — Premier rayon delà dorsale épineuse, long et ro- buste, le troisième dépassant le sillon dorsal. — Dorsale molle ar- rondie et peu élevée ; caudale encore un peu sinueuse. Écaillure ('■pineuse sur les côtés du corps avec plusieurs rangs de pointes dirigées en avant à la région caudale. Deux traits noirs descendant du dos à 1.1 base des pectorales et à la fente des branchies ; une ligne blanche allant de la commissure des lèvres à l'anus. DM. 27. A. 2/i. P. li. Le Balistes bursa rappelle par ses formes et ses proportions le Balistes renatus; il a le profil plus droit et plus abaissé, la région ct'phaliipie proporliomiellement un |ieu plus longue (pie ei'hii-ci. La dorsale é[iineuse conserve ici une cerlaine hauteur; mais la seconde dorsale est basse, ainsi que l'anale ; quant à la caudale, ses rayons extrêmes font encore une légère saillie, mais aussitôt suivie d'une ligne de terminaison convexe. La pointe pelvienne ne manque pas de force, ni le tégument préanal d'un certain degré d'extensibilité. L'écaillure est partout composée de squames médiocres cou- vertes de petits tubercules ; elle varie du reste d'une ivgion à l'autre. Aux joues les écailles sont en losanges, composent des ran- gées obliques et ne portent que de petits tubercules serrés e( plus ou moins émoussés. MONonRAPHir: hks ralistihts. otJU A la réjiion Sfapulaire je Irouvc doux |ilai|iios juiiicipalos jjro- portionnelleinent gramlos, siiriiionlrosiriiiio seule série de [leliles squames en guise de cadre. Sur les flancs, le tubercule médian antérieur prend d'avant eu arrière un développcjnenl prédominant et devient sjiiuoïde. Enlin , sur la queue, ce même tubercule forme des épines à pointe anté- rieure et dont il existe un grand nom])re de séries. Le système de coloralion de celte espèce nous offre, sur un fond brun gris : 1° partant de la partie antérieure de la ligne médiane , deux traits foncés qui descendent eu s'infléchissant, l'un vers le bord postérieur de l'orbite, d'où il revient gagner la base des pec- torales , et l'autre jusqu'à l'extrémité supérieure de la fente bran- chiale ; puis à peu près de l'angle des lèvres part une ligne blanche à bordure plus sombre que le fond , et qui se rend presque en ligne droite et dans une direction oblique jusrpi'à la naissance de l'anale, où la rejoint une autre ligne de même couleur, qui va gagner la base de la pointe pelvienne. Ce poisson , très connu , abonde surtout dans les eaux de la mer des Indes, et près des îles Bourbon et Maurice, de Jladagascar, etc. Sa taille est médiocre. Voici les dimensions d'un de nos plus grands exemplaires : Longueur totale .... 0'", IGO Hauteur pectorale. . . . 0"',0C3 Hauteur pelvienne . . 0"',072 La caudale compte pour . 0"',020 La région céphalique pour . C'.OIO 13. Balistes armatus. Caractères. — Formes et proportions du pn'ci'dcut. — Six ou sept rangées de petites pointes éjtineusessin' les cùtc's de la queue. — Couleur.uniforme .sur le corps; une zone blanchâtre en croissant à l'extrémité de la caudale. DM. 27. A. 24. P. 12. Ce Baliste ressemble loul à fait au pnVédent par les projiortions du corps, par le profil cl par les l'onnes des nageoires mi'-dianes. 3â0 II. HOLLAB». Il se rapproche cependant du lypc qui suivra par l'effacement déjà marqué du sillon préoeulaire et par la terminaison arrondie de la caudale. La dorsale épineuse est aussi un peu moins élevée que dans le Balistes bursa. Quant à lecaillurc, nous remarquons seulement que le dévelop- pement du tubercule ini'dian antérieur des squames latérales est déjà moins considéraijJe et surtout moins général que précédem- ment , et qu'il se réduit à peu ])rès aux six ou sept rangs d'épines caudales , à pointe antérieure, que nous avons signalés dans noti-e caractéristique. L'uniformité de la couleur et le petit croissant clair de l'extrémité delà caudale distinguent très neticmenlh Batistes cmnatus du bursa. Ce poisson parait aussi appartenir plus spécialemeni à la mer des Indes qu'à toute autre. Ses dimensions sont peu considérables ; le plus grand de nos exemplaires mesure en longueur 0"',160. Synonymie. — Balistc armé, Lacép., I, xvm , 2. Annon , B. chrysopterus., Schn. ([>. 466, 9)? F. A la suite du type précéiient, et assez près de lui jiour le con- tinuer sous plus d'un rapport, se place un petit groupe parfaitement naturel et très nettement caractérisé. Il reproduit les formes basses et allongées du Bali.sle armé, il exagère encore la projection du museau par l'abaissement de la ligne de profd;il nous présente des nageoires médianes diminuées , la dorsale épineuse laissant à peine voir son troisième rayon , la caudale toujours simplement arrondie ; puis l'écaillure n'offre plus que trois ou au plus quatre petites séries d'épines sur la queue, mais saillantes et toutes à pointe antérieure; enfm , nous reconnaissons ici sur la tète un même système de coloration , consistant en un bandeau frontal composé de traits alternativement clairs et obscurs , ceux-ci intercalés dans les premiers ; sur la région operculaire, de l'œil à la racine de la pectorale, ce bandeau dégi'uère en une bande brune ordinairement lizerée de lignes claires, avec une ligne analogue détaclK'C en avant, et qui fait suite à la plus avancée des lignes du bandeau fronlal. Ce système se modifie d'une espèce à l'autre, de manière à fournir de MONOGRAPHIE DES BALISTIDF.S. 331 bons caractères spécifiques el de série ; d'autres traits, mais moins typifiues, viennent le compléter sur les autres parties du corps. Nous trouvons ici, dans la collection, cinq espèces, dont aucune ne dépasse de beaucoup une longueur de 20 centimètres ; quand nous aurons décrit la première il nous suffira de quelques lignes pour l'aire connaître les autres. ik. Balistes assasi Forsk. Caractères. — Epines caudales disposées sur trois rangs , dans le rapport numérique de 8 ou 10, 15 etl4. — Bandeau frontal com- posé de sept traits à peu près d'égale largeur, dont quatre clairs et trois obscurs intercalés ; de l'œil à la naissance de la pectorale trois lignes claires convergentes, dont les deux postérieures interceptent un espace brun terminé en pointe ; de la lèvre supérieure à la pec- torale un trait bnm qui, large d'abord, va en s'atténuant de )ilus en plus (1). Anus bordé de noir. D.M. 27. A. 23. P. 14. Cette espèce i)rend la tète lU' (Ttle nouvelle série , en raison du nombre de rayons de sa dorsale molle, di' celui de ses épines cau- dales, et du caractère complet du dessin de lignes alternantes qui ornent sa Icte. Ses l'ormes sont celles que nous avons indiijuées pour le type entier, allongées pur le développement en ce sens de la région cé- phalique. Nonsrcuianjuons ici, derrière la commissure des lèvres, un espace lui angulaire, [icu étendu, et à la limite duquel l'écaillure est petite et disjointe. Le cadre des plaques scapulaires n'offre pas de caractère bien détermiui' , on n'y distingue un peu nettement que l'iulercalaire supérieure; (piant aux plaques elles-mêmes elles sont très bien dessinées, les deux principales ont une forme oblon- gue et sont à peu près d'égale grandeur. [\) La nuance (les bandelettes claires parait être un bleu assez vif; je ne caractérise celles-ci que par leur contraste avec les bandelettes obscures, ce qui constitue le caractère le plus constant de ce système de coloration dans les cinq espèces qui nous occupent en ce moment , caractère qui demeure en dépit des altérations que le temps et la liqueur font subir à la couleur proprement dite. 332 H. HOLI.ARD. Dos Iroisrangt'-esd'éoaillos qui iiorleiil des épines, la première en offre tie 8 à 10, selon que loui' série est ou non interrompue. La couleur générale est il'un lauve uniforme passant à une teinte plus ou moins grisàlre ou reuijjruuie sur la moitié supérieure de la tête el du tronc. La dorsale épineuse est teinte de noir dans sa partie membraneuse. Les épines caudales sont cerclées de brun et les tu- bercules qui les entourent oti'rcnl une teinte semblable : quelque- fois aussi cette partie de l'éeaillure offre une nuance bleuâtre ou nacrée. Le Baliste assasi nous vient de la mer Rouge et de celle des Indes. Sa longueur ne dépasse guère 0"',150, sur 0"',057de hau- teur pectorale. La région céphalique entre pour 0",0û5 dans la longueur d'un exemplaire de la dimension sus-indiquée. Synoni/mie. — C'est àForskhael que nous devons, si je ne me trompe, la première description de ce Baliste, auquel nous con- servons avec lui et la plupart des auteurs son nom arabe i'Fa»na arab., p. 75, n° 112 . C'csl sous ce même nom que Gmelin, et plus lard Lacépède , ont mentionné et caractérisé l'espèce ipii vient de nous occuper. 15. DaI.ISTES PRASLENSIS. Caractères. — Kpiucs caudales disposées sur trois rangs, dans le rapport numérique de 7, 13 et 12. — Ban H IIOLLARU. collccliou (|iu' les espèfes iiréccdenles. 11 nous vient ilc l'océan Piuil'Kiuc. L'exemiilaiic le jiliis grand atteint 20 centimètres de longueur. Synonymie. — Ce poisson, nommé Baliste éc/iar/je par La- cépcde, I, 352, pi. XVI, lig. 1, dénomination que nous avons trouvée toute traduite sur (pielques éti(juettes du Muséum, avait rc(;n de Selmeider le nom de B. rectanguliis . M. Lesson lui a donné celui de B. erythropleron ou B. à pectorale bordée de rowje [Coquille, ])\. 10, i\ et MM. Quoy et Gaymard en ont l'ait leur B. medinilla [Uranie et Physicienne). 18. Balistes cinereus Bonnat. Caractères. — Épines caudales disposées sur trois rangs dans le rapport numériOGR.\PHIE DES BALISTIDES. 337 deux ou trois squames très dislinctes, dont une intercalaire supé- rieure bien développée. Le très petit nombre d'exemplaires du Balistes cinereus que possède la collection du Muséum nous vient des mers de l'Inde et lie Bourbon. Le plus grand atteint une louiiueur de 23 centimètres. Synonymie. — C'est à Sonnerai que nous devons la première bonne description de cette espèce, et le nom qu'elle porte lui a été donné [lour lu [iremière fois piu' Bonnatère dans Y Encyclopédie méthodique., où elle est figurée d'après le travail de ce voyageur [Journal de physique, tome IV, p. 78; Encycl. Ichth., p. 20, pi. 86, p. 353;. — B. arcualusSdm. \Syst. icht., p. 1C6, n'I). — B. medillina Quoy et Gaim. {Uranie et Physicienne], L'épi- tliète de cendré n'est pas d'une caractéristique rigoureuse, car la nuance de la couleur généi-ale v;u'ie du gris au brun. b^ G. Notre septième et dernier type se distingue du précédent par un système décoloration tout spécial et très dilïérent de tout ce que nous avons vu chez celui-ci. Cette fois, le système des épines cau- dales atteint sa plus grande réduction comme nombre et sa plus grande force. Du reste, les formes du corps et celles des nageoires médianes conservent à peu près les caractèi'cs qu'elles avaient dans les trois derniers types ; la région céphaliquc offre peut-être un peu moins de projection que dans le sixième. Une seule esjtèce authen- tique leprésente ce terme de la série des Balistes. C'est le : 10. Balistes lineatcs Schn. Caractères. — Épines caudales longues et acérées, au nombre de 3, 4, sur deux rangs. — Couleur brune , sillonnée d'un très grand nombre de lignes claires, qui descendent obli(juement d'avant en arrière; nue tache noire sur la région épineuse de la (lueue. D.M. 26. A. 2/i. P. 13. Le corps de ce Poisson est un peu massif. Sa hauteur pectorale entre (ilus de deux fois el demie dans la longueur ; la ligue de |)rofil s'élève lin pi'ii plus, cl lu liMc ist plus cniirlc qiir dans le type pré- cédent. On ne voit point de sillon au ilrvaiil de l'u-il , lequel est i' série. Zool. T. I. (Caliior n" C.) 2 22 338 il- IIOLLARD. il'nilleurs très marginal. Le premier rayon de la dorsale épineuse offre assez de longueur, elle troisième dépasse iiien le sillon dorsal ; mais les autres nageoires médianes sont peu élevées, et la eaudaie est bien arrondie. La pointe pelvienne est médiocre, et le pli pré- anal très peu extensible. L'éeaillure oltrc sur les joues des séries obliques de squames en losanges irréguliers, .surmontés de très petits fubereules. Sur la ré- gion scapulaire, les seutelles sont médiocrement développées, et le cadre offre une intercalaire supérieure ipii les égale iiresfjue. Sur les lianes, les tubercules des squames s'allongent, et les antérieures prennent une forme linéaire prononcée. Du reste, point de tubercule médian prédominant, si ce n'est en arrière, où celui de trois on quatre squames se développe, et se convertit en une longue épine droite et pointue, dirigée et couchée d'arrière en avant. Le système de coloration du B. lineatus est à la fois très spécial et très simple. Sur un fond brun rougeâtre se dessinent un grand nombre de traits d'une teinte claire, jaune, qui descendent oblique- ment de toute la ligne médiane supérieure, se confondant et s'anasfomosant plus d'une fois dans leur trajet , et dégénérant qucl- (|uelbis en taches à leur extrémité'. Tous ceux de la tète, à cheval sur le iirolll facial, vont aboutir à un trait horizontal qui passe sous la pectorale et se jicrd sur la région abdominale; au-dessous de ce dernier trait, on en voit un auh'c qui lui est parallèle, et qui résulte lie la rencontre angulaire de deux traits sus- et sous-labiaux , limi- tant un petit esiiacc eommissural à peu près nu. Le Batistes lineatus est des mers de l'Inde, et abonde dans la col- lection du Muséum, en offrant des teintes variées. Ce Poisson ne parait jtas dépasser beaucoup une longueur de 30 ccnlimèlres. Voici les mesures proiiortionnellcs de l'un de nos exemplaires : Longueur totale 0"',H0 Hauteur pectorale 0"',055 Hauteur pelvienne. . . 0"',0o8 Région céplialiqne. . . . 0"',040 Nageoire caudale 0"',018 Synonymie. — Deiiuis que Schneider a donné à l'espèce qui vient de nous occuper le nom que nous lui conservons ([i. ft66, monographie' DES BALISTIDES. 339 n° 8, pi. 77), et que l'on a Iraduit on français parrépithùlcdoraj/e, ji' méconnais que M.M. Quoy et Gayniardqui aient changé celle dé- nomination ; leur B. Lamnuroux n'est antre que le linealus. On peut aussi regai'der comme certain (jue le genre Balistapus de File- sius est établi d'après un exemplaire mutilé de ce même Poisson. EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 5. Fig. 1 . Balisies capriscus Lin. Fig. 2. Balistes siELLABis Sctiii., Lac. Fig. .3. Baustes FREs.ATis Bl., .Sclin. Fig. 4. Baustes Assasi Forskii. EXPERIENCES EUR L'ABSORPTION DE L'AZOTE PAR LES ANIMALCULES ET LES ALGUES, Par M. nORRElK, Doycu de tj FucuUl- Jes sciences de Rennes. (Extrait (l'une lettre aJresséo îi l'Acatîo'mie des sciences le 22 mai 1854.) Tous les Infusoires, verts, bruns ou rouges, que j'ai examinés jusqu'ici, et qui appartiennent à des genres fort divers (Monailincs , Cryplo-Mona- iliiies, .Vstasiées, Enclnjliens , etc.), sont tous, sans exception, des Hres Ibrteinent azoli^s. Cliaque fois qu'on les rencontre en alioitdancc, colorant en vert, en rouge ou en brun, tes eaux où ils se développent, on peut être assurij que des substances d'origine animale sont dans le voisinage, et que l'eau de pluie ou l'eau courante leur a apportii les principes azottîs dont ils ont besoin , et qui permettent leur développement facile , soit dans les fossés, soit dans les llnques, les étangs, et même les ornières des routes. Tant <|ue l'azote leur est présenté en quantité sullisanlc, ces êtres con- servent la motililé et tous les inilices de la vie animale; si l'azote devient rare, ils se lixent iitiittédiatement tous, et passent à leur périoile de vie tran- quille, de vie végétale; mais même à celle époipie, l'azote leur est encore nécessaire, bien ([u'à ce moment, plus tpie jamais, ils agissent sur l'acide carboni(|ue dissous dans l'eau, à la fa(,on île bi partie verte des végétaux. Timtcfois , lorstju'ils sont libres et mobiles, ils ont un caractère spécitd : c'est que, lorsque sous riiilhience solaire ils dégagent de l'oxygène, celui-ci -e présente dans un état ((ui peiuiel à l'eau une oxygénation consiilcrtible. 340 MORREN. — ABSORPTION DE l'ÂZOTE PAR LES ANIMALCULES. Si , dans une eau qui reste parfaitement calme , dans un vase que rien n'agite , on place des débris d'Insectes , même des morceaux de chair très divisée, c'est auprès de ces débris que se développeront avec le plus d'abon- dance les Infusoires mis en petite quantité dans l'eau ; ds absorberont à leur profit les principes azotés qui leur sont présentés. Ces êtres semblent jouer dans l'eau le rôle que certains animaux plus élevés jouent dans l'air, où les corps azotés atteints par la mort appellent promptement auprès d'eux des Insectes, des Oiseaux, des animaux carnassiers avides de ces débris. Quelques sels ammoniacaux peuvent remplacer avec succès les corps azotés précédents : je citerai l'azotate, et surtout le carbonate d'ammo- niaque. L'action des autres sels ammoniacaux est pour moi en ce moment à l'étude. De l'eau que l'on met en contact renouvelé avec l'air atmosphérique, en la faisant tomber goutte à goutte et sans cesse d'un vase dans un autre , permet le développement rapide de tous les Infusoires monadaires. Si , au contraire, l'air qui passe dans l'eau , même en grande quantité , a été préalablement lavé dans de l'acide sulfurique , la vie n'est pas pos- sible, et s'éteint complètement au bout de quelques jours. Il est bien en- tendu que l'acide sulfurique a été privé des gaz, tels que l'acide sulfureux, qu'il pourrait tenir en dissolution. Des appareils identiques de grandeur et de capacité ont donné des résultats totalement dill'èrents, lorsque l'un d'eux laissait passer dans l'eau, attiré par un aspirateur, de l'air ordinaire , et l'autre appareil de l'air lavé par de l'acide sulfurique. Si , avant que la vie fût totalement éteinte , ou cessait de laver l'air à l'acide sulfurique, la vie, se ranimant, ramenait la couleur verte disparue. Cependant , pour les Monadaires de couleur verte , l'action réparatrice de l'air non lavé par l'acide sulfurique est considérablement amoindrie, si l'air est privé des corpuscules légers qu'il emporte avec lui dans l'eau soumise à l'expérience. Ce dernier but peut être atteint de plusieurs manières , par exemple en faisant passer l'air à travers des corps feutrés ou poreux, tels que du coton cardé, etc. Ces doubles faits , de l'absorption de l'azote et de l'émission d'oxygène sous l'influence solaire, donnent à ces êtres un double caractère qui , ajouté à leur état tantôt mobile et tantôt fixe , les range tour à tour auprès des animaux et auprès des végétaux. De plus, ils sont incapables d'emprunter directement l'azote à l'atmos- phère dans toutes les circonstances citées plus haut. Il faut que ce gaz leur soit apporté, soit par les sels ammoniacaux que l'air peut contenir, soit par les poussières organiques répandues et soulevées dans l'atmosphère, soit par les substances azotées qui arrivent dans les eaux. MEMOIRE CÉRIANTHE {CElilANTHUS MEMBR.iXACEUS) , Par I»l. JlXf:S otmE. Beaucoup de naturalistes ont déjà porté leur attention sur l'orga- nisation des Zoanthaires mous ou malacodermés. Réaumur, Dicque- niare, MM. Rapp, Borlliold, Lcuckarl, Hollard, etc., ont l'ait plu- sieurs (ibscrvalions importantes sur les Actinies de nos côtes ; Lcsueur a donné de bonnes figures de la conformation intérieure des 3Iynias etdes ^Mamillifères; on doit à M. de Qualrefages une très belle et très complèle monosrapliie du genre Edicardsia ; enfin d'autres auteurs, jiarmi lesquels je citerai JIM. Dana, R. Wagner, John Dalycil , Ktcliiker et Erdl , ont aussi contribué à la connais- sance analoniique de diverses Actinidcs. Grâce à tous ces travaux, on possède aujourd'iiui des notions exaetcset étendues sur la slruc- tiirc générale des animaux de ce groupe. Mais parmi les Zoanthaires malacodermés , il est une grande ipianlité de formes vraisembla- blement assez dilïérentcs entre elles, qu'on n'a encore examinées qued'une manière superficielle, et dont l'étude approfondie fourni- rait certainement des résultats intéressants. J'ai observé , au mois de juin 1853, sur les côtes des îles Baléares, un de ces types les plus franches, et je me propose d'en faire connaître ici la constitu- tion organique. Introduction historique. .\ucun animal rayonné ne rappelle à un plus haut degré l'aspect d'une fleur, et nofanmienf d'une Heur de Synanihéréc, (]ue le polype nommé Cerianlhm par M. Dellc (^liiaje. Cette apparence rcmanjuablc n'a cependant attiré l'attention des naturalistes que 3^2 JDLES HAiniE. vers la lin du sièclo ([(M-iiicr, cl, depuis cette époque, un très petit noniJjriMrobservatcurs ont eu oeeasion de l'examiner. C'est dans une lettre sur diverses productions marines, adressée en 1784 à Charles Bonnet par Spallanzani, que l'on trouve la pre- mière description de cczoophyle(l). Le célèbre physiologiste ita- lien, après avoir mentionné la forme générale et l'apparence lisse et visqueuse de la surface, remarque que les tentacules (qu'il préfère appeler cornes, à cause de leur analogie avec celles du Limaçon) sont de deux sortes : les plus grands formant un cercle extérieur , les plus petits ini cercle interne ; mais que, du reste, ils ont tous la même struclure ; qu'ils sont contractiles, remplis d'un lif|uide transparent ayant le goût de l'eau de mer, et qu'ils présentent à leur extrémité un orifice pouv;uit donner issue à ce liquide intérieur. Spallanzani a toujours trouvé ces fleurs de mer dans des lieux habituellement calmes , et à une très faible profondeur ; il a vu qu'elles se tenaient constamment dans une sorte de bourse protec- trice , longue d'un pied environ et fermée à son extrémité infé- rieure, qui adhère aux plantes marines. « Lorsque, dit-il, la mer est agitée, ou que la main s'approche pour cueillir cet animal, il se cache tout entier dans sa bourse; mais il ne tarde pas à repa- raître et à étendre ses tentacules, aussitôt que l'agitation a cessé ou que le danger s'est éloigné. Cette bourse, qui n'a avec l'animal aucime connexion iulimi\ est tout ;\ fait molle et membraneuse; elle ne montre de sensibilité d'aucune sorte, quoiqu'elle ait toute l'apparence d'une substance animale. » En terminant ces premières notions, Spallanzani place avec doulc ce curieux zoophyte parmi les Tubulaires, et il fait observer (ju'il diffère de loutes les espèces connues de ce genre par la na- ture de son tube ou bourse, et qu'il pourrait bien former une divi- sion particulière. Il annonce en même temps à son itlusti'C corres- pondant, qu'il compte, faire l'analomie sommaire de ce polype et décrire la structure de la bourse. Je ne pense pas i^i'il ait donné (1 ) Lazaro Spallanzani, Memorie di matematica e fisica délia Societa italiana di Verona, t. II, 2' partie, p. 627. 1784. — Observalions sur lu physique, l'Iiisloire naturelle et les arts, t. XXVIII, p. 201, 1786 (iraduclion française do Sen- nebior ). SIR LE CÉTtlANTHE. 35S suite à ce projet ; je n'ai trouve les oljservaliuns iiromiscs dans au- eiiiie (le ses publications ullérieuros. Gmelin ( l) ne tarda pas à applii|ucr un nom linnéen à l'espèce découverte par Spallanzani ; il l'appela Tubularia niembranacea, en lui consacrant la diai;nose suivante : « T. tenlaculorum folidosorum online duplici concenirico, tubulo membranaceo coniraelili 'viscido cylindrico incolam superanle ; utnnii Inijus, an dislincti generis? a On voit que Gmelin a mal lu Spallanzani, puisque, contraii'cmeut à l'assertion de ee grand observateur, il attribue au tube membraneux la ])ropriélé de se contracter. Un demi-siècle plus tard, le même animal lut étudié jiar \\'illiclm .Rapp (2), qui ajouta quehpies faits nouveaux à ceux qu'avait signales Siiallanzani. Il reconnut la présence d'un orifice médian à l'extré- mité inlériein'c du cor|is, remarquala propriété qu'ont les tentacules d'adbérer aux objets qu'ils rencontrent, et donna même quelques détails anatomiques. Suivant lui, l'estomae constitue toute la cavité de l'animal , et est limité par un sac formé de trois membranes : la première, ou l'exléneure, sécrète le mucus plasti(iue, et renléi'mo la matièi'c colorante ; la seconde , ou moyenne, est musculaire, cl l'on y distiiifiue ais('menl des fibres longitudinales; la troisième, qui est très mince, sécrète le mucus de la cavité intérieure. Sur les [laroisdc cette cavité, Rapp observa buit plis verticaux très ondulés, se terminant en liant au court canal sous-buccal, et qu'il ap|icla des ovaires. « Au bord interne et libre de l'ovaire, dit-il, s'allacbe un oviducle sinueux et contourné.... Les œufs ont l'apparence de très petites g:raines, et forment entre les deux feuillets de l'ovaire, autiuel ilsadlièr(^nt, une couche épaisse, conmie cbez les .\ctinies. » i,a ]H"li((' taille de l'individu représenté par Rapp et le nombre rehinvcmcnt faible de ses tentacules ont p(irlé cet auleurà le consi- dérer comme nn animal voisin de celui que Spallanzani ;i dtVril le premier, mais spéciliquemeiit distinct, et il l'a wominé Tttbiduria solitaria. Nous verrons bientôt que ces différences peuvent dépendre (1) Dans Linné, Syttema naturœ, cdil. 13", t. VI, p. 38:!6. 1789. (2) Nova acta Academiœ curiosorum milurti', t. XIV, 2' part , p. 653, pi. 38, fig. 2. 4 825. — l'cber die Polypen im allyemeineu uiid die Actinien insbesonderc , p. 49. 1829. Shh JULES HAIIHE. uniquement de l'âge, et par conséquent cette séparation paraît être sans fondement. M. Délie Chiaje a depuis créé pour ce zoophyte le genre Cerian- thus (1), et réuni sous un même nom (Cerianlhus Brerœ) l'animal découvert par Spallanzaiii et celui figuré par Rapp ; mais il a établi deux autres espèces {C. cornucopiœct C. actinioides), d'après des caractères essentiellement variables. De nombreuses figures dans son grand ouvrage se rapportent à ces polypes ; mais elles sont toutes si obscures et si incorrectes, qu'il est presque impossible en les consultant de se faire une juste idée de ce que l'auteur a réelle- ment observé; et comme, d'un autre côté, la description analomique de ces Cériantbes est fondue dans celle des Acfinies, on peutà peine démêler ce qui leur appartient de ce qui convient à ces dernières. Toutefois, JI. Dellc Cliiajc a vu et figuré le premier deux particu- larités intéressantes de l'organisation de notre zoophyte, savoir: les deux fossettes inégales de l'estomac et la brièveté des lames ovi- gères ; mais il ne jiarait pas avoir compris l'importance de ces disposifions, qui ne sont même pas mentionnées dans son texte, et les dessins qui seuls les font connaître sont à ce point inexacts, que la plupart des rapports naturels y sont complètement intervertis. Enfin le professeur Edward Forbes a trouvé , à son tour , dans la mer Egée le même polype ou une espèce très voisine (2). Il en a signalé les caractères zoologiques , et a vu le tube fortifié par du gravier et des fragments de coquilles. Il ne parle point de l'orifice postérieur ; il dit seulement que la structure intérieure est semblable à celle des autres espèces de la tribu des Actiniens, et qu'il y a huit ovaires jaunâtres se terminant eu des fils contournés très longs. M. Forbes a d'abord décrit ce zoophyte sous le nom générique A'Actmia^ et plus tard il l'a iij)ndé Edwardsia vestita (3). (1) Stepliano Délie Chiaje , Descrizione e nolomia degli animali iiivertcbrati delta Sicilia citeriore, t. IV, p. 124. 1841 . — Memorie suUa sloria e mtomia degli animali senza vert, del regno di Napoli ,]p\. 82,fig. 6, et pi. 10,3, fig, S. 1829. (2) Annals and magazine of natural hislorij, i" sir., t. VIII, p. 244, pi. 8, fig. 1-5. 1842. (3) T. -A. Spratt et Edw. Forbes, Tnwels in Lycia, Jl/t/i/as and Ihe Cibyratis, t. II, p. 122. 1847. SL'K LE CÉRIANTHE. 345 Depuis les fravaux de M. Délie Chiaje et de M. Forbes , aueiine autre observation (du moins ([ue je saelie) n'a ét('' [lubliée sur le Cériantlie, et là se bornent les notions (]ue la science a acquises sur ce type intéressant. CIIAriTRE I. OBSERVATIONS ZOOLOGIQUES. Tous les animaux qui composent la .section des Zoanthaires niala- codermési'1 ) sont, à l'exception des Mynias, essenliellement cùtiers ; mais, tandis que le plus grand nombre d'entre eux, comme les Acti- nies , s'attachent aux corps sous-marins ou aux rochers au moyen d'un disque charnu, d'autres, lesEdwardsies, par exemple, vivent librement dans le sable ou dans la vase. Les conditions d'existence du (]criant]ie sont différentes, à certains égards , de celles des deux derniers genres que je viens de citer, bien qu'elles les rappellent l'un et l'autre. Il ressemble, en eflct, aux Edwardsies, en ce que son corps, cyliiidii(pie dans prcscpie toute sa longueur, est siiiiconi(pie et libre postérieurement; mais il habite toujours à la même place dans un tube feutré qu'il sécrète, et qui adhère par sa base aux pierres situées sous la vase. 11 en résulte ipie, malgré l'absence de disque pédieux et la liberté de toute la surface de son corps, ce Coralliaire vit en réalité lixé, et iiième d'une manière jikis complète que les Actinies onlinaires, lesquelles, du moins, sont susceptibles de mouvements lents dans le sens horizontal. Pourtaid , comme il n'existe aucune connexion de tissu entre l'appareil cutané et le tube qui l'entoure, il est possible que, dans certains cas, le Cérianthe abandonne coniplélement son étroite prison pour se laisser porter par les flots sur quelque autre point du rivage, ce (pie, du reste, je n'ai jamais observé. Jusqu'à i)réseiit, on n'a signalé la présence de ce genre que dans la Méditerranée, et seulement dans les lieux oùrègne habituellement (I) Voyez , pour les caractères et les subdivisions de co groupe , le Tableau géivral de Ut classiUcation des Polypes, placé en tôle dr. la Monnip-apliie des Poly- piers fossiles des lerraiiis paléozaïques , par MM. Milne Edwards et Jules Ilaime [Archives duMuiéum, t. V), p. 7. 1851. 3&6 JULES U4linE. le plus grand calme. Spallaiizani l'a rencontré dans le golfc de la Spezzia, célèbre par la tranf[iiilllté de ses eaux ; Rapp, dans une des petites anses de la côte du Languedoc ; Dellc Chiajc , dans le golle de Naples et la baie de Misène ; et M. Forbes, sur les rives méri- dionales de l'Asie Mineure. Quant à moi, je l'ai étudié à Mahon, c'est-à-dire un des ports les plus siîrs et les mieux abrités ; et encore c'est uniquement dans les anfractuosités de ce port, cpii sont surmontées de collines, et où le mouvement de la vague est à peine sensible, quelesCériantbes trouvent les conditions favorables à leur développement et à leur .multiplication. Ces fleurs de me>\ ou Marguerites demer^ comme les appellent les matelots de Minorque , émaillent de leurs vives couleurs les bords peu profonds des nombreuses petites criques situées vis-à- vis de laeapitalc de cette île. Leurzoncd'lialiitation est exircmement limitée ; elles s'épanouissent à quelques pouces au-dessous de la surface de l'eau, et l'on en voit très peu à plus d'un mèlre de profon- deur ; mais contrairement à la plupart des Actinies , (pii se placent de manière à passer successivement du sein des eaux dans un milieu simplement bumidc, le Cériantlie descend tout juste assez, avant dans la mer pour que , lors des mouvements de marée basse , qui, comme on le sait, .sont presque inappn'ciables dans la Jléditerranée, il ne puisse jamais rester complètement à découvert. Je me suis assuré qu'il meurt promptement hors de l'eau. La nature du sol immergé dans Idiuel il habile présente, à Mahon , des particularités (pii méritent d'être notées. Ce sol est forn'K', (le pierres solidement unies ensemble, et dans les interstices desijuelles .se dépose un sable vaseux 1res lui et noirâtre; or, c'est dans ces étroits espaces que s'engagent et se fixent les Cérianthcs. Des circonslanees semblables ne paraissent pas se repn'senler dans les autres localités où on les a également rencontrés : Rapp dit seu- lementqu'ils se tiennent dans les fonds vaseux, elDeile Cbiaje, qu'ils vivent au milieu des éponges. Les individus du golfe de la Spezzia attacheraient leur bourse membraneuse, suivant Spallanzani, aux racines des plantes marines. Si celte observation est exacte, on doit croire qu'ils sont alors soutenus dans la position verticale par ces plantes elles-mêmes, leur tube étant de sa nature trop flexible pour SUn LE CÉRUNTHE. 347 so inainicnir droit au milieu de l'eau , s'il n'est ctayc par quelque corps étranger. Eiiliu M. Forlies a trouvé les exemplaires qu'il a «léerits enfonces dans le sable, et il ne s'explique pas sur la manière dont leur t;aine est fixée. (Jiioi qu'il eu soit, les bords des peliles cri([ucs de JMahon olïrent aux Cérianthes des conditions doublement favorables, en ce que le sable vaseux fournit à leurlid)eun milieu convcnalilement dense, et que les [lierres cuire lesquelles ils s'enclavent les proté^^'iil contre leurs ennemis. La f^ainc feutrée qui entoure et soutient le corps de ces polypes est entièrement enterrée dans la vase, ou bien son bord supérieur ue fait à la surface qu'une lé'ière saillie ; elle sepi'olonge heaucouji, et souvent même se recourbe inférieurcmenl. La surface de l'ani- mai est lisse cl lulirifiéc d'une Miucosit('- ipii lui permel de plisser aisémcnl dans la cavité du liilic. (iràcc à l'inlruduclion ou au rejet de l'eau dont il gonfle ou vide son corps à volonté, et au moyen surtout des cnniractions de ses diverses parties et de l'action de ses lenlaculcs, il lui est facile de s'élever et de descendre rapidement dans cette gaine, où il peut même se retirer très profondément lors- fpi'uu dauficrlc menace. L'f'tat iiabiluel du Cérianthe est l'exlension. 11 a alors (pi. 7, llg. 1) les deux ciniiuièines du corps hors de son tube ; son disque est élargi ; ses tentacules marginaux sont étales, et ses appendices labiaux dressés ou faililcment penchés les uns sur les autres. Lors- qu un pelil (>iuslac('" ou toute autre proie vicui à loucher un point (pielconque de la couronne appcndiculaire externe, les tentacules voisins de celui «pii a reçu l'iuqircssion se recourbent eu dedans pour conduire le petit cor|is à la couronne centrale, et à leur tour les tentacules labiaux s'infléchissent pour l'introduire dans la bouche. Le jibis .souvent, la préhension s'o[ière ainsi .sans que l'ani- mal cfl'cctue de mouvemcnis généraux , et sans qu'il cesse même un instant d'avoir ses armes prêtes à ressaisir un nouveau butin. .Mais si sa proie est considérable , si on le soumet au contact d'un corjis dur ou à la pression de la main , si des secousses violentes se font .>ommeucc par descendre léjièrcment dans son lidje, relève les bords de son disque, et rapproche ses ton- SAS JULES HAIIME. tacules en haut et eu dedans ; on même temps , tous ses organes perdent une partie de l'eau f|u'ils contenaient, et diminuent de volume. Quand rattcinte est légère ou ne se prolonge pas , il con- serve un instant ses tentacules groupés, et ne tarde pas à les étendre de nouveau l'un après l'autre ; mais ordinairement , après les avoir ramenés en faisceau , il glisse brusquement jusqu'au fond de sa gaine, et laisse quelques moments s'écouler avant d'oser reparaître au dehors. Cette prudente retraite, àl'approche du danger, s'exécute avec une grande précision et une rapidité extrême ; elle rappelle tout à fait les actes semblables de quelques autres animaux ma- rins d'une organisation plus élevée, tels (jue les Serpules et les Sabelles. M. de Quatrefages a constaté que la lumière exerce une action marquée sur les Edwardsies. Ce savant zoologiste, ayant dirigé sur ces Aetiniens la lumière d'une lampe concentrée à l'aide d'une len- tille, a vu qu'ils rentraient sur-le-champ leurs tentacules, mais que bientôt ils les développaient de nouveau , « comme si, dit-il , après avoir cédé à un premier mouvement de surprise, ils s'étaient habi- tués à une impression qui n'avait d'ailleurs pour eux rien de désagréable (1). « Chez les Cérianthcs on observe une intluence analogue , mais plus prononcée encore. Lorsque je faisais tomber brusquement sur eux quelques rayons de soleil, ils relevaient aussi- tôt et rap[)rochaient leurs tentacules , mais ils ne les étendaient ensuite que très incomi)létcmenl. 11 élail visible que cette sensation les gênait, et qu'ils ne s'y accoutumaient qu'avec difficulté. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de remarquer dans le port de ^laiiou que, lorsque le ciel est sans nuages, ils ne se montrent pas en plein midi, au moins pendant l'été, et restent cachés dans leurs tubes jusqu'à ce que le soleil ait perdu un peu de son éclat. De même que les autres Zoanthairesmalacodermés, les Cérianthcs vivent très bien en captivité, pourvu que leur eau soit suffisamment renouvelée. Le liquide qui les baigne se corrompt rapidement ; il se trouble, et prend une mauvaise odeur. Cet effet est, sans doute, dû à la présence du mucus abondant que ces polypes rejetlent par la (1) Annales des sciences naturelles, 2' série, t. XVIII, p. 76. 1842. SUR LE CÉRIANTHE. 3/1.9 bouche et de celui qu'ils sécrètent par toute la surface de leur corps. Lorsqu'on arrache un Cérianthe de la gaîne qu'il habite, et qu'on le transporte dans un vase rempli d'eau de mer , il tombe d'aliord au fond comme un corps inerte, et y demeure étendu pendant quel- que temps sans tenter aucun mouvement ; puis il étend ses ten- tacules pour pouvoir saisir la proie qui se iirésenlerait , mais sans jamais avoir la force de redresser aucune autre portion de son corps qui reste toujours couché. Il peut cependant se déplacer un peu ; ses mouvements sont alors extrêmement lents, et il mu semblé qu'ils s'effectuaient au moyen de contractions et d'allongements successifs du tronc et avec l'aide des tentacules, mais sans le secours de l'extrémité postérieure, mode de reptation qui ressemblerait un peu, comme on le voit , à celui que ^I. de (Jualrefages a constaté chez lesEdwardsies. 11 est facile de replacer l'animal captif dans des conditions semblables à celles où il se trouve naturellement, en le suspendant dans un tube d'étoffe, ou seulement dans un anneau (|u'on glisse au-dessous de son disque tentaculifère. Dans cette position, il ne larde pas à s'épanouir complètement , et l'on peut alors l'observer aisément. Le corps du Cérianthe (pi. 7, fig. 1) est allongé , vermiforme et cylindroïde. Ordinairement son diamètre est un peu élargi dans le tiers supérieur où les ovaires s'aperçoivent par transparence, de même que dans le voisinage de rcxlrénùté postérieure ; celle- ci est conico-convexe, libre, et terminée par une petite ouverture ronde. Toute la surface est uniformément lisse, ou ne montre que des stries transverses extrèmemeal lines; aucun de ses points n'adhère même imparfaitement aux parois de la gaine feutrée qui renveln|ip(\ Le disque supérieur est médiocrement élcndu , circulaire ou très légèrement elliptique. 11 porte sur son bord un grand nombre (une centaine environ)de tentacules sinnlaires, simples, susceptibles d'adliérer, non rétractiles, cylindroïdes , mais pourtant un |ieu rcnllés près de leur base, et s'atléiiuant graduellement jusqu'à l'extrémité. Dans l'état d'extension complète, ils paraissent dispo- si's sur quatre cercles très rapprochés entre eux ; ceux du cercle '650 JULES HAIME. interne se dirigent un peu en liant, ceux du cercle suivant presque horizoulaleinent, et ceux des deux cercles cxlernesen lias, mais avec un inégal degré d'inclinaison. Tous ces tentacules représen- tent ainsi quatre cônes évasés, inégaux, et tous tronqués au môme point, qui est le bord du disque; les deux externes étant dirigés dans un sens opposé à celui des deux internes. La bouche est médiocre, elliptique et peu saillante ; elle est en- tourée d'appendices semhlal)les aux lenlacules marginaux, de même Ibrine, en même nombre et semblabiement dis})Osés, mais beau- coup plus grêles et plus courts . La portion du disque comprise entre ces tentacules labiaux et la couronne lentaculaire cxlerne est légèrement renllée, et l'on dislingue à sa surface des lignes radiées correspondant à l'insertion des lames verticales intérieures. Les couleursdu Cérianthc varient beaucoup dans les divers indi- vidus. On en trouve qui sont entièrement d'un violet pur, tantôt très intense et noirâtre, tantôt de la nuance arclicvèque ou même tirant sur le rose. D'autres ont toutes leurs parties d'un jaune bru- nâtre plus ou moins foncé, avec leurs lenlacules annelés de vert. Entre ces deux types très dislincls, on rcnconire Ions les intermé- diaires. 11 n'est pas rare de voir des exemplaires d'un fauve clair, qui n'ont que l'exlrémilé inférieure rose ou violellc, ou dont les tenta- cules sont vioicis pendant que tout le reste de leur corps est jau- nâtre. Qucl()uefoislc disque seul est presque noir avec les tenta- cules et le tron(; très pâles ; ailleurs, c'est le disipie qui est 1res pâle et les tentacules sont très foncés. Il arrive même qu'au milieu d'une couronne de tentacules clairs et verdàtrcs, deux ou trois seulement sont violets, et récipro(iuement. Enfin sur la surface du corps, où les fleux nuances principales , brune-jaune ou violette , peuvent se fondre cl passer graduellement de l'une âl'aulre, on dislingue au.ssi dans certains cas des bandes ou taches longitudinales, ordinaire- ment plus claires que le fond, ou même des ponctuations très déli- cates (^Ij. Toutes ces modilications de couleur , dont on reconnaît bien vite ( I ) Les exemplaires décrits par M. Foilies avaient le disque cl les appendices labiaux blancs ; les tentacules marginaux annelés de brun jaunâtre; la partie supérieure du tronc blanche, et l'inférieure d'un lirun jaunûtre. SL'It LE CÉRIA.INTHE. 361 le peu d'importance quand on observe un grand nombre d'indivi- dus, ont dû en imposer aux naturalistes qui n'ont pas l'ait ces com- paraisons, et qui n'ont ou entre les mains que quelques variétés bien Iraucliées. Si l'on joint à celte apparence exlérieure les diltérenecs dépendant de l'âge et du degré d'extension de l'animal , on aura la somme des caractères inconstants , d'après lesquels Dellc Cbiaje a établi SCS trois espèces de Cerianth u.s, vl (pii ont poilc Rapji à regar- der son exemplaire comme spécifiquement distinct de celui qu'avait découvert Spalhinzani. Ces considérations m'cngatient à conclure que, jusqu'à présent, le gem'C (Jcriantlic se compose d'une espèce unique, autant toutefois qu'on en peut juger par les descriptions et les figures très incomplètes des auteurs. 3Ialgré les variations considérables et presque infinies que je viens de signaler, il y a cependant, sinon dans les couleurs elles- mêmes , au moins dans le système de coloration , quelques traits que je n'ai jamais vus disparaître entièrement, et que par consé- quent je dois croire caractcrisli(iues dans cette espèce. Toujours les tentacules sont annclés , des espaces clairs distincts , surtout à la l'ace interne ou sujiéricure, alternant avec des espaces plus foncés; toujours la base des grands tentacules est marquée en dedans d'une tacbe plus sombre que les parties voisines , et l'ensemble de ces tiicbes donne lieu sur le disque à une étroite bordure circulaire; toujours enfin sur la moitié supérieure du tronc, on reconnaît les traces d'une ou deux bandes claires longitudinales. Des observations qui précèdent, on [icul déduire les diagnoses suivantes : Genre CÉRIANTHE [CERIANTHUS]. Coralliaire simple, liabitant dans un tube feutré et flexible, qu'il sécrète à la surface de sa peau. Coi'pscylindroide, libre postérieure- ment, où il présente une petite ouverture centrale. Tentacules mar- ginaux simples, similaires, cylindro-coni(|ucs, adhésifs et non rétractilcs; la boucbc entourée d'a[i[icndiccs labiaux en même nombre que les précédents, mais beaucoup jilus petits (jucux. 352 JULES HAINE. Ceeianthus membbanaceus. Tubularia , Spallanzani, Mem. délia Soc. ilal. di Verona , t. II, 2' part., p. 627. 1784. Tubularia membranacca, Gmelin, Lin.'Syst.nat., édit. 13% t. VI, p. 3 836. 1789. Tubularia solitaria ? Rapp, Nova acta Acad. cur. nat., t. XIV, 2" part., p. 653, pi. 38, fig. 2. 1829. Ceriantlius cornucopiœ, Délie Chiaje, Descr. e not. degli anim. inverl. délia Sic. cit., t. IV, p. 124, pi. 1S4, fig. 12 et 15; pi. 155, fig, 16 et 22; et pi. 156, fig. 3, 5 et 8. 1841. Cerianihus Brerœ, id., ibid., p. 124, pi. 156, fig. 2. Cerianlhus acUttoides, id., ibid., p. 124, pi. 34, fig. 21, et pi. 153, fig. 13. Aclinia ? Forbcs, Ann. and. mag. ofnat. hist. , 1" sér. , t. VIII, p. 244, pi. 8, fig. 1-5. 1842. Edwardsia vestita, Spratt et Forbes, Travels in Lycia, etc.,t II, p. 122. 1847. Cerianlhus cornucopia , Milne Edwards et Jules Haime , Arch. du Mus. d'hist. nat., l. V, p. 14. 1851. Corps lisse, prcsentanl une ou deux bandes latérales claires; disque tentaculilère entouré d'une ligne foncée; tentacules très nombreux, grêles, annelés. Dimensions des individus adultes : longueur, totale de 15 à 20 centimètres ; diamètre du corps, de 1 1/2 à 2 1/2 ; diamètre de la couronne tentaculaire, de 12 à 14. CHAPITRE II. OBSERVATIONS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES. La contractilité extrême des tissus dans tous les Zoantbaires a rendu très difficile jusqu'à ce jour l'étude de l'organisation de ces animaux. Les moyens qu'on a essayés pour diminuer en eux l'éner- gie de cette propriété sont très insuffisants. Le Cériantbe n'échappe pas à la loi commune, mais il paraît être une des espèces cbczles- (pielles cette excitabilité tend à s'affaijjlir, et je l'ai toujours trouvé moins réfractaire à l'action du scalpel que les Cereus, les Adamsies, les Anémonies et les Cladocores, que je disséquais en même temps sur les côtes des Baléai'cs. Cette contractilité s'exerce d'ailleurs, d'une manière très inégale, dans les diverses régions de son corps, SUR LE CÉRIANTHE. 353 et présente Ijeaiicoiip iiioiiis d'intensité ;mtour des orjiancs de la digestion et de la génération que sur le disque et dans les deux tiers inférieurs du tronc. Lorsqu'on feml l 'animal suivant sa longueur, il se raccoureit encore notablement; mais comme, iieudanl 1 étal d'extension , j'avais pu reconnaître par transparence l'étendue occupée par les ovaires , il m'a été facile de constater que la vivisection n'amenait aucune dimi- nution dans cette (juantité, tandis que les parties situées au-dessous se raccourcissaient considérablement, et que le bourrelet du disque, mesurant la dislance comprise entre les tentacules marginaux et les labiaux, disparaissait presque complètement. Tous les appen- dices perdaient environ un quart de leur longueur par suite de l'amoindrissement de leur extrémité. Les irritations locales pou- vaient déterminer encore de nouvelles contractions, mais qui s'ef- fectuaient toujours dans des proportions sendiiables , selon les diverses parties. Il est utile, on le con(;oit, de tenir compte de ces manifestations inégales de la contraclilité dans les différents organes du Cériantlie, si l'on veut avoir une juste idée de leurs rapports. La vitalité se conserve assez longtemps dans les individus mu- tilés; mais aussitôt ipi'ils sont nioi'ts leurs tis.^us s'altèrent avec plus de rapidité encoi'e (|uc ne l'a constaté M. de yuatrcfagcs pour les Edwardsies. J'en ai vu quelques-uns dont l'une des extrémités se contractait encore sous la pi(|ùre d'une aiguille, pendant que l'autre commençait déjà à se décomposer. Cbacune des fonctions physiologiques n'ayant pas toujours pour siège un appareil spécial , il est impossible d'introduire ici un ordre logique dans l'examen des divers organes. Il me parait simple et naturel à la fois de procéder de dehors en dedans, et ensuite du somn)et à la base du corps. Cette marche nous fera passer succes- sivemeiil eu revue: 1° la gaine prolrdricc; 2° les t('gumenls; 3° la tunique musculaire; 4° les tentacules marginaux et labiaux; 5° les loges sous-tentacul aires; 6° ra[ipareil digestif; 7° l'appareil reproducteur; 8° la gouttière interlamellaire impaire; 9° enfin la tuniipie interne. Je n'ai pu découvrir dans le Cérianihe ni système nerveux , ni appareil vasculairc profjrenient dit. 4' série. ZooL. T. !. ( Caliicr n" ) " 2:! S5tt JULEJS nAIME. § 1. — Gaîne protectrice. Quoique cette partie constitue une enveloppe morte , sans adhé- rence avec la surface de l'animal , elle n'en est pas moins un produit complètement organique, et dont la structure mérite d'être étudiée avec soin. Spallanzani et Rapp ont très bien' reconnu qu'elle n'a aucune connexion avec le polype ; ils lui donnent l'épilhète de mem- braneuse, et la comparent, l'un à l'étui des Tubulaires, l'autre au tube des Sabelles, mais en l'aisant observer, dans les deux cas, qu'elle se distingue par sa flexibilité très grande. Délie Cliiaje la considère comme une mucosité plus abondante que celle qui enduit le corps des diverses Actinies, mais tout à fait de même nature. Celte gaine |)roteclriee, dont l'épaisseur est souvent considérable, a un aspect feutré plutôt que membraneux. Elle est formée de cou- ches concentriques peu distinctes et fortement unies entre elles , dont les extérieures se déchirent en lambeaux, tandis (]ue les parois internes du tube sont parfaitement lisses. Lorsqu'on cherche à la rompre, on éprouve la même résistance ipie quand on veut séparer en plusieurs parties une bourre de laine ou une pelote de chanvre , et la déchirure montre qu'on a également affaire à une substance fdamenteuse très dense ; mais ce n'est qu'avec le secours du micro- scope, et même en employant des grossissements assez forts, qu'on peut arriver à en distinguer les éléments. Je me suis assuré par ce moyen que toute la masse de ce tube feutré est iun(piement com- posée de fds extrêmement longs et extrêmement déliés s'enchevè- trant de mille manières , et je n'ai pas tarde à me rendre compte de la nature et de l'origine de ces filaments. J'ai trouvé, en effet, qu'ils tenaient par leur hase à de petites coques vides en totalité ou en partie , et qu'ils constituaient avec elles des organites de tout point semblables aux corps qu'on a décrits dans les Actinies et les Aca- lèphes sous les noms û' organes urticanls et de vésiculeson capsules filifères. Je les appellerai nématncystes. Ces vésicules spéciales qui, comme nous le verrons plus loin, se forment dans l'épaisseur de la peau , et viennent ensuite sortir à sa surface , ont des proportions relativement assez considérables , et sont surtout reinanjuablcs par l'extrême longueur des lils pelotoimés SIR LE CÉRIANTHE. 355 qu'elles renferment. J'en ai distingué trois sortes principales qui diffèrent un peu entre elles par la taille et par la disposition du fila- ment intérieur. Ces parlieularités correspondent peut-être à divers états du développement d'une seule et même es|ièee d'orgiuiites : mais comme je n'ai pas trouvé de degrés intermédiaires , et que d'ailleurs ces trois formes offrent des caractères assez tranchés , il est bon de les décrire séparément. Les vésicules les plus abondantes constituent des ovoïdes allongés (pi. 7, fig. 2) dont la longueur fait un peu plus du double de la largeur, et dont Tune des extrémités est un peu moins grosse que l'autre. Leur enveloppe est hyaline, très mince, résistante, sans texture appréciable , et semble fermée de toutes parts. Leur cavité est presque entièrement remplie par un iil grêle, et irrégulièrement pelotonné sur lui-même un grand nombre de l'ois. La j)lus grande étendue de ces corpuscules est de 0,07 de millimètre; mais j'es- time que le fdament intérieur , lorsqu'il est déroulé , est quatre ou cinq cents fois plus grand, ce qui lui donnerait une longueur l'éelle de 3 à 1 centimètres, bien que son diamètre soit moindre «lue 0,001 de millimètre. Du moment où la vésicule arrive à la sui'face de l'animal , elle se présente, au moins dans les circonstances ordi- naires, comme le montre la ligure 2 de la planche 7, c'est-à-dire qu'elle a son fd pelotonné tout entier dans son intérieui' ; mais, après avoir séjourné ijuclque temps dansl'eau, et surtout lorsqu'elle arrive en contact avec c|uelque corpuscule, il s'opère un mouvement brusfjue et instantané dans les ptu'ties voisines de son petit bout, et son enveloppe s'évagine en ce point de manière à montrer au de- hors un tube cylindroïde transparent long de 0,5 à 0,7 de mil- limètre, mais qui atteint à peine 0,01 de millimètre dans sa plus grande largeur (pi. 7, fig. 3j. Ce tube entraine avec lui, par son extrémité, un des bouts du filamenl , dont presque toute la masse reste encore quekjucs instants dans l'intériimr de lavésicule un peu diminuée de volume; puis, |iar un mouvement très rapide, le Iil délié sort à son tour, soit en une seule foison à deux ou trois reprises , et finalement la coque ovoïde ne tarde pas à être com- lilétement vidée. 11 m'a semblé que c'était encore par évagination ijue s'etVectuait l'issue de ce filament, qui serait alors un cylindre 356 JULES HAIME. creux (rès délicat. Le tube formé en premier lieu se termine d'aixird de manière à fournir l'apparence d'un petit canal central , et ensuite une certaine gradualion s'établit au même point entre le diamètre de ce tube et celui du filament, comme si la force pro- pulsive avait étiré la substance continue qui constitue les parois de l'un et l'autre cylindre. Malheureusement la célérité, pour ainsi dire électrique, avec laquelle s'opère le déroulement ne m'a pas permis de changer cette probabilité en certitude. La seconde sorte de nématocystes (pi. 7, fig. 4) entre encore pour une large part dans la constitution de la gaîne feutrée des Gérianthes. Elle ressemble jjeaucoup par ses caractères extérieurs à celle que je viens de décrire ; seulement elle est relativement moins épaisse, et , en général , un [leu arquée, et amincie à l'une de ses extré- mités. Pour une longueur de 0,05 à 0,06 de millimèlre , elle a un diamètre qui dépasse à peine 0,015 de millimètre. Son fila- ment est de même volume rpie celui des grosses vésicules ; il remplit également la cavité intérieure et est pelotonné de la même manière , mais il se déroule différemment. En effet , celui de ses deiLX bouts qui s'avance au dehors me paraît avoir été d'abord libre dans la vésicule , et sortir ensuite direclemcnt par un pore ouvert à l'extrémité atténuée de l'enveloppe hyaline. Comme, dans les deux sortes de nématocystes dont il vient d'être question, lelîlamcnl remplit à peu près également la cavité interne, et que, dans l'un et l'autre cas, il pré.sentc le même diamètre, il existe nécessairement une relation entre la capacité de ces cap- sules et la longueur de leur fdamont. La capacité des petites faisant un peu [tlus du tiers des grandes , leur iilament atteindra une éten- due de 1 centimèti'e 1/2 environ, si l'évaluation que j'ai donnée précédemment approche suflisanniient de la vérité. Au milieu des nématocystes de ces deux formes , on en trouve encore d'autres relativement très rares (pi. 7, fig. 5), dont le fil, disposé verticalement en caducée sur un des côtés , et pelotonné irrégulièrement à la base du côté opposé , n'occupe qu'une petite partie de la capacité intérieure de la vésicule ellipsoïdale. Les di- mensions de cette troisième sorte de capsules filiieres sont sensible- ment égales à celles de la seconde ; elle s'en rapproche aussi beau- SUR LE CÉRIANTHE. 357 coup par sa forme , mais elle est à peine atténuée à l'une de ses extrémités , qui d'ailleurs reste droite. Le diamètre de son filament est encore le même ipie dans les capsules précédemment exami- nées ; mais je ne crois pas que sa longueur totale, lorsqu'il est dé- roulé, fasse plus de quinze fois celle de son enveloppe, soit environ 0,9 de millimètre. Je n"ai pas réussi à voir sortir le fil de cette vésicule ; la singulière disposition qu'il présente dans sa première portion semble destinée à lui donner beaucoup d'élasticité Tels sont les éléments qui entrent dans la composition du tube protecteur des Cérianlhes. Lescliiffres approximatifs énoncés plus haut montrent que la proportion des coques vides à la masse fila- menteuse est extrêmement faible, et cette relation est très frappante lorsqu'on place sous le microscope un lambeau quelconque de la gaine. La longueur et la ténuité des fils enchevêtrés sont des con- ditions favoriildes à la flexibilité et à la solidité de l'ensemble du feutre qui les constitue ; la substance de ces fils est, en outre, très tenace, et, pour les rompre, il faut exercer sur eux une traction assez forte relativement à leur diamètre. Cela explique comment la gaîne protectrice [leut être molle en même temps que très résistante et difficile à déchirer. L'action prolongée de l'eau de mer n'altère que très lentement la substance transjiarenle et d'apparence cornée dont sont formés les vésicules et leurs fils. J'ai conservé pendant plusieurs mois un cer- tain nombre de ces organites sans f[u'ils aient perdu aucun de leurs caractères primitifs. Cette propriété assure une assez longue durée à la gaine protectrice, et semble dispenser l'animal de la renouveler fréiiuemmcnl. Pourtant l'épaisseur considérable qu'elle offre ordi- naircnient prouve que la sécrétion des nématocystes est très éner- gi(pie. (Jn rcnian|ue aussi, en général, un rapjiorf direct entre l'épaisseur ou la densité du tube feutré, et la taille de l'individu (pi'il renferm(!; ce qui doit faire supposer que cette sécrétion s'exerce à peu près ('gaiement aux différents âges, et qu'elle ne cesse pas chez les adultes. Du reste, on l'active singulièrement en enlevant le Cérianthe de son tube , et en le plaçant librement dans l'eau. 11 lui suffit alors de quel(|ues heures pour former à la snrfaci^ de son cor|>s d'épais an- 358 JULES BAIME. neaux, ou même une enveloppe complète. Ce nouveau produit, dont la couleur est blanchâtre , a l'aspect d'une mucosité filante , et se trouve entièrement composé de nématocystes de tout point semblables à ceux des vieilles gaines. Dans le port de Mahon , les lubes des Cérianthes retiennent dans les interstices de leur tissu un grand nombre de molécules vaseuses, de fietits grains de sable ou de petits corps microscopiques, tels que les Navicules; mais ces matériaux étrangers ont presque toujours un volume insignifiant, et n'ajoutent que très peu à la solidité de l'ensemble. Les exemplaires trouvés dans la mer Egée ont , sui- vant M. Forbes, leur gaine fortifiée par du gravier et des coquilles ; on conçoit bien que cet effet puisse se produire dans une cer- taine limite , mais je ne crois pas que cette gaine puisse jamais de- venir bien forte par ce moyen, parce qu'elle n'a pas la propriété d'agglutiner les corps solides. Do l'examen qui précède, il résulte manifestement que le tube du Cérianthe diffère tout à fait, par ses caractères anatomiques , de la partie correspondante chez d'autres animaux marins, et que l'on aurait tort de le comparer sous ce rapport , soit au tube des Tubu- laires, soit à celui des Térébelles. Jusqu'à présent, on ne connaît aucun autre exemple , dans l'embranchement des zoophytes et dans le règne animal tout entier , d'une excrétion de même nature servant de retraite à l'animal qui l'a produite. Au point du vue physiologique , au contraire , il y a sous ce rapport une curieuse analogie à établir entre des animaux de classes très dilïérentes , dont le genre de vie est presque identique. Les Cérianthes ont , en effet , des conditions biologiques qui rappellent complètement celles de certaines larves d'Acalèphes (Tubulaires , etc.) ou d'Insectes (Friganes, etc.), et principalement celles de plusieurs Annélides. Quelques espèces de Térébelles offrent même dans leur station , dans leur mode d'extension , dans la manière dont elles exécutent leurs mouvements, une ressemblance si grande avec les Cérianthes, (ju'il devient facile de les confondre lorsqu'on les regarde sous l'eau à quelque distance. SLK LE CÉKIAHTIIE. 359 § 2. — Téguments. La peau des Cérianthospst lisse, mince, A'isqueuse,peii résistante, et présente l)eaiicoup d'iiomogénéitc dans les diverses réj^ions où on l'observe. Elle couvre également toute la suriace du corps, en- toure tous les appendices extérieurs, se replie en dedans de la bouche pour tapisser les parois du tube intestinal et mênieinlërieu- rement rentre un peu dans la cavité générale avec le sphincter de l'orifice terminal. Cette enveloppe complète, qui est partout adhérente à la couche musculaire située au-dessous, et qui suit exactement les moditlea- tions de forme et de volume qu'éprouve cette dernière, est en appa- rence d'une très grande simplicité, et les auteurs qui l'ont décrite (Rapp et Délie Chiajc ) n'y ont vu qu'une membrane délicate l'ormée d'une couche cellulaire unique. Lorsqu'on cherche à la détacher sur un individu vivant ou mort depuis [leude temps, il est en effet difficile de supposer que sa com- position soit plus complexe ; mais la macération fait voir qu'elle résulte réellemeut de l'intime union de plusieurs plans super- posés, dont la constitution élémentaire est différente. Déjà M. de Quatrefages avait pu séparer deux feuillets dans les téguments des Edvvardsies, l'épiderme et le derme, dont il a étudié la structure avec le plus grand soin. Il a très bien reconnu dans la partie profonde de l'épiderme des petites granulations colorées, et sur le derme d'abondantes capsules filifères. il avait donc par le Tait observé, dès 1852, lousles éléments qui caractérisent les diffé- rents strates tégumentaircs retrouvés , en 1851 , chez d'autres Aciinicns par le docteur HoUard (1). Ce dernier auteur divise du premier (>ou[il!i peau de ces animaux en qualn» strates, (iu'ihi|i|icll(^ éjjilliélium, corps piçpnental, couche de capsules cylindracées et fond d'éléments granulo-cellulaires. J'ai reconnu dans les téguments du Cérianihe les deux feuillets principaux et aisément séparables , d('crits pour la première fois chez les Edvvardsies, et , dans chacun de ceux-ci, deux des strates (<) Annales des sciences naturelles, 3' séiiu, t. XV, p. 2G7, 1851. 360 JULES HAINE. distingués plus tard chez les Actinies. Le premier feuillet se com- pose ici de deux plans superposés, qui correspondent, en procé- dant de dehors en dedans , à Vépithélium et au corps pigmentai de M. Hollard, tandis que les deux plans du second feuillet sont formés par ceux qu'il a nommés couche de capsules cylindracées et fond d'éléments granulo-cellulaires . On ne saurait cependant attacher beaucoup de valeur à cette classification ; car, s'il est vrai que le plus ordinairement la macé- ration sépare de la sorte, deux par deux, les siralcs de la peau du Cérianthe, il peut arriver aussi que la seconde couche entraîne avec elle la troisième, ou, ce qui est moins rare encore, que la première se détache seule. Ces irrégularités tiennent à la faible cohésion des éléments qui entrent dans la constitution des deux couches inter- médiaires , la seconde et la troisième. Première couche ou couche épidermique. — C'est une lame transparente, très délicate, formée de cellules un peu inégales, dont les plus nombreuses sont larges environ d'un centième de milli- mètre. Quelques -unes de ces cellules se rapprochent beaucoup de la forme sphérique, mais la plupart d'entre elles sont irrégulière- ment polyédriques ; elles ne renferment que peu ou point de gra- nules. Il est très facile de les disjoindre ; pourtant elles sont assez solidement unies pour constituer , par leur ensemble , une mem- brane imparfaite. Deuxième couche ou couche pigmentale. — x\u-dessous de la lame épidermique , on trouve une multitude de cellules inégales , dont le diamètre varie de 0,005 à 0,015 de millimètre , et qui sont toutes sphériques ou faiblement déformées. Elles con- tiennent un certain nombre de grains irréguliers n'ayant guère qu'un millième de millimètre , et dont la couleur pai'ait être par réfraction tantôt le rouge cai'niin , tantôt l'orangé foncé. Elles adhèrent à peine par leurs points de contact , et dans leurs inter- valles on remarque beaucoup de grains colorés semblables aux grains intérieurs. La couche pigmentale est plus épaisse que la pré- cédente, bien qu'encore extrêmement mince. Troisième couche ou couche de nématocystes. — Il n'existe aucune cohésion entre les éléments qui la composent, et qui son bUR LE CÉRUNTHE. 361 d'ailleurs assez différents les uns des autres. Elle est constituée en majeure partie par les trois sortes de néniatocystes que nous avons reconnues dans la gaine protectrice , et qu'on trouve fréquem- ment ici enveloppés dans la cellule qui les sécrète. Ainsi le corps représenté planche 7, ligure 6, correspond évidemment à notre première sorte de la figure 2, et celui delà figure 7 à notre deuxième sorte de la figiu-e /i. Quant à celui de la figure 8, il parait être l'ori- gine de notre troisième sorte. On rencontre aussi, à divers degrés de développement, de très petites vésicules ellipsoïdales, très trans- parentes, mais dans lesquelles j'ai cependant pu distinguer des stries obliques qui répondent certainement au commencement d'un fila- ment intérieur ipl. 7, lig. 9, 10, 11, 12), et je suis porté à croire que ces corps ne sont que de jeunes vésicules lilifères de la pre- mière sorte. Indépendamment de ces diverses capsules, la troisième couche tégumentaire renferme des cellules transparentes et sans granulations intérieures , et dont un des bouts , ou même tous les deux , sont étirés en pointe , ce qui leur donne la forme de poires , de cornues, de navettes, etc. C'est, comme on le voit, dans cette partie de la peau que naissent et se développent les néniatocystes, destinés à arriver au dehors pour constituer le tube feutré qui sert de retraite au Cérianthe. D'après ce que j'ai dit de la structure lâche des deux premières couches tégumentaires , on comprend aisément que ces capsules peuvent les traverser ; leur sortie doit être d'ailleurs puissamment aidée par les diverses contractions du corps. J'ai trouvé un certain nombre de ces organites engagés dans les couclies épidennique et pigmentale, ayant leur grand axe normal à la convexité du tronc, et leur extrémité atténuée dirigée en dehors. Quatrième couche ou couche profonde. — Les éléments de cette dernière couche sont beaucoup moins distincts, et plus inlimement unis que ceux des strates précédents. Ils forment une véritable membrane, très délicate et peu résistante, à la vérité, mais tout à l'ait continue ; elle est très transparente , et montre de très petites granulations avec des stries courtes , irrégulières , et diversement croisées. Il résulte de ces observations hislologiqucs, tout incomplètes 362 JULES H AIME. qu'elles sont, que le système tégumentaire du Cérianthe est loin de présenter la simplicité que lui supposaient Rapp et Délie Chiaje, et qu'il n'est pas moins complexe que l'enveloppe correspondante des Actiniens. La diversité et la complication des nématocystes sont même portées ici beaucoup plus loin que chez ces derniers. Les quatre couches que je viens de décrire se retrouvent égale- ment sur foute la surface du Cérianthe, et ne se modilient pas sensi- blement dans les diverses régions. La composition delà peau qui recouvre les tentacules n'est pourtant pas com|)létcmenl idendquc; avec celle du reste du corps ; mais la seule différence consiste dans la présence de nouvelles formes de vésicules filifères dans la troi- sième couche de ces organes appendiculaires. La surface des téguments est dépourvue de cils vihratiles propre- ment dits ; mais en employant de forts grossissements, j'y ai aperçu des prolongements analogues peu nombreux , excessivement ténus et courts, qui sont peut-être des cils atrophiés, et qui, dans certains cas, m'ont paru s'agiter un peu. Le rôle physiologique de la peau est aussi considérable chez le Cérianthe que chez les Actinies, c'est-à-dire qu'elle est le siège de rexlialaiion, de l'absorption, de la respiration et de diverses sécré- tions. Elle n'exerce aucune action irritante surrépiderme,ni même sur les muqueuses de l'homme; sa sensibilité tactile ne paraît offrir une certaine déhcatesse que dans les tentacules. § 3. — Tunique musculaire. La tunique musculaire constitue un tube cyhndroïde complet , et replie en dedans à ses extrémités. Elle est partout composée de deux plans de fibres superposés, les fibres de la couche externe étant circulaires et transversales , celles de la couche interne verti- fcales et conséquemment perpendiculaires aux précédentes. Cette structure a été mise eu évidence par M. de Quati-efages chez les Edwardsies, et par divers auteurs récents chez d'autres Actiniens. Mais Délie Chiaje n'a l'ail que la soupçonner dans le Cérianthe , et Rapp parle seulement des libres longitudinales, les- quelles sont, il est vrai, les plus fortes et les plus nombreuses. SUR LE rÉRIANTHE. S6S Ces diverses fibres, qui sont hyalines ou à peine colorées, pré- sentent, suivant leur longueur, quelques stries faibles et interrom- pues. La manière dont elles se rompent, jointe à ce dernier carac- tère, me semble indiquer qii'clles sont composées de librillcspliis petites; toutefois il m'a élé impossible de séparer ces fibrilles sur une certaine étendue. Je n'ai jamais pu distinguer de stries trans- verses. Le diamètre des fibres musculaires des Cérianthes est d'environ 1 centième de millimètre , c'est-à-dire notablement supérieur à celui des Edwardsies , qui est de 1 cent-cinquantième suivant M. de Quatrefages, et surtout à celui des Actinies, que M. Hollard évalue à l trois-centième seulement. Au moyen des contractions et dilatations totales ou partiellesde cette (unique musculaire, l'animal chasse ou fait rentrer à volonté l'eau contenue dans son corps, et en même temps diminue ou aug- mente de volume, mais il ne modifie ordinairement que très peu sa forme naturelle. Je ne l'ai jamais vu se contourner en spirale, ainsi que l'a figuré M. Forbes. § 4. — Tentacules. Les organes appendiculaires forment, comme je l'ai dit plus haut, deux groupes de couronnes séparés l'un de l'autre par une large zone lisse. Quoique les tentacules labiaux aient une forme, une structure et des fonctions presque idenfiques avec celles des tentacules marginaux , ils s'en distinguent très nettement par leur origine et leurs rapports : c'est pourquoi je les examinerai séparé- ment. A. Tentacules marginmix ou proprement, dits. — Ces tentacules, comme chez les autres Zoanthaircs, sont à la fois des organes des sens , de respiration et de préhension ; de plus ils agissent ici comme organes locomoteurs, en aidant aux mouvements que l'ani- mal exécul(^ dans son tube ]irotccteur. Structure des tentacules marginaux. — On peut les considérer comme des évaginations de l'enveloppe générale , et on les trouve également com|josés des quatre couches cutanées avec leurs divers 36ft JULES HAIIHE. éléments, et des deux plans de libres musculaires qui constituen cette enveloppe ; seulement les muscles sont ici très amincis, tandis que la troisième couche tégumentaire est très développée , et ren- ferme quelques nouvelles formes de nématocystes. La cavité intérieure dont sont creusés ces appendices selon toute leur longueur, s'ouvre largement dans les espaces situés autour du tube digestif. Il est très facile de s'en convaincre, soit par la dissec- tion, soit en poussant une injection par les chambres sous-tentacu- iaires; dans ce dernier cas, lorsque la matière colorée est arrivée aux /i/5 environ de la longueur total(! du tentacule , c'est-à-dire à 6 ou 8 millimètres de son extrémité , elle sort en abondance par un pore très étroit et en forme de boutonnière, qui est situé à sa face interne. La substance de l'injection pénètre quelquefois au delà de ce pore et tout près du sommet ; mais il m'a été impossible , même en exerçant au-dessous une légère pression, de la faire sortir par l'extrémité , et j'ai tout lieu de croire que celle-ci est complè- tement imperforée comme chez les Edwardsies. Le pore interne remplace ici l'ouverture terminale des tentacules des Actinies ; il remplit les mêmes fonctions, et sa position seule l'en distingue. Les grains de la couche pigmenlale sont ordinairement trop fon- cés et trop serrés pour permettre de reconnaître aisément par trans- parence des courants dans le liquide qui baigne la cavité des ten- tacules. Pourtant , chez de jeunes individus , j'ai vu distinctement des corpuscules ([u'ils avaient avalés passer avec assez de rapidité d'une chambre sous-tcntaculaire dans la cavité du tentacule corres- pondant. Il n'est pas rare de trouver aussi des œufs engagés dans cette cavité, lesquels sortent bientôt par le pore interne dont j'ai parlé. Le fluide des tentacules est donc agité de mouvements assez énergiques, et analogues à ceux que M. de Quatrefages a observés chez les Edwardsies (1), et à ceux que j'ai moi-même vus très net- tement dans déjeunes Anémonies (2). Il y a cependant cette diffé- (1) Loc. cit , p. 99, pi. 2, fig. 12. (2) On y distingue, à l'aide d'un assez faible grossissement, des globules pig- mentaires très réguliers, do 0,0 l!j de millimètre environ, fortement colorés en brun roux, qui suivent un courant ascendant et descendant ; ils montent du côté externe, et descendent du côté interne. De temps en temps ils interrompent SUR LE CÉRIANTME. 365 rence, que jamais ici je n'ai trouvé de globules de pigment dans la cavité des tentacules. J'ai pu ni'assurerque la paroi inlernede cette cavité est garnie de cils vibratiles petits et très nombreux, qui pro- duisent les courants que je viens de signaler. La peau des tentacules contient, outre les trois sortes de néma- tocystes de la peau du tronc, des corps de même nature, qui peuvent se rapporter à trois autres sortes. Ce sont d'abord des capsules hyalines quatrième sorte) ellipsoïdales, longues au plus de 0,OZi et hu'ges de 0,01 de millimètre, droites, et ne contenant qu'un fil peu développé et enroulé en spirale autour d'un stylet longitu- dinal (pi. 7, fig. 13). Les nématocystes d'une cinquième sorte sont très semblables aux précédents, mais amincis à l'une de leurs extrémités, arqués et beaucoup plus grands ; ils ont en lar- geur 0,015 , et en longueur 0,06 de millimètre ( lig. 14 ). Peut-être ne forment-ils qu'un état plus avancé des vésicules de la quatrième sorte , mais je n'ai pas trouvé de grandeurs intermé- diaires. Enfin, ceux de la sixième sorte sont subcylindriques , un peu irréguliers , constitués par un fil spiral à tours contigus , et déroulable à la manière des fils de bretelle ; les uns sont entourés complètement par une fine envelop|)e, reste de la cellule dans la- quelle ils se forment l'iig. 15, 16, 17), et le fil intérieur la traverse en se déroulant f^fig. 18). Chez les autres le fil se déroule librement (fig. 19, 20 !, soit [lar suite de la destruction de leur enveloppe cel- lulaire, soit parce qu'ils ont été produits avec d'autres dans unecel- lule unique 'fig. 21 ; ils varient en longueur de 0,02 à 0,04 de millimètre, et en largeur de 0,002 à 0,007 de millimètre. Parmi les six formes de nématocystes contenus dans les tentacules , ceux de la dernière sorte sont les plus abondants de tous ; les plus rares sont les capsules dont il a été question immédiatement avant. Disposition des tentacules marginaux. — J'ai dit [dus haut que l'appareil appendiculaire marginal rei)résente , dans l'état d'exten- ce trajet pour osciller en diflërents sens , et un certain nombre d'entre eux s'ar- rêtent sur plusieurs points pour y former de petits groupes. Ces amas de pigment, auxquels est due la coloration fauve de l'animal à cette époque, sont surtout larges et rapprochés vers la base des tentacules , et sur la paroi des loges sous-tenta- culaires. 366 JULES nAIME. sion , quatre cônes ou entonnoirs orciinairemont très distincts. Ces cônes sont très semblables entre eux , mais les deux inrérieurs s'in- sèrent sur une même rangée circulaire, ou i'ormenl en apparence un seul cycle , en prenant ce mot dans le sens précis que lui a attribué M. HoUard. Tous les tentacules se ressemblent extrêmement par leur forme, leur mode de coloration et même par leurs dimensions ; toutefois ceux de la dernière rangée circulaire sont un peu plus courts et plus grêles que ceux des deux rangées internes. L'absence de toute autre différence, et surtout d'inégalités appréciables dans l'insertion des tentacules internes, empêche de ramener par l'ob- servation directe ces trois cycles apparents aux diverses lois de mul- tiplication que M. Hollard a fornmlées le premier pour les Acti- niens(l), et que , presque dans le même temps, M. Milne Edwards et moi-même nous avons rectifiées en partie, et surtout généralisées par l'étude comparative des cloisons solides correspondant aux ten- tacules dans tous les Zoantbaires à polypier (2). Les seules indications qui puissent guider ici dans l'application de ces lois sont , d'une part , la connaissance accjuise du nombre des éléments du premier cycle réel (^ je montrerai plus loin qu'il est de 4 seulement), et ensuite celle du nombre des éléments des cycles apparents. Cbez les individus les plus développés que j'ai rencon- trés, le nombre des tentacules marginaux était, pour chacune des deux rangées internes , 32 , et pour l'externe ( divisible en deux cônes égaux), 64 ; total : 128. Si l'on suppose (pi'il ne s'est produit, dans l'évolution des cycles réels, aucune irrégularité, comme parai- trait rindi(pier ce multiple du chiffre originel et de ses dérivés, il est évident ici que Je premier cycle apparent répondrait aux quatre premiers cycles. Les cycles seraient donc au nombi'c de six, et tous complets; mais l'expérience montre qu'il est très rare de trouver des Zoantbaires ayant un appareil radiaire aussi riche en cléments , et aussi régulier dans toutes les parties. On pourrait admettre encore, et la direction de la moitié des tentacules du der- nier cycle apparent semble donner beaucoup de probabilité à cette (1) Etudes sur l' organisation des Actinies, in-4. 1848. (2) Observations sur la structure et le développement des Polypiers en géndral [Annales des sciences naturelles, 3" sér., t. IX, p. 64). 1848. SLR LE CÉRIANTHE. â@!|; opinion, que le dernier cycle réel est réduit à la moitié de ses élé- iiienls, mais (jue, dans certains points, il s'est développé un égal nonilire de tentacules dépendant en réalité d'un septième cycle. Dans cette seconde hypothèse, les 32 tentacules du premier cône liourraient re|irésenter encore les (|uatre premiers cycles complets, et ceux du second cône le cinquième cycle complet ; mais ceux du ti'oisième cône ne correspondaient qu'à la moitié du sixième cycle , et ceux du quatrième cône au ijuart seulement du septième cycle. Beaucoup d'individus adultes présentent le nomhre total de 96 tentacules; d'autres, moins développés, n'en ont (pie 04, etc. 11 est facile de se rendre com]ite de tous ces multiples de k par l'espèce de stérilité qui trappe, pour ainsi dire normalement, la moi- tié ou le quart des cycles, lorsque ceux-ci sont un peu nombreux; mais on rencontre aussi des chilïres qui ne se prêtent pas à de sem- lilahles comliinaisons, et qu'on ne peut expli(iuer que par des irré- gularités tout à fait partielles. L'étude suivie du développement donnerait, sans doute, la clef de loutesces exceptions, (jui ne [lor- tent probablement que sur les tentacules des derniers ordres. En attendant que nos connaissances se complètent sous ce rapport, il est utile de remarquer que les quatre groupes de tentacules, qui, dans l'état d'extension , ont l'aspect de (jualre cônes évasés , sont toujours égaux numériquement dans un même individu. La régularité radiaire de l'appareil appendiculairc marginal tout entier, et de chacune des séries cireulaiies (jui le composent, peut être considérée comme parfaite, et il ne parait pas qu'aucune iné- galité marquée vienne l'altérer. Sur un point du pourtour du disqui^ on reniar(pie bien deux tentacules appartenant au pivmier cycle ap|)arent, (jui sont tics rapprochés à leur base, et qui, au pre- mier abord, semblent rompre l'alternance très régulière des élé- ments de ce cycle avec ceux du second ; mais, en y regardant de |)lus près, on ne larde pas à reconnaître à la surface du disque le prolongement iidérieur et interne du tentacule intermédiaire , et même on découvre aisément celui-ci en écartant ceux de la première rangée. Le tentacule, ainsi caché dans sa région inférieure, est un peu moins développé que ses semblables , et il présente une parti- 368' JULES H AIME. cularité qui mérite d'être signalée. En dessus ou en dedans de sa base, il porte à gauche une petite verrue peu saillante, et à droite un petit bourrelet circulaire. Ce bourrelet semble entourer un étroit orifice , mais il m'a été impossible d'y introduire un ajustage très délicat, ni même la pointe d'une soie fine. B. Tentacules labiaux ou accessoires. — Ces appendices ressem- blent extrêmement aux précédents par leur forme, leur structure et leurs fonctions, et ne paraissent en différer que par leur position plus voisine de la bouche et par leurs plus petites proportions. Mais leurs connexions sont tout autres par rapport à ceux-ci. Au lieu de s'inter- caler entre eux et de surmonter des loges périgastriques particu- lières, ils naissent sur la région interne de la voûte des chambres situées sous les tentacules marginaux , et l'on doit les regarder comme des prolongements internes des rayons du disque. Leur nombre est le même que celui des tentacules proprement dits , car ils leur correspondent un à un. Chacun d'eux s'ouvre inférieure- ment dans la chambre dépendant de son homologue parmi les ten- tacules proprement dits , en sorte qu'il y a communication directe entre cet espace , l'intérieur de l'ajjpendice marginal et celui du prolongement labial qui se confinue sur le même plan verti- cal. Quand on pousse une injection dans l'une de ces trois cavités, on est sûr de remplir également les deux autres avec elle. Le groupe labial répétant en petit , près du centre du disque , l'appareil tentaculaire marginal tout entier , on devait s'attendre à retrouver dans ces appendices accessoires les mêmes rapports de position que j'ai constatés entre les divers tentacules prin- cipaux ; c'est, en effet, ce qui arrive. On y reconnaît de même trois rangées circulaires , fpii re|iroduisent exactement , par le nombre et les relations de leurs éléments, les trois rangées de ten- tacules principaux, le cercle interne de ceux-là correspondant au cercle interne de ceux-ci, et ainsi des autres. Dans leur composition analomique , les prolongements péristo- miens n'offrent que de très légères différences avec les tentacules marginaux ; leurs téguments renferment les mêmes sortes de némalocystes, mais dans une proportion i)lus égale ; les parois de leur cavité intérieure sont garnies de cils vibratiles jikis forts. I SIR LEÎ CKRIAiNTHi;. 369 ol il pitrail n'y avdii' île pinv ni sur leur cùtt' interne, ni à leur exiréinité. Leurs loncliuns pliysiulu^iiiues sont é\ idenmicnt les mêmes que celles (les tentacules proprement dits, miiis ils sont doués d'une sensibilité tactile plus délicate. Observation. — Si l'on compare le Cérianthe, sous le rapport de la disposition de ses organes appendiculaires, avec les Actinides qui ont été étudiées avec le plus de soin , on est frappé des diffé- rences qui existent entre ces espèces et le polype qui fait l'objet du présent mémoire. Dans aucune de celles-ci on n'a constaté que l'évolution des tentacules ait commencé par le nombre 4 ; le cbiffre initial est 6 cbez les Actinies pnqirement dites, les Cereiis, les Adamsies , les Anémonies (^1; , et probablement dans tous les genres de la famille. De ce que, pour les grands tentacules ou pour les grandes lames verticales intérieures , on trouve quelquefois le nombre 8 connue dans les Edwardsies) ou le nombre 10 (comme dans VActinia equina) , on ne doit pas en conclure que ce nombre représente deux cycles égaux, et que le chiffre initial ait été néces- sairement 4 dans le premier cas, et 5 dans le second. Il est possible que les choses se passent réellement ainsi ; mais il ari'ive le plus souvent que l'atrophie porte sur le second cycle et non sur le pre- mier, et qu'il faille déc<)m]iosei' les nombres que je viens de citer en 6 et 2, en 6 et 4, et non par parties égales. Quoi qu'il en soit, le nombre initial parait être normalement 6 chez les Zoanthaires, et le Cérianthe , qui n'a primitivement que quatre tentacules , fait exception à cette règle. [i] Il est ordinairement facile de reconnaître le nombre des tentacules pri- maires chez les adultes, en examinant a\ec attention le degré de développement et l'insertion de ceux de ces organes qui sont le plus rapprochés du centre , de même que l'impression sur le disque des grandes lames péristomacales. Ces ca- ractères sont surtout évidents sur les individus d'/i)ienioii;a.ÇH/ca(a [Aclinia cereus, Ellis) qui n'ont encore que cinq cycles; les six tentacules primaires s'y mon- trent avec la plus grande netteté : non seulement les autres cycles, mais tous les ordres s'y distinguent aussi très bien par leur inégalité. Le Cereus peduncuUUus [Aciiiilu beliis. Ellis) offre encore, malgré le grand nombre ih ses a|ipendices, un exemple de la facilité avec laquelle peut se faire cette détermination. i' série Zooi.. T. t. Taliier n" B ) «^ "'■''"'■' ' ' 21 370 JULES DAIME. On connaît cependant d'antros Zoanthaires où ce nombre se reproduit : ce sont ceux (|ue M. Milne Edwards et moi-même avons désignés sous le nom de Zoanthaires rugueux; mais ils ne nous sont connus que par leur polypier , et ils appartiennent tous à des genres éteints depuis longtem|)S. Si lointaine que paraisse d'abord l'analogie qui existe entre le Cérianthe et ces Coralliaires fossiles , c'est pourtant uniquement avec ces derniers qu'il est possible de trouver quelque ressemblance dans la disposition que montre ici l'appareil radiaire, et cette ressemblance ne s'applique pas seule- ment au nombre initial des parties , mais encore s'étend à leur symétrie et à leur mode de répétition. On sait (pie les cloisons verticales du polypier occupent les chambres sous-tentaculaires, et qu'elles correspondent aux tenta- cules par leurnombre, leur étendue, leur agencement, etc.; elles traduisent donc jusqu'à un certain point les caractères de l'appareil appendiculaire, après que les parties molles ont été détruites. Or l'examen des parties solides des Coralliaires fossiles qui se rangent dans la famille des Cyathophyllides et surtout dans celle des Staurides (1), a fourni de nombreuses preuves de l'évolution des cloisons dans quatre chambres primordiales ; et là où ce fait était moins évident, on a trouvé encore des indications qui ont permis de l'étendre à tout le groupe des Zoanthaires rugueux. LesCyathophylles etlesZaphrentis, qui sont les représentants principaux de cette division , ont généralement leurs cloisons très nombreuses et très peu inégales entre elles ; en outre , le cercle radiaire y est plus ou moins interrompu dans l'un de ses points. Auprès du centre calicinal , il n'est pas rare de voir des lobules ou palis plus ou moins larges , et qui répètent en petit, autour de la fossette médiane, la couronne extérieure des cloisons. Eh bien ! si nous cherchons à nous faire une idée de ce que devait être dans ces Coralliaires éteints l'appareil appendiculaire, en nous fondant sur les caractères que nous offre l'appareil cloisonnaire qui lui correspond , nous trouvons que , dans les Cyatbopbylles , les Zaphrentis et les genres voisins, les tentacules devaient commencer (1) Voy. Milne Edwards et Jules Haime, Polypiers des terrains palœozoiques Archives du Muséum, t. Y), p. 31 4 et suiv., 1851. I SIR LE CÉRIANTIIE. Ail par le nombre (luafre; qu'ils devaient ensuite se nnilliplicr lioaii- coup, et atteindre tous des dimensions à peu près semblaliies ; que leur symétrie rndiaire subissait fréipiemmenf de légères altéra- tions , et que , dans certaines espèces enfin, des appendices acces- soires répétaient autour de la bouche les appendices de la périphé- rie. L'ensemble de ces dispositions , que je crois être en droit de supposer, rappelle alors tout à t'ait celles qu'a ol'fertes le Cérianthc, et nous verrons plus loin que l'analogie ne s'arrête pas là. § 5. — Loges sous-tentaculaires. Chaque tentacule mai'ginal s'ouvre intérieurement, ainsi que le tentiîcule labial qui lui correspond dans uu espace; ciroil cl allongé, que j'ai désigné déjà sous le nom de loge périgaslrique ou de chambre sous-lenlacidaire . Cet espace est limité en dclmis par l'envcloiipe générale du corps, en dedans par les parois externes du tube digestif, et latéralement par des lames verticales charnues, qui en haut concourent à former le disque tentaculifèie, et qui se con- tinuent en bas avec les organes reproducteurs. Chacune de ces lames est formée de deux plans de fibres adossés l'un à l'autre, et chaque plan se compose de deux muscles obliques, ainsi que cela se voit dans les Actinies; mais ici les muscles sont beaucoup moins forts et moins distincts. On sait que l'apparition de ces lames ver- ticales est dans un rapport constant avec les cycles de l'appareil Icntaculaire ; ce fait a été trop bien établi chez d'autres Zoantbaires par M. Dana 1; et surtout par .M. Hollard, pour (pi'il soil besoin de le conlimier f)ar un nouvel exemple. Il existe cependant ici une diflércncc importante sur laquelle je reviendrai bientôt. Les loges sous-tentaculaires se prolongent inféricurcment dans les espaces compris entre les lames ovigères, et s'ouvrent au bord de celles-ci dans la cavité générale. Leurs parois sont tapissées de même que l'intérieur des tentacules de l'épithélium qui revêt toute la surface interne du corps, et elles présentent partout des cils vibraliles très puissants. L'action de ces cils est plus énergique dans ces lacunes périgastriques ipie dans tout le reste de la grande caviti' du curiis ; (1) Exptoring expédition, Zoopbyles, p. 24, 1840. 37*2 JULES HAIME. ce sont eux qui déterminent , dans le liquide qui les baigne , les courants destinés à se pi'opagcr dans les organes a]i|)en(liealaires. Ces loges sont donc , aussi bien que les tentacules marginaux et labiaux, le siège des fonctions fort obscures et fort incomplètes qui représentent la circulation et la respiration dans ces animaux imparfaits. § 6. — Appareil digestif. Cet appareil se compose , comme dans les Actinies : 1° d'une boucbe centrale ; 2° d'un tube cbarnu, large et court, qui repré- sente àla fois l'estomac et l'intestin ; 3° de cordons très grêles ou fds pelotonnés fixés au bord des lames verticales, et qui remplissent les fonctions d'organes sécréteurs. Le pore postérieur ne saurait être regardé comme l'analogue d'un anus. 11 peut bien arriver, dans certaines circonstances, que les matières excrémenlitielles trouvent une issue par cette ouver- ture; mais normalement elles sont rejetées au dehors par la bouche. Bouche. — Nous avons déjà vu qu'elle est médiocrement grande et peu saillante ; elle est allongée en travers , de manière à présen- ter deux lèvres qui, dans l'état de repos, s'appliquent assez exacte- ment l'une contre l'autre , mais qui sont susceptibles d'une grande extension. Ces lèvres forment des plis ordinairement nombreux et irréguliers. Qnoif|ue la bouche , en restant un peu eutr'ouverte en haut, laisse souveni un petit espace vide entre ses parois , il est difficile dedislinguer ici une cavité pharyngienne proprement dite, comme ÏM. de Quatrefages a pu le faire chez les Edwardsies. Le sphincter buccal se confond presque ave(^ le bourrelet labial. Tube digestif. — C'est un véritable cylindre vertical, suspendu au-dessous de la bouche et au milieu de la cavité générale. Sa lon- gueur est d'environ 2 ccnlimèlres dans les grands individus, et fait à peine par consc(iuent la iiuitième partie de la longueur de leur corps. 11 est maintenu en place parles lames verticales charnues, qui s'étendent de sa surface externe à la paroi interne de l'enveloppe g(Mi(''ralc. 11 s'ouvre lai'gement dans la cavité connnune, et son bord infériciu' ne constitue qu'un très faible bourrelet circulaire, en SUR LK CÉRIANTHE. 373 dehors duquel s'insère l'extrémité supérieure des cordons pelo- tonnés. La l'ace interne du tube intestinal montre quelques plis trans- verses peu prononcés , et des stries longitudinales fortes et nom- breuses. On y remarque deux coulisses verticales en continuité avec les commissures de la bouche. Ces demi-canaux existent aussi chez les Actiniens, où ils se présentent sous la l'orme de deux gouttières égales, et munies inférieurement d'une languette charnue. Ici , au contraire, ces parties sont complètement dépourvues d'appendices basilaires, et dil'lèrcnt extrêmement entre elles : l'une n'est (ju'un sillon droit, étroit, et faiblement accusé; l'autre a la fonne d'une dépression profonde, arrondie en haut, un peu élargie dans samoilié supérieure, trèsatléiuiée inlerieurement, et entourée d'une sorte de bourrelet très résistant et comme cartilagineux. Ce bourrelet, qui est simple à son bord suijérieur, se décompose latéralement en deux gros plis de chaipie côté. Les plis extérieurs correspondent à des tentacules du premier cycle apjjarent; les plis internes correspon- dent l'un à un tentacule du deuxième cycle , l'autre à un tentacule du troisième. C'est à son extrémité supérieure que la fos.setle est la plus profonde ; cll(> présente en ce point une petite cavité que j'ai d'abord prise pour un pore , mais où il m'a été impossible de faire passer une soie. Le tube digestif n'étant pas autre chose qu'une portion rentrée de l'enveloppe générale, comme on l'a déjà reconnu chez les Acti- nies, on doit s'attendre à y trouver la même disposition de strates élémentaires ([ue dans cette enveloppe , mais suivant un ordre in- verse; c'est en effet ce qui a lieu. Les seules différences qu'on puis.se noter n'ont qu'une importance 1res faible. Les deux couches musculaires sont inégalement développées ; celle des fibres verti- cales étant très puissante , celle des libres transverses, au contraire, très réduite. Dans les couches qui correspondent aux téguments, on trouve d'altotidanls ni'malocysles de la deuxième et de la troi- sième siiiics cl ipiclques-unsde la (pialrième, ainsi (pie des cellules inégales, ari'on(fi('s ou irrégulières, contenant des granulations très |)('titcs et 1res faihli'mcnl çoloi'i'es La |iaroi du tube intestinal est coinpiétemeiit garnie de cils vibraliles 1res distincts. Le mucus qui èlk JDLEfii HAiME. enduit cette surface contient les diverses capsules , cellules et gra- nulations que je viens d'indiquer. Cordons pelotonnés. — Les lames verticales qui circonscrivent les loges sous-tentaculaires, et qui s'attachent au tube intestinal, se continuent au delà du point où s'arrête ce tube, et descendent dans la cavité générale, suivant une certaine étendue. Mais dans ce trajet, elles changent de nalure et de fonctions ; elles étaient musculaires autour du tube digesdf, et servaient principalement à le maintenir en place ; au-dessous de ce tube, ce ne sont pi us que des membranes niésculériques , doubles , traversées seulement par quelques fibres musculaires ; et plus bas enfin, entre leurs deux feuillets, ellescon- tiennent les organes de la rcproduclion. Dans ces deux dernières régions , leur bord libre est garni de cordons ou de pclits boyaux cylindracés , très grêles et filiformes , qui sont extrêmement con- tournés et comme pelotonnés près du tube intestinal, cf simplement oniluléssurles ovaires. Ces boyaux, qui sont creusés d'un canal in- térieur, ont été regardés par Délie Chiaje comme des conduits spermatiqucs , par Rapp comme des oviductes ; mais il est certain qu'ils n'ont aucune communication avec l'appareil générateur. De Blainville, qui considérait les parties correspondantes dans les Acti- nies comme remplissant les fonctions d'un foie, me paraît se rap- procher beaucoup plus de la vérité. Quoiqu'il ne soit |ias possible de préciser la nature d(; la sécrétion dont ces cordons sont chargés, tout porte à croire qu'ils sont destinés à sécréter un liipiide utile à la digestion. Ils se terminent eu liant au bord libre de l'inlesliu , et c'est probablementen ce point que leurs proiluits trouvent une issue. Je dois cependant avouer que je n'ai pu y découvrir aucune ouver- ture. Les boyaux pelotonnés adhèrent sur toute leur longueur aux lames verticales niésentéroïdes, et présentent les mêmes caractères dans les deux régions libres de ces lames ; ils sont seidement ]ilus contournés, et ollrcut une plus grande superficie dans le voisinage de l'orifice pyloroïdc du tube gastrique (|ue sur le bord des ovaires. Leur couleur est blauchiitre ou légèrement rosée, et leur surface est couverte de cils vibratiles très jiuissants. Ils sont essentiellement lomposés de néuiatocystes , entremêlés SUR LE CÉRlANTHi:. 375 de quelques cellules et granulations semblables à celles de l'intestin . Parmi les capsules fdifères , les unes ressemblent extrêmement à celles de la sixième sorte qui n'ont point d'enveloppe byaline, et se déroulent comme un fd de bretelle (pi. 7, fig. 22) ; d'autres sont très distinctes de celles que j'ai examinées jusqu'à présent, et se rapproclient beaucoup de celles que renferment les mêmes organes dans plusieurs Actiniens. Les nématocystes de cette septième sorte sont subovalaires, longs de 0,08 environ et larges à peine de 0,01 de millimètre; ils ne contiennent dans leur intérieur qu'une tigelle, garnie d'un double fd spiral. Lorsque cette tigelle s'écbappe par évagination , elle s'allonge , et semble garnie de pointes opposées deux à deux , et dirigées du côté de la coque (fig. 23, 241. On rencontre encore au milieu de ces capsules des corps qui me paraissent représenter un état du développement des mêmes organites ; en effet , ils ne diffèrent de ceux-ci que par une taille un peu moins grande, et une tigelle sur laquelle on ne distingue pas nettement de fil spiral 1 fig. 25) ; enfin il en est dont les propor- fions sont encore moindres , et qui , en raison de leur l'orme beau- coup plus grêle, semblent devoir former une huitième forme (fig. 26). Observation. — Les nématocystes ou organes urticants parais- sent se retrouver chez presque tous les animaux queJI. Leuckarta désignés .sous le nom de Cœlentérés, et ne pas se présenter ailleurs. Jusqu'ici on en a étudié un grand nombre de sortes , mais je ne sache pas que , dans une seule espèce , on ait encore constaté la variété de formes que je viens de faire connaître chez leCérianlhe. Ce même polype me semble aussi offrir l'exemple le plus lemar- quable de l'extrême longueur du filament dans ceux de ses orga- nites qui constituent la gaine feutrée. M. Allmau en a figuré de très grands qui provenaient de la Capnea; il y en a de bien plus longs encore dans les Pbysales, mais tous ces fils sont loin d'approcher des proportions que présentent ceux des némato- cystes tégumentaires du Cérianthe. Il existe du reste une grande ressemblance entre ce dernier Zoanihaire et les Actiniens , JULKS HAIMi:. de la septième cl do la huitième sorte se reironvenf de la même manière chez les Adamsics, les Anémonics, les Cereus, et même chez la Cladocora cœspilosa. S 7. — Appareil reproducteur. Les cordons que je viens de décrire ne t'ormenl de circonvolu- tions que dans une portion assez faible de l'étendue des lames mé- sentéroïdcs, c'est-à-dire sur une hauteur de 1 centimètre environ pour les grands individus. La portion de ces lamcsqui contientlcs organes reproducteurs est toujoursplus considérable, mais elle l'est fort inégalement. Elle olïre, près de la ligne qui correspond à la fos- sette de la paroi intestinale, une longueur à peu près double de celle qu'elle occupe dans la direction du sillon étroit de cette même pa- roi ; et, du premier de ces points à celui qui lui est opposé, les lames verticales décroissent graduellement de chaque côté. Au milieu de l'été, CCS organes, étant en pleine activité, ont la forme de gros rubans flexueux, un peu inégaux alternativement en longueur et en saillie, et se terminant inl'érieurement par un lobule arrondi. Ils sont d'un jaune violàtre. Leur nombre total ('(u-respond à celui des tentacules d'un seul cercle. 11 est à remarquer que ces lames mé- sentéroïdes ne sont pas géminées, comme on le voit dans les Actinies. Chez les Cérianthes , l'hermaphrodisme est poussé aussi loin que possible. Toutes les lames contiennent rélément mfde et l'élément femelle. L'organe reproducteur est simplement composé de grandes capsules polyédriques dont les unes renferment un ovule, les autres im groupe de spermatozoïdes. Il est impossible de reconnaître aucun ordre dans la disposition de ces capsules; elles sont toutes entremêlées irrégulièrement, mais de manière qu'il y a toujours des capsules spermatogènes en contact avec les capsules ovi- gcnes. L'inégalité des diverses capsules est très jirononcée ; mais en général celles (pii sont les plus rap|»rochées du bord des lames sont les plus petites , et celles qui contiennent des œufs l'empor- tent eu volume sur les aulres, (pii sont en rcnanclie beaucoup plus nombreuses. Même lors(iu"clles sont jeunes, et (|uc leur con- SLR- LE CÉRIAKÏHE. 377 tenu cstnouvellemenl forme, on reconnaît aisément quelle est leur nature. Les masses de spermatozoïdes sont toujours beaucoup plus claires que les ovules ; elles ont une nuance violette pâle, tandis que les produits f(>melles sont ordinairement d'un jaune olivâtre lerne ; quelquefois ces derniers sont d'un gris violet très foncé. 11 n'y a aucun rapport entre celte différence dans la couleur des œufs et celle du corps de leurs parents ; mais il est probable qu'elle déter- mine dans les jeunes (jui en naîtront les deux [)rincipales variétés de nuances que présente l'espèce. Les ovules ont des formes à peu près polyédriques comme les capsules où ils se forment , mais ils sont au moins arrondis par un de leurs côtés; lorsqu'ils ont quitté les ovaires et tombent dans la cavité générale, les leufs sont ordinairement sphériques ou légère- ment oblongs. Leur substance est toujours très opaque. La vésicule de Purkinje seule est très transparente, et lorsqu'on l'observe sous un fort grossissement, on distingue les globules hyalins qui la rem- plissent; ces globules sont très réguliers, subj^olygonaux , sans noyau intérieur, et disposés par rangées droites ou courbes ; on en compte trente environ sur un des diamètres de la vésicule. Les ca|isules spermatogènes contieiment cliacune une ma.sse fasciculée entourée de grains et de globules irréguliers. Celle masse est ordinairement allongée, souvent fusiforme, elles spermatozoïdes qui la composent y sont très régulièrement rangés suivant des lignes longitudinales un peu arquées. J'estime qu'une cap.sule de moyenne grandeur ]ieut contenir sept ou huit mille de ces pseudo- zoaires. Un certain nombre d'entre eux s'agitent dans l'intérieur de la capsule, lorsque celle-ci est parvenue â son comjilet développe- ment. Les jeunes capsules spermatogènes pi. 8, (ig. 3- contien- nent ime t;r;Midr quantité de cellules très petites renfermant chacune un ou deux pelils^iolndes. Ces globules se multiplieul liientôl dans les cellules centrales , et conmu.'nccnt à se disposer en pcliles traî- nées longitudinales; ce sont eux qui, en s'accroissanl, tleviennent les spermaliizdïdes. Les petites cellules disjjaraissenl plus ou moins en même tem|)S que leurs produits .se développent davantage. Lorsque les spei'nialozoïdes sont encore groupés en séries alternes, leur tète est spln'Tique ; mais, après (ju'ilssont devenus 378 JULES HAIME. libres, oe renflement, qui n'a pas tout à fait 0,005 de milli- mètre, est un peu allongé, légèrement aplati et subcordiforme. Le filament caudal est très grêle , six ou sept fois plus long que la tête , et il s'agite très peu ; les mouvements sont saccadés , courts , mais les spermatozoïdes conservent longtemps la propriété de les pro- duire. La fécondation s'opère certainement dans les lames génitales elles-mêmes , et très probablement par la rupture de la faible cloi- son qui sépare une capsule spermatogène d'une capsule ovigène. C'est par une semblable rupture que l'œuf fécondé doit tomber dans la cavité générale ; il sort ensuite de cette cavité pour aller se déve- lopper au debors soit par le pore qui termine inférieurement le corps du C^ériantbe , soit par le pore latéral de l'un des tentacules marginaux, soit enfin par la bouche , et ce dernier cas est le plus habituel. On connaît déjà, dans des animaux appartenant à une autre tj^pe de rembranchement des Zoophytes , une disposition analogue à celle que je viens de décrire. Je veux parler des Synaples , dont M. de Quatrefages a si bien fait connaître l'organisation fl\ Ces Ëchinodermes ont ('gaiement l'ovaire et le testicule réunis .sous une enveloppe commune ; mais ces deux organes ne s'entremêlent pas comme on l'observe ici ; les capsules ovigèncs ne s'y trouvent pas entourées individuellement par les capsules spermatogènes. Ces dernières forment des lobes distincts ([ui, àla vérité, recouvrent l'ovaire, mais ne se confondent point avec lui . Les Cériantbes offrent donc encore un degré de moins que les Synaples dans la localisation des organes de l'appareil reproducteur. § 8. Gouttière inlerlamellaire impaire. Les lames mésentéroïdes que je viens d'étudier s'arrêtent toutes à une assez faible distance de l'orifice pyloroïde du tube digestif, et ne sont jamais géminées , mais bien alternativement inégales en longueur et en saillie. Deux d'entre elles cependantqui sont juxta- (1) Mémoire sur la Synapte (te Duvernoxj (Annales des sciences naturelles, 2» série, t. XVII, p. 19, 1842). SUR LE CÉBIANTHE. 379 posées l'une à l'autre et égales entre elles se continuent jusqu'à l'exln-milc basilaire du corps, et viennent se terminer au petit bourrelet (jui entoure le pore inférieur. L'espace (lu'elies laissent entre elles forme une jirolbnde gouttière longitudinale , ou demi- canal , qui se trouve sur le prolongement de la fossette gastrique, el établit un chemin direct de celte fossette à l'ouverture postérieure. 11 semble naturel de penser que ce trajet peut être parcouru pai' une partie au moins des matières excrémentitielles qui ti'ouveraient une issue au [lore lermiiial , et que celui-ci remplirait ainsi les fonc- lionsd'un anus; niaisj'ai déjà dit ipie les substances (pii ne sont pas digérées sont en général rejetées par la bouche. Les deux lames longitudinales qui forment cette longue gouttière impaire ne se dislinguenl pas seulement de leurs homologues par leur grande étendue et leur inégalité : elles ont aussi une structure différente , en ce sens que les moilifications que j'ai signalées dans les deu.x régions inférieures des autres lames apparaissent ici dans un ordre inverse. Ainsi les capsules spermatogènes et ovigènes s'y montrent depuis le point où linit leur insertion , au bas de l'estomac, jusque vei's la moitié de leur longueur , et toute leur partie inférieure est formée d'un simple mésentère , portant à son bord interne le cor- don pelotonné. Observation. — S'il existe un rapport constant entre les cloi.sons solides el les tentacules desCoralliairessclérodermésou à polypier, ce rapport est évidemmcul au moins aussi intime entre ces cloisons el les loges dans lesquelles elles se développent, loges qui sont elles-mêmes la conlinualion inférieure des cavités tenlaculaircs. .Lai déjà montré que certaines espèces de la famille desCyathophyllides ofl'raient dans leur [lohqiier des caractères rappelant la disposition des organes ap[M'ndiculaires du Cérianllie ; c'est encore avec le même groujie zoologique que le Cérianthe doit être comparé au |)oint de vue de l'agencement des loges inlcrlaniellaires, mais non plus cette fois avec les mêmes espèces. En effet, chez le polype qui fait l'objet de ce mé-moire, les tenlaeules el les lames ovariennes présentent uncdin'éren( e inaïqnée dans leur degré de régularité ou de symi'lrie railiaire; les appendices ennslilMcnl des couronnes, dont tous les éléments sont sensibicnieni égaux et semblablement 380 JULES HAIME. placés ; et nous venons de voir, au contraire, que la plus grande inégalité se montre dans l'étendue des espaces interlamellaircs. Si l'on supposait que ce polype s'ossifiât en partie et formât un poly- pier, quelle serait , sur les relations des cloisons de celui-ci , l'in- fluence de ces deux dispositions presque antagonistes ? Il est sans doute bien difficile de le dire -, mais il nous suffit de savoir en ce moment qu'il existe dans lesCoralliaires sclérodermé.s des exemples séparés et de l'une et de l'autre. Si le Cérianthe se rapproche surtout de quelques Cyathoi>hylles par la disposition de ses tentacules , c'est de la Hallia insignis (1) qu'il se rapproche le plus par la disposition de ses loges interlamel- laires. En effet, cette dernière espèce présente une grande cloison impaire qui correspond bien à la gouttière impaire du Cérianthe, et vis-à-vis d'elle de très petites cloisons correspondant aux courtes loges de celui-ci. On ne saurait méconnaître ici, dans l'agencement général des parties similaires, une tendance à mêler au type radiaire le caractère de la bilatéralité. Le Cérianthe, de même que les genres T/rt/te , Avkwophijlhim^Combophyllum, Zaphrentis, etc., delà famille des Cyathophyliidcs , forme uu des exemples les plus frappants de la combinaison de ces deux types dans la classe des Coralliaires. § 9. — Tunique interne, ou muqueuse. Les parois de la cavité générale du corps sont complètement tapissées par une tunique membraneuse continue qui garnit à la fois l'intérieur des tentacules marginaux et labiaux et des loges sous- tentaculaires , et se replie connue uu luésenlère sur les lames ver- ticales , que , dans certaines parties , elle constitue presque à elle seule. Cette membrane se compose d'une couche de petites granu- lations, qui reposent imuiédiatement sur la tunique musculaire, et d'un épiliiélium vibratile ; elle conunence , en haut , au bord infé- rieur de l'intestin , remonte sur sa surface extérieiu'c jusque dans les organes appendiculaires, puis redescend pour s'é(cn(h'(' jusqu'au (I) Milne Edwards et Jules Hiiinic, Pohjpier.i fossiles des terrains jwlœozoïqiies, p. 353, pi. VI, fig. 3, 18.51. SIR LE CÉRIANTHE. 381 pore postérieur où elle se (ermiiie. Elle eoinplète en dedans l'en- veloppe sicMiéniledueorps , tou( en parlieipant à la conslitulion des a]ipareils sécréteurs et de la génération. L'é|iiliiéliuni interne, tout mince qu'il est, se détache avec assez de facilité , au moins par lam- beaux , non seulement dans la région non lamellée de la cavité générale, mais sur les côtés de l'intestin, et jusque dans l'intérieur des tentacules. Il est formé par l'intime union de cellules irrégu- liéres , ordinairement polygonales, qui n'ont en moyenne que 0,07 de millimètre {\>\. 8, lîg. 6j. On ne trouve jiunais de néma- tocysles dans la tunique interne. A l'extrémité postérieure du corps , l'enveloppe générale rentre un peu pai" l'ouverture terminale, et il se forme en ce point un petit bourrelet de fibres concentriques faisant fonction d'un sphincter. On y trouve des fibres musculaires très fortes et tous les éléments des téguments extérieurs; en outre, cet orifice est garni de cils vibratiles assez énergi(|ues. Quoique j'aie déjà montré que le pore postérieur du Cérianthe ne peut être regardé comme l'analogue d'un amis, la présence de cette ouverture n'en est pas moins très remanjuable, en ce qu'elle établit une communication de la cavité générale avec le dehors, à l'extré- mité inférieure du corps; c'est jusqu'à présent le seul exemple de cette disjiosition existant dans la classe des Coralliaires. L'orifice postérieur des Jlyniadidesne saurait être comparé à celui-ci, car il ne s'ouvre pas dans la cavité générale, mais bien dans un espace particulier circonscrit par les bords repliés du disque pédieux. CHAPITRE III. OBSERVATIONS EMBRYOGÉNIQUES. Il m'a été malheureusement impossible d'étudier d'une manière complète le développement de ce curieux Zoopliyte ; les jeunes que j'avais obtenus sont tous morts au bout de (|uelques jours, malgré toutes mes précautions. J'ai cependant observé quelques faits qui me .semblent dignes d'intérêt sous plusieurs rapports. Jamaisje n'ai l'ciiconlré déjeunes lui |ieu avancés en développe- ment dans la cavité générale du parent, connue cela arrive si sou- 382 JULES HAIMG. vent chez les Actinies ; mais les œufs qui y flottaient librement avaient déjà traverse leur première période, et je n'en ai jamais vu en voie de fractionnement. Tous ceux qui se trouvaient soit dans les tentacules , soit dans l'intestin ou dans le voisinage des ovaires , étaient entièrement j>arnis de cils vibratiles très forts , et consé- quemment étaient déjà à l'état de larves. La forme de ces larves est alors sphérique ou légèrement ellip- soïdale, et elles ne sont pas plus grosses que les grands ovules con- tenus dans les lames verticales , c'est-à-dire qu'elles ont environ 2/3 de millimètre ; mais on ne tarde pas à voir leurs contours se modifier graduellement : elles se creusent d'abord un peu à l'une de leurs extrémités , et bientôt l'autre devient conique. Au centre de la concayité qui s'est formée, il s'établit une ouverture, par où s'échappent des globules ou des granulations. Cet orifice corres- pondra à labouch(!, et l'espace qui se constitue au-dessous de lui, par le rejet d'une certaine (juantilé de la matière intérieure , repré- sente l'intestin et la cavité générale du corps. Jusqu'ici les mouvements de la larve sont très obscurs et tout à fait indéterminés ; elle ne montre pas de contractililé appré- ciable, et ne se déplace légèrement que par suite de l'action presque incessante des cils vibratiles qui la recouvrent. Mais au bout de très peu de temps, on commence à distinguer autour de l'ouverture buccale quatre petits mamelons irréguliers , qui ne larderont pas à s'allonger pour donner lieu à quatre appendices teiitaculaires ; puis deux autres mamelons oblongs saillent plus près encore de la bouche, et forment deux grosses lèvres, tandis que le tronc devient plus grêle et cylindro-conique. Mes jeunes Cérianthes n'ont pas revêtu de nouvelle forme après celle-ci ; mais ils ont vécu dans cet état [icndantdix ou douze jours, et j'ai eu tout le temps de les observer; ce qui peut se faire aisé- ment avec une simple loupe, car ils ont alors de 1 millimètre à 1 millimètre 1/2 de longueur. Leur corps , qui restait toujours entièrement cilié, était devenu assez contractile , et leur tronc, aussi bien que leurs tentacules , se raccourcissait d'un tiers à peu près, quand on venait à les toucher. Ils nageaient librement dons le vase ([ui les contenait à la manière SUR LE CÉRIANTHE. 383 de petites Méduses, avec la bouche en bas et l'extrémité conique en liaul, au moyen d'allongements et de raccourcissements successifs du tronc, et grâce au rapprochement et à lécartement alternatif des tentacules. Mais cet exercice paraissait les iatiguer beaucoup , et , après s'y être livrés quelque temps, ils se laissaient tomber au fond, oti, en général, ils restaient longtemps sans tenter de nouveaux efforts ; quelquefois ils se bornaient à osciller lentement ou à tour- ner sur eux-mêmes. Us sont assez opaques dans toutes leurs par- ties, et leur couleur est d'un gris roussâtre terne ; ce[iendaiit en les regardant au microscope sous un taible grossissement et avec la lumière réfléchie, on distingue, suivant l'axe du tronc et des ten- tacules , des espaces plus clairs qui correspondent à la cavité géné- rale et aux cavités tentaculaires , celles-ci communiquant très lar- gement avec celle-là. Les quatre tentacules primaires ne sont pas complètement égaux ; deux d'entre eux sont un peu plus longs et plus gros que les deux autres. Un plan vertical passant par les commissures des deux lèvres séparerait le corps en deux parties égales , et de chaque côté de ce plan on trouverait un tentacule plus grand et un tentacule plus petit. Sur la ligne médiane , j'ai vu se développer, entre les deux teiilacules plus grands, un nouveau mamelon qui, sans doute, était le rudiment d'un tentacule de second ordre, et qui, en l'absence des autres tentacules du même cycle, augmentait encore l'aspect de bilatéralité produit par l'inégalité des tentacules primaires. Un peu plus tard, il m'a semblé apercevoir dans les autres espaces intertentaculaires des indices très faiblement accusés des autres éléments du second cycle. Je n'ai pas pu, à mon grand regret, suivre plus loin cette évolu- tion des tentacules ; je suis porté à croire (jue ce tubercule appen- diculaire impair, qui .succède immédiatement à la formation des quatre tentacules primaires, doit correspondre à la cliambre com- prise entre les deux longues lames verticales dans les individus adultes, ces dernières se trouvant loujoui's aussi dans le pian de l'allongement de la bouche. yuoi(iu'il en .soit de celte relation, on voitque, dans les premiers âge» de lu vie du Cérimillic , aussi bien que lorsqu'il a acquis son 38/1. JULES HAIME. entier développemenf , le e:inictère de bilalériilité se retrouve tou- jours d'une manière très frappante; il montre seulement cette diffé- rence entre les deux époques que, pendant la première, il est exté- rieur, et qu'il devient inférieur durant la seconde. Les quelques faits embryologiques (jui précèdent concordent bien avec ce que Jolm Dalyell (1) et M. T. Spencer Cobbold (2; ont observé touchant le développement de VAdinia equina ou mesem- bryanthemum ; mais, dans cette dernière espèce, les tentacules les premiers formés sont toujours au nombre de six , et le corps , au lieu de s'allonger inférieurement , s'aplatit bientôt en ce point pour former un disque pédieux. CHAPITRE IV. AFFINITÉS ZOOLOGIQUES. • Il résulte de l'ensemble des faits consignés dans ce mémoire que les Cérianthes offrent beaucoup de caractères communs avec les Actiniens. On a vu que la constitution des trois tuniques tégumen- taire , musculaire et muqueuse , est à peu près la même dans ces deux types ; que les lenta(^ules ont la même structure , et que les diverses fonctions paraissent s'effectuer de la même manière. Mais à côté de ces similitudes remarquables , j'ai constaté aussi des diffé- rences importantes établissant une distinction très nette entre le zoophyte que j'étudie ici et les espèces rangées par Linné dans son genre /Idmi'a. Ces différences portent sur la composition de l'appa- reil appendiculaire, sur la forme des parois de la chambre gastrique, et principalement sur l'agencement et sur la stiticlure des lames mésent(M'oïdes. On ne connaît , en effet , dans la famille des Actinides aucun Zoanthaire où les tentacules se disposent, comme cela arrive ici, sur deux zones concentriques, dont l'une occupe le pourtour du disque péristomien , tandis que l'autre recouvre le bord labial. Le tube stomacal ou intestinal montre toujours deux grands sillons égaux (1) Rare and remarkable animais of Scolland, t. II, p. 209, 1848. (2) Observations on the aiiatomy of Aclinia, \n Annals and magazine ofnatu- ral hislory, 2' série, t. XI, p. 121, 1853. SIR LE r.KHlAXTHF.. oSÔ chez les autres espèces malacodermées iloiil on ;i cNaniini' l;i stnic- (iire interne , et non pas , ainsi qu'on l'observe dans le Cérianllic , une large fossette oblongue, opposée à un simple sillon. Enfin nous trouvons eonstanimcnt ailleurs les principales lames niésentéroïdes doubles et prolongées jusqu'au fond de la cliambre viscérale où, en s'unissant au centre, elles forment une espèce d'étoile; dans notre (^oralliaire , au contraire, deux seulement d'entre elles sont gémi- nées, et descendent jusqu'à l'extrémité inférieure du Vorps ; mais les autres sont alternativement inégales et s'arrclent à une distance assez faible de l'ouverture p\ ioroïdc de l'estomac J'ai dit déjà que , pour rencontrer des caractères analogues à <'eux-ci, il fallait Icscberclier non pas iiarmi les autres Zoanibaires nialacodermés , mais chez les Zoanibaires sdérodermés , et dans certaines formes de la famille des Cyatbopbyllidcs. Je ne veux pas entendre par laque lesCériandies soient plus voisins àcsZaphrentis ou dcaCynlIiopliylhim que des Aclinides. Je crois seulement qu'ils représentent dans le sous-ordre des .nialacodermés le groupe formi- j)ar les Cyatbo]ibyllides dans le sous-ordre des Sdérodermés. Il serait très pos.sible, à la vérité, que la distinction, basée sur la nature «les téguments , dont on se sert aujourd'bui pour former ces deux divisions [irincifiales dans l'ordre des Zoanibaires, n'eût réellemttiit pas toute l'importaucfLMju'on lui attribue; maisdatis l'c'lat actuel de nos connaissances , cette classification parait ijrclcrable à toute autre. Il est un animal avec lequel le Cérianibe a une parenté iieaucoup plus étroite qu'avec les Actinides et les Cyalhophyllides : c'est le Moscbate , qui jusqu'à ce jour est resté aussi mal connu que le Cériantbe , mais sur lequel je puis donner ici quelques détails , -M. Milne Edwards ayant eu la générosité de mettre à ma disposition les dessins (pi'il en a faits pendant son voyage en Sicile. Ce Zoan- lliaireaété décrit par Renieri au commencement de ce siècle. Dans le seul des ouvrages de ce naturaliste qu'il m'a été possible de con- sulter à Paris 1 , il porte le nom i\'A jii.Ks iiiinii. roiiw de tontes les autres Actinies, ililReiiieri, cet aiiirnal vit et court librement dans l'eau de la nier; son extrémité postérieure est ronde et fermée; l'extérieur du corps est revêtu d'une membrane lilamen- tcusctrès délicate, et de beaucoup de mucosité qui relient queUjues IVapimenls de coquilles et des prains de sable; le corps ik se con- Ij'acle ]ias, suivant sa longueur , comme celui des autres Actinies. Blainvillc(l), qui cite cette espèce sous le nom de Moschata rlwdo- dactijla Renieri, Cal. Adrial. (2i, confirme les observations pi'écé- dcntes , et signale l'exislence de deux sortes de tentacules , les uns courts, les autres très longs. La figure qu'il en a donnc-e, d'après M. Eysenbardt, montre un petit disque aplati à l'exlrémilé poslé- rieiu'c. Cette dernière disposifion paraît contredire ce (pie Renieri cl Blaiuville lui-même ont avancé sur l'état de liberté où l'on trouve le JMoschate ; mais 51. Forbes a lait voir (3) que ce Coralliaire tantôt progresse dans l'eau, à la manière des lléduses, au moyen de con- tractions et de dilatations successives de son corps , tantôt dilate son extrémité postérieure en forme de disfjue, et adhère aux corfis sous- marins à la manière des Actinies. Cette observation intéressante vient expliquer et confirmer une des assertions d'Aristole, que les naturalistes modernes avaient très mal interprétée (4). (1) Dictionnaire des sciences naturelles, t. LX, p. 281. 1830, — Manuel d'ac- tinologie, p. 318, pi. 48, fig. 1. 183i. (2) Je ne sais pas si Blainville a trouvé ce nom dans quelque ouvrage de Re- nieri que je n'ai pas pu me procurer, ou s'il l'a fait lui-même; mais du moment que le genre Moschale se trouve établi postérieurement à la description de 1 807, l'espèce doit être appelée Mnscbala cylindrica. (3) Lient. T. A. B. Spratt et Prof. Edward Forbes . Trurels in Lycia , Mijlias nmltlwCibyriitis, t. IF, p. 121. 1847. ( i) I :i l.S.'.l [î] Aiiiials CHE 8. Kig. 1 . Un Cérianthe adulte fendu suivant sa longueur, pour montrer son organi- sation intérieure. Grandeur naturelle. — a, base des tentacules ; le tube intes- tinal s'étend de 6 en c , les cordons pelotonnés de c en d , les lames génitales de d en e ; , l'orifice postérieur. Fig. 2. Portion d'une lame génitale grossie environ de 30 diamètres. Le boni libre est en haut. Fig. 3. Deux capsules spermatogènes grossies de 230 diamètres; l'inrérioure contient un faisceau déjeunes spermatozoïdes. Fig. 4. Portion d'un faisceau de spermatozoïdes bien développés, et dont les queues sont dirigées inférieurement. Fig. o. Quelques spermatozoïdes hhres. Fig. 6. Quelques cellules de la tunique interne. (Les figures 4, 5, 6 représentent un grossissement de 520 diamètres.) Fig. 7, », 9, 10. Premiers états du Cérianthe vu de profiL Fig. 1 1 . Jeune représenté dans la figure 10, mais contracté. Fig. 1 2. Le même, contracté , vu par en dessus. (Los figures 7- 1 2 ont été faites sous un grossissement d'environ 30 diamètres.) FIN DU PUEMIKR VOLIME, TABLE DES ARTICLES COMTENUb DANS CE VOLUME. Piii'sioi.obit:. Recherches expérimenlales sur le grand sympathique, el spécialement sur l'inlluence que la section de ce nerf exerce sur \a chaleur animale, par M. Cl, Bersabd 17f> Résumé d'un travail d'embryologie comparée , sur le développement du Bro- chet, de la Perche et de l'Écrevisse, par M. Lereboullet "237 Expériences sur l'absorption de l'azote par les animalcules et les Algues, par M. MoKREN 3:i3 AKIMAUX VERTÉBRÉS. Deuxième Mémoire sur les circonvolutions du cerveau chez les Mammifères, par M. Dareste ... 73 Note sur les mœurs du Gorille el du Chimpanzé, par SI. Aubrï. . . Ilti Note sur la génération du Pélodjto ponctué, avec quelques observations sur les Batraciens anoures en général , par M. Thomas 291) Monographie des lialislides, 2* partie. Étude des genres et des espèces, par M. HoLLARD 41 cl 3o:t Conspectus systeniatis ornithologiiE C.-L. Bo.NAPAniE 105 AKIMAtJX AKIVELÉS. Recherches anatomiques sur les Hyménoptères de la famillodes Urocérates, par M. Léon DuKouR illl Rapport sur le grand prix des sciences physiques pour \ 822 (sur le déve- loppement des Vers intestinaux), par M. de Quairei-ages 5 Note sur des expériences relatives au développement des Cyslicerques, par M. Van Bekeden . 10 i Mémoire sur le Biicf'p/in/i; //aime, helminthe parasite des Huîtres el dos Bucardes , par M. Lagaze-Dctiiiers 2111 ZOOPHYTES. Mémoire sur le plan général du dévelop|iement des l^chiiivJeniies, par M. Muller, analysé par M. Dareste I -j-l Mémoire sur le Cérimillie. par M. J. Hmmi 3il Publicalions nouvelles 30, 200 TABLE DES MATIERES PAU NOMS d'auteurs. 101 ne 405 38 73 AiBBY. — Noie sur les mipurs du Gorille el du Chimpanzé . Bebsard (Cl.). — Recherches ex- périmentales sur le grand sym- pathique, el spécialement sur l'influence que la section de ce nerf exerce sur la chaleur ani- male BoNAPABTE C.-L.;. — Conspeclus syst«matis ornilhologi). 7 et 8. Organisation des Cérianthes. FIN DE LA TABLE. .//!// i/es Sar^ii- rmf ^'Ser-te >r ^,'ir ^, ■^f^' WÇ //riuf/oiyr/nr/t/ t/eé' /ù-/u/wtA'i-//ie.f .V Jtfmtrrbf im/- r j&s* X^^j.iS. Jii^i^ ./«//. <(iv Sfieiu »iU ^'Sç^ Xuol / J f'I ./,i/i.,/c^ .);■//■«.-. fuu . y. Xo,fiv«/Aufs a-y^ivy/rfi*,^ rtfr/ JLUL I T- Au.r r^mej /y 3 JbMtMiiiHf J^ f^/t//////.if/^/f>// ,/r.r fc/ta/t//ie.f. "^ttmfi r yivMyo'^ a Jh^y. \ %